Tag: gouvernement

  • Mention très bien

    Mention très bien

    Une déferlante lycéenne a submergé les rues de notre région et du reste du pays, ce mardi.

    Des manifestations massives, joyeuses et revendicatives, entourées par des militants syndicaux et politiques, mais aussi par des élus et des parents d’élèves. Elles se sont déroulées sans incident majeur dans nos départements et ont démontré la détermination de toute une jeunesse à se faire entendre.

    Face à cette colère qui se structure dans un mouvement appelé à se poursuivre, le gouvernement apparaît dépassé. Les faits de répression violente qui ont choqué l’opinion et la fermeture de très nombreux établissement n’ont pas suffi à décourager les lycéens de battre le pavé.

    Cet élan collectif est un fait nouveau pour une génération dont les observateurs ont beaucoup dit qu’elle était rongée par l’individualisme ou lobotomisée par les écrans.

    Changement profond

    Contrairement à d’autres moments de l’histoire où la jeunesse s’était soulevée contre une réforme, comme le projet de loi Devaquet dans les années 1980 ou le Contrat première embauche dans les années 2000, le gouvernement Lecornu ne peut pas sacrifier un texte pour trouver l’apaisement : ce mouvement réclame un changement de politique profond.

    Alors, que peut l’exécutif pour montrer qu’il entend la colère qui s’exprime ? Il peut d’abord supprimer Parcoursup, ce système injuste qui confie l’avenir de nos jeunes à un algorithme opaque. Il peut aussi abroger la réforme Blanquer du bac et annoncer des recrutements de professeurs au lieu des 1 588 postes supprimés dans le projet de budget. Il peut rendre des moyens aux Régions pour qu’elles entretiennent les lycées. Il peut enfin stopper la fuite en avant répressive.

    Le fera-t-il ? Pour le moment, c’est mention très bien pour les lycéens et zéro pointé pour le gouvernement.

  • Fortes mobilisations lycéennes partout dans la Région

    Fortes mobilisations lycéennes partout dans la Région

    A Toulon

    Depuis 7h, les lycéens de Bonaparte rejoints par des camarades d’autres établissements, bloquent leur lycée, avec le soutien de syndicalistes (CGT, FSU, Solidaires, FO). Un cortège sera lancé à partir de 9h et arpentera les rues de la ville, jusqu’à la Préfecture, où un rendez-vous entre syndicats, lycéens et le préfet du Var est prévu à 12h30.

    Parmi les syndicalistes CGT, on trouve des militants venus de différents secteurs (Educ’action, Retraités, Cheminots…). «Il y a eu un appel aux militants qui a été lancé pour sécuriser le cortège et protéger les minots», explique Colette Moulun, de la CGT Finances Publiques. «Et puis leur apporter du soutien dans leur action. Si les jeunes sont dans la rue c’est qu’il y a un malaise profond. Dans la société actuelle, ils ont toutes les raisons d’être inquiets. Le traitement que le gouvernement leur réserve est dégueulasse (sic), entre manque de professeurs, parcoursup, la militarisation, le chômage, les mauvaises conditions de travail, et plus largement le climat et toutes les conséquences du capitalisme, la jeunesse a un avenir des plus sombres.»

    Comme de nombreux parents d’élèves, Marjorie est présente ce matin en compagnie de ses deux filles, Rose, élève au lycée Jean Aicard de Hyères, et Emma, étudiante en Master à Toulon. «Je suis là, déjà, par rapport aux difficultés induites par parcoursup et pour l’accès aux masters», indique-t-elle. « Le projet de loi du sénat limite la progression des enfants après le bac, c’est inadmissible.» Mais de manière générale, elle désire également soutenir un mouvement qu’elle considère comme injustement discrédité et réprimé : «Je vois les réseaux sociaux, les médias, et je suis choquée. Là, on voit que les gamins ont des pancartes, écoutent de la musique, alors que les images qui tournent ne montrent que de la violence, des enfants qui perdent leurs yeux… Ils ont le droit de manifester. Ce ne sont pas des méchants, pas des casseurs juste des élèves qui en ont marre de leur situation scolaire.»

    À Toulon, les manifestants sont arrivés devant la Préfecture du Var vers midi. Une délégation composée de représentants de plusieurs lycées du Var, de syndicalistes et d’enseignants s’apprête à être reçue par le préfet du Var d’ici quelques instants.

    Guillaume Afonso, le directeur de cabinet du préfet du Var, briefe la délégation avant que celle-ci ne soit reçue.

    Reçus par le préfet et le Directeur académique des services de l’Éducation nationale (DASEN) du Var, lycéens et étudiants Toulonnais dénoncent le dédain qui leur a été opposé. Il est 14 heures. «C’est de l’irrespect envers la jeunesse. Nous sommes légitimes de nous exprimer», s’indigne Camille, membre du conseil de vie lycéenne du lycée Bonaparte. «Leur logiciel n’a pas changé, vous oui, et le monde s’est déplacé quelques vertèbres grave à vous. Gloire à vous !» les a encouragés Richard Romeo-Giberti, secrétaire de la CGT du Var, les enjoignant à «poursuivre le mouvement».

    A Gap

    À Gap, le cortège a prévu de passer par plusieurs lycées. Quelques minutes avant le rassemblement, les syndicats (CGT, FO, Solidaires, FSU, La Conf’) s’organisent.

    A Avignon

    Devant le lycée Mistral, à Avignon, quelques centaines de jeunes se rassemblent avant de rejoindre les élèves d’autres rassemblement. Les syndicats et les parents d’élève entourent les manifestants qui chantent devant l’établissement, fermé aujourd’hui.

    14h30, c’est maintenant au tour des étudiants de manifester dans Avignon. Plus de 500 lycéens et étudiants défilent ensemble avec le soutien des syndicats et des enseignants. Le tout dans le calme.

    A Marseille

    La circulation a été fermée au niveau des Réformés à Marseille. La tête de cortège avec les lycéens encadré par les syndicats s’est mis en marche sur la Canebière.

    Après un vote à main levé les lycéens ont répondu favorablement à la proposition de rencontre avec la Direction des services de l’éducation nationale, à la condition que ses représentants sortent de leurs bureaux pour les rencontrer. Le cortège doit arriver en fin de matinée devant la DSDEN à Nédelec.

    Le cortège marseillais s’est arrêté sur le cours Belsunce. Dans foule, des lycéens, des étudiants, des enseignants, des parents. La manifestation repart en direction de la rue de Colbert en scandant « la jeunesse emmerde le Front national» balancé dans la sono du camion en tête.

    Il est midi, et l’intersyndicale annonce 30000 manifestants a Marseille. La préfecture de police en a compté 4800.

    La manifestation marseillaise prévue pour s’arrêter devant la DSDEN s’achève. A 12h30, certains jeunes décident de poursuivre la manifestation sans l’intersyndicale.

    À Martigues

    Après une marche de la place Jean-Jaurès jusqu’à l’hôtel de ville, les syndicats, les enseignants et les soutiens du mouvement lycéen ont longuement applaudi les élèves.

    Le maire de Martigues, Gaby Charroux (PCF) reçoit une délégation de lycéennes et de lycéens dans la mairie pour écouter leurs doléances et les accompagner dans leurs futures actions

    À Arles

    1100 lycéens et travailleurs ont défilé de la bourse du travail jusqu’à la sous-préfecture, sous la protection du service d’ordre de la CGT.

    A Aix-en-Provence

    «Étudier est un droit, pas un privilège», scandent lycéens et étudiants qui déambulent en masse sur l’avenue des Belges.

    Les manifestants sont passés devant le campus Schuman, toujours fermé. Ils sont 1300, selon les derniers chiffres de la police, «à peu près 2000», selon les syndicats.

    Le cortège est arrêté devant le rectorat. Un «temps de discussion» y est improvisé. Une libération de l’étudiant arrêté hier, lors des mobilisations devant le lycée Célony, est de nouveau demandée.

    Appels à rejoindre les prochaines mobilisations de lycéens, à «se structurer» pour un mouvement dans la durée… les organisations syndicales étudiantes qualifient la mobilisation «d’historique depuis mai 68» , et promet une «lutte jusqu’à la victoire»!

    Les lycéens le rappellent : «nous ne sommes pas là juste parce que nous n’avons plus de téléphones en cours». Ils rappellent la source de leur colère : des classes surchargées, des conditions de travail dégradées, un manque d’enseignants…». «Ce n’est que le début de la mobilisation lycéennes» préviennent-ils.

    «Aujourd’hui on est plus réprimés que protégés même si manifester est un droit!», scandent les étudiants. Le cortège est désormais devant le tribunal d’Aix, qui a fermé ses grilles par mesure de sécurité, pour protester contre l’interpellation d’un des manifestants hier, devant le lycée Célony.

    A Manosque

    Les lycéens manifestent calmement devant trois lycées de la ville et bloquent les rues de la commune depuis ce matin, aux côtés d’enseignants, de parents d’élèves, de la FSU, la CGT ou encore du PCF.

  • Désinvestissement de l’état : Jean-Louis Masson voit rouge

    Désinvestissement de l’état : Jean-Louis Masson voit rouge

    « Les Départements ne peuvent plus être la variable d’ajustement de l’État », s’insurge dans un communiqué le président (LR) du Département, Jean-Louis Masson. C’est toujours d’une extrême saveur lorsque les élus de droite tapent sur l’austérité budgétaire dont ils sont pourtant les gardiens acharnés. Des contradictions qu’ils sont bien obligés de gérer lorsqu’ils en font eux-mêmes les frais à la tête de collectivités. En tout cas, les nouvelles annonces du gouvernement concernant le budget 2027 ne passent pas du tout.

    « Alors que les Départements sont confrontés à une progression continue de leurs dépenses sociales, notamment en matière de protection de l’enfance, de RSA et d’accompagnement du vieillissement, il leur est une nouvelle fois demandé de participer à l’effort de redressement des comptes publics. Cela ne peut plus durer », poursuit le patron du conseil départemental.

    Et de préciser : « Le prélèvement annoncé de 551 millions d’euros sur les recettes des Départements, dont une part importante sera supportée par les collectivités les plus fragiles, s’ajoute à des années de contraintes financières et de transferts de charges insuffisamment compensés. »

    Une situation qui intervient, insiste-t-il, alors que les collectivités doivent continuer à investir dans leurs collèges, leurs routes, leurs services de secours, leurs politiques sociales et la protection de l’enfance. Et de mettre donc en évidence l’impossibilité à laquelle sont depuis longtemps confrontés les agents des services publics, c’est-à-dire « de faire davantage avec moins de moyens ».

    Révolté, Jean-Louis Masson réclame donc que l’État laisse aux collectivités les moyens nécessaires pour exercer les compétences qui leur ont été confiées.

  • Dans le Var, la CGT assure le service d’ordre

    Dans le Var, la CGT assure le service d’ordre

    « Notre but vraiment, c’est d’être leur service d’ordre et de faire en sorte que tout se passe bien. » Pour Anaïs Pascual, membre de l’UD CGT 83, pas question de laisser les lycéens seuls face à une police « sur les dents ». Encadrer et protéger seront les maîtres mots des militants CGT, mais aussi de la FSU, mobilisés, ce mardi 6 octobre, que ce soit au lycée Bonaparte à Toulon dès 7h30, au lycée Jean-Moulin à Draguignan à 8h et au rond-point Kennedy à 10h30.

    « On a vu, vendredi, une police très énervée, prête à en découdre avec des jeunes de 15 ans. C’est inquiétant pour nos enfants », estime Anaïs Pascual, alors que 30 « minots ont été interpellés à Toulon et qu’il n’y a pas eu de dégradations ». Une attitude qu’elle considère aussi comme très politique. À l’heure où « il y a l’examen du budget, cette mobilisation tombe mal dans le calendrier du gouvernement », analyse-t-elle.

    Revendications communes

    Les revendications portées par les lycéens, dont les chaînes infos ne disent souvent pas un mot, déplore la syndicaliste, rejoignent celles des enseignants mobilisés le 29 septembre pour la défense des services publics. « Ils dénoncent un manque de personnel, de surveillants, d’AESH, d’infirmières… » rappelle Anaïs Pascual. Une certaine convergence des luttes « sur le fond », reconnaît-elle, mais tient-elle à préciser, pas question de déposséder les jeunes de leur mouvement. « Cela reste le leur, nous sommes là en soutien, il va falloir rester zen… », martèle-t-elle.

  • [Entretien] Christophe Ventura, directeur de recherche à l’Iris : « Lula doit convaincre les abstentionnistes »

    [Entretien] Christophe Ventura, directeur de recherche à l’Iris : « Lula doit convaincre les abstentionnistes »

    La Marseillaise : Flavio Bolsonaro est en tête de deux points à l’issue de ce premier tour et il bénéficie de la réserve de voix des autres candidats de droite. Comment analysez-vous ce résultat qui n’était pas celui annoncé par les sondages ?

    Christophe Ventura : C’est une demi-surprise. On sait bien que la polarisation est très forte au Brésil et que le bolsonarisme est puissant et qu’il était plutôt poussé par les sondages ces derniers temps. Sur le premier tour, on a des résultats, en ce qui concerne la présidentielle, qui sont un peu l’inverse de ce que disaient les médias. Les sondages montraient qu’il y aurait 2-3 points d’écart à l’avantage de Lula et c’est Bolsonaro qui sort en tête avec ces points d’avance. Ce qui n’est pas une surprise, en revanche, ce sont les résultats au niveau du congrès brésilien et du Sénat en particulier, ainsi qu’au niveau des 27 États fédérés du Brésil. De ce point de vue là, la poussée des droites annoncée a été confirmée, puisque 15 États sur 27 sont aux mains du bolsonarisme désormais. Pour Lula, le résultat est mauvais, il a baissé en vote partout par rapport au score qu’il avait fait en 2022 contre Jair Bolsonaro. Plus que ce que les sondages indiquaient, y compris dans ses fiefs électoraux comme le Nordeste, où, en général, il caracole en tête. Il a gagné là-bas, mais moins que d’habitude.

    Ce second tour s’annonce très compliqué. Les reports de voix sont plus favorables à Bolsonaro qu’à Lula qui n’a plus beaucoup de réserve de voix. Bolsonaro peut s’attendre à un ralliement plus important des droites dont les voix se sont éparpillées sur les autres candidats. Pour Lula, le trou de souris, si j’ose dire, pour pouvoir faire une remontada, c’est la mobilisation totale de la gauche et de tous les gens qui sont avec lui dans la coalition. Mais c’est aussi, peut-être, d’essayer de convaincre des 33,4 millions d’abstentionnistes. Est-ce que dans ce stock d’abstentionnistes, certains vont retourner voter au second tour pour éviter que l’extrême droite ne l’emporte ? C’est peut-être la seule clé pour Lula désormais.

    Comment expliquez-vous le résultat de Lula ? Son bilan est-il mauvais ?

    C.V. : Si on s’intéresse aux questions économiques et sociales, le bilan de Lula est plutôt bon pour un président sortant qui a gouverné avec un congrès à majorité conservatrice, il faut toujours le rappeler. Il avait des marges de manœuvre assez restreintes. Pourtant, il y a eu des avancées du point de vue de la croissance, l’emploi, la hausse des salaires, etc. Ce mauvais résultat s’explique par une combinaison de choses. La première est le fait qu’encore une fois, Lula a gouverné dans un pays où le bolsonarisme est une force très puissante qui représente à peu près la moitié de la population brésilienne. Celle-ci est unie à la fois par un rejet de Lula, du Parti des Travailleurs (PT), une haine de la gauche au Brésil après les années 2010. Les gens qui sont derrière Jair Bolsonaro considèrent que son emprisonnement est une injustice. C’est un peu comme avec Trump. La base sociale du bolsonarisme fait fi des évolutions économiques, sociales ou de la réalité de la justice brésilienne et reste derrière son champion. Ce qui semble avoir dominé la campagne, c’est moins le bilan du gouvernement que les diatribes, les polarisations, les insultes. Les questions liées à l’insécurité, aux cartels mais aussi à la corruption ont été au centre du débat. Ajoutons à cela la guerre culturelle : la droite et Bolsonaro tapent sur Lula en disant qu’il est le protecteur à la fois des minorités, des LGBT et du wokisme. Il y a un vote religieux très fort au Brésil. Et aujourd’hui, les évangélistes qui représentent un tiers de l’électorat votent massivement pour Bolsonaro au nom de la défense des valeurs chrétiennes, de la famille traditionnelle et, pour eux, Lula, c’est le camp des dégénérés. Je pense également qu’il paye ses 80 ans. Il y a certainement des jeunes primos électeurs, une génération qui arrive avec l’envie de changement, indépendamment de savoir s’ils sont d’accord ou pas avec lui.

    Au-delà du coup d’État, Jair Bolsonaro, le père, a été condamné pour « tentative d’abolition violente de l’État de droit démocratique ». C’est le risque que fait peser un retour de l’extrême droite au pouvoir ?

    C.V. : Oui, bien sûr, ce qui se joue, ce sont les pulsions autoritaristes du bolsonarisme et de l’extrême droite en général. Ce n’est pas la dictature mais la restriction des droits individuels et collectifs, gagnés justement par les combats, les luttes sociales, et qui assume aussi de discipliner le corps social s’il y a des contestations. C’est, comme l’avait fait en son temps Bolsonaro père, l’arrêt du financement par l’État de politiques et de programmes qui visent à défendre les droits des minorités et des femmes. C’est un pouvoir réactionnaire. Quand vous avez une force politique, dont le premier dirigeant a conspiré pour ne pas accepter les résultats d’une élection, assassiner le président Lula et un juge, vous savez à quoi vous avez à faire.

    Donald Trump, qui espère rallier tout le continent, a-t-il pesé sur cette élection ?

    C.V. : C’est l’objet de mon article du mois dans Le Monde diplomatique. Les ingérences américaines au Brésil, ce n’est pas nouveau, ça existe depuis très longtemps. Mais Trump, depuis son retour au pouvoir, n’a eu de cesse de s’immiscer dans la vie politique brésilienne. D’abord avec les droits de douane qu’il impose au Brésil constamment et dont la seule justification, c’est le fait que son copain Bolsonaro est en prison. Ce qu’il estime être une injustice. Ces politiques de taxe douanière sont demandées par les fils de Bolsonaro, Flavio et son frère Eduardo, qui vit aux États-Unis. Ce dernier a écopé de quatre ans de prison parce que justement, il a demandé et obtenu de Trump qu’il applique des droits de douane contre le Brésil.

    Je suis très inquiet car je pense que pour ce second tour, on risque d’avoir encore des mots, des tweets, des posts sur Truth Social [le réseau social du président américain, Ndlr.] de Donald Trump en permanence, pour que son candidat Flavio Bolsonaro, l’emporte. Parce que gagner le Brésil, c’est faire basculer tout le continent. Cela aura une répercussion mondiale. Pour Trump, c’est autre chose que l’Équateur ou même la Colombie.

    C’est un coup de tonnerre au Brésil : le président sortant Lula da Silva est devancé de deux points par Flavio Bolsonaro (45% contre 47%) à l’issue de ce premier tour de l’élection présidentielle. Avec 56 millions de voix, il a fait mieux que son père, l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro, qui en avait engrangé 49 millions quand il avait été élu en 2018 et 51 millions quand il avait perdu face à Lula en 2022. S’il est élu au second tour, il bénéficiera d’un Parlement penchant fortement à droite. Pour le champion de la gauche, âgé de 80 ans et en quête d’un quatrième mandat non consécutif, l’enjeu est désormais de convaincre les 21% d’abstentionnistes et les électeurs qui ont voté blanc.

  • Sans surprise, le budget, s’il passe, sera austéritaire

    Sans surprise, le budget, s’il passe, sera austéritaire

    « Pyromane », c’est ainsi que le gouvernement est qualifié par la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet et le sénateur communiste Ian Brossat. Et pour cause : le projet de budget présenté ce jeudi en Conseil des ministres puis à la presse, prévoit un « effort » affiché de 54 milliards d’euros pour ramener le déficit public de 5,4% à 5% du PIB. Dans le détail c’est « 43 milliards d’euros de mesures de redressement » des finances publiques auxquelles s’ajoutent « la montée en charge de mesures de redressement prises en 2026 » et « antérieurement », amenant l’ensemble à « 54 milliards d’euros » l’an prochain.

    « C’est un effort important », concède le ministre de l’Économie Roland Lescure. « Il n’y a pas, dans ce budget, de hausse générale d’impôts », promet pour sa part le ministre des Comptes publics David Amiel. Puis, avant d’assurer que « nous avons l’une des Sécurités sociales les plus généreuses du monde, et c’est normal », il annonce deux milliards d’euros d’économie. Les retraités feront partie des plus impactés car l’exécutif propose que les pensions supérieures à 1 260 euros ne soient plus indexées intégralement sur l’inflation. Mais aussi de ramener à 3 000 euros le plafond de l’abattement fiscal de 10% sur l’impôt sur le revenu dont bénéficient nos aînés (contre 4 439 euros actuellement).

    Le baiser de la mort

    Alors que la fonction publique a manifesté ce mardi contre le gel du point d’indice, le gouvernement confirme la mesure. La revalorisation des APL est également gelée. L’aide publique au développement (APD) se voit entaillée de 1,85 milliard d’euros. L’écologie et l’agriculture ont, à ce stade, été épargnées par les coupes. Les crédits alloués à la sécurité augmentent de 600 millions d’euros pour atteindre 25,4 milliards d’euros.

    Le PCF compare le chef de gouvernement au président d’extrême droite argentin Javier Milei, actuellement en France : « 54 milliards d’euros de casse sociale : voilà le budget à la tronçonneuse annoncé par Sébastien Lecornu pour 2027. (…) Il faudrait payer toujours plus pour vivre toujours moins bien. Pendant ce temps, les grandes entreprises bénéficient de 2,5 milliards d’euros de contribution en moins. Les niches fiscales sont protégées et les actionnaires se gavent. Refusons ce massacre social. »

    A contrario, l’extrême droite elle, se félicite du plan dévoilé : « Deux nouvelles victoires ! Depuis que j’ai lancé ces combats contre les gabegies de France Travail et de l’aide publique au développement à vos côtés, nous avons contraint le gouvernement à baisser ces dépenses », glousse l’eurodéputée Reconquête Sarah Knafo. Le baiser de la mort pour la macronie.

    « Ce budget est une provocation, rien ne tend la main aux socialistes alors que le gouvernement et le Premier ministre nous a envoyé une lettre il y a peu de temps nous appelant à un compromis », fait valoir Estelle Mercier, députée PS cheffe de file sur le budget de l’État pour son groupe. Reste à savoir qui de l’opposition acceptera de s’allier à l’exécutif pour faire passer ce budget aux mesures inflammables à seulement quelques mois de l’élection présidentielle. Ou si le gouvernement activera le sempiternel article 49.3.

    Nicolas Isnard monte au créneau

    « L’addition est trop lourde » : le constat unanime des élus rassemblés au Congrès de France Urbaine, l’association regroupant les Métropoles et grandes Villes de France, qui s’est tenu jeudi à Paris en même temps que la présentation du projet de budget par le gouvernement. Parmi eux, Nicolas Isnard, président de la Métropole Aix-Marseille Provence, a clamé : « L’heure est grave pour les Métropoles de France. Nous sommes plusieurs institutions à avoir été placées financièrement dans le rouge par un État ruiné qui redistribue un argent dont il ne dispose pas ! » Et de demander « que les territoires industriels comme le nôtre soient mieux protégés. Participer à l’effort national me paraît normal mais à condition que l’on nous donne les moyens de nous réformer en profondeur ».

  • Colère légitime, violences intolérables

    Colère légitime, violences intolérables

    De nombreux lycéens se sont mobilisés hier dans toute notre région, marquant un véritable changement d’échelle du mouvement qui proteste à la fois contre le manque de professeurs, de personnels et de moyens, mais aussi contre l’état de certains lycées ou encore contre Parcoursup, un système de sélection injuste où l’orientation des élèves est confiée à un algorithme opaque.

    Dans ce contexte de colère légitime, des violences graves ont éclaté notamment à Marseille : des personnels de l’Éducation nationale et un marin-pompier blessés, un véhicule des pompiers et un bus incendiés, causant un retrait des agents de la RTM et une paralysie de tout le réseau de transports.

    Ces violences sont intolérables d’autant plus qu’elles touchent des personnes et des biens essentiels aux services publics. Elles sont instrumentalisées pour semer le discrédit et justifier les violences policières.

    Priorité à la jeunesse

    Les provocateurs, les casseurs, les violents, n’ont pas leur place dans un mouvement qui exprime une colère et des revendications légitimes.

    La décision d’imposer des cours en distanciel et de mettre la pression sur les rassemblements spontanés ne règle rien des questions de fond posées par ce mouvement.

    Le gouvernement, minoritaire à l’Assemblée nationale, s’est déjà mis à dos les automobilistes, les fonctionnaires, les retraités, les collectivités territoriales… Le voilà confronté à la jeunesse.

    Aucune des vieilles ficelles libérales, pas plus que la potion amère de l’austérité ne sont en mesure de calmer sa colère et – c’est encore pire – de lui tracer un avenir désirable.

    Ce devrait pourtant être la priorité de notre société.

  • Coup de semonce

    Coup de semonce

    À la veille de la présentation du projet de loi de finances par le chef du gouvernement, les agents de la fonction publique ont donné le ton et un premier coup de semonce en manifestant massivement, ce mardi. Écoles, hôpitaux, enseignement supérieur, etc. Dans les trois versants de la fonction publique, d’État, territoriale et hospitalière, la colère monte contre une politique d’austérité avec des salaires de misère et un point d’indice gelé. Or, les besoins de la société sont massifs. Ne pas renforcer les services publics, c’est faire le choix de privatiser, in fine, l’accès à des droits fondamentaux, de l’éducation en passant par la santé.

    L’aspiration de la jeunesse

    Que répond pour l’instant le gouvernement de Sébastien Lecornu ? Austérité, austérité, austérité. 54 milliards d’économies sur le futur budget de l’État sont programmées. Des pans entiers de nos services publics seront encore affaiblis à l’instar de l’éducation. Le mouvement lycéen, qui commence à se répandre dans le pays, illustre à la fois l’état de délabrement de certains établissements, le manque de professeurs, mais aussi l’aspiration des jeunes, notamment, des quartiers populaires, à étudier dans des conditions décentes. Maltraiter les services publics, c’est accentuer les inégalités sociales. C’est cela que les agents de l’État, des collectivités locales, des hôpitaux, ont dénoncé ce mardi 29 septembre en faisant grève et en manifestant. Elles et ils ont porté des revendications salariales, dénonçant là encore une politique qui fait la part belle aux plus fortunés au détriment de l’intérêt général.

  • [Chroniques méditerranéennes] Nous sommes tous Maricarmen !

    [Chroniques méditerranéennes] Nous sommes tous Maricarmen !

    « Somos todos Maricarmen » ont scandé des milliers de personnes lors de manifestations à travers le pays après l’expulsion de Maricarmen âgée de 87 ans de son appartement, mercredi à Madrid dans le quartier du Retiro. Un appartement, dans lequel elle vivait depuis 70 ans. Évacuée sur son fauteuil roulant compte tenu de son handicap et dirigée sur un hôpital, en attendant son relogement chez un cousin, cette expulsion a suscité dans tout le pays une vague d’indignation, Maricarmen devenant malgré elle le symbole de la lutte pour le droit au logement et contre les expulsions. C’est après une longue bataille juridique que le fonds spéculatif qui avait acquis cet appartement d’un précédent propriétaire a eu gain de cause. En augmentant le loyer de 275% soit 2 650 euros par mois le fond « vautour » mettait Maricarmen en difficulté pour s’acquitter de ses loyers. Depuis le siège de l’ONU à New York où Pedro Sanchez se trouvait mercredi, le chef du gouvernement a réagi en dénonçant « une tragédie nationale que nous ne pouvons accepter », du côté de Sumar les partenaires du gouvernement dénoncent eux « la passivité de la ministre du logement ». Sumar qui se saisit de cette affaire pour porter au conseil des ministres de mardi, la demande d’expropriation du logement de son propriétaire le fonds spéculatif Urbagesa. La porte-parole de Sumar, Veronica Martinez, a déclaré jeudi « nous voulons mettre fin à cette injustice et envoyer un message clair aux spéculateurs et aux fonds vautours : le logement est un droit, pas un commerce ». Cette demande d’expropriation d’Urbagesa « doit marquer un tournant face à la spéculation immobilière. C’est pourquoi nous proposons également des modifications législatives afin qu’une telle situation ne puisse plus jamais se produire », a ajouté la porte-parole de Sumar. L’expulsion de Maricarmen remet sur le devant de la scène la politique du logement du gouvernement, une politique largement insuffisante, et par certains aspects incompréhensible, de la part d’un exécutif de gauche. Pour preuve le vote des députés du PSOE le 15 septembre lors d’une séance des Cortès, ceux-ci ont rejeté avec la droite l’examen de la loi proposée par le groupe Sumar qui interdit de vendre des appartements à des grands fonds d’investissement dont l’objectif est le commerce du logement. Avec les votes du PP, de Vox, de Junts (indépendantistes catalans) et l’abstention du PSOE le Congrès des députés a repoussé toute possibilité de prendre en considération l’examen de cette proposition de loi.

    Ce vote des députés socialistes montre clairement les différences au sein de la coalition gouvernementale en matière de politique du logement. Ce texte qui fut déjà présenté en novembre 2025, avait été repoussé grâce aussi à une abstention des députés du PSOE. Difficile de comprendre l’attitude des députés socialistes, qui ne traduisent pas dans leurs actes les politiques promises auprès des électeurs de gauche souvent victimes des spéculateurs. Les manifestations qui se multiplient dans le pays, comme encore ce samedi, dénonçant la main mise des fonds spéculateurs sur le logement et contre les expulsions vont probablement rappeler aux ministres la politique sur laquelle ils se sont engagés. Les ministres communistes au gouvernement et la coalition Sumar au Congrès des députés entendent bien dans les jours qui viennent faire bouger les lignes. Les bonnes déclarations de Pedro Sanchez dénonçant « une tragédie nationale » et l’incapacité de la droite locale à régler les problèmes de logement à Madrid, ne suffiront pas tant que ne seront pas pris des actes concrets et législatifs contre les fonds spéculatifs et pour le droit au logement.

    Journaliste, président de l’Association pour le souvenir de l’exil républicain espagnol (Aseref)

  • Vers une grève unitaire de défense des services publics

    Vers une grève unitaire de défense des services publics

    « Entre le budget à venir, qui s’annonce encore plus pourri que celui de François Bayrou et les annonces de mardi sur la crise énergétique, qui ne sont qu’une politique des chèques, la colère ne fait que se renforcer ». À la Bourse du travail de Marseille, ce mercredi, Marc Pietrosino, le secrétaire général de l’Union Départementale CGT des Bouches-du-Rhône, ne fait pas de hasard sur la tonalité de la journée de grève et d’action du mardi 29 septembre prochain. « Les retours que nous avons sur cette journée, c’est que la mobilisation s’annonce bien suivie. C’est une journée qui déborde de la fonction publique », développe le syndicaliste.

    Autour de lui, on retrouve les représentants de la large intersyndicale à l’origine de l’appel : FO, Unsa, CFDT, CFE-CGC, FSU et Solidaires. Avec l’objectif d’envoyer un message clair au gouvernement à la veille des débats parlementaires autour du prochain budget de l’État. « Sous l’égide de la dictature de la dette, on fait face à une destruction des services publics et une guerre contre les trois versants de la fonction publique », dénonce René Sale pour l’Union Départementale FO 13.

    Concrètement, le pire est à craindre pour les fonctionnaires. « Pour la énième fois consécutive, le gouvernement parle encore du gel du point d’indice. Et un rapport de la Cour des comptes, paru ce mardi, veut aller plus loin en réduisant la masse salariale », explique Virginie Akliouat, pour la FSU 13, qui s’attend à une « grève massive ». Cette question du gel du point d’indice, base de calcul du salaire des agents de la fonction publique cristallise l’attention : « Depuis 2010, date du gel des salaires, on a perdu 24% de pouvoir d’achat ». François Canu, pour l’UD CGT 13, abonde : « Cela me fait 700 euros de moins par mois pour un agent de catégorie C dans la fonction publique ». Alice Richard, pour Solidaires 13 résume les orientations que combattent les syndicats : « Ce budget fait des économies sur le dos des fonctionnaires et les services publics. Mais cela a des conséquences : un soignant se suicide tous les trois jours ».

    « Tout le monde

    est concerné »

    Et si cette journée de grève fait logiquement le focus sur la fonction publique, l’UD CGT 13 entend élargir la mobilisation à d’autres professions, suivant le slogan « pas de services publics sans industries » et inversement. Guillaume Pascal, secrétaire général de l’UD CFDT 13, insiste : « Tous les travailleurs trinquent directement ou indirectement face aux attaques mais les fonctionnaires sont en prise directe avec l’État ». In fine, il rappelle surtout que « tout le monde est concerné par ce mouvement. Quand les agents publics vont bien, les services publics sont de meilleure qualité ».

    À Marseille, le cortège s’élancera du haut de la canebière à 10h30 en direction de la préfecture. D’autres mobilisations sont aussi prévues dans le département à Miramas, Arles et Martigues.