Tag: Grand port maritime de Marseille

  • Avec le port, l’avenir du territoire en jeu

    Avec le port, l’avenir du territoire en jeu

    Avec ses 10 000 hectares de superficie et ses 42 600 emplois industriels et portuaires – dont 14 400 à Marseille – le Grand Port maritime de Marseille-Fos s’impose dans le paysage des municipales. Celui-ci en effet se trouve au carrefour d’une transition environnementale dont le calendrier a heurté celui du scrutin. En décembre dernier, la Métropole adoptait un projet partenarial d’aménagement pour la réindustrialisation du golfe de Fos, et le nouvel hémicycle qui sortira des urnes devra se pencher sur son financement et sa mise en œuvre.

    Pour les candidats des communes concernées, il s’agit d’accompagner cette réindustrialisation avec les services publics et infrastructures nécessaires. Ainsi à Martigues, le maire sortant (PCF) Gaby Charroux a-t-il dû longtemps batailler pour finalement obtenir le contournement autoroutier de sa commune et le renforcement de son hôpital. « Le député en place s’est approprié tout ça sans avoir rien fait. C’est moi qu’on a sollicité pour aller chercher les financements dans les collectivités et les communes alentour », rappelait-il sur Maritima ce mardi. À Port-de-Bouc, le maire sortant (PCF) Laurent Belsola avait de son côté déjà entamé des discussions avec le Port pour sécuriser le foncier à destination industrielle.

    À Marseille, c’est face aux appétits de la spéculation immobilière et de la tentation du tout balnéaire que les bassins Est ont longtemps dû faire face. La droite marseillaise, désormais, a fait son aggiornamento, et c’est à gauche qu’il a fallu convaincre de la nécessité de défendre l’emploi industriel, en le conciliant aux exigences environnementales. Après avoir lancé en 2022 une pétition contre la pollution maritime, le maire (DVG) Benoît Payan a fait voter en décembre 2024 une « stratégie pour une ville portuaire compétitive et durable ». « Notre activité portuaire doit perdurer, on ne peut pas la remplacer par du tertiaire, défendait-il lundi dans nos colonnes. Le port ne devra jamais devenir une marina. » Ainsi prévoit-il dans son programme de renforcer les liens de la municipalité avec le Grand Port maritime avec un contrat Ville-Port, pour renforcer la desserte ferroviaire et la connexion électrique, contribuer à créer un campus des métiers de la mer, moderniser les infrastructures de la réparation navale, de l’anse du Pharo à l’Estaque. En exigeant en contrepartie des espaces balnéaires à Corbières et contre la Digue du large ainsi que des mesures contre la pollution.

    Le RN menace 17 000 emplois

    « Il faut une école des métiers de la mer véritablement assumée », plaide aussi le porte-parole de Martine Vassal, Romain Simmarano (Ren.), qui insiste sur la poursuite de l’électrification à quai cofinancée par la Région et la défense du fret ferroviaire, « qui va nous permettre de décrocher plus de marchés à l’international ». Chez LFI aussi on assure défendre l’activité portuaire. « Il faut remettre en état les friches, nettoyer et rendre des locaux disponibles », défend le militant du POI Maxime Champion, visant l’implantation de petites entreprises tout en défendant le fret ferroviaire et une école des métiers de la mer. Quitte à aller à rebours du Toxic Tour organisé par les écologistes de Vaï, LFI et la députéé Alma Dufour qui dénonçaient l’activité portuaire et réclament la fin du croisiérisme. Toujours est-il que pour le candidat Delogu : « le port, il faudrait qu’il recule un peu sur ses terres », indique-t-il à made in Marseille… Quant au RN, il fait renaître les appétits spéculatifs en promettant une « marina du Nord de Marseille » avec restaurants, hôtels, centres des congrès. « Cette orientation menace directement l’équilibre industrialo-portuaire de la ville et les 17 000 familles qui vivent de cette activité économique », avait alerté l’Union départementale CGT, rappelant que « le port de Marseille n’est pas un espace à privatiser ».

    Le projet de port fluvial de Fourques contesté

    La Communauté de communes Beaucaire Terre d’Argence (CCBTA) porte le projet de création d’un port de plaisance fluvial sur le petit Rhône à Fourques (Gard), d’une capacité de 314 anneaux. Une enquête publique s’est tenue à l’automne 2025. Ce projet suscite une levée de boucliers de la part d’associations (France Nature environnement, les Flamants roses du Trébon…). « Malgré seulement 19% d’avis positifs (…) et une faible participation, le commissaire-enquêteur a rendu un avis favorable au

    projet. (…) Nous rappelons qu’il s’agit de 11,5 M d’argent public. (…) À l’heure où le village de Fourques n’a plus de captage d’eau potable, il y a d’autres priorités que de

    réaliser un port qui saccagera l’environnement (…). Nous demandons aux candidats aux municipales de Fourques de se positionner », écrivent-ils dans un communiqué.

  • Le littoral rêvé du Printemps marseillais

    Le littoral rêvé du Printemps marseillais

    « Réconcilier Marseille et le littoral pour le siècle qui vient. » C’est l’objectif affiché de Benoît Payan, maire sortant (DVG) de Marseille et candidat à sa succession pour les élections municipales, avec son « projet littoral ». Projet dévoilé dans les pages de nos confrères de La Provence, ce samedi, puis développé avec moult visuels et images conceptuelles sur les réseaux sociaux dans la foulée.

    Et il faut dire que le Printemps marseillais ne manque pas d’idées pour le prochain mandat avec une déclinaison de plusieurs projets, du Nord au Sud de la ville. « Au Nord, la plage de Corbières sera totalement réaménagée, avec l’agrandissement considérable de la zone baignable et la refonte des accès piétons, ferroviaires et automobiles à la plage », expose l’union de la gauche et des écologistes.

    Sujet épineux sur lequel a travaillé la majorité sortante : celui de la Digue du large, véritable serpent de mer du littoral marseillais, fermée depuis 2001 et ouverte qu’en de rares occasions. « Après discussions avec le Grand Port maritime de Marseille, (GPMM), la Digue du large sera ouverte aux Marseillais. L’accès envisagé pourra se faire par deux points : le pont Pinède, après réaménagement, et via une barge mobile reliant le J4 et la Digue du large, et permettant de laisser passer les bateaux. Au même endroit pourra être installé un espace de natation sécurisé », développe le Printemps marseillais, rappelant que « le port de Marseille est un poumon économique, d’attractivité, de développement et d’emploi de notre ville ». De quoi provoquer une montée au créneau de Romain Simmarano, porte-parole de la liste de Martine Vassal (DVD) aux municipales : « Benoît Payan est obligé de mentir. Non le Port n’a donné aucun accord pour la réouverture de la digue du large. »

    Du verdissement à tout va

    Autre sujet de tension, Benoît Payan promet que la piscine du Mucem, projet abandonné de l’actuelle mandature, « sera faite dans le mandat ». Pour la plage des Catalans, « les travaux entrepris pour mener à bien la réhabilitation et la mise en sécurité de la plage seront achevés ». Le tout, complété « par un plan global de mise en accessibilité et des points de baignade de la Corniche » avec « des accès par escaliers, la création de plateformes et de plongeoirs sécurisés ».

    Concrètement, il envisage trois accès « des Catalans à Malmousque » afin de permettre au plus grand nombre de « profiter de la mer dans les meilleures conditions », et surtout de plonger « en toute sécurité ». Autre axe de développement sur lequel insiste l’édile : le verdissement des espaces longeant la mer. Il plaide pour une « corniche verte », qui « reliera le stade nautique Florence-Arthaud à Montredon ». Laquelle est en lien avec « une grande pinède, au niveau de Borély, avec des arbres et essences méditerranéennes qui constituera un nouveau poumon vert de notre ville, à quelques mètres de l’eau ». Plus globalement, il envisage « trois trames vertes qui partent des collines, depuis les massifs de la Nerthe et l’Étoile et les Aygalades », toujours dans La Provence du 28/02. « Le long du ruisseau des Aygalades et le long de l’Huveaune, nous allons faire pousser de grandes promenades vertes », conclut-il.

  • Des récifs artificiels à Fos-sur-Mer pour régénérer le milieu naturel

    Des récifs artificiels à Fos-sur-Mer pour régénérer le milieu naturel

    Depuis la capitainerie du port Claude-Rossi, la vue sur le golfe de Fos est imprenable. Les usines découpent l’horizon. Sur l’eau, les cargos qui attendent leur tour pour décharger leurs marchandises sont nombreux. L’un d’eux sort du lot. Près de la côte et immobile malgré la houle, seule sa grue orange opère des mouvements. « C’est un bateau spécialisé dans la pose précise, il a tout un tas de moteurs latéraux qui lui permettent de tenir sa position sans ancrage », explique Matthieu Lapinski, chef de projet chez Sea Boost, l’entreprise qui mène l’opération en cours sur le pont. Une vingtaine de travailleurs s’y affairent pour installer quinze récifs artificiels sur le sol marin, 7 mètres en dessous. Quinze autres seront placés au large du Cavaou.

    Un suivi scientifique

    Derrière ce programme porté par la municipalité fosséenne et subventionné à 80% par l’Agence de l’eau et la Région (pour un coût total de 570 000 euros), il y a Wafa Hechaichi. Chargée de mission pour la préservation des milieux aquatiques au sein de la Ville, elle a été chargée, fin 2022, de reprendre une première ébauche d’idée qui datait de 2016. « On a constaté que le golfe était en mauvais état écologique, surtout au niveau de l’herbier de posidonie », commence-t-elle.

    Souvent qualifiée de « poumon de la mer », cette plante endémique de la Méditerranée « produit 14 litres d’oxygène par m2 et par jour. Après sa mort, ses feuilles forment une banquette qui limite l’érosion des plages. Et elle fait office de nurserie pour les poissons et d’habitat pour les juvéniles », énumère la spécialiste. « On en a 80 ha, mais ils se portent mal à cause des pressions anthropiques : le mouillage des bateaux, les rejets industriels, mais aussi les apports du Rhône. Donc on s’est dit qu’il fallait agir et ne pas laisser le milieu se détériorer. »

    La chargée de mission le concède : la mise en place de ces récifs « a nécessité beaucoup de concertation avec les services de l’État et avec le Grand port maritime de Marseille, puisque le domaine maritime leur appartient ». Mais les récifs sont désormais installés et font office de « mesure compensatoire » des dégâts écologiques, bien que ni le port, ni les industriels, n’aient pris part à leur financement. « Nous avons obtenu une concession de dix ans et la publication d’un décret d’interdiction de mouillage », se réjouit Wafa Hechaichi.

    Un suivi scientifique devra maintenant dessiner le contour des améliorations apportées à la biodiversité marine. « On sait qu’on a des migrations d’espèces entre les lagunes, les ports et les petits fonds côtiers, donc on a une bonne idée de ce qu’on espère obtenir : typiquement, des sars, des loups, des daurades ou des langoustes, des poulpes, des crustacés, qui vivent plutôt dans des cavités », illustre Matthieu Lapinski.

    Des innovations inspirées du naturel

    De longs mois de recherche et développement ont précédé l’immersion des récifs artificiels. « On a eu une approche biomimétique dans la conception », commence Matthieu Lapinski, chef de projet chez Sea Boost. Les ingénieurs se sont inspirés de 13 rochers naturels situés sur six sites de la Côte Bleue grâce à la technique de la photogrammétrie. Les constructions ont été réalisées en béton biogène à partir de coquilles qui facilitent la fixation de micro-organismes. « On a aussi innové au niveau des ancrages pour réduire les pressions sur le milieu avec une réduction de la surface de l’objet, qui faisait 4 mètres au départ et qui en fait aujourd’hui 0,9. »

  • Nouvelle mise en demeure pour le chantier naval de Marseille

    Nouvelle mise en demeure pour le chantier naval de Marseille

    C’est une nouvelle étape dans le bras de fer qui oppose une partie des riverains de l’Estaque (16e) aux portuaires du Chantier naval de Marseille (CNM), en conflit depuis le retour, en 2017, de l’exploitation de la forme 10. Un îlot artificiel construit pour réparer et entretenir les navires de grandes tailles. La préfecture des Bouches-du-Rhône a publié mardi, sur son site officiel, un arrêté faisant état d’une « mise en demeure à l’encontre de la société CNM pour l’exploitation de la forme 10 ». La société est sommée, « dans un délai de trois mois », à compter du 10 février, de respecter les limites d’émissions sonores fixées par l’article 8 de l’arrêté ministériel du 12 mai 2020. Un manquement à ces obligations pourrait entraîner, en plus des « sanctions pénales » envisageables, la mise en place de sanctions prévues par le Code de l’environnement, d’après le document publié par la préfecture.

    Une installation primordiale

    Cet arrêté intervient après une série de mesures déjà prises à l’encontre du Chantier naval et répondant aux sollicitations de nombreux riverains et élus locaux, mobilisés pour dénoncer les nuisances sonores induites par l’exploitation de la forme 10. Le 31 juillet 2024 déjà, le préfet des Bouches-du-Rhône signait, « au terme d’une période de concertation de plusieurs semaines », selon le communiqué de l’époque, un arrêté pour encadrer les « activités particulièrement bruyantes ». De quoi « consolider, dans la durée et en soutien aux entreprises utilisatrices, les atouts offerts par cette installation industrielle majeure en termes d’emplois et de rayonnement du savoir-faire industriel marseillais en matière de réparation navale » (voir notre édition du 01/08/2024). Car l’exploitation de la forme 10, plus grande cale sèche de la Méditerranée, est un outil industriel phare pour le Grand Port maritime de Marseille. Fermée pendant 17 ans avant sa réouverture en 2017, son retour est rendu possible par un long combat mené par les salariés de la réparation navale et leur syndicat CGT, déterminés à consolider l’avenir du site passé par des phases difficiles.

    « Nous sommes contents de la publication de cet arrêté, assure Jean-Pierre Lapébie de Cap au nord, association de défense du cadre de vie des 15e et 16e arrondissements de Marseille. Ça va dans le sens des nombreuses mises en demeure récentes que le chantier naval ne respecte pas, au sujet du bruit mais aussi de la pollution de l’eau et de la séparation des stockages des produits dangereux. On n’est pas là pour mettre des emplois en danger, mais pour que la législation (…) et la santé des populations et des travailleurs soient respectées. »

    Dans une série d’arrêtés pris le 22 juillet dernier, la préfecture des Bouches-du-Rhône avait en effet infligé des astreintes administratives journalières au Chantier naval de Marseille, faute de système de séparation et de traitement des eaux usées pour les formes 8, 9 et 10 de réparation navale (voir notre édition du 06/08/2025).

    Contactés à propos de l’arrêté publié mardi, le Grand Port maritime de Marseille, comme la CGT, n’ont pas souhaité réagir à ce stade. Le Chantier naval de Marseille n’a pas donné suite à nos sollicitations.

  • Des militants en soutien aux dockers contre la guerre

    Des militants en soutien aux dockers contre la guerre

    Aux alentours de midi, le trafic sur la départementale 268, qui mène à Port-Saint-Louis-du-Rhône s’intensifie. Sur le rond-point qui donne accès au terminal conteneurs du Grand Port maritime de Marseille-Fos, une dizaine de collectifs de solidarité avec le peuple palestinien ont tendu drapeaux et banderoles pour soutenir la journée internationale des dockers contre la guerre. Les travailleurs de plus de 20 ports méditerranéens – en Italie, en Grèce, au Pays Basque, en Turquie, au Maroc… – se sont mis en grève ce vendredi 6 février pour s’opposer à la militarisation croissante des infrastructures de transport ainsi qu’à la complicité des directions portuaires et des gouvernements dans les guerres impérialistes, en particulier à Gaza.

    « La lutte contre le génocide est possible, mais il faut le désarmer là où il s’élabore : chez nous, affirme une représentante de Stop arming Israel qui souhaite garder l’anonymat. C’est à la fois la fabrication, par Eurolinks, la logistique par les camionneurs et ensuite le transfert via les armateurs maritimes qui représentent 80% du commerce mondial. » À Fos, les militants appellent au boycott de l’armateur israélien Zim, « qui affrète de manière hebdomadaire des bateaux pour envoyer entre autres de l’armement à Haïfa, mais pas que », explique Juliette Simon, du collectif BDS (Boycott, Divestment and Sanctions).

    Thierry Louchon, président du collectif solidarité Palestine, affirme : « Ça fait partie de l’isolement diplomatique et économique de l’État d’Israël, c’est un élément important. En Afrique du Sud, c’est d’abord la lutte du peuple qui a fait tomber l’apartheid, mais le boycott y a contribué, qu’il soit culturel, sportif ou économique. »

  • Le transport fluvial entre Fos et Lyon se renforce

    Le transport fluvial entre Fos et Lyon se renforce

    Axe majeur pour le développement du Grand Port maritime de Marseille, la liaison MeRS (Méditerranée-Rhône-Saône) bénéficie de plusieurs annonces d’investissements inédits, ce vendredi. Et ce, à la suite d’un déplacement du ministre des Transports, Philippe Tabarot, et du président-directeur général, de la CMA CGM, Rodolphe Saadé, à Lyon, la veille. Et son entreprise montre les muscles avec « le lancement d’un projet de barge fluviale électrique et hybride sur l’axe Fos-Lyon ». Un navire « durable » de 185 mètres de long et d’une capacité de 156 EVP [équivalent vingt pieds, unité de mesure de volume de conteneurs]. La mise en service de la barge est « prévue à l’horizon 2028 » et implique « la création de stations de recharge dédiées le long du Rhône ».

    40 millions pour

    un terminal

    L’entreprise annonce aussi « investissement de 40 millions d’euros » pour moderniser les installations du Lyon Rhône Terminal (LRT). Si les travaux « seront lancés dès cette année », l’horizon est fixé à 2030 cette fois et dans l’objectif de « doubler les volumes fluviaux et ferroviaires ».

    D’un autre côté, le port de Marseille-Fos, la compagnie nationale du Rhône (CNR) et les voies navigables de France (VNF) s’associent pour le lancement d’un « nouveau dispositif d’aide pour soutenir le transport fluvial de conteneurs entre Fos et Lyon ». Le tout, afin de participer à la régularité des flux sur le fleuve puisque les financements entendent « aider les opérateurs fluviaux à maintenir leurs services même en cas d’aléas ». Le port et la CNR participent à hauteur de 100 000 euros chacun quand les VNF mettent 50 000 euros sur la table. Concrètement, le dispositif « repose sur une aide forfaitaire et un suivi mensuel ».

  • Reçus, insatisfaits, les marins restent en grève

    Reçus, insatisfaits, les marins restent en grève

    Ni l’État, ni les directions des deux compagnies maritimes n’auront apporté de solutions permettant de pérenniser l’emploi maritime sous pavillon français, a considéré la CGT des Marins de Marseille à la sortie de la préfecture. Une réunion de conciliation s’y est tenue jeudi 5 février au matin à la demande de la CGT en présence des organisations syndicales Sammm, STC La Méridionale et des directions de La Méridionale et de Corsica Linea et un représentant du cabinet du ministère des Transports.

    Dans l’attente « d’engagements écrits pour défendre l’emploi maritime français, a expliqué Frédéric Alpozzo, secrétaire général du syndicat CGT des marins de Marseille, on n’est pas satisfait des propositions faites par l’État et les compagnies ». Pour sortir de la crise, la CGT souhaite un plan commun sur la desserte en Algérie entre la Corsica Linea et La Méridionale depuis Sète et Marseille et une exonération de la taxe carbone pour les déplacements insulaires.

    En Corse jeudi, deux navires de la Corsica Ferries ont été déroutés vers Propriano et L’Île Rousse après avoir été empêchés d’accoster à Ajaccio et Bastia par des marins grévistes de la Corsica Linea qui dénoncent « le dumping social » de la compagnie a indiqué à l’AFP Antoine Sisco, porte-parole des marins du Syndicat autonome des marins de la marine marchande (Sammm) de la Corsica Linea. Les organisations syndicales revendiquent « l’arrêt des autorisations d’escale de Corsica Ferries sous pavillon international italien entre Sète et les ports de Corse », « l’interdiction du pavillon italien international sur les lignes territoriales françaises à passagers » et « l’engagement écrit de l’État garantissant le financement des DSP jusqu’en 2030 ».

  • La ministre de la Mer et de la Pêche lance un vaste appel à projets pour la décarbonation du secteur maritime

    La ministre de la Mer et de la Pêche lance un vaste appel à projets pour la décarbonation du secteur maritime

    « Ça y est, on a un budget ! Et on a inscrit la décarbonation du secteur maritime dans celui-ci via la déclinaison nationale d’un appel à projets », explique-t-elle. Ces appels sont en lien avec le marché carbone européen (ETS)* du secteur en place depuis 2024 et seront lancés « d’ici fin mars avec le ministère des transports » et « opéré par l’ADEME ». Ils portent sur « 3 thématiques : le déploiement de technologies de décarbonation à bord des navires, le soutien au chantiers navals pour les flottes et le financement d’infrastructures portuaires ».

    Concrètement, la ministre pointe « un soutien de 70 millions au bénéficie du secteur, via des autorisations d’engagements et 30 millions de crédit de paiement », développe-t-elle. Elle évoque aussi « deux dispositifs complémentaires, l’un avec la mobilisation de garanties de projets stratégiques jusqu’à 20 millions d’euros pour des projets de décarbonation, l’autre le renforcement des financements mobilisables via un dispositif de certificats d’économie d’énergie ». Elle cible des « technologies matures, comme le vélique ou les batteries ». « On veut lancer une vraie dynamique industrielle avec ces appels à projets. On œuvre pour un fléchage des ETS dans le secteur, il y a une légitime attente de ceux qui versent l’ETS mais il faut une vision stratégique pour que la décarbonation irrigue la filière », conclut elle.

    *Système de quota d’émission carbone comme il existe ailleurs, depuis 2024 les entreprises du secteur sont soumises au système d’échange de quotas d’émission (ETS) de l’UE

  • La mer, enjeu vital pour l’emploi

    La mer, enjeu vital pour l’emploi

    Des débats stratégiques sur l’avenir des industries maritimes se tiennent depuis mardi dans la capitale française de la Méditerranée, Marseille. Le salon Euromaritime, au Parc Chanot, se déroule dans un contexte très particulier : la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer s’apprête à écrire une nouvelle page historique en prenant le virage de la décarbonation tandis que les marins des compagnies La Méridionale et Corsica Linea, en grève reconductible depuis le 2 février, exigent des décisions au plus haut niveau contre le dumping qui transforme la Méditerranée en nouveau Far West avec des compagnies sans scrupule.

    Les marins veulent être entendus

    D’un côté, des milliers d’emplois à la clé, de 60 000 a minima jusqu’à 115 000 selon les estimations du préfet de région. De l’autre, le risque de destructions d’emplois de marins et la perte de liaisons maritimes au profit de rapaces.

    La France est, dit-on, une « puissance maritime » mais sa stratégie mérite grandement d’être précisée et tenir compte, justement, des enjeux d’emplois de qualité, aux normes sociales de haut niveau. La tenue ce jeudi d’un « comité stratégique de filière des industriels de la mer » en présence des ministres de la mer et de l’industrie en marge de la dernière journée du salon Euromaritime, apportera-t-elle des réponses concrètes ? L’État ne peut se contenter de mots et de déclarations sans lendemain. Il doit s’engager et soutenir ces industries stratégiques, les travailleurs.

    Les marins de la CGT veulent aussi être entendus.

    La mer est un enjeu vital pour l’emploi.

  • Les élus face à la révolution industrielle

    Les élus face à la révolution industrielle

    À l’Ouest du département, le ballet des camions sur la RN568 est incessant. D’ici 2030, ces véhicules (4 600 poids lourds par jour dont 700 opérant du transport de matières dangereuses) ne passeront plus par ce qui sera, Laurent Belsola (PCF) et Gaby Charroux (PCF) l’espèrent, un boulevard urbain, mais par le contournement autoroutier qui passera au nord de leurs deux villes Martigues et Port-de-Bouc.

    Déclaré d’utilité publique en 2017 et demandé depuis plus de cinquante ans par la population et les élus du territoire, cet aménagement est enfin entré dans le concret en juillet 2025 avec la signature de son protocole de financement. Au total, 228 millions d’euros seront investis par les pouvoirs publics (État, Région, Département, Métropole et Grand Port maritime de Marseille-Fos – GPMM) pour construire près de 7 km de 2×2 voies, deux échangeurs et 12 ouvrages d’art.

    Loin d’être un hasard, cette somme a été obtenue à la faveur de la décarbonation de la zone industrialo-portuaire (ZIP) de Fos. « On a pris en compte le fait que l’économie mondiale est là, c’est le premier investissement qui permet de dire que la ZIP va se développer et prendre une autre dimension », notait le maire de Port-de-Bouc Laurent Belsola lors de la signature en préfecture.

    Des décisions finales d’investissement en 2026

    De la même manière que, dans les années 1970, le développement de la sidérurgie dans les bassins Ouest du port, et notamment les implantations de Solmer et d’Ugine, ont entraîné une arrivée massive de travailleurs lorrains, l’arrivée de nouveaux acteurs économiques devrait bouleverser la physionomie du territoire dans les années à venir.

    Près de cinquante projets industriels ont été identifiés par la Commission nationale du débat public, qui a mené une concertation globale du 2 avril au 13 juillet dernier, dans les secteurs de l’hydrogène (H2V), de la sidérurgie dite « verte » (GravitHy, Marcegaglia), des carburants bas-carbone pour le maritime et l’aviation (Neocarb), la chimie, de la pétrochimie, de l’aérien (pôle Jean-Sarrail), des énergies (Carbon), ou encore de la logistique. Près de 15 milliards d’euros privés sont attendus dans la zone. Alors que le contexte national et international est pour le moins instable, lors des vœux du GPMM, le président du directoire Hervé Martel rappelait : « 2026, c’est l’année d’un certain nombre de décisions finales d’investissement pour ces opérateurs. » Les pouvoirs publics et le monde économique parlent déjà de 10 000 emplois directs créés d’ici 2030-2035. Charge aux communes alentour d’être en capacité d’accueillir ces nouveaux travailleurs et leurs familles.

    Pour le président du conseil de surveillance du GPMM, Christophe Castaner, « notre responsabilité est de rendre possible l’implantation de ces projets, en aménageur et propriétaire foncier, en accompagnant massivement les infrastructures publiques ». Le port vient d’adopter son projet stratégique 2025-2029, qui prévoit plus d’un milliard d’euros d’investissements, dont 77% seront consacrés aux bassins Ouest. En ligne de mire : l’extension du terminal avec le projet Fos 3XL à horizon 2031, la desserte du môle central et l’élaboration d’un schéma directeur ferroviaire pour anticiper les flux.

    La ligne THT divise

    Indispensable, l’alimentation électrique constitue la pierre d’achoppement de la transition industrielle de la zone. D’après le port, les besoins sont estimés à 2,4 GW supplémentaires sur le seul môle central d’ici 2029, et plus de 6 GW à l’échelle du golfe de Fos à l’horizon 2030. Pour y répondre, un projet de ligne aérienne très haute tension de 65 km et 180 pylônes avait été présenté au public, suscitant de vives oppositions des agriculteurs, des associations écologistes et des élus du pays d’Arles, amenant le collectif THT 13/30 à proposer une solution alternative d’enfouissement partiel.

    Dans leur rapport publié en décembre, les services de l’État ont acté le report de leur décision sur la réalisation de cette infrastructure électrique, exigeant de nouvelles précisions au gestionnaire public du réseau, RTE. Un consensus sera-t-il trouvé ?

    « Rendre possible l’implantation de ces projets »