Tag: guerre

  • À Davos, Trump rage contre l’Europe

    À Davos, Trump rage contre l’Europe

    « J’aime l’Europe, et je veux que l’Europe aille bien, mais elle ne va pas dans la bonne direction », a-t-il asséné dans son discours à la tribune du Forum économique mondial, qui tient sa réunion annuelle dans la station huppée des Alpes suisses. Le président américain vient éprouver la résistance des Européens face à son projet d’acquisition du Groenland, un territoire autonome appartenant au Danemark, a exigé des « négociations immédiates » sur le sujet. « Les gens pensaient que j’utiliserai la force. Je n’ai pas besoin d’utiliser la force. Je ne veux pas utiliser la force. Je n’utiliserai pas la force », a-t-il poursuivi.

    « Le fait est qu’aucune nation ni groupe de nation n’est en position de pouvoir assurer la sécurité du Groenland en dehors des États-Unis. Nous sommes une grande puissance, beaucoup plus grande que ce que les gens comprennent. Je pense qu’ils l’ont découvert il y a deux semaines au Venezuela », a-t-il affirmé, reprochant aussi au Danemark de faire preuve d’« ingratitude ». « Les États-Unis sont le moteur économique de la planète », a-t-il aussi vanté, alors que les sondages révèlent un profond mécontentement des Américains sur le coût de la vie, ce qui menace le Parti républicain à l’approche des élections de mi-mandat de novembre. « Quand l’Amérique prospère, le monde prospère. Quand elle va mal, ça va mal pour tout le monde », a-t-il lancé.

    « Un morceau de glace pour protéger le monde »

    L’ancien promoteur immobilier, qui depuis son retour au pouvoir il y a un an a complètement bouleversé l’ordre mondial, participe au Forum pour la première fois depuis 2020. Jeudi, il fera la promotion de son « Conseil de la paix », considéré par beaucoup comme un rival de l’ONU. Donald Trump a déjà dit ne pas s’attendre à beaucoup de résistance des Européens et d’autres alliés, malgré leurs déclarations plus ou moins vigoureuses. « Nous voulons un morceau de glace pour protéger le monde, et ils refusent de nous le donner », a encore commenté Donald Trump. « Ils ont donc le choix », a-t-il poursuivi. « Ils peuvent dire “oui”, et nous leur en serons très reconnaissants. Ou ils peuvent dire “non”, et nous nous en souviendrons », a-t-il poursuivi sur un ton peu amène.

    « Le Royaume-Uni ne cédera pas sur ses principes et valeurs et sur l’avenir du Groenland », a déclaré mercredi son Premier ministre Keir Starmer. Le président américain insiste sur le fait que le Groenland est vital pour la sécurité des États-Unis et de l’Otan face à la Russie et à la Chine. Il a menacé d’imposer de nouveaux droits de douane allant jusqu’à 25% à huit pays européens pour leur soutien au Danemark, ce qui a incité l’Europe à menacer les États-Unis de représailles. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a appelé l’Europe à rompre avec sa « prudence traditionnelle » face aux défis d’un monde « de plus en plus anarchique » et défini par la « puissance brute ».

    Au Forum mardi, Emmanuel Macron a mis en garde contre les tentatives américaines « inacceptables » de « subordonner l’Europe ». « Nous préférons le respect aux brutes », a-t-il déclaré. Des propos qui n’ont visiblement pas plu au milliardaire américain, qui, comme à son habitude, joue la carte de l’humiliation. « Je l’ai regardé hier avec ces belles lunettes de soleil (…) jouer le dur à cuire », s’est moqué le président américain.

  • Vaincre la peur, éloigner la guerre

    Vaincre la peur, éloigner la guerre

    Indéniablement, le contexte international marqué par la multiplication des conflits et l’instabilité, pèse lourdement sur les consciences en France. C’est en tout cas l’enseignement principal de l’enquête d’opinion Ifop/ Mouvement de la paix/ La Marseillaise/ l’Humanité.

    80 ans après les bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki dont les ultimes survivants sont venus témoigner dans notre région il y a quelques mois, 79% des Français se disent inquiets d’un usage accidentel ou volontaire de l’arme nucléaire, 64% jugeant cette perspective « probable ».

    Des données particulièrement nettes qui interviennent dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine, l’instabilité au Moyen-Orient et l’intervention impérialiste de Donald Trump au Venezuela et ses vues sur le Groenland.

    La France pays de la diplomatie

    Face à ces bouleversements, les Français affirment un attachement croissant à la perspective de règlement des conflits dans le cadre multilatéral des Nations unis.

    71% des personnes interrogées souhaitent ainsi une participation avec les Nations unies à des opérations de maintien de la paix. Une opinion majoritaire quel que soit le genre, la catégorie sociale, la tranche d’âge et l’orientation politique, sauf chez les électeurs d’Éric Zemmour de la présidentielle de 2022 (47%). Preuve de l’influence en France du trumpisme ?

    La France, pays de la diplomatie doit redevenir un acteur majeur du multilatéralisme. Le conseil pour la paix proposé par Donald Trump en est l’antithèse. C’est l’affirmation de l’argent-roi, autre nom de la loi du plus fort.

    Si la France doit se préparer à toute éventualité, elle a le devoir de promouvoir une culture de paix fondée sur le co-développement et la prospérité. Seul le progrès partagé peut vaincre la peur et éloigner la guerre.

  • [Sondage] 79% de crainte d’un usage de l’arme atomique

    [Sondage] 79% de crainte d’un usage de l’arme atomique

    Les résultats de notre enquête d’opinion Ifop/ Mouvement de la paix/ La Marseillaise/ l’Humanité sont sans appel : les Français sont frappés de plein fouet par le climat mondial anxiogène. À la question posée à l’occasion des 80 ans des bombardements atomiques sur les villes d’Hiroshima et Nagasaki, « dans le contexte international actuel, diriez-vous que l’utilisation accidentelle ou volontaire d’une arme nucléaire vous inquiète », ils sont 79% à répondre « oui » et même 64% à juger ce cas de figure « probable ».

    Une profonde inquiétude qui s’accompagne néanmoins d’un souhait de voir la France s’engager dans « un processus d’élimination contrôlé des armes atomiques tel que prévu par les Nations Unies » puisque 64% des personnes interrogées y adhèrent. Une opinion nettement majoritaire même si elle est en recul par rapport à la même enquête menée en 2012 et 2018. C’est vrai pour les sympathisants de gauche (68%) comme ceux du camp présidentiel (68%) et même pour les sondés d’extrême droite (54%). Les ouvriers sont la catégorie sociale qui y est la plus favorable (66%).

    De façon contradictoire mais compréhensible au regard de l’instabilité mondiale, 69% des Français souhaitent que la France renouvelle et modernise ses armes atomiques. Un chiffre en forte augmentation en comparaison des années précédentes. Sur cette question un vrai écart hommes (78%)-femmes (60%) apparaît.

    Le regard favorable porté sur les exportations d’armes reste minoritaire mais progresse à 47%. Les habitants des banlieues populaires y sont les plus défavorables (69%).

    Faut-il réduire les dépenses militaires ? L’opinion est minoritaire à 43% comme lors de la dernière enquête réalisée en 2018. Seuls les 18-24 ans y sont majoritairement favorables (52%).

    La volonté de voir la France s’inscrire dans le cadre multilatéral offert par les Nations unies est très marquée. 71% des personnes interrogées souhaitent une participation avec les Nations unies à des opérations de maintien de la paix.

    Fiche technique

    Institut

    Ifop pour le Mouvement de la paix, La Marseillaise et l’Humanité.

    Échantillon

    L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

    Date de l’enquête

    Du 6 au 7 janvier 2026.

    Méthodologie

    La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération.

    La notice de cette enquête est consultable sur le site de la Commission des sondages.

  • [Sondage] 79% des Français redoutent l’usage de l’arme atomique

    [Sondage] 79% des Français redoutent l’usage de l’arme atomique

    Les résultats de notre enquête d’opinion Ifop/ Mouvement de la paix/ La Marseillaise/ l’Humanité à paraître ce jeudi sont sans appel : les Français sont frappés de plein fouet par le climat mondial anxiogène. À la question posée à l’occasion des 80 ans des bombardements atomiques sur les villes d’Hiroshima et Nagasaki, « dans le contexte international actuel, diriez-vous que l’utilisation accidentelle ou volontaire d’une arme nucléaire vous inquiète », ils sont 79% à répondre « oui » et même 64% à juger ce cas de figure « probable ».

    Retrouvez l’intégralité des résultats de notre sondage dans La Marseillaise de ce jeudi.

  • Une boussole

    Une boussole

    Le débat obtenu par la gauche qui se déroule ce soir au Parlement est plus que bienvenu. Parce que la réponse d’Emmanuel Macron à l’attaque de Caracas par Donald Trump a été déplorable mais aussi parce que réfléchir au-delà du cas vénézuélien à ce que peut être « le rôle de la France dans la prévention et la résolution des conflits internationaux » est urgent. Bien sûr, les situations internationales n’ont jamais été manichéennes mais la fracturation du monde après ce premier quart du XXIe siècle rend plus difficile que jamais la compréhension d’enjeux où aucun des principaux acteurs ne permet une adhésion sans retenue. D’autant plus que l’institution centrale d’une sécurité humaine collective, l’ONU, est chaque jour un peu plus mise hors jeu, chacun piétinant et bafouant
    les principes qui permettaient de contrer la loi du plus fort et de la prédation des richesses.

    Pas d’amnésie

    À défaut de camps, il faut absolument garder une boussole. Celle qui garde le nord en mettant invariablement les peuples au centre, souverains. Celle qui ne vise qu’à trouver le chemin vers la paix.
    Et refuser l’amnésie.
    À quoi sert-il d’avoir commémoré la Libération et la capitulation des nazis
    si c’est pour oublier comment l’extrême droite arrive au pouvoir, oublier que « la guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas
    au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas
    »,
    oublier que ce n’est que l’expression de la loi du plus fort et des logiques de prédation des richesses. Que ce débat puisse donc permettre à la France de retrouver une boussole qui lui permette d’agir pour prévenir et résoudre
    les conflits.

  • Venezuela : un débat pour y voir clair ?

    Venezuela : un débat pour y voir clair ?

    Les députés sont attendus à 17 heures dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale pour un débat sans vote, convoqué par le gouvernement en vertu de l’article 50-1 portant sur « le rôle de la France dans la prévention et la résolution des crises politiques internationales, notamment au Venezuela ». Un échange organisé sous forme de questions/réponses qui se poursuivra à 21 heures au Sénat.

    Après l’attaque militaire américaine le 3 janvier sur le Venezuela dans le but de kidnapper son président Nicolás Maduro et son épouse la députée Cilia Flores, la France a été critiquée pour sa réaction. Pour rappel, une centaine de personnes sont mortes dans ces bombardements visant Caracas. Et pourtant, dans sa première intervention, Emmanuel Macron écrit sur X « le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir » suivi d’un long message qui, a aucun moment, n’évoque l’intervention de Washington. Le président français a, par la suite, repris ses déclarations sous la pression de la gauche qui, dans une rare unanimité a condamné avec fermeté cette agression.

    Les partis demandent d’éclaircir la position de Paris face aux appétits impérialistes de Donald Trump. Pour le PCF, « cette politique de force ouverte est de nature à aggraver les tensions internationales et les risques de guerre. Elle appelle la plus large riposte internationale des forces progressistes et l’émergence d’un grand mouvement mondial pour la paix, pour défendre le droit international et la démocratie », dit le parti qui a appelé aux rassemblements dans tout le pays pour soutenir le peuple vénézuélien. Plusieurs se sont notamment tenus à Marseille. La France insoumise qui y a participé continue d’exiger « la libération immédiate de Nicolás Maduro et de son épouse, la garantie pleine et entière de leur sécurité, ainsi que leur retour immédiat et sans condition sur le sol vénézuélien, conformément au droit international ». Le dirigeant vénézuélien est actuellement emprisonné à New York, accusé de trafic de drogue.

    Olivier Faure dénonce : « Sous le faux nez de la lutte contre le narcotrafic, les États-Unis de Donald Trump renouent avec leur stratégie d’ingérence dans la vie des nations du sous-continent latino-américain qu’ils considèrent historiquement comme leur “arrière-cour” », insiste le chef du PS. Le président américain a d’ailleurs rapidement menacé la Colombie, le Mexique et Cuba du même sort. Et si Maduro est conspué au sein même de son pays (lire entretien ci-contre), « la condamnation de ces dérives internes ne saurait en aucun cas justifier des ingérences extérieures. La défense de la souveraineté des peuples implique de s’opposer à toute intervention militaire unilatérale, sans complaisance à l’égard des régimes autoritaires », fait valoir la porte-parole des Écologistes Aminata Niakaté.

    Repères

    L’UD CGT 13 en soutien aux travailleurs vénézuéliens

    Dès le 3 janvier, l’Union départementale de la CGT des Bouches-du-Rhône a condamné l’agression militaire américaine et appelé à la solidarité internationale rappelant que « ce sont toujours les peuples qui paient le prix des guerres et des interventions militaires : destructions, morts, appauvrissement, recul des droits sociaux et syndicaux », insiste le syndicat. Le soir même, des rassemblements étaient organisés.

    La LDH du Var condamne l’agression américaine

    Dans une prise de parole lors d’un rassemblement à Toulon, le président de la Ligue des droits de l’Homme du Var Roland Bianche a condamné l’attaque américaine sur Caracas. Selon lui, « la solution à la profonde crise vénézuélienne doit être civile et démocratique par les Vénézuéliens et les Vénézuéliennes eux-mêmes sous les auspices de l’ONU et des espaces multilatéraux compétents », martèle-t-il.

    No Pasaran 84 alerte sur l’ingérence en Europe

    Le collectif antifasciste No Pasaran 84 a participé au rassemblement en soutien au peuple vénézuélien à Avignon. Il appelle à rester vigilant « Trump a déjà menacé d’autres territoires et États : le Groenland, la Colombie, Cuba… Ses sbires menacent d’ingérences dans les élections européennes afin de favoriser l’arrivée au pouvoir de gouvernements d’extrême droite. Mobilisons-nous contre les fascistes et leurs guerres. »

  • Cinéaste engagé

    Cinéaste engagé

    Censuré, perdu, retrouvé, restauré… L’histoire du Rendez-vous des quais est une épopée. Sorti des limbes, où la censure avait voulu le plomber, par la volonté d’une poignée de convaincus, dont Claude Martino, pilier des pages cinéma de La Marseillaise des années durant. Le chef-d’œuvre de Paul Carpita va vivre une nouvelle étape dans une version désormais numérisée.

    Un film où les héros sont un docker et une ouvrière, où on parle chômage, crise, répression, lutte syndicale et solidarité. Mais aussi de refus de la guerre, de la « sale guerre », la guerre d’Indochine. Une œuvre tournée avec des moyens dérisoires, des acteurs non professionnels, qui mêle images de fiction et archives. Ce qu’on ne voit pas à l’écran, c’est la censure dont cette œuvre a été la victime, accusée de porter atteinte à l’ordre public pour avoir osé s’opposer à la guerre et montrer des ouvriers qui refusaient d’obéir.

    Toujours d’actualité

    Ce qui crève l’écran est qu’un instituteur, issu de la classe ouvrière, militant communiste, a pris une caméra, avec une virtuosité désormais reconnue. Qu’il veut montrer « les petites gens » pour reprendre sa formule, leur vie quotidienne et leurs luttes, documenter les mouvements sociaux, le refus de la guerre. Ce qu’on ne montrait jamais, qu’on ne voulait pas voir.

    Forcément, on ne peut que penser à la récente action de la CGT des Dockers, qui ont refusé de charger sur un navire à destination d’Israël un conteneur rempli de composants militaires, refusant d’« être complices de massacres » qui se déroulaient à Gaza. Le Rendez-vous des quais à plus de 70 ans. Mais son sujet est d’une actualité brûlante.

  • Rassemblement en solidarité avec le Venezuela

    Les progressistes marseillais se réunissent une nouvelle fois pour dénoncer l’agression impérialiste des États-Unis sur le Venezuela et le kidnapping de son dirigeant Nicolas Maduro. Le rendez-vous est ainsi donné à 11 heures sous l’ombrière du Vieux-Port ce samedi. « L’impérialisme c’est la guerre (…) du Venezuela à la Palestine, les mêmes logiques d’ingérence et de domination menacent la paix et piétinent le droit international », alerte la fédération PCF des Bouches-du-Rhône dans un tract appelant au rassemblement. « Se féliciter d’un changement de régime imposé par une intervention militaire étrangère, comme l’a fait Emmanuel Macron, c’est légitimer la loi du plus fort », dénoncent les communistes locaux.

    Contre « l’impérialisme des États-Unis de Trump »

    Les insoumis du 13 ont eu aussi confirmé leur participation à cette nouvelle manifestation face à « l’impérialisme des États-Unis de Trump » et en « solidarité avec le peuple vénézuélien ». « Contre la loi du plus fort, défendons la souveraineté des peuples », martèlent ils.

    Cette attaque dirigée par Washington sur Caracas a profondément traumatisé la population et fait plus de 100 morts. Jeudi, le milliardaire républicain qui dirige les États-Unis a évoqué une « tutelle » de plusieurs années sur le pays et tente déjà de s’approprier ses réserves en pétrole. Ainsi, l’association France Cuba Marseille 13 se joint à l’appel à protester pour « dire stop aux agressions guerrières et aux violations du droit international et dire oui au droit à l’autodétermination des peuples ». De même que l’UD CGT des Bouches-du-Rhône, affiliée à la Fédération syndicale mondiale (FSM), dont les militants seront présents en « solidarité avec le peuple vénézuélien » et pour défendre le « respect de la souveraineté des États ».

  • Une nouvelle centrale de secours pour le Charles de Gaulle

    Une nouvelle centrale de secours pour le Charles de Gaulle

    Elle n’affiche pas l’austérité attendue pour ce type de construction. Avec ses fresques, réalisées par le consortium d’artistes Graphikart (la Seyne-sur-Mer) et par l’illustrateur Daniel Bechennec, représentant fièrement le Général et le navire de guerre éponyme, mis en scène sur des théâtres maritimes houleux, la nouvelle centrale de production électrique du porte-avions Charles de Gaulle a fière allure. « Au ministère des Armées, on est attaché à l’art. Mais il est moins commun d’avoir des fresques sur des bâtiments industriels. C’était une bonne manière de parler de la Marine au gré des siècles, et de rendre hommage à Charles de Gaulle et au porte-avions qui porte son nom », décrit l’ingénieur en chef de première classe Stéphane Nardelli, secrétaire général adjoint du Service d’infrastructure de la Défense (SID) Méditerranée. Mais outre son habillage, ce bâtiment, positionné à proximité du quais Milhaud 6, lieu de stationnement du célèbre porte-avions (actuellement en mission d’entraînement), et qui vient suppléer l’ancienne centrale, constitue un ajout majeur : « Il s’intègre dans un ensemble contenant les stations de conversion du réseau électrique RTE de Vauban et Milhaud pour constituer un nouveau réseau 6 300 volts, 60 hertz, totalement dédié au porte-avions. Les installations historiques sont ainsi consacrées au reste de la flotte, dont les besoins en énergie à quais augmentent significativement », détaille l’ingénieur en chef Nardelli.

    Capable d’alimenter

    une ville comme Ollioules

    Objectif : « Répondre aux besoins de fiabilisation des sources et de la distribution des réseaux haute tension de la base navale, exprimés par la Marine nationale dans le cadre de la sûreté nucléaire. Cette centrale constitue une source d’alimentation électrique de repli quasi infaillible pour le Charles de Gaulle, capable de pallier la perte du réseau électrique RTE ou à une avarie sur les stations de conversion du porte-avions », poursuit Stéphane Nardelli. Dotée de trois groupes électrogènes – contre deux pour l’ancienne -, la centrale est capable d’alimenter « des villes comme Saint-Mandrier avec un seul groupe, et Ollioules en pleine puissance », soit environ 15 000 habitants, illustre l’ingénieur en chef. Prête à l’emploi, elle ne sera mise en marche qu’en cas de besoin, pour prendre le relais du réseau électrique classique.

    Débuté en janvier 2023, le chantier aura coûté 15 millions d’euros et nécessité la passation de dix marchés publics (sécurité, géotechnique, environnement, maîtrise d’ouvrage…). Il s’inscrit dans le cadre du Programme d’Infrastructure RENOVELEC, visant à moderniser les installations électriques de la base navale de Toulon. « Cette nouvelle centrale démontre la maîtrise, la parfaite réalisation, et surtout l’excellente collaboration qui a prévalu, félicite le Capitaine de vaisseau Pierre Suleau, Commandant de la base navale de Toulon. Toutes les étapes ont été franchies dans le partage permanent. La fin de l’opération a été menée sous une pression calendaire et opérationnelle forte. C’est un bon exemple pour les projets en cours et à venir. » Notamment en vue du chantier du porte-avions de nouvelle génération, qui doit arriver sur la base navale en 2035, et qui va nécessiter, entre autres, la création d’un pont de 600 mètres jusqu’au port de Brégaillon… et une nouvelle centrale de production.

  • Femmes solidaires, 80 ans de combats

    Femmes solidaires, 80 ans de combats

    Une vieille dame, toujours bien alerte. Femmes solidaires, digne héritière de l’Union des femmes françaises (UFF), a fêté cette année ses 80 ans, l’occasion de revenir sur une histoire de luttes et de conquis pour les droits des femmes ce samedi 6 décembre à l’Afriki Djigui Theatri (1er). Notamment avec une exposition proposée par le comité nîmois et un film revenant sur des dates importantes. Comme le premier congrès fondateur de l’UFF, le 17 juin 1945 à Paris, au Palais de la Mutualité, avec 2 377 déléguées venues de toute la France, tout juste sorties de la Résistance ou rentrant de déportation. Elles défendront leur droit au travail « à salaire égal » avec les hommes, rappelle Annick Karsenty, présidente de Femmes solidaires Marseille, se battront pour obtenir des crèches et des garderies pour que les enfants ne soient pas dans la rue.

    Mobilisées pour la paix

    Elles se mobiliseront aussi pour la paix, contre la guerre en Indochine et contre la colonisation défendant le droit des Algériens à l’indépendance. Jusqu’à en perdre la vie pour deux d’entre elles, le 8 février 1962, lorsque des partis et des syndicats appellent à manifester contre l’OAS et que les manifestants sont durement réprimés à l’entrée du métro Charonne.

    Puis « nous sommes passés des combats féminins aux combats féministes », explique Annick Karsenty pour qui rien n’est gagné. Prochaine date cruciale, le 6 février, journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines. Depuis plus de 10 ans, Femmes solidaires travaillent avec les femmes Afars en Éthiopie pour éradiquer l’excision, et les mariages forcés au sein du projet Kimbidalé.

    Pour en savoir plus : « 80 ans
    de la vie des femmes, de l’UFF
    à Femmes solidaires
     », ouvrage collectif, 45 euros.