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  • La Marseillaise Sabrina Agresti-Roubache nommée ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnelle

    La Marseillaise Sabrina Agresti-Roubache nommée ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnelle

    C’est un mini-remaniement qui intervient à l’occasion du départ de plusieurs ministres engagés dans la dernière ligne droite de la campagne des municipales

    Catherine Pégard, conseillère d’Emmanuel Macron, est nommée à la Culture en remplacement de Rachida Dati .

    Outre cette nomination attendue, l’ex-ministre macroniste marseillaise, Sabrina Agresti-Roubache, fait son retour en tant que ministre déléguée chargée de l’Enseignement, de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage.

    La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon devient aussi ministre déléguée chargée de l’Energie.

    Le chef de l’Etat a aussi nommé la députée du groupe macroniste Camille Galliard-Minier ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, en remplacement de Charlotte Parmentier-Lecocq, qui souhaitait retrouver son siège à l’Assemblée nationale, et le député Les Républicains Jean-Didier Berger auprès du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez.

  • [Entretien croisé] Gaëtan Lecoq et Stéphane Martins de Araujo : « On soutient la nationalisation d’ArcelorMittal »

    [Entretien croisé] Gaëtan Lecoq et Stéphane Martins de Araujo : « On soutient la nationalisation d’ArcelorMittal »

    La proposition de loi de nationalisation d’ArcelorMittal est inscrite à l’ordre du jour de l’espace réservé du groupe communiste républicain citoyen et écologiste – Kanaky (CRCE-K), ce mercredi après-midi. Le texte, adopté lors de la niche parlementaire des députés insoumis en novembre 2025, risque cependant de se heurter à l’opposition du Sénat, dominé par une majorité de droite. C’est pourtant l’ultime espoir des salariés qui seront présents, par centaines, venus de la France entière, devant la chambre haute du Parlement. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, est également annoncée sur place. Si le texte est rejeté, les communistes prévoient déjà de le présenter une nouvelle fois dès le mois de juin, à l’Assemblée nationale. Cette bataille sera menée aux côtés des salariés pour sauver l’acier français.

    La Marseillaise : Quelle est la situation sur vos sites respectifs ?

    Gaëtan Lecoq : On a eu la visite d’Emmanuel Macron le 10 février dernier, où il a « annoncé » l’investissement dans un four électrique avec une capacité de production de 2 millions de tonnes pour un total de 1,2 milliard d’euros. Il y a des incohérences dans tout ça, parce que cette « annonce » a déjà été faite en mai 2025, donc ce n’est pas une surprise. Ils nous avaient alors signalé que le lancement des travaux débuterait au troisième trimestre 2025, rien n’a été fait. Le projet initial c’était deux fours électriques avec un haut-fourneau vert pour un montant de 1,8 milliard d’euros, donc trois nouvelles installations qui devaient assurer la pérennité du site de Dunkerque.

    Désormais, il s’agit seulement d’un four électrique pour un montant de 1,2 milliard d’euros. Il y a un problème dans les chiffres ! D’autant que la moitié  – 650 millions d’euros – sera subventionnée via EDF, donc l’État. Ils devaient créer une nouvelle ligne haute tension entre la centrale nucléaire de Gravelines et le site de Dunkerque, parce qu’un four électrique consomme énormément d’énergie électrique. Mais cette ligne est finalement suspendue, la direction assure que ce four fonctionnera avec les lignes actuelles. Une fois de plus, c’est incohérent. Depuis quatre ans ils nous mènent en bateau. Dans le premier PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) annoncé, à peu près un tiers des personnes qui travaillent sur les dossiers de décarbonation seront virées de même que les cinq personnes qui travaillent sur la ligne haute tension. Et même si on arrive à produire 2 millions de tonnes « vertes », vu la taille de notre site et nos installations, on ne sera pas rentable économiquement. Je pense que c’est pour calmer un peu la tension sociale. On a fait quinze jours de grève au mois de décembre, les salariés ne cherchent qu’à se barrer, nos installations sont de plus en plus dangereuses. C’est une catastrophe. Même nos dirigeants, nos RH et hauts cadres quittent le bateau, c’est un signe…

    Stéphane Martins de Araujo : Pour Dunkerque, qui est notre vaisseau mère, l’annonce faite ne concerne même pas 35 à 40% de la capacité du site. La question qu’on peut se poser c’est quid des autres hauts-fourneaux ? Quid des salariés, des sous-traitants ? On fait vivre pas mal d’entreprises autour. Macron y est allé pour fanfaronner, en faisant croire que c’était le sauveur mais ce qu’il annonce en réalité c’est un PSE de plusieurs milliers de personnes. C’est ce qui se passera si on ne garantit que 2 millions de tonnes. À Fos-sur-Mer il n’y a rien de prévu sur la décarbonation, il n’y a aucune avancée, la réalité c’est celle-là. On craint de ne garder que le laminage, le finissage et les expéditions, donc ça veut dire la mort complète de la phase à chaud, ce qui impacterait des milliers d’emplois. On voit ça arriver puisqu’il n’y a rien d’avancé au niveau de leur projet de décarbonation. Le four poche [petit four mis en service en 2024, Ndlr.] peut sortir au maximum 200 000 tonnes d’acier à l’année, ce n’est même pas 10% de la capacité d’un haut-fourneau.

    Ils vendent de la poudre aux yeux à l’extérieur de l’usine en faisant croire qu’ils ont décarboné à Fos, c’est du pipeau ! Ça réduit juste les émissions de 30% et pour une capacité minime. On comprend que la stratégie de Mittal, c’est de se désengager petit à petit. Sept salariés sur 10 qui nous quittent sont des mainteneurs, on perd leur savoir. Pour Fos, on a été les premiers à faire une annonce, bien avant le PSE de Dunkerque, avec les 308 emplois supprimés durant l’année 2025. Comme à Dunkerque, tout le monde quitte le bateau. On ne voit pas d’avenir, c’est pour cela qu’on soutient le projet de nationalisation, qu’on porte en parallèle de notre projet alternatif.

    Une nationalisation pourrait unifier les deux sociétés distinctes auxquelles vous appartenez, protéger les brevets et empêcher les licenciements ?

    S.MdA. : À chaque fois qu’il y a eu une nationalisation dans notre pays, c’est que les outils étaient en fin de vie. Dans les années 1940, après guerre et dans les années 1980. Et, à chaque fois, l’État a remis plusieurs milliards pour refaire ses hauts fourneaux, refaire ses aciéries. Cet investissement public a été revendu à Mittal pour un euro symbolique. Ça a du mal à passer quand on voit que nos deux sites sont en fin de vie. Il faut investir des centaines de millions d’euros pour pouvoir les refaire redémarrer dans les 15 prochaines années, ce qu’il ne le fera pas.

    C’est au niveau national, que toutes les entités d’ArcelorMittal doivent être nationalisées. L’État verse entre 200 et 300 millions d’euros d’aide publique, sans contrepartie, pour ce multimilliardaire. Le président de la République, vient nous faire croire à une excellente nouvelle en disant qu’on va décarboner l’ArcelorMittal France – parce que lui ne fait pas la distinction entre les deux sites – à hauteur d’un seul four électrique de 2 millions de tonnes. Avec nos deux sites, en marge nominale, on peut monter jusqu’à 10 millions de tonnes. C’est 20% de la capacité, qu’est-ce qui va advenir des 80% restants ? À partir de 2030, les quotas vont être de plus en plus chers et ce sera impossible pour un site de tourner avec un seul four à charbon ! Ça coûtera des centaines de millions d’euros pour faire 2 millions de tonnes de fonte. Ce n’est pas viable. Ce n’est pas possible. Les experts nous l’ont tous dit : si vous ne mettez pas les premières pierres d’un four électrique à l’horizon de 2026, c’est mort. Voilà pourquoi il faut nationaliser. L’acier, on en a partout, il faut qu’on soit souverain là-dessus.

    G.L. : Si on ne trouve pas une solution dans les prochaines semaines et les quelques mois qui restent, c’est fini. C’est mort. Pour faire les constructions de décarbonation, il faut trois ans de travaux et un an de process. On est en 2026. Là, ils sont en train de délocaliser toute notre matière grise en Inde. ArcelorMittal produit 6 millions de tonnes d’acier en Inde, son objectif à horizon 2030 c’est d’augmenter sa production à 30 millions de tonnes, Dunkerque et Fos, c’est à peine 10 millions. Il est en train de lancer ses constructions de hauts fourneaux à charbon, là on ne parle pas de décarbonation… Le centre de recherche et de développement (R&D) de Mézières est inclus dans le premier plan de nationalisation donc on va récupérer nos brevets, en sachant que beaucoup sont tombés dans le domaine public. Le chantier naval de Saint-Nazaire a été nationalisé il y a 5 ans et ça fonctionne très bien. Notre principal client dans l’automobile, c’est Toyota, à Valenciennes. Vous pensez sérieusement qu’il va se faire chier (sic) à aller chercher des bobines ailleurs alors qu’on a déjà le savoir-faire et la qualité ? Ce n’est plus une question d’années.

    Concernant les délocalisations des fonctions support prévues. Quel sera leur impact dans l’immédiat ?

    S.MdA. : Elles concerneraient un périmètre de 5 500 personnes en Europe, ce qui ne veut pas dire qu’elles vont toutes être touchées. Au niveau de la France, on parle de 1 650 personnes.

    G.L. : Gandrange fera partie des sites qui vont prendre cher. Ils commencent à taper dans le centre de Mézières, et là, ça va faire très mal. Mittal est en train de mettre en place son plan. Il délocalise tous les cerveaux, toute la matière grise. Pendant ce temps-là, ailleurs, les usines poussent comme des champignons. Des Indiens sont arrivés sur Dunkerque pour six mois pour piller le savoir-faire de nos informaticiens et les former en Inde. Des Chinois vont aussi arriver. En fin de compte, ils vont récupérer nos brevets, nos savoir-faire. Il ne faut pas mentir, on est rentable. Mais si Mittal produit en Inde ou au Brésil, il sera beaucoup plus rentable. Les marchés financiers l’ont très bien compris parce que l’action, il y a un an de ça, elle était à 23 euros. Aujourd’hui, elle est à 55 euros. Son plan est lancé. Il sait exactement ce qu’il va faire : essayer de piller le maximum d’argent public jusqu’au moment où il aura délocalisé totalement sa production hors d’Europe. Comment on peut licencier des personnes si on gagne de l’argent ?

    Pour décrédibiliser le projet, le gouvernement met en avant son coût, estimé entre 3 et 4 milliards d’euros. Que répondez-vous à cela ?

    S.MdA. : Dans notre projet alternatif, il y a trois étapes. La première évalue le coût de la décarbonation à 4,6 milliards d’euros pour 50% de la capacité. Un désengagement total de Mittal coûterait 7,7 milliards d’euros par an, avec tout ce que ça implique : les plans de formation, le reclassement des salariés, France Travail, les PSE qui arrivent. On est à l’origine de 3% des emplois totaux des Bouches-du-Rhône et 19% des emplois industrialo-portuaires. L’arrêt de la production d’acier neuf en France entraînerait la perte de 33 000 emplois totaux entre Fos-sur-Mer et Dunkerque. C’est catastrophique. Si on investit entre 10 et 20 euros pour une tonne, c’est rentabilisé. C’est bien moins que les 40 euros/tonnes distribuées en dividendes par ArcelorMittal. Décarboner, ça coûterait quatre fois moins que ce qui est donné à ses actionnaires. C’est tout simplement un choix financier, validé par l’État qui verse près de 300 millions d’euros d’aides publiques sans contrepartie chaque année. Les premiers qui vont en pâtir ce sont les salariés et leurs familles. Sur deux bassins aussi importants que Dunkerque et Fos-sur-Mer, c’est une catastrophe industrielle et sociale qui se prépare.

    G.L. : À Dunkerque on a travaillé deux économistes avec lesquels on a monté un rapport. Si Mittal se désengageait complètement de la France, ça aura un impact sur les sous-traitants, les commerçants, sur des territoires entiers et plus de 80 000 emplois au total. De nombreuses usines dépendent entièrement de nous. La cimenterie de Lumbres, dans le Pas-de-Calais, vit avec les déchets de nos hauts-fourneaux. S’il n’y en a plus, c’est 300 emplois qui disparaissent uniquement sur ce site.

    Vos deux sites sont confrontés à des problèmes liés à l’amiante, en dit long sur le sous-investissement consacré à l’outil de travail ?

    S.MdA. : En l’espace d’un an et demi, on a eu trois incidents très graves sur le site, dont le dernier le 8 octobre avec le black-out total de l’aciérie, on aurait pu avoir des morts sur le site. C’est directement lié au manque d’investissement, ils font des économies de bout de chandelle. L’amiante c’est interdit depuis 1997 donc bientôt 30 ans. Et pourtant, on en trouve tous les jours. Nos sites ont à peu près les mêmes années de construction, ce qu’il se passe à Fos-sur-Mer, ça se passe à Dunkerque. Depuis les années 2018, sept maladies professionnelles sur 10, sont en lien direct avec l’amiante, avec des cancers MP30 [affections professionnelles consécutives à l’inhalation de poussières d’amiante ndlr] et MP30bis [cancers broncho-pulmonaires provoqués par l’inhalation de poussières d’amiante]. C’est un scandale sanitaire qui est en train d’exploser ! Et rien n’est fait, la cartographie commence à peine parce qu’on met une pression énorme.

    Le dossier est monté jusqu’au ministère du Travail où on a été reçu en novembre. Comme pour la nationalisation, ils jouent la montre, en ne nous donnant pas de réponses, pour essayer de faire tomber la pression médiatique. Ce sont des voyous et des criminels ! (sic) À Fos, ArcelorMittal a été mis en examen pour faux et usage de faux et mise en danger de la vie d’autrui, sur une plainte qui avait été déposée en 2018 concernant des émanations à l’atmosphère. ArcelorMittal et deux anciens directeurs du site sont cités en leur nom propre donc ils vont devoir rendre des comptes. Comme la nationalisation, la pression médiatique les gêne énormément. La force qu’on a c’est de toucher des parlementaires qui prennent à bras-le-corps ce dossier-là en particulier LFI, les communistes et les écolos. La lutte n’est que meilleure quand elle converge.

    G.L. : En avril 2023, on avait eu un gros incident sur le haut-fourneau n°4 qui a pété. On aurait pu avoir des dizaines de morts, on a eu une chance folle. Ce haut-fourneau est le plus gros d’ArcelorMittal en Europe et il s’est éventré à cause d’un manque de maintenance, d’investissement. Seule la CGT a alerté sur les risques d’amiante, ce qui a déclenché une enquête pendant deux ans de l’inspection du travail. La direction savait que beaucoup d’amiante avait cramé lors de l’incendie quand il a eu lieu mais elle a tout caché pour faire des économies sur les réparations. Quelque 400 salariés ont été exposés aux risques de l’amiante, des procédures ont été lancées et sont en cours. Il y a trois semaines de ça, on a déposé un danger grave et imminent car des salariés qui ne sont même pas dans la maintenance mais opérateurs de cabine ont attrapé des plaques pleurales, ce qui est dû à l’amiante. C’est un scandale et une vraie bombe à retardement ce dossier amiante. Comme nos camarades de Fos, on est la seule organisation syndicale à se battre sur tous les fronts, que ce soit pour la santé et la sécurité des salariés, la maintenance ainsi que l’avenir de nos sites. Les sous-traitants ne veulent même plus venir travailler chez nous parce qu’on ne les paye pas. Notre député local a dû intervenir parce que ces boîtes sont en train de crever. Ce sont des factures de centaines voire de millions d’euros.

    Ce qui est dur à comprendre quand on regarde les résultats d’ArcelorMittal…

    S.MdA. : En interne, quand on parle de NAO, d’augmentations de salaire, on nous dit qu’on n’est pas rentable, qu’on ne fait que perdre de l’argent. Mais, in fine, la filiale et la holding, elles se gavent. Mittal va investir près d’un milliard de dollars dans une entreprise d’acier électrique aux États-Unis et se déploie massivement au Brésil et en Inde. Le groupe est en train de se délocaliser de l’Union européenne et de fermer petit à petit ses entités pour pouvoir aller exploser la planète, parce que là-bas, on ne parle pas de CO2.

    Quel regard portez-vous sur le plan acier présenté par l’Union européenne ?

    G.L. : J’ai travaillé en coulisses sur le sujet. Ce plan acier a été écrit quasiment mot pour mot par Mittal. C’est pas moi qui le dis mais Xavier Bertrand [président LR de la région Hauts-de-France Ndlr.] qui a pété un plomb auprès de la direction à Dunkerque en leur disant : « C’est vous qui avez écrit le plan acier. Vous avez eu tout ce que vous demandiez et ça ne va pas ? ». Tout ce que Mittal a demandé, il l’a eu. Et maintenant, il en veut encore plus.

  • Les communes face au défi de la voiture

    Les communes face au défi de la voiture

    Au rayon des sujets épidermiques, le stationnement figure en tête de gondole. Tarif prohibitif en surface ou en parking souterrain, galère pour trouver la seule place disponible du quartier quand les communes en réduisent sans cesse le nombre dans les rues… Ce sujet du quotidien soulève en creux des problématiques bien plus vastes quand il s’agit, de fait, de questionner la place de la voiture en ville. Le stationnement devient ainsi un levier de poids dans les politiques d’aménagement de la ville.

    D’abord parce que l’automobile reste « un objet de clivages et de polarisation », note une en quête menée par Roole et l’Institut Bona Fidé auprès de 1 500 Français et plus de 500 maires, rendue publique le 12 février. Pas moins de 70% des sondés et 63% des maires considérant que la voiture sera un enjeu « important » des élections municipales.

    Si plus de 70% des personnes interrogées et des maires considèrent que les politiques de réduction de la voiture en ville « constituent des leviers efficaces pour réduire la pollution de l’air, les nuisances sonores et favoriser la promotion des mobilités douces », que 55% approuvent cette politique dans les grandes métropoles, c’est tout l’inverse dans les villes moyennes et petites. Et ce qui peut être considéré comme positif pour les autres ne l’est pas forcément pour soi. Testée à l’échelle de la vie quotidienne, la volonté de réduire la place de l’auto en ville est considérée comme négative par 57% des personnes interrogées. Ces dernières pointant notamment l’absence de mode de transports et de déplacement alternatifs. Un sondé sur deux estimant que, là où il habite, il n’y a pas assez de transports en commun et de pistes cyclables, que ce soit à la campagne (87%), dans les villes moyennes (75%) ou les grandes villes (53%).

    Penser global

    « Pour que les gens lâchent leur voiture, il n’y a pas d’autre solution qu’une offre importante, de qualité, confortable… », rappelait dans nos colonnes Florence Sautejeau, déléguée générale de l’UTPF (Union des transports publics ferroviaires), les transports s’avérant être un sujet phare pour 94% des personnes interrogées par l’UTPF en Paca.

    Opposés « largement à toutes les mesures de restriction du stationnement », les sondés réclament aussi des mesures d’accompagnement pour se passer de leur voiture. Des mesures « incitatives » plutôt que « punitives ». On se souvient, par exemple, de la tentative de mise en place des ZFE (Zone à faibles émissions) dans les grandes villes de la région. Une mesure jugée discriminatoire par certains, qui pointent la relégation des classes populaires en périphérie, ces dernières n’ayant d’autre choix que la voiture pour se déplacer. Effective à Marseille pour les véhicules munis de vignettes Crit’Air 3 et davantage, mais uniquement en cas de pic de pollution sous peine d’amende, minimaliste dans le Grand Avignon car elle ne concerne que les poids lourds, reportée à Toulon… Le gouvernement a repoussé le vote définitif sur cette mesure sine die, faute de majorité assurée à l’Assemblée nationale.

    Reléguer la voiture aux abords des villes reviendrait aussi à tuer le petit commerce pour bon nombre des sondés. Une préoccupation qu’ils placent, pour 60% d’entre eux, devant celle de la pollution de l’air. Les maires suivent leurs administrés : 68% estiment que ne plus permettre l’accès au cœur de ville en voiture est dangereux pour l’attractivité commerciale… Une idée reçue. Le Cerema, établissement public pour la transition écologique et la cohésion des territoires, qui a analysé les déplacements des ménages, a établi que 74% des clients des commerces de centre-ville dans les grandes agglomérations s’y rendent à pied, à vélo ou en transports en commun. Mieux, la création de parkings relais judicieusement placés pouvant même faciliter la vie des habitants, estime le Cerema, qui cite l’exemple du P+R Krypton à Aix-en-Provence, avec 900 places et une mini-gare routière de 12 quais.

    « Pour les élus, il s’agit donc d’être en mesure de faire bouger les lignes pour créer davantage d’espaces publics de proximité dans leurs centres, et de déplacer du stationnement plutôt que d’en créer », notent, dans un article du Cerema, Nicolas Pelé, responsable d’études foncier et territoire, et Sylvain Michelon, chef du groupe aménagement urbain. Aménagement du territoire, mobilité, cadre de vie, lutte contre la pollution… Réfléchir à la place du stationnement, c’est finalement « changer de système de pensée », résume le Cerema.

    En chiffres

    1,5

    euro de l’heure à Marseille,

    1 euro dans le centre d’Avignon, 3,8 euros de l’heure à La Ciotat après deux heures gratuites… Les tarifs varient du simple au double dans les grandes villes de Paca.

    8, 3

    millions d’euros. C’est ce qu’ont rapporté, en 2024, les forfaits de post-stationnement (FPS), en clair les PV, à la Ville de Marseille. Depuis 2018, ce sont les communes qui décident du montant du FPS.

    15

    fois plus cher… Selon les professionnels du secteur, le prix d’une place de parking en surface était de 2 000 euros en 2025, hors acquisition du terrain, contre 30 000 euros en parking souterrain.

  • « Nous savons travailler aux côtés de la médecine libérale »

    « Nous savons travailler aux côtés de la médecine libérale »

    La Marseillaise : Que dira votre ambassade le 23 février à Alès ? Êtes-vous ouvert à une mission de médecins cubains en France et notamment à titre de test à Alès ?

    Otto Vaillant Frias : Des communes, des maires et des collectifs citoyens nous ont sollicités pour faire venir des médecins cubains. Nous avons examiné la situation des besoins liés à des déserts médicaux et confirmé la disponibilité de Cuba pour intervenir là où les besoins sont identifiés. Mais la loi française ne permet pas à des médecins non diplômés en Europe d’exercer. Il faudrait un décret spécial du Premier ministre, comme pendant la covid, qui avait autorisé des médecins hors UE à intervenir en Outre-mer. En cas d’urgence, un cadre juridique pourrait être établi. Cuba est prête, si l’autorisation est donnée.

    Il faudra donc des discussions entre les gouvernements français et cubain ?

    O.V.F. : Oui, entre gouvernements ou agences sanitaires. Côté cubain, cela passe par le Service médical cubain, chargé de la contractualisation internationale. Nous avons des accords avec des cliniques privées, des hôpitaux publics et des structures communautaires dans une centaine de pays. Dans certains cas, plusieurs centaines de nos médecins assurent le fonctionnement d’un hôpital entier.

    En Europe, c’est notamment le cas en Italie, en Calabre. Comment cela s’est-il déroulé ?

    O.V.F. : Pendant la covid, nous sommes intervenus à Crémone qui ne disposait ni de vaccin ni de traitement. Les médecins ont été envoyés au cœur du danger et leur courage a été salué. Ensuite, la Calabre a demandé près de 400 médecins ; environ 300 y travaillent aujourd’hui. De nombreux témoignages de médecins italiens louent leur préparation et leur engagement.

    Si cela se faisait en France, faudrait-il une formation préalable ?

    O.V.F. : En urgence, certains médecins ont pu intervenir sans maîtriser la langue par exemple. Mais en règle générale, ils suivent une formation linguistique avant leur départ. Nous pouvons envoyer aussi des médecins francophones. Dans les pays d’Asie, ils ont acquis l’expérience d’instruments de pointe dans des hôpitaux modernes et se forment dans tous les cas aux équipements de chaque pays. Les retours sont en général très favorables. Ils viennent toujours en appui des équipes locales, qui restent responsables de l’organisation.

    La France a un système libéral. Les médecins cubains sont salariés de l’État. Comment éviter la concurrence ?

    O.V.F. : Nos médecins travaillent déjà dans des pays à médecine libérale, aux côtés des praticiens locaux. Leur rémunération est fixée par contrat : une part leur revient, une autre soutient le système de santé cubain, notamment pour l’achat de médicaments. Les niveaux varient selon les pays, mais le salaire est correct.

    Ils ne remplaceraient donc pas des médecins libéraux ?

    O.V.F. : Non. Ils interviennent là où des médecins manquent ou bien quand des postes restent vacants. On m’a montré en France des services de néonatologie ou des unités d’accouchement ferment faute de personnel. Nous disposons de spécialistes – chirurgiens, orthopédistes, néonatologues- dans toutes les disciplines.

    Qui choisit les spécialités ?

    O.V.F. : La partie demandeuse précise ses besoins. Les médecins sélectionnés passent des examens de langue et de compétence. La sélection relève d’une commission du pays d’accueil – en France, probablement régionale – incluant les représentants hospitaliers.

    Ces départs ne fragilisent-ils pas le système de santé à Cuba ?

    O.V.F. : Après 1959, la moitié des six mille médecins ont quitté le pays ; il en restait trois mille. Cuba a alors massivement investi dans la formation, jusqu’à dix mille médecins par an. Plus de 150 000 médecins étrangers ont été formés gratuitement. L’École latino-américaine de médecine accueille encore des étudiants d’Afrique, d’Europe, des îles du Pacifique et des États-Unis, souvent issus de milieux modestes. Des bourses sont aussi accordées aux enfants de Cubains nés à l’étranger.

    Ces étudiants américains exercent ensuite aux États-Unis ?

    O.V.F. : Ils retournent dans leurs communautés d’origine. Des responsables cubains les ont rencontrés à New York lors de sessions à l’ONU : ils exercent aujourd’hui, notamment dans les quartiers défavorisés.

    « Nous avons
    des accords avec
    des cliniques, des hôpitaux dans une centaine de pays »

  • L’État veut faciliter l’accès au logement pour ses agents

    L’État veut faciliter l’accès au logement pour ses agents

    Difficulté pour se loger, manque d’attractivité, service public menacé… Pour le ministre de la Fonction publique, David Amiel, il s’agit de revoir l’équation dans des territoires où la pression foncière et le manque de logements sociaux pèsent lourds dans le budget des fonctionnaires. À la cité des douanes, au cœur de la Belle-de-Mai (3e), il a pu découvrir a contrario que la vie était plutôt agréable pour les agents. Au sein de cet ensemble de 11 bâtiments en pleine rénovation, qui abrite les douaniers depuis 1904, « on vit bien », résume Franck Testanière, directeur interrégional des douanes qui fait office de guide, même si, depuis le Covid, le quartier est « passé de populaire à difficile » nuance un des habitants.

    Le taux d’occupation des 200 logements habitables sur 240, du T2 au T4 avec des loyers accessibles, de 300 à 500 euros par mois, est de 100% poursuit le directeur, pour moitié des douaniers actifs et retraités, le reste étant dévolu aux autres fonctionnaires de Bercy. Deux bâtiments abritent des étudiants du Crous. Un « modèle innovant » se félicite le ministre… Rendu possible quand l’État n’a pas vendu les bijoux de famille, comme dans les Alpes ou le Vaucluse glissera au passage le directeur interrégional.

    Diagnostics territoriaux

    Mais « il y a une mobilisation générale du gouvernement pour le logement des agents publics, dont beaucoup sont des travailleurs en première ligne, ceux que l’on avait applaudis pendant la crise sanitaire et qui ne parviennent plus à se loger à une distance raisonnable de leur travail », assure David Amiel. Et de mettre en avant une proposition de loi portée par le groupe Renaissance pour leur faciliter l’accès au logement. « En parallèle, il y a la mobilisation des préfets pour trouver des solutions », complète-t-il, en permettant les réservations de logements sociaux, en faisant du logement intermédiaire ou temporaire.

    Dans une circulaire, le ministre va leur demander des « diagnostics territoriaux précis par métiers, par fonction publique ». Sur notre territoire, le travail a déjà été réalisé au niveau régional, avec l’Insee. Les besoins sont « criants à Marseille ou dans les Alpes-de-Haute Provence où il y a peu de biens à louer », indique le ministre. Des indications qui demandent à être « affinées au niveau départemental », précise Isabelle Épaillard, préfète déléguée à l’égalité des chances. Convenant que la tension est forte sur le logement social, elle souligne aussi « des signaux favorables » avec « une reprise du nombre d’agréments en 2025 », elle compte sur la loi, les gros projets de rénovation urbaine et de réhabilitation des co-propriétés dégradées à venir. Les préfets doivent rendre leur copie d’ici fin avril pour l’état des lieux, fin juin pour des actions ciblées.

  • Raphaël Arnault sous pression après la mort du militant identitaire

    Raphaël Arnault sous pression après la mort du militant identitaire

    Jacques-Ellie Favrot, l’assistant parlementaire du député de la 1ère circonscription de Vaucluse Raphaël Arnault (LFI), accusé d’être impliqué dans la mort du militant nationaliste Quentin Deranque lors d’affrontements à Lyon jeudi dernier, a reconnu, d’après les propos de son avocat, Maître Bertrand Sayn, relayés ce mercredi soir à nos confrères de LCI et Radio France, « la commission de violences » et sa présence sur les lieux du drame. Il aurait assuré qu’il « n’est pas l’auteur des coups ayant provoqué le décès ». Il assure que son client « est dévasté » par la tournure des événements. Dans le même temps, un deuxième assistant parlementaire du cofondateur de la Jeune Garde, Robin C., a également été interpellé pour « mise à disposition de moyens en vue de se soustraire aux recherches », ainsi qu’un ancien stagiaire du député.

    Conséquence : un vent d’appels à la démission et de critiques arrive de toutes parts, au niveau national mais aussi au sein de la Cité des Papes. La porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon, a appelé sur Franceinfo ce mercredi 18 février au matin à exclure « tout du moins temporairement » le député de son groupe à l’Assemblée. Une mise à l’écart demandée « pour marquer une clarification, pour dire non à la violence », poursuit Maud Brégeon.

    Sur X, Raphaël Arnault assurait ce mardi soir que « comme indiqué par un communiqué de son avocat, mon collaborateur Jacques-Elie Favrot a cessé toutes ses activités parlementaires » et que, ce lundi 16 février, « avant d’apprendre son interpellation », des procédures pour mettre fin à son contrat avaient été engagées auprès des services de l’Assemblée. Et de conclure que c’est « à l’enquête désormais de déterminer les responsabilités ». Il est pour l’heure également soutenu par son parti, qui dénonce une « instrumentalisation ». Alors que le siège national de la France insoumise a été évacué ce mercredi matin suite à une alerte à la bombe, le coordinateur national Manuel Bompard affirmait sur X « que Raphaël Arnault n’a aucune responsabilité dans le drame survenu à Lyon jeudi dernier et qu’il n’est absolument pas concerné par l’enquête en cours ».

    Appel à la démission

    Une tempête qui s’exporte évidemment dans la Cité des Papes. David Fournier se montrait mesuré ce mardi 17 février, avant d’apprendre l’interpellation de Jacques-Ellie Favrot, en assurant qu’il « ne fait pas d’amalgame », regrettant « un drame absolu ». Tout en glissant qu’il fait « confiance non seulement aux forces de l’ordre de mon pays mais aussi à la justice » et qu’il n’a « jamais commenté des affaires en cours ».

    Mais d’autres se sont montrés plus offensifs. À commencer par son ancien adversaire au premier tour des élections législatives de 2024, Philippe Pascal (Debout !, ex-GDS). Raphaël Arnault avait été désigné pour représenter le Nouveau Front populaire, mais Philippe Pascal s’était maintenu au premier tour avant d’appeler à voter pour l’actuel député au second. Dans un message, il exprime sa « colère, déception et un profond sentiment d’injustice » et regrette que « ce sont souvent ceux qui construisent patiemment, au quotidien, qui se retrouvent écartés au profit de stratégies qui dépassent les réalités locales » tout en affirmant que « la mort d’un militant, quel qu’il soit, rappelle toujours que la violence politique mène à une impasse ».

    D’autres demandent sa démission, notamment à droite. Olivier Galzi, candidat (DVD) aux municipales, avance que Raphaël Arnault « a clairement une responsabilité morale dans ce meurtre » et qu’« une démission de sa part paraît s’imposer ». Avant de terminer son texte par un discours dangereux, si ce n’est révoltant, en évoquant que « le fascisme n’est ni de droite ni de gauche (sic), il est aux extrêmes, car il est avant tout un totalitarisme qui souhaite s’imposer par la force ». Une démission également demandée par Julien Paudoie, pilote Renaissance à Avignon en vue des municipales. Qui estime que « la République ne peut pas rester ambiguë face à la violence », car la situation interroge « profondément la capacité du député à représenter sereinement le territoire vauclusien ».

  • Mise à l’index, LFI dénonce une « instrumentalisation »

    Mise à l’index, LFI dénonce une « instrumentalisation »

    À 15 heures, en ouverture de la séance de questions au gouvernement, l’Assemblée nationale a observé une minute de silence en hommage à Quentin Deranque. « Personne ne devrait mourir pour ses idées », martèle la présidente de la chambre basse du Parlement, Yaël Braun-Pivet. Le militant d’extrême droite est mort samedi, roué de coups en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Institut d’études politiques de Lyon, dans ce qui a été qualifié la veille d’« homicide volontaire » par le procureur de la République de Lyon. « Avec les risques qu’on a aujourd’hui, qui sont maintenant tristement très, très clairs, évidemment non, il n’y aura pas d’autres meetings de ce type-là dans les établissements », a par ailleurs fait savoir le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste sur BFMTV.

    Ce moment de recueillement réclamé par le groupe UDR d’Éric Ciotti a été validé à l’unanimité. Seul le groupe Liot a exprimé des réserves : « il y a bien un crime qui a été commis, pour l’instant j’aimerais en avoir les tenants et les aboutissants avant de savoir si véritablement il faut faire une minute de silence ou pas », tempère le député Paul Molac. Les communistes ont demandé à ce qu’elle « soit élargie à l’ensemble des personnes qui ont été victimes des violences politiques ». « Depuis 2022, il y a eu 12 morts liés à des exactions de groupes d’extrême droite », fait valoir le chef du groupe, Stéphane Peu. En vain.

    Le RN veut dissoudre les

    « organisations antifa »

    La séquence qui a suivi a quasi exclusivement été consacrée à cette affaire, dans une atmosphère tendue. Le Rassemblement national a lancé les hostilités, pointé du doigt la Jeune Garde en demandant au gouvernement la dissolution des « organisations antifa » qu’elle veut voir « reconnaître comme terroristes ». Le camp brun se gargarise, profite de ce drame pour avancer ses pions et faire taire ceux qui se sont construits en opposition à son idéologie mortifère. Cette position du parti à la flamme a été défendue en la personne de Tiffany Joncour, députée lyonnaise, proche de Génération Identitaire, qui a bénéficié durant sa campagne du soutien des groupuscules identitaires locaux dont son époux est un ancien cadre, rapporte Streetpress dès 2024. « La brutalisation de la vie politique doit arrêter […] Il y a de la brutalisation quand on justifie l’action de la Jeune garde et qu’on investit aux élections législatives son dirigeant déjà condamné pour violences physiques », répond le ministre de la Justice Gérald Darmanin faisant ici référence au député vauclusien Raphaël Arnault, cofondateur de l’organisation antifasciste lyonnaise.

    S’il n’était pas présent physiquement dans l’hémicycle, son nom était sur toutes les lèvres et pour cause : son assistant parlementaire Jacques-Elie Favrot fait partie des neuf personnes interpellées ce mardi soir (lire ci-contre). « Il appartiendra à la justice de condamner mais il appartient à chacun d’entre nous ici de dénoncer les responsabilités politiques qui ont mené à cette violence, elle ne vient pas de nulle part. L’extrême gauche a du sang sur les mains », éructe le député LR Laurent Wauquiez.

    Utiliser ce drame

    « pour nous salir »

    Les Insoumis ont été la cible de toutes les accusations, du camp macroniste à la droite et son extrême. « Nous n’acceptons pas que la violence physique d’où qu’elle vienne soit employée pour régler les conflits (…) ceux qui instrumentalisent ce drame pour nous salir doivent cesser (…) aucun insoumis n’est impliqué ni de près, ni de loin dans ces violences », insiste la cheffe des députés LFI Mathilde Panot. « Si nous combattons l’extrême droite et les groupuscules fascistes violents autour d’elle c’est précisément car ils glorifient la mort et la brutalité, il faut méconnaître l’Histoire pour accepter la victimisation de l’extrême droite et prétendre que les violences seraient à gauche de cet hémicycle », a-t-elle renchéri avant d’interpeller le gouvernement sur son silence quant à l’assassinat en 2022 du rugbyman argentin Federico Martín Aramburú à Paris tué par des militants du GUD, groupuscule d’extrême droite.

    « Ce que vous venez de faire est absolument ignoble et abject », rétorque Sébastien Lecornu, sous les applaudissements de la moitié de la salle, à l’exception de la gauche. « Il est temps que vous fassiez le ménage, Madame la présidente Panot, le ménage dans vos propos, le ménage dans vos idées, et surtout le ménage dans vos rangs », tempête le chef du gouvernement.

  • Un État au « rendez-vous » sur la sécurité à Marseille

    Un État au « rendez-vous » sur la sécurité à Marseille

    Visite au pas de charge, ce vendredi 13 février, pour le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et celui de la Ville, Vincent JeanBrun. « J’avais promis, en tant que chef de file du plan “Marseille en grand”, de faire venir le gouvernement très régulièrement à Marseille et là, tous les mois depuis trois mois, nous sommes au rendez-vous », explique ce dernier. Le but : « Montrer la détermination de l’État à faire en sorte que les Marseillais soient en sécurité », insiste-t-il.

    Avec, pour commencer, une séquence prévention, de bon matin sur la scène internationale du Zef, au Merlan (14e). La préfète déléguée à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard, joue les maîtres de cérémonies, présentant aux ministres les jeunes du centre social Saint-Barthélémy qui ont créé leur compagnie, Héritage, et monté une pièce, « Discrimination ».

    « En 2021, il y avait beaucoup de tension avec la police, des échanges musclés », raconte Saïd, coordinateur jeunesse, parti avec les jeunes sur l’idée d’un travail sur les « droits et les obligations ». Suivi d’audiences en comparution immédiate ou rencontre avec le défenseur des droits ont étayé le propos. « On s’est inspiré des témoignages des victimes pour écrire nos textes, raconte Doria. J’ai grandi en tant que citoyen alors que j’aurai pu divaguer, fréquenter des [mauvaises] personnes », témoigne Nassim, sous le regard admiratif des représentants de l’État.

    Sur le terrain, on demande des moyens

    Les acteurs de terrain racontent aussi les difficultés à mener des actions pourtant efficaces. « Pour maintenir ces équipements, il nous faut du soutien, pas forcément financier, mais des contrats aidés qui se raréfient. Nous avons besoin de moyens, nous les demandons », pose Valérie Samai, directrice du centre social Saint-Gabriel.

    Il faudra attendre la fin de la séquence « balade » dans le parc de la Porte d’Aix et son jardin partagé, animé par l’association « les minots de Saint Charles », pour tenter d’avoir une réponse ministérielle. Pas de précision sur un éventuel renforcement du budget alloué à la prévention, mais la certitude qu’il faut « un continuum » martèle Vincent Jeanbrun.

    Seule mesure évoquée ce jour-là pour « faire en sorte qu’on ne laisse pas la rue aux voyous », la mise en place de groupement interbailleur de sécurité, comme à Paris ou Montpellier. Concrètement ni des policiers, ni des médiateurs, ni des vigiles, mais des agents de sécurité privée qui, pour maintenir la tranquillité la nuit, font des rondes, nous apprennent sur son site internet l’Institut Paris Région, ex-Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région parisienne. « “Marseille en grand”, c’est un volet sécurité important, mais la lutte contre les trafics passe aussi par la prévention », plussoie Laurent Nuñez, qui veut « donner un signe fort » avant de repartir pour l’Évêché. Bref, en matière de moyens, on repassera…

    Renouer avec l’Algérie

    Laurent Nunez se rendra en Algérie, ce lundi, pour deux jours de réunions de travail avec son homologue. Après des « échanges techniques, on passe à la phase politique », a-t-il expliqué, « pour discuter les questions de sécurité. Cela concerne le trafic de stupéfiants, l’immigration illégale… »

    Une « autre approche », a estimé le ministre de l’Intérieur, dans un contexte diplomatique tendu.

  • Une réforme de la police au cœur du scrutin

    Une réforme de la police au cœur du scrutin

    Une procédure accélérée pour une adoption avant les municipales, afin de permettre aux futurs maires de disposer d’une toute nouvelle « boîte à outils ». Voilà comment le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a vendu le projet de loi sur la réforme de la police municipale dont l’examen a démarré le 3 février au Sénat, le vote devant avoir lieu ce mardi 10 février. En fait d’outil, c’est la boîte de Pandore qui a été ouverte, renforçant une « municipalisation de la sécurité », au détriment de l’État de droit, analyse dans une note circonstanciée la CGT Intérieur Police.

    Concrètement, le texte soumis au Parlement s’appuie sur une mission d’information de la commission des lois, pilotée en 2024 par le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur d’alors, François-Noël Buffet (LR), en parallèle d’un « Beauvau de la police municipale ». Dont les syndicats ont dénoncé au passage l’absence de mesures sociales… Mais, au nom du fameux « continuum de sécurité », policiers municipaux et gardes champêtres se verraient attribuer des compétences judiciaires élargies. Outre la possibilité de relever une identité, ils seraient à même de dresser des amendes forfaitaires délictuelles (AFD) – dont le taux de recouvrement atteint péniblement les 31% – pour au moins neuf délits « de l’insécurité du quotidien ». Les membres de la majorité de droite, pris dans un enthousiasme tout sécuritaire, en ont rajouté. Sous certaines conditions, les agents pourraient procéder à des fouilles, utiliser des drones « à titre expérimental », auraient accès à de nouveaux fichiers. Tout ça restant au bon vouloir des maires, se prévaut le gouvernement.

    Pas de doctrine nationale

    « C’est tout simplement une atteinte à la démocratie », résume Anthony Caillé, secrétaire général de la CGT-Intérieur Police. Avec ce « ballon d’essai » de transfert d’une compétence régalienne au local, il estime le risque constitutionnel « sérieux » et alerte sur l’absence de doctrine nationale sur la municipale. « Comment on les arme ? Comment doivent-ils rendre des comptes ? À qui ? Quelles sont leurs missions ? » interroge-t-il. Pour lui, la mise en place d’une mission de contrôle des polices municipales, commune aux inspections générales du ministère de l’Intérieur prévue dans le texte, reste insuffisante. Au nom de la libre administration territoriale, le droit des citoyens est mis à mal, dans un contexte de « montée des discriminations », estime la CGT. Sur les AFD, le syndicaliste rappelle que le droit est déjà bafoué, le policier se faisant juge : « C’est une inscription au casier, direct, alors qu’un délit, c’est une enquête à charge et à décharge, un droit à la défense… »

    La CGT craint une « pénalisation territorialisée », avec un maire qui peut utiliser sa police sur des zones « à forte mobilisation électorale ». À l’inverse, le pouvoir de la police municipale sur l’édile s’en trouverait renforcé. « On l’a vu à Bordeaux, où le maire écologiste ne voulait pas les armer », illustre-t-il. Résultat : une police municipale équipée de semi-automatique, cet été, « après trois semaines de grève ».

    Sans attendre la fin de la navette parlementaire, la CGT a fait parvenir sa note « à tous les députés et sénateurs, sauf le RN ».

    Repères

    Des prérogatives élargies

    Vente à la sauvette, vol, usage de stupéfiants, occupation illicite de halls d’immeuble, vente d’alcool aux mineurs… Au moins neuf nouveaux délits pourraient être sanctionnés par la police municipale d’une amende forfaitaire délictuelle. Les sénateurs ont déjà proposé d’ajouter la conduite sans permis, sans assurance ou encore le port d’armes blanches.

    45%

    de hausse. Le nombre de policiers municipaux est passé de 19 405 en 2012 à 28161 en 2023. En 2026, 11000 agents devaient être recrutés, selon le Centre national de la fonction publique territoriale.

    Drones et caméras embarquées

    La police municipale pourrait être autorisée à utiliser des drones à titre expérimental durant 5 ans sur cinq segments précis, des grands rassemblements à la protection des bâtiments communaux.

    Sur 5 ans aussi, des caméras embarquées équiperaient les véhicules.

  • Un ministre vante les bienfaits du standard des services publics

    Un ministre vante les bienfaits du standard des services publics

    À quelques mètres du hall d’accueil de la CPAM de Vaucluse, derrière deux portes grisâtres, des dizaines d’employés, casques audio sur la tête et micro devant les lèvres, enchaînent les appels de bénéficiaires devant leurs écrans qui affichent des données des heures durant. Cet endroit, c’est la plateforme téléphonique du relais local de l’Assurance maladie, et elle est portée « en exemple » par le ministre de la Fonction publique, David Amiel (Ren.).

    La structure a effectivement mis en place un « plan téléphone » ces deux dernières années. Ce moyen de rentrer en contact avec les services de la CPAM a été de plus en plus utilisé ces dernières années, avec un pic lors de la crise du Covid. Alors qu’en 2019 en France, l’organisation recevait 19 millions d’appels, ce chiffre a doublé en trois ans, avec 38 millions d’appels en 2022. C’est même, d’après la direction de la CPAM, le premier mode de communication utilisé en Vaucluse, avec pas moins de 370 000 appels traités en 2025, contre 235 000 mails et 25 000 accueils physiques par les 128 agents du service.

    Mais cette augmentation a engrangé en premier lieu une baisse des décrochages du téléphone. Il y avait alors un taux de traitement d’environ 60% des appels. Et vu que « quand la plateforme téléphonique s’enrhume, c’est toute la CPAM qui est malade », comme l’a affirmé Sophie de Nicolaï, directrice de la structure, un plan a été lancé pour « lancer la remontada » des réponses, poursuit l’administratrice. Avec la mise en place d’une harmonisation des horaires, du lancement de « plateformes de délestage » qui permettent de remplacer efficacement les absences, et des plans personnalisés, ce pourcentage de réponse est remonté en Vaucluse à 86%.

    Un modèle

    Le ministre a donc, après une séquence d’immersion auprès d’une standardiste qui lui a montré les rouages et les difficultés du métier, loué cette amélioration qu’il érige en « modèle pour l’ensemble des services publics ». « Moi, je ne crois pas au tout-digital, je pense au contraire qu’il est extrêmement important de pouvoir renforcer à la fois la présence humaine, et c’est ce qu’on déploie dans le cadre notamment des maisons France Service. L’ennemi, c’est la musique d’attente ou le répondeur automatique. Quand vous avez une situation difficile, comme c’est le cas pour de nombreuses personnes dans ce département, vous avez besoin d’avoir un visage, une voix », appuie-t-il.

    Il a aussi affirmé qu’un travail était engagé dans la lutte contre les incivilités que subissent les agents des services publics. Celui-ci consisterait à « muscler la réponse » à ces agressions. « Ce serait une vraie reconnaissance, car cela arrive trop souvent », glisse une employée au haut fonctionnaire.