Tag: Grand port maritime de Marseille

  • Vingt ambassadeurs invités à découvrir le Grand Port

    Vingt ambassadeurs invités à découvrir le Grand Port

    Une vingtaine d’ambassadeurs étrangers établis en France sont, jeudi et vendredi, de visite à Marseille. Invités dans le cadre du programme AMB-EC0, imaginé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) pour présenter aux représentants diplomatiques l’attractivité des territoires français, ils sont venus découvrir l’écosystème du Grand Port maritime de Marseille (GPMM). « Lidée est de leur montrer, à travers des immersions dans les territoires, qu’il y a de l’excellence française un peu partout, dans différents domaines, fait valoir Damien Loras, directeur de la diplomatie économique du MEAE. On a choisi Marseille pour son économie maritime et portuaire, car la ville est vraiment un centre névralgique dans ce domaine. »

    Au programme de ces deux jours en terres provençales : rencontre avec les acteurs économiques et institutionnels en lien avec le GPMM. « Il est important de retenir que notre ambition n’est pas seulement de montrer, poursuit Damien Loras. Nous voulons que ces gens-là, qui sont le relais de leur pays en France, se fassent un peu le relais de notre pays dans le leur, qu’ils puissent vendre la France à l’étranger. » L’occasion de témoigner d’une France « innovante », pour attirer « des investissements étrangers producteurs d’emplois ». La délégation d’ambassadeur sera accueillie vendredi par Christophe Castaner, président du conseil de surveillance du GPMM et rencontrera dans la foulée ses représentants et des opérateurs portuaires.

  • Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Une « première en France » s’est félicité ce samedi 11 avril le ministre des Transports, Philippe Tabarot, venu sur le Grand Port maritime de Marseille (GPMM) inaugurer le branchement électrique à quai des bateaux de croisière. Déployée dans le cadre du dispositif « Connexion électrique des navires à quai, Escale zéro fumée », cette technologie permet de connecter en simultané trois navires, dont les besoins peuvent atteindre les 16 mégawatts chacun, soit la consommation d’une ville de 13 000 habitants, et de couper les moteurs durant l’escale. De quoi améliorer la qualité de l’air quand le maritime représente « 37% des émissions d’oxyde d’azote » a rappelé en préambule Dominique Robin, directeur de l’association de surveillance de qualité de l’air, AtmoSud.

    Si « la trajectoire baisse depuis 15 ans, de 7 ou 10%, on a besoin d’accélérer », estime-t-il. Se basant sur une étude « récente » de la Ville de Marseille, il indique que « près de 780 personnes décèdent de façon prématurée en lien avec la pollution ». Mais pour Hervé Martel, président du directoire du GPMM, c’est une « étape majeure » qui a été franchie. Mieux, de l’avance a été prise sur la réglementation européenne qui impose que 90% des escales de navires de passagers et de porte-conteneurs utilisent l’électricité à l’horizon 2030.

    200 millions investis

    Et de citer une autre étude, du Pôle mer Méditerranée, selon laquelle le branchement des navires permet de réduire de 80% les émissions d’oxyde de soufre, de 75% les oxydes d’azote, et de 60% les particules fines. Dans un contexte de guerre au Proche et au Moyen-Orient, il s’agit aussi de réduire la facture énergétique, de se détacher des énergies fossiles pour renforcer sa souveraineté dans un secteur stratégique pour l’économie mondiale précise Philippe Tabarot. « L’État a investi plus de 50 millions d’euros, soit près de la moitié des investissements publics de ce projet » de 200 millions d’euros a-t-il détaillé.

    Côté croisiéristes, on se félicite de l’usage de cette électricité « verte » pour « se consacrer à toute la chaîne de valeurs entre le départ et l’arrivée du bateau », résume Jacques Hardelay, président de l’association Marseille-Provence croisière. Et de défendre l’impact économique « important » sur la Ville, « 57 euros par personne et par jour dépensés » par les passagers en transit avance-t-il, et aussi sur les entreprises, entre taxis et avitaillement. Parmi les représentants des collectivités, le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.), bombe le torse rappelant sa capacité à aller chercher les financements européens. Plus nuancé, Laurent Lhardit, député PS des Bouches-du-Rhône et conseiller municipal, évoque, au nom du maire de Marseille, la volonté de maîtriser un tourisme que la Ville souhaite « durable » et « bien loin d’une massification qui devra être régulée ». Le nombre de croisiéristes accueillis par le port de Marseille étant passé de 62 000 en 1996 à… 3 millions prévus cette année.

  • Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Une « première en France » s’est félicité ce samedi 11 avril le ministre des Transports, Philippe Tabarot, venu sur le Grand Port maritime de Marseille (GPMM) inaugurer le branchement électrique à quai des bateaux de croisière. Déployée dans le cadre du dispositif « Connexion électrique des navires à quai, Escale zéro fumée », cette technologie permet de connecter en simultané trois navires, dont les besoins peuvent atteindre les 16 mégawatts chacun, soit la consommation d’une ville de 13 000 habitants, et de couper les moteurs durant l’escale. De quoi améliorer la qualité de l’air quand le maritime représente « 37% des émissions d’oxyde d’azote » a rappelé en préambule Dominique Robin, directeur de l’association de surveillance de qualité de l’air, AtmoSud.

    Si « la trajectoire baisse depuis 15 ans, de 7 ou 10%, on a besoin d’accélérer », estime-t-il. Se basant sur une étude « récente » de la Ville de Marseille, il indique que « près de 780 personnes décèdent de façon prématurée en lien avec la pollution ». Mais pour Hervé Martel, président du directoire du GPMM, c’est une « étape majeure » qui a été franchie. Mieux, de l’avance a été prise sur la réglementation européenne qui impose que 90% des escales de navires de passagers et de porte-conteneurs utilisent l’électricité à l’horizon 2030.

    200 millions investis

    Et de citer une autre étude, du Pôle mer Méditerranée, selon laquelle le branchement des navires permet de réduire de 80% les émissions d’oxyde de soufre, de 75% les oxydes d’azote, et de 60% les particules fines. Dans un contexte de guerre au Proche et au Moyen-Orient, il s’agit aussi de réduire la facture énergétique, de se détacher des énergies fossiles pour renforcer sa souveraineté dans un secteur stratégique pour l’économie mondiale précise Philippe Tabarot. « L’État a investi plus de 50 millions d’euros, soit près de la moitié des investissements publics de ce projet » de 200 millions d’euros a-t-il détaillé.

    Côté croisiéristes, on se félicite de l’usage de cette électricité « verte » pour « se consacrer à toute la chaîne de valeurs entre le départ et l’arrivée du bateau », résume Jacques Hardelay, président de l’association Marseille-Provence croisière. Et de défendre l’impact économique « important » sur la Ville, « 57 euros par personne et par jour dépensés » par les passagers en transit avance-t-il, et aussi sur les entreprises, entre taxis et avitaillement. Parmi les représentants des collectivités, le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.), bombe le torse rappelant sa capacité à aller chercher les financements européens. Plus nuancé, Laurent Lhardit, député PS des Bouches-du-Rhône et conseiller municipal, évoque, au nom du maire de Marseille, la volonté de maîtriser un tourisme que la Ville souhaite « durable » et « bien loin d’une massification qui devra être régulée ». Le nombre de croisiéristes accueillis par le port de Marseille étant passé de 62 000 en 1996 à… 3 millions prévus cette année.

  • Le Port de Marseille lauréat d’un appel à projet pour l’éolien offshore

    Le Port de Marseille lauréat d’un appel à projet pour l’éolien offshore

    « Le Grand Port Maritime de Marseille fait partie — ne le répétez pas, je vous le dis en exclusivité — des cinq ports lauréats de l’appel à projets pour le développement d’activités industrielles liées à l’éolien offshore » a annoncé le ministre des Transports, Philippe Tabarot lors de l’inauguration du branchement électrique des navires de croisière à quai ce samedi 11 avril à Marseille. Pas moins de « 82 millions d’euros seront investis par l’État pour permettre l’assemblage d’une trentaine de flotteurs par an et le stockage d’une dizaine » a-t-il complété, estimant que « Fos sera une place forte de l’éolien en mer en Méditerranée. »

    Les appels d’offres relancés par l’État le 2 avril dernier représentent une puissance cumulée d’environ 10 GW (5 GW d’éolien posé et 5 GW d’éolien flottant), répartis sur l’ensemble des façades maritimes: Fécamp-Grand-Large, Bretagne-Nord-Ouest, Bretagne-Sud, Oléron, Narbonnaise Sud Hérault, Golfe du Lion Centre et Golfe de Fos. Soit l’équivalent de six réacteurs nucléaires nouvelle génération d’EDF, les EPR2.

    L’objectif est d’inverser la tendance actuelle, en passant de 60% de pétrole et de gaz dans la consommation finale d’énergie en France à 60% d’énergie décarbonée d’ici 2030.

  • L’ex-patron d’Orange arrive aux manettes de l’OM

    L’ex-patron d’Orange arrive aux manettes de l’OM

    Ancien président-directeur général de France Télécom et d’Orange, président de GSM Association, directeur de cabinet du ministère de l’Économie et des Finances sous Jean-Louis Borloo et Christine Lagarde, directeur adjoint de la Compagnie générale des Eaux, ex-numéro 4 du groupe Veolia et fondateur de la Compagnie générale d’immobilier et de services, devenue Nexity. Après toutes ces expériences, Stéphane Richard, 64 ans, se lance pour la première fois de sa grande et longue carrière dans une aventure sportive en devenant le 38e président de l’histoire de l’OM.

    « C’est la ville où j’ai grandi »

    Pourtant né à Caudéran, une ancienne commune girondine devenue un quartier de Bordeaux à partir de 1965, Stéphane Richard clame haut et fort son attachement pour la cité phocéenne, ville dans laquelle il a déménagé avec ses parents à l’âge de 10 ans. « C’est la ville où j’ai grandi et passé mon bac, avant de monter à Paris pour ma classe préparatoire », raconte le diplômé d’HEC Paris en 1983, puis de l’ENA en 1985. « Je me souviens des ricanements quand je disais que je venais de Marseille. J’ai gardé des liens très forts avec cette ville, j’ai eu une maison et la seule maison que je possède aujourd’hui est à Marseille, j’y ai beaucoup d’amis, c’est une ville que je connais intimement », poursuit-il, en martelant qu’il sait ce que représente l’OM dans cette ville. « Toute la ville pense et respire pour l’OM », insiste celui qui a été proche du club phocéen lorsqu’il était PDG d’Orange entre 2011 et 2022. Il a notamment ficelé un grand partenariat entre les deux institutions : l’entreprise de télécommunications est devenue sponsor principal sur les maillots de l’OM (entre 2017 et 2019) et a accroché son nom au stade Vélodrome. Depuis son départ d’Orange, il est resté proche de Marseille en étant nommé membre du conseil de surveillance du Grand Port maritime de Marseille.

    Proche du PDG de la CMA CGM Rodolphe Saadé, le Bordelais n’en présente pas moins un parcours marqué par une zone d’ombre. En juin 2025, la cour d’appel de Paris l’a condamné à six mois de prison avec sursis dans l’affaire de la sentence arbitrale controversée de 2008 entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais. Pour l’heure, il assure rechercher « l’apaisement », restera à obtenir, la saison prochaine, des performances.

    RÉACTIONS

    Benoit Payan Maire (DVG) de Marseille

    « Stéphane Richard est un homme qui porte Marseille dans son cœur et dans son histoire personnelle et professionnelle. Je me réjouis de le savoir aujourd’hui parmi nous pour assurer cette magnifique et exigeante mission, qui nécessitera toute son expérience, son savoir-faire au service de l’OM et des Marseillais. »

    Renaud Muselier Président (Ren.) de la Région Sud

    « Stéphane Richard est un très bon choix pour le club : un grand professionnel capable d’être un grand président. Il aime le sport, Marseille et l’OM ! Il a toutes les qualités pour réussir. Il peut compter, comme M. McCourt, sur mon soutien. »

    Laurent Lhardit Député (PS) des Bouches- du-Rhône

    « Mes très sincères félicitations à Stéphane Richard pour cette nomination. L’OM gagne un grand manager et je ne doute pas qu’il saura relever les défis pour notre club dans cette belle et si importante fonction. »

    Franck Kodjabachian Président du District de Provence de football

    « J’espère qu’il pourra apporter la stabilité dont a besoin l’OM. On a noué de bonnes collaborations avec eux. Ils ont compris que le football professionnel ne peut pas exister sans le football amateur sans le socle amateur. J’espère que ça perdurera. »

  • Il y a 60 ans… l’explosion du pétrolier « Olympic Honour »

    Il y a 60 ans… l’explosion du pétrolier « Olympic Honour »

    Le vendredi 1er avril 1966, des tuyauteurs de la Société Provençale des Ateliers Terrin(SPAT) effectuaient des travaux de réparation sur un pétrolier L’Olympic Honour appartenant au richissime armateur Onassis.

    Pour ce faire, ils devaient découper un morceau de tuyau endommagé. Le Plan de travail remis par la compagnie pétrolière démontrait que cette tuyauterie communiquait avec la salle des pompes et les citernes transportant le brut. Tout cela était dégazé et ne comportait aucun risque. Le samedi 2 avril au matin, cette même équipe viendra souder le nouveau tuyau. C’est alors que se produisit une terrible explosion.

    Après expertise, la tuyauterie avait subi des transformations qui n’étaient mentionnées nulle part sur le plan. Cette tuyauterie communiquait avec la soute à gazoil sous gaz inerte qui alimentait l’ensemble de la machinerie du navire. Pendant la nuit, l’air s’introduira par le tuyau découpé et le mélange air/gaz produit par le gasoil provoquera ce terrible drame.

    La tôle de coque de 15m² environ sera propulsée dans la mer, une épaisse fumée noire à couper au couteau se dégagera du navire et l’on retrouvera même des rivets sur le quai d’en face à 400 m environ.

    Nuit de cauchemar

    À la suite de cette explosion, on déplorait 7 morts, dont 4 marins et 3 ouvriers de la SPAT, ainsi que 31 blessés parmi lesquels se trouvait notre camarade François Mura.

    Les marins pompiers ont lutté jusqu’à la nuit pour éteindre l’incendie. Ils ont été remarquables et courageux.

    En l’espace de deux heures, la tôlerie de la cheminée du navire est devenue complètement rouge tellement la chaleur était élevée. Il en était de même pour la mer qui était en flammes.

    Dans l’heure qui suivra l’explosion, toute la réparation navale arrêtera le travail en signe de solidarité. Les ouvriers se relayant à tour de rôle jour et nuit en formant un piquet d’honneur devant le navire.

    Le lundi 4 avril, le pétrolier sera mis à sec sur le dock flottant. Cette nuit-là, les marins pompiers avec les délégués du personnel effectueront toujours les recherches des victimes avec des lampes torches au milieu des cendres et des ferrailles déformées par la chaleur. Ce fut une nuit de cauchemar.

    Lutte de 7 mois

    La grève de solidarité continuera jusqu’au jour des obsèques. À la SPAT, les ouvriers, en Assemblée Générale, décidèrent de faire don de 2 heures de leur salaire pour les attribuer aux 3 veuves.

    Ce terrible drame provoquera un conflit d’une durée de 7 mois contre les conditions de travail qui étaient de 10h y compris le samedi.

    Au mois de novembre 1966, le patronat de la réparation navale, pour en finir avec le conflit, licenciera un grand nombre d’ouvriers. À l’issue de cette lutte, il en résultera une diminution de temps de travail à 9h sans perte de salaire et le début de discussions sur les conditions de sécurité. Le personnel licencié sera réintégré, excepté le secrétaire de la SPAT.

    Yves Thorame

  • À 60 ans, le Grand port prépare son futur

    À 60 ans, le Grand port prépare son futur

    Comment dessiner ensemble un avenir pour le port Marseille-Fos ? C’est à cette question qu’ont tenté de répondre les participants au colloque organisé par La Marseillaise, le 13 novembre dernier, à l’aube des 60 ans du port autonome (PAM).

    Depuis sa fondation, il y a plus de 2 600 ans par les Phocéens, la ville s’est construite autour de son port mythique. Longtemps géré par la plus ancienne chambre de commerce au monde, qui a accompagné son évolution d’un port colonial à un port industriel, celui-ci se retrouve, aujourd’hui, au carrefour de nombreux enjeux contemporains.

    Longtemps, cette zone industrielle protégée et la municipalité se sont affrontées. « Le port et la ville se tournent le dos, mais il n’y a aucune fatalité à cette situation. Nous sommes dans une phase d’ouverture, de transition », veut croire Hervé Martel, président du directoire du Grand Port maritime de Marseille, nouvelle dénomination depuis 2008. Ainsi, le port a été précurseur dans le branchement à quais de ses navires, qui se poursuit. « L’acceptabilité du port par la ville évolue. Le dialogue est exigeant et extrêmement constructif », fait valoir Jean-Pierre Cochet, alors adjoint (PS) au maire de Marseille en charge du dynamisme économique. Une réponse aux critiques concernant le croisiérisme ou la réparation navale. Et, au-delà de la charte Ville-Port signée en 2013 – qui ne concerne que le bassin Est -, il envisageait la mise en place d’un contrat Ville-Port (inscrit dans le programme électoral de Benoît Payan) qui met l’accent sur la formation et les transports.

    Les perspectives d’emplois et formations liées au maritime sont au cœur du développement du port. « Posons-nous la question de ce que nous pouvons collectivement faire pour promouvoir, dans les écoles, les lycées de la mer, les universités, à tous les niveaux de formation auprès des étudiants et étudiantes marseillais, ces métiers autour de l’activité du port, afin qu’ils puissent choisir de belles carrières, à Marseille, dans ces métiers portuaires, logistiques, maritimes », pousse Christine Cabau Woehrel, ex-directrice du port et actuelle directrice centrale exécutive de CMA-CGM.

    Ainsi, la création d’une école des métiers de la mer est largement soutenue, de la gauche à la droite, en passant par les acteurs économiques et les syndicats. « Il y a notamment dans la réparation navale des métiers en tension. C’est rageant de voir, à 1,5 km du port, dans de grands ensembles, des jeunes qui voudraient travailler et qui ne le peuvent pas, faute de formation. Ils souhaitent se former, voient le port et ne peuvent y accéder », regrette le sénateur PCF des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi. « Aujourd’hui, nous avons des formations de marins grâce au pavillon français, à La Méridionale et à Corsica Linea, mais il faut pouvoir former aussi des charpentiers, des tuyauteurs pour nos entreprises. Il y a aussi une multitude de nouveaux métiers, des spécialistes de pales d’éoliennes », ajoute Olivier Cèbe, membre élu de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) Aix-Marseille-Provence.

    17 500 emplois en 2025

    À l’heure de la désindustrialisation massive du pays, alors que la zone marseillaise connaît l’un des taux de chômage les plus élevés de France, « le Port de Marseille essaie de se développer, de sortir de ces difficultés. Il représente 17 500 emplois. Ce bassin d’emplois est une opportunité pour la population marseillaise », souligne Pascal Galéoté, secrétaire général CGT du Grand Port maritime de Marseille-Fos.

    Car, au même moment, la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire en prenant le virage de la décarbonation, après des critiques reprochant au grand port de manquer de vision stratégique et de se comporter comme un simple propriétaire foncier. Dans la foulée du grand débat public achevé en 2025, la fourniture d’énergie par la ligne THT ainsi que le développement des infrastructures routières et ferroviaires figurent désormais parmi les priorités. « Si on a un sujet à réussir, à court terme, c’est vraiment la transformation de Fos-Berre. Pour la partie maritime, on aura besoin des nouveaux carburants, méthanol de synthèse, qui pourraient être présents à Fos. Cela donnera un avantage compétitif au port de Marseille et permettra de créer plus d’emplois de marins et de dockers », insiste Pierre-Antoine Villanova, directeur général de Corsica Linea.

    Le port autonome de Marseille (PAM) a fêté, ce 1 er avril, sa soixantième année. Troisième port pétrolier d’Europe et propriété de l’État, il constitue un acteur majeur du développement du territoire. Mais aussi l’un des plus importants employeurs des Bouches-du-Rhône, avec quelque 17 500 salariés pour Marseille seulement, et 42 600 emplois industriels et portuaires sur ses bassins Est et Ouest. Devenu Grand Port maritime de Marseille (GPMM) en 2008, il fait aujourd’hui face à plusieurs défis : réindustrialisation, décarbonation de ses activités et préservation de l’emploi.

    Les dates clés

    1er avril 1966. Suite à une loi de juin 1965, le Port autonome de Marseille (PAM) voit officiellement le jour. L’inauguration officielle de Fos a lieu le 20 décembre 1968.

    17 mai 1974. L’usine sidérurgique Solmer (appelée par la suite Sollac, puis ArcelorMittal), installée dans le bassin de Fos-sur-Mer, démarre son activité en 1974.

    9 octobre 2008. Le décret n° 2008-1033 du 9 octobre 2008 institue le Grand Port maritime de Marseille (GPMM).

    28 juin 2013. La charte Ville-Port est signée par la Communauté urbaine de Marseille (aujourd’hui Métropole Aix-Marseille-Provence), la Ville de Marseille, le Conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, le Grand Port Maritime de Marseille, Euroméditerranée, la Chambre de commerce et d’industrie Marseille Provence et l’État.

    2025. Le Grand Port maritime de Marseille-Fos a présenté, en novembre dernier, un projet stratégique 2025-2029 pour un montant d’un milliard d’euros d’investissement, sur cinq années.

    Témoignages

    Jérémy Bacchi, Sénateur PCF des Bouches-du-Rhône

    « À toutes celles et ceux qui ont pu, un jour, imaginer que les bassins Est pourraient disparaître ou n’avoir que du trafic passager, je dis que c’est une hérésie. Marseille a besoin d’une activité industrielle ! »

    Hervé Martel, Président du directoire du GPMM

    « Le Port de Marseille a vocation à le rester. [Il] offre à Marseille des milliers d’emplois, des infrastructures exceptionnelles, une activité de transport de voyageurs qu’on n’imagine pas transférée en Camargue. »

    Pascal Galéoté, Secrétaire général CGT du GPMM

    « Le Port de Marseille a vécu depuis des années contre la ville. (…) Les choses changent, la ville a compris qu’elle ne pouvait plus s’opposer au port et le port travaille à son acceptabilité sociale et sociétale. »

    Christine Cabau Woehrel, Directrice centrale exécutive de CMA CGM

    « Marseille représente un carrefour majeur au cœur de la Méditerranée, à la croisée de l’Afrique et de l’Europe. Un carrefour de passagers, de marchandises, mais aussi de data. »

    Patrick Maddalone, Membre du Directoire du port de Marseille-Fos

    « Hydrogène, carburants de synthèse, l’acier décarboné : un nouvel écosystème est en train de se mettre en place. Nous espérons que ces projets aboutiront, car ils fourniront alors plus de 10 000 emplois. »

    Olivier Cèbe, Membre élu de la CCI AMP

    « Marseille représente aujourd’hui, avec 2,5 millions de passagers, le premier port méditerranéen après Barcelone. Ces 2,5 millions de passagers qui entrent dans nos territoires, il faut savoir les accueillir. Ils font vivre nos territoires et la ville de Marseille. »

    Laurent Barlet, Directeur des activités industrielles Suez

    « La décarbonation comporte des enjeux de gestion de la ressource. Aujourd’hui, l’eau utilisée par un industriel ou une collectivité peut, moyennant un traitement, être réutilisée par un autre industriel. »

    Julien Fieschi, Directeur général adjoint La Méridionale

    « Le verdissement de notre flotte à quai a toujours été une priorité depuis 2015. Nous avons évité d’émettre plus de 14 000 tonnes de CO² dans le port de Marseille, grâce à cette connexion électrique. »

    Pierre-Antoine Villanova, Directeur général de Corsica Linea

    « Oui, on peut développer des activités d’entreprise en étant responsable sociétalement, socialement et en ayant également un objectif environnemental durable. »

  • Dessiner ensemble l’avenir du Port

    Dessiner ensemble l’avenir du Port

    60 ans, c’est beaucoup et peu à la fois, à l’échelle des 26 siècles d’histoire du port de Marseille.
    La création du port autonome devenue depuis le Grand port maritime de Marseille, correspond néanmoins à un tournant dans la gestion du port et la prise en compte de son rôle stratégique pour le développement de la France.

    À l’occasion de cet anniversaire, La Marseillaise publie des extraits des tables rondes qu’elle a organisé à propos de l’avenir du port.

    La première s’intitulait « Un port inclusif, au cœur de la ville : comment mieux intégrer le port dans la dynamique métropolitaine et régionale ? » Et la seconde : « Un port propre, moteur de la transition énergétique : comment accélérer la décarbonation des activités portuaires ? »

    Controverses

    L’occasion de réunir des représentants du Port, des collectivités, des acteurs économiques et les syndicalistes pour croiser leurs points de vue – et parfois – confronter leurs approches.

    Le développement du Port, son inscription dans celui du territoire est, on le sait, sujet à controverses.

    L’impact de ses activités sur les riverains et l’environnement, la séparation ville-Port ou encore les perspectives de formations et d’emplois liées au maritime font régulièrement la une de l’actualité, mais trop souvent à travers des approches tronquées.

    En réunissant à la fois les représentants du Port, de ses salariés, du monde économique et les élus du territoire, l’objectif était de dépasser les clivages et de proposer une vision globale.

  • Boycott de Zim pour la Palestine : les militants au port

    Boycott de Zim pour la Palestine : les militants au port

    Avec le mistral qui se lève, les drapeaux palestiniens flottent et sont visibles de loin. Ce mercredi 25 mars, des militants issus de différents collectifs se postent sur le rond-point de la départementale 268 qui donne accès au terminal conteneurs du Grand Port maritime de Marseille-Fos entre midi et deux. L’objectif : sensibiliser les routiers à la chaîne logistique qui permet à Israël de s’armer, et appeler au boycott de Zim. Une membre de BDS France explique : « C’est un armateur israélien qui est très important dans le maillon logistique de la guerre qui est menée à Gaza. Dès octobre 2023, il a mis à disposition sa flotte à l’armée, et il continue d’envoyer des armes actuellement. »

    Malgré la conclusion d’un accord de cessez-le-feu à Gaza, les civils continuent de mourir. Depuis, selon les chiffres relayés par l’ONU, plus de 600 Palestiniens ont été tués et plus de 1 600 blessés. « Beaucoup d’ONG humanitaires sont interdites d’exercer » rappelle la militante, qui souligne par ailleurs que le passage des malades est « empêché à Rafah ».

    Les collectifs annoncent par ailleurs deux dates : samedi 28 mars, une manifestation aura lieu à la Joliette « contre l’armement et la complicité locale des entreprises avec le génocide ». La veille, une projection du film Portuali est programmée au cinéma le Méliès de Port-de-Bouc à 20h30, suivi d’un débat en présence de dockers Génois.

  • La CGT en défense de la réparation navale

    La CGT en défense de la réparation navale

    Un mois après la mise en demeure par les services de l’État du Chantier naval de Marseille en raison des nuisances sonores de la forme 10 (notre édition du 12/02), la CGT de la réparation navale s’inquiète des conséquences possibles pour leur activité. « Une telle décision est incompréhensible et totalement anormale au regard des enjeux économiques et sociaux d’un port qui se veut de renommée internationale », pointe l’organisation syndicale dans un communiqué publié ce dimanche.

    Selon l’arrêté préfectoral, les seuils imposés ont été dépassés 48 jours dans l’année entre le 1er août 2024 et le 31 juillet 2025, pour l’essentiel pendant la nuit. « Le syndicat CGT ne remet en aucun cas en cause l’existence de nuisances pouvant affecter les riverains », pointe-t-il. Mais il rappelle qu’un comité de suivi a été mis en place en préfecture, rassemblant l’ensemble des acteurs concernés, et qu’eux-mêmes militent pour améliorer leurs conditions de travail. « En protégeant les travailleurs, nous contribuons également à réduire l’exposition des habitants à ces nuisances », souligne le syndicat qui assure que l’employeur « ne ménage pas ses efforts, tant sur le plan matériel que financier ». Alors l’organisation s’inquiète d’une remise en cause de l’activité sauvée grâce à la mobilisation de ses salariés après la liquidation de 2009. En s’étonnant que les services de l’État soient plus proactifs sur ces nuisances sonores que sur le problème de l’amiante sur le port, malgré l’interpellation de la CGT. Alors il promet qu’il « restera vigilant quant aux conséquences de cette décision préfectorale ».