Saint-Raphaël, terre de désillusions majuscules. Le 24 mai 2018. Montpellier, leader avec six points d’avance sur le Paris SG à la trêve, se fige à l’approche de la ligne d’arrivée. Lors de l’avant-dernière journée, il chute d’un but
(26-25) à Saint-Raphaël. Et perd le titre qui lui échappe depuis 2012. Cinq jours plus tard, dans un sursaut historique, l’équipe du manager Patrice Canayer remporte la seconde Ligue des champions après avoir écarté le Vardar Skopje, tenant du titre, et Nantes.
Huit ans plus tard, le traumatisme ressurgit. Mardi 26 mai, le MHB tombe dans le piège varois et fragilise la troisième place, qualificative pour la Ligue des champions. Objectif majuscule de la saison. Samedi et dimanche, l’équipe d’Erick Mathé peut-elle renverser à nouveau la table à l’occasion du Final Four de la Ligue européenne ?
Montpellier Handball n’est pas à un paradoxe près. Samedi 30 et dimanche 31 mai, le MHB dispute le 4e Final Four de la Ligue européenne (équivalent de la Coupe UEFA) à Hambourg. Face à ce qu’il se fait de mieux en Europe, à savoir trois clubs allemands : Kiel, mastodonte brinquebalant, Melsungen, et Flensburg, tenant du titre. Dans le Nord de l’Allemagne, on retrouve les quatre mêmes adversaires que la saison passée. Et les deux mêmes demi-finales.
Samedi, pour commencer, Montpellier croisera Kiel. Un duel entre deux canards boiteux au sort imprévisible. Les deux plus grands clubs français et allemands ne traversent pas le meilleur moment de leur histoire.
L’un comme l’autre sont en difficulté dans leur championnat respectif. Et ils ne sont pas sûrs de participer la prochaine Ligue des champions, véritable juge de paix à l’échelle continentale dimensionné pour la Sud de France Arena.
Montpellier boucle une saison tout en contraste. L’équipe d’Erick Mathé, qui a succédé à l’été 2024 à Patrice Canayer, a visiblement changé de costume. Elle ressemble à l’équipe d’un jour et beaucoup moins à une machine réputée pour sa constance.
En quête de trophées depuis 2018, elle vient de chaparder la Coupe de France à Nantes
(27-24), samedi 23 mai à Bercy, un an après l’avoir dérobé au Paris SG. Et dans l’intervalle, elle s’est adjugé le trophée des champions, épreuve qui lance la saison.
Dans le même temps, ce MHB paraît à l’arrêt en championnat. Et nettement en retrait de Paris et Nantes, détachés de la meute. Avec huit défaites parfois aussi imprévisibles que face à Aix, à Bougnol, à Nîmes ou Tremblay…, les partenaires de Valentin Porte n’ont plus leur destin en main pour décrocher une place en Ligue des champions. Une place, la troisième, menacée par Limoges. « Si on gagne la Coupe et que l’on ne finit pas troisième en championnat, je ne sais pas quel serait l’avis des autres autour du club mais pour moi ce ne serait pas une saison réussie » expliquait l’ancien international dans Midi Libre, en prélude à la finale de la Coupe de France.
Absent lors des deux ultimes éditions, Montpellier a besoin plus que jamais de vivre à nouveau la Ligue des champions. Pour être au sommet du handball européen et pour légitimer la construction d’une nouvelle salle qu’il appelle de ses vœux depuis quasiment une décennie.
Réticent à investir dans de nouveaux équipements sportifs, le maire de Montpellier Michaël Delafosse, réélu dans un fauteuil en mars, a visiblement révisé sa stratégie. « J’ai comme réputation de tenir mes engagements. Alors on va engager très rapidement le projet de la nouvelle salle pour que le MHB continue d’avoir tous les moyens possibles de son développement. Je préciserai très prochainement le lieu et après on travaillera le contenu » a-t-il soufflé dimanche à l’Opéra, en marge des festivités autour de la 15e Coupe de France.
À défaut d’aménagement du Palais des Sports Bougnol, confronté à une fronde des riverains du paisible quartier Aiguelongue, plusieurs pistes existent du côté d’Odysseum. Lors de la campagne, le maire de Montpellier a évoqué cette hypothèse. Une salle d’une capacité de 5 à 6 000 places pour un budget évalué à 50 ME, construite aux abords du Musée Louis-Nicollin. Qu’en pense la famille Nicollin, engagée dans la cession du club de foot faute de nouveau stade ?









