Tag: grève

  • Les personnels de l’abbaye du Thoronet en grève

    Les personnels de l’abbaye du Thoronet en grève

    Alors que le Centre des monuments nationaux s’est targué ces derniers jours d’un nouveau record de fréquentation (12 millions pour l’année 2025), la réalité du terrain n’est pas toujours aussi reluisante. La CGT-CMN pointe ainsi « des moyens humains et matériels insuffisants et des équipes en souffrance ». Des difficultés qui touchent les agents de l’abbaye du Thoronet, l’un des plus emblématiques monuments varois, qui revendiquait plus de 84 000 visiteurs en 2025. Ils ont ainsi déposé un préavis de grève, qui court du 19 au 31 janvier.

    Discussions infructueuses

    En cause : des conditions de travail dégradées, notamment dues au manque d’effectif, de rémunération et à la non-prise en compte du temps de travail. Les grévistes réclament ainsi « la création de postes (a minima un en billetterie et un en accueil) afin de pallier l’accroissement des missions » ; « une révision de l’effectif minimum de sécurité, tenant compte des contraintes pour le passer de 3 à 5 ou 6 agents » ; « l’attribution d’une enveloppe de vacations » ; « la reconnaissance financière et la valorisation des missions annexes (pratique des langues étrangères, référent RH…) » ; « la prise en compte dans le temps de travail des déplacements pour les séminaires, formations et réunions » et « le réaménagement du comptoir billetterie datant de 1994 attendu depuis des années. » Des travaux sont prévus pour 2027, sans plus de précision.

    Une réunion s’est tenue entre la direction et les syndicats mercredi dernier. Mais si « des discussions sont ouvertes » concernant « les déplacements et la reconnaissance des missions annexes, aucune réponse n’a été apportée sur les questions d’emplois, de reconnaissance salariale, et le renforcement de la sécurité », pointe la CGT-CMN. « Sur les créations de postes, la direction se retranche derrière la contrainte du plafond d’emplois du CMN insuffisant pour répondre aux besoins », poursuit le syndicat, qui fustige la proposition « d’externalisation du poste Vigipirate, pour un coût prohibitif, au prétexte de libérer un poste en accueil et surveillance, tout en restant à effectif constant ». « Les agents ont fait part des difficultés auxquelles ils sont confrontés. La direction doit les entendre ! », conclut la CGT-CMN.

  • À Marseille, les agents de l’énergie contre la « foutaise disciplinaire »

    À Marseille, les agents de l’énergie contre la « foutaise disciplinaire »

    « Pendant deux jours les agents ont déposé les sacoches et ont arrêté le travail car ils étaient choqués de la situation. » Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille, résume l’état d’esprit des agents gaziers du site de Cantini à Marseille alors qu’un de leur collègue, et camarade, est visé par une procédure disciplinaire loin d’être anodine. « Mardi, la direction a remis à un agent un courrier en main propre dans lequel il est écrit noir sur blanc “J’envisage de vous infliger la mise en retraite d’office” », relate le syndicaliste.

    Un courrier dans le cadre d’un deuxième entretien préalable à sanction, mais la CGT dénonce « une foutaise disciplinaire » dans un tract bien senti. « On juge que c’est de la discrimination syndicale. La direction lui reproche des irritants, un terme du jargon GRDF, c’est-à-dire toutes les problématiques bénignes de l’agence, des choses que tous les agents font », précise Renaud Henry, sans rentrer dans les détails. En clair « des prétextes fallacieux et des raisons complètement infondées » qui visent un militant CGT.

    C’est surtout la potentielle « mise en retraite d’office », équivalent d’un licenciement pour les travailleurs au statut des Industries électriques et gazières (IEG) qui ne passe pas pour l’organisation syndicale. « On ne pensait pas que ça prendrait ces proportions. La mise en retraite d’office pour des faits aussi mineurs, ce n’est pas normal », tempête le secrétaire général. En tout cas, son syndicat en fait une affaire prioritaire et une question de principe. Il a réalisé une déclaration de danger grave et imminent (DGI) « pour risques psycho-sociaux » dans la foulée. Laquelle a été au menu d’un Comité social et économique extraordinaire, ce vendredi.

    « Un enjeu collectif »

    « Les agents du site sont tous anxieux. Ils craignent d’aller en conseil de discipline pour un oui ou pour un non. Dans le dossier disciplinaire du camarade ils ont tout et rien mis », poursuit Renaud Henry. Avant de marteler : « C’est un enjeu collectif qui va au-delà du cas du collègue : dans quelles conditions va-t-on travailler si l’on laisse passer une injustice pareille ? »

    Et la CGT compte passer à l’action rapidement, avec mobilisation et appel à la grève dans le viseur : « Ce mardi, on établit en assemblée générale un plan d’action et de lutte contre cette situation injuste. » Et ce, jusqu’à la convocation dudit agent, le 26 janvier prochain à Lyon…

  • Fin de grève et un accord au conservatoire de Marseille

    Fin de grève et un accord au conservatoire de Marseille

    « On est contents, c’est très positif ». Les agents d’accueil du conservatoire de Marseille, situé au Palais Carli dans le 1er arrondissement de Marseille, sortent victorieux de leur mouvement social entamé depuis une dizaine de jours. « On a obtenu une augmentation de 200 euros nets pour tous les agents d’accueil et de sécurité », relate un des grévistes. Une bonne nouvelle qui n’arrive pas seule : « Le passage en filière technique est à venir pour une prochaine instance ».

    Une forme de reconnaissance de leur travail donc, qu’ils réclamaient de pied ferme. De quoi clôturer un conflit en plusieurs actes : d’abord plusieurs heures de grève, le matin et l’après-midi, perturbant l’accueil des apprentis musiciens. Puis les agents avaient haussé le ton avec une grève totale, mercredi dernier, provoquant la fermeture du site. Et le lendemain avec une manifestation en point d’orgue qui réunissait enseignants des Beaux-Arts et petites mains de l’accueil (lire notre article du 16/01). À cette occasion, Jean-Marc Coppola, adjoint (PCF) à la culture à la mairie de Marseille et président du conseil d’administration de l’Inseamm, se disait confiant et «positif» quant à une possible sortie de conflit. Il promettait «un retour à la table des négociations». Chose promise, chose due. D’autant que les agents ont aussi obtenu « la titularisation de deux veilleurs de nuit » ainsi que « l’aménagement d’un nouveau local adéquat ».

    « Un moment de dialogue »

    Finalement, direction et grévistes ont accordé leur violon après plusieurs rounds de discussions. « On a consulté les agents, on lève la grève », conclut l’un des artisans de la grève, après signature de l’accord de fin de conflit. Retour similaire du côté de la direction. Raphaël Imbert, saxophoniste de jazz et directeur général confirme les dires des agents : « On a eu un beau moment de dialogue et d’échange. C’était important de répondre aux revendications des agents d’accueil, on a trouvé un terrain d’entente ». « L’aménagement d’un local rénové avec douche et réfectoire est acté. Les fiches de postes vont être révisées, il y a une revalorisation prévue et on travaille à mettre en place la titularisation des veilleurs de nuit », développe-t-il.

    Et concernant la colère côté enseignement, il assure qu’un « vrai travail de fond est à venir » et entend « profiter de cette situation pour améliorer la considération de tous » au sein de l’établissement. En bref, une fin de conflit «positive» pour les uns comme pour les autres.

  • Colère sociale crescendo au conservatoire de Marseille

    Colère sociale crescendo au conservatoire de Marseille

    « La sirène a retenti, on a dû sortir. » Ce jeudi matin, Jean-Marc Coppola, adjoint (PCF) à la culture à la mairie de Marseille, comme les autres membres du conseil d’administration de l’Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille-Méditerranée (Inseamm), dont le directeur général Raphaël Imbert, ont dû quitter l’instance après son interruption fortuite… Et devant une « haie du déshonneur » faite par plusieurs dizaines d’agents, enseignants aux Beaux-Arts, du conservatoire ou encore agents d’accueil. Lesquels ont largement hué la direction avec des slogans sans fausse note : « La direction s’engraisse, la pédagogie régresse » ou encore « direction gavée, école asphyxiée ». La veille, le conservatoire Pierre-Barbizet était fermé du fait d’une grève des agents d’accueil, en lutte depuis plus d’une semaine, pour « plus de reconnaissance » (lire nos articles du 07/01 et 15/01).

    En bref, la colère monte crescendo et les différents corps de l’Inseamm accordent leur violons pour se faire entendre. « Je suis agent ici depuis 1985 et c’est la première fois que je vois un tel mouvement », glisse un travailleur de la culture. Vincent Robinot, élu du Snam-CGT, résume la problématique : « On a le sentiment que la direction générale est sourde aux inquiétudes que l’on exprime depuis bien longtemps. Le projet du campus Art Méditerranée met à mal l’enseignement des arts dans nos établissements. » Avant de prendre un exemple concret : « On voit des embauches au secrétariat général, chez les hauts-cadres, mais aux Beaux-Arts et au conservatoire, pour les agents au contact, il y a des baisses de budgets. » L’écho est sensiblement le même chez les agents d’accueil : « Un sous-effectif, des horaires qui explosent, des missions qui s’alourdissent et des salaires qui stagnent. »

    « Des mesures d’avancées sociales »

    En bon chef d’orchestre puisque président du conseil d’administration, Jean-Marc Coppola veut calmer le tempo : « Il y a des revendications légitimes des agents d’accueil, on a fait des propositions qui ne les satisfont pas, on peut l’entendre. On va se remettre autour de la table. » Sur les critiques de gestion et autour du campus Art Méditerranée, il hausse le ton : « Il y a de l’incompréhension de la part des représentants des personnels. On a un projet qui vise à créer de nouveaux partenariats, à aller chercher des moyens supplémentaires. » Et rappelle tout un panel de « mesures d’avancées sociales » à la fois salariales et indemnitaires mises en place.

    Sur le fond, il renvoie à une situation budgétaire complexe : « Les moyens de l’établissement sont assurés à 80% par la Ville de Marseille, c’est plus de 16 millions d’euros. La contribution a augmenté depuis le début du mandat. Par contre, celle de l’État a diminué et il n’y a aucune contribution de la Région, ni du Département, ni de la Métropole. » Une nouvelle réunion est prévue, ce vendredi entre grévistes, direction et présidence du conseil d’administration.

  • Une mobilisation inédite au conservatoire de Marseille

    Une mobilisation inédite au conservatoire de Marseille

    Mouvement social inédit au conservatoire de musique de Marseille ce jeudi. Enseignants des Beaux-Arts et agents d’accueil expriment leur colère quant à la gestion de l’Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille Méditerranée (INSEAMM).

    Ils se mobilisent à l’occasion d’un conseil d’administration après une fermeture totale du conservatoire Pierre Barbizet, mercredi, du fait de la grève des agents d’accueil soutenue par la CGT. « De mémoire c’est la première fois qu’il y a une aussi grosse mobilisation », glisse un agent.

  • Le mouvement social prend de l’ampleur au conservatoire de Marseille

    Le mouvement social prend de l’ampleur au conservatoire de Marseille

    « On s’est levé pour rien ! » Ce mercredi matin, les minots repartent du conservatoire Pierre Barbizet à Marseille, sans avoir pu mettre la main sur leurs instruments. Sur place, des salariés annoncent, avec un air désolé : « Les cours sont annulés toute la journée. » En cause ? Le mouvement de grève lancé par les agents d’accueil et de sécurité du site, sur un préavis de grève de la CGT, se durcit. « On était sur deux heures le matin et deux heures l’après-midi depuis plus d’une semaine, mais on passe sur une grève toute la journée », explique un agent gréviste de l’établissement qui fait partie de l’Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille Méditerranée (Inseamm).

    Pour rappel, ils revendiquent une « meilleure reconnaissance » de leur travail essentiel au fonctionnement du conservatoire, via une hausse salariale et une amélioration de leurs conditions de travail (lire notre article du 07/01). Et si la direction, par la voix du saxophoniste Raphaël Imbert, affiche une ouverture au dialogue social et dit « entendre les revendications », reste que les agents ne sont pas convaincus par ses propositions. « Elles ne sont clairement pas à la hauteur », dénoncent les agents, après un premier round de discussion.

    En parallèle, un collectif d’agents, notamment des enseignants, des Beaux-Arts de Marseille toujours de l’Inseamm, mais situé à Luminy, fait aussi part de son opposition quant « à l’évolution » de l’institut public, avec le lancement d’une pétition. Ils citent « des conditions salariales dégradées » sur fond de « réduction des moyens alloués au Conservatoire comme aux Beaux-Arts ». De quoi animer le conseil d’administration prévu ce jeudi.

  • Cinéaste engagé

    Cinéaste engagé

    Censuré, perdu, retrouvé, restauré… L’histoire du Rendez-vous des quais est une épopée. Sorti des limbes, où la censure avait voulu le plomber, par la volonté d’une poignée de convaincus, dont Claude Martino, pilier des pages cinéma de La Marseillaise des années durant. Le chef-d’œuvre de Paul Carpita va vivre une nouvelle étape dans une version désormais numérisée.

    Un film où les héros sont un docker et une ouvrière, où on parle chômage, crise, répression, lutte syndicale et solidarité. Mais aussi de refus de la guerre, de la « sale guerre », la guerre d’Indochine. Une œuvre tournée avec des moyens dérisoires, des acteurs non professionnels, qui mêle images de fiction et archives. Ce qu’on ne voit pas à l’écran, c’est la censure dont cette œuvre a été la victime, accusée de porter atteinte à l’ordre public pour avoir osé s’opposer à la guerre et montrer des ouvriers qui refusaient d’obéir.

    Toujours d’actualité

    Ce qui crève l’écran est qu’un instituteur, issu de la classe ouvrière, militant communiste, a pris une caméra, avec une virtuosité désormais reconnue. Qu’il veut montrer « les petites gens » pour reprendre sa formule, leur vie quotidienne et leurs luttes, documenter les mouvements sociaux, le refus de la guerre. Ce qu’on ne montrait jamais, qu’on ne voulait pas voir.

    Forcément, on ne peut que penser à la récente action de la CGT des Dockers, qui ont refusé de charger sur un navire à destination d’Israël un conteneur rempli de composants militaires, refusant d’« être complices de massacres » qui se déroulaient à Gaza. Le Rendez-vous des quais à plus de 70 ans. Mais son sujet est d’une actualité brûlante.

  • Vague de licenciements confirmée à l’ex-Holiday inn

    Vague de licenciements confirmée à l’ex-Holiday inn

    « C’est officiel, nous sommes tous licenciés. » À la sortie de son entretien de pré licenciement, ce mercredi, Karima Malagouen, qui travaille depuis 15 ans au sein de l’hôtel Marseille centre gare saint Charles, est déçue mais reste déterminée. Après une semaine et demi, les casseroles et les slogans du piquet de grève des salariés de l’ex-Holiday inn, résonnent ce mercredi encore, malgré le froid, pour exiger de meilleures conditions pour leur licenciement.

    La mobilisation a débuté lundi 29 décembre, après que six salariés aient appris leur licenciement le lendemain de Noël pour des raisons économiques, selon la direction. Un mouvement de grève qui a poussé la directrice des ressources humaines du groupe Alboran, propriétaire de l’hôtel depuis trois ans, a rencontré quatre représentants vendredi dernier. Une réunion lors de laquelle les licenciements ont été confirmés (notre édition du 3 janvier).

    Des difficultés remises en question

    Ces mardi et mercredi, les salariés concernés ont eu leur entretien de pré-licenciement, où leur a été transmis un contrat de sécurisation professionnelle, que l’employeur est légalement tenu de proposer. « On a beau essayé de discuter avec eux, ils ne veulent rien entendre et nous disent que c’est économique », se désole Karima Malagouen, coordinatrice du petit-déjeuner. Une explication qui a toujours du mal à passer pour la salariée : « Ils ne nous ont rien donné pour prouver que l’hôtel était en difficulté. Ils nous l’ont juste dit à l’oral. » Une décision d’autant plus incompréhensible pour ces employés, que certains avaient reçu des félicitations pour leur travail quelques jours avant et que l’hôtel entame des gros travaux pour passer à quatre étoiles.

    Les négociations avec la direction sont toujours en cours et la grève est reconduite ce jeudi à 11h, et « tant qu’aucun accord de fin de conflit est obtenu et signé » affirme Gaëlle Barbero, défenseure syndicale de la CNT-SO 13.

  • [Entretien] Nicolas Souveton : « Les gens en dernier recours vont consulter à l’hôpital »

    [Entretien] Nicolas Souveton : « Les gens en dernier recours vont consulter à l’hôpital »

    La Marseillaise : Quelles sont les conséquences de ces dépassements d’honoraires, autorisés depuis 1980, sur le système de santé français ?

    Nicolas Souveton : Les dépassements d’honoraires, c’est quelque chose de très français. Dans la plupart des pays de l’OCDE, dans lesquels il y a un système d’assurance maladie, soit vous êtes conventionnés avec le système d’assurance maladie obligatoire et donc les tarifs sont encadrés, soit vous ne l’êtes pas et le patient ne bénéficie pas de remboursement. En France, on a un système où vous pouvez être à la fois conventionné et ne pas appliquer le tarif défini. Donc ce qui est remboursé est parfois inférieur au tarif pratiqué. Cela provoque de l’exclusion sociale, puisque si vous avez les moyens vous payerez le surplus et vous bénéficierez des remboursements de la sécurité sociale. Mais si vous ne pouvez pas, vous renoncez à vous soigner. Une barrière économique de plus en plus présente dans le système de santé.

    Avec le nombre de dépassements d’honoraires qui augmentent…

    N.S. : Depuis la mise en place d’un nouveau dispositif de pseudo encadrement, ça a limité leur coût, mais le nombre de professionnels à les pratiquer a explosé. Dans certaines spécialités, vous n’avez quasiment plus d’installation en secteur 1 [c’est-à-dire sans dépassement d’honoraire, Ndlr.], comme en ophtalmologie, où la plupart s’installent en secteur 2. Et donc, il y a des désertifications médicales de médecin conventionné en secteur 1. Si vous êtes bénéficiaire de la Complémentaire Santé Solidaire, vous n’êtes pas couvert pour les dépassements honoraires. Et donc ces personnes sont obligées de payer le dépassement d’honoraires ou alors elles n’ont pas accès aux soins.

    Ce qui surcharge les hôpitaux ?

    N.S. : ça va conduire à une pression sur l’hôpital public, car faute d’avoir accès à un professionnel de santé de premier niveau, c’est-à-dire médecine de ville ou sur certaines spécialités du fait des dépassements honoraires, il y a un retard de soins ou de prise en charge. Et les gens, en dernier recours, finissent par aller consulter à l’hôpital public, les professionnels de santé qu’ils n’arrivent pas à trouver en ville. Résultat, les rendez-vous à l’hôpital sont occupés par des patients qui devraient relever de la médecine de ville.

    Comment offrir une meilleure offre de soin qui limite les déserts médicaux ?

    N.S. : La question qui se pose, c’est comment construit-on des solutions durables qui permettent à la fois de prendre en compte les aspirations des professionnels de santé, qui sont parfaitement entendables, et de considérer la santé comme une forme de service de première nécessité. Il est du devoir de l’État de pouvoir garantir le fait que tout le monde puisse se soigner dans de bonnes conditions, quel que soit l’endroit dans lequel il habite. Pour notre part, on ne voit pas comment ça passe par autre chose qu’une organisation des installations sur les territoires en fonction des besoins. Par contre, on ne peut pas simplement dire à un médecin : vous allez vous installer là et vous n’avez pas le choix. Ce n’est pas ça une politique publique d’aménagement sanitaire du territoire. Il faut à la fois travailler sur la régulation des installations, mais aussi que l’on crée les conditions d’accueil de ces professionnels de santé. Qu’ils puissent faire leur boulot, c’est-à-dire soigner les patients, sans se transformer en dirigeant de PME qui doit gérer son cabinet, son secrétariat et l’ensemble des éléments qu’il y a derrière. Donc il faut que l’on fasse de la médecine d’équipe la norme, c’est-à-dire que les médecins puisent s’intégrer dans une équipe de professionnels pour une meilleure prise en charge de la patientèle.

  • Pas d’avancées mais des entretiens dans le bras de fer de l’ex-Holiday Inn

    Pas d’avancées mais des entretiens dans le bras de fer de l’ex-Holiday Inn

    Le bruit des casseroles du piquet de grève du personnel de l’hôtel Marseille Centre Gare Saint Charles (ex-Holiday Inn) s’entend depuis l’entrée de la gare de la ville, ce mardi.

    Après plus d’une semaine de mouvement avec la CNT-SO, la détermination des grévistes est intacte et n’est pas érodée par le froid glacial du jour. « On est toujours là malgré la météo. On ne baisse pas les bras », lance Karima Malagouen, responsable des petits-déjeuners de l’établissement, entre deux coups de casseroles. En lutte contre plusieurs menaces de licenciements pour de supposés motifs économiques, et malgré des débuts de discussions avec la direction du groupe Alboran, propriétaire de l’hôtel, il n’y a malheureusement rien de nouveau sous le soleil dans le conflit. « Ces tentatives de licenciements sont injustes et injustifiables donc on ne lâchera pas. On est ici depuis longtemps, on sait que l’hôtel va bien. De l’argent, il y en a. On a d’ailleurs eu deux fois de suite une prime de qualité, preuve de notre bon travail », tempête la salariée.

    Seul bougé notable : le début d’une série d’entretiens préalables à licenciement, comme annoncé dans notre édition du 06/01, avec une première salve ce mardi, et une autre mercredi. « On n’a pas eu de retours sur nos propositions dans le cadre des négociations. La direction ne revient pas sur sa volonté de licenciement. Les entretiens ne vont pas être faciles », précise Gaëlle Barbero, défenseure syndicale de la CNT-SO 13. D’où « une mobilisation spéciale », avec la remise de chèques de solidarité avec les grévistes, ce mercredi à 12 heures.