Tag: Gauche

  • Jean-Marc La Piana candidat à la tête d’une liste d’union de la gauche à Gardanne

    Jean-Marc La Piana candidat à la tête d’une liste d’union de la gauche à Gardanne

    Je ne suis pas un homme seul, vous en êtes la preuve. J’aimerais que ma candidature soit un appel à la population de Gardanne et de Biver pour se rassembler », a répété à plusieurs reprises Jean-Marc La Piana (DVG). Ce mercredi, cet élu d’opposition à la majorité, fondateur de la Maison de Gardanne, a officiellement annoncé sa candidature aux élections municipales 2026, en présence d’une petite foule de soutiens, associations et membres de partis de gauches.

    La course à la mairie est donc lancée avec trois candidats : Jean-Marc La Piana (DVG), le maire sortant Hervé Granier (LR) et Bruno Priouret (RN). Jusque ici, les deux derniers font cavaliers seuls, tandis que l’ensemble des forces de gauche officialisait, en avril dernier, leur alliance en vue des municipales. Exit donc les divergences entre différents partis, notamment entre Claude Jorda (PCF), à la tête du Collectif citoyen Gardanne-Biver, et le candidat aux municipales Jean-Marc La Piana. Issus de la majorité de Roger Meï (maire PCF de la commune de 1977 à 2020), les deux hommes avaient fait liste à part pour le dernier scrutin municipal (voir nos précédentes éditions).

    Un travail « collectif »

    « Je ne suis pas un homme de parti, mais un homme porteur des valeurs de gauche, précise Jean-Marc La Piana. C’est tout naturellement que nous nous sommes rencontrés avec le Collectif citoyen, l’association Reconstruire ensemble et les différents partis politiques de gauche. On me demande si je suis toujours en accord avec le Parti communiste ? Oui. Il y a les socialistes, les communistes, Place publique et les écologistes. Dans le Collectif, il y a des gens qui sont venus travailler avec nous, qui font partie de la France insoumise. LFI ne s’est pas prononcée, mais ces personnes qui travaillent avec nous, à partir du moment où elles sont là dans l’intérêt de la ville pour créer un projet collectif, auront leur place. »

    Depuis plusieurs mois, les composantes de l’alliance travaillent sur un « projet citoyen » qui sera présenté « dans les temps » à la population et une invitation « à nous suivre » est lancée. « Je veux être garant de ce travail. à partir du moment où le projet fait sens pour chacun de nous, l’équipe doit être capable de le porter tout au long du mandat », engage Jean-Marc La Piana.

    Mardi soir, rapporte le candidat, une trentaine de personnes se sont réunies pour travailler la thématique du service public, dont « l’abandon » à l’échelle gardannaise et biveroise, illustrée par « des employés municipaux maltraités », est l’un des moteurs de la « colère » de Jean-Marc La Piana. S’y ajoutent, pour le candidat, l’abandon du centre de culture scientifique remplacé par la Smart City, des promesses d’investissement pour l’éducation abandonnés, le « budget insincère » pointé par la Chambre régionale des comptes et l’absence de consultation dans l’élaboration de projets. « Qui peut croire que le programme [municipal] a été rempli à 80% ?, interroge Jean-Marc La Piana. Dans ma colère, il n’y a pas que la question des projets, mais aussi celle des pertes de valeurs. Porter l’éducation au plus haut, la sécurité, les services publics, c’est porter le bien vivre ensemble ». Objectif, donc, « redonner confiance à la population », via les consultations publiques, en s’appuyant sur un « tissu de partis et d’associations ».

    Pas encore établie, la liste sera « le fruit d’un travail collectif », promet Jean-Marc La Piana. Le 6 novembre prochain, une réunion publique doit permettre d’évaluer et rendre public « l’état d’avancement du travail. L’objectif sera d’informer, donner envie aux gens de nous rejoindre. Il n’y aura pas la présentation du programme préétabli, mais des pistes sur lequel le travail a déjà été fait », assure le candidat.

  • [Entretien] Jean-Pierre Squillari : « On veut revitaliser Aubagne et son centre-ville »

    [Entretien] Jean-Pierre Squillari : « On veut revitaliser Aubagne et son centre-ville »

    Jean-Pierre Squillari évoque le bilan du maire sortant Gérard Gazay (LR), élu depuis 2014 et candidat pour un troisième mandat, après une gestion de la mairie par le PCF de 1965 à 2014. Il partage aussi des éléments de son programme.

    La Marseillaise : Pouvez-vous vous présenter ?

    Jean-Pierre Squillari : Je suis marié, j’ai deux enfants et trois petits-enfants. Pour ma carrière professionnelle, j’ai débuté comme sapeur-pompier volontaire à Aubagne, en 1968. Puis, je suis monté à Paris pour apprendre le métier. J’ai eu mon diplôme de capitaine, dirigé le centre de secours de La Ciotat comme chef de corps, avant de revenir sur Aubagne. J’ai été la cheville ouvrière de la nouvelle caserne. Devenu lieutenant-colonel, j’ai créé le seul groupement feux de forêt et risques naturels qui existe en France, dans les Bouches-du-Rhône.

    Pour quelle raison avez-vous décidé d’être candidat aux municipales ?

    J.-P.S. : La raison principale, c’est parce que j’aime ma ville : je la vois dépérir et perdre son âme. Depuis dix ou douze ans bientôt, je me rends compte que l’âme disparaît, l’originalité n’y est plus. Et nous sommes les vassaux de la Métropole Aix-Marseille Provence.

    De quelle manière, selon vous, Aubagne « dépérit » ?

    J.-P.S. : Depuis douze ans pratiquement que Gérard Gazay est aux commandes, un chantier a été mis en action, c’est l’école des Passons, qui n’est d’ailleurs toujours pas finie, et c’est tout. Donc qui n’avance pas recule. Il y a des manques au niveau du service public. Les écoles sont dans un état déplorable. Les maisons de quartier, c’est une catastrophe. Les gamins se retrouvent dans la rue… Les agents qui travaillent dans le service public, à Aubagne, ont beaucoup de mérite. Le Centre communal d’action sociale (CCAS) est dans un état déplorable et, là aussi, les agents travaillent avec des bouts de ficelle. C’est inimaginable à quel point le social a été mis de coté à Aubagne. Les habitants que nous rencontrons sur le terrain nous disent : « à Aubagne, qu’est ce qu’on fait ? Les magasins sont fermés, c’est mort la rue Rastègue. C’est désertique, les festivités, il y a pas grand chose. » C’est le premier constat et ils comparent toujours avec « avant ».

    Comment analysez-vous ce « dépérissement » ?

    J.-P.S. : C’est dû à un manque de génie, parce qu’il faut avoir du génie, de l’ambition, il faut enfoncer les portes. Dans mon métier, c’était un peu ma marque de fabrique. Il faut oser, proposer.

    Vous dénoncez la bétonisation
    de la ville par le maire sortant. Quels sont vos arguments
     ?

    J.-P.S. : Le premier, c’est d’un point de vue écologique. à la moindre averse importante, Aubagne est inondée. Il y a d’abord le manque d’entretien des canaux, des bassins de rétention. Ensuite, les ruissellements sont beaucoup plus importants, à cause de l’imperméabilisation des sols. Je dis et je répète que le jour où l’Huveaune va se fâcher, il va y avoir de grandes conséquences. Sinon, bien sûr qu’il faut construire, mais pas n’importe où. Il faire des logements sociaux, oui, et de la mixité. Il y a aujourd’hui 3 000 à 4 000 demandes de logements sociaux à Aubagne.

    Quels changements souhaitez-vous apporter si vous êtes élu ?

    J.-P.S. : On a dévoilé cinq projets phares, il y en aura une dizaine en tout. L’un d’eux est une halle moderne, avec les producteurs de la région, mais ouverte à des animations. Ce bâtiment servirait pratiquement toute la journée. Il y aurait des concerts, des conférences, des ateliers manuels. On a ce projet car on veut revitaliser Aubagne et son centre-ville. S’il y a de la vie, tous les commerçants autour vont en bénéficier. Notre deuxième projet phare, c’est un parc urbain qui partirait de la piscine de Lattre, qu’on remettrait en état ou que l’on referait, et irait rejoindre le parc de la Botte. Notre troisième projet phare est une grande rénovation de toutes les écoles. On fera un audit et puis on mettra en conformité. C’est un gros chantier. Un autre grand projet, c’est de végétaliser la ville. Aujourd’hui, vous partez du cours Foch, l’esplanade de Gaulle, vous allez jusqu’au bout vers l’Huveaune, ce n’est que du goudron… Nous voulons construire un commissariat sur l’emplacement qui était prévu à l’origine, en haut de la rue de Verdun. Nous réfléchissons aussi à une journée festive qui représente Aubagne, mais il est trop tôt pour en parler.

    Certains ont été troublés par ce qui pourrait être interprété comme une comparaison entre Gérard Gazay et le Rassemblement national, évoquant « la peste et le choléra ». Que répondez-vous ?

    J.-P.S. : Non, je ne mets pas sur le même niveau Gérard Gazay et Joëlle Mélin [députée RN de la 9e circonscription des Bouches-du-Rhône et conseillère municipale, Ndlr.]. Moi, je suis Aubagnais, je ne suis pas politique. Ce qui m’intéresse, ce sont les faits, je suis pragmatique. Je suis citoyen et je sais compter. Gérard Gazay a été élu avec les voix du RN. Aux dernières élections législatives, en juin 2024, il n’était pas pour le front républicain.

  • L’Après se construit maintenant dans l’unité à La Seyne

    L’Après se construit maintenant dans l’unité à La Seyne

    Après avoir largement expliqué, dans notre édition du 23 septembre, les raisons qui les amenaient à quitter la France insoumise avec une dizaine de leur coreligionnaires, c’est à la conférence de presse de L’Alliance pour la République écologique et sociale (L’Après), le mouvement de Clémentine Autain, que nous retrouvons les deux anciens animateurs locaux des insoumis.

    « On avait dit qu’on allait se réinventer ailleurs, c’est aujourd’hui chose faite », confirme sobrement Hervé Fechino. Et de poursuivre : « Nous voulons rester le trait d’union du rassemblement parce que la gauche ne peut pas se désunir pour battre la droite et l’extrême droite. » Et cela en continuant à s’appuyer sur le programme du Nouveau Front populaire.

    Une dynamique inchangée que les militants souhaitent continuer à faire vivre à La Seyne, pour les municipales, afin « de redonner confiance à l’électorat de gauche ».

    « On a démissionné pour favoriser cette union, c’est bien pour cela qu’on se reconnaît tout à fait dans les termes d’Alliance pour la République écologique et sociale », précise Isabelle Renier.

    Mais attention, rappelle-t-elle, « pas une union à n’importe quel prix, on n’acceptera pas les Macron-compatibles, c’est-à-dire Place publique ».

    L’union pour battre la droite et l’extrême droite

    C’est de cette façon que L’Après souhaite peser dans les rencontres avec les autres partis de gauche. En attendant, le mouvement dénonce le démantèlement des services publics en France et, bien sûr, dans le Var. Avec les fermetures de bureaux de poste et le désengagement de l’État dans les hôpitaux, comme à Hyères ou Draguignan. Sans compter la précarisation massive des travailleurs, notamment dans le tourisme et le BTP, comme l’explique Laurent Gilbert.

    Et de continuer : « Pendant ce temps, le Rassemblement national avance masqué, instrumentalisant la colère sociale pour imposer son projet de division et de régression. »

    Face à cette situation, L’Après 83 propose la voie de l’unité et de la rupture. « Nous refusons de nous résigner, de laisser le Var et la France se faire broyer entre les mâchoires du piège présidentialiste. » Les militants défendent donc un projet social, écologique et démocratique pour les municipales de 2026.

    Dans lequel il s’agit, par exemple, tout à la fois de s’opposer à la spéculation des promoteurs pour lutter contre la pénurie de logements et en les rendant plus accessibles, tout en s’opposant aux « grands projets inutiles » et à « la bétonisation du littoral ».

    Pour ce qui est des transports en commun, les militants rappellent que le Bus à haut niveau de service (BHNS) ne doit pas se faire au détriment du tramway, seul capable de répondre aux besoins de la métropole.

    Et de conclure : « Nous refusons l’idée de gauches irréconciliables étant donné que les divisions ne profitent qu’à nos adversaires. Et tendons la main à tous les partenaires du Nouveau Front populaire. »

    On ne voit pas trop ce qui pourrait faire obstacle à l’union. Si ce n’est, ce qui est complètement impensable, le refus de reprendre la ville.

  • Vaucluse : la gauche en résistance face au RN

    Vaucluse : la gauche en résistance face au RN

    En mars, 151 conseils municipaux seront renouvelés dans le Vaucluse. Sans faire injure à Saint-Léger-du-Ventoux et sa trentaine d’habitants, les regards se tourneront ailleurs. Dans la préfecture Avignon, les jeux sont très ouverts depuis l’annonce surprise de Cécile Helle, maire (PS) depuis 2014, de ne pas briguer un 3e mandat. Sa majorité sortante se divise pour l’heure entre plusieurs candidats possibles : David Fournier (PS), Joël Peyre (PRG), Paul-Roger Gontard (La Convention) tandis que le Premier adjoint, Claude Nahoum soutient le néophyte Benoît Belvalette (Place publique). Tous martèlent que l’union est indispensable. Mais derrière qui ? Chez les insoumis, Mathilde Louvain a été désignée tête de liste. Le camp du centre et de la droite est aussi éclaté avec Olivier Galzi (SE), Stephan Fiori (DVD) – qui sont candidats officiels – et les deux Julien, Paudoie (bloc macroniste) et Aubert (LR) qui lambinent. Enfin, la cheffe de file de l’opposition RN, Anne-Sophie Rigault a de nouveau été investie.

    L’extrême droite, après avoir soutenu 13 candidats en 2020, compte bien tripler ses représentants. Le RN a ainsi investi Christian Richaud à Carpentras, Franck Marest à Bollène et a dévoilé des représentants à Monteux, Vedène ou Entraigues-sur-la-Sorgue, où le sortant (PCF) Guy Moureau ne s’est pas encore prononcé. Autant de communes susceptibles de basculer comme avant elles Le Pontet, Camaret puis Morières. Les trois maires RN sortants se représentent. Au Pontet, un front républicain du PCF au centre droit se construit derrière Jean-Firmin Bardisa. Le sortant RN Joris Hébrard affrontera aussi son 1er adjoint, Patrick Suisse… À Morières, Annick Dubois (PS) est pressentie pour mener l’union de la gauche. Fief de l’extrême droite depuis 1995 avec les Bompard père puis fils, Orange est suspendue à une décision de justice prévue en décembre, qui pourrait rendre inéligible le maire (Ligue du sud) Yann Bompard et la toujours députée RN Marie-France Lorho. En froid, les deux élus sont des candidats potentiels. En face, une tentative de large alliance gauche et droite a échoué cet été. À Carpentras, le maire (DVG) Serge Andrieu a été donné en tête d’un récent sondage, talonné par son prédécesseur Francis Adolphe (ex-PS). L’extrême droite est divisée avec la candidature de l’élu d’opposition Bertrand de la Chesnais, (ex-RN et Reconquête). À Bollène aussi, l’extrême droite devrait partir à plusieurs entre le RN et possiblement l’ex-maire Marie-Claude Bompard. Le maire (SE) Anthony Zilio devrait se représenter. À Cavaillon, c’est encore morne plaine pour tenter de succéder à Gérard Daudet (LR) qui n’a pas fait connaître ses intentions. Enfin, à Apt, la droite cherche un successeur à la maire sortante LR Véronique Arnaud-Deloy qui ne se représente pas. Céline Celce (Génération.s) incarnera l’union de la gauche.

  • Dans les Bouches-du-Rhône, des porosités risquées entre droite et extrême

    Dans les Bouches-du-Rhône, des porosités risquées entre droite et extrême

    Au fil des semaines et des déclarations successives de candidature, la poussière retombe progressivement sur les municipales dans les Bouches-du-Rhône. À commencer par sa ville centre, Marseille, où la campagne est déjà bien engagée alors que doit s’appliquer un nouveau mode de scrutin avec deux urnes. L’extrême droite a dégainé en premier, avec la candidature dès le mois de juin du député RN de Marignane, Franck Allisio, jouant sur la normalisation du parti lepéniste et les débauchages d’élus de secteur à droite qui se poursuivent de mois en mois.

    Dans une ville où un tiers des électeurs, lors des derniers scrutins nationaux, votaient pour l’extrême droite, le sénateur Stéphane Ravier lui a enlevé une épine du pied en se retirant de la course début octobre pour lui apporter son soutien. À droite, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département Martine Vassal a précipité sa candidature à la rentrée, durcissant le discours pour prendre des voix à l’extrême droite. Jusqu’à créer des tensions avec l’ex-secrétaire d’État Sabrina Agresti-Roubache, tandis que l’ex-maire des 9-10 Lionel Royer-Perreaut a annoncé quitter la vie politique, refusant de la soutenir. Le docteur Frédéric Collart (DVD), candidat, se fait désormais discret. Les insoumis, approchés par l’adjoint écologiste Sébastien Barles et son collectif Vaï Marseille, ont de leur côté adapté leur calendrier au contexte national, même si le député Sébastien Delogu ne cache pas son ambition. Quant à la majorité bien en place, le Printemps marseillais retarde son entrée en campagne après une démonstration de force à la rentrée, mais a reçu le soutien des communistes et d’écologistes frappés par la mise en retrait de leur chef de file.

    Ailleurs, l’extrême droite ne cache pas ses ambitions après avoir ravi il y a un an la ville de Rognac gangrenée par les affaires, mais à l’issue seulement d’une improbable quadrangulaire. Pour débaucher maires et candidats, le RN a concocté un label « Provence qu’on aime », espérant élargir son ancrage territorial après les législatives. Dans les bastions ouvriers de Fos-sur-Mer et Port-de-Bouc, la droite locale a franchi le Rubicon en s’y ralliant. Mais à Marignane, le maire Eric Le Dissès qui s’est allié à Franck Allisio doit faire face à une large coalition menée par le maire (UCE) de Gignac, Christian Amiraty.

    Sur la Côte bleue, le maire (DVD) de Carry René-Francis Carpentier doit faire face à une multiplication de listes, dont la défection de son ex-adjointe Valérie Guarino, également vice-présidente (DVD) au Département. À Aix, Sophie Joissains (UDI) déjà candidate annoncée depuis longtemps tient encore le centre et la droite, sans autre liste face à elle dans son camp pour le moment, mais devra affronter la gauche unie, sans les insoumis.

    Ailleurs, la gauche espère conserver ses villes, notamment les bastions communistes comme Martigues où le RN se montre ambitieux. Surtout, elle espère reprendre les territoires perdus comme Arles, où Nicolas Koukas (PCF) avait réalisé de bons scores aux législatives, ou Gardanne, où elle espère l’union face à la candidature du maire (LR) sortant Hervé Granier.

  • Gontard propose un débat sur la sécurité

    Gontard propose un débat sur la sécurité

    De la France insoumise au RN, c’est un thème de campagne que personne n’élude : la sécurité traverse l’échiquier politique en vue des municipales de mars. Chaque candidat potentiel avance ses constats et esquisses de solutions. « Je propose à tous les candidats un débat public sur la sécurité d’ici à la fin de l’année », met sur la table, ce vendredi devant la presse, Paul-Roger Gontard. L’actuel adjoint (La Convention) à l’urbanisme est « en action dans cette campagne » et, comme début septembre, redit « qu’il est prêt à être maire » sans non plus en faire un préalable au « rassemblement » à gauche et au centre dont il est persuadé qu’il se fera.

    « 80% de la délinquance est liée aux stupéfiants », avance-t-il, mais « ce n’est pas une fatalité ». Reconnaissant qu’au cours du mandat « des choses ont été faites mais pas suffisamment avec des urgences qui changent », l’adjoint au maire est persuadé d’être le seul dans le débat « à apporter des méthodes nouvelles ». Il souhaite « une approche globale hors des silos », rejoignant les propos du candidat Benoît Belvalette (Place publique). Paul-Roger Gontard se veut pragmatique en s’inspirant de réussites extérieures comme à « Saint-Ouen (93), où j’ai rencontré deux fois le maire, qui a su diviser par deux en cinq ans le nombre de points de deal », souligne-t-il. Mise en place d’une cellule hebdomadaire entre Ville, préfecture, parquet, dispositifs d’argent de poche pour éviter la tentation de l’argent facile des trafics… sont évoqués. Un volet « stop tox » viendra prévenir et soigner la consommation de stupéfiants.

    Un second pilier appelle à la reconquête de l’espace public. Paul-Roger Gontard compte créer « un jumeau numérique », plateforme de coordination mutualisée en temps réel mêlant police municipale, propreté, éclairage, circulation… Atteindre l’étiage actuellement fixé de 120 policiers municipaux est suffisant aux yeux du candidat pour avoir ce service 7j/7 et H24. Une unité mixte d’éducateurs, médiateurs, policiers est aussi promise.

  • La gauche embraye pour les municipales à Saint-Cyr

    La gauche embraye pour les municipales à Saint-Cyr

    Ce vendredi, la gauche (PCF et PS), l’Association Saint-Cyr citoyenne, écologique et sociale, ainsi qu’un groupe de citoyens ont annoncé leur candidature commune au sein de la liste « Saint-Cyr à gauche, vers une ville juste et solidaire », menée par Sylvie Vinceneux, responsable de la commission nationale logement du PCF. Comme d’autres colistiers, elle figurait sur la liste « Un nouvel élan pour Saint-Cyr », conduite en 2020 par Dominique Olivier (PS), élu municipal depuis 2015, qui fera partie de l’aventure en position non-éligible.

    Le logement en priorité

    « Seule femme tête de liste », Sylvie Vinceneux aura pour concurrents la liste de la majorité sortante conduite par Pierre Luciano (DVC), adjoint du maire Philippe Barthélémy (qui ne se représentera pas), le conseiller municipal d’opposition Yvan Maubé (DVD) et Philippe Serre (ex-PS devenu macroniste), tête de liste à gauche en 2014. Pas de liste RN en vue. Mais l’enjeu autour de ses électeurs, majoritaires lors des législatives de 2024, est primordial : « Beaucoup votent pour eux et cherchent des coupables. On s’adresse aussi à eux et on prouvera que le RN n’est pas la réponse », annonce Sylvie Vinceneux.

    Dans un « contexte de cadre budgétaire contraint qui aura des répercussions au local », la liste veut faire évoluer « une ville vieillissante et repliée sur elle-même, avec un manque de démocratie locale » où « 43% population a plus de 60 ans » et qui connaît « une baisse démographique depuis une dizaine d’années, ce qui peut avoir des effets néfastes ».

    Pour ce faire, le logement est une priorité : « 45% sont des résidences secondaires. Il y a beaucoup d’Airbnb et seulement 9% de logements sociaux alors que 70% des habitants y ont droit. Les prix ne permettent pas aux jeunes actifs de rester », détaille Sylvie Vinceneux, qui relève aussi « près de 6% de passoires thermiques ». À ce titre, le projet de constructions de logements sociaux dans le quartier Pradeaux-Gare ne doit cependant « pas exproprier une cinquantaine de familles. On proposera un contre-projet », annonce la tête de liste. Ainsi, « la solidarité » est mise en avant pour « venir en aide aux plus fragiles, dont les seniors », et lutter contre « un taux de pauvreté de 10%, avec 14% de familles monoparentales ».

    Parmi les autres sujets abordés, celui de l’écologie et de la justice sociale, avec une « préoccupation particulière pour l’agriculture, les plages et le littoral, notre bien commun », dans une ville qui devra « bâtir sans bétonner ». Dans cette logique, a aussi été abordée la question des mobilités, notamment celle de la nouvelle gare, sur laquelle « il paraît impossible de revenir en arrière quant à l’implantation », mais « qui doit répondre aux besoins en termes d’accès et de stationnement, permettre de fluidifier la circulation à Saint-Cyr et y être reliée par des transports en commun ».

    Enfin, des propositions sur des sujets communautaires (gestion de l’eau, des déchets…) seront mis au débat, avec la volonté « d’informer la population plutôt que de passer des projets en catimini », conclut Sylvie Vinceneux, qui invite « les Saint-Cyriennes et Cyriens partageant nos valeurs à nous rejoindre ».

  • Vaucluse : Christophe Baudet veut redonner du Peps à gauche

    Vaucluse : Christophe Baudet veut redonner du Peps à gauche

    Depuis plusieurs mois, le collectif Peps (Participatif, écologique populaire et solidaire) s’attelait à préparer le terrain d’une liste de gauche à L’Isle-sur-la-Sorgue, pour les municipales (15 et 22 mars). Ce travail vient de connaître une première concrétisation, ce jeudi matin, avec la présentation de sa tête de liste, Christophe Baudet.

    Ce retraité de 71 ans au dense parcours professionnel (ouvrier, éducateur, cadre), néo-Islois, jamais encarté, mènera « en équipe une liste citoyenne ancrée à gauche », indique-t-il. Pour l’heure, pas encore de soutiens officiels de partis, mais ceux de LFI, PCF, EELV ou Génération.s devraient suivre. « On souhaite apporter une nouvelle respiration à la ville autour de trois axes majeurs : plus de démocratie, mettre l’écologie au cœur des projets et avoir un logement digne pour tous », synthétise la tête de liste. Le programme se bâtira dès les prochaines semaines.

    « Il ressort de tous les échanges qu’il y a un manque de lien entre la population et l’équipe municipale [du maire LR, Pierre Gonzalvez], estime Christophe Baudet. Nous susciterons l’avis des habitants lorsque des choix importants seront à prendre. » Sur le volet écologique, la priorité sera mise dans la « lutte contre les logements passoires » et le développement des « mobilités douces et végétalisations ». Enfin, sur le logement, dans une commune très touristique prisée de la location saisonnière, « il faudra renverser la donne, car les loyers sont prohibitifs et les gens n’arrivent plus à se loger ».

    Christophe Baudet veut aussi incarner « une liste en résistance contre l’extrême droite ». Le RN a apporté son soutien, comme en 2020, à Christian Montagard, élu sortant pourtant passé un temps chez Reconquête. Pierre Gonzalvez devrait se représenter pour un 4e mandat.

  • [Edito] Jours de vérité

    [Edito] Jours de vérité

    La période inédite d’instabilité sous la Ve République ouverte par la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron, à la demande du RN, est entrée dans une nouvelle phase.

    Une période qui va compter des jours de vérité. En l’absence de 49.3 et de majorité réelle parmi les députés et donc au sein de la commission des finances, seuls les votes compteront. Qu’importent les discours, les explications de texte, les postures médiatiques, les uns et les autres devront se positionner sur les sujets en débat en assumant les conséquences dans la vie concrète des Français.

    La seule issue à la crise, c’est le progrès social

    Plus ou moins de justice fiscale ? Taxe Zucman ou non ? Plus ou moins de services publics ? Gel des prestations sociales et des pensions de retraite ou non ?

    Les premiers votes montrent une extrême droite qui, à contre-courant de ses discours de campagne, vole au secours du bloc macroniste et libéral.

    Les socialistes devront démontrer que la non-censure n’est pas la porte ouverte à une pléiade de reculs sociaux.

    Toute la gauche devra obtenir des macronistes une lettre rectificative inscrivant dans le marbre la suspension de la réforme des retraites, premier pas vers son abrogation.

    Dans cette période de vérité, le monde du travail ne doit pas rester spectateur de la discussion parlementaire, mais exiger son dû.

    La seule issue à la crise, c’est le progrès social.

  • [Edito] Jours de vérité

    [Edito] Jours de vérité

    La période inédite d’instabilité sous la Ve République ouverte par la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron, à la demande du RN, est entrée dans une nouvelle phase.

    Une période qui va compter des jours de vérité. En l’absence de 49.3 et de majorité réelle parmi les députés et donc au sein de la commission des finances, seuls les votes compteront. Qu’importent les discours, les explications de texte, les postures médiatiques, les uns et les autres devront se positionner sur les sujets en débat en assumant les conséquences dans la vie concrète des Français.

    La seule issue à la crise, c’est le progrès social

    Plus ou moins de justice fiscale ? Taxe Zucman ou non ? Plus ou moins de services publics ? Gel des prestations sociales et des pensions de retraite ou non ?

    Les premiers votes montrent une extrême droite qui, à contre-courant de ses discours de campagne, vole au secours du bloc macroniste et libéral.

    Les socialistes devront démontrer que la non-censure n’est pas la porte ouverte à une pléiade de reculs sociaux.

    Toute la gauche devra obtenir des macronistes une lettre rectificative inscrivant dans le marbre la suspension de la réforme des retraites, premier pas vers son abrogation.

    Dans cette période de vérité, le monde du travail ne doit pas rester spectateur de la discussion parlementaire, mais exiger son dû.

    La seule issue à la crise, c’est le progrès social.