Tag: Handicap

  • [Entretien] « Notre volontéest d’être inclusif pour tous les types de handicap »

    [Entretien] « Notre volontéest d’être inclusif pour tous les types de handicap »

    La Marseillaise : En 2026, vous avez obtenu le label Tourisme et Handicap. Qu’a-t-il permis dans la prise en charge des personnes en situation de handicap
    à la mer
     ?

    Sophie Guérard : Ils nous ont guidés dans les équipements à mettre en place et de mon côté, j’ai rencontré les usagers et les associations afin de connaître leurs besoins. Aujourd’hui, notre volonté c’est d’être inclusifs pour tout type de handicap, donc on a différentes prises en charge. Si vous êtes en perte de mobilité, c’est essentiellement de l’aide humaine, puis le tapis rigide posé sur la plage permet d’aller jusqu’à l’eau sans s’enfoncer dans le sable. Pour les utilisateurs de fauteuil roulant, il y a l’hippocampe quand le handicap est léger. Il permet de s’immerger, puis la personne peut se lever grâce à la légèreté qu’apporte l’eau. Si le handicap moteur est plus lourd, c’est le tiralo qui va être utilisé. Il flotte et permet donc de se baigner. Pour les personnes déficientes visuelles, on a un dispositif qui émet des sons afin de savoir quand on s’éloigne de la plage. C’est un dispositif mobile qu’on installe sur demande.

    « À nous la mer » a été lancé en 2022 à la Pointe Rouge. Quel bilan en tirez-vous aujourd’hui ? Envisagez-vous d’étendre le dispositif en dehors de la saison estivale ?

    S.G. : L’année dernière, on a tenté septembre et on a eu très peu de fréquentation. C’est un dispositif très coûteux donc cette année, on a préféré se concentrer sur les moments où on a vraiment du public. Le budget « À nous la mer » est de 360 000 euros pour cette saison. On a concentré les efforts sur juin, juillet et août, avec une augmentation de fréquentation très importante par rapport à l’année dernière. En juin, on a fait 76% d’augmentation avec 172 utilisateurs sur les trois plages, particuliers et établissements confondus. En juillet, on a eu une augmentation de 300% avec 623 personnes qui ont bénéficié du dispositif. On n’a que des retours positifs, les gens sont contents de pouvoir se baigner et aussi de pouvoir venir en groupe. Les saisonniers qui les accueillent sont formés au levage, au transfert, à la prise en charge des différents types de handicap. La plupart sont des étudiants, une grande partie en école de kiné. Ils font ça sur plusieurs années, donc ils sont vraiment investis sur le sujet. Les agents peuvent rester dans l’eau et donner leur main pendant 40 minutes si besoin. J’étais présente lors d’une visite d’un IME à Corbière en juillet. Ils étaient douze adolescents en situation de handicap. Ils ont été accompagnés au cas par cas dans l’eau. C’est rassurant pour eux d’être accompagnés humainement, sinon, ils ne se baignent pas. Cet été, on s’est aussi rendu compte, que ceux qui viennent pour la première fois se régalent et reviennent. Par exemple, une dame de 93 ans qui est venue en juillet avec sa petite-fille, en partant, elle a dit : « Je vais venir tous les jours. »

    Aujourd’hui, seulement trois plages sont équipées pour tout
    le littoral marseillais, d’autres ouvertures sont-elles prévues
     ?

    S.G. : On tente de mettre à disposition gratuitement toutes les aides dont les personnes en situation de handicap ont besoin pour pouvoir se baigner comme tout le monde. Pour l’instant, on est sur ces trois plages-là parce qu’il y a énormément de contraintes pour installer le dispositif et qu’on a pu le faire que sur ces plages. Il faut qu’il y ait un parking PMR, que ce soit facile d’aller jusqu’au dispositif, que ce soit des plages surveillées… Pour l’instant, on se concentre sur ces trois-là et on va renforcer leur capacité d’accueil au vu de la fréquentation importante de cet été.

    Une fois à la plage, l’accès est pensé pour les personnes en situation de handicap, mais ce n’est pas toujours le cas pour les transports en commun qui y mènent. Est-ce un sujet sur lequel vous travaillez ?

    S.G. : On sait que c’est éminemment compliqué quand on est une personne en situation de handicap moteur d’utiliser les transports en commun aujourd’hui. C’est un des axes d’amélioration prioritaire. On a déjà fait une réunion sur ce sujet avec Samia Ghali, la présidente de la RTM, pour mettre Mobil Métropole en corrélation avec le dispositif « À nous la mer » pour l’été prochain.

    Entretien réalisé
    par Andréa Goyard de Castro

  • À Oraison, une journée pour apporter du répit aux proches aidants

    À Oraison, une journée pour apporter du répit aux proches aidants

    « C’est une partie des soignants qu’on oublie. C’est un rôle peu reconnu qui peut entraîner de la fatigue, du burnout. Ils s’occupent de quelqu’un toute l’année, alors c’est bien que de temps en temps, on s’occupe d’eux » : le maire (Ren.) d’Oraison, Benoît Gauvan, a présenté lundi la journée consacrée aux proches aidants organisée dans sa commune le 7 octobre, aux côtés de l’Ehpad des Tilleuls et d’Espoir’aidants. L’idée de cette journée est d’apporter du répit aux aidants, pour qui il est difficile de trouver du temps et de laisser la personne dont ils s’occupent. « Il y a souvent de la culpabilité, les aidants se disent qu’ils ne peuvent pas laisser un jour ou deux la personne pour s’occuper de soi, sauf que quand on s’occupe bien de soi, on peut encore mieux s’occuper des autres. On n’aide pas bien quand on n’est pas bien », a expliqué le maire, confiant que sa mère avait elle-même « laissé une partie de sa santé » pour s’occuper de sa grand-mère souffrante.

    Que ce soit des parents, des enfants, des conjoints, des voisins ou encore des amis, les aidants manquent de reconnaissance et de visibilité. Avec cette journée, l’idée est aussi de leur montrer « qu’ils ne sont pas seuls » et de partager leurs expériences, alors que leur situation tend à les isoler, avance Benoît Gauvan.

    « C’est une journée qui est destinée à offrir des informations et du répit aux aidants, mais c’est aussi pour permettre le repérage des aidants, et surtout faire connaître la situation des proches aidants au grand public », détaille Isabelle Simeray, directrice d’Espoir’aidants, une plateforme à destination des aidants des Alpes-de-Haute-Provence.

    Des témoignages d’aidants

    Pendant cette journée, deux psychologues animeront notamment un débat et évoqueront les difficultés rencontrées par les proches aidants. Trois personnes viendront témoigner de leur vie d’aidant. Des ateliers bien-être seront proposés pour permettre de prendre du temps pour soi et de se ressourcer. Des sophrologues et des réflexologues de Manosque et de Forcalquier seront sur place. Les personnes aidées pourront être prises en charge « afin de libérer les aidants de leurs contraintes », explique la directrice d’Espoir’aidants. Vingt partenaires animeront des stands et proposeront des activités au village des aidants, dans le château d’Oraison. Ce sera la septième journée des aidants organisée sur le département depuis 2019.

    La journée est financée par le département, l’ARS et Malakoff Humanis. La mairie d’Oraison prête ses locaux et son matériel. Des affichages vont être réalisés dans les pharmacies et les maisons de santé pour informer les aidants de cette journée. Un forum de soutien aux aidants est également organisé à Mirabeau, près de Digne, le 18 septembre.

  • Un chantier solidaire pour lancer l’année de l’école de commerce à Aix

    Un chantier solidaire pour lancer l’année de l’école de commerce à Aix

    Les premiers jours en école de commerce ne se sont pas déroulés dans les amphithéâtres, mais dans le bruit des scies. Depuis lundi, les premières années de l’ESSCA (école supérieure des sciences commerciales) se relaient sur un chantier solidaire mené sur les pelouses de l’Institut des Parons, établissement médico-social spécialisé dans l’accueil de personnes en situation de handicap.

    Dossards floqués aux couleurs de l’école sur le dos, ils sont une trentaine à manier scies et ponceuses, à s’essayer à la découpe et à l’assemblage de planches de bois. D’ici la fin de la semaine, tout un mobilier extérieur doit être installé dans l’un des espaces verts de l’institut afin de compléter le nouveau pôle autisme, qui accueille une quarantaine de personnes.

    Provoquer le « déclic »

    Sur le vaste site de l’institut, plusieurs aménagements ont déjà été construits par des étudiants. Voilà six ans que l’ESSCA fait appel à l’entreprise britannique Splash Projects pour impliquer ses premières années dans un chantier solidaire en guise de séminaire d’intégration. « Les communautés, les associations avec lesquels nous travaillons décident ce dont elles ont besoin (…). Nos designers dessinent, puis le projet est mené par nos clients, explique Meg, de Splash. On crée des passerelles ! »

    Côté direction, l’initiative permet d’implanter, dès les premiers jours de cursus, les « valeurs de l’ESSCA », juge Claire Bourgeois, directrice du campus aixois. Cette année, ils sont une centaine d’étudiants à participer au projet et à se relayer. Le chantier, débuté lundi, a été bouclé et inauguré ce vendredi 4 septembre. « Surtout, c’est une manière de se rencontrer totalement différente. D’être présents pour aider, pour construire puis de voir une inauguration ou les parents des résidents sont là. Ils ont l’occasion de voir que ce qu’ils font est utile », poursuit Claire Bourgeois.

    Emmanuelle Bodu, responsable de l’expérience étudiante, estime « que ce qu’ils font aujourd’hui, c’est découvrir ce qu’est manager en équipe, travailler en s’ouvrant aux autres ». Sur les autres sites de l’école, dont les campus de Malaga et de Budapest, des chantiers similaires se déroulent simultanément. Parmi les étudiants, l’initiative a pu être une surprise. « On ne pensait pas faire des travaux la première semaine. On se sent utiles », estime Jade, entre deux coupes de bois. À ses côtés, Lou trouve que le projet s’inscrit dans l’idée qu’elle se faisait du commerce. « J’ai aussi choisi (ce cursus) pour le côté associatif, on va se retrouver devoir évoluer avec différentes valeurs, qu’elles soient sociales, environnementales. » Pour cette avant-dernière matinée de chantier, plusieurs résidents de l’Institut, les éducateurs, se sont rendus sur le site pour constater l’évolution des travaux. « Ces jeunes sont en devenir et, demain, ce seront peut-être des managers. Cette petite journée, ça peut faire des déclics », estime Thierry Pouplier, directeur de l’Institut des Parons. Globalement, participer à l’inclusion dans le monde du travail.

  • À La Ciotat, le forum va réunir 200 associations

    À La Ciotat, le forum va réunir 200 associations

    La 33e édition du forum des associations, organisé par la Ville de La Ciotat, aura lieu samedi. Il accueillera cette année plus de 200 associations, dont 29 nouvelles, qui viendront présenter leur domaine d’activité, offrant un panel large de la vie associative ciotadenne.

    Les structures seront réparties en six pôles : sport et nautisme ; bien-être et santé ; loisirs et culture ; éducation, traditions et commémorations ; environnement, cause animale et vie des quartiers ; solidarité, social et handicap.

    En plus des différents stands, le forum met aussi en place trois espaces dédiés aux représentations, animés par de diverses associations tout au long de la journée. Un podium sport accueillera des démonstrations d’arts martiaux, alors que d’autres animations dansantes et musicales seront à découvrir au théâtre de nature. Enfin, l’espace belvédère permettra de découvrir des activités et d’assister à des spectacles autour de la danse et du bien-être.

    Promouvoir l’offre associative et culturelle

    Le forum organise également différentes initiations comme du squash, des fléchettes, ou encore une animation de prévention au bien-être animal. Le reste des activités sera à découvrir sur les stands.

    Pour accompagner les visiteurs au long de la journée, des espaces de restauration, un glacier et plusieurs food-trucks sont présents sur le forum.

    Un programme riche qui permettra à chacun et chacune de trouver son bonheur pour l’année à venir, en cette période de rentrée scolaire.

    Accès libre. Plus d’informations sur laciotat.com

  • Gare de Nîmes : des quais enfin accessibles à tous

    Gare de Nîmes : des quais enfin accessibles à tous

    Pour certains voyageurs, prendre le train à Nîmes pouvait encore commencer par une série d’obstacles. Un quai trop bas, un cheminement difficile à suivre, une information peu accessible. Depuis ce jeudi 3 septembre, la SNCF présente une gare Nîmes-Centre remise à niveau, après près de deux ans de travaux consacrés à l’accessibilité de ses quais.

    Engagé en septembre 2024, le chantier a d’abord concerné les voies A, B et C, avant de se poursuivre sur le quai de la voie E, dont la rénovation vient achever l’opération. Au total, près de 7,7 millions d’euros ont été mobilisés, financés à parts égales par l’État et SNCF Gares & Connexions. Une transformation qui concerne directement les 4,5 millions de voyageurs fréquentant chaque année la gare.

    Le changement se voit d’abord sous les pieds. Les quais ont été rehaussés pour réduire l’écart avec les trains, leurs revêtements repris et les bandes podotactiles renforcées. Mais une partie essentielle du chantier se remarque moins : bandes de guidage pour les personnes déficientes visuelles, balises sonores déclenchables à l’aide d’une télécommande, éclairage et sonorisation modernisés.

    Le changement se voit d’abord sous les pieds. Les quais ont été rehaussés de 55 cm pour réduire l’écart avec les trains, leurs revêtements repris et les bandes podotactiles renforcées. Un travail mené en lien avec les associations d’usagers. « Dès le départ, nous avons été sollicités pour dresser un état des lieux de l’existant, avant de réfléchir de concert avec les décideurs aux pistes d’amélioration possibles », souligne Frédéric Barety, représentant de la Fédération des aveugles et amblyopes de France. Parmi les lacunes identifiées : des bandes de guidage insuffisantes pour les personnes déficientes visuelles. Car derrière les millions investis et les normes techniques se joue une question autrement plus concrète : celle de l’autonomie. Personnes en fauteuil, déficients visuels, personnes âgées, parents avec poussette ou voyageurs chargés de bagages profitent également de ces aménagements. « Loin d’être un confort supplémentaire, son accessibilité est un droit de chacun », a insisté le maire Vincent Bouget (PCF) lors de la présentation, aux côtés du vice-président de la Région, délégué aux transports, Jean-Luc Gibelin (PCF). La gare du XIXe siècle n’en a toutefois pas terminé avec les travaux. Une rénovation plus profonde de son vaste hall d’accueil est annoncée à l’horizon 2030.

  • L’Unapei lance sa campagne annuelle « J’ai pas école »

    L’Unapei lance sa campagne annuelle « J’ai pas école »

    Gecyna a 11 ans et vit à Montpellier. En cette rentrée scolaire 2026, alors que ses deux grandes sœurs prendront le chemin du lycée, elle ne pourra pas faire son entrée au collège. « Ma fille est porteuse d’un autisme sévère et non verbal, raconte sa mère Christelle Sendedemo, qui élève seule ses trois enfants. Depuis six ans, nous sommes sur liste d’attente pour obtenir une place en IME [instituts médicaux-éducatifs, Ndlr], mais toujours rien. J’ai dû arrêter de travailler pour pouvoir m’occuper d’elle à plein temps depuis maintenant deux ans. »

    La situation de Gecyna est loin d’être un cas isolé. En cette fin d’été, l’Union nationale des associations de parents de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei) a lancé sa campagne annuelle intitulée « J’ai pas école, mais tout peut changer », afin d’alerter sur les difficultés rencontrées par des milliers de familles pour permettre à leur enfant porteur de handicap mental d’accéder à une réponse éducative adaptée. L’étude, menée auprès de 38 associations qui suivent près de 5 000 enfants au sein de leurs établissements médico-sociaux ou en lien avec l’Éducation nationale, révèle que 76% des enfants accompagnés sont scolarisés moins de douze heures par semaine. Par ailleurs, seuls 24% d’entre eux bénéficient d’un temps de scolarisation supérieur à douze heures hebdomadaires et le délai d’attente moyen atteint désormais près de trois ans avant d’accéder à une solution d’accompagnement adaptée.

    Selon la section héraultaise de l’association, l’Occitanie est une région particulièrement touchée, avec pas moins de 2 500 enfants en attente d’une place dans une structure adaptée. Dans l’Hérault, ils sont 700 enfants à attendre une place en IME.

    « Ma première fille est elle aussi porteuse d’autisme, mais celui-ci prend une autre forme que celui de Gecyna, raconte Christelle. Elle est donc scolarisée en lycée professionnel. Ma seconde fille, elle, n’a que 16 ans et m’aide énormément avec Gecyna. Elle me seconde dans toute la gestion du quotidien alors que ce n’est qu’une adolescente. » Plus jeune, Gecyna a pu bénéficier d’une scolarisation en classe ULIS, qui s’est ensuite réduite progressivement. Aujourd’hui, sa mère explique que son handicap ne lui permet pas d’être scolarisée sans dispositif adapté : « Même l’école qui l’accueillait avant m’a dit que ce n’était pas qu’ils ne voulaient pas l’accueillir, mais qu’ils n’ont juste pas les moyens de répondre à ses besoins. »

    Une scolarité empêchée

    Christelle Sendedemo se dit à la fois « sidérée » et « révoltée » par cette situation. « Les enfants porteurs d’autisme peuvent apprendre si leur scolarité est correctement encadrée, déplore-t-elle. Mais ma fille en est privée. » La charge mentale induite par cette situation intenable provoque chez cette mère isolée des problèmes de santé, notamment de l’hypertension et des problèmes de sommeil. « Repousser un enfant autiste, c’est repousser aussi toute sa famille. »

    Pour que la situation de Gecyna et des autres enfants puisse changer, l’Unapei appelle les pouvoirs publics à agir au plus vite pour « construire des coopérations organisées pour des parcours sans rupture, de la petite enfance jusqu’à 25 ans ». De son côté, l’Unapei 34 porte depuis plusieurs années le combat de ces familles sans solution et a créé un service social pour les orienter et les conseiller. Ses membres participent aussi à des permanences de la plateforme Communauté 360*.

    En attente d’une réponse favorable d’un IME et après avoir contacté tous les établissements de son secteur, Christelle Sendedemo est toujours dans l’impasse. « L’enfant qui ne fréquente plus l’école est un enfant isolé. Nous souffrons en silence, on fait semblant de nous voir, mais on ne nous entend pas. »

    *Dispositif national d’appui accessible via le numéro vert unique 0.800.360.360.

    « Repousser un enfant autiste, c’est repousser toute toute sa famille »

  • À Istres, la majorité veut revoir la cantine et renforcer l’inclusion

    À Istres, la majorité veut revoir la cantine et renforcer l’inclusion

    Élue depuis mars dernier, la majorité vit sa première rentrée scolaire. Avec la volonté de voir certaines choses changer, à commencer par la restauration collective. Dès octobre, après les premières vacances scolaires, la municipalité engagera une réflexion globale à ce sujet, allant de la préparation des repas à l’organisation du temps méridien.

    « L’effet pervers de la cantine à un euro fait qu’il y a beaucoup d’élèves qui y mangent », commence le maire (LR) Robin Prétot. À ce jour, 2 637 enfants y sont inscrits, mais la mairie estime qu’ils seront 3 800 à y déjeuner en réalité. La cuisine centrale produit 4 300 repas par jour, puisqu’elle fournit aussi le collège Alain-Savary, le seul du département à être sous statut municipal. « C’est heureux, mais les services n’étaient pas préparés pour. On a une cuisine centrale qui est sous-dimensionnée et donc la qualité s’en retrouve dégradée. On fait peu de cuisson, beaucoup de décongélation et de réchauffement… C’est dommage, les enfants et leurs parents s’en plaignent derrière. Il y a aussi la question du temps méridien, avec des problèmes de discipline puisqu’il y a beaucoup d’élèves. »

    Concrètement, des groupes de travail seront créés sur les différentes thématiques liées à la cantine, associant les agents concernés, les parents d’élèves mais aussi l’opposition. Les premières conclusions sont attendues pour la rentrée 2027 mais d’ici la, la municipalité « réfléchit en interne à des pistes d’amélioration », précise l’adjointe au maire déléguée à l’éducation Sophie Declercq.

    Continuité des dispositifs

    Robin Prétot affirme : « Toutes les options sont sur la table. Je ne saurais pas dire s’il faut qu’on arrête la restauration pour préférer une délégation de service public, qu’on agrandisse la cuisine centrale, qu’on revoit l’organisation parce qu’il y a des problématiques au niveau de la réservation des repas, qu’on peut annuler 48h avant ce qui engendre du gaspillage. La problématique est globale, il faut qu’on se pose et qu’on parle de tout, du tarif, des agents, de la qualité des repas, des commandes, du budget… »

    Autre gros chantier, qui était une promesse de campagne pour cette équipe qui place son mandat sous le signe de l’inclusion : l’amélioration de l’accompagnement des élèves en situation de handicap. Cette rentrée, un Pass pôle d’appui à la scolarité a été ouvert au CEC des Heures Claires pour permettre aux familles d’obtenir des réponses plus rapidement face aux besoins de leurs enfants et de mieux coordonner leur accompagnement. Mais la majorité veut aussi renforcer les dispositifs qui relèvent de l’Éducation nationale.

    La conseillère municipale déléguée à l’inclusion et réussite éducative Céline Brull détaille : « Aujourd’hui, seules 3 des 27 écoles maternelles et élémentaires disposent d’une Ulis. Parmi nos collèges, seul Élie-Coutarel en bénéficie. Nous disposons aussi d’une unité d’enseignement maternelle autisme à Maurice-Gouin qui accueille jusqu’à 7 enfants de 3 à 6 ans, ce qui est très peu. Aucun dispositif équivalent n’existe ensuite à Istres en école élémentaire. Cette absence de continuité peut placer les enfants et leur famille face à une rupture de parcours. » Le maire a donc saisi le directeur académique pour demander de renforcer les Ulis et de créer un dispositif adapté aux enfants autistes dès la rentrée 2027. La Ville se dit prête à accompagner ces ouvertures en menant à disposition des locaux adaptés.

  • À Istres, la rentrée sous le signe de l’inclusion

    À Istres, la rentrée sous le signe de l’inclusion

    Dans l’urgence, au mois de juin, la Ville d’Istres avait déployé un plan de rafraîchissement dans ses 13 groupes scolaires. Les deux mois d’été ont été l’occasion de poursuivre la trajectoire entamée par la précédente mandature pour une meilleure adaptation des écoles au changement climatique, notamment avec le marché global de performance énergétique (MGPE) « avec un double objectif : améliorer le confort et réaliser des économies, dans le respect de l’environnement », détaille le maire (LR) Robin Prétot. À Jule-Ferry, dans le quartier du Prépaou, une subvention de 900 000 euros du fonds européen Feder a permis de réaliser la rénovation thermique du bâtiment.

    La promesse de campagne de climatiser toutes les salles de classe avant l’été 2027 « sera tenue », assure l’édile. Un emprunt de 2,5 millions d’euros a dû être contracté par la nouvelle majorité pour financer le marché, qui était passé mais dont le budget n’était pas prévu. Quatre premiers groupes scolaires seront équipés avant la fin de l’année 2026 : Jean-Moulin, Mendès-France, Clé des Champs et Clos de la Roche. « Forcément ça va faire grimper la facture d’électricité, mais tout l’intérêt de poursuivre le MGPE est de la faire baisser par ailleurs en chauffage l’hiver, grâce à une meilleure isolation », souligne Robin Prétot.

    Une bulle sensorielle

    Une autre promesse de campagne s’est concrétisée lors de cette rentrée : celle de faire de l’inclusion la cause du mandat. Une première bulle sensorielle est déjà opérationnelle dans l’école Reine Marie Casimir Gouin, une deuxième ouvrira à Mendès-France après les vacances d’automne. Ce nouvel espace, peint en bleu, est dédié à l’apaisement, au calme et au repos et s’adresse aux enfants porteurs de handicap, ou ayant des troubles du comportement ou de l’apprentissage (dys). « L’idée c’est d’avoir un petit coin de répit, un petit sas de décompression, pour les élèves en crise », détaille Sophie Declercq, adjointe au maire déléguée à l’éducation.

    Cécile Tivoli, conseillère municipale déléguée au handicap et aux solidarités, ajoute : « Le but c’est que l’école s’adapte à eux. Ces élèves ont des besoins particuliers, ils peuvent être sur stimulés par le bruit, ou par un temps de concentration trop long. Avec cette bulle, on désengorge les classes perturbées par des crises en offrant une solution pédagogique qui favorise le retour en cours. »

  • La FSU dénonce une « rentrée dégradée »

    La FSU dénonce une « rentrée dégradée »

    « Nous sommes à la veille d’une rentrée particulièrement dégradée dans l’Éducation nationale. » Au sein de la Bourse du travail, à Marseille, Virginie Akliouat secrétaire départementale de la FSU 13, débute la conférence de rentrée du syndicat pessimiste.

    Postes supprimés, manque de classes adaptées, salaires qui stagnent, manque de solution face aux fortes températures, attaque sur les congés maladies… La liste des dégradations des conditions de travail et d’accueil des élèves est longue pour le syndicat. « Car ces dix années de macronie ont cassé l’École et les services publics », renchérit la secrétaire syndicale.

    Dans les Bouches-du-Rhône, ce sont par exemple 40 postes d’enseignants au lycée en moins. Ces suppressions sont justifiées par une baisse démographique, « mais cette baisse devrait être l’occasion d’améliorer les conditions d’accueil des élèves », insiste Charlotte Bourgougnon, cosecrétaire départementale du Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC (SNUipp-FSU) des Bouches-du-Rhône.

    Nicolas Bernard-Hayrault, secrétaire départemental du Syndicat national des enseignements de second degré (Snes-FSU) précise même : « si l’on voulait juste revenir au même taux d’encadrement qu’en 2017, il faudrait ouvrir 56 postes au collège et au lycée ». Car la France fait partie des plus mauvais élèves de l’Union européenne et de l’OCDE en terme du nombre de jeunes par classe.

    Manque de places pour les enfants handicapés

    Et le manque de moyens humains impacte d’autant plus les enfants les plus vulnérables. « Alors que dans les Bouches-du-Rhône on manque d’au moins 12 classes Ulis [qui permettent d’accueillir des enfants handicapés], il y a cinq postes dédiés à ce public qui ont été supprimés », se désole Charlotte Bourgougnon.

    La grande annonce du ministre de l’éducation sur la distribution d’un questionnaire pour libérer la parole des enfants sur les violences sexuelles est, elle aussi, tombée à plat. « Car pour libérer la parole, il faut du personnel qui peut la recueillir et l’orienter vers les services adaptés », insiste Valérie Brignole co-secrétaire du syndicat national unifié des assistants sociaux de la fonction publique (SNUASFP).

    Ils dénoncent également le manque de résilience du bâti scolaire face au réchauffement climatique et exigent un plan pour permettre aux écoles d’être plus vivables lors des canicules. « En juin, on avait certaines classes qui atteignaient 33°. Qui peut étudier dans ces conditions ? », s’interroge Nicolas Bernard-Hayrault. Face à tous ces manquements et aux attaques répétées du gouvernement contre la fonction publique et l’école, la FSU appelle à s’allier au mouvement de grève national et intersyndical du 29 septembre « pour peser sur le débat autour du budget 2027 qui s’ouvrira le 30 septembre », soutient Virginie Akliouat.

  • [Entretien] Mohamed Benmostefa : « Il faut prendre chaque adversaire au sérieux »

    [Entretien] Mohamed Benmostefa : « Il faut prendre chaque adversaire au sérieux »

    La Marseillaise : Vous remettez votre titre en jeu. Comment se présente ce Provençal ?

    Mohamed Benmostefa : Je vous l’avoue je n’ai pratiquement pas joué depuis le début de la saison. J’ai juste fait les championnats doublette et triplette la Coupe avec mon club de Draguignan.

    On connaît votre capacité à être vite efficace et performant, surtout dans une compétition de cette envergure. Est-ce un handicap vraiment pour vous ?

    M.B. : Bien sûr. Tout joueur a besoin de rythme pour être efficace surtout au tir. J’espère simplement pouvoir me mettre dans le coup au fil des parties, si j’en ai l’opportunité.

    Et vos équipiers, dans quel contexte abordent-ils cette édition ?

    M.B. : Fabrice [Rouvin] est un peu dans le même cas que moi. Seul Thierry [Terreno] a accumulé les compétitions. Il semble le plus affûté.

    C’est votre première collaboration tous les trois au Provençal. Un coup d’essai peut devenir un coup de maître ?

    M.B. : C’est tout le mal que je nous souhaite. Surtout que nous jouons sous les couleurs de l’équipe de France. C’est un honneur et un devoir de faire honneur à ce maillot. Le Provençal c’est très spécial. Il n’y a pas plus ou peu de petites équipes utiles. Il faut prendre chaque adversaire au sérieux sinon on va au-devant de désillusions.