Tag: Hôpital public

  • Déserts médicaux : des maires gardois chez le sous-préfet d’Alès

    Déserts médicaux : des maires gardois chez le sous-préfet d’Alès

    Avec la même volonté, le 10 décembre, une autre délégation venue du Gard, de Bretagne et du Bourbonnais s’est rendue au ministère de la Santé pour exposer l’état alarmant de leurs territoires. Aux côtés d’André Chassaigne, chargé de mission, figuraient le député de l’Allier Yannick Monet, Christine Caro de l’Atelier citoyen Santé Bretagne, Fabien Cohen, spécialiste des centres de santé, et Jean-Michel Suau du comité de défense de l’hôpital d’Alès.

    On se souvient que, le premier jour du printemps, une trentaine d’élus locaux s’étaient déjà réunis à l’initiative du comité alésien. Vincent Le Meaux, président de l’agglomération Guingamp-Paimpol, confronté aux mêmes difficultés, y participait pour partager expériences et solutions.

    Dans le seul bassin alésien, plus de 16 000 habitants sont sans médecin traitant. Malgré l’engagement du personnel, l’hôpital d’Alès doit réguler les urgences et refuser certains patients. Le délai pour une consultation en dermatologie atteint près de deux ans.

    Moins 11% d e médecins

    Depuis cette réunion, un mouvement local et national s’organise pour identifier les déserts médicaux et définir les priorités. L’État, pourtant maître d’œuvre, peine à répondre à l’urgence : alors que les besoins augmentent, le nombre de médecins a chuté de 11% entre 2020 et 2022 et ne connaît qu’un frémissement en 2024 avec 1% de praticiens supplémentaires. Le vieillissement des médecins, le désengagement des gouvernements successifs en matière de santé et la formation insuffisante de praticiens risquent d’accentuer la pénurie. Le recours aux praticiens hors Union européenne (Padue) progresse -l’hôpital d’Alès en accueille déjà plusieurs- mais cela demeure insuffisant. Le comité de défense estime qu’il faudrait 50 praticiens supplémentaires pour répondre aux besoins les plus pressants. D’où la proposition des élus et du comité d’Alès de faire appel aussi à des médecins cubains, reconnus pour leur expertise. Ils l’ont démontré pendant le Covid en soutenant plusieurs pays européens et assurent aujourd’hui encore la continuité des hôpitaux de Calabre, en Italie.

    Dans la micro-région cévenole, l’arrivée de Padue et de médecins cubains renforcerait l’hôpital et permettrait de rouvrir l’un des cinq centres de la mutuelle des mineurs (Fidelis), actuellement fermés faute de personnel. Ils offriraient également une présence médicale quasi permanente au sein de l’Ehpad de Saint-Christol, des deux d’Alès et ceux de Rousson, Génolhac, Ponteils…, tous rattachés à l’hôpital cévenol. Ce maillage soulagerait les équipes et assurerait de meilleurs soins aux habitants vivant à proximité de ces centres. « C’est ce que nous avons expliqué au représentant de la ministre lors de notre entretien », a expliqué Jean-Michel Suau à la sortie du ministère. « Les autorités se sont montrées ouvertes au recours à des praticiens étrangers et notamment avec les Cubains dans le cadre d’un accord de coopération mutuellement avantageux pour les deux nations. » L’hôpital d’Alès, celui de Guingamp et des établissements des Alpes-de-Haute-Provence pourraient être des bases d’expérimentation.

    Le dossier sera prochainement déposé sur le bureau de la plus haute autorité du pays. Le 16 décembre à Alès les maires appuieront la démarche pour une mise en œuvre rapide de ses solutions vitales pour leurs populations. À suivre…

    EN CHIFFRES

    13,5

    millions de Français vivent dans des déserts médicaux.

    6,7

    millions de personnes n’ont pas de médecin traitant.

    1

    médecin pour 679 habitants à Cannes contre 1 pour 979 habitants à Alès.

    1

    personne sur 4 a renoncé à des soins pour raisons financières.

    68

    pour cent des Français ont renoncé à des soins en raison du temps d’attente au cours des cinq dernières années.

    Le 15 décembre à 18h à l’espace Cazot d’Alès, forum sur l’accès aux soins dans le bassin de vie.

  • Gaby Charroux (PCF) candidat pour « défendre le modèle martégal »

    Gaby Charroux (PCF) candidat pour « défendre le modèle martégal »

    « On a une forte envie et une forte énergie ! » Le « je suis candidat » prend une tournure plurielle pour Gaby Charroux, ce jeudi soir, à l’heure de présenter sa candidature pour les prochaines élections municipales de 2026, à Martigues.

    Entouré de sa majorité et de près de deux cents soutiens issus du monde politique, économique, associatif, culturel et sportif, l’actuel édile martégal, candidat à sa succession, l’affirme : « C’est une aventure collective que nous menons avec notre équipe, qui se constitue dans le plus large rassemblement citoyen et républicain, comme nous le faisons depuis 1989. » Et d’insister : « Notre ambition est toujours la même, faire de Martigues une ville qui protège ses concitoyens. »

    « Une liste citoyenne »

    Cette candidature se veut participative. Gaby Charroux appelle d’emblée : « Chacun d’entre vous, dans votre secteur, sportif, économique ou culturel, que vous soyez jeune, ou vieux, femmes ou hommes, nous avons besoin de vos propositions, y compris vous qui faites partie des près de 1 000 associations de Martigues. Notre liste sera citoyenne », affirme le candidat.

    « Nous sommes à une étape charnière pour le développement de notre territoire et nous cherchons à ce que notre ville donne à chacun un avenir dont il a envie », poursuit Gaby Charroux, parlant d’un « travail avec la majorité et les services municipaux pour les années à venir, une vision de Martigues 2050 ».

    Dans « un monde de plus en plus violent », « quand à l’extérieur du pays il y a la guerre et à l’extérieur le narcotrafic, ce fléau », Gaby Charroux considère que « les communes sont devenues les vrais pôles de stabilité dans le pays », face à « un État qui a oublié sa boussole ». Mais il demeure « positif et optimiste, car j’ai foi en la nature humaine ».

    De nombreux défis

    Le mandat remis en jeu en 2026 est celui « des défis » pour l’actuel maire. Ceux « du service public, notamment postal, pour lequel nous avons bataillé avec le comité de vigilance pour maintenir la Poste de Ferrières ». Mais aussi « le défi majeur de l’hôpital public qui se pose actuellement ». Comme celui de conjuguer « la réalisation du contournement autoroutier avec notre exigence de compensation territoriale sur le territoire martégal, en figeant 70 hectares d’espaces naturels intouchables », détaille Gaby Charroux. Sans oublier l’enjeu « de la décarbonation. Nous voulons conforter les emplois industriels de notre territoire, dans lesquels se trouvent les meilleurs salaires. »

    Ces défis convergent, selon l’édile, vers « la préservation du modèle martégal et la transition écologique », pour « continuer à faire de Martigues une ville pas comme les autres », où l’« on porte la solidarité, la fraternité, l’égalité, où tous les combats sont les nôtres, dont celui des femmes ».

    Les outils pour y parvenir ? « Les services publics, les associations, l’industrie et le cinéma, qui sont les pôles d’attractivité de notre ville que nous devons protéger comme des joyaux », conclut Gaby Charroux.

    TÉMOIGNAGES

    Olivier Marchetti, président de Provence Studios

    « Martigues est un territoire incroyable, le cinéma prospère. Plein de films y sont tournés, dans des espaces naturels, des décors variés, tout en étant proche d’une grande ville, sans les contraintes. Toutes les conditions sont réunies pour développer la filière cinéma. En 2023, on est monté à 1 600 personnes travaillant sur site. Il reste le défi de pouvoir se déplacer plus facilement, particulièrement quand on accueille un gros tournage avec de gros castings. »

    Clémence Calvin, athlète de course de fond

    « La ville prend soin de ses habitants sans laisser personne de côté. On est gâtés. La singularité tient à la politique sociale et ça me tient à cœur qu’elle dure, en premier lieu pour mes enfants. C’est pour eux que je suis là et que je soutiens Gaby Charroux. Mes enfants font les centres d’initiation sportive (CIS), font du VTT sans être empêchés par l’argent, ont des cours d’art plastique. Tout le monde n’a pas accès à ces activités, mais à Martigues, c’est le cas ! »

    Thomas Vaïsse, doctorant en sociologie

    « Il y a deux originalités à Martigues. La diversité du territoire d’abord, avec un centre-ville provençal traditionnel marqué par les canaux, aux côtés du rural et de l’industrie. Une richesse et une possibilité d’imaginer plein de choses. L’enjeu de la gratuité est aussi central, elle permet d’installer une base pour tout le monde. La société décide qu’il y a certains éléments communs et tout le monde doit participer à son existence et sa reproduction. »

    Florence Dantin, militante du droit au logement

    « Gaby Charroux et son équipe sont très sensibles et réactifs sur le sujet du logement. Quand les gens ont de graves problèmes, il faut aller les voir chez eux, ce qu’on a pu voir à Notre-Dame-des-Marins. Le collectif est bon, le volet social de Martigues est énorme, le maire a beaucoup donné pour les associations. Son discours est aussi très ouvert, on sent que tout le monde peut venir et participer. Il y croit, et ça s’entend ! »

  • Le chirurgien aubagnais reconnu coupable d’escroqueries sur dix CPAM

    Le chirurgien aubagnais reconnu coupable d’escroqueries sur dix CPAM

    L’ex-chef du service de chirurgie orthopédique du centre hospitalier d’Aubagne a été reconnu coupable mercredi d’escroquerie aggravée au préjudice de notre système de protection sociale : plus de 400 000 euros détournés en trois ans en explosant son activité libérale et en double facturant des actes fictifs. Il écope de deux ans de prison avec sursis et de 100 000 euros d’amende. La condamnation est assortie d’une interdiction d’exercer pendant 5 ans sa profession en activité libérale au sein d’un hôpital public et à 5 ans d’inéligibilité.

    Le docteur Ikbel Farhat, 52 ans, qui plaidait l’erreur, l’ignorance et le complot à son procès le 21 octobre, était le seul des 7 médecins avec activité libérale au sein de l’hôpital d’Aubagne, à avoir explosé le volume de remboursement d’interventions par la Sécurité sociale : 313 actes en 2019 pour 98 000 euros d’honoraires libéraux, 569 actes pour 159 000 euros en 2020 et 845 en 2021 pour 327 000 euros, soit cette année-là 113% d’activité libérale, un taux surréaliste et incompatible avec la limitation à 20% pour un praticien hospitalier public à temps plein déjà rémunéré 10 000 euros par mois.

    « Le volume de ces facturations indues exclut la simple erreur », considère le tribunal pour qui le chirurgien n’a pas seulement facturé en libéral des actes relevant du public, mais a également facturé des actes accomplis par des confrères à lui, leur « volant des malades », des actes fictifs remboursés une seconde fois par la Sécurité sociale. Ainsi des actes sur 57 patients du docteur Roge qui découvrait le pot aux roses, que le prévenu réussissait à se faire rembourser en faussant des feuilles de soins.

    « Ces comportements démontrent une réelle volonté de frauder, dans un objectif purement financier », énonce le jugement rendu par la 6e chambre correctionnelle qui observe que le praticien « se présente comme un médecin dédié au service public et ne faisant pas ce métier par appât du gain, alors que le tribunal peine à voir quel autre intérêt il y aurait dans ces actions, qui n’ont aucune plus-value pour le patient ».

    Les CPAM des Alpes-Maritimes, du Bas-Rhin, des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis, les moins impactés ont obtenu la fixation de leurs dommages-intérêts pour une poignée d’actes frauduleux. En revanche, les intérêts civils des CPAM les plus lourdement touchés, celles du Var, des Bouches-du-Rhône, de l’Ardèche et la caisse nationale militaire de Sécurité sociale, seront examinés à l’audience du 7 mars 2026. Le conseil départemental de l’Ordre des médecins obtient un euro symbolique.

  • La Sécu, ce combat fondamental

    La Sécu, ce combat fondamental

    La santé est la priorité des priorités des Français avec le pouvoir d’achat. Les députés en train de débattre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale doivent mesurer combien laisser en l’état le texte horrifique du gouvernement serait une déclaration de guerre à l’ensemble des travailleurs et à leurs familles. Dans ce débat de société, la « suspension » de la retraite à 64 ans (arrêt provisoire à 62 ans et 9 mois jusqu’en janvier 2028), -qui devrait être examinée au plus tard le 12 novembre à l’Assemblée- ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt des sévères coupes prévues dans les financements de notre système de santé. L’hôpital public notamment, pourtant applaudi pendant la crise Covid, pourrait être encore affaibli par des coups de tronçonneuse sans précédent.

    Éviter le pire

    Pour les fédérations hospitalières, c’est du jamais vu depuis 15 ans. Pas moins de 1,1 milliard en moins, soit l’équivalent de 20 000 postes d’infirmiers. Pour les patients, cela se traduirait par un accès aux soins encore plus difficile alors qu’ils vivent déjà une pénurie de médecins généralistes qui transforme de très nombreuses communes en désert médical. Des patients devront aussi payer de leur poche des franchises médicales augmentées, sans parler des personnes atteintes d’affections de longue durée qui verraient leurs droits reculer. Or, la Sécu n’est pas malade de déficit mais d’une politique qui la prive de recettes, en particulier les exonérations de cotisations qui se chiffrent en dizaines de milliards. Tel est l’enjeu de ce combat fondamental dans lequel le mouvement social doit prendre toute sa place pour éviter le pire.

  • L’hôpital intercommunal de Brignoles sera modernisé

    L’hôpital intercommunal de Brignoles sera modernisé

    Le projet très attendu d’agrandissement et de modernisation de l’hôpital de Brignoles, dont les bâtiments n’ont pas connu de véritable rénovation depuis 1954, vient de franchir une nouvelle étape, avec la signature de la convention de financement entre l’Agglomération Provence Verte et le directeur du centre hospitalier intercommunal. Une opération d’un montant de 29 millions d’euros.

    Ce projet vise à améliorer les conditions d’accueil des patients et des soignants, tout en préparant l’avenir de la santé sur le territoire. Comme le souligne Didier Brémond, président de l’agglomération et maire de la capitale du centre Var Didier Brémond : « Dans un contexte national de désertification médicale, cet investissement collectif contribuera à renforcer l’attractivité du territoire et à ancrer durablement l’hôpital au cœur de la Provence Verte ».

    La collectivité participe à hauteur de 2,56 millions d’euros, aux côtés de l’État, du Département, de la Région, mais aussi des intercommunalités voisines.

    Une ambition d’améliorer l’accès aux soins de proximité à laquelle la Maison des internes souscrit également. Pour mémoire, celle-ci vise à offrir le meilleur cadre de vie possible aux étudiants, donc les attirer et, au final, « garder les médecins de demain ».

    Le bâtiment va se situer dans une ancienne école maternelle désaffectée qui nécessite une restauration patrimoniale. Pour le chantier de modernisation et l’agrandissement et l’hôpital intercommunal Brignoles-Le Luc, la pose de la première pierre est prévue dans quelques mois. Fin des travaux prévue pour 2029.

  • Pierre Pinzelli bien parti pour rempiler à la tête de l’hôpital d’Avignon

    Pierre Pinzelli bien parti pour rempiler à la tête de l’hôpital d’Avignon

    Officiellement, la décision de l’Agence régionale de santé (ARS) n’est pas encore tombée, mais dans les couloirs de l’hôpital d’Avignon, il semble bien acquis que Pierre Pinzelli poursuive sa mission de directeur. « Votre sollicitation est trop précoce, la décision ne pourra être prise que pour la toute fin de cette année ou le début de l’année prochaine, la période des vœux sera sans doute plus adaptée pour évoquer cette décision », nous répond l’intéressé, âgé de 61 ans, en poste depuis janvier 2022 et dont le mandat de 4 ans s’achève à la fin de l’année. Selon les informations de La Marseillaise, sa demande de renouvellement pour un second et dernier mandat est en cours de validation.

    Si pour des ouvertures de postes avec candidatures – comme cela vient d’être le cas avec l’arrivée prochaine d’un directeur à l’hôpital d’Orange –, le processus relève du centre national de gestion [organisme qui gère les carrières de directeurs d’hôpitaux], dans le cadre d’un renouvellement, seule une décision de l’ARS suffit. « On a donné un avis très favorable, le directeur est renouvelé », ne fait pas mystère Loïc Souriau, directeur de l’ARS de Vaucluse. « En attendant, je poursuis mon action avec la grande détermination qui me caractérise et qui anime mon quotidien depuis toujours, préfère temporiser Pierre Pinzelli. En ma qualité de directeur d’hôpital depuis de nombreuses années, je suis avant tout au service de l’hôpital public. »

    S’il a le soutien de l’autorité de tutelle, le directeur est loin de faire consensus. « Quel patron fait l’unanimité ? Je n’ai pas encore trouvé », répond Loïc Souriau. En juin, l’ARS a pourtant été destinataire d’un courrier d’alerte de la commission médicale d’établissement (CME), instance représentant le personnel médical de l’hôpital. Les chefs de pôle dénonçaient notamment une manière de diriger « contre-productive qui conduit à un point de rupture en raison du manque d’objectivité et de l’entêtement » du directeur. Ce dernier, répondait alors à Ici Vaucluse, qu’il n’y avait pas de « crise », jugeant même la lettre « accessoire ». « Certains signataires sont très remontés depuis qu’ils savent que le directeur reste », nous confie une salariée de l’hôpital, désabusée par le management de Pierre Pinzelli.

    Cécile Helle reste silencieuse

    À noter qu’une nouvelle CME sera élue le mois prochain. Sollicitée, Cécile Helle, maire (PS) d’Avignon et présidente du conseil d’administration, n’a pas souhaité s’exprimer sur ce renouvellement. Alors que beaucoup, syndicats en tête comme la CGT, aimeraient que la maire pousse pour un départ du directeur. Son avis n’est toutefois pas décisionnaire.

    Tout le monde a encore en mémoire les révélations, en mars, du Canard enchaîné (notre édition du 27 mars) accusant le directeur de favoritisme après les embauches de sa compagne, entraînant l’ouverture d’une enquête par le parquet. Des faits que Pierre Pinzelli réfutait en bloc. À la tête d’un hôpital de plus de 3 300 agents et près de 1 000 lits, le directeur concentre aussi un large pouvoir dans la santé publique du département, en gérant aussi l’hôpital de Cavaillon et, par intérim depuis deux ans, celui de Carpentras. Il préside également le groupement hospitalier de territoire de Vaucluse.

    Si au cours de son mandat, un vaste projet de modernisation (156 millions d’euros) a été acté, l’hôpital a perdu sa certification, début 2024, délivrée par la Haute autorité de santé (HAS). Une décision inédite qui, si elle n’empêche pas le centre hospitalier de fonctionner, fait désordre. La HAS doit d’ailleurs revenir en mai 2026 pour une inspection. Il y a trois ans le directeur a aussi mis fin à la gratuité du parking de l’hôpital – une proposition de loi devrait être étudiée fin novembre contre le principe de stationnement payant à l’hôpital public – et a connu, en novembre dernier, un mouvement de grève de 20 jours au bloc opératoire.

  • La justice rejette deux recours contre la fermeture du bloc

    La justice rejette deux recours contre la fermeture du bloc

    « Ce n’est pas perdu, mais ce n’est pas gagné », résume, déçu, mais pas résigné, le collectif Apt à faire bloc à la lecture de la décision de justice rendue le 14 octobre par le tribunal administratif de Marseille. La justice vient de rejeter deux recours qui visaient à suspendre la décision, prise en juin, par l’Agence régionale de santé (ARS) de fermer le service de chirurgie et endoscopie du centre hospitalier d’Apt. Un choix contre lequel est vent debout l’ensemble de la population, élus de tous bords et personnels médical ou non de l’hôpital.

    Les deux recours sont des référés suspensions, qui se prononcent sur l’urgence de la situation et permettent d’avoir une première décision rapide, quand le recours sur le fond n’est étudié que dans de lointains délais, incompatibles ici avec la décision de l’ARS prenant effet au 31 décembre. La municipalité d’Apt, ainsi que le comité des usagers pour le soutien et la défense de l’hôpital, avaient donc saisi la justice au début du mois. En vain, pour le moment. Dans l’ordonnance concernant le référé du comité des usagers, consultée par La Marseillaise, la juge motive sa décision en estimant que le requérant « n’apporte aucun élément permettant d’établir que les risques [pour la santé des patients, Ndlr] seraient avérés et que les autres établissements autorisés à exercer la chirurgie ne seraient pas en capacité de prendre en charge l’ensemble des patients ».

    En outre, la justice, conteste « la notion d’urgence caractérisée » en se fondant sur des données (activité, part d’Aptésiens se faisant déjà opérer ailleurs…) issues d’un communiqué de presse de l’ARS de juin dernier… « Des chiffres erronés », soupire Dominique Thévenieau, président du comité des usagers, conforté par l’équipe médicale du centre hospitalier qui, tableaux de rapports d’activité de l’hôpital, dément les calculs de l’ARS.

    Une action devant l’ARS le 6 novembre

    Pas question de se laisser abattre, le président réfléchissait à déposer un nouveau recours et fonde des espoirs sur un second référé de la Ville, déposé cette fois à Nîmes, portant « sur la rupture du groupement de coopération sanitaire qui est en cours ». Côté syndicat aussi, un recours en urgence est à l’étude. « Rien n’est encore ficelé, mais on étudie un autre angle d’attaque [que ceux rejetés] », confie Cathy Larsson, secrétaire de l’union santé CGT de Vaucluse, qui porte aussi un recours sur le fond « sur la mise en danger de la population avec 15 témoignages qui disent que sans ce service, ils seraient morts ou gravement handicapés ».

    En attendant, la mobilisation se poursuit. Après une manifestation le 9 octobre dernier à Apt, cette fois, une grande action aura lieu le 6 novembre (15h30) à Avignon, devant le siège de l’ARS.

  • Apt : la justice rejette deux recours contre la fermeture du bloc

    Apt : la justice rejette deux recours contre la fermeture du bloc

    « Ce n’est pas perdu, mais ce n’est pas gagné », résume, déçu, mais pas résigné, le collectif Apt à faire bloc à la lecture de la décision de justice rendue le 14 octobre par le tribunal administratif de Marseille. La justice vient de rejeter deux recours qui visaient à suspendre la décision, prise en juin, par l’Agence régionale de santé (ARS) de fermer le service de chirurgie et endoscopie du centre hospitalier d’Apt. Un choix contre lequel est vent debout l’ensemble de la population, élus de tous bords et personnels médical ou non de l’hôpital.

    Les deux recours sont des référés suspensions, qui se prononcent sur l’urgence de la situation et permettent d’avoir une première décision rapide, quand le recours sur le fond n’est étudié que dans de lointains délais, incompatibles ici avec la décision de l’ARS prenant effet au 31 décembre. La municipalité d’Apt, ainsi que le comité des usagers pour le soutien et la défense de l’hôpital, avaient donc saisi la justice au début du mois. En vain, pour le moment. Dans l’ordonnance concernant le référé du comité des usagers, consultée par La Marseillaise, la juge motive sa décision en estimant que le requérant « n’apporte aucun élément permettant d’établir que les risques [pour la santé des patients, Ndlr] seraient avérés et que les autres établissements autorisés à exercer la chirurgie ne seraient pas en capacité de prendre en charge l’ensemble des patients ».

    En outre, la justice, conteste « la notion d’urgence caractérisée » en se fondant sur des données (activité, part d’Aptésiens se faisant déjà opérer ailleurs…) issues d’un communiqué de presse de l’ARS de juin dernier… « Des chiffres erronés », soupire Dominique Thévenieau, président du comité des usagers, conforté par l’équipe médicale du centre hospitalier qui, tableaux de rapports d’activité de l’hôpital, dément les calculs de l’ARS.

    Une action devant l’ARS le 6 novembre

    Pas question de se laisser abattre, le président réfléchissait à déposer un nouveau recours et fonde des espoirs sur un second référé de la Ville, déposé cette fois à Nîmes, portant « sur la rupture du groupement de coopération sanitaire qui est en cours ». Côté syndicat aussi, un recours en urgence est à l’étude. « Rien n’est encore ficelé, mais on étudie un autre angle d’attaque [que ceux rejetés] », confie Cathy Larsson, secrétaire de l’union santé CGT de Vaucluse, qui porte aussi un recours sur le fond « sur la mise en danger de la population avec 15 témoignages qui disent que sans ce service, ils seraient morts ou gravement handicapés ».

    En attendant, la mobilisation se poursuit. Après une manifestation le 9 octobre dernier à Apt, cette fois, une grande action aura lieu le 6 novembre (15h30) à Avignon, devant le siège de l’ARS.

  • Le dépistage du cancer du sein de retour à Cavaillon

    Le dépistage du cancer du sein de retour à Cavaillon

    Les chiffres sont assez éloquents : avec plus de 15% en Vaucluse, le taux de mortalité lié au cancer du sein est le plus important de la région. Chaque année, près de 500 nouveaux cas sont déclarés dans le département. Ceci expliquant peut-être cela, le Vaucluse fait partie des dix départements français participant le moins (39%) à la campagne annuelle de prévention. Faute notamment de structures permettant de réaliser les dépistages. Pendant 4 ans, cela a été le cas à Cavaillon, pourtant 4e commune la plus peuplée du département. Depuis 2021, les femmes devaient se faire dépister dans d’autres villes « avec des délais qui pouvaient être très longs », reconnaît l’hôpital.

    Une anomalie réparée depuis ce lundi. Le centre hospitalier vient d’ouvrir les consultations au sein d’un nouveau centre de mammographie. « Le dispositif va progressivement monter en charge pour atteindre 8 demi-journées hebdomadaires courant 2026, l’organisation est calibrée pour faire face rapidement à un besoin de 3 500 dépistages par an, indique l’hôpital. C’est statistiquement 25 cancers du sein qui pourront être précocement diagnostiqués annuellement. » Plus de 70 femmes par semaine pourront ainsi être dépistées. « Grâce au partenariat avec l’assurance maladie de Vaucluse, les examens seront réalisés sans avance de frais », assure l’hôpital, qui a recruté quatre personnes dans le service d’imagerie.

    Un projet qui a nécessité un investissement de 345 000 euros (290 000 euros de matériel et 55 000 euros de travaux) financé par la Région (150 000 euros), la Ville (90 000 euros), l’ARS (55 000 euros) et l’hôpital (50 000 euros).

  • FO réclame la sécurisation des hôpitaux marseillais

    FO réclame la sécurisation des hôpitaux marseillais

    Un cri d’alarme. « Nous comprenons la détresse des parents mais rien, absolument rien, ne peut justifier qu’un soignant soit insulté, humilié ou frappé alors qu’il tente simplement de sauver une vie », glisse Cindy, la gorge nouée. Cette infirmière en réanimation pédiatrique à la Timone est venue témoigner de l’insécurité touchant les hôpitaux marseillais. Il y a une semaine, un père de famille et des proches ont voulu en découdre avec le personnel et ont menacé de mort le chef de son service. Ce week-end, « une bande » a débarqué pour frapper le personnel de neurochirurgie.

    « Droit vers un drame »

    « Depuis un an, malgré les mesures insuffisantes prises par la direction générale, l’insécurité s’aggrave avec des incidents de plus en plus graves », note Audrey Jolibois, secrétaire générale de FO AP-HM, qui a déposé en novembre 2024 un préavis de grève reconductible sur le sujet. « Je croise vraiment tous les doigts pour ne pas avoir raison, mais on va droit vers un drame qui risque de tous nous marquer. »

    De janvier à septembre 2025, 47 faits de violences physiques ont été recensés sur la Timone. Une augmentation de 52% par rapport à la même période de 2024, selon le syndicat, qui déplore la présence de seulement 13 agents de sécurité pour un site de 18 hectares. « La Timone est une vraie passoire », reprend la secrétaire générale du syndicat, évoquant la « circulation de personnes étrangères » ou la présence « de SDF qui errent dans les couloirs, peuvent se coucher dans les lits, se servir des plateaux-repas, s’installer dans les offices du personnel paramédical… C’est devenu une auberge ».

    Jeudi, des représentants de l’ensemble des sites hospitaliers étaient présents pour témoigner du même constat : à l’hôpital Nord, certains accès ne sont toujours pas verrouillés la nuit malgré un plan de prévention de la violence mis en place il y a dix ans. À la Conception, les violences et agressions en psychiatrie et en urgences obstétriques sont en augmentation, des véhicules dégradés dans les parkings, des vols dans les bureaux…

    Force ouvrière exige donc auprès de la direction et des autorités de tutelle, État et l’Agence régionale de santé, des moyens supplémentaires pour la sécurité. Il pose sur la table plusieurs revendications : accélération des travaux de sécurisation et fermeture de tous les services de nuit avec digicode ou moyen d’appel au personnel, augmentation du nombre d’agents de sécurité. S’inspirant du CHU de Nice, le syndicat majoritaire de l’AP-HM envisage aussi l’installation de portiques de sécurité, ainsi que de nouvelles caméras de vidéosurveillance et la fermeture de l’ensemble des bâtiments et des accès de tous les sites la nuit.