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  • [Logement social] Erilia, un plan stratégique à 4 milliards d’euros

    [Logement social] Erilia, un plan stratégique à 4 milliards d’euros

    Inaugurant mardi son nouveau siège social 242, avenue Jules- Cantini, le leader de l’habitat social en région Paca Corse, Erilia, qui est une des plus grandes entreprises sociales pour l’habitat avec 91 768 logements sociaux en France, a dévoilé son « plan stratégique pour agir face à la crise du logement ».

    « Le logement social est une question de société essentielle avec un risque très fort de bombe sociale si on ne le prend pas en compte », a alerté Christine Fabresse, la présidente du conseil d’administration d’Erilia, par ailleurs à la tête du directoire de la Caisse d’Épargne Provence Alpes Corse, premier financeur du logement. « Tout gouvernement confondu, on a toujours eu plus d’ambition que de réalisations. On atteint des summums. 1 demandeur sur 7 s’est vu attribuer en 2025 un logement social. Pratiquement 3 millions de Français sont dans l’attente. 256 000 demandes en région Sud et cette demande ne cesse de croître avec 16 000 demandes de plus l’an dernier dans les Bouches-du-Rhône », a-t-elle rappelé.

    D’où l’accueil très favorable fait à l’annonce par le Premier ministre de son plan d’aide à la construction de 2 millions de logements d’ici 2030, qui conforte les ambitions d’Erilia « qui a pris toute sa part sur les besoins de couverture en logements sociaux sur son territoire ». « Inspire 2030 », son plan stratégique se veut « très ambitieux et très réaliste », « c’est une feuille de route opérationnelle déclinée en actions très concrètes », insiste Christine Fabresse.

    Premier axe de ce plan : la « satisfaction client » dont le taux doit passer de 77 à 80%. 18 mois après avoir fusionné avec Logirem, Erilia veut améliorer sa relation avec ses locataires, « gommer les petits actes d’incivilités » avec des équipes de terrain pour traiter les graffitis, les encombrants, les petits dégâts, recréer du lien social avec les 400 gestionnaires d’immeubles pour davantage de « tranquillité résidentielle, de propreté et de sécurité, sans hausse de charges », même si, tient à rappeler Frédéric Lavergne, son directeur général, « notre rôle n’est pas d’assurer la sécurité dans les quartiers. Le régalien est là pour cela. » 40% du patrimoine d’Erilia est en quartier prioritaire de la ville.

    Second axe, la transition environnementale. Erilia entend investir 1,2 milliard d’euros ces cinq prochaines années pour transformer massivement son bâti existant et rénover 10 300 logements, les adapter au climat de demain. Les passoires thermiques ont été éradiquées. La réhabilitation d’Air Bel est lancée, celle de la résidence Fontvert (14e) et de la Bricarde (15e) doivent débuter au printemps puis ensuite la Castellane avec la renaturation de résidences pour compenser l’empreinte carbone et refaire descendre les habitants au pied des immeubles et recréer du lien social.

    Troisième axe ans doute le plus important, le développement. Il s’agit de « produire plus, plus vite et mieux ». La production de logements sociaux pour réduire la pénurie : « 15 000 logements sociaux seront lancés en construction à l’horizon 2030 dont 2 400 logements à partir de 2027 pour renforcer l’offre dans les territoires les plus tendus. » À 180 000 euros par logement en moyenne, cela chiffre l’effort de construction à 2,7 milliards d’euros.

    Face au constat du vieillissement de la population de son parc social (8% seulement de ses locataires ont moins de 30 ans), Erilia fait une priorité de l’accès au logement social pour les jeunes et va développer une marque dédiée « Génération habitat & Services Junior » pour produire 500 logements dédiés aux jeunes à l’horizon 2030.

    Par ailleurs, 1 000 logements seront produits en acquisition amélioration pour du recyclage urbain d’immeubles de rapport. Erilia est aussi l’opérateur lauréat pour le recyclage des 7 immeubles allant du 71 au 83 rue d’Aubagne pour y produire 24 logements sociaux. Lancement des travaux ce printemps.

  • Des vœux revendicatifs pour les portuaires CGT

    Des vœux revendicatifs pour les portuaires CGT

    Des portuaires de Marseille mais aussi de Fos-sur-Mer ont assisté nombreux ce jeudi 22 janvier aux vœux de la CGT. L’occasion pour leur secrétaire général, Pascal Galéoté, de contextualiser ce traditionnel exercice. D’abord, la situation internationale qui concerne au premier chef un port ouvert sur le monde.

    Santé, paix, solidarité, « ces mots peuvent paraître simples mais ils prennent aujourd’hui une résonance toute particulière dans un monde traversé par l’instabilité, les conflits et les dérives autoritaires » pose-t-il. Et de revenir sur un « Donald Trump qui se pose en arbitre du monde et en tuteur autoproclamé des nations ». Il rappelle à quel point le « discours politique s’est décomplexé, glissant sans retenue d’une droite conservatrice vers une extrême droite agressive, autoritaire et prédatrice ». Déplorant la multiplication des interventions militaires, en dehors « du droit international, du rôle de l’ONU et de la souveraineté des peuples », le syndicaliste souligne le cas du Venezuela, revient sur les velléités de Trump de capter les ressources fossiles du Groenland.

    La domination par la force. Une logique « que nous retrouvons en France » décline Pascal Galéoté déplorant « la concentration des pouvoirs, l’arrogance et l’autoritarisme » qui entraîne le pays vers « l’impasse démocratique ». Jusqu’à user du 49-3 faute de pouvoir voter un budget, après avoir « refusé de nommer un Premier ministre issu du Nouveau front populaire pourtant arrivé en tête aux dernières législatives ».

    Remise en cause du 1er mai

    Et de dénoncer le creusement des inégalités, les aides aux entreprises qui atteignent des sommets « sans aucune contrepartie sociale, salariale, environnementale ou industrielle ». Il enchaîne sur la remise en cause des « repères sociaux, des droits collectifs et de nos symboles ». Il entend par là le détricotage du 1er mai avec une proposition de loi LR, soutenue par les macronistes et le RN, pour autoriser ce jour-là le travail de certains secteurs, restaurants, fleuristes ou culture, en débat ce jeudi à l’Assemblée nationale. Pas question pour lui de « s’attaquer aux droits sociaux et à l’histoire ouvrière ».

    En matière de dérive, il revient aussi sur cette Une du journal La Provence le 14 janvier, sur les « grands procès de 2026 », le mettant au même niveau notamment que le chef du clan Yoda. Si depuis, le directeur de la rédaction, Olivier Biscaye, s’est fendu d’une adresse aux lecteurs, réfutant « l’idée d’avoir voulu porter atteinte à l’honneur » du responsable CGT, une rencontre a eu lieu ce jeudi matin indique Pascal Galéoté, entre « notre fédération, l’Union départementale » et « la numéro 2 de CMA et le directeur du pôle média ». « Profondément attaché à la liberté de la presse », il estime qu’elle « implique des responsabilités ».

    Fort de 42 500 emplois portuaires pour 54 métiers, soit « des dizaines de milliers de familles », il s’inquiète aussi de l’avenir, alors que la campagne des municipales bat son plein. « L’espace portuaire n’est pas un espace de loisirs », assène-t-il. Sans industrie, le port deviendrait « une coquille logistique fragile, soumise à la volatilité des trafics et à une concurrence internationale féroce », prévient-il, « la transition écologique ne peut se résumer à une opposition simpliste entre la fin du monde et la fin du mois ». Malgré un chiffre d’affaires en hausse de 245 millions d’euros, le bilan d’activité reste contrasté analyse-t-il, « le port doit beaucoup à ses activités passagers, à la réparation navale et à la fourniture de ses services essentiels comme l’eau et l’électricité ».

    « Une conjoncture instable », qui ne doit pas faire oublier que ce résultat est celui d’une « capacité collective à produire de la richesse » martèle Pascal Galéoté, fier de revendications qui ont permis la création de 37 emplois supplémentaires en 2025, « dont 4 négociés hier soir pour l’activité voyageurs », de « 87 nouvelles adhésions en 2025 pour atteindre les 867 syndiqués ».

    « L’espace portuaire n’est pas un espace de loisirs »

  • En Vaucluse, des attaques de loups mais pas d’urgence

    En Vaucluse, des attaques de loups mais pas d’urgence

    « Ce qu’on attend surtout en Vaucluse, c’est l’intervention rapide des lieutenants de louveterie. Jusqu’ici, c’était rare que quelqu’un intervienne tout de suite, on devait parfois attendre plusieurs jours », confie Nicolas De Cecco, éleveur ovin à Monteux et coprésident de la Fédération départementale ovine du Vaucluse, alors qu’il est questionné sur le projet du gouvernement d’autoriser les tirs de défense contre les attaques de loups.

    Il fait notamment écho à un incident évoqué quelques minutes plus tôt, lors de l’assemblée générale du syndicat ce jeudi 8 janvier. Pendant les fêtes de Noël, un troupeau d’ovins vauclusien a été attaqué par des loups. Pas de tirs de la part de l’éleveur, mais une réaction rapide des services de l’État avec l’intervention quasi immédiate d’un lieutenant de louveterie, qui s’est rendu sur place et qui est venu « assurer la protection du troupeau et, s’il y a une attaque, venir en défense », précise Yoann Toubhans, sous-préfet de Carpentras, qui a également assisté à la réunion.

    Quant au droit de tirer, le responsable syndical se montre un peu plus réservé, alors que des meutes ont été observées sur le mont Ventoux en novembre dernier. « Même si on aura le droit de tirer, je ne suis même pas sûr que ça arrive ici. Et garder le troupeau avec un fusil, ce n’est pas l’idéal », complète-t-il.

    Simplification administrative

    Le territoire n’est pas le plus touché par les attaques. Nommé le 8 décembre dernier, Yoann Toubhans avait été confronté à la problématique du loup dans ses précédentes fonctions en tant que sous-préfet de Toul en Meurthe-et-Moselle et sous-préfet chargé de mission auprès du préfet des Alpes-Maritimes, où l’animal est particulièrement présent. « Le Vaucluse est concerné par l’évolution, mais ce n’est pas le territoire au plus près des fronts de colonisation », assure-t-il.

    Ce dont on se réjouit le plus du côté des membres du syndicat, c’est la plus grande souplesse sur le plan administratif sur l’achat de matériel. « Ce sont des points qui s’améliorent. On investit par exemple dans des lunettes thermiques ou des drones. Car on ne peut pas tenir toutes les nuits à se lever dès que les chiens aboient », confie Nicolas De Cecco.

  • [Rétrospective politique 2025 1/2] Le pays s’enfonce dans l’instabilité

    [Rétrospective politique 2025 1/2] Le pays s’enfonce dans l’instabilité

    Sébastien Lecornu est la personnalité politique française la plus recherchée sur le moteur de recherche de Google en 2025. Une nouvelle distinction pour celui qui s’était autoproclamé « le Premier ministre le plus faible de l’histoire de la Ve République » peu après sa nomination par le président de la République, le 9 septembre.

    Qu’en penser ? Que la surprise fut grande dans l’esprit des Français lorsqu’Emmanuel Macron dans une fin de règne devenue éreintante, s’entêtant depuis les élections législatives anticipées de juillet 2024 à ne pas vouloir désigner une personnalité issue des rangs de la gauche, le plaça à Matignon ? Il y a sans doute de ça.

    Et pourtant. L’homme a été d’absolument tous les gouvernements durant les deux quinquennats Macron. Sept en huit ans sans compter les deux qui porteront désormais son nom. Sébastien Lecornu ne devrait donc pas être un illustre inconnu aux yeux des Français. D’autant que les postes qu’il a occupés n’étaient pas de petits strapontins : secrétaire d’État à la transition écologique et solidaire (2017-2018), ministre des collectivités territoriales (2018-2020), ministre des Outre-mer (2020-2022) puis ministre des Armées (2022-2025)… Sans compter que le nom de celui qui est toujours conseiller départemental de l’Eure a régulièrement circulé lorsqu’il a été question de trouver un locataire à Matignon…

    Lecornu s’en va et revient

    Plus vraisemblablement, cette curiosité numérique est à rechercher dans ce qui, selon un sondage Odoxa sorti ces derniers jours, est considéré par 47% Français comme l’événement le plus marquant de l’année 2025 : l’instabilité politique. Ils la placent devant le retour de Donald Trump et les problèmes de pouvoir d’achat (40%), avant la poursuite de la guerre en Ukraine (33%) ou le conflit israélo-palestinien (27%)…

    Depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, l’absence de majorité claire, les chutes des gouvernements Barnier et Bayrou, sur fond de difficultés récurrentes à faire adopter un budget à l’état, ont nourri un climat d’incertitude prolongée. S’il est parvenu à faire adopter celui de la Sécurité sociale pour 2026, Lecornu a lui aussi entretenu ce trouble.

    En septembre, il ne mettra pas moins de 26 jours pour former une équipe gouvernementale. Un choix que l’on pensait mûrement réfléchi mais dont l’annonce, le 5 octobre, suscitera une telle réaction épidermique des Républicains, qu’il démissionnera dans la foulée. Quatorze heures. Le gouvernement Lecornu 1 restera le plus éphémère de l’histoire. Mais n’étant pas à une contradiction près, il finira par accepter, « par devoir », la nouvelle nomination du président, le 10 octobre, sacrifiant au passage, la réforme des retraites, suspendue jusqu’en 2027, et promettant de ne pas recourir au 49-3

    Emmanuel Macron qui souhaitait dans ses vœux aux Français que cette année 2024 soit celle du « ressaisissement collectif » et de « la stabilité » avait une nouvelle fois tout faux.

    Ch.C.

    9 septembre : Bayrou démissionne

    Le 8 septembre, à l’issue d’une déclaration de politique générale centrée sur la dette, la gauche, l’extrême droite et une partie de la droite de l’Assemblée refusent de voter leur confiance au Premier ministre qui l’avait sollicitée. Une première dans la Ve République. Le lendemain, acculé par les critiques sur son plan de rigueur budgétaire (43,8 milliards d’économies, suppression du 8-Mai et du lundi de Pâques fériés), fragilisé par l’affaire Bétharram et l’échec du conclave sur les retraites, plombé par la loi Duplomb, François Bayrou, nommé à Matignon fin 2024 tout en restant maire de Pau dont il dirigera une séance du conseil municipal en pleine crise humanitaire à Mayotte, présente sa démission au président de la République qui l’accepte.

    Ch.C.

    2 janvier – 26 décembre : les ministres en visite à Marseille

    Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a ouvert le bal le 2 janvier. Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, l’a refermé le 26 décembre. En 2025, Marseille a reçu plus d’une vingtaine de visites officielles de ministres, la plupart sous le gouvernement Bayrou qui y passera, lui-même, le 5 mai. Emmanuel Macron s’y est rendu à deux reprises : en février avec le président indien, Narendra Modi, puis en décembre sur fond de guerre contre le narcotrafic.

    Ch.C.

    Nouveau mode de scrutin pour voter à Marseille

    Les encarts publicitaires du président (Ren.) de Région, Renaud Muselier, dans la presse nationale en février n’y auront rien fait : le 8 août, le Conseil constitutionnel a définitivement validé la réforme du mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille dit loi PLM pour les prochaines municipales. Emporté dans les vicissitudes de la dissolution, le texte initialement porté par le député (Ren.) de Paris Sylvain Maillard a été repris à la volée, au début du mois de février, par le Premier ministre François Bayrou. Une réforme largement perçue comme un coup de pouce pour faciliter une candidature de la ministre de la Culture Rachida Dati à Paris, et qui, à fronts renversés, a rencontré l’opposition ferme de la droite marseillaise et le soutien du maire (DVG) de Marseille. Après le début de l’examen du texte au mois de mars, il a été définitivement adopté le 11 juillet, avec les voix de Renaissance, LFI, le RN et une minorité de socialistes. Instituant désormais deux scrutins distincts dans les secteurs et à l’échelle municipale, avec deux urnes.

    Y.S.

  • « Kast est très lié aux forces d’extrême droite mondiales »

    « Kast est très lié aux forces d’extrême droite mondiales »

    La Marseillaise : Comment abordez-vous le second tour de l’élection pour la présidence du Chili ?

    Carlos Ominami : La droite et l’extrême droite ont réussi à faire de cette élection une sorte de référendum pour ou contre le gouvernement sortant. Ce gouvernement, élu avec énormément d’espoirs, a rencontré de grandes difficultés et a rapidement déçu. Jeannette Jara, la candidate de gauche, a fait campagne tout en portant ce bilan, en tant que ministre du Travail sortante. Je ne veux pas faire de pronostic, mais il est évident que la droite risque de l’emporter car la campagne s’est jouée sur le thème de l’insécurité, un domaine où elle est plus forte. Leur campagne a suivi une espèce de recette traditionnelle, en mobilisant les peurs de l’insécurité et des immigrés. Du point de vue économique, ils ont une analyse très simpliste selon laquelle pour reprendre la croissance, il faut diminuer les impôts et les régulations. S’ils l’emportent, le Chili deviendra une espèce de champ d’expérimentation de l’extrême droite. José Antonio Kast est très lié aux forces d’extrême droite en Amérique latine et en Europe, c’est une pièce relativement importante de ce réseau. Il a visité la Hongrie d’Orbán, a des rapports très étroits avec Vox en Espagne ainsi qu’avec Meloni en Italie. Il est très proche du président Trump aux États-Unis, de celui du Salvador Nayib Bukele et voyageait beaucoup au Brésil quand Bolsonaro était président.

    Comment expliquer qu’un nostalgique de la dictature d’Augusto Pinochet puisse accéder au second tour ?

    C.O. : C’est une question qu’on se pose aussi. La plupart des gens qui vont voter dimanche n’étaient même pas nés au moment du coup d’État. Depuis 2019, le passage à un système de vote obligatoire, fait voter une masse de gens très peu politisée, pour laquelle l’Histoire, n’existe pas. Les générations les plus vieilles ont une mémoire historique qui fait défaut aux plus jeunes.

    Toute la droite s’est rangée derrière Kast ?

    C.O. : Ce que montre le processus actuel, c’est qu’on n’a pas véritablement une droite démocratique au Chili. Il y a quelques personnalités de droite qui sont démocratiques. Mais dans l’ensemble, de façon organique, on n’a pas une droite démocratique. La nuit du 16 novembre [le soir du premier tour, Ndlr.], les principales forces de droite, étaient avec Kast pour célébrer sa victoire, se mettre à sa disposition pour le second tour et faire partie du gouvernement. Selon moi, Kast est un péril. C’est quelqu’un qui a bâti toute sa trajectoire sur les désaccords, les ruptures, l’intransigeance à la façon de l’extrême droite. Les promesses qu’il a faites pendant la campagne d’en finir avec l’insécurité, avec la délinquance, l’immigration irrégulière, ne sont pas tenables.

    Jara pâtit du bilan du président sortant Gabriel Boric ? Est-il mauvais ?

    C.O. : Il a vraiment déçu. Gabriel Boric a remporté la présidentielle en décembre 2021, avec l’espoir de mettre en place des réformes structurelles profondes. Or, de ce point de vue-là, c’est un échec, il n’a pas réussi. Il avait une faible majorité parlementaire qu’il a perdue. En septembre 2022, six mois après l’installation du gouvernement, s’est tenu le référendum sur la nouvelle Constitution. Le futur de ce gouvernement s’est joué à ce moment-là. La Convention constitutionnelle a été élue dans des conditions très particulières, dominée par les groupes identitaires : les régionalistes, les animalistes, les indigènes, qui n’avaient pas un projet global. Le gouvernement a soutenu cette approche, pour un résultat catastrophique : 62% contre, 38% pour. Ce moment est très important parce qu’on est toujours, finalement, sur ces clivages : pour ou contre la nouvelle Constitution. Le niveau d’approbation du gouvernement dans les sondages ne dépasse pas les 30%. Il suffit d’avoir ça à l’esprit pour se rendre compte des difficultés qu’on a rencontrées pendant cette campagne.

    Le Chili est l’un des pays les plus inégalitaires au monde. Subit-il encore les réformes héritées de Pinochet ?

    C.O. : L’économie s’est assez bien portée pendant toute une période, avec une forte croissance lors des 15 premières années de la transition. Depuis 10 ans, on est à des taux de croissance aux environs de 2%. Cette baisse importante a réduit les possibilités de l’État d’avoir les ressources permettant de développer de façon plus profonde les politiques sociales. Le diagnostic de l’extrême droite est que le pays en crise est bon pour son électorat mais c’est faux. Pour l’année 2026, l’économie chilienne doit renouer avec une croissance aux environs de 3% avec une inflation de 3%. Ce n’est pas du tout le pays en ruine qui est décrit par l’extrême droite.

    Les Chiliens votent ce dimanche pour élire leur prochain dirigeant. Ce second tour voit s’affronter deux candidats que tout oppose : Jeannette Jara, militante communiste, ex-ministre du Travail du gouvernement sortant est à la tête d’une large coalition de gauche. Elle s’est imposée sur la scène nationale en réduisant la semaine de travail à 40 heures et en lançant une réforme du système privé de retraites. Arrivée en tête au premier tour avec 26,85%, ses réserves de voix sont faibles face à son adversaire José Antonio Kast, fils de nazi, admirateur du dictateur Augusto Pinochet, derrière lequel toute la droite s’est rangée…

  • Annonces militaristes : la « préparation des esprits »

    Annonces militaristes : la « préparation des esprits »

    Ces derniers jours, la petite musique qui monte sème l’angoisse. À mesure que le budget alloué à la défense se muscle, les annonces publiques liées à la menace russe se succèdent. Selon le chef d’état-major des armées Fabien Mandon, il faut s’attendre à une guerre « dans trois ou quatre ans ». Devant les maires de France le 18 novembre, il s’est montré plus pressant encore en affirmant qu’il fallait « accepter de perdre ses enfants ». Le jeudi 27 novembre, Emmanuel Macron a ensuite dévoilé les contours du tout nouveau service national volontaire, plus militaire que le SNU (service national universel) qui le précède, et qui engagera les jeunes sur 10 mois.

    Une pression militariste inquiétante, que le chercheur en sciences politiques Jean Joana assimile à une sorte de préparation mentale. « Je crois qu’il s’agit d’une préparation des esprits, mais finalement, on reste dans la demi-mesure. Si la situation devait dégénérer au-delà de l’Ukraine, je pense que la France est plus sûrement protégée par le fait qu’elle dispose de l’arme nucléaire, que par les effectifs qu’elle est susceptible de mobiliser », analyse le chercheur.

    Si ces annonces ont suscité une vague d’émotion, c’est parce qu’elles sont inédites. « Nous avons rarement été confrontés à ce genre de situation par le passé. À l’époque de la guerre contre le terrorisme, quand le chef d’état-major des armées expliquait qu’il fallait rester sur le qui-vive et que la menace était forte, cela restait dans le cadre d’une armée professionnelle. Ce qui a suscité le débat ces derniers jours, c’est qu’aujourd’hui, l’effort demandé touche tout un chacun », ajoute Jean Joana, qui estime le risque plus élevé qu’il y a cinq ans.

    « Personne n’est dans la tête de Vladimir Poutine, mais il est dans une posture offensive. Cependant, on se dit aussi qu’il n’est peut-être pas prêt pour repartir à la conquête d’autres territoires, membres de l’Otan (Organisation du traité de l’Atlantique nord) qui plus est, et qui impliqueraient une réaction militaire plus forte qu’en Ukraine. C’est peut-être hors de sa portée », tempère le chercheur.

  • [Entretien] Maxime Launay : « Comprendre le scénario dans lequel se place l’état-major »

    [Entretien] Maxime Launay : « Comprendre le scénario dans lequel se place l’état-major »

    La Marseillaise : Comment analyser ce passage du service national universel au service national volontaire ?

    Maxime Launay : Promis par Emmanuel Macron en 2017 en réponse au vide ressenti par certains depuis la suspension en 1997 du service national, le service national universel mis en place à partir de 2019 n’a pas convaincu. Le dispositif était coûteux et sa finalité comme son efficacité faisaient débat. Certains y voyaient un mélange des genres entre éducation armée et citoyenne, et son sens interrogeait par rapport à ce que proposait déjà l’Éducation nationale. Mais il y a surtout eu un changement de contexte en 2022 avec la dégradation de l’environnement stratégique de l’Europe. Cette reconfiguration a poussé à créer un dispositif purement militaire, pour reprendre le terme du président.

    S’inscrit-il dans la continuité des politiques de défense depuis 1997 ?

    M.L. : Je ne suis pas sûr qu’on soit totalement dans une continuité. Le service national qui a existé entre 1905 et 1997, était un service obligatoire pour les hommes. Là, on est sur un dispositif volontaire. Donc en termes de classe d’âge, on ne va pas toucher la même proportion de jeunes. Il en est prévu 3 000 en 2026 et 42 500 dans dix ans, là où une classe d’âge en concernait 400 000 dans les années 60-70. Le volontariat fait aussi qu’on n’est plus sur les mêmes logiques de crispations et de contestations de ceux qui ne voulaient pas faire leur service. L’autre différence, c’est que ce service militaire pourra désormais concerner les femmes. La société change et cela montre une féminisation des fonctions combattantes.

    Les contraintes techniques, matérielles et financières ont pesé dans ce choix ?

    M.L. : Les états-majors ne voulaient pas d’un service militaire universel. Absorber tous les ans le flux de toute une classe d’âge aurait été trop coûteux, matériellement, il aurait fallu créer de nouvelles casernes, même s’il le faudra quand même… On ne voyait pas non plus la finalité combattante d’une telle masse même si l’armée de terre en a besoin car elle a eu du mal à fidéliser ces dernières années. Et puis derrière, il y a encore une contrainte de ressource humaine. Pour encadrer ces jeunes, il va falloir dégager des cadres, des officiers et sous-officiers expérimentés à ce jour affectés sur de l’opérationnel car leur mission principale c’est d’abord de se préparer à la guerre, pour les mettre sur des missions de formation.

    Quel était le contexte politique
    lors de la suppression du service national en 1997 ? Les arguments des défenseurs et des opposants ?

    M.L. : Longtemps, il y a eu un consensus dans la classe politique sur l’idée qu’il fallait un service militaire. Les choses changent avec la fin de la guerre froide et ce sentiment que la menace à l’Est disparaît. La guerre du Golfe (1990) vient aussi saper la légitimité du service national car à ce moment-là, le président Mitterrand envoie combattre l’armée professionnelle mais pas les appelés du contingent, même volontaires. Là, on commence à se demander à quoi ça sert ? Une série de réflexions se développent, disant qu’on est quand même armé avec la dissuasion nucléaire et une armée de haute technologie. On se demande ce qu’apportent les appelés ? Ils ne vont pas piloter de Rafale ou être dans des sous-marins nucléaires… On réfléchit à une armée plus resserrée et expéditionnaire, capable d’intervenir partout sur le globe.

    Vous dites qu’il y avait une forme de consensus. Une partie de la gauche était contre sa suspension ?

    M.L. : C’est assez complexe. Au fondement de la pensée de gauche, il y a Jaurès qui estimait qu’il fallait une armée du peuple qui ne soit pas qu’une armée de professionnels recrutés dans les milieux armés de la bourgeoisie ou de l’aristocratie. Cette idée a perduré au XXe siècle. Les partis de gauche, le Parti socialiste, le Parti communiste y étaient attachés. Pour autant, la gauche de gouvernement a compris que la guerre ne se faisait plus comme au début du XXe et cette décision annoncée par Chirac en 1996, est avalisée par la gauche plurielle en 1997.C’est une majorité de gauche au Parlement qui vote la loi et c’est le gouvernement Jospin qui la met en œuvre.

    On retrouve ces positions aujourd’hui avec cette annonce ?

    M.L. : Il faut regarder ça au prisme de la situation actuelle. On a un président de la République qui avec ce service national volontaire est au cœur de son périmètre régalien, et en même temps, ce sont les parlementaires qui vont voter le budget de la défense et avaliser le dispositif. On aurait pu imaginer la gauche entériner facilement cette décision mais on a un président affaibli et rien n’est acquis. La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon qui a toujours regretté la suspension du service national et proposait en 2022, une conscription citoyenne, est critique depuis l’annonce. Le PS a réagi avec un communiqué se disant « sceptique » et réclame un débat. Les écologistes sont pour le renforcement des réserves. Le PCF, lui, est depuis toujours très cohérent, hostile à l’Otan, méfiant vis-à-vis de ce réarmement, de l’aide à l’Ukraine… On est sur une forme de défiance.

    Le service national a encore un sens quand on parle de guerre hybride, d’armée professionnelle ?

    M.L. : C’est une question fondamentale et il faut comprendre dans quel scénario se place l’État-major qui a le rôle de préparer la guerre en espérant qu’elle ne vienne pas. Ils se préparent aujourd’hui, à l’idée que la Russie ne s’arrêterait pas à l’Ukraine mais souhaiterait attaquer un pays du flanc Est de l’Union européenne. Dans ce cas, l’armée professionnelle irait dans le cadre d’une coalition otanienne ou européenne, en soutien du pays agressé. Or si elle quitte massivement le territoire national, il faut continuer à le protéger, précisément parce que la Russie est accoutumée à ce qu’on appelle des actions agressives hybrides : tentatives d’assassinat, sabotage d’infrastructures civiles ou militaires, de nœuds ferroviaires, de centrales nucléaires, de ports… Tout ça suppose que ces endroits soient protégés, et c’est là qu’un service national, dans la logique militaire, serait utile, comme on utilise Sentinelle pour surveiller les rues dans une logique antiterroriste.

    Quel sens a un service national dans l’articulation d’une défense au sein
    de l’Europe construite depuis 1997
     ?

    M.L. : On n’a jamais réussi à construire une armée européenne. C’est un projet des années 50 mais il y a trop d’intérêts divergents et de peur aussi. Mon laboratoire à l’Irsem a sorti une étude sur le retour du service militaire dans 34 pays européens : il y a débat partout mais on ne fait jamais le lien avec l’Europe. Il n’y a pas non plus de discussions, à ma connaissance, entre états-majors et leaders politiques sur l’harmonisation d’un service à l’échelle européenne. C’est une forme d’impensé. Autant ça discute énormément sur les questions d’armement, industrielles, d’alliance, sur la paix en Ukraine, autant le service militaire reste quelque chose d’extrêmement national.

  • À Aix-en-Provence, les robes noires défendent le droit d’appel

    À Aix-en-Provence, les robes noires défendent le droit d’appel

    Chez les robes noires, le projet ne passe pas et ne sera pas digéré. Récemment le projet de décret « Rationalisation des instances en voie d’appel pour en garantir l’efficience » (Rivage), proposé en octobre par le garde des Sceaux a été soumis à consultation à différentes instances. S’il est adopté, le projet pourrait empêcher bon nombre de justiciables d’accéder aux instances d’appel et ses propositions « constituent une remise en cause frontale du droit d’appel tel qu’il existe en France », préviennent les avocats des barreaux du ressort de la cour d’appel d’Aix. Suivant un mouvement d’ampleur nationale et alors que Gérald Darmanin rencontre ce jour Julie Couturier, présidente du Conseil national des Barreaux, une délégation s’est rassemblée ce jeudi, sur les marches du Palais Verdun pour réaffirmer leur « ferme opposition au projet de décret ». « Pour rappel, ce décret, visant à réformer les voies d’appel prévoit de relever le seuil pour pouvoir interjeter appel d’une décision de première instance de 5 000 à 10 000 euros. Cela signifie que les décisions dont l’enjeu financier est inférieur à 10 000 euros ne seront plus susceptibles de contestation, le justiciable pouvant uniquement saisir la Cour de Cassation et ce sans aucune considération pour la complexité juridique de leur affaire », détaillent, d’une même voix, bâtonniers et vice-bâtonniers présents.

    Une « double peine »

    C’est une « double peine » pour les justiciables les plus modestes. Le texte prévoit entre autres et en plus, « de supprimer purement et simplement le droit d’appel dans certaines matières (…) une atteinte fondamentale au double degré de juridiction » et « d’instaurer un filtrage des appels au profit des présidents de chambre des cours d’appel (…) un magistrat unique pourrait désormais rejeter un appel sans débat contradictoire complet », indiquent les bâtonniers et vice-bâtonniers. La colère est d’autant plus grande chez les robes noires dans un contexte « criant » de manque de moyens : le décret est davantage perçu par la profession comme une « politique de gestion de la pénurie et une véritable confiscation du droit d’accès au juge (…) la justice ne doit pas devenir un simple instrument de réduction budgétaire. Il est au contraire nécessaire que soit fait un investissement à la fois financier et humain, avec plus de magistrats et plus de greffiers », rappellent les avocats des barreaux du ressort de la cour d’appel aixoise. « On se retrouve toujours avec des délais qui sont, à la cour d’appel d’Aix, de l’ordre de 3 ans. Dans ce décret, aucune réponse ne nous est apportée sur cette question que nous, bâtonniers du ressort rappelons systématiquement », rappelle Me Marie-Dominique Poinso-Pourtal, bâtonnière du barreau de Marseille.

    Plus de moyens réclamés

    « On a un manque de moyens criant de la justice. Répondre en supprimant le droit d’appel, c’est inadmissible », ajoute Jean-Michel Ollier, son vice-bâtonnier. « Ce sont les litiges en matière civile, commerciale et prud’homale qui pourraient être concernés par ce projet fait dans un but de gestion des flux et non dans un but d’instaurer l’accès à un juge pour tous, pourtant fondamental », insiste Me Monika Mahy-Ma-Somga, bâtonnière du barreau d’Aix-en-Provence, qui le rappelle : « Lors de la rentrée solennelle du barreau de Paris, le garde des Sceaux, présent a indiqué qu’il ne signerait rien sans l’accord des avocats (…) nous avons rendez-vous le 10 décembre avec le Premier président et nous lui réaffirmerons notre opposition totale à ce projet de décret », assure la bâtonnière.

  • La Sécurité sociale défendue coûte que coûte à Marseille

    La Sécurité sociale défendue coûte que coûte à Marseille

    La banderole intersyndicale qui ouvre le cortège de la manifestation marseillaise, ce mardi, adresse un message clair au gouvernement et aux parlementaires qui redébattent du budget de la Sécurité sociale au même moment : « Contre les budgets d’austérité, pour une juste répartition des richesses, pour une retraite à 60 ans ! ». Partis des Réformés en direction de la préfecture en passant par le cours Lieutaud, les quelque 15 000 manifestants, « s’inscrivent dans la droite lignée des deux précédentes mobilisations en septembre et octobre », comme le résume Franck Balliot, cosecrétaire de la FSU 13.

    Si ce n’est pas la foule des grands jours sur la Canebière, reste que la détermination des militants présents ne vacille pas. Et d’autant plus lorsqu’il s’agit de défendre la Sécurité sociale, alias « la Sécu » ou encore « le bien commun », comme l’appelle un bon nombre de manifestants. « C’est ce qui permet de surmonter les crises. On l’a vu pendant le Covid et pendant celle de 2008. Malgré l’attachement des Français, les gouvernements attaquent la Sécu depuis des décennies, petit bout par petit bout. Nous, au contraire, on prône le 100% soins prescrits, 100% soins remboursés », développe Franck Balliot.

    Avec le PLFSS 2026 qui revient sur la table des députés, les militants ont de quoi monter au créneau contre un paquet de mesures jugées plus régressives les unes que les autres. Jean-Marie Angelli, secrétaire général de la CGT CPAM 13 (Caisse primaire d’assurance maladie) en a un exemple : « Revenir sur la prise en charge de certaines maladies, des maladies lourdes. » Et de dénoncer « une ligne rouge franchie ». D’autres manifestants pointent le doublement des franchises médicales ou encore la diminution de la prise en charge de certains médicaments. « Ils font payer aux assurés et aux plus précaires ce qu’ils ne veulent pas chercher chez le grand patronat. Petit à petit, ils font tout pour qu’on se dirige vers la mort de la Sécu », développe-t-il.

    Entre quelques jets de pétards des agents portuaires du GPMM et dockers de Fos, il reste tout de même positif : « En ces 80 ans de la Sécu, heureusement qu’il y a encore des forces vives qui se battent pour elle. » Et de préconiser « un retour à la base » pour le modèle social français. Comprenez par-là « un financement par la cotisation, pour tout le monde, en mettant fin aux exonérations et aux cadeaux fiscaux au grand patronat ».

    Car l’objectif du jour est bien de poursuivre une forme de pression du monde du travail sur les parlementaires et le gouvernement. « On ne veut pas que les économies qui sont prévues se fassent sur le dos des travailleurs, sur le dos des malades, des retraités ou de nos enfants », rappelle Maxime Picard, secrétaire départemental de Solidaires Finances publiques. Il analyse le projet gouvernemental : « Les gouvernements libéraux s’attaquent aux constructions collectives des travailleurs, ce qu’est la Sécurité sociale. Et l’on est sur la même logique : faire payer à certains et pas à d’autres. » En bref, une mobilisation pour défendre un modèle qui protège les plus précaires. Si la trêve des confiseurs approche, un autre rendez-vous est déjà fixé au samedi 6 décembre, pour défendre la prime de Noël à l’appel de la CGT Chômeurs 13.

    « Il y a encore des forces vives qui se battent pour la sécu’ »

  • La préfète de police dément toute rixe devant Orange

    La préfète de police dément toute rixe devant Orange

    Pas d’appel au 17 et surtout aucune preuve vidéo d’une quelconque bagarre… La préfète de police déléguée, Corinne Simon, a tenu ce vendredi 28 novembre à faire une mise au point après la décision du géant des télécommunications de fermer son site de Saint-Mauront (3e) jeudi, pour une période de 15 jours. Cette dernière préférant attendre « le retour à une situation apaisée » dans le quartier, des droits d’alerte ayant été déposés par la CGT puis la CFE-CGC. « Ce que je peux dire, c’est que depuis le début de la semaine, nous n’avons eu aucun appel 17 de la société Orange », assure la préfète. Le seul reçu a été celui d’un commerçant « parce que quelqu’un est rentré en disant qu’il aurait entendu des coups de feu ». Après intervention de la police toute proche, en 3 minutes, aucune rixe n’a été constatée, « pas de personnes blessées, pas de douille, pas de calibre, pas de trace de sang », affirme-t-elle. Pire, « nous n’avons aucune image nous permettant de montrer qu’il y a eu des rixes durant ces derniers jours », poursuit-elle, si ce n’est un vol de trottinettes mercredi.

    Emballement national

    Pour autant, elle « ne minimise pas la situation. » « Nous sommes à Félix-Pyat, un secteur compliqué, nous avons des points de deal, beaucoup de trafic de stupéfiants, du trafic de cigarettes. Donc oui, il y a parfois des rixes et c’est pour ça que la police intervient à longueur de temps », nuance-t-elle. Les patrouilles ont été renforcées, « on va prendre contact avec l’entreprise pour travailler en collaboration », ajoute-t-elle.

    De son côté, Laurent, délégué CFE-CGCsur le site, trouve « surréaliste que [la] direction n’ait pas appelé la police ». Et de certifier qu’un collègue l’a fait et que d’autres ont entendu des échanges de tirs. À la CGT, on assure aussi avoir entendu les coups de feu mais « on veut retrouver du lien social, les habitants, eux, vivent là », insiste Guillaume Lamourette, secrétaire départemental de la Fapt- Telecoms 13. Hors de question pour le syndicat de quitter le site. « On a fait une demande pour rencontrer la direction le plus vite possible. » La CFDT évoquait, elle, des salariés en « état de siège ».

    Après l’assassinat de Mehdi Kessaci qui a mis Marseille dans l’œil du cyclone médiatique, et sur fond de campagne municipale, le retentissement de l’affaire a été national. « Orange prend les bonnes décisions », a estimé Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, sur RTL, ajoutant que « la lutte contre le narcotrafic est la priorité du gouvernement ». « Après le départ de l’Open 13, des Galeries Lafayette, maintenant le site d’Orange… Marseille ne peut plus perdre un acteur de plus. Ça suffit ! Il faut stopper l’hémorragie ! Je vais prendre rendez-vous avec la direction d’Orange », s’est emballée sur les réseaux sociaux Martine Vassal, présidente DVD de la Métropole, du Département et candidate à la mairie de Marseille. Ce qui n’a pas manqué d’agacer Benoît Payan, maire DVG de Marseille.

    « Je ne sais pas d’où sort cette information », a-t-il réagi, reconnaissant « un problème de sécurité avec des salariés qui veulent être rassurés ». Plus tard dans la soirée, l’élu a indiqué avoir échangé avec la PDG d’Orange, Christel Heydemann, qui lui a assuré que le site ne fermera pas.