Tag: Gérald Darmanin

  • La piste d’une exécution pour semer la terreur

    La piste d’une exécution pour semer la terreur

    L’assassinat, jeudi, du frère d’un militant écologiste menacé de mort pour avoir dénoncé l’emprise du narcotrafic sur la cité phocéenne est unanimement interprété comme un cap franchi dans l’horreur. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, voit aussi dans ce drame « un point de bascule effrayant qui doit faire prendre conscience du danger de cette mafia du narcobanditisme à l’ensemble de la société française ». Car cet assassinat s’inscrit, selon lui, « probablement dans la stratégie de terreur et d’intimidation contre tous ceux qui, courageusement, luttent contre le narcotrafic ».

    Le jeune homme de 20 ans a été abattu, jeudi à 14h30, de plusieurs balles de 9 mm par un commando à moto alors qu’il stationnait devant la pharmacie du rond-point Claudie d’Arcy (4e). Le corps de Mehdi a été autopsié, vendredi, à l’institut médicolégal de la Timone. Le garçon était « absolument inconnu des services de police et de la justice », a redit le procureur de la République, Nicolas Bessone. Ce dernier n’exclut pas l’hypothèse d’un « assassinat d’avertissement », un crime par procuration dirigé contre son frère Amine Kessaci, 22 ans, militant écologiste qui a fondé l’association Conscience pour venir en aide aux familles victimes du narcotrafic, après l’assassinat d’un premier frère, Brahim, 22 ans, tué fin 2020. Il avait interpellé Emmanuel Macron, en 2021, venu lancer « Marseille en grand », pour lui demander de prendre en considération les habitants. Amine venait de sortir, le mois dernier, le livre Marseille, essuie tes larmes, centré sur l’exécution de son premier frère et qui fustigeait le narcotrafic et la carence de l’état à défendre les habitants victimes premières dans les cités.

    « Une jeunesse fauchée par une violence sans limite »

    « Si l’enquête confirme qu’il s’agit d’un assassinat d’intimidation, une volonté de faire taire Amine, nous passons collectivement dans une autre dimension et cela est très préoccupant », a réagi le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), venu la veille sur la scène de crime soutenir des membres de la famille, dont la mère et la tante d’Amine.

    Ce sentiment est partagé par la fédération du PCF 13 : « L’idée même qu’un assassinat d’avertissement soit envisagé par le parquet montre à quel point la violence a franchi un seuil intolérable », écrit la fédération, horrifiée de voir « cette jeunesse fauchée par une violence sans limite dans une société qui accumule les problèmes et où les inégalités se creusent ». Cette tragédie est « la conséquence d’un désengagement continu de l’État, qui laisse nos quartiers sans moyens, sans prévention, sans perspectives ».

    « Nous ne céderons rien face à l’intolérable », déclare la préfète de police Corinne Simon, qui « réaffirme la détermination totale de l’État » à retrouver les auteurs et les présenter à la justice. L’enquête pour « assassinat en bande organisée », confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée, est une « priorité ». Une « trentaine d’enquêteurs » sont mobilisés, indique le parquet. Vendredi, la moto des auteurs a été retrouvée incendiée dans le 13e arrondissement.

    « Amine n’est pas un simple militant », se dresse Katia Yakoubi, sa colistière d’Europe Écologie aux dernières élections européennes : « C’est un jeune qui s’est levé avec courage pour dénoncer la violence du narcotrafic et défendre l’honneur de notre ville. Il a écrit, témoigné, mobilisé. Et parce qu’il ose parler, il vivait sous protection, menacé de mort. » Le président de Région, Renaud Muselier (Ren.), a aussi souligné que ce « terrible drame » touche la famille d’un « acteur politique de Marseille ».

    Amine et sa mère bénéficient d’une protection du ministère de l’Intérieur depuis août et Amine a dû quitter Marseille. « S’il est démontré que c’est une expédition punitive pour intimider ceux qui se plaignent de la mainmise des narcotrafiquants sur la cité phocéenne, il n’y a alors plus de limites », répond Me Mathieu Croizet, conseil d’Amine, constitué partie civile dans la procédure visant à conduire sept personnes devant les assises pour l’assassinat de son premier frère, en 2020.

  • Justice laxiste ?

    Justice laxiste ?

    « Le problème de la police c’est la justice » assénait le secrétaire général du syndicat alliance Fabien Vanhemelryck lors d’un rassemblement de policier devant l’Assemblée nationale en 2021. Plus récemment, le ministre de la Justice Gérald Darmanin déclarait : « Les juges ne sont pas laxistes, mais le système l’est devenu » (…) « Il n’y a jamais eu autant de peines de prison » (…) « une peine sur deux n’est jamais effectuée parce qu’elle est aménagée directement après le prononcé du tribunal ».

    Ces deux déclarations témoignent d’une totale adéquation idéologique entre le représentant syndical et le garde des Sceaux, chargé de conduire la politique pénale du gouvernement.

    Si la phrase du syndicaliste est plus laconique que celle du ministre, elle revêt exactement la même ambition politique, à savoir la remise en cause de l’ensemble des mécanismes d’individualisation de la peine. Pour le syndicaliste policier comme pour le ministre, le laxisme judiciaire reposerait donc sur l’idée que lorsque le juge ne prononce pas la peine encourue par le texte, il ferait œuvre de laxisme.

    Le syndicat a célébré comme une victoire politique la mise en place d’un observatoire de la réponse pénale. Il indiquait : « Cet observatoire ne réglera pas le problème de la délinquance, mais il prouvera par A+B que la justice est clémente face aux agresseurs des forces de l’ordre » (…) « La justice doit être transparente et rendre publique les grosses différences entre les peines encourues, les peines prononcées et les peines réellement effectuées ». Cet observatoire a été mis en place par Gérald Darmanin alors ministre de l’Intérieur.

    Aveugles aux atteintes

    à la probité

    Relevons que cet observatoire n’a aucunement vocation à lutter contre la délinquance mais seulement à observer la pratique des magistrats censés être indépendants dans un pays démocratique.

    Si la justice est si laxiste, comment expliquer que la France se trouve à la 3e place des pays du Conseil de l’Europe en termes de densité carcérale ? Si la justice est si laxiste comment explique que le taux d’occupation à la maison d’arrêt des Baumettes hommes soit de 200% ? Si la justice est si laxiste comment expliquer les multiples condamnations de la France par la CEDH concernant ses conditions de détention jugées attentatoires à la dignité humaine ?

    En réalité, les actuels pourfendeurs du laxisme judiciaire sont pris en flagrant délit d’hypocrisie – favorables à la répression toujours plus grande pour les atteintes à la personne ou aux biens mais aveugles aux atteintes à la probité : un programme politique particulièrement d’actualité.

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  • [Entretien] Nathalie Roche : « Un non-événement qui éclipse l’important »

    [Entretien] Nathalie Roche : « Un non-événement qui éclipse l’important »

    L’arbre qui cache la forêt… La déferlante médiatique autour de l’ex-président de la République évite, selon la magistrate, d’évoquer les vrais problèmes comme le manque de moyens de la justice.

    La Marseillaise : Quelle analyse faites-vous de cette médiatique entrée en prison ?

    Nathalie Roche : C’est un peu désolant, il y a énormément de gens qui entrent en prison tous les jours, dont certains encore présumés innocents, d’autres lourdement condamnés. C’est un non-événement, on a déjà énormément commenté le fait que Nicolas Sarkozy aille à la Santé. Ces avocats ont déjà fait un recours, comme toute personne qui bénéficie de ses droits le fait. Ce qui peut être inquiétant en parallèle, c’est qu’on n’a toujours pas de budget figé pour la justice, en termes d’ambitions, aussi, pour l’aide aux victimes. Nous venons tous de recevoir une circulaire du ministère, qui s’adresse aussi et de plus en plus fréquemment aux juges du siège, pour des invectives à mieux faire, alors que les associations d’aide aux victimes ne peuvent dispenser toute l’aide [nécessaire] avec la baisse des subventions… Il y a un trouble à ce que les choses importantes, les réformes qui devraient être votées au Parlement, soient éclipsées par un non-événement.

    Que pensez-vous de l’attitude
    du président de la République
    et du ministre de la Justice
     ?

    N.R. : La question, c’est quelle pression met-on sur les gens amenés à rendre la justice pour qu’ils aillent dans une direction ou l’autre ? On peut considérer que les magistrats qui, dans les deux mois, en cours d’appel de Paris, devront statuer sur la mise en liberté de Nicolas Sarkozy, auront en tête qu’il y a une affection particulière de Monsieur Darmanin à titre personnel et politique. On pourrait attendre qu’en tant que ministre de la Justice, il préserve sa neutralité, mais ce n’est manifestement pas dans l’air du temps.

    Est-ce une remise en cause
    de l’indépendance des juges
     ?

    N.R. : Il y a un discours qui pourrait être mis en œuvre si certains politiques venaient aux affaires, il y a eu des invectives avec un pseudo-contrôle disciplinaire sur certains magistrats, la catégorisation d’autres en fonction de leur appartenance ou non syndicale, qui peut inquiéter. Ils pourraient se dire qu’ils auront tout bénéfice pour eux-mêmes, par la suite, à laisser les juges faire leur travail. Chacun a une mission dictée par les textes.

    Quels garde-fous existent-ils ? Faudrait-il en ajouter ?

    N.R. : Peut-être pourrait-on déjà réfléchir à la communication de certaines instances judiciaires. Il y a eu notamment de gros progrès avec un cadre légal fixé pour l’intervention du parquet dans certains dossiers. Le conseil supérieur de la magistrature (CSM) a sûrement aussi une voix à porter. Dans la Constitution, c’est le président de la République, garant de l’indépendance de la justice, qui devrait intervenir pour laisser les juges prendre leur décision en fonction de la loi et non du ressenti du grand public. Mais cet exercice-là n’est pas incarné. Et il y a évidemment cette réforme, de plus en plus lointaine malheureusement, sur l’indépendance du parquet. La pression mise sur les juges du siège est subjective, mais qu’en est-il de celle faite aux procureurs ? Celle plus insidieuse sur leur carrière par le ministère ? On touche là du doigt la très grande fragilité de l’institution judiciaire française, quand chacune des institutions ne remplit plus son rôle…

  • Quelle indignité

    Quelle indignité

    « Qui imagine le général De Gaulle mis en examen ? » La phrase, lancée à Nicolas Sarkozy par son ex-Premier ministre, François Fillon, à l’occasion de la primaire de la droite en 2016, avait fait réagir l’ex-président de la République. « Quelle indignité, quelle indignité », s’était-il récrié.

    Depuis, la justice est passée. Les deux représentants de la France des honnêtes gens ont été condamnés. Avec une singulière gravité pour Nicolas Sarkozy.

    Qui imagine le général De Gaulle en prison ? Sans doute personne.

    Et comme si la fonction présidentielle n’avait pas été suffisamment abîmée par la condamnation d’un ex-chef de l’État, l’hôte actuel de l’Élysée – de ce fait garant de l’indépendance de la justice – l’a reçu vendredi. Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, a, quant à lui, promis de lui rendre visite.

    Graves attaques

    La mise en scène de l’incarcération de Nicolas Sarkozy, arraché à sa femme et ses enfants, sous l’œil de caméras complaisantes, n’en est pas moins sidérante.

    Que des militants et élus qui ont aimé, soutenu, côtoyé Nicolas Sarkozy, compatissent n’est pas un problème en soi. En revanche, qu’ils se permettent de mettre en cause l’autorité judiciaire et qu’ils y soient encouragés au sommet de l’État par des déclarations et attitudes irresponsables, est très grave.

    D’autant plus que ces mises en cause émanent d’un camp politique qui n’a de cesse de réclamer la tolérance zéro, la sévérité, le retour de l’autorité et qualifie volontiers les prisons de « club Med ».

    Dans la crise politique que nous connaissons, ces attaques contre la Justice et l’état de droit ont trouvé un renfort enthousiaste à l’extrême droite. Objectif : discréditer l’autorité judiciaire et expliquer que l’exécution provisoire des peines est illégitime pour mieux installer dans l’opinion la possibilité d’amnistier Marine Le Pen et ses complices.

    Quelle indignité. Quelle indignité !

  • Le futur quartier de haute sécurité soulève des questions

    Le futur quartier de haute sécurité soulève des questions

    Le personnel pénitentiaire aura obtenu plus de précisions, sans pour autant lever toutes les zones de flou.

    Dimanche 12 octobre dernier, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a annoncé dans l’émission Zone Interdite (M6) l’arrivée de trois nouveaux quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO), système de détention permettant d’isoler les profils les plus dangereux. L’un d’entre eux sera installé au centre pénitentiaire de Luynes, à Aix-en-Provence.

    Les syndicats ont vivement réagi, avec le Snepap-FSU « effaré par cette modalité de communication managériale ». L’annonce a « estomaqué le personnel » pour la CGT Spip 13. Les syndicats attendaient les précisions de l’administration pénitentiaire, en visite, vendredi dernier, au centre pénitentiaire de Luynes, qui souffre déjà d’un taux d’occupation de 150%, selon les derniers chiffres des syndicats. FO Justice a taxé le projet de « véritable bombe à retardement pour le CP d’Aix-Luynes, déjà à genoux ». Les inquiétudes portent notamment sur une délocalisation du Centre national d’évaluation (CNE) et de son personnel, actuellement situés dans les locaux du Quartier d’accueil et d’évaluation (QAE). L’Ufap Unsa Justice a demandé de son côté un choix « du bon sens et de la stabilité » et assurait rester mobilisée pour que le projet « voie le jour dans le respect des agents et de leurs missions ».

    Et le personnel ?

    Vendredi, les agents ont donc appris que le QLCO devrait accueillir une trentaine de détenus à partir du second semestre 2026. « On a été rassurés sur le fait que la structure du CNE bougerait à l’intérieur même du centre pénitentiaire, mais ne serait pas délocalisée », rapporte Olivier Caquineau, pour le Snepap-FSU. Des promesses « d’engagements humains et matériels, sans plus de précisions », auraient été formulées, rapporte le syndicat. « On a quand même un cumul de quartiers spécialisés, poursuit Olivier Caquineau. Mais au moment ou l’on se parle, il y a plus de questions que de réponses sur ce qu’on va faire, pouvoir faire et ce qu’il sortira de ce dispositif. On nous annonce qu’il y aura des réunions de travail pour préparer tout ça et la visite du garde des Sceaux, dans les quatre semaines à venir. »

    « Ce quartier, historiquement, on est d’accord, il va permettre d’enlever de la détention des détenus dangereux. Mais il y a des priorités qui doivent être respectées, rapporte Cédric Apatou, secrétaire local FO pour le centre pénitentiaire. On a déjà moins 80 agents sur le CP. Au niveau des quartiers spécifiques, est-ce qu’il y aura assez d’agents pour gérer les croisements de détenus ? On ne nous a pas dit combien de personnels allaient arriver pour le QLCO. Nous n’avons pas ces précisions. Plus on va rajouter des quartiers, plus on aura le souci d’effectifs. S’ajoutent à ça les soucis d’hébergement. C’est comme apporter de l’eau dans un panier percé… »

    Sollicitée, la Direction interrégionale des services pénitentiaires n’a pas pu nous répondre.

  • Dati et Darmanin reconduits, Laurent Nuñez à l’Intérieur

    Dati et Darmanin reconduits, Laurent Nuñez à l’Intérieur

    Le gouvernement a été dévoilé dimanche à 22h, composé de 34 ministres nommés « pour donner un budget » au pays « avant la fin de l’année », selon le Premier ministre. Voici la liste des principaux membres de l’exécutif.

    Laurent Nunez, ministre de l’intérieur.
    Catherine Vautrin, ministre des Armées.
    Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités.
    Monique Barbut, ministre de la Transition écologique.
    Gérald Darmanin garde des Sceaux, ministre de la justice.
    Roland Lescure, ministre de l’économie.
    Serge Papin, ministre

    des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat et du tourisme.
    Annie Genevard, ministre de l’agriculture.
    Édouard Geffray, ministre de l’éducation nationale.
    Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et

    des affaires étrangères.
    Rachida Dati, ministre de la Culture.
    Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées.
    Naïma Moutchou, ministre des outre-mer.
    Françoise Gatel, ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation.
    Amélie de Montchalin, ministre de l’action et des comptes publics.
    Philippe Baptiste, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace.
    Marina Ferrari, ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative.
    Philippe Tabarot, ministre des Transports.
    Vincent Jeanbrun, ministre de la ville et du logement.

    Quinze ministres délégués ont également été nommés.

  • Une honte pour la République

    Une honte pour la République

    « Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne ». Victor Hugo écrit ces vers après la visite d’un bagne pour dire combien l’éducation est fondamentale. Quels hommes deviendront les jeunes détenus de la prison pour mineurs de Marseille ? Quels enseignements leur est-il délivré dans ce lieu où leur dignité est bafouée et l’éducation réduite au minimum ? Dans un pays miné par une surpopulation carcérale, insupportable, le sort des détenus les plus vulnérables ne semble pas compter.

    La prison, lieu de privation de liberté, est devenue lieu de privations des droits élémentaires. Il faut le coup de semonce de la contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, pour découvrir l’incurie de la prison pour mineurs à Marseille.

    Secret des geôles

    Le ministre en sursis de la Justice, Gérald Darmanin, pourtant coutumier de visites sur le Vieux-Port, a-t-il accouru pour voir de ses propres yeux la réalité ? Non. Le sujet n’est pas médiatiquement flatteur.

    La visite du sénateur écologiste des Bouches-du-Rhône, Guy Benarroche, a le grand mérite de dire qu’en République, nul arbitraire, nulle violence ne peuvent être exercés dans le secret des geôles. L’ordonnance sur la justice des mineurs de 1945 a posé le principe historique de la primauté de l’éducation pour les mineurs délinquants. Elle n’a eu de cesse d’être attaquée par la droite et l’extrême droite. Ce principe est pourtant le seul chemin pour répondre à la délinquance juvénile. Les centres pénitentiaires pour mineurs ont-ils leur place dans notre société ? Ils sont, en fait, une honte pour la République.

  • François Bayrou sur le départ… quelle suite ?

    François Bayrou sur le départ… quelle suite ?

    Huit mois après s’être imposé à la tête d’un gouvernement illégitime comme l’ultime recours pour sortir Emmanuel Macron de l’impasse de la dissolution, François Bayrou a donc ouvert la porte à son départ de Matignon. Confronté au rejet général de son plan d’austérité de 44 milliards et aux appels à bloquer le pays le 10 septembre, le Béarnais a appuyé sur le bouton rouge, en pressant le président de convoquer une session parlementaire extraordinaire pour solliciter la confiance de l’Assemblée sur une déclaration de politique générale.

    Sans surprise, la France insoumise, Les Écologistes, les socialistes, les communistes et le Rassemblement national ont promis de voter contre. Mardi, François Bayrou a fait mine de croire à un revirement. Naïveté ou déconnexion ? Les députés ont « treize jours » pour « dire s’ils se placent du côté du chaos ou du côté de la responsabilité », a-t-il lancé, lors de l’université d’été de la CFDT.

    Se plaçant en garant de l’intégrité financière de la France et sans convaincre, il a tenté de donner des gages : efforts contre l’optimisation fiscale, fin de certaines niches fiscales, gestion des principaux piliers du système de protection sociale par les partenaires sociaux, notamment les assurances chômage et vieillesse… Marylise Léon les a rapidement balayés.

    « Nous laisser gérer c’est bien, mais il faut qu’on puisse décider des règles (…) La règle d’or et d’équilibre annuel, c’est un non-sens », a martelé la secrétaire générale du syndicat réformiste, encore échaudée par la lettre de cadrage sur les conditions d’indemnisation des chômeurs, début août. « Il a pris grand soin de parler de choses qui pouvaient plaire à des responsables CFDT, mais on n’est pas dupe, quand il dit “on va pouvoir négocier sur la flexibilité du travail”, on entend flexibilisation du marché du travail », a réagi Marylise Léon, « il n’y a pas de cohérence politique ».

    « Je ne demande à personne de se renier, mais on peut réfléchir. On a le droit de remettre en question les réflexes spontanés qu’on peut avoir », a insisté quelques minutes plus tard François Bayrou, face à la presse. Seul, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau (LR) a mis en garde contre un vote qui serait contraire « aux intérêts de la France », portant notamment le risque « d’une crise financière majeure ». La Bourse de Paris a clôturé en baisse de 1.64% sur les mêmes bases que la veille.

    Gouvernement technique

    Un an plus tard, dans la même situation, les mêmes discours. La ficelle est grosse et la balle brûlante désormais, à nouveau, entre les mains d’Emmanuel Macron. Le 9 septembre, la France se retrouvera à nouveau sans gouvernement. Plusieurs hypothèses sont sur la table. La plus évidente serait que les choses traînent en longueur, sur fond de recherche du candidat à Matignon qui, en bout de course, comme Borne, Attal, Barnier ou Bayrou, continuera de mener une politique similaire. Un gouvernement technique qui amènerait la reconduction du budget 2025. Moins probable, la nomination d’un Premier ministre de gauche. Les partis du Nouveau front populaire s’entendraient-ils ? Rien n’est moins sûr, même si à gauche, PS et Écologistes se sont dits « prêts ».

    Autre option sur la table, une nouvelle dissolution de l’Assemblée. Marine Le Pen a réitéré son souhait d’une dissolution avec l’espoir que le RN parvienne, cette fois, à obtenir une majorité. Des voix s’y préparent dans le camp présidentiel. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, assurait mardi qu’il ne fallait pas écarter la possibilité. « Une hypothèse » admise par Bayrou, selon des sources concordantes à BFM.

    Dernière option, le départ du Président. Emmanuel Macron « doit partir » si François Bayrou n’obtient pas la confiance de l’Assemblée, a répété mardi le leader insoumis, Jean-Luc Mélenchon, annonçant le dépôt à l’Assemblée d’une nouvelle motion de destitution contre le chef de l’État, le 23 septembre.

    « Il faut empêcher M. Macron de nommer pour la troisième fois un Premier ministre qui ferait la même politique. Voilà pourquoi il faut le destituer. Le chaos, c’est Macron », expliquait ce dernier, le matin, sur France inter. « Le sujet, c’est M. Macron, il doit s’en aller et le peuple français doit choisir entre la politique de l’offre de baisse du prix du travail et la politique de la relance écologique et sociale ».

    « Quand il nous dit on va pouvoir négocier sur “la flexibilité du travail”, on entend flexibilisation du marché du travail (…) Il n’y a pas de cohérence politique »