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  • L’AP-HM écarte un retour des urgences à Sainte-Marguerite

    L’AP-HM écarte un retour des urgences à Sainte-Marguerite

    Lourdement endettée, l’Assistance publique – Hôpitaux de Marseille cherche à valoriser son patrimoine. Et une fois de plus, son regard se porte vers les Hôpitaux sud. Quinze ans après la fermeture des urgences de Sainte-Marguerite et malgré les besoins croissants du secteur, un appel à manifestation d’intérêt a ainsi été lancé; le 31 juillet dernier, « pour la reconversion et dynamisation des sites de Sainte-Marguerite et Salvator », dans le 9e arrondissement de Marseille. Avec un an de retard : le groupement Segat, BeOpus et Earth Avocats devait rendre sa copie à l’automne 2024.

    L’enjeu est de taille : ce sont en effet quelque 110 000m2 de surface de plancher, à 95% d’immobilier neuf, qui devraient être valorisés. « Au regard de l’étendue du foncier, les sites de Sainte-Marguerite et Salvator présentent actuellement une sous-occupation immobilière avec un vieillissement du bâti », pointe le cahier d’orientations de cet appel à manifestations d’intérêts. Mais, avec l’arrivée du tramway à la fin de l’année ainsi que la construction du bâtiment « Totem » du biocluster d’immunologie destiné à accueillir les installations des laboratoires privés, ces infrastructures ont de quoi susciter des appétits. Malgré cela, L’AP-HM, qui n’a pas donné suite à nos sollicitations, indique rejeter fermement « toute cession de foncier » ainsi que « toute activité concurrente ou dont la nature ou l’image s’oppose à sa mission ou ses valeurs », privilégiant des baux de longue durée.

    « Un site vitrine »

    Si les documents d’urbanisme restreignent les usages du foncier en interdisant les activités de commerce et de service, « une demande de modification serait envisageable », glisse le cahier d’orientations. Seules 46 % des surfaces seraient dédiées aux programmes de santé, de recherche, de formation et de soins. L’AP-HM espère développer des activités de coordination avec la médecine de ville, ainsi que des consultations ambulatoires, densifier les activités de réhabilitation neurologique de l’Ugecam. Un pôle de données et d’intelligence artificielle de santé doit aussi être développé, potentiellement accompagné d’une pépinière d’entreprises et de laboratoires, en veillant à avoir « un environnement de travail favorable à l’attractivité des collaborateurs ». Pour cela, l’AP-HM défend des installations de type « campus », avec des équipements sportifs, de la restauration, une crèche. Enfin, le projet doit permettre des capacités d’accueil comme du logement étudiant, de l’habitat inclusif, une résidence autonomie, un hôtel hospitalier… La possibilité d’un retour des urgences n’est pas même évoquée.

    Pour permettre ces projets, le bâtiment de pédopsychiatrie, dont l’activité doit déménager dans les pavillons de l’hôpital Salvator, ainsi que les locaux techniques, ont vocation à être démolis. L’actuelle crèche ainsi que le Centre d’information et de soins de l’immunodéficience humaine (CISIH) doivent aussi être détruits et relocalisés sur le site. Les tours de logement infirmier et l’actuel Institut de formation en soin infirmiers, qui doit partir sur le campus nord en 2028, ainsi que le service santé de l’hôpital, seront quant à eux réhabilités. Enfin, un mail sera créé, tandis que les espaces publics doivent être requalifiés : de quoi faire de l’ancien pôle hospitalier « un site vitrine ».