Tag: grève

  • À Nîmes, les femmes de chambre en grève depuis plus d’un mois

    À Nîmes, les femmes de chambre en grève depuis plus d’un mois

    Après un pique-nique solidaire devant l’Imperator le 15 octobre dernier, les femmes de chambre ont reçu le soutien de 3 000 personnes le 17 octobre. En effet, pour la journée de mobilisation, le cortège nîmois s’est arrêté devant l’hôtel de luxe pour marquer son soutien à leur combat. « Cette mobilisation montre que les enjeux de rémunération, de pénibilité, d’effectifs et de conditions de travail dépassent le seul cadre de l’établissement. Après plus d’un mois de mobilisation, les témoignages de solidarité toujours plus nombreux renforcent la détermination des femmes de chambre à poursuivre leur combat », souligne David Goslin, le délégué syndical CGT de l’Imperator qui accompagne cette mobilisation depuis le début. Une caisse de grève, via notamment une cagnotte Leetchi*, a également été ouverte pour les soutenir, avec déjà de nombreux dons.

    Déjà en grève durant l’été, les femmes de chambre se sont à nouveau mobilisées à partir du 18 septembre, souhaitant que cette grève en pleine feria fasse plier la direction. Elles réclament notamment une « revalorisation salariale du taux horaire brut de 12,31 à 13,17 euros » (soit 86 centimes de l’heure), des effectifs « adaptés à la charge réelle de travail », des temps de nettoyage « réalistes » et des équipements « ergonomiques adaptés » ainsi qu’une « meilleure prévention des troubles musculosquelettiques et la reconnaissance de la pénibilité de leurs métiers ».

    Après plus d’un mois de grève et de débrayages, la direction n’a consenti qu’à tenir deux réunions de négociations qui n’ont pas permis d’entériner un accord. « Cette absence de nouvelle rencontre constitue une préoccupation majeure », précise David Goslin.

    L’inspection du travail saisie

    Depuis le début du mouvement, la CGT dénonce les actions de la direction, qu’elle accuse de vouloir contourner le droit de grève de ses salariés d’abord par l’embauche de personnels en CDD aux premières heures de la grève puis en faisant appel à « des personnels cadres du siège du groupe Centaurus dans les activités d’entretien des chambres de L’Imperator ». La CGT dénonce notamment que cette nouvelle organisation ait été décidée « sans information ni consultation préalable du CSE ».

    David Goslin a d’ailleurs saisi à plusieurs reprises l’inspection du travail à ce sujet. La dernière saisine date du lundi 19 octobre : « La CGT considère que le recours répété à des cadres du siège pour effectuer l’entretien des chambres alors que les salariées du service sont en grève nécessite un examen attentif. Il appartiendra à l’Inspection du travail d’apprécier les faits signalés », précise-t-il.

  • 1200 personnes ont manifesté à Toulon samedi en dépit de l’autorisation tardive d’un tracé

    1200 personnes ont manifesté à Toulon samedi en dépit de l’autorisation tardive d’un tracé

    Samedi matin, s’il demeurait certain qu’en dépit des nombreux arrêtés émis par le préfet du Var, de nombreux Toulonnais bâteraient une nouvelle fois le pavé dans l’après-midi, les modalités, elles, l’étaient beaucoup moins. Et elles sont restées floues jusqu’à 13h45, soit un petit quart d’heure avant l’heure de rendez-vous donnée pour le départ de la manifestation. En cause : l’attente de la décision du tribunal administratif concernant le référé liberté déposé vendredi par l’Union syndicale Solidaires du Var et l’association Résistance Handi Droits, au sujet de l’interdiction de manifester. Si celle-ci a été maintenue dans le périmètre du centre-ville, en vertu des arrêtés préfectoraux, un tracé alternatif a été autorisé, sur une distance d’à peine 1,5 km, dans le quartier du Pont-du-Las, avec un aller-retour de la place Martin Bidoure au rond-point de Bon Rencontre.

    Un parcours pourtant refusé la veille par l’Union syndicale Solidaires du Var, qui avait déposé une demande de manifestation en préfecture, au cours des négociations avec cette dernière. Mais qu’elle s’est résolue, faute de mieux, à accepter. « Ce n’est pas une vraie victoire car on voulait manifester en centre-ville », avouait Olivier Rosay, secrétaire Solidaires du Var, le verre à moitié vide avant le départ du cortège : « Il y a du monde, mais le déferlement médiatique a été dissuasif. Le gouvernement a réussi son coup en montrant en boucle des images de violence ».

    Mais c’est aussi cette organisation incertaine jusqu’à la dernière minute – bien indépendante de la volonté des organisateurs, qui avaient proposé de se retrouver à la Bourse du travail avant le départ, sans que cela ne parvienne aux oreilles de tout le monde –, et des informations contradictoires sur le lieu de rendez-vous (la gare était annoncée depuis le début de semaine), qui n’ont pas facilité l’acheminement des manifestants vers un lieu qui plus est peu identifiable. « Ça a été super compliqué de trouver le rassemblement », affirme Camille, qui s’est d’abord rendue porte d’Italie, à la gare, et place d’Armes, et avoue qu’elle et ses amies sont « tombées sur les manifestants par hasard ».

    20 gardes à vue, la police réprime des soignants

    Le cortège a donc grossi à vue d’œil au cours du kilomètre qui sépare la Bourse du travail de la place Martin Bidoure, où des manifestants sont ensuite arrivés par petits groupes, tandis que d’autres se sont joints à la foule une fois celle-ci engagée dans les rues du Pont du Las. 1 200 personnes ont alors défilé dans le calme, mais non sans revendications. Guélaud et Isabelle, qui n’avaient « même pas entendu parler des arrêtés », comptaient « être là quoi qu’il en soit ». Sur leur pancarte, on lit « Si nous ne sommes rien pour eux, soyons tout face à eux ». Une manière de dire que « nous sommes 80 millions. Qu’est-ce que vous allez faire si on se révolte vraiment ? », demandent-ils. Pour ces Varois, il est d’autant plus « important de manifester dans une région très à droite. La ville n’est pas dotée d’une grande force en termes de population comme de conviction, mais il est important que des voix s’élèvent partout, pas qu’à Paris ».

    « On continue notre mobilisation, et on appellera à l’amplifier car il y a une profonde colère sociale dans le pays », promet Olivier Rosay, qui donne déjà rendez-vous « pour la grève du 5 novembre, car ce sont les travailleurs qui font tourner l’économie. Les salariés, les couches populaires, n’arrivent pas à joindre les deux bouts ».

    Mais une fois le cortège revenu à son point de départ, l’après-midi a pris une autre tournure. Un groupe d’environ 150 personnes, pour la plupart d’un âge peu avancé, a pris la direction du centre-ville. Il a été stoppé à hauteur du lycée Bonaparte, sur le boulevard de Strasbourg, par des tirs de grenades lacrymogènes des forces de l’ordre. La tension est montée et a définitivement franchi un cap après des lancés de feux d’artifice de manifestants dans leur direction. Sous les coups des charges policières couplées à l’usage des grenades lacrymogènes et de quelques tirs de flash-ball répondant aux jets de pierre, le groupe de manifestants restant, qui s’est étiolé au fur et à mesure, au contraire du dispositif policier, a reculé jusqu’au Pont du Las, dans un tango où chaque pas en avant en précédait deux en arrière. Encerclé sur l’avenue du XVe Corps, jonchée de feux de poubelle, il a fini par se disperser aux alentours de 19h.

    Aucune casse majeure n’est à déplorer. 64 personnes ont été interpellées, dont 20 placées en garde à vue. La préfecture dénombre deux blessés parmi les manifestants, autant chez les policiers. Un bilan heureusement modéré, ces derniers ayant « enlevé le matériel médical de certains collègues », relate Jody, une soignante bénévole. Cela, avant le début de la manifestation, au prétendu motif qu’elle n’était alors pas encore autorisée. Pas de quoi freiner la motivation de la jeune aide-soignante et militante, qui s’est mobilisée, comme d’autres, après avoir vu « les images des blessés et de soignants ciblés la semaine dernière ». Mais il faut croire que les pansements et le désinfectant peuvent troubler l’ordre public.

  • [Entretien] Thibault Durand : « C’est aussi comme ça qu’on prépare une grève »

    [Entretien] Thibault Durand : « C’est aussi comme ça qu’on prépare une grève »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir fait cette rencontre ?

    Thibault Durand : On est dans une période compliquée. Même si l’initiative était prévue dès juin, on savait qu’on aurait une rentrée sociale chargée. Il y a une nécessité à regrouper les jeunes cheminots ensemble. La région est étendue, parfois il y a des jeunes qui sont seuls dans un poste d’aiguillage et qui ne sont pas au contact d’autres jeunes. Cette initiative permet donc que des jeunes de tous les coins de la région de se retrouver : ils viennent du fret de Miramas, des cheminots de Fos, de Nice et d’Avignon. Seul, on se décourage vite, mais quand on est en collectif, on est puissant. Le but est donc de se rassembler.

    La problématique de la vie chère se pose-t-elle pour les jeunes cheminots ?

    T.D. : On ne rentre pas à la SNCF pour devenir riche. Avec l’inflation, la flambée des prix de l’essence et de la nourriture, notre pouvoir d’achat diminue. Un salaire ne suffit plus. Si l’on veut des victoires, que ça soit sur les retraites ou l’augmentation du Smic, il faut faire corps ensemble et ne pas être chacun de son côté. C’est d’ailleurs par des initiatives comme celle-ci que l’on permet à des jeunes de mettre un pied dans le syndicat, puis qu’ils reviennent et participent aux mobilisations. C’est aussi comme ça qu’on prépare un mouvement de grève comme le 5.

    Cela renforce aussi la CGT ?

    T.D. : Si l’on n’a pas une CGT forte, on va perdre nos conquis sociaux petits à petits. C’est d’ailleurs notre ADN : tester unis et soudés pour conquérir des droits.

  • Aix-Marseille : la fac fait bloc face à la flambée des frais d’inscription

    Aix-Marseille : la fac fait bloc face à la flambée des frais d’inscription

    Sur les bancs de la fac, la jauge est de plus en plus limitée pour les étudiants étrangers. Depuis le décret macroniste du 19 mai 2026, les étudiants non européens doivent s’acquitter de droits d’inscription s’élevant à 2 895 euros en licence et 3 941 euros en master, contre 170 et 243 euros pour les étudiants communautaires. Le texte restreint également les possibilités d’exonération des droits d’inscription différenciés, qui devrait être plafonnée à 20% d’ici 2028.

    « Depuis hier, des étudiants se trouvent en difficulté et ne peuvent plus s’inscrire », alerte un délégué de Sud. Devant les grilles cadenassées du Pharo, jeudi, les jeunes, partis en manifestation depuis les Réformés, sont soutenus par les personnels d’AMU, « qui ont appelé à la grève dans une large intersyndicale », précise le délégué.

    Un décret passé en vitesse, une application voulue au plus vite. « Et Aix-Marseille Université file dans les rangs », déplore un gréviste du Snesup-FSU. « D’autres universités ont refusé d’appliquer ce décret et veulent continuer à accueillir tous les étudiants étrangers, sans discrimination », accuse encore une enseignante de la CGT Ferc sup. Le militant de Sud Solidaires transmet une annonce : « La date des inscriptions est repoussée au 30 octobre. » AMU accorde un souffle, pas plus.

    Dans le rassemblement, les profs sont solidaires. « Le principe est dégueulasse et la manière pas moins », dénonce Lionel Nguyen Van The. Révolté, l’enseignant en maths décrit une situation qu’il juge inacceptable : « Des étudiants ont candidaté. Ils ont été admis. Ils arrivent et on leur dit “vos droits passent de 300 à 3 000 euros !” Certains renoncent. Ce sont nos étudiants, on refuse de leur fermer les portes de l’université ! »

    Les étudiants, souvent anonymes, témoignent tour à tour de leurs « difficultés financières pour se loger », « des incalculables démarches administratives », « des efforts de nos familles pour qu’on accède aux études », mais aussi « de la joie d’être admis »… Puis vient « la chape qui se referme quand on arrive et qu’on se retrouve brutalement devant le fait accompli ». Militante du Réseau universités sans frontières (RUSF 13), Séverine Queyroy déplore : « En fac de sciences, la doyenne nous a indiqué qu’il y avait beaucoup moins d’inscrits cette année. Les étudiants subissent une forte pression pour payer les frais en une seule fois. »

    Devant les portes du palais verrouillées, la colère monte. Le président d’AMU, Eric Berton, est interpellé. « Berton descends ! », hurle un étudiant en apprenant qu’« aucune délégation ne sera reçue » et que « même Benoît Payan refuse de nous ouvrir la porte ». Le rassemblement déborde sur la chaussée, provoquant un embouteillage. Une vingtaine de policiers surveille le mouvement de l’autre côté de la route, sans intervenir. « Depuis septembre on se mobilise et Eric Berton nous envoie un mail pour dire qu’il entend nos revendications, mais qu’il faut manifester pacifiquement. Et ils nous envoient les CRS sur les campus, il minimise nos difficultés », estime une étudiante en colère. « Soit tu apportes une solution, soit tu donnes ta démission ! », scandent les jeunes alors que les klaxons s’emballent.

    Face à la hausse des droits d’inscription pour les étudiants extracommunautaires, Aix-Marseille Université avait annoncé, lors de sa rentrée du 7 septembre, l’exonération partielle ou totale de 1 500 étudiants sur les 5 500 concernés à la rentrée 2026. « Les bénéficiaires seront sélectionnés au cas par cas, avec une priorité accordée notamment aux étudiants issus de zones de conflit et aux boursiers d’excellence », avait précisé son président. « Nous devons dégager cette mesure, construire des AG ensemble, étudiants et personnels », s’accordent les manifestants, qui ont décidé de faire bloc contre ce qu’ils considèrent comme un sale coup porté à l’accès aux études.

  • [Entretien] Marc Pietrosino, CGT 13 : « La grève du 5 novembre doit être inégalée »

    [Entretien] Marc Pietrosino, CGT 13 : « La grève du 5 novembre doit être inégalée »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur les mobilisations de samedi dernier ?

    Marc Pietrosino : Il faut souligner qu’il y a eu beaucoup de monde dans les rues. Beaucoup de personnes présentes dans une continuité des mouvements lycéens, dans une optique de manifestation pacifique et avec des revendications que l’on partage : contre la vie chère, contre la paupérisation de la société. Ou que l’on porte : augmentation des salaires, retour à l’égalité des chances… Malheureusement, il y a eu des casseurs qui se sont introduits dans le mouvement. Et une stratégie policière qui interroge, a minima. On a eu la drôle d’impression qu’il y avait plus de policiers lors des manifestations syndicales que l’on organise que lors de la mobilisation de ce samedi. Et surtout, des techniques policières qui résident dans un affrontement systématique et un gazage des cortèges pacifiques. On est d’ailleurs largement pointés du doigt à l’international pour cette doctrine du maintien de l’ordre française. Je ne vais pas justifier, ni excuser les débordements qu’il y a eu, je pense aux salariés des différents commerces et services qui ont été exposés, mais il y a un enchaînement d’événements qui questionne… Le maire de Marseille a d’ailleurs posé les bonnes questions : quelles étaient les consignes ? Est-ce que c’était de gazer les manifestants et de laisser faire les autres ? Ce qu’on peut dire avec certitude, c’est que les forces de l’ordre étaient plus violentes envers les lycéens qu’avec les casseurs, ce samedi.

    La colère sociale a-t-elle été sous-estimée ?

    M.P. : À l’image de l’allocution vide d’Emmanuel Macron, il y a un déni total de la colère sociale. Je note aussi que, lors des scènes de pillage, on s’est beaucoup attardé sur les vols de téléphones portables et d’articles de luxe, mais il y a eu aussi ceux qui en ont profité pour remplir le frigo, prendre des couches et du lait. Cela dit quelque chose de l’état du pays. Il y a un profond malaise, en France, après deux quinquennats qui ont essoré les couches populaires, qui ont paupérisé l’ensemble de la population. Voilà dix ans que la politique du gouvernement est calquée sur les volontés du patronat, avec la fameuse théorie du ruissellement. Emmanuel Macron fait mine de ne pas assumer les choix ultralibéraux qu’il a faits. Il ne veut pas faire de lien entre ses actions et les conséquences. Pourtant, le 17 est une de ces conséquences. Les organisations syndicales doivent offrir des perspectives d’avenir. Un avenir pour notre jeunesse notamment. Pour cette dernière, l’avenir, c’est la mise en concurrence avec Parcoursup, le chômage, les attaques contre les retraites, le dérèglement climatique, l’intelligence artificielle qui va prendre les emplois… Il faut donc qu’on propose des alternatives, à partir de nos revendications. Pour cela, on doit réveiller le monde du travail et donc que le 5 novembre soit d’une ampleur inégalée afin d’imposer notre cahier revendicatif de progrès social.

    L’ampleur de la mobilisation du 17 octobre peut-elle être un appui pour ce 5 novembre ?

    M.P. : Les revendications qui ont été portées samedi sont justes, mais la casse les a rendues inaudibles. Je rappelle quand même que le principal responsable de la casse sociale, c’est bien le gouvernement actuel. Le message qu’on passe dans ce contexte, c’est qu’il faut qu’on s’unisse pour porter d’autres choix de société, pour une autre répartition des richesses. Ce n’est plus possible de ne pas arriver à vivre de son travail dans un pays comme la France. Dans ce cadre, il n’y a qu’une force organisée qui peut être efficace dans le combat social, il n’y a qu’une force organisée qui pourra garantir la sécurité des manifestants. Parfois, on reproche à la CGT qu’une manifestation d’un point A à un point B ne sert à rien. Cette manifestation, elle peut sembler dérisoire pour certains, mais elle n’est pas dérisoire si tout le monde est en grève. La vraie arme pour faire vaciller le gouvernement, c’est la grève massive. Ce n’est qu’avec elle et ses conséquences sur l’économie qu’on peut amener gouvernement et patronat à répondre aux revendications. Samedi, il y a eu beaucoup de casse, la veille, Emmanuel Macron était au concert de Céline Dion… Même les actions violentes ne sont pas prises en compte par le gouvernement, donc la seule alternative, c’est la grève. L’économie doit être à l’arrêt le 5 novembre. Cette date, il faut la réussir, c’est un enjeu pour l’ensemble du monde du travail. Les lycéens ont montré la voie, à nous de poursuivre avec un blocage de l’économie.

    Appelez-vous à manifester ce samedi 24 ou celui du 31 octobre ?

    M.P. : Nous n’empêchons aucune structure de la CGT d’être dans la rue pour ces dates. La problématique est que si nous appelons officiellement, en tant qu’Union départementale, cela nous place à un certain niveau de responsabilité. Quand on est là, on attend de nous que nous assurions le service d’ordre de la manifestation et ce n’est pas possible dans certaines conditions. Et ce n’est pas notre job d’empêcher des débordements.

  • Les salariés d’ArcelorMittal en grève pour leurs frais de trajet

    Les salariés d’ArcelorMittal en grève pour leurs frais de trajet

    Ils ont choisi la grève pour faire part de leurs revendications. Depuis dimanche à 17h30, les salariés de la coulée continue (aciérie) de l’usine ArcelorMittal, à Fos-sur-Mer, ont cessé le travail dans le cadre d’un mouvement national de lutte pour une révision à la hausse des indemnités kilométriques liées aux trajets domicile-travail.

    Car, depuis la fin des bus affrétés par l’entreprise pour ses salariés en 2011, la voiture est devenue le principal moyen de se rendre au travail. L’entreprise verse une indemnité à ses salariés en fonction de la distance parcourue, à raison de 7,29 euros pour un aller-retour de 40 km par exemple, selon le barème actuellement en vigueur, depuis 2015, et dans la limite de 60 km aller.

    La CGT réclame une augmentation du barème, la direction propose 5 centimes de plus au kilomètre, « en actant que ce montant ne serait pas revu à la hausse », indique Stéphane Martins de Araujo, secrétaire du syndicat CGT de l’usine de Fos. D’autre part, le syndicaliste indique que « les cadres touchent 2,5 fois le barème des non-cadres alors qu’on va dans les mêmes stations aux mêmes prix ». Il demande donc un nivellement par le haut, mais aussi que la distance maximale indemnisée soit portée à 80 km, l’objet d’un « refus de la direction », selon le syndicaliste. Même réponse concernant l’instauration d’une prime carburant exonérée de 1 000 euros.

    Mais la revendication va au-delà de la mobilité. « Nous demandons la revalorisation du salaire et l’embauche des quinze intérimaires pour les sortir de la précarité et mieux les former à ces installations nécessitant des années pour les maîtriser », développe le responsable. En détail, il s’agit de 3% d’augmentation pour près de 80 euros net. Et « il manque encore une centaine de salariés sur la maintenance », d’après le syndicaliste, pour atteindre le niveau d’avant l’arrêt du haut-fourneau n°1 (HF1).

    Redémarrage en attente

    Car l’enjeu des embauches se mesure aussi aux 3,2 millions de tonnes affectées à Fos-sur-Mer par le groupe, comparé au 1,6 million actuellement réalisable. Le HF1, victime d’un incendie en octobre 2025 et qui devait redémarrer en juin, est toujours à l’arrêt : en cause, un démarrage raté et des complications liées à la fonte figée dans la ligne de production. « Cette situation n’est pas la faute des travailleurs, mais du manque d’investissement chronique et de mauvais choix de la direction », tance Zidane Mérabet, représentant du personnel CGT du site. Ce dernier met directement en cause le recours à l’intérim et le manque de formation comme responsables d’accidents industriels et empêchant la production. In fine, le syndicaliste craint « que le plan du groupe soit de justifier comptablement la fin d’ArcelorMittal Fos-sur-Mer », faute de pouvoir répondre à la commande et donc d’être rentable. « S’il n’y a pas d’investissement fin 2026-début 2027, on court à la catastrophe », prédit Zidane Mérabet.

    Contactée, la direction d’ArcelorMittal n’a pas souhaité réagir.

  • Les soignants de l’hôpital font bloc pour préserver leurs acquis

    Les soignants de l’hôpital font bloc pour préserver leurs acquis

    Troisième conseil de surveillance de l’année, troisième irruption de personnels en colère. En cause : les mesures d’économies étudiées par la direction suite aux observations de la Chambre régionale des comptes. Alors que les négociations sur la prise en compte de la pause méridienne dans le temps effectif de travail, la rémunération des astreintes et le dispositif de garde des infirmiers anesthésistes sont encore en cours, la suppression des heures supplémentaires pour les agents à temps partiel, effective depuis le 1er septembre, a mis le feu aux poudres. Ce vendredi, le bloc opératoire était en grève.

    Manon Breteau, infirmière au sein du service (Ibode), témoigne : « Jusqu’ici, nos astreintes étaient payées en heures supplémentaires et on avait une majoration quand on travaillait la nuit, les dimanches et les jours fériés. La direction les a supprimées. » La soignante sort son téléphone pour montrer les chiffres. « Sur un échelon 5, à l’heure, je suis à 21,66 euros. La nuit, je suis à 45,02 euros et les dimanches et jours fériés à 37,51 euros. Ce mois-ci, j’ai fait 30 heures d’astreinte qui vont donc être payées en heures complémentaires. Ça représente une grosse perte de salaire. »

    La direction explique avoir corrigé « une situation qui conduisait certains professionnels à temps partiel à compléter leur activité au moyen d’heures supplémentaires, bénéficiant ainsi, à quotité de travail identique, d’un régime de rémunération différent de celui applicable à un professionnel employé à temps plein ». Elle assure entendre « les conséquences que cette régularisation peut avoir pour certains professionnels qui s’étaient organisés sur la base du dispositif antérieur ». La direction dit avoir proposé des rendez-vous individuels aux agents concernés « afin d’étudier leur situation et les solutions pouvant être envisagées ». Le personnel demande la mise en place de compensations financières.

    Politique

    contre-productive

    Manon et sa collègue Élise, infirmière anesthésiste (Iade), préviennent : « Le risque est de nous voir partir vers le privé. Il n’y a plus d’intérêt à rester à l’hôpital pour ces salaires-là. » Nathan Cabiac, représentant syndical CGT, appuie : « Nous refusons que les difficultés financières de notre établissement servent systématiquement de prétexte à de nouveaux reculs sociaux. […] Cette politique est injuste, dangereuse et contre-productive. Dégrader les conditions de travail, c’est accélérer le départ de professionnels formés et expérimentés, accentuer les risques psychosociaux, les troubles musculosquelettiques, les arrêts de travail et les situations d’épuisement professionnel ».

    Sur ce point, le directeur Loïc Mondoloni affirme : « L’attractivité et la fidélisation de nos professionnels constituent évidemment un enjeu majeur. Mais cette attractivité doit reposer sur un système à la fois juste, équitable et juridiquement sécurisé. » Le bloc opératoire sera en grève reconductible illimitée, vendredi prochain.

  • Contre l’injustice sociale, des manifs en nombre

    Contre l’injustice sociale, des manifs en nombre

    La convergence des colères va se cristalliser ce samedi 17 octobre. Montpellier, Béziers, Nîmes, Alès : les principales villes de l‘Hérault et du Gard sont concernées par les manifestations où vont se mêler syndicats, organisations lycéennes et étudiantes et citoyens dont des anciens et nouveaux Gilets jaunes. Une convergence des luttes dont le carburant est certes le pouvoir d’achat en berne mais aussi les attaques contre les services publics et l’injustice sociale, notamment fiscale après dix ans de macronisme.

    Jeudi, plus de 1 000 actions étaient déjà recensées dans toute la France sur une carte collaborative pour la journée de samedi. Manifestations dans les centres-villes mais aussi rassemblements ou actions sur des ronds-points, sur des ponts, dans des stations-service, à des péages, dans des gares, des ports, des raffineries, des dépôts pétroliers : la carte collaborative publiée sur le site 17octobregiletjaune.net affichait jeudi matin 1 025 actions, dont une petite moitié de manifestations.

    Reposant sur les déclarations de personnes souhaitant participer, le nombre d’actions recensées sur ce site a explosé ces derniers jours, passant de 279 lundi à la mi-journée à 768 mercredi midi et 1 025 jeudi matin. Mardi, les organisations de jeunes présentes à la manifestation parisienne des lycéens (Union syndicale lycéenne, Union étudiante, Unef, Fage) ont appelé à rejoindre la mobilisation de samedi. L’appel « jaunes et jeunes » diffusé sur le même site internet reprend revendications, « classes à 35, profs absents, Parcoursup », et appelle également les retraités, agriculteurs, habitants des quartiers ou encore défenseurs du climat à faire « converger » les mobilisations le 17 octobre.

    Les organisateurs de la marche pour le climat du 26 septembre ainsi que, côté agriculteurs, la Confédération paysanne, ont notamment appelé à rejoindre la mobilisation.

    Grève interpro

    le 5 novembre

    La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, présente à la manifestation parisienne mardi, avait déclaré que « tant qu’il n’y a pas de réponse aux revendications, la mobilisation va continuer », avec en ligne de mire les multiples rassemblements prévus samedi sur le pouvoir d’achat. « Nous vous appelons massivement à rejoindre le mouvement des Gilets jaunes samedi pour enfin faire vivre cette convergence des luttes », avait pour sa part lancé le président de l’Union syndicale lycéenne (USL), Ryad Rani.

    Mercredi soir en meeting à Toulon, la secrétaire générale de la CGT voit dans le mouvement des jeunes « la cerise sur le gâteau » Après les multiples mobilisations de la rentrée (contre les violences sexuelles, grèves des pompiers, du secteur de l’énergie, de la fonction publique…). Et son succès un enjeu politique qui « lancera une dynamique et mettra l’extrême droite en difficulté pour l’échéance électorale à venir. Ils portent des revendications précises, mais aussi un message plus large : quel avenir nous préparez-vous ? » Cet avenir, les retraités, mobilisés aussi mercredi pour leur dignité, ont un rôle à y jouer : « Le gouvernement oppose les générations en faisant croire que, pour améliorer la situation des jeunes, il faut prendre aux retraités, alors qu’ils prennent aux deux pour donner au capital. Il faut montrer que retraités, jeunes et actifs sont main dans la main ! »

    C’est à ce titre que Sophie Binet appelle travailleurs du privé, fonctionnaires, retraités et jeunes à se rassembler aussi le jeudi 5 novembre, après des vacances qui vont logiquement « ralentir les mobilisations étudiantes ». Comme l’explique également le secrétaire général de la CGT de l’Hérault, Serge Ragazzacci , « l a meilleure manière de préparer un avenir à notre jeunesse c’est de se mobiliser pour nos salaires, nos conditions de travail, l’accès à l’emploi etc… C’est pour cela qu’il y a la date du 5 novembre, qui est la suite de ce qu’on a construit le 29 septembre sur la fonction publique ». Il s’agit aussi de peser, sur un débat budgétaire qui fait craindre des coupes drastiques dans les dépenses publiques.

    « Il faut battre le fer tant qu’il est chaud », dit Sophie Binet, rappelant que le RN, veut, quant à lui, « procéder à 150 milliards d’euros de coupe ». Une idée loin de déplaire au Medef, selon elle. « Ils font beaucoup de politique. Patrick Martin [président du Medef, Ndlr.] a dit qu’il serait le premier à fuir si LFI arrivait au pouvoir. On ne le retient pas ! »

    LES RENDEZ-VOUS

    Montpellier

    Manifestation prévue samedi 17 octobre à partir de 14h sur la Place de la Comédie.

    Béziers

    Dans le biterrois, le rendez-vous est fixé samedi par l’intersyndicale CGT, FSU, Solidaire devant la Bourse du travail à 10h30.

    Nîmes

    Le départ de la manifestation aura lieu devant la gare de Nîmes centre à 14h, samedi.

    Alès

    Le mouvement donne rendre-vous dès 8h samedi au rond point de l’Hyper U.

  • Les salariés d’Arkema votent la fin de la grève

    Les salariés d’Arkema votent la fin de la grève

    « On a tenu tête et on a tenu bon face à notre direction », se félicite lundi Rémi Thuaire, délégué syndical CGT de l’usine Arkema située dans le 11e arrondissement de Marseille. Une centaine de salariés – sur les 300 que compte le site – se sont réunis plus tôt dans la journée et ont voté à 70% la fin du mouvement de grève reconductible débuté le 29 septembre. « Même les salariés qui étaient pour la poursuite du mouvement sont relativement satisfaits », assure le syndicaliste pour qui « il en ressort énormément de choses positives dans le combat syndical et la lutte collective ».

    Car dès le deuxième jour de mobilisation, qui réunissait plus de 80% des ouvriers, la direction générale de l’entreprise a annoncé lors d’un comité social et économique (CSE) extraordinaire la mise en chômage technique sans aucune rémunération de l’ensemble du site à compter du 7 octobre. Une méthode fortement décriée, qualifiée d’« entrave au droit de grève » qui a déjà été utilisée par la direction en décembre dernier, suite à des négociations annuelles obligatoires (NAO) jugées « méprisantes ».

    Déterminés, les salariés ont voté vendredi pour reconduire la grève et durant le week-end, ils ont obtenu gain de cause. Les jours chômés seront payés. « On n’a pas pu avoir des hausses de rémunérations d’un seul coup sur l’ensemble du site mais on va pouvoir négocier service par service », indique Rémi Thuaire, « notre demande c’était du pouvoir d’achat sous n’importe quelle forme ».

    Ainsi, la direction leur a promis revalorisations de primes, des indemnités kilométriques revues à la hausse et l’augmentation des astreintes. Le sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, qui était sur site ce lundi pour apporter son soutien aux travailleurs, salue leur combat. « C’est la démonstration supplémentaire que la lutte paie et que là où tout semblait impossible il y a quelques semaines dixit la direction, les choses se sont débloquées par miracle dès lors que les salariés ont démontré qu’ils voulaient poursuivre le mouvement ». Le rapport de force a payé.

  • À Port-de-Bouc, les Atsem reprennent le travail sur la pause méridienne

    À Port-de-Bouc, les Atsem reprennent le travail sur la pause méridienne

    Comme tous les midis depuis le 28 septembre, les Agentes territoriales spécialisées des écoles maternelles (Atsem) étaient en grève reconductible ce lundi 12 octobre. Après une réunion avec les élus et les représentants syndicaux dans la soirée, elles se sont engagées à reprendre le travail à la cantine ce mardi. Les représentants syndicaux souhaitent négocier sur le prélèvement des jours de grève. Un entretien est prévu entre le permanent et l’adjointe au personnel pour en rediscuter, apprend la Ville.

    Les Atsem dénoncent un manque de personnels, notamment lors des pauses méridiennes, ce qui nuit à la sécurité des enfants et à leurs conditions de travail. Une gréviste, qui souhaite garder l’anonymat, témoigne : « Ça fait un an qu’on alerte sur cette situation. À la cantine, les petits sont encadrés par nous et des agents d’entretien, qui sont souvent absents en raison d’arrêts maladies récurrents, ce qui cause une surcharge de travail. Sachant qu’on a des enfants de deux ans dont il faut changer les couches, qu’il faut couper la viande des petits à midi, qu’ils peuvent se disputer ou se faire mal avec les fourchettes… C’est par rapport à leur sécurité que ça nous angoisse. »

    Reçues par la majorité à trois reprises la semaine dernière, elles ont obtenu trois des cinq renforts qu’elles demandaient. Deux vacataires ont été positionnés à Lucia-Tichadou, et un aux Arcades Louis-Azémard. Laurent Belsola (PCF) leur a garanti la pérennisation de ces postes. Mais pour le maire, le taux d’encadrement et les conditions de travail s’amélioreront avant tout en luttant contre l’absentéisme. Un travail partenarial avec les personnels et les représentants syndicaux doit être mené sur les risques psychosociaux.

    Le remplacement systématique impossible

    L’élu explique que « la commune ne peut pas se permettre de remplacer de façon systématique des agents titulaires par des agents vacataires ». « À l’heure où les moyens des collectivités sont rognés de toutes parts et où les Villes perdent toujours plus de dotations permettant d’assurer l’offre de service public, il est impossible, pour Port-de-Bouc, de remplacer des agents dans des écoles au sein desquelles les préconisations liées au taux d’encadrement sont à la fois respectées et plus favorables que dans d’autres communes », poursuit-il.

    Alors que la moyenne nationale se situe à un adulte pour 14 enfants, les sept écoles maternelles de la commune sont dotées d’un adulte pour 12 enfants au maximum (dans les établissements où les renforts ont été fléchés) et six enfants au minimum. L’objectif visé par la municipalité comme les Atsem est d’arriver à une moyenne de neuf enfants par encadrant.