Tag: Gardanne

  • [Entretien] Loïc Delpech : « Par devoir, on ne pouvait pas courber l’échine »

    [Entretien] Loïc Delpech : « Par devoir, on ne pouvait pas courber l’échine »

    La Marseillaise : Aujourd’hui, c’est l’aboutissement de votre combat ?

    Loïc Delpech : L’aboutissement sera concret quand on aura fait émerger notre projet complètement. Mais, aujourd’hui, c’est une belle victoire avec ces trois embauches, dont une réembauche. Deux ont été licenciés car ils étaient avec nous pendant la lutte avec la CGT et donc dans le projet depuis le début. C’est donc une première victoire qui doit en amener d’autres, avec la réembauche progressive de tous les licenciés jusqu’en janvier 2027.

    Comment s’est déroulé le passage d’une association de travailleurs à la création d’une société d’exploitation ?

    L.D. : La CGT de la Centrale a monté son association, l’ATCG, pour qu’elle porte ses projets. Cette association a créé une société, dont je suis président, la Speg, société de production d’énergie gardannaise. Laquelle a ensuite monté le projet BioMéthane Provence (BMP) avec l’entreprise partenaire Gazotech. Et, à la fin, on a créé la société d’exploitation Provex, qui appartient indirectement aux salariés, puisqu’elle appartient à BMP, c’est-à-dire la Speg et Gazotech. Mais aussi à GazelEnergie, à hauteur de 20%, qu’on ne dédouane pas, puisqu’à l’origine des licenciements. D’où l’accord signé, en juillet dernier, avec la CGT, BMP, GazelEnergie et l’État, qui oblige tout le monde.

    Vous perpétuez l’histoire du bassin minier avec ce projet ?

    L.D. : De par l’histoire des mines, du syndicat des mineurs, on ne pouvait pas courber l’échine et se faire licencier comme ça. On avait ce devoir de faire en sorte que la centrale continue à vivre. On le devait aussi aux salariés licenciés. C’était un devoir de mémoire qu’on s’était tous fixé au syndicat : qu’on continue à être une terre d’industrie et d’emplois. Et nous y arrivons par la lutte et l’intelligence collective.

  • L’énergie de la victoire

    L’énergie de la victoire

    Au commencement, il y avait l’arbitraire. Une décision tombée d’en haut et justifiée par l’impératif climatique sans qu’aucune perspective d’avenir ne soit tracée : la fermeture de la Centrale à charbon de Gardanne.

    Qu’importe l’emploi, qu’importent les besoins en électricité de notre région, qu’importent la perte des savoir-faire et les potentialités d’une transition écologique vertueuse du site.

    C’est grâce à l’abnégation des salariés de la Centrale, de leur syndicat CGT et de leur association de travailleurs que ces choix mortifères ont été battus en brèche.

    Aujourd’hui devenue centrale à biomasse, le site de la Centrale va accueillir le projet de biogaz défendu bec et ongles par les travailleurs permettant l’embauche d’anciens salariés.

    Solutions ouvrières

    C’est une nouvelle fois la démonstration, dans notre région, que les solutions viennent des travailleurs organisés. Les caricatures qui sont faites d’eux sont indignes. Non, ils ne sont pas « contre tout », ce sont même souvent les seuls à apporter des propositions d’avenir.

    Qui porte la responsabilité du déclin industriel ? Qui instrumentalise l’écologie pour justifier des choix incohérents ? Qui mise sur le dumping social pour maximiser ses profits ? Certainement pas les Gardannais qui se battent pour l’avenir de leurs familles, de leurs métiers et de leur territoire.

    Dans une France où le monde du travail est trop souvent malmené, la détermination des salariés de la Centrale a valeur d’exemple.

    C’est l’énergie de la victoire.

  • Hervé Granier a inauguré sa permanence à Gardanne

    Hervé Granier a inauguré sa permanence à Gardanne

    « Aujourd’hui, je suis à nouveau candidat afin que nous continuions ensemble à agir et à faire avancer notre commune », a déclaré dimanche 16 novembre, Hervé Granier, devant son local de campagne établi dans le centre-ville de Gardanne, dans « un bâtiment où a vécu le peintre Paul Cézanne ». Ce maire LR, qui avait succédé en 2020 au communiste Roger Meï, alors en poste depuis 43 ans, a entre autres tenu à souligner : « Je ne suis pas un parachuté. Je suis chaque jour sur le terrain, les dimanches sur le marché, sur tous les événements de la ville mais aussi dans les commerces où à déambuler simplement en famille dans notre belle commune. Depuis cinq ans, je n’ai jamais manqué de saluer les employés municipaux, de passer chaque rentrée scolaire dans les écoles, de vous recevoir dans mon bureau tous les lundis dès lors que vous en ressentiez le besoin. »

    Face à une gauche unie

    Hervé Granier en a profité pour lancer également son comité de soutien, qui sera présidé par Vincent Randazzo, ex-joueur de l’A.S Gardanne, qui passé sa vie professionnelle comme « travailleur à la centrale thermique, mineur de fond-géomètre et exploitant agricole », comme il l’a rappelé dimanche.

    Pendant cette campagne électorale, Hervé Granier fera notamment face à Jean-Marc La Piana, à la tête d’une union de la gauche (soutenu par le PCF, le PS, Place publique et les Écologistes), ainsi que Bruno Priouret pour le RN.

  • Trottinettes : opérations prévention devant les collèges

    Trottinettes : opérations prévention devant les collèges

    Fin des cours, pour les collégiens du collège Péri. Si certains rentrent à pied, d’autres repartiront sur leurs trottinettes électriques ou autres engins de déplacement personnel motorisé (EDPM). Il faudra d’abord, pour ces élèves passer par l’équipe de police municipale et gendarmerie, postée devant l’établissement ce vendredi soir, alors qu’une large opération de prévention et de contrôle sur l’usage de ces véhicules est menée sur la commune. « On va voir si les trottinettes sont en règle, au niveau des compteurs kilométriques, des catadioptres latéraux et arrières, vérifier les feux, les systèmes de freinage et si les usagers sont à jour sur les assurances », explique en amont de l’opération le lieutenant de gendarmerie Matthieu Roy. « On va aussi vérifier les âges, puisqu’il faut avoir 14 ans pour se déplacer à trottinette. Une fois qu’on a procédé aux vérifications, on les sensibilisera sur l’importance d’être en règle », précise-t-il. Sur Gardanne, un arrêté municipal fixe la limitation de vitesse à 20 km/h pour ces deux roues, soit 5 km/h en deçà de la législation française. En cas d’infraction, les amendes vont de 11 à 135 euros.

    Sensibiliser au danger

    « La trottinette la plus rapide que j’ai arrêtée sur Gardanne était à 70 km h », rapporte David Crudelli, brigadier-chef de la police municipale. Si devant ce lycée aucune amende n’a été distribuée, pour beaucoup, l’âge minimum légal, 14 ans donc, n’est pas respecté. Le premier, devra repartir en poussant son engin. « Il attendra un mois pour rouler avec. Il n’a que 13 ans et 11 mois, explique ce gendarme. Sachant qu’en plus il a le catadioptre à l’arrière qui ne marche pas, il n’est pas visible. » Plus loin, les parents d’un autre élève sont appelés : il n’a pas sa carte d’identité sur lui, l’âge doit être confirmé. Sa mère viendra plus tard présenter les papiers d’assurance : tout est en ordre. « Tu sais pourquoi on fait ça ? Les trottinettes, c’est dangereux, pour toi, pour tout le monde. Si quelqu’un te tape, que tu roules trop vite, sans casque et pas assuré, comment on fait ? », lui explique un gendarme. Le concerné assurera ne pas être au courant des législations autour de la trottinette. « Généralement, les trottinettes sont vendues avec des notices, je crois, mais est-ce qu’il n’y aurait pas un retour à faire auprès des vendeurs et fabricants ? » pose Grégory Touret, gardien brigadier. « Les trottinettes sont généralement aux normes, mais elles peuvent facilement être débridées », poursuit son collègue. Ce sont au total une « petite dizaine » de trottinettes contrôlées devant ce collège. Les forces de l’ordre ont ensuite basculé en équipe mobile pour poursuivre l’opération.

  • Jean-Marc La Piana lance un appel à « travailler ensemble »

    Jean-Marc La Piana lance un appel à « travailler ensemble »

    Il l’avait annoncé par voie de presse, c’est désormais au public que Jean-Marc La Piana (DVG), à la tête d’une liste de gauche, a officiellement présenté sa candidature aux élections municipales de 2026. L’élu a choisi la mairie de annexe de Biver, qui se sent souvent oubliée « lorsque l’on parle de Gardanne », rapporte le candidat, pour réitérer l’annonce et en répétant : il n’est « pas un homme seul, il y a des gens autour de moi » et un « homme de gauche » sans être affilié à un parti politique.

    Dans la salle, pleine, citoyens, représentants d’associations et forces de gauche ont répondu présent. « Ce soir, la situation est grave. Vous vous en doutez tous, c’est à partir de la que nous allons travailler, lance Jean-Marc La Piana, entouré de ses soutiens. Au-delà des divergences du passé, le temps est à l’action. C’est pour cela qu’on est là ce soir. Voyez, cette action ne pourra pas se faire sans vous. Les partis politiques de gauche, les associations comme le Collectif Citoyen [groupe d’opposition mené par Claude Jorda, PCF], comme Reconstruire ensemble [groupe d’opposition mené par Jean-Marc La Piana, DVG], on initie un travail ensemble que l’on souhaite aujourd’hui ouvrir aux citoyens pour qu’ils y participent. Je ne viens pas encore vous demander de voter pour nous, la liste n’est pas encore faite », poursuit le candidat.

    Impliquer le citoyen

    « La demande aujourd’hui est de nous aider à construire un avenir pour Gardanne et Biver (…) le programme, sera fait avec tous ceux qui le souhaitent. » Si la liste de l’équipe La Piana doit encore se préciser, que le programme reste encore à définir, quelques « priorités » ont été égrenées, fil rouge des groupes de travail copilotés par les soutiens de la liste, mis en place et réunis chaque mardi soir, au Cercle de l’Avenir. Sécurité, éducation, tant sur l’enveloppe que sur le contenu, les services publics, l’emploi, la santé ou le développement durable… Le tout motivé par ces « valeurs » : l’intégrité, l’humanisme, la confiance « que nous avons perdue » et la transparence. « Ce sera une équipe municipale qui ne va pas simplement se contenter d’avoir trois ou quatre personnes qui vont décider », glisse Jean-Marc La Piana. « Je vous demande de rejoindre les équipes travail, a finalement conclu le candidat. C’est un appel fort, il n’y a pas de temps à perdre. On a déjà perdu six ans. Notre diversité fera notre force. » « Aujourd’hui, la demande d’intervention des citoyens qui s’engagent est extrêmement forte, les gens veulent intervenir pour proposer, donner des idées, et avoir des moyens d’agir, que nous, politiques, devons leur donner », ajoutera au nom du groupe Anne Mesliand (PCF). Autant de sujets sur lesquels rebondira le public présent, largement préoccupé par des questions de sécurité, de logement, incarnées par le Collectif Veline 1, qui a pu prendre la parole, parmi d’autres.

  • Des « ateliers » pour réfléchir à une alimentation durable

    Des « ateliers » pour réfléchir à une alimentation durable

    Autour de la table, plusieurs acteurs sociaux économiques des villes de Vitrolles, Marignane et de Gardanne. Cette année, la cité est hôte d’un « atelier dédié aux initiatives communales en matière d’alimentation durable ». Coorganisée par la Métropole, l’enjeu est, ce mardi 4 novembre de présenter, croiser les diverses initiatives autour de ce thème et « apporter des informations techniques sur la mise en place de projets » dans les communes. Objectif ? Que chacun puisse s’inspirer des méthodes de l’autre. En ouverture des débats, un diagnostic sur la précarité alimentaire sur le département, commandé par la Direction départementale de l’emploi, du travail et de la solidarité (DDETS) et réalisé par l’agence des solidarités actives, qui permet de cartographier, à l’échelle des Bouches-du-Rhône, les risques de précarité alimentaire selon différents niveaux, allant de « l’exposition non-significative » au « risque de précarité alimentaire ». Résultat, 25% de la population pourrait être exposée.

    Dégager les axes de travail

    Sur les 2,7 millions d’habitants de la zone, 69 000 pourraient être en situation de très forte exposition à cette situation de précarité alimentaire. Si Marseille concentre une majorité de population dite à haut risque, les trois communes des Bouches-du-Rhône avec une « part de population la plus importante liée au risque de précarité alimentaire c’est Port-de-Bouc, Tarascon et Berre-l’Étang », indique Lisa Gerbal, de la direction culture alimentation durable à la Métropole, selon les données du rapport. Dans ce contexte, quelles sont les solutions pour un accès équitable à une alimentation durable ?

    À Gardanne, ce sont les Assises de l’alimentation, soutenues par la Ville mais à l’initiative des associations Agora Santé, le Colibri et La main à la terre qui ont permis, dans un premier temps, de « croiser les regards autour des enjeux de l’alimentation, de la santé et de la précarité », rappelle Jean-François Garcia, élu au sport et à la santé. Ces rencontres (17 juin et 23 septembre 2025) ont permis de dégager cinq groupes de travail. Parmi eux, « Mutualiser » devrait permettre de fonder un collectif d’association de citoyens autour de l’alimentation, « Tiers lieu et lieux communs » permettrait d’organiser des visites de « lieux inspirants », entre autres, « Foncier agricole » pour permettre à la Ville d’acquérir du terrain pour favoriser l’installation d’agriculteurs sur la commune et « SSA et Pass Santé » pour impulser la création d’une Sécurité sociale alimentaire sur Gardanne et créer un collectif pour porter le projet. Le reste du travail, suit son cours.

  • Au Colibri, à Gardanne, des produits de qualité pour tous les budgets

    Au Colibri, à Gardanne, des produits de qualité pour tous les budgets

    Au centre de l’épicerie, des cagettes de fruits et légumes frais – carottes, haricots, pommes – attirent le regard. Sur les étagères en bois, des produits étiquetés « bio » complètent l’offre proposée par Le Colibri, une épicerie solidaire ouverte en novembre 2023 sous l’égide de l’antenne locale du Secours catholique.

    Sous les bocaux et les sachets de vrac, deux prix sont affichés sur les étiquettes : l’un standard, destiné aux « solidaires », l’autre, réduit, dédié aux personnes en situation de précarité, les « bénéficiaires » inscrits auprès de l’association. « Dans l’épicerie, se côtoient des personnes tout à fait ordinaires et d’autres, extraordinaires en grande difficulté. On voulait un endroit où ces différences s’effacent », explique Murielle Akerkdou, l’une des vingt bénévoles de l’épicerie, derrière son guichet.

    Seule la caissière connaît la situation des clients, les noms étant consignés dans les registres de l’épicerie. « On a un slogan sur l’épicerie et au Secours : un accès digne à une alimentation de qualité, durable et locale », poursuit Gérard Saint-Martin, référent du Secours Catholique local.

    Parmi les clients qui poussent la porte, en cette matinée de Toussaint, des familles, des grands-parents, une habituée qui demande conseil et échange sur quelques banalités. « Gardanne n’est pas la commune la plus riche du département, poursuit Gérard Saint-Martin. Il y a une population ouvrière importante et une population précaire, avec des dettes importantes. Sur quatre personnes, au moins deux sont en ruptures de droits ».

    Ne plus « stigmatiser »

    Le projet s’inscrit dans le cadre du programme national « Bien vivre, bien manger » du Secours catholique. « Les gens sont partis du postulat qu’il fallait changer le regard sur cette population en difficulté, ne pas les stigmatiser. On trouvait que les colis, les ramasses, n’étaient pas toujours les solutions les plus dignes », indique Murielle Akerkdou. L’épicerie s’éloigne donc volontairement des modèles de distributions alimentaires et ne déroge pas au principe d’alimentation de « qualité ».

    « Les produits de la Banque alimentaire sont souvent d’origine inconnue et lors de collectes, les gens donnent des pâtes, du riz. Ce n’est pas forcément ce que l’on cherche non plus, on veut proposer du haut de gamme pour tous, explique Pascale Michel, une autre bénévole. Une certaine solidarité s’est aussi installée avec les producteurs de fruits et légumes du coin, puisque nous achetons leurs produits ».

    Les deux principaux fournisseurs du Colibri sont d’ailleurs Les Jardins de Gaïa (Gardanne) et Graines de Soleil (Châteauneuf), deux structures d’insertion. Tous les produits sont achetés par Le Colibri, qui vit surtout de ses marges. « Les publics en précarité, sous contrat, paient 30%, nous avons 70% de pertes », ajoute Gérard Saint-Martin. Le Colibri lance d’ailleurs un appel à bénévoles afin d’élargir ses créneaux d’ouvertures, actuellement fixés aux mardis et vendredis.

  • Jean-Marc La Piana candidat à la tête d’une liste d’union de la gauche à Gardanne

    Jean-Marc La Piana candidat à la tête d’une liste d’union de la gauche à Gardanne

    Je ne suis pas un homme seul, vous en êtes la preuve. J’aimerais que ma candidature soit un appel à la population de Gardanne et de Biver pour se rassembler », a répété à plusieurs reprises Jean-Marc La Piana (DVG). Ce mercredi, cet élu d’opposition à la majorité, fondateur de la Maison de Gardanne, a officiellement annoncé sa candidature aux élections municipales 2026, en présence d’une petite foule de soutiens, associations et membres de partis de gauches.

    La course à la mairie est donc lancée avec trois candidats : Jean-Marc La Piana (DVG), le maire sortant Hervé Granier (LR) et Bruno Priouret (RN). Jusque ici, les deux derniers font cavaliers seuls, tandis que l’ensemble des forces de gauche officialisait, en avril dernier, leur alliance en vue des municipales. Exit donc les divergences entre différents partis, notamment entre Claude Jorda (PCF), à la tête du Collectif citoyen Gardanne-Biver, et le candidat aux municipales Jean-Marc La Piana. Issus de la majorité de Roger Meï (maire PCF de la commune de 1977 à 2020), les deux hommes avaient fait liste à part pour le dernier scrutin municipal (voir nos précédentes éditions).

    Un travail « collectif »

    « Je ne suis pas un homme de parti, mais un homme porteur des valeurs de gauche, précise Jean-Marc La Piana. C’est tout naturellement que nous nous sommes rencontrés avec le Collectif citoyen, l’association Reconstruire ensemble et les différents partis politiques de gauche. On me demande si je suis toujours en accord avec le Parti communiste ? Oui. Il y a les socialistes, les communistes, Place publique et les écologistes. Dans le Collectif, il y a des gens qui sont venus travailler avec nous, qui font partie de la France insoumise. LFI ne s’est pas prononcée, mais ces personnes qui travaillent avec nous, à partir du moment où elles sont là dans l’intérêt de la ville pour créer un projet collectif, auront leur place. »

    Depuis plusieurs mois, les composantes de l’alliance travaillent sur un « projet citoyen » qui sera présenté « dans les temps » à la population et une invitation « à nous suivre » est lancée. « Je veux être garant de ce travail. à partir du moment où le projet fait sens pour chacun de nous, l’équipe doit être capable de le porter tout au long du mandat », engage Jean-Marc La Piana.

    Mardi soir, rapporte le candidat, une trentaine de personnes se sont réunies pour travailler la thématique du service public, dont « l’abandon » à l’échelle gardannaise et biveroise, illustrée par « des employés municipaux maltraités », est l’un des moteurs de la « colère » de Jean-Marc La Piana. S’y ajoutent, pour le candidat, l’abandon du centre de culture scientifique remplacé par la Smart City, des promesses d’investissement pour l’éducation abandonnés, le « budget insincère » pointé par la Chambre régionale des comptes et l’absence de consultation dans l’élaboration de projets. « Qui peut croire que le programme [municipal] a été rempli à 80% ?, interroge Jean-Marc La Piana. Dans ma colère, il n’y a pas que la question des projets, mais aussi celle des pertes de valeurs. Porter l’éducation au plus haut, la sécurité, les services publics, c’est porter le bien vivre ensemble ». Objectif, donc, « redonner confiance à la population », via les consultations publiques, en s’appuyant sur un « tissu de partis et d’associations ».

    Pas encore établie, la liste sera « le fruit d’un travail collectif », promet Jean-Marc La Piana. Le 6 novembre prochain, une réunion publique doit permettre d’évaluer et rendre public « l’état d’avancement du travail. L’objectif sera d’informer, donner envie aux gens de nous rejoindre. Il n’y aura pas la présentation du programme préétabli, mais des pistes sur lequel le travail a déjà été fait », assure le candidat.

  • Quel avenir pour l’écoplateforme de la centrale de Gardanne ?

    Quel avenir pour l’écoplateforme de la centrale de Gardanne ?

    Se dirige-t-on vers une transformation d’ampleur du site de la centrale thermique de Gardanne ? Après un mois de consultations des riverains et autres acteurs du territoire de Gardanne et Meyreuil, l’enquête publique sur le développement d’une « écoplateforme industrielle » s’est conclue, ce jeudi 23 octobre.

    L’objectif affiché est de réindustrialiser le site via l’exploitation des parcelles inutilisées, ou presque, de l’immense terrain ancienne centrale à charbon. « Il s’agit de dépolluer, déconstruire et viabiliser une dizaine de parcelles représentant environ 30 hectares sur l’ensemble des 73 hectares du site. Ces parcelles sont destinées à accueillir des industriels qui loueront leurs emplacements via des baux de longue durée », expose la note technique de l’enquête publique. « C’est une enquête publique sur le réaménagement du foncier, la réhabilitation du terrain. On allotit le site en faisant des parcelles dans une logique de zéro artificialisation des sols », précise Camille Jaffrelo, porte-parole de GazelEnergie. Dans le détail, la consultation du projet portait sur trois phases distinctes de travaux, avec un découpage en 18 parcelles à terme.

    La première phase se concentre sur « les travaux de viabilisation des parcelles » et la préparation des terrains avec raccordements des réseaux d’eau, télécoms… La deuxième porte sur « la démolition de la TAR (Tour Aero-Réfrigérée), un bâtiment de 65m de hauteur et 100m de diamètre, pour un coût estimé à environ 3 millions d’euros », toujours selon les documents de l’enquête publique. Même principe pour la troisième phase, avec le démantèlement de la Tranche 5, l’ancienne unité de production au charbon et de sa cheminée, estimée à plus de 30 millions d’euros. En bref, une « remise en valeur du site en vue de sa réindustrialisation et la création d’emplois », selon Camille Jaffrelo, qui table sur plus de 500 emplois directs créés à terme.

    Riverains et écolos mécontents ?

    Reste que les intentions affichées par l’industriel ne sont pas entendues de cette oreille par différents collectifs de riverains et associations de défense de l’environnement. À l’image de l’Association de lutte contre les nuisances et la pollution (ALNP, membre de FNE13) qui compte plus de 80 adhérents, dont les CIQ Ouest et Est de la cité, mais aussi le comité d’intérêt de quartier de Langarié, de Fuveau Ouest… « On craint qu’on installe une industrie et qu’une fois qu’elle est là, qu’on nous montre ce qu’elle génère, contents ou pas contents. Vous ne nous dites pas quelles industries vous mettrez, vous ne nous parlez pas des effets cumulés ? Moi, je dis non », martèle Olivier Beuret, président de l’ALNP, à l’adresse de GazelEnergie. Même ressenti du côté de Jean-Luc Le Mouel, co-président du CIQ Gardanne Est : « Si on remet 18 grosses usines par-dessus, on se tire, on s’en va ! » Et une pétition lancée en ligne contre le projet a récolté près de 1 240 signatures.

    Des inquiétudes pas légitimes aux yeux GazelEnergie : « Les critiques sur le manque de communication ne sont pas entendables… Rien n’a été fait en catimini, l’enquête publique s’est tenue normalement, avec du débat. » Et surtout, sur le fond, l’entreprise explique que le découpage en 18 parcelles n’implique pas l’arrivée de 18 projets industriels. Et encore moins l’installation de « 18 industries lourdes », selon Camille Jaffrelo. Qui insiste : « Chacun des projets qui pourrait venir s’implanter aura son propre dossier d’instruction avec les études d’impacts, de danger et effets cumulés. Mais d’abord nous devons commencer par le début : réhabiliter le terrain. » Elle évoque plus globalement des « arguments fallacieux » : « Certains expliquent que le projet de pyrogazéification porté par les salariés et l’ATCG [Association des travailleurs de la centrale de Gardanne, Ndlr.] serait un incinérateur, qu’il y aurait une scierie géante, ce sont des fake-news et ce n’est pas le sujet de l’enquête publique. »

    La CGT favorable,

    mais nuancé

    En parlant du projet des salariés, Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT du site, est très clair sur la position du syndicat : « On est favorable au développement industriel du site et à la création d’emplois qui ont pour vocation la production d’énergie, tant qu’ils intègrent la prise en compte de l’environnement, de la réponse aux besoins et créateurs d’emplois statutaires. » Un avis nuancé donc, d’autant que le projet porté par les salariés, Bio-Méthane Provence, aboutira « que l’écoplateforme se fasse ou non ». « Nous ne rentrons pas dans le cadre de l’enquête publique actuelle, rien ne ralentira la faisabilité de notre projet », insiste le syndicaliste.

    GazelEnergie dit plancher sur l’installation potentielle de site en lien avec « des batteries électriques, datacenter et, en parallèle, la pose d’ombrières solaires sur les parkings actuels ». Si « rien n’est acté pour l’heure », l’entreprise vise des projets industriels « légers ».

  • Le parcours Vita veut conjuguer sport et lien social

    Le parcours Vita veut conjuguer sport et lien social

    Juste derrière le lycée Fourcade, le chemin piétonnier de Vallat Saint-Pierre, qui longe le ruisseau éponyme, est désormais jalonné d’équipements sportifs. Ce « parcours santé » Vita (vie, en latin) est aujourd’hui accessible à tous. Sur plus d’un kilomètre en nature, dix-huit modules sportifs, inaugurés samedi dernier, sont répartis sur trois sections.

    à commencer par « l’initiation à la marche pour personnes sédentaires ou en reprise d’activité », qui s’adresse aux usagers à mobilité dite très réduite, en grandes difficultés pour marcher. « Ces parcours, en accès libre, ça n’existe nulle part ailleurs. C’est un projet innovant, rapporte Jean-François Garcia, adjoint délégué au sport et à la santé de la Ville, médecin de profession, à l’initiative du projet. Ce parcours d’initiation à la marche existe dans les Ehpad ou les IME à destination des personnes qui séjournent dans ces établissements. »

    Trente mètres plus loin, une autre section conçue pour les usagers à mobilité réduite (PMR). Composée de cinq modules, elle permet la pratique d’une activité physique adaptée. L’équipement a été réalisé de façon à travailler le corps dans sa globalité : motricité, coordination, équilibre, tonus et fonctions cognitives. Un QR code, affiché à proximité des installations, toutes sections confondues, permet d’accéder à des vidéos d’exercices, conçues par les équipes de la Ville (service des sports et communication).

    Inclusion par le sport

    En longeant le ruisseau, la dernière section du parcours propose des modules dits de « sport classique », davantage dédiés au travail de l’équilibre et de la souplesse, avec la coordination plutôt que la fitness. « L’objectif de ce parcours reste celui de la santé pour tous, précise Jean-François Garcia. Les modules de fitness, on en voit partout, mais ils ne sont pas accessibles à une certaine partie de la population. Cette aire est conçue pour cela. Sur les 18 modules du parcours, 10 sont accessibles et PMR ou activité physique adaptée (APA). Cela s’adresse aux personnes atteintes d’un handicap moteur, d’un trouble du spectre autistique, souffrant d’obésité ou de diabète. On voit trop de personnes sédentaires, une attitude mauvaise pour la santé. Certains ne peuvent simplement pas pratiquer le sport parce qu’ils n’ont pas de lieu adapté et accessible. »

    Ce projet vise également à favoriser « le brassage entre personnes valides et non valides », en créant un lieu « de vie intergénérationnel et interquartiers », propice au lien social, précise l’adjoint. Son emplacement stratégique, à proximité d’un lycée, du centre-ville, du quartier Notre-Dame (ancien quartier prioritaire, désormais territoire à fort enjeu), d’un parcours de promenade familiale et d’un city-stade, renforce cette ambition.

    Le coût global du projet s’élève à 220 000 euros, dont 33% financés par le Département.