Tag: guerre

  • Le prêt à Kiev débloqué, les Européens rejoignent Zelensky

    Le prêt à Kiev débloqué, les Européens rejoignent Zelensky

    Les Européens ont également approuvé un vingtième paquet de sanctions contre la Russie, visant le secteur bancaire et ajoutant de nouvelles restrictions aux exportations de pétrole russe. « Nous arrivons à Chypre avec de bonnes nouvelles », a lancé la présidente de la Commission Ursula von der Leyen. « Alors que la Russie redouble d’agressivité », l’Europe accentue son soutien à l’Ukraine et sa « pression sur l’économie de guerre russe ».

    Volodymyr Zelensky, qui retrouve les chefs d’État et de gouvernement de l’UE à l’Ayia Napa Marina, un site touristique huppé au bord de la mer, a salué le prêt européen qui « renforcera » l’armée et « rendra l’Ukraine plus résiliente ». Il espère un premier versement « d’ici fin mai – début juin ». Mais le dirigeant ukrainien a aussitôt mis la pression sur l’Europe, estimant que son pays mérite « une pleine adhésion à l’UE » et pas de simples « avantages symboliques ».

    Le déblocage du prêt montre en tout cas que la défaite électorale de Viktor Orban en Hongrie n’aura pas tardé à se traduire au niveau européen. C’est la reprise de la livraison de pétrole russe à Budapest via un oléoduc traversant l’Ukraine qui a poussé le gouvernement hongrois à lever son veto.

    Les responsables de l’UE peuvent donc souffler, alors qu’ils avaient fustigé l’attitude de Viktor Orban lors du précédent sommet de mars à Bruxelles. Cette fois, le sommet de Chypre, qui occupe la présidence tournante de l’UE, se tiendra sans Orban. Battu par son rival Peter Magyar aux législatives, il s’apprête à passer la main et a boudé son dernier grand rendez-vous européen, après seize années au pouvoir.

    Informelle, la réunion des dirigeants de l’UE n’appelle pas de décisions majeures, jeudi et vendredi à Chypre, cette île coupée en deux depuis 1974 et l’invasion de la partie nord par l’armée turque.

    Soulagés pour le prêt à l’Ukraine, les chefs d’État et de gouvernement européens devraient surtout se concentrer sur la guerre au Moyen-Orient. Ce vendredi, ils attendent pour un déjeuner de travail plusieurs dirigeants de la région : le président du Liban Joseph Aoun, celui d’Égypte Abdel Fattah al-Sissi, le Syrien Ahmed al-Chareh et le prince héritier de Jordanie Hussein ben Abdallah.

    Malgré leurs leviers limités, les Européens vantent un « dialogue intensif » avec les États de la région et souhaitent évoquer « la situation au Liban et les pourparlers entre Israël et le Liban », selon un responsable. Se réunir à Chypre revêt une dimension symbolique puisque des bases de l’Otan y avaient été ciblées par des drones de fabrication iranienne au début du conflit.

    Avec le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, le conflit a de lourdes conséquences sur l’économie européenne, dont la facture pour s’approvisionner en pétrole et en gaz a bondi de 24 milliards d’euros en sept semaines. Dans tous les pays d’Europe, les mesures dispendieuses se multiplient afin de soutenir les secteurs les plus exposés comme l’industrie lourde, l’agriculture et la pêche. Et l’Union européenne surveille comme le lait sur le feu une potentielle pénurie de kérosène. Face à la crise énergétique, Bruxelles a multiplié les recommandations aux États membres et appelé à accélérer l’électrification du continent. Mais l’UE n’a pas fait d’annonces majeures ni sorti le carnet de chèques. Et pour cause, les finances de l’UE comme des États membres – de la France surtout – ne sont pas au mieux.

    Sur ce volet financier, les pays européens doivent aborder pendant le sommet de Chypre les discussions toujours sensibles sur les quelque 2 000 milliards d’euros du futur budget européen de 2028 à 2034. Les négociations s’annoncent comme souvent difficiles entre Paris, partisan de davantage d’investissements européens, et Berlin, prudent budgétairement. Sans le claironner, les responsables de l’UE rêvent d’un accord sur le futur budget dès la fin de l’année.

  • Iran : des pourparlers indécis avant la fin du cessez-le-feu

    Iran : des pourparlers indécis avant la fin du cessez-le-feu

    Une source proche du dossier a confirmé à l’AFP, ce lundi soir, ce départ imminent, alors qu’approche la fin du cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril entre les deux pays ennemis, après plus d’un mois d’une guerre qui a embrasé le Moyen-Orient et ébranlé l’économie mondiale.

    L’ultimatum expire « mercredi soir, heure de Washington », a déclaré Donald Trump à l’agence Bloomberg, jugeant « très improbable » l’extension de la trêve. Elle devait s’achever en théorie dans la nuit de mardi à mercredi, heure de Téhéran.

    Si les revendications américaines ne sont pas satisfaites d’ici là, « beaucoup de bombes exploseront », a ajouté le président américain, cette fois à la chaîne PBS, après avoir menacé plus tôt en avril d’anéantir « une civilisation entière ». L’Iran n’a pas « à ce stade » de « projet pour le prochain cycle de négociations et aucune décision n’a été arrêtée à ce sujet », a fait savoir pour sa part le chef de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, mettant en doute « le sérieux » des États-Unis dans le processus diplomatique.

    Il a ajouté que la saisie d’un cargo iranien par les États-Unis dans le golfe d’Oman, leur blocus naval des ports iraniens et les retards dans la mise en œuvre du cessez-le-feu au Liban constituaient autant de « violations manifestes du cessez-le-feu ».

    À Téhéran, où les principaux aéroports ont rouvert lundi pour la première fois depuis plusieurs semaines, la vie a largement repris son cours, entre cafés bondés, sportifs et promeneurs en nombre dans les parcs.

    « Pas de lumière »

    Mais le fatalisme et l’épuisement semblent l’emporter chez les gens interrogés par une équipe de l’AFP basée à Paris. « Quoi qu’il arrive, les perdants sont le peuple iranien », soupire une biologiste de 30 ans qui ne donne pas son nom pour des raisons de sécurité.

    Lundi, les cours du pétrole étaient en forte hausse après le regain des tensions dans le détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures. Le détroit « doit rester ouvert », a insisté le président chinois Xi Jinping lors d’une conversation téléphonique avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. M. Xi, cité par un média d’État, a également appelé à « un cessez-le-feu immédiat et global ».

    Selon plusieurs médias iraniens, une levée du blocus naval américain constituerait une condition préalable aux discussions avec Washington. Une question rendue plus compliquée encore par l’annonce, dimanche, de la saisie par la marine américaine du cargo Touska, battant pavillon iranien, à laquelle Téhéran a promis de « riposter bientôt ».

    Face au maintien du blocus américain, l’Iran avait annoncé samedi reprendre « le strict contrôle » du détroit, revenant sur sa décision de le rouvrir.

    Dans l’attente de possibles pourparlers, la sécurité a été visiblement renforcée dimanche à Islamabad avec la multiplication de routes fermées, barbelés et barricades, ont constaté des journalistes de l’AFP.

    La délégation américaine doit être menée par le vice-président JD Vance, déjà présent le 11 avril pour de premières discussions à un niveau inédit depuis l’avènement de la République islamique en 1979, celles-ci s’étant conclues par un échec.

    En annonçant dimanche cette nouvelle session au Pakistan, le président Trump a affirmé offrir à l’Iran un « deal raisonnable » et qu’en cas de refus, « les États-Unis détruiraient toutes les centrales électriques et tous les ponts en Iran ».

  • Un soldat français tué dans une embuscade au Liban

    Un soldat français tué dans une embuscade au Liban

    « La Nation s’incline avec respect et adresse son soutien aux familles de nos soldats et à tous nos militaires engagés pour la paix au Liban. Tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah », a déclaré le président français Emmanuel Macron sur X.

    Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a « condamné fermement » cette embuscade, soulignant que selon les premières conclusions de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), les Casques bleus ont « essuyé des tirs d’acteurs non étatiques, présumés appartenir au Hezbollah », chiite pro-iranien.

    Le sergent-chef Florian Montorio, rattaché au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, dans le sud-ouest de la France, a été tué « par un tir direct à l’arme légère », dans la région de Deir-Kifa, a précisé la ministre française des Armées Catherine Vautrin.

    Âgé de 40 ans, ayant servi sur de nombreux théâtres d’opérations depuis son engagement en 2007, il était « un militaire d’exception », a dit son chef de corps, le colonel Jérémy Akil, saluant un homme « profondément généreux et courageux ». Père de deux filles, il était « au terme de son parcours militaire » et devait revenir à la vie civile « d’ici quelques mois ». C’est le deuxième militaire français tué dans l’embrasement de la région après le début fin février des attaques américaines et israéliennes contre l’Iran.

    « L’arrestation

    des coupables »

    « La France exige des autorités libanaises qu’elles arrêtent immédiatement les coupables », a ajouté M. Macron, et qu’elles « prennent leurs responsabilités aux côtés de la Finul ». Le président libanais Joseph Aoun a condamné l’attaque contre les Casques bleus français et a promis de poursuivre les responsables. La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a dénoncé une attaque « délibérée », estimant également que les auteurs de l’embuscade étaient vraisemblablement du Hezbollah. Forte de près de 8 200 militaires de 47 nations, dont plus de 600 Français, la Finul est régulièrement attaquée. Trois Casques bleus indonésiens ont été tués fin mars.

    « Le Hezbollah nie avoir un lien avec l’incident survenu avec la Finul », a affirmé dans un communiqué le groupe islamiste chiite allié de l’Iran, installé au Liban où il exerce une énorme influence et est en guerre contre Israël.

    De son côté, Emmanuel Macron recevra mardi le Premier ministre libanais Nawaf Salam, a indiqué dimanche l’Élysée, alors que la situation reste très instable au Liban où un cessez-le-feu fragile est entré en vigueur. S’il sera évidemment question, lors de cette rencontre, de la récente attaque contre les forces françaises de la Finul, « cette visite sera l’occasion pour le chef de l’État de rappeler son attachement au respect plein et entier du cessez-le-feu au Liban, le soutien de la France à l’intégrité territoriale du pays et aux actions entreprises par l’État libanais pour assurer la souveraineté pleine et entière du pays et le monopole des armes », a souligné la présidence française.

  • Bercy en panne face à la hausse de l’énergie

    Bercy en panne face à la hausse de l’énergie

    Face à la flambée des prix à la pompe, le gouvernement dégaine un décret pour contrôler la situation. Consultée mardi par l’AFP, la mesure d’urgence prétend « éviter des effets d’aubaine » liés à la guerre de Trump et Netanyahu au Proche et Moyen-Orient. Dans une lettre envoyée mardi au Premier ministre, les patrons des cinq plus gros distributeurs français, Carrefour, Auchan, Intermarché, Leclerc et Coopérative U, dénoncent un texte « techniquement défaillant, économiquement déséquilibré et juridiquement fragile ».

    Depuis le début de la guerre en Iran, fin février, et le blocage du détroit d’Ormuz qui s’en est suivi, les prix à la pompe ont grimpé en France d’environ 15% pour l’essence (à environ 2 euros par litre en moyenne mercredi) et bondi de 34% pour le diesel (à plus de 2,30 euros le litre en moyenne). Le décret donnerait la possibilité au gouvernement de plafonner les marges des distributeurs, mais les prix à la pompe resteront variables en fonction de l’évolution des cours des produits raffinés. Le mécanisme se déclencherait dès lors que les prix des produits raffinés à Rotterdam dépassent ceux d’avant-crise, correspondant à environ 1,71 euro/l à la pompe pour le gazole et l’essence.

    Pour Olivier Gantois, président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), si l’idée du gouvernement est « louable », ce mécanisme ne fera baisser les prix que de « quelques centimes par litre » puisque la loi du marché garde la main sur le prix in fine. Déjà critiqué à droite comme à gauche comme pour son impact « marginal », ce projet suscite encore une levée de boucliers des distributeurs qui condamnent une décision « sans concertation avec les acteurs économiques, et surtout qui ne va rien produire », s’est agacé Thierry Cotillard, patron du Groupement Mousquetaires/Intermarché. Le prix glissant sur cinq jours décorrèle « le prix de référence réglementaire du coût réel du carburant en cuve », ce qui aurait pour conséquence de contraindre les distributeurs à « vendre à perte ». Les cinq dirigeants dénoncent : « Ce sont les raffineurs-distributeurs qui ont capté des marges brutes considérables depuis le début du conflit en Iran » et « ce décret ne leur impose strictement rien ». Ils plaident pour la suspension des certificats d’économies d’énergie (CEE), qui représente « 15 à 20 centimes par litre » sur le prix du carburant.

    Ménages et travailleurs, les plus pompés

    On est loin du « prix maximum à la pompe 1,70 euro » réclamé par la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. In fine c’est encore le monde du travail qui trinque le plus, « le secteur routier est le plus touché, avec environ 30% des coûts liés à l’énergie, la pêche c’est même 35%, ensuite vient l’agriculture, le BTP, les aides à domiciles, les infirmières », liste l’économiste Henri Sterdyniak, soulignant « les inégalités territoriales dans les zones rurales et périphériques ». Du côté du Medef Sud, « pour l’instant, il y a prise en compte des entreprises, qui prennent sur leurs marges pour éviter le dérapage d’une inflation qui serait difficilement supportable pour notre pays », réagit Stéphane Benhamou, son président. « Cette inflation provoquerait un ralentissement d’activités, qui aurait d’autres répercussions, beaucoup plus graves : sur le nombre de demandeurs d’emploi ou de la consommation. » Le patronat de la région Paca craint surtout les répercussions en cas de poursuite du conflit « jusqu’en juin (…) Il y aura un impact inévitable sur l’emploi, sur la croissance, sur l’investissement et sur la consommation qui représente 52% du PIB de notre pays ». Enfin, « le pétrole, ce n’est pas seulement le carburant que l’on met à la pompe toutes les semaines, c’est aussi énormément de matières premières dérivées », rappelle Stéphane Benhamou.

    Une fois n’est pas coutume, le consommateur semble le cadet des soucis du gouvernement qui rejette toute « aide universelle » aux automobilistes pour tenir son objectif de rigueur budgétaire. La hausse va donc « beaucoup peser sur les ménages » déplore Henri Sterdyniak. Présidente de l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, Marie-Amandine Stévenin a quant à elle considéré que la réponse du gouvernement cherchait surtout à « atténuer la brutalité des hausses ».

  • Les profiteurs de guerre

    Les profiteurs de guerre

    La guerre, meurtrière pour les peuples, est toujours une très bonne affaire pour le capitalisme. C’est pour cela qu’il la fait. Celle déclenchée au Moyen-Orient par les États-Unis de Donald Trump et Israël – dirigé par le gouvernement suprémaciste de Benjamin Netanyahu – a coupé les routes maritimes du pétrole. Résultat, depuis le 28 février, les prix flambent et les multinationales de l’or noir font des profits records. Selon une étude commandée par Greenpeace et relayée par l’association Attac, les compagnies pétrolières réalisent plus de 80 millions d’euros de profits supplémentaires par jour depuis le début de la guerre. Pour le seul mois de mars, ces superprofits représenteraient environ 2,5 milliards d’euros.

    Justice fiscale

    Outre la nécessité de se dégager d’une dépendance mortifère aux énergies fossiles, l’urgence est de faire payer ceux qui s’enrichissent de manière indécente alors que les citoyens peinent à payer leurs factures. Contrairement aux affirmations du bloc central (minoritaire) qui gouverne la France, bloquer les prix, taxer les compagnies est possible et absolument souhaitable. Celles et ceux qui participent à la vie de la cité, des aides à domicile en passant par les artisans, les agriculteurs, les pêcheurs, les enseignants, les infirmières etc. Bref toutes celles et ceux qui font tourner le pays et assurent la concorde sociale, sont aujourd’hui en grande difficulté tandis qu’une poignée d’actionnaires se gavent. La collecte de l’impôt débute et il est temps d’instaurer la justice fiscale.

  • Un pape messager de paix en Algérie

    Un pape messager de paix en Algérie

    Il n’a « pas peur » de l’administration Trump et affronte les affres de la colonisation en appelant au « pardon » devant le Monument des martyrs, aux victimes de la sanglante guerre d’indépendance contre la France…

    Au deuxième jour de sa visite historique en Algérie, Léon XIV a quitté ce mardi 14 avril Alger pour Annaba, sur les traces de Saint-Augustin, théoricien de l’histoire du christianisme, après une première séquence axée sur le dialogue interreligieux mais ternie par des critiques américaines contre les positions anti-guerre du pape.

    Le pontife américain est devenu lundi le tout premier pape à fouler le sol algérien, étape initiale d’une tournée dans quatre pays d’Afrique, en partie occultée par une diatribe de Donald Trump à son encontre.

    Dans la nuit de lundi à mardi, le vice-président américain JD Vance, récemment converti au catholicisme, a appelé le Vatican à « s’en tenir aux questions morales » et à « laisser le président des États-Unis se charger de définir la politique publique américaine ».

    La veille, dans l’avion qui l’amenait en Algérie, le pape avait estimé que l’Église avait « le devoir moral de s’exprimer très clairement contre la guerre ». Soulignant ne pas avoir « peur » de l’administration Trump, il avait toutefois indiqué ne pas vouloir « entrer dans un débat » avec elle.

    Sur fond de guerre au Moyen-Orient, Donald Trump avait déclaré dimanche ne pas être « un grand fan » du pape, l’accusant de soutenir le programme d’armement nucléaire iranien et de s’être opposé à l’opération militaire américaine au Venezuela en janvier.

    Les évêques italiens et américains ont apporté leur soutien au chef de l’Église catholique, tout comme la Première ministre italienne Giorgia Meloni, réputée proche de Donald Trump, qui a jugé « inacceptables » ses déclarations.

    À Annaba, l’antique Hippone, le chef de l’Église catholique vivra une étape à la dimension personnelle et spirituelle, dans les pas de saint Augustin (354-430). Le grand penseur chrétien qui y fut évêque a légué son nom à l’ordre religieux dont est issu le pape américain, fondé au XIIIe siècle et aujourd’hui composé d’environ 3 000 membres à travers le monde prônant la charité et la vie communautaire.

    Léon XIV visitera le site archéologique romain et une maison d’accueil pour personnes âgées démunies, majoritairement musulmanes, prises en charge par des religieuses catholiques.

    L’islam sunnite est religion d’État en Algérie, où les catholiques représentent moins de 0,01 % des 47 millions d’habitants.

    L’après-midi, devant environ 1 500 fidèles, il célébrera une messe à la basilique Saint-Augustin, perchée sur une colline, en présence de religieux africains de différentes nationalités.

    Lundi, accueilli avec les honneurs sous un ciel d’Alger inhabituellement pluvieux, Léon XIV a rendu hommage, devant le Monument des martyrs, aux victimes de la sanglante guerre d’indépendance contre la France (1954-1962). La « paix qui permet d’envisager l’avenir avec un esprit réconcilié n’est possible que par le pardon », a-t-il déclaré, appelant à ne « pas ajouter du ressentiment au ressentiment, de génération en génération ».

    « Une société vivante, dynamique et libre »

    Devant les plus hautes autorités dont le président Abdelmadjid Tebboune, Léon XIV a aussi invité les responsables du pays à « ne pas dominer » le peuple et à promouvoir « une société civile vivante, dynamique et libre ».

    Depuis l’élan du mouvement prodémocratie Hirak en 2019, qui réclamait des réformes profondes et plus de transparence, les autorités algériennes ont repris le contrôle de l’espace public, dénoncent des ONG de défense des droits humains.

    L’après-midi, le pape a visité la Grande Mosquée, au plus haut minaret du monde (267 mètres), avant de se rendre à la basilique Notre-Dame d’Afrique, qui surplombe la baie d’Alger.

    Là, il s’est recueilli dans la chapelle des 19 « martyrs d’Algérie », des prêtres et religieuses assassinés pendant la décennie noire de guerre civile (1992-2002) entre groupes islamistes et forces gouvernementales, qui a fait 200 000 morts selon un bilan officiel. Le pape a rappelé que ces religieux étrangers, dont les sept moines de Tibhirine (à 100 km au sud d’Alger), avaient choisi de rester en Algérie malgré des attentats meurtriers.

    Mais les tensions demeurent. À une quarantaine de kilomètres du lieu de ce déplacement officiel, à Blida, un double attentat-suicide a eu lieu lundi. Deux kamikazes se seraient fait sauter. Les médias locaux et les autorités algériennes n’ont pas communiqué à ce stade sur ces faits.

    Mercredi, le pape de 70 ans quittera Alger pour le Cameroun, suite d’un premier voyage africain qui le conduira également en Angola et en Guinée équatoriale jusqu’au 23 avril, un périple de 18 000 km à l’agenda très dense.

    « La Méditerranée doit être le pôle de stabilité du monde » Samia Ghali, Troisième adjointe au maire de Marseille (DVG)

    « En ce lieu, rappelons-nous que Dieu souhaite la paix pour toutes les nations », a déclaré Léon XIV dès son arrivée en Algérie lundi, au lendemain de sa traditionnelle bénédiction de Pâques, où il avait appelé « ceux qui ont le pouvoir de déclencher les guerres » à « choisir la paix ». « Je crois qu’on partage tous cette vision pour demain, a souligné Samia Ghali, troisième adjointe au maire de Marseille. Je n’en attendais pas moins du pape dans son discours. Au contraire, il a fait un discours qui, je crois, apaise. Et c’est là son rôle : apaiser les esprits, apaiser les consciences et aller vers de l’avenir positif plutôt que dans ce qu’on est en train de vivre actuellement, partout. » Si Léon XIV s’était déjà rendu en Algérie avant d’être nommé souverain pontife, c’est la première fois qu’un pape opère une visite officielle dans le pays. « La visite a été couronnée de succès. Je suis personnellement, comme beaucoup d’Algériens je crois, très contente, s’est enthousiasmée l’élue municipale. Même s’il y a une très grande majorité de musulmans en Algérie, les chrétiens ont toujours eu une place importante. Ça témoigne de l’ouverture qu’il y a sur place. »

    Plus globalement, sur l’appel à la paix en Méditerranée, en proie à une désastreuse et meurtrière actualité, Samia Ghali défend qu’elle doit être « le pôle de stabilité du monde ». « Se concentrer sur la Méditerranée est important si on veut réussir une paix. Et je crois que c’est important que Marseille soit le symbole de cette Méditerranée apaisée », a-t-elle ajouté.

    M.M.

    « La religion ne réglera pas les problèmes entre États » Pierre Pradel, Membre de l’Association nationale des pieds noirs progressistes et leurs amis

    Dès son arrivée en Algérie, le pape a appelé, lundi, au « pardon » devant le Mémorial du martyr d’Alger, où sont honorés les morts de la guerre d’indépendance contre la France (1954-1962). « Me trouver devant ce monument est un hommage à cette histoire de l’Algérie et à l’âme d’un peuple qui s’est battu pour l’indépendance, la dignité et la souveraineté de cette nation », a-t-il souligné. Il s’agit là pour Pierre Pradel, membre de l’Association nationale des pieds noirs progressistes et leurs amis, d’un message « positif » dans le contexte des « mauvaises relations qu’il peut y avoir entre la France et l’Algérie ». « La colonisation a été quelque chose de terrible. C’est bien que l’on tienne compte de cette période où les Algériens ont subi des difficultés majeures », s’est-il ému. S’il souligne l’importance de la « possibilité pour les religieux de discuter ensemble », Pierre Pradel revendique son athéisme, qu’il cultive « grâce à Dieu », ironise-t-il. « La religion peut être, pour les croyants, un moyen de se retrouver. Mais ce n’est pas par la religion que les problèmes entre États se résoudront selon moi, mais par la politique. Ce sont des questions diplomatiques et géopolitiques, défend-il. Il faut avant tout que la France reconnaisse les atrocités qu’il a pu y avoir en Algérie pendant la guerre et avant. Et qu’elle assume la non-reconnaissance des Algériens dans leur activité, y compris contre le nazisme. » La guerre d’indépendance de l’Algérie a fait selon Alger 1,5 million de morts algériens et 500 000 morts dont 400 000 Algériens selon les historiens français.

    M.M.

    « Le pape replace l’église au milieu du village » Samia Chabani, Sociologue et coordinatrice de l’association Ancrages, cultures et mémoires d’exil à Marseille

    Sociologue et coordinatrice d’Ancrages, association qui œuvre depuis 2000 à la valorisation de l’exil comme objet de patrimoine vivant, Samia Chabani a beaucoup travaillé sur l’histoire de la colonisation. Au sujet de la visite de Léon XIV en Algérie, partie notamment sur les traces de l’histoire chrétienne du pays, la sociologue salue le discours d’un « médiateur de paix », rappelant l’« ancrage ancien du christianisme, qui n’est pas qu’occidental et européen ». « Le christianisme a ses sources dans l’actuelle Turquie, dans l’actuelle Algérie, en Afrique du Nord et dans l’amazighité aussi, qui est la culture source et première de l’Afrique du Nord, retrace-t-elle. Le pape s’appuie sur l’appartenance à l’ordre des Augustins, notamment pour rappeler la philosophie de Saint Augustin, naît dans l’actuelle Algérie. Une manière de montrer que le patrimoine commun entre l’occident et l’Algérie n’est pas que politique, il est aussi spirituel. » Une position qui dénote avec celle tenue par Donald Trump, porteur d’un « christianisme messianique » d’après Samia Chabani. « Léon XIV enlève à Trump sa puissance qu’il puise dans son christianisme qu’on pourrait qualifier de sectaire, détaille-t-elle. Trump veut que tout le monde reste à sa place : les juifs en Israël, les chrétiens dans une espèce d’occident qu’il fantasme. Ce n’est pas du tout porteur de paix. Finalement, le pape replace l’église au milieu du visage en disant : «moi, je suis chef de l’Église catholique romaine, et je dis que le message chrétien, c’est d’abord un message de paix». »

    M.M.

  • Un anti-Trump en soutane

    Un anti-Trump en soutane

    Le déplacement de Léon XIV en Algérie est historique à plus d’un titre.

    D’abord parce qu’il est la première visite papale sur cette terre en deux millénaires d’existence de l’Église. Ensuite parce qu’il a lieu dans un moment où les tensions sont vives entre les deux rives de la Méditerranée près de 65 ans après l’indépendance de l’Algérie. Enfin parce qu’il intervient pendant que le monde est déchiré par des conflits attisés notamment par l’administration Trump.

    Léon XIV délivre à cette occasion un message de paix dans une volonté de dialogue interreligieux à l’opposé des partisans du « choc des civilisations » pour maquiller leurs menées impérialistes motivées exclusivement par la recherche de profit et le contrôle des ressources.

    Un écho à la visite du pape François à Marseille

    C’est donc également un message politique. D’autant plus fort, que le souverain pontife est lui-même originaire des États-Unis et qu’il s’est attiré les foudres du président américain et de son entourage. Un anti-Trump en soutane en somme.

    Une position importante en pleine guerre au Moyen-Orient.

    Cette démarche résonne particulièrement dans le sud de la France où elle fait écho à la visite du pape François à Marseille notamment sur les enjeux des migrations.

    Elle réveille chez ceux qui croient au ciel, et chez ceux qui n’y croient pas, l’ambition d’un monde de paix.

    Au-delà des gouvernements, les sociétés civiles en Algérie comme en France aspirent à l’apaisement des tensions et à l’ouverture d’une page d’amitié entre nos peuples.

  • Les Marseillais et la diaspora libanaise en soutien au pays du cèdre

    Les Marseillais et la diaspora libanaise en soutien au pays du cèdre

    L’hymne national libanais a résonné à deux pas de l’ombrière du Vieux-Port de Marseille pour lancer une mobilisation de solidarité avec le Liban qui se déroulait ce samedi matin. Plusieurs dizaines de Marseillais et membres de la diaspora se sont réunies pour montrer leur solidarité avec le peuple libanais, qui subit des attaques d’Israël depuis le 8 avril dernier, drapeau au cèdre en main. « Le mercredi 8 avril aurait pu être une date ordinaire, pourtant il s’est gravé à jamais dans les mémoires. En quelques heures, le cours de l’histoire a basculé emportant avec lui des vies, de l’espoir », expose, la voix grave, Liliane Nasser, historienne et auteure, au nom du « Collectif pour le Liban », à l’origine de la mobilisation. Avant de poursuivre : « Nous sommes réunis pour dénoncer une énième agression contre le Liban. Alors qu’il avait scrupuleusement respecté l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, Israël a choisi, une fois de plus, la violence. » Plusieurs pancartes donnent le ton : « Gaza, Liban : L’impunité d’Israël continue » ou encore « L’armée la plus mortelle du monde ».

    Si Israël affirme viser les combattants du Hezbollah, les participants dénoncent surtout « une guerre de destruction aveugle contre des innocents ». « Plus de 400 morts et 800 blessés, pour la plupart des civils, depuis l’escalade du 8 avril… Des villages entiers ont été rasés, des écoles, des hôpitaux… Ce ne sont pas des dommages collatéraux », martèle Liliane Nasser. Le ministère de la santé libanais évoque plus de 1 900 personnes tuées depuis le 2 mars. Une minute de silence, de même que la lecture d’un poème, a été observée. Si une réunion est prévue entre Israël et Liban, ce mardi à Washington, des frappes avaient encore eu lieu, ce vendredi.

  • Comment répondre à la flambée des prix ?

    Comment répondre à la flambée des prix ?

    « Le doigt sur la gâchette. » C’est l’avertissement des Gardiens de la Révolution en Iran à l’adresse du président américain, Donald Trump, après l’annonce, mercredi 8 avril d’un cessez-le-feu de deux semaines alors que la guerre déclarée le 28 février par Israël et les États-Unis à l’Iran embrase le Proche et le Moyen Orient. Une guerre suspendue ? Pas vraiment. Au Liban, au prétexte d’éradiquer le Hezbollah, allié du régime iranien, l’armée israélienne bombarde toujours. La journée de mercredi a été sanglante pour le pays du Cèdre : au moins 254 personnes sont mortes lors de cette seule journée selon la défense civile libanaise. Le régime iranien a le pied sur la jugulaire du monde : le détroit d’Ormuz où transite l’essentiel des flux énergétiques mondiaux.

    Cette guerre tue, paralyse l’économie mondiale et a donc des répercussions sur la vie quotidienne à des milliers de kilomètres comme en témoignent les salariés et artisans interrogés par La Marseillaise. C’est le cas des aides à domicile (page 7) contraintes de cesser de travailler faute de moyens pour faire le plein de leur véhicule.

    92% des artisans

    du bâtiment pris à la gorge

    Idem dans le secteur de la pêche : avec le prix des carburants, pas la peine de sortir en mer, déplore un marin pêcheur de la région (lire ci-contre).

    Les artisans du bâtiment et des travaux publics sont impactés à 92% par la hausse des prix de l’énergie s depuis le début du conflit en Iran, selon une consultation menée par la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) auprès de 2 600 entreprises (lire page 6).

    Les syndicats de salariés ont interpellé le gouvernement e le patronat. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet a dénoncé les « marges énormes » et les « bénéfices records » de TotalEnergies. La responsable syndicale milite aussi pour une TVA modulée à 5,5% sur tous les produits de première nécessité. « On peut imaginer que ces entreprises qui vont automatiquement profiter de l’envolée des prix soient mises à contribution par l’État via une taxe spéciale, en vue d’une redistribution de ces bénéfices aux consommateurs, en premier lieu les publics les plus impactés », suggère pour sa part Claude Gaubert de l’association UFC-Que Choisir Montpellier (lire page 6).

    Alors que la campagne de collecte de l’impôt sur le revenu débute auprès des ménages, la question de la taxation des multinationales se pose à nouveau avec acuité face à cette flambée des prix provoquée par la guerre insensée menée par Trump et Netanyahu. Au Sénat, le groupe communiste a déposé une proposition de loi pour bloquer les prix du gaz et des carburants. « Lorsque les marchés deviennent instables et spéculatifs, l’intervention publique n’est pas seulement légitime, elle est nécessaire pour protéger les ménages et garantir l’intérêt général », expliquent les sénateurs communistes. Ils ajoutent que « pendant que les ménages paient la facture, de grandes compagnies pétrolières comme Total, Shell ou Exxon engrangent des surprofits considérables, alimentés par la spéculation, tandis que leurs cours boursiers progressent au bénéfice d’une minorité d’actionnaires parmi les plus favorisés ». Dans la même veine, l’association Attac a lancé une pétition pour une taxation des superprofits : « La taxe unitaire sur les superprofits peut être mise en place en France pour imposer les profits mondiaux de Total qui devraient être déclarés en France, selon des critères objectifs, tels que la part de la production et des ventes qui y sont réalisées, comme le suggèrent Gabriel Zucman et l’Observatoire international de la fiscalité », détaille l’association. Des options pour l’heure rejetées par le gouvernement. Ce qui fait dire à Attac que « les solutions existent, l’argent aussi. Il ne manque que la volonté politique ! » Et sans doute la pression populaire pour exiger la justice fiscale.

  • La CGT fait front contre la hausse du prix de l’essence

    La CGT fait front contre la hausse du prix de l’essence

    « Dans les Bouches-du-Rhône, plus de la moitié des salariés travaillent hors de leur commune. Le carburant n’est pas un choix, c’est une nécessité pour vivre et travailler. Chaque hausse est donc une attaque directe contre leur pouvoir d’achat. » C’est l’alerte lancée par l’UD CGT 13 dans le cadre d’un appel à la mobilisation, ce jeudi à 18 heures, autour de la hausse des prix des carburants depuis le début du conflit entre les États-Unis et l’Iran.

    « 24 milliards de profits »

    L’organisation syndicale dénonce notamment une « spéculation » pour essence, diesel et autres produits pétroliers pétrole, en lien avec ces « tensions géostratégiques ». « Dans notre département, la plateforme pétrochimique de Lavéra génère près de 5 millions d’euros supplémentaires de profits par jour depuis le début du conflit ! », prend pour exemple l’UD CGT. Avant de pointer plus globalement « 24 milliards d’euros de profits supplémentaires pour les raffineurs et distributeurs, avec, pour les grands groupes pétroliers et pétrochimiques, une explosion de leurs profits ».

    D’où le rassemblement afin de revendiquer « l’augmentation générale des salaires, l’encadrement des prix de l’énergie et la taxation des superprofits liés aux crises ». Et surtout montrer « le refus que les salariés paient pendant que d’autres s’enrichissent ». « Ce que les salariés, retraités, et précaires perdent à la pompe, les multinationales le gagnent en profits. La guerre et les crises servent de prétexte à l’enrichissement d’une minorité », martèle l’Union Départementale.