Tag: grève

  • Où manifester jeudi 2 octobre dans le Gard et l’Hérault ?

    Où manifester jeudi 2 octobre dans le Gard et l’Hérault ?

    Pas moins de 12 rassemblements ou manifestations sont au programme de la deuxième journée de grèves et mobilisations dans le Gard et l’Hérault, jeudi 2 octobre.

    A l’appel des 8 formations qui composent l’intersyndicale, 5 cortèges sont prévus dans le Gard. Dès 10h à Alès (sous-préfecture), Bagnols-sur-Cèze (monument aux morts), et Uzès (mairie). La manifestation de Nîmes s’élancera à 14h30 du quai de la Fontaine. Enfin, Le Vigan donne rendez-vous à 18h (sous-préfecture).

    Dans l’Hérault, 7 mobilisations sont prévues. Trois à l’appel de l’intersyndicale à 10h30 à Montpellier (place Albert 1er), Sète (bourse du travail) et Béziers (place de la mairie). Quatre autres rassemblements sont prévus à l’appel de la CGT à 10h30 à Bédarieux (maison des syndicats), à 11h à Lodève (sous-préfecture) et enfin à 11h30 à Ganges (mairie) et Lunel (place de la République).

    Dans l’Hérault, Stéphane Audebeau (FSU 34) appelle à « continuer à mettre la pression au gouvernement pour faire valoir les intérêts du monde du travail : salariés, fonctionnaires, retraités et demandeurs d’emplois ». Lesquels seront, avec les services publics, « les premiers touchés par la politique d’austérité » à venir. « Nous réclamons plus de justice fiscale et sociale », insiste l’enseignant qui déplore le manque de profs et d’AESH.

    A la CGT 34, Sébastien Boudesocque rappelle que 1,1 million de personnes (près de 40 000 dans le Gard et l’Hérault) ont défilé lors du premier round intersyndical le 18 septembre. Face à la « langue de bois » du Premier ministre qui n’a eu que faire de « l’ultimatum », le secrétaire départemental de la CGT 34 rappelle que d’autres choix existent. Le cégétiste souhaite mettre à contribution les grandes fortunes et les grosses entreprises. « La France est championne d’Europe du versement des dividendes et dans le top 5 mondial pour le nombre de milliardaires ». Il rappelle que les 35 heures ont créé 350 000 emplois et le CICE seulement 100 000. « La théorie du ruissellement ne fonctionne pas. L’Espagne a fait d’autres choix en taxant les capitaux des banques », illustre-t-il.

    A la CFE-CGC 34, on alerte sur « la souffrance au travail », les cas de « burn-out » et de « dépression » qui se multiplient chez les cadres. Chez l’Unsa 34, Jean-Robert Biggio déplore « qu’aucune mesure de l’intersyndicale n’ait été retenue » par le Premier ministre et « qu’aucune recette fiscale supplémentaire n’ait été trouvée » alors même que 211 milliards d’euros annuels sont octroyés par l’État aux grandes entreprises « sans aucun contrôle ». Quant à la CFDT 34, Glawdys Klapka insiste sur le pouvoir d’achat et « les fins de mois difficiles à boucler » pour bon nombre de salariés.

    Enfin, du côté de FO 34, Franck Mary-Montlaur déplore que la rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu n’ait absolument « rien donné ». « Les salariés en ont marre d’attendre », s’agace le responsable héraultais. Il est pour l’heure le seul à émettre des réserves sur la stratégie des journées de mobilisation « saute-moutons ». « Elles coûtent trop cher. Soit on y va pour de bon…»

  • « La situation instable est un atout »

    « La situation instable est un atout »

    La Marseillaise : L’intersyndicale appelle à manifester ce jeudi, avant même qu’un gouvernement soit nommé. Quel rôle peut-elle espérer jouer ?

    Laurent Frajerman : Elle peut espérer jouer un rôle d’interlocuteur. Elle a été reçue plusieurs fois par le Premier ministre, qui est obligé de montrer que, contrairement à ce qui s’est passé avec Macron jusque-là, les corps intermédiaires allaient être plus écoutés. La situation instable est un atout. Si on voit émerger, dans des milieux divers, l’idée de redonner un rôle aux syndicats, c’est quand même pour canaliser le mouvement social. Il ne s’agit pas de proposer une autre politique, mais de redonner un peu de marge à un système complètement asséché. Il y a cette peur, dans une partie du patronat, des milieux dirigeants, que le refus de toute négociation soit contre-productif. D’un autre côté, il n’y a pas d’interlocuteurs clairs. Et comme le gros des mobilisés sont des agents du service public, c’est aussi un handicap.

    On entend souvent la critique des mobilisations « saute-mouton », et pourtant, on y revient…

    L. F. : On a une intersyndicale à huit, il faut convaincre la CFTC ou certains secteurs de FO de faire une grève un peu dure. Mais cela montre que tout se décide exclusivement en intersyndicale. Si les salariés ne pèsent pas sur ces choix-là, on arrivera toujours à un minimum commun. Le deuxième aspect, c’est que le rapport de force n’est pas si bon. On fait quand même une grève, mais on sait qu’on aurait du mal à faire plus. Cela pose la question, pour des syndicats comme la CGT ou la FSU, de trouver des voies nouvelles.

    Justement, nous sommes partis d’un mouvement vaporeux, « Bloquons tout », pour arriver à un mouvement classique, vous l’expliquez comment ?

    L. F. : « Bloquons tout » a été surévalué. Ce n’est pas évident de passer d’une protestation numérique à quelque chose de concret. Il a eu l’intérêt de montrer un mécontentement très large, il a permis un retournement de l’opinion publique sur des points importants. Tout le problème, c’est que les modalités d’action qui étaient proposées étaient irréalistes. On est donc revenu dans les rails de quelque chose de plus classique, avec toute une frange de la population qui ne s’associe pas, soit parce qu’elle fait grève par procuration, soit par hostilité. Une moitié des Français ne soutenait pas la mobilisation du 18 septembre. On revient dans un clivage traditionnel, avec les fonctionnaires, les gens de gauche qui soutiennent la grève. Mais d’autres catégories qui pourraient s’y greffer ne le font pas.

    Comment, alors, réinventer les modes d’action ?

    L. F. : Il ne faut pas multiplier les actions dont on sait qu’elles ne servent à rien. Mais, il y a malgré tout un espace très large entre les journées « saute-mouton » et la grève générale reconductible. Il faudrait explorer cet entre-deux, deux journées de grève consécutives, des grèves par secteur, par territoire… Il y a un manque d’innovation, les propositions de l’intersyndicale sont tellement prévisibles, à l’inverse des Gilets jaunes, que ça ne peut pas donner de grandes victoires. La grande question, c’est l’implication des salariés. Il y a des possibilités techniques pour les associer, favoriser les initiatives locales… Aux directions d’être plus inventives, comme les cheminots l’avaient essayé, et aux salariés de s’impliquer plus. C’est seulement par le collectif que ça peut fonctionner.

    Les revendications sur les retraites reviennent, on vit un match retour de la dernière mobilisation ?

    L. F. : C’est frappant. On aurait pu imaginer que « Bloquons tout » ne donne pas cet aspect-là, mais à partir du moment où le côté gazeux s’est évaporé, il n’en est resté, le 10 septembre, que la partie la plus mobilisée du mouvement de 2023 qui estimait qu’il fallait bloquer, et pour le 18 septembre, le profil de ceux qui s’étaient mobilisés pour les retraites. Ce qui rend la situation complexe pour les organisations, c’est qu’elles n’ont pas gagné la bataille de l’opinion. Elle est très partagée, notamment sur la question de la dette. Vous pouvez avoir des gens qui se mobilisent contre des choses insupportables, comme la fin de deux jours fériés, mais qui sont prêts à accepter des « sacrifices nécessaires ».

  • Les agents psy face à une maison d’accueil « inhumaine »

    Les agents psy face à une maison d’accueil « inhumaine »

    Les témoignages affluent de toutes parts ce jeudi midi, devant la MAS (maison d’accueil spécialisée) de Bel-Air. La structure médico-sociale de l’hôpital psychiatrique de Montfavet, qui héberge 60 résidents autistes ou polyhandicapés, traverse une crise sans précédent. Un appel à la grève, lancé par la CGT, avait lieu ce jeudi. « Cela fait 27 ans que je travaille ici, je n’ai jamais vu ça », se désole Sylvie, ASH (ménage). « On nous dit de nous occuper des résidents et que la priorité ce n’est pas le ménage, mais avoir un lieu propre fait partie du soin », développe-t-elle. « Plusieurs matins et tous les après-midi de l’été, il n’y avait qu’une seule infirmière au lieu de 2 pour 60 résidents », décrit Carine, infirmière. « Les résidents ne sortent jamais, ils restent enfermés », s’émeut Gaby. Franck, lui, dénonce un « glissement des tâches, avec des fiches de postes pas respectés ».

    Comme des ASH obligés d’endosser un rôle d’aide soignante. « Un poste de maître de maison a été créé il y a plusieurs années, qui ne correspond à aucune qualification, tout ça pour payer moins », déplore Claire Moreno, secrétaire générale CGT de l’hôpital de Montfavet. Le syndicat estime à 17 le nombre de postes à créer, en plus des environ 80 salariés, dont 40% contractuels. « On réorganise toujours mais à la baisse, on fait des économies sur le dos des agents et la prise en charge des résidents devient inhumaine », s’émeut Claire Moreno. La syndicaliste, au bord des larmes, se désole à « chaque lecture de fiche d’événements indésirables ». Et dire, « qu’on est en 2025, année de la santé mentale », soupire-t-elle. Une situation qui a empiré ces derniers mois, et qui a déjà fait l’objet de 5 droits d’alerte. « Cela me fait mal au cœur », se désole Jacques Rousset. À la retraite depuis 4 ans, cet ancien chef du pôle médico-social, gérait la MAS. Il est accueilli avec d’immenses sourires. « Je viens témoigner ma solidarité face à cette détérioration sans précédent de la prise en charge, c’est à l’image de ce qu’il se passe dans le pays où une logique comptable et déshumanisée est à l’œuvre », expose-t-il.

    Le « déficit » comme justification

    Des propos qui seront corroborés quelques minutes plus tard par Laure Baltazard, directrice adjointe de l’hôpital de Montfavet, venue à la demande de la CGT entendre les agents, aux côtés du DRH Nizar Chaffai.

    « Une contrainte budgétaire se pose à nous, comme dans beaucoup de MAS, on a un déficit de 1,5 million d’euros soit 15% du budget et l’on doit préserver des marges de manœuvre pour investir, tente-t-elle de justifier. Nos effectifs tels qu’ils sont organisés ne sont pas à la hauteur des recettes que nous recevons. » « Tant que vous mettrez l’argent en balance avec le soin, ça ne marchera pas ! », l’interrompt une agent tout en lui enjoignant de défendre plus de budget auprès des autorités de santé supérieures. « Il faut des réponses maintenant ! », conclut-elle.

  • AP-HM : les agents des Baumettes pressurisés

    AP-HM : les agents des Baumettes pressurisés

    Cure d’austérité sur un travail en milieu austère. Déjà privés de cantine, de nouvelles mesures sécuritaires rallongent leur temps de travail d’une demi-heure par jour. Pire, le passage de Baumettes 2 à Baumettes 3 devrait encore s’accompagner de la suppression d’une dizaine de jours de congés spécifiques par an.

    Depuis 1994, les 82 professionnels médicaux et paramédicaux des Baumettes bénéficient de dix jours de congés supplémentaires par an. « Pas volés », estime un infirmier, dans le rassemblement organisé mardi par la CGT devant le siège administratif de l’AP-HM de la rue Brochier. « Il y a déjà des problèmes de recrutement, c’est pas en nous enlevant ces jours qu’ils vont rendre le métier attractif. » La direction de l’AP-HM souhaite discuter de la sortie progressive de ce dispositif spécifique aux Baumettes qu’elle qualifie d’« exorbitant du droit ». Elle évoque un souci d’équité avec d’autres services en milieu carcéral. Plutôt que d’étendre ce droit à tous les hospitaliers du pénitentiaire, elle préfère avancer dans le sens des économies auxquelles elle est toujours attelée.

    Capacité doublée

    Alors que la prison a doublé ses capacités, son extension s’annonce mal côté effectifs et conditions de travail avec, « toujours plus d’économies sur le dos des salariés », conteste le syndicaliste Guillaume Algrin. Dans le rassemblement qui réunit plus d’une quarantaine de personnels de l’AP-HM, d’infirmiers, secrétaires médicaux, préparateurs pharmaceutiques, manipulateurs radio, ergothérapeutes ou travailleurs sociaux, on fait le lien avec le mouvement social en cours et dont une prochaine date a été fixée par l’UD CGT pour ce 25 septembre. « Seuls 19 infirmiers supplémentaires sont prévus, le plateau technique ne change pas », indique Nour Eddine Djazoul, représentant CGT des personnels. Unique radiologue dans l’établissement, Marie-Eve déplore : « On devait passer à 1,8. Il n’en est plus question. Je pratique 180 radios par mois, dans une salle sans fenêtre. Mes congés annuels me sont imposés en raison de difficultés de remplacements qui s’effectuent selon une rosace des congés mise en place à Sainte-Marguerite. »

    Pour Carole, travailleuse sociale, les conditions de travail ne sont guère plus enviables « pour les deux psychologues avec qui on va devoir partager le même local. Organiser des consultations va s’avérer délicat ». Déjà, pour tous les personnels de l’AP-HM, la situation s’est altérée en raison des nouvelles contraintes sécuritaires. « Nous devons arriver un quart d’heure plus tôt et repartir un quart d’heure plus tard pour passer les 14 portes et obtenir les clés des casiers. Parfois c’est plus long, les surveillants sont aussi en sous-effectifs », déplore Sophie, agente du paramédical. Autres doléances listées dans le rassemblement : « Le manque de climatisation et de chauffage. Cet été on a eu 32°C et des tas de malaises à gérer parmi les personnes incarcérées. » Mais aussi « l’absence de salle de pause et de salle collective, de tickets-restaurant ou de cantine, celle des Baumettes est réservée aux gardiens, aux personnels et intervenants du centre pénitentiaire ».

    Déterminés à se faire entendre de leur direction, ces personnels et leur syndicat CGT ont décidé faire « monter la pression ». À la suite du député de L’Après, Hendrik Davi, qui a adressé une lettre à l’AP-HM après une visite du site, les députés de la FI Manuel Bompard et Sébastien Delogu ont fait savoir qu’ils apportaient leur soutien aux grévistes.

  • Jour et nuit, la CGT énergie maintient la pression

    Jour et nuit, la CGT énergie maintient la pression

    « On revendique 9% d’augmentation. Le niveau 1 est sous le Smic, c’est pas légal », rappelle Géraldine. Ingénieure nucléaire, la jeune femme ne compte plus ses nuits et ses jours passés à tourner sur le piquet. Si elle est aussi déterminée, c’est que la lutte des travailleurs de l’énergie est incontestablement juste : « La masse salariale ne pèse que 14% dans la facture. Ce qu’on demande ça l’amènerait à 17%. À titre indicatif, dans le privé pour la production de produits finis, la moyenne est de 37%. »

    L’organisation sur le site est parfaitement rodée, dans la joie. Christelle, gazière, s’attelle à la préparation d’un « mille feuilles de lutte ». Elle a prévu de passer la nuit sur un des lits de camp, samedi soir. Pour permettre aux uns de recharger les batteries, d’autres prennent le relais en s’inscrivant sur le planning affiché sur le frigo. Elle est accompagnée de son fils. L’adolescent file la main à deux retraités en débitant des palettes pour alimenter le feu. « Les nuits sont courtes et les jours sont longs », plaisante Charly, cheminote, qui figure aussi au tableau des astreintes nocturnes. L’activité est permanente et chaque nouvel arrivant se trouve une mission. Pour agrémenter le tout, « on met des ateliers en place, toujours autour du thème de la lutte sociale », précise Christelle en désignant des peintures et des poteries.

    Les méthaniers à l’arrêt

    Mais les parties de cartes ou les soirées-concerts n’empêchent pas les discussions de fond. Gérard, retraité de GRDF, fait part de ses inquiétudes : « L’abandon du service public a conduit à des stratégies comptables. à force de tirer sur les ficelles, formations, effectifs, on multiplie le risque d’accident, on court à la catastrophe. Le danger est réel pour les techniciens et pour les usagers. »

    Serge, électricien en poste au Merlan (14e), est arrivé les bras chargés d’un énorme plat de poivrons. Pas plus que les autres, il n’entend lâcher la pression. « Ce qui les fait plier, c’est la baisse de production. » Sans réponse depuis trois semaines, les travailleurs sont passés au cran supérieur. Du Tonkin à Fos, les terminaux méthaniers sont à l’arrêt. De même pour le site de stockage à Manosque. Serge détaille la stratégie : « Les bateaux sont immobilisés. Comme on ne peut pas y conserver le gaz, ils sont obligés de le brûler à la torchère et ça leur coûte des millions par jour. »

    Autour du brasero où les militants font griller des chamallows, Bacri, habitant du 3e au RSA, s’est proposé pour renforcer la permanence de nuit. « C’est normal d’être ici, estime-t-il, parce que quand j’ai payé le loyer et la facture d’électricité, il ne reste plus grand-chose. » Face à ses difficultés financières, son fournisseur « a basculé le compteur en mode restreint depuis un an. Je dois choisir entre la machine à laver ou le chauffage sinon ça disjoncte. » En France, plus de 12 millions de personnes sont déjà en situation de précarité énergétique. Le retour au taux réduit de TVA à 5,5% sur la facture des usagers est une autre revendication forte de la Fédération CGT de l’énergie (FNME). Avec la loi de finances pour 2025, la TVA flambe à 20% depuis le 1er août. Si la pétition en ligne* atteint 100 000 signatures la proposition de loi portée par le groupe communiste devra être soumise au Sénat.

    Sur le piquet, un quiz musical a clôturé la soirée. David remet une bûche dans le feu avant de prendre congé des quatre volontaires qui se glissent dans les duvets. Au petit matin, Martine, retraitée CGT des IEG, débarque avec des viennoiseries à partager, avant de filer sur le rassemblement du Mouvement de la paix. D’autres bras solidaires affluent pour une remise en propreté du piquet… et pour parer aux pluies annoncées.

    * https://petitions.sénat.fr

    « Aujourd’hui, techniciens
    et usagers sont en danger »

  • Déferlante de colère sociale sur Marseille

    Déferlante de colère sociale sur Marseille

    Il faut savoir dire stop ! Stop à l’injustice sociale, stop au non-respect du vote du peuple, stop aux centaines de milliards qui sont versés aux entreprises sans contreparties ! Stop à m’ment donné ! » Devant le Mucem à Marseille, Stéphane Martins De Araujo, secrétaire général de la CGT ArcelorMittal de Fos-sur-Mer, donne le ton de l’état d’esprit des manifestants qui battent le pavé marseillais ce 18 septembre.

    À ses côtés, les travailleurs de la métallurgie des usines du bassin de l’Étang de Berre allument une myriade de fumigènes. Devant lui, des milliers de chasubles rouges estampillés CGT marchent d’un pas déterminé. En fond, on aperçoit à peine le camion avec ballon de la FSU et à l’autre bout du port, des manifestants attendent encore leur tour avant de prendre le départ. Le Vieux-Port est plein à craquer. C’est dire l’ampleur du cortège, au niveau des plus grosses manifestations contre la réforme des retraites. Et tous dénoncent avec force les politiques libérales. « On se bat pour obtenir de nouveaux conquis sociaux, pas en perdre comme on le subit année après année depuis trop longtemps. La retraite doit revenir à 60 ans », tonne Stéphane Martins De Araujo. Avant de développer sur la réalité des conditions de travail des ouvriers : « Entre la pénibilité et l’exposition à plusieurs produits nocifs, on a une explosion des maladies professionnelles, année après année. Travailler à 64 ans dans ces conditions, c’est impossible. »

    La retraite toujours dans les têtes

    Il fait également le lien avec les débats autour du budget : « C’est ahurissant, on ne peut pas donner des millions d’euros à un milliardaire et lui laisser la main sur l’industrie française qui s’en sert pour de la casse sociale ! » Des propos qui font écho aux messages inscrits sur les pancartes des manifestants : « Toujours les mêmes qui subissent : les travailleurs pauvres et de la classe moyenne », « Taxons les super riches et leurs super profits pour l’école et la santé » ou encore « Plus rien à traire ici ». Cette demande unanime de justice fiscale est sans doute symbolisée par le refus toujours aussi prégnant de la réforme des retraites et son passage de l’âge de départ à 64 ans. « Il faut une rupture complète des politiques menées. L’abrogation de la réforme des retraites ne serait pas que symbolique, mais ça montrerait un changement radical. C’est la première mesure d’urgence à prendre. Depuis 2023, une majorité de la population est toujours hostile à cette réforme », insiste Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional CGT Paca.

    Entre le combat syndical de 2023 et aujourd’hui, le lien est tout trouvé : « Ce 18 septembre, les travailleurs se mobilisent massivement. À des niveaux qu’on n’a pas vus depuis des années, au moins depuis les mobilisations contre cette réforme. » Avis partagé par Franck Balliot, co-secrétaire départemental de la FSU 13, qui évoque « une grève massive dans les établissements scolaires et les services publics ». « Il y a un monde fou dans les rues aujourd’hui, plus que le 10. Ça montre que la population veut une autre politique, sans budget d’austérité. Et on a des propositions pour un budget qui finance les services publics, l’abrogation de la réforme des retraites », développe le syndicaliste.

    Encore plus fort que le 10

    Plus de monde que le 10 ? Tout le monde s’accorde pour le dire, comme un signe que la colère sociale s’enracine profondément. Dans les cortèges, on retrouve la même fougue de la jeunesse qui s’y était exprimée tout en ajoutant une présence massive d’une grande diversité de travailleurs du public comme du privé. Les ouvriers CGT de Coca-Cola des Pennes-Mirabeau, les travailleurs des autoroutes du Sud de Vinci, de Technicatom, les cheminots, des travailleurs du BTP ou de la logistique, les dockers et agents portuaires du Grand port Maritime… « 48 milliards d’euros d’économies ou 38, on n’en veut pas ! Les travailleurs se mobilisent contre les politiques de casse sociale. On veut que les choix politiques permettent de vivre et travailler dignement », tonne Jessica Jadé, secrétaire de l’Union Départementale CGT 13. Si elle juge la mobilisation réussie, son organisation planche déjà sur la suite, au niveau national comme départemental. « On construit la suite du rapport de force. La journée du 9 octobre sera départementalisée, c’est en lien avec le budget de la sécurité sociale », explique la syndicaliste. Le combat ne fait donc que commencer pour les militants.

    Sur tout le territoire, une déferlante populaire a battu le pavé, dans les Bouches-du-Rhône, dans le Var , le Vaucluse ou encore l’Occitanie. Nos reporters étaient dans la manifestation.

    A Avignon, Marseille à Montpellier.

    A Béziers !

    A Toulon

  • Débat sans appel sur le piquet des énergéticiens

    Débat sans appel sur le piquet des énergéticiens

    Un débat, une projection du documentaire de Gilles Balastre Main basse sur l’énergie et une invitation à partager une paella. La proposition des grévistes les plus tenaces de ce mouvement a fait la démonstration que l’arnaque du monde capitaliste conduit à une mise en danger de tous les foyers.

    La grève peut être conviviale et gagnante. Le secteur de l’énergie en donne la preuve. Leurs revendications pour des salaires et des factures au juste prix commencent à faire effet. Du moins en interne. Leurs directions ont accepté ce mercredi 17 septembre d’entrer en négociations le 23 septembre. Reste à convaincre les usagers, s’ils souhaitent regagner 14,5% d’économie sur leurs factures, de signer la pétition en ligne pour appuyer le texte porté par le sénateur communiste Fabien Gay qui enjoint le gouvernement à ne pas augmenter la TVA de 5,5% à 20%.

    Mise en danger

    « Il y a 20 ans, EDF GDF était le fournisseur d’énergie le moins cher d’Europe. Depuis la privatisation on subit plus de 150% d’augmentation » résume Renaud Henry, secrétaire général CGT Énergie Marseille. « La mise sur le marché et la déréglementation ont conduit à une dégradation des services publics qui ne profite ni aux travailleurs ni aux usagers mais engraisse le Cac 40 » complète Jean Pugens, retraité du secteur et militant CGT, « au temps du service public on payait 35 euros le Mgwh, en 2022, il est passé à 500 euros ». Et 13 millions de foyers sont en précarité énergétique. Mais pas seulement. GRDF prévoit encore d’alléger ses effectifs de 2 000 agents. Les délais d’intervention sont passés à une heure et le manque de techniciens ainsi que leur formation réduite mettent travailleurs et usagers en danger. Clément Martinez, secrétaire général CGT énergie du Vaucluse en témoigne « en astreinte, il n’y a qu’un seul renfort. Ma zone s’étend d’Arles à Apt et de Bagnols-sur-Cèze à Bollène. On craint de graves conséquences ». Au public qui demande comment soutenir la lutte, ils répondent par l’action collective, la signature de la pétition qui doit atteindre 100 000 paraphes pour arriver au Sénat.

  • Un millier de tracts distribués à Martigues

    Un millier de tracts distribués à Martigues

    À Martigues, l’Union locale CGT s’organise et mobilise. Ce mardi, les militants étaient sur le pied de guerre dès 6h30 sur un rond-point du complexe pétrochimique de Lavéra pour appeler à la grève et à la manifestation. Au total, un millier de tracts ont été distribués aux travailleurs de la zone. Ce jeudi, un bus collectif partira à 9h du parking de la Halle en direction du Vieux-Port.

    Le syndicaliste Fabien Rangade affirme : « Le capitalisme organise la casse de nos vies : salaires bloqués, retraites attaquées, services publics démantelés, industries bradées, précarité généralisée… Pendant que nous, travailleuses et travailleurs, subissons l’austérité, les actionnaires s’enrichissent toujours plus. Face à la barbarie de ce système, seules l’unité et la lutte peuvent inverser le rapport de force. »

  • Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse

    Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse

    La mobilisation s’annonce d’ampleur. Une journée de grève nationale et de manifestation est organisée, ce jeudi 18 septembre, à l’appel de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU et Solidaires), pour protester notamment contre les nombreuses mesures d’économies budgétaires du gouvernement.

    Plusieurs rendez-vous sont programmés dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse.

    Bouches-du-Rhône

    Marseille, 10h30 : parcours modifié en raison de la forte affluence attendue, avec un cortège au départ du Vieux-Port qui prendra la direction de la Porte d’Aix, en passant notamment par la Joliette.

    Aix, 10h30 : manifestation unitaire au départ du rectorat en direction de la sous-préfecture.

    Arles, 10h30 : le rendez-vous est fixé au kiosque à musique.

    Salon-de-Provence, 10h30 : rendez-vous donné devant la mairie.

    Vaucluse

    Avignon, 10h30 : les manifestants partiront depuis la cité administrative.

    Var

    Toulon, 14h : départ place de la liberté.

    Saint-Raphaël, 10h30 : rendez-vous au rond-point Kennedy.

    Brignoles, 15h : rendez-vous aux berges du Caramy.

    Draguignan, à 10h30 en sous-préfecture.

  • Projection-débat sur le piquet de l’Énergie

    Projection-débat sur le piquet de l’Énergie

    « Pourquoi ta facture d’électricité et de gaz a explosé ? Ton salaire ne suffit plus à payer ? » interrogent les grévistes de la CGT du secteur de l’énergie Marseille. Une invitation à un ciné-débat sur leur piquet de grève, au 6 boulevard Gueidon dans le 13e arrondissement, mercredi 17 septembre, à partir de 19h pour le débat sur l’évolution de la production et de la diffusion de l’électricité et du gaz, et à 21h pour la projection du film documentaire du réalisateur Gilles Balbastre Main basse sur l’énergie.

    En lutte depuis le 2 septembre, les gaziers et électriciens de la CGT Énergie de Marseille tiennent un piquet non-stop sur le site qui réunit les directions de GRDF et Enedis. Ils revendiquent une revalorisation salariale et refusent l’augmentation de la TVA sur les factures des usagers. Autant de bonnes raisons de les y retrouver, la veille du deuxième round d’une grande manifestation contre l’austérité.

    Un vrai service public

    Depuis le 2 septembre, la CGT appelle tous les agents à la grève reconductible, partout, dans tous les services, dans toutes les entreprises des IEG et à participer aux assemblées générales prévues tous les jours de la semaine à 9h30 sur le piquet du boulevard Gueidon.

    Hausse exponentielle des factures et accroissement de la précarité énergétique ne sont que la partie visible de l’iceberg. C’est le décryptage de la partie immergée que propose le documentaire. Depuis 2007, le secteur de l’énergie est entièrement ouvert à la concurrence. Mais il faut remonter encore dans le temps, à la fin des années 90, pour connaître une série de lois libérales qui va démembrer pierre après pierre le service public incarné par EDF et GDF. Faute d’information, le citoyen lambda mesure mal les conséquences de cette dérégulation. Le film revient sur le « vaste hold-up », qui se déroule sous nos yeux. Comment agir ? Les énergéticiens ont des propositions. Face aux risques de la marchandisation de l’énergie, ils luttent pour réaffirmer la nécessité de revenir à un vrai service public de l’énergie, qui œuvre à l’intérêt général. C’est ce que le débat permettra de mettre en perspective.