Tag: Gard

  • Une pétition contre les Pfas part du Gard

    Une pétition contre les Pfas part du Gard

    « Nous lançons cette pétition en tant qu’habitants du Gard dont les eaux sont contaminées par les rejets de Pfas de l’usine Solvay de Salindres », lance sans ambages Laurent Emorine en ouverture du texte de la pétition présente depuis le début du mois sur le site de l’Assemblée nationale.

    Aux côtés de Philippe Vatinel, également membre du collectif Gard-Eau-Pfas, le chercheur du CNRS à la retraite consacre désormais une bonne partie de son temps à poursuivre ses travaux sur les polluants éternels de manière indépendante. Ensemble, ils ont souhaité passer à l’étape supérieure pour pousser les élus à légiférer sur le sujet en s’inspirant de la réussite de la pétition contre la loi Duplomb, qui avait rassemblé plus de 2,1 millions de signatures.

    « Évidemment, la réussite de cette pétition nous a inspirés », confirme Laurent Emorine. « On se rend compte que les pétitions, les actions en justice par des associations, commencent à porter leurs fruits. Nous avons aussi organisé des réunions tout le long du Gardon pour informer sur la toxicité probable de tous les Pfas. » Une première loi encadrant l’utilisation de certains Pfas (notamment dans les textiles, emballages alimentaires, cosmétiques, fart de ski) vient en effet d’entrer en application. Sur le principe du pollueur-payeur, les industries paieront également une redevance de 100 euros par 100 grammes de Pfas rejetés dans l’eau. Mais ça reste insuffisant pour Laurent Emorine, qui appelle donc à aller plus loin.

    Le chercheur souhaite en effet que la France s’associe à l’Allemagne, au Danemark, à la Norvège, aux Pays-Bas et à la Suède qui ont soumis un projet d’interdiction de tous les Pfas à l’Agence européenne des produits chimiques et s’engagent à l’international « afin d’éviter toute remise en cause au prétexte de compétitivité avec d’autres pays qui ne l’appliqueraient pas ». « Leur demande concerne plus de 10 000 substances », précise Laurent Emorine. « Ce n’est pas une interdiction brutale. C’est en fonction des types d’utilisation. Ils ont défini plusieurs classes de PFAS avec possibilité de dérogation pour des applications essentielles s’il y a besoin d’élaborer des alternatives. Le problème c’est qu’on retrouve ces Pfas dans énormément d’objets du quotidien. Des taux importants ont été détectés dans les poussières de maison donc si on n’en ingère pas par l’eau, on est contaminé par ces poussières. »

    Le chercheur déploie désormais toute son énergie pour faire connaître la pétition, notamment dans les zones concernées par de fortes pollutions aux Pfas avec l’objectif d’atteindre les 500 https://petitions.assemblee-nationale.fr/ uo;interdiction soit débattu dans l’hémicycle.

    *https://petitions.assemblee-nationale.fr/

  • La justice passe sur le grand écran

    La justice passe sur le grand écran

    Pendant trois jours, la justice s’invite sur grand écran à Alès. Du 23 au 25 septembre, la ville cévenole accueille le premier Festival du film judiciaire, une initiative inédite portée par le tribunal judiciaire et son président, Simon Lanes. Objectif : ouvrir les portes d’un monde souvent jugé opaque. « L’institution doit être plus visible si elle veut être comprise. Et si ce festival permet de susciter des vocations, il aura rempli sa mission », souligne le magistrat.

    Le programme s’annonce riche : huit longs et trois courts-métrages aborderont les droits des mineurs, la justice restaurative, les violences intrafamiliales, mais aussi la vie carcérale ou les dilemmes éthiques des procès. Parmi eux : Je verrai toujours vos visages de Jeanne Herry, La tête haute d’Emmanuelle Bercot, ou encore Borgo de Stéphane Demoustier. Les projections, organisées au Capitole et au CinéPlanet d’Alès, ainsi qu’au lycée André-Chamson du Vigan, seront systématiquement suivies de débats avec des professionnels du droit : avocats, magistrats, mais aussi greffiers ou directeurs de prison. Plus de 1 100 collégiens, lycéens et étudiants du bassin alésien participeront aux séances scolaires, quand trois soirées grand public, gratuites et ouvertes à tous, viendront compléter l’événement.

    « Rendre la justice plus lisible »

    Pour Abdelkrim Grini, procureur de la République d’Alès, ce festival est une manière de « battre en brèche les clichés » qui entourent le monde judiciaire. Une conviction partagée par le bâtonnier Guillaume Garcia : « C’est un temps de pédagogie indispensable, qui rend la justice plus lisible. » Ce projet est le fruit d’un large partenariat associant la Ville, Alès Agglomération, le Département, l’Éducation nationale, le barreau d’Alès, le Centre départemental d’accès au droit et le festival Itinérances. « La justice est une exigence, la culture une valeur », résume le maire Christophe Rivenq.

  • Le moustique tigre sévit toujours en Occitanie

    Le moustique tigre sévit toujours en Occitanie

    Chaque été, les cas de chikungunya, dengue, zika et désormais de West Nile (fièvre du Nil occidental) augmentent en Occitanie.

    Si pour le West Nile (deux cas autochtones ont été détectés dans l’Hérault, à Florensac et Agde) le virus est porté par des moustiques de genre culex, l’augmentation des autres virus est due à la prolifération du moustique tigre. En vigilance jusqu’au 30 novembre, l’Agence régionale de santé (ARS) rappelle que le moustique tigre continue de sévir et appelle donc à rester prudent en continuant de vider tous les contenants d’eau où il pourrait pondre et à consulter son médecin en cas de symptômes.

    Car cet été, il a été particulièrement actif. Ainsi sur les 145 cas de chikungunya recensés en Occitanie, 46 sont d’origine autochtone. Et tous ces cas ont été trouvés dans le Gard (24) et l’Hérault (22). Après un premier cas identifié à Bernis dans le Gard en juin, 10 ont été confirmés à Poulx. Ce foyer en a engendré un second à Caveirac où 11 cas se sont ajoutés. Deux autres cas ont été identifiés en août à Milhaud puis à Nîmes. « La surveillance dans le Gard concerne aussi la commune de Saint-André-de-Majencoules. Trois cas autochtones identifiés dans l’Hérault auraient pu être contaminés dans cette commune. Des investigations sont actuellement en cours », précise l’ARS.

    En effet, trois cas ont été recensés à Candillargues sur des personnes qui se sont ensuite rendues dans le Gard. Dans l’Hérault, Prades-le-Lez (1), Castries (14) et Mauguio (4) ont été les communes concernées par des cas autochtones de chikungunya. Le département a également été touché par un cas autochtone de dengue à Beaulieu qui s’ajoute aux trois autres détectés en Occitanie (Lot, Pyrénées-Orientales et Haute-Garonne).

  • L’unité syndicale reste intacte contre l’accord avec le Mercosur

    L’unité syndicale reste intacte contre l’accord avec le Mercosur

    Véritable serpent de mer depuis 20 ans, le traité de libre-échange avec le Mercosur sera-t-il une couleuvre de plus à avaler pour les agriculteurs ? La profession est en tout cas prête à se mobiliser pour s’opposer à la ratification de ce traité.

    Mercredi 3 septembre, la Commission européenne a pourtant validé l’accord commercial négocié depuis plus de 25 ans entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay). Pour entrer en vigueur, cet accord doit désormais être soumis à l’approbation des États membres et du Parlement européen.

    Alors que l’Assemblée nationale s’était déjà prononcée contre cet accord le 30 janvier, le gouvernement –avant de devenir démissionnaire– a salué les changements effectués par la Commission européenne sur cet accord. « Cela va dans le bon sens […] La France va maintenant examiner dans le détail ce qui est proposé, afin de s’assurer de l’efficacité du dispositif », a ainsi réagi Laurent Saint-Martin, le ministre démissionnaire délégué du commerce extérieur. Dans cette nouvelle mouture, plusieurs ajouts ont pour but de défendre la filière agricole française. Une « clause de sauvegarde » a en effet été introduite pour garantir la pérennité d’une filière qui serait mise en difficulté par l’accord. Touché par la hausse des droits de douane aux États-Unis, le patronat pousse depuis plusieurs semaines pour la signature de cet accord qui devrait augmenter les exportations de voitures, machines, vins et spiritueux et favoriser l’importation de viande, sucre, riz, miel et soja.

    Mobilisation

    le 26 septembre

    Immédiatement, la profession a fustigé la décision de la Commission. L’ensemble des syndicats agricoles français ont ainsi fait part de leur colère. « Tous les syndicats sont opposés à cet accord. C’est un problème car cet accord permet de faire rentrer en France des productions qui n’ont pas les mêmes normes soit sanitaires soit sociales. Ça va encore faire baisser le prix des productions dans un moment où l’agriculture va très, très mal », explique Didier Gadéa, le président du Modef de l’Hérault qui ne « croit pas » aux garde-fous ajoutés dans la dernière version. « Il faut savoir que ces accords que l’on signe peuvent être modifiés, notamment concernant les volumes d’importations », ajoute le viticulteur.

    Même constat du côté de la Confédération paysanne : « Depuis plusieurs décennies, nous nous opposons à tout accord de libre-échange et à l’expansion d’un modèle néolibéral. Nous considérons que ces accords vont tirer vers le bas notre modèle agricole, social et humain. C’est de la concurrence déloyale pour nos agriculteurs locaux. On veut nous faire croire que sans cet accord on ne peut plus commercer avec l’Amérique latine, c’est faux ! », rappelle Simon Le Berre, porte-parole de la Conf’ du Gard.

    « Nous restons fermes sur notre opposition pleine et entière à la ratification de l’accord du Mercosur. Depuis des mois, les agriculteurs français et leurs homologues européens expriment leur désaccord : faire la sourde oreille et ignorer la voix des agriculteurs ne feront que raviver la colère », a aussi réagi Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA qui a cosigné un communiqué avec les Jeunes agriculteurs. Les deux organisations appellent d’ailleurs les agriculteurs à manifester le vendredi 26 septembre contre « le Mercosur, les taxes imposées par Donald Trump et le flot des importations internationales qui ne respectent pas les normes qui sont les nôtres ». Une nouvelle mobilisation inflammable qui s’ajoute à un climat social incandescent. Car de leurs côtés, le Modef et la Conf’ appelaient les agriculteurs à faire grandir les cortèges du 18 septembre.

  • Une soirée de solidarité pour les victimes du Prolé d’Alès

    Une soirée de solidarité pour les victimes du Prolé d’Alès

    Plus de trois mois après l’attaque du Prolé dans la nuit du 30 au 31 mai, le Parti communiste français a tenu à organiser une soirée de solidarité pour les victimes. L’objectif est de récolter des fonds pour une caisse de soutien qui permettra de les aider pour leurs frais d’avocat. « C’est une soirée pour financer les victimes mais aussi parce qu’il faut faire la fête, faire une fête antifa », explique Giovanni di Francesco, secrétaire de la section PCF d’Alès qui s’est également porté partie civile dans ce dossier. Vendredi 26 septembre (20h30), deux groupes (Paris-Brest et MC’s du Midi) viendront donc jouer bénévolement dans la cour du Prolé.

    L’objectif est également de rappeler les faits alors que l’enquête patine. En effet, malgré le dépôt par plusieurs victimes d’éléments prouvant l’implication des néofascistes du Bloc montpelliérain, aucune arrestation n’a encore eu lieu trois mois et demi après les faits. « Le parquet et la police ne se bousculent pas au portillon pour mener l’enquête. Va-t-on tirer un trait sur ce qu’il s’est passé ? Ces groupuscules peuvent-ils agir impunément dans notre pays ? Pour l’instant nous n’avons aucune nouvelle. Mais il y a tellement de complaisance au niveau national que la plupart de ces histoires ne sont pas instruites. Le Bloc Montpelliérain faisait partie des groupuscules d’extrême droite qui ont défilé à Paris le 10 mai sous la protection plus que bienveillante de la police », enrage Giovanni di Francesco.

    D’autant que les victimes, et notamment le cheminot qui avait eu le nez cassé, restent sous le choc. « Il va reprendre le travail cette semaine. Il s’est remis de ses blessures physiques mais il était complètement traumatisé parce que c’est un gars qui est un vrai pacifiste dans l’âme », explique le communiste.

  • Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans l’Hérault et le Gard

    Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans l’Hérault et le Gard

    La mobilisation s’annonce d’ampleur. Une journée de grève nationale et de manifestation est organisée, ce jeudi 18 septembre, à l’appel de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU et Solidaires), pour protester notamment contre les nombreuses mesures d’économies budgétaires du gouvernement et pour la justice sociale et fiscale. Plusieurs rendez-vous sont programmés dans l’Hérault et le Gard.

    Uzès, 9h45, départ devant la mairie.

    Un départ est organisé pour Nîmes à 13h30 de la Poste.

    Alès, 10h, rendez-vous devant la sous-préfecture.

    Bagnols-sur-Cèze, 10h, départ au Monument aux morts.

    Le Vigan, 10h30, rendez-vous devant la sous-préfecture.

    Nîmes, 14h30, rendez-vous Jardins de la Fontaine, allées Jean Jaurès.

    Montpellier, rendez-vous à 10h30, Place Albert-Ier.

    Sète, 10h30, départ Place de la mairie.

    Béziers, 10h30, au départ de la Bourse du Travail.

    Bédarieux, 10h30, rendez-vous devant la Maison des syndicats.

    Clermont l’Hérault, départ sur l’Allée Roger Salengro.

    Ganges, rendez-vous à 18h devant la mairie.

  • Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans le l’Hérault et le Gard

    Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans le l’Hérault et le Gard

    La mobilisation s’annonce d’ampleur. Une journée de grève nationale et de manifestation est organisée, ce jeudi 18 septembre, à l’appel de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU et Solidaires), pour protester notamment contre les nombreuses mesures d’économies budgétaires du gouvernement et pour la justice sociale et fiscale. Plusieurs rendez-vous sont programmés dans l’Hérault et le Gard.

  • « Nîmes sait se réinventer » pour la feria

    « Nîmes sait se réinventer » pour la feria

    La rentrée passée, Nîmes s’apprête à vibrer de nouveau au rythme de la fête. Du jeudi 18 au dimanche 21 septembre, la Feria des Vendanges 2025 promet quatre jours où traditions taurines et grands rendez-vous festifs se mêleront dans toute la ville. C’est une personnalité bien connue des Nîmois qui ouvrira officiellement les festivités : l’ancienne ministre Georgina Dufoix prononcera le traditionnel Brindis au Temple de Diane, le jeudi à 12h30. Ce discours poétique, habituellement confié à une figure extérieure, donnera cette année une tonalité locale au lancement de la feria.

    Dans les arènes, l’afición sera servie par une programmation de haut vol. Le vendredi, place à une corrida Carmen inédite, mise en scène avec décors et scénographie. Le samedi, la billetterie affiche déjà une forte demande pour la course réunissant José María Manzanares, Roca Rey et Aarón Palacio, qui prendra l’alternative. Le dimanche, une novillada et une corrida mixte viendront clore la saison taurine. Hors des arènes, la tradition camarguaise sera mise à l’honneur avec cinq abrivados, dont la grande finale du concours prévue jeudi soir sur le boulevard Victor-Hugo, avec 120 chevaux et 11 manades. Samedi et dimanche, d’autres abrivados animeront l’avenue Jean-Jaurès et la rue de la République.

    La musique, elle, s’invitera partout en ville. Vendredi à 20h, plus de 300 musiciens ouvriront la grande parade des musiques de rue, partant de la Maison Carrée pour rejoindre les arènes dans un joyeux cortège. Le samedi soir, le parvis des arènes se transformera en scène géante avec un concert gratuit mêlant légendes du disco : Boney M et Imagination, précédés par de jeunes talents locaux. Les spectacles équestres aux Jardins de la Fontaine, le marché artisanal sur l’Esplanade et le Ban des Vendanges, défilé folklorique programmé dimanche à 15 h, viendront compléter un programme riche, pensé pour séduire aussi bien les passionnés que les curieux.

  • « Nous avons une gestion saine et rigoureuse »

    « Nous avons une gestion saine et rigoureuse »

    La Marseillaise : Depuis combien de temps êtes-vous engagée en politique ?

    Pascale Eugène : J’ai commencé dans la fonction publique en 1988. Je travaillais à la mairie d’Alès et j’étais secrétaire parlementaire de Gilbert Millet (PCF), qui était à l’époque député du Gard. J’ai fait une pause après avoir eu des enfants et j’ai repris du service quand Patrick Malavieille a été élu député du Gard. Après avoir passé différents concours, j’ai travaillé pour Alès agglomération et depuis 2020 je travaille au cabinet du maire de Saint-Martin-de-Valgalgues. En 2009 j’ai été élue municipale à la Grand-Combe et je suis adjointe aux finances depuis 2022. Je suis aussi membre du Parti Communiste depuis de nombreuses années.

    Quel bilan tirez-vous du mandat effectué à La Grand-Combe ?

    P.E. : Beaucoup de projets sont en cours, comme notamment la rénovation énergétique des écoles. Il y a aussi la rue Nelson Mandela qui a été un gros dossier. Nous avons un gros projet d’ombrière derrière la maison de santé. Nous avons aussi un projet de city-stade à la demande du conseil municipal des enfants.

    Dans quel état sont les finances
    à La Grand-Combe ?

    P.E. : Le budget de fonctionnement est de 10 millions d’euros et 8 millions en investissement. Nous avons un excédent de fonctionnement cumulé qui s’élève à 3,5 millions, ce qui permet d’avoir de belles ambitions pour la suite. Nous avons une gestion saine et rigoureuse des finances. Ces dernières années, nous sommes contraints d’être encore plus vigilants.

    Comment vont se dérouler les prochains mois avant le début officiel de la campagne municipale ?

    P.E. : Maintenant que l’accord avec le PS est acté et que la liste est montée, nous avons eu notre premier comité de campagne lundi 8 septembre. Nous commençons à co-construire notre programme. Nous allons maintenant aller à la rencontre des habitants grâce notamment à des réunions publiques.

  • Le coup de pied dans la fourmilière d’Henri Cabanel

    Le coup de pied dans la fourmilière d’Henri Cabanel

    Viticulteur de profession, Henri Cabanel a une certaine légitimité sur le sujet. Quant à la tentation de brosser les électeurs dans le sens du poil, le sénateur héraultais (groupe RDSE) a déjà prévenu qu’il ne se représentera pas.

    Pas adepte de « la langue de bois », c’est un rapport vérité co-rédigé avec deux confrères rapporteurs du Sénat qu’il s’apprête à rendre fin octobre sur l’avenir d’une viticulture en mode survie. Son rapport, qui se veut « constructif et ambitieux » mais sans concession sur l’avenir d’une filière éclatée qu’il n’a pas l’intention de ménager, devrait faire du bruit. Au cours des nombreuses auditions et visites de terrain menées depuis des mois, « j’ai pris des gifles mais j’en ai donné aussi », dit-il de manière imagée. « J’ai mon franc-parler et je suis de la famille. On ne peut pas m’esbroufer. »

    Responsables syndicaux et institutionnels, vignerons indépendants, caves coopératives, élus… Tous ses échanges l’ont amené à un constat implacable : « La situation viticole est très hétérogène en France et même ici, en Occitanie. » Malgré le contexte de crise, certains privés et même des coopératives réussissent quand d’autres coulent. Henri Cabanel en est convaincu. Si les trois problématiques récurrentes (le revenu décent, l’eau et les normes) existent bel et bien (« on fera des propositions dessus »), le sujet central est interne.

    Des vins moins alcoolisés

    « La filière viticole française est divisée. Elle n’a pas de cap ni de stratégie ! Elle n’a même pas défini les enjeux. » Plutôt que « chacun discute son bout de gras sur des postures politiciennes », le sénateur incite interprofession, producteurs, négoce et grande distribution à « prendre leurs responsabilités et tirer dans le même sens ». À l’image de la distillation ou de l’arrachage, trop d’argent public aurait été gaspillé sans aucun résultat. « Il faut des compensations, s’engager à faire quelque chose en contrepartie des aides, sinon rien ne changera », prévient H. Cabanel pour qui « une cave qui va mal, qui fusionne avec une autre en difficulté, ça donne une cave qui va mal ». Il conseille de « s’accorder sur une adaptation au changement climatique et chasser en meute sur le plan commercial, en mutualisant nos efforts à l’export comme les Italiens ou les Espagnols qui vendent plus que nous à l’étranger ! ». Pour cela, l’élu préconise de mieux coller aux nouveaux goûts des consommateurs. « La réglementation a changé et permet des vins partiellement alcoolisés entre 0,5 et 8,5 degrés », illustre-t-il. Une révolution en somme.