Tag: Gard

  • Bouget mise sur la parole des habitants

    Bouget mise sur la parole des habitants

    Ce mardi, sur l’esplanade Charles-de-Gaulle, au pied de la fontaine Pradier, Vincent Bouget et le collectif Nîmes en commun ont donné le coup d’envoi d’une nouvelle étape de leur campagne municipale. Autour du candidat de la gauche unie, soutenu par le PCF, le PS, EELV, Génération. s, le PRG, Place publique et d’autres forces progressistes, militants et curieux se pressaient pour découvrir le questionnaire « Nîmes 2026 ». Ce document de trente questions, décliné en plusieurs grandes thématiques, doit permettre aux habitants de partager leurs priorités pour la ville : aménagement urbain, économie, culture, solidarité, sécurité ou encore rapport à la politique. L’ambition est claire : recueillir entre 5 000 et 10 000 réponses d’ici deux mois. « Nous ne voulons pas plaquer nos idées, mais construire une alternative crédible avec les habitants », insiste Vincent Bouget.

    Pour le conseiller départemental et ancien candidat en 2020, ce lancement est l’aboutissement d’un travail de fond. Après le film Si je vous dis Nîmes, diffusé dans une trentaine de réunions publiques et nourri de plus d’une centaine d’entretiens basés sur des études démographiques, puis la grande restitution de juin à la halle Ludivine Furnon devant près de 7 000 personnes, place désormais à la consultation élargie. « Ce questionnaire est une suite logique, il complète tout le travail déjà réalisé », ajoute le candidat, rappelant qu’il s’agit d’un processus « qui ne s’arrête pas à l’échéance électorale mais doit changer durablement la manière de gouverner : celle de l’écoute, de l’échange, de l’association ».

    Faire émerger des priorités collectives

    « Dans une ville où trop souvent les décisions se prennent sans concertation, nous faisons l’exact inverse », explique Vincent Bouget. Il en profite pour répondre aux détracteurs du projet : « Certains nous accusent de ne pas avoir de programme, sous entendant que nous n’avons pas d’idées. La vérité, c’est que nous sommes en train de l’écrire avec les citoyens. » Distribution dans les quartiers, stands sur les marchés, rencontres aux abords des écoles : une cinquantaine d’initiatives sont prévues jusqu’à décembre pour diffuser le questionnaire. L’équipe prévoit même des relais numériques et des réunions thématiques pour toucher le plus grand nombre. Les premiers retours semblent prometteurs : plus de 200 exemplaires ont déjà été remplis avant même le lancement officiel.

    Les militants, eux, se réjouissent de renouer le fil du dialogue avec les habitants. « Ce questionnaire est un prétexte pour entrer en contact avec des personnes qui ne viennent jamais aux réunions publiques », confie Marie-Pierre Mercier, engagée de longue date dans l’écologie locale. L’équipe de campagne voit dans cette démarche un outil de dialogue autant qu’un levier électoral. Les réponses serviront à bâtir le programme, attendu au tournant de l’année 2026. « Notre objectif, conclut Vincent Bouget, c’est de faire dialoguer les habitants pour bâtir ensemble l’alternative que Nîmes attend. »

    Lieux, dates des prochaines réunions publiques et questionnaire sur nimesencommun.com

    « L’écoute est notre manière de faire de la politique »

  • Cent ans de livres jeunesse au Carré d’Art

    Cent ans de livres jeunesse au Carré d’Art

    C’est un peu une madeleine de Proust pour plusieurs générations. Jusqu’au 13 décembre, le Carré d’Art accueille Dessine-moi une histoire, une exposition qui plonge le visiteur dans plus d’un siècle de livres destinés à la jeunesse. Albums illustrés, bandes dessinées, contes et périodiques y racontent l’évolution d’un genre littéraire, miroir de la société et source d’émotions intemporelles.

    À l’origine de ce fonds exceptionnel, il y a l’histoire d’une famille cévenole. Sur trois générations, de la grand-mère à la petite-fille, 350 ouvrages ont été soigneusement conservés et transmis. En 2020, Sylvie Lucas, dernière dépositaire de ce patrimoine intime, a choisi de confier la bibliothèque au Carré d’Art. « Nous n’avions pas de fonds spécifique pour l’édition jeunesse. Ce don est venu combler un vide », souligne Bénédicte Tellier, bibliothécaire au service Patrimoine. Les traces laissées par les enfants (coloriages, dédicaces, signatures) rappellent qu’il ne s’agit pas seulement d’une collection, mais bien d’une bibliothèque vivante, témoin d’une filiation.

    Une collection variée

    Dans les vitrines, le visiteur passe des fables de La Fontaine aux aventures de Robinson Crusoé, des éditions illustrées par Gustave Doré aux albums colorés de Benjamin Rabier. Plus près de nous, Bibi Fricotin, Bécassine ou Martine côtoient Harry Potter ou Le Petit Prince. Chaque génération y retrouve des héros familiers, et certains visiteurs avouent leur émotion en revoyant les couvertures de leur enfance.

    Le parcours muséal se déploie sur plusieurs espaces : dans l’atrium du Carré d’Art, la diversité des documents raconte l’essor de la littérature jeunesse depuis la fin du XIXᵉ siècle ; à l’étage, la section jeunesse met en avant le monde animal et son imaginaire ; tandis qu’à la bibliothèque Serre Cavalier, les héros et héroïnes emblématiques des lectures d’enfance tiennent le devant de la scène. L’exposition dialogue aussi avec le patrimoine littéraire local. Une vitrine est consacrée aux éditeurs gardois : Grandie, Lirabelle ou encore Papier Coupés. Plus précieux encore, le manuscrit de Dhuoda, rédigé à Uzès au IXᵉ siècle, est présenté comme l’un des premiers textes européens destinés à un enfant, écrit par une mère pour son fils. Des rendez-vous ponctuent l’exposition : ateliers d’écriture graphique, projections familiales et rencontres avec illustrateurs permettent aux plus jeunes de s’approprier à leur tour cet héritage.

  • Gard : un mois pour dire merci aux aidants

    Gard : un mois pour dire merci aux aidants

    On les appelle volontiers « les super-héros du quotidien ». Dans le Gard, on en dénombre près de 63 500 : 40 000 adultes et 23 500 enfants qui, chaque jour, accompagnent un parent, un conjoint, un frère ou une sœur en perte d’autonomie en raison de l’âge, d’une maladie chronique ou d’un handicap. Souvent invisibles, parfois isolés, ces aidants jouent pourtant un rôle essentiel pour la société. Leur présence permet le maintien à domicile, le réconfort et le soutien permanent de milliers de Gardois.

    Pour leur rendre hommage, mais aussi pour leur offrir un espace d’écoute et de répit, le Conseil départemental et ses partenaires organisent du 23 septembre au 15 octobre 2025 les Journées gardoises des aidants. Sept villes accueilleront ces temps forts : Rochefort-du-Gard, Le Grau-du-Roi, Bagnols-sur-Cèze, Le Vigan, Uzès, Nîmes et Alès. Ces rendez-vous co-construits avec des aidants eux-mêmes et des professionnels de l’accompagnement entendent briser l’isolement et mieux faire connaître les dispositifs disponibles. « Par leur abnégation et leur dévouement, les aidants apportent une contribution majeure à notre société », rappelle la présidente du Conseil départemental, qui souligne la nécessité de leur apporter reconnaissance et soutien. Au programme, une large palette d’animations : conférences, ateliers pratiques, moments conviviaux et événements culturels gratuits. À Bagnols-sur-Cèze, le 1er octobre, stands d’information, apéritif dînatoire et concert du groupe Les Uns Différents – composé de musiciens en situation de handicap – mettront à l’honneur l’alliance entre solidarité et inclusion. À Nîmes, le 9 octobre, puis à Alès, le 15 octobre, des rendez-vous culturels offriront des parenthèses festives.

    « Prendre soin de soi »

    Au-delà des festivités, ces journées veulent transmettre un message central : prendre soin des autres passe aussi par la capacité à prendre soin de soi. Beaucoup d’aidants ne se reconnaissent pas comme tels et ignorent les soutiens existants. Pour les interpeller, de nouveaux outils seront présentés : l’« aidantomètre », inspiré du « violentomètre », aide à mesurer sa situation et à identifier un besoin de répit ; une carte d’urgence permettra d’indiquer, en cas d’imprévu, qui prendra le relais auprès de la personne aidée ; enfin, un annuaire territorial recensera les ressources disponibles dans chaque bassin de vie.

    L’événement est également l’occasion de mettre en lumière les Espaces ressources aidants, désormais ouverts à Vauvert, Calvisson, Alès, Nîmes, Uzès, Rochefort-du-Gard, Bagnols-sur-Cèze et Le Vigan. Véritables guichets uniques, ces lieux proposent écoute, soutien psychologique et social, permanences de professionnels, mais aussi formations et moments de convivialité. Ils s’inscrivent dans une dynamique forte : en 2025, le Département a consacré plus de 400 000 euros au soutien des aidants, contre 250 000 euros en 2024 et 105 000 euros en 2023. Le Comité départemental d’éducation pour la santé du Gard (Codes 30), partenaire historique, joue un rôle clé dans l’animation de ces dispositifs et dans la coordination des actions. L’association porte notamment la plateforme numérique « Aidants Gard », conçue pour faciliter l’accès à l’information et centraliser les services disponibles. Car si les aidants donnent sans compter, ils en paient parfois le prix : anxiété, fatigue, douleurs chroniques, isolement. Cette parenthèse est une manière de rappeler que derrière chaque « super-héros », il y a aussi une femme, un homme, un enfant, qui mérite écoute et réconfort.

  • Alès passe en mode jeuxdu Moyen Âge

    Alès passe en mode jeuxdu Moyen Âge

    Comme chaque année, la Semaine Cévenole qui célèbre l’histoire et les traditions du Moyen Âge revient à Alès. Pour l’occasion, trois expositions sont organisées. La première rassemble les sceaux de l’époque (mairie), la deuxième est la construction d’un village médiéval en Playmobil et la troisième expose des jouets et des instruments de musique de l’époque.

    Outre les différentes visites guidées, la semaine cévenole accueille aussi des conférences sur la cathédrale d’Alès (le 29 septembre), les divertissements de la noblesse (1er octobre), les origines de la carte à jouer en Catalogne (2), l’art du combat médiéval (2) ou encore se travestir en Languedoc (3). Un atelier de cuisine médiéval est aussi organisé le mardi suivi d’une soirée cinéma alors que plusieurs ateliers de confection de jeux et d’instruments de musique seront proposés aux enfants le mercredi. Un tournoi de jeux vidéos médiévaux est également au programme le jeudi.

    Tournois de chevaliers

    Vendredi, le traditionnel bœuf à la broche sera servi place de l’Hôtel de ville suivi de l’embrasement du fort Vauban. Pour le week-end, Alès ne change pas une équipe qui plaît puisque petits et grands pourront retrouver le traditionnel défilé costumé (location gratuite à la salle Cazot), le marché médiéval, le marché artisanal, les tournois de chevaliers et de cavaliers ainsi que les concours de tir à l’arc et les animations du campement militaire.

  • Des mairies hissent le drapeau palestinien dans le Gard et l’Hérault

    Des mairies hissent le drapeau palestinien dans le Gard et l’Hérault

    Ce n’est pas tous les jours que le conseil municipal de Cendras soutient le président de la République », lance Sylvain André devant sa mairie. L’édile communiste de Cendras a en effet accroché le drapeau palestinien lundi 22 septembre et organisé un rassemblement en fin de journée pour saluer la décision de la France de reconnaître officiellement l’État de Palestine.

    À l’instar des communes de Saint-Julien-les-Rosiers et Le Martinet, Sylvain André n’a pas suivi les consignes de la préfecture concernant l’accrochage du drapeau palestinien. « Je suis surpris par la polémique. Avec ce drapeau, je soutiens la diplomatie française. On avait déjà mis le drapeau ukrainien et la banderole Ensemble pour la paix quand la guerre en Ukraine a commencé », explique Sylvain André.

    Dans l’Hérault, plusieurs maires ont également accroché les couleurs de la Palestine comme René Revol (LFI). Saisi par la préfecture, le tribunal administratif de Montpellier a suspendu la décision du maire et le préfet lui a « demandé » d’appliquer cette décision. « La consigne du ministre de l’Intérieur contredit de fait la position diplomatique de la France et ne peut donc avoir aucune légitimité », s’est expliqué l’édile qui a laissé le drapeau flotter toute la journée de lundi. Des rassemblements ont également eu lieu devant de nombreuses mairies pour saluer la position française.

    À Cendras aussi, le drapeau palestinien devait être décroché mardi matin. Mais le député d’extrême droite de la circonscription, Alexandre Allegret-Pilot (UDR), en a décidé autrement en venant l’enlever en pleine nuit.

    Sylvain André menacé

    Dans une vidéo où il se met en scène, l’élu ciottiste explique : « Le préfet du Gard a exigé que le drapeau soit retiré. Sans surprise, rien n’est fait. Donc on doit s’en occuper », lance-t-il avant de décrocher lui-même le drapeau. « Il s’est octroyé un pouvoir judiciaire qui n’est pas le sien en commettant une atteinte à l’autorité de la commune et au bon ordre public […]. Je demeure profondément choqué par cet épisode auquel je me réserve le droit de donner une suite judiciaire », a réagi Sylvain André qui a été contraint de fermer les commentaires sur les réseaux sociaux devant le flot d’insultes reçues : « J’ai reçu des messages comme « qu’il prenne le Hamas chez lui », « terroriste », « islamogauchiste ». Il y en a même un qui a dit : “Qu’on le brûle”. Je ne sais pas si c’était le drapeau ou le maire. »

  • Santé mentale des jeunes : Nîmes tente une nouvelle approche

    Santé mentale des jeunes : Nîmes tente une nouvelle approche

    Tous les chiffres sur leur santé mentale le confirment : la jeunesse française va mal. Selon un sondage de la Mutualité française, un quart des jeunes (15-29 ans) souffre de dépression et 31% ont eu des pensées suicidaires. En 2023, 936 000 jeunes de 12 à 25 ans ont été remboursés pour un psychotrope, soit une augmentation de 5% par rapport à 2022 et 18% par rapport à 2019. Au total, c’est une augmentation de 60% des jeunes sous antidépresseurs et 38% sous antipsychotiques.

    Face à cette situation, le gouvernement qui en avait fait sa « grande cause nationale » a bien tenté de mettre en place des dispositifs comme « Santé psy étudiant » ou « Mon soutien psy » mais le manque de praticiens disponibles et le manque de moyens alloués au service psychiatrie à l’hôpital ne permettent pas d’améliorer la situation. C’est donc dans ce contexte que le Centre hospitalier universitaire de Nîmes a innové en lançant sa villa Orygen.

    Celle-ci tire son nom d’un centre australien fondé à Melbourne qui a repensé l’approche de la santé mentale des jeunes en réunissant dans un même lieu la recherche, la formation et les soins cliniques. L’objectif est d’intervenir le plus tôt possible (à l’origine, d’où son nom) pour déceler les troubles et les soigner avant d’intervenir également sur l’accompagnement des jeunes dans la société. Le CHU de Nîmes s’est donc inspiré de cette initiative pour créer sa propre villa Orygen où deux médecins pilotent l’équipe composée de trois psychologues, quatre infirmiers, un cadre de santé, une assistante sociale et une « job coach ». La prise en charge peut varier entre ateliers thérapeutiques, psychothérapies, suivi avec un job coach et/ou une assistante sociale ou encore l’accès à des appartements thérapeutiques (AEMC, centre le Peyron). Les familles se voient également proposer un accompagnement.

    130 consultations en 14 mois pour l’unité mobile

    Grâce à un financement de la Fondation de France, le CHU s’est doté de deux vans pour lancer PsyTRUCK 3.0 et ainsi aller rencontrer les jeunes sur leur lieu de travail, à l’université ou dans les quartiers. Cette unité mobile propose des consultations sans rendez-vous aux jeunes de 15 à 30 ans permettant ainsi « une évaluation rapide, une orientation adaptée et un accompagnement ciblé des jeunes en souffrance psychique ». Entre février 2024 et avril 2025, 130 consultations ont été réalisées dans le van aménagé. Ce dispositif est piloté par la psychiatre Aurélie Schandrin qui a passé une année en Australie auprès du Professeur Patrick McGorry, fondateur de la villa Orygen.

    Ce travail lancé à Nîmes a même été salué par Emmanuel Macron qui a envoyé un courrier cet été à la médecin pour la féliciter. « Avec le PsyTRUCK et les actions des équipes du docteur Schandrin, le CHU de Nîmes transforme l’accès aux soins psychiatriques des jeunes : proche, rapide et innovant. Cette démarche, saluée par le président de la République, est une reconnaissance de l’excellence médicale et scientifique de notre établissement et illustre l’impact majeur de ses innovations », a réagi Frédéric Rimattei, le directeur général du CHU de Nîmes.

    De son côté, Aurélie Schandrin a profité de la réception de ce courrier pour saluer le « travail collectif mené par l’ensemble des équipes de psychiatrie du CHU de Nîmes » et souhaite désormais « poursuivre et amplifier notre action auprès des jeunes ». La psychiatre qui a participé le 12 septembre dernier au Ferrepsy à Montpellier où étaient rassemblés au Corum les plus grands spécialistes de l’intervention précoce en psychiatrie, vient également de publier un livre* pour tenter de révolutionner les pratiques en soulignant la nécessité d’intervenir le plus tôt possible.

    *Troubles psychiques chez les jeunes – Intervenir tôt et donner de l’espoir, Éditions Érès.

  • Dans le Gard, le semencier Sakata crée 50 postes sur 10 ans

    Dans le Gard, le semencier Sakata crée 50 postes sur 10 ans

    À Uchaud, dans le Gard, l’entreprise Sakata est installée depuis 27 ans. Spécialisée dans la production et la commercialisation des semences potagères, cette dernière est présente dans pas moins de 24 pays et produit 28 espèces vendues dans 90 pays, de l’Europe à l’Afrique en passant par le Moyen-Orient. « On crée des tas de variétés tous les ans pour chacune de nos espèces, adaptées à la fois aux conditions agronomiques et climatiques de nos clients et aux demandes des consommateurs, aux demandes de techniques de production – sous serre, sous tunnel plastique, en plein champ, etc. Nous avons des variétés qui s’adaptent à chaque condition de production et de commercialisation », détaille Basile de Bary, directeur général de Sakata Vegetables Europe. Tomates, courges, brocolis, pratiquement tous les légumes sont représentés.

    Et il faut dire que le secteur est florissant puisque l’entreprise a annoncé vouloir recruter une cinquantaine de postes sur dix ans. Même si la guerre en Ukraine et la période d’inflation qui a suivi ont plombé l’année 2022 – « les taux se sont mis à exploser. Les agriculteurs avaient beaucoup plus de mal à financer leur culture et ont donc réduit les surfaces », reprend Basile de Bary- la hausse continue de la population mondiale, couplée à une amélioration des « régimes alimentaires plus qualitatifs et donc avec plus de fruits et de légumes », permet à Sakata de voir le verre à moitié plein.

    Adapter les légumes

    Le tout dans un contexte où le dérèglement climatique s’amplifie, ce qui n’est pas sans impact sur la flore. Obligeant les plantes à devoir s’adapter. En ce sens, Sakata fait figure de précurseur. « Notre métier, c’est d’adapter les plantes aux conditions agro-climatiques, quelle que soit l’évolution de ces conditions. On n’avait peut-être pas forcément pris conscience que le travail que l’on faisait était déjà dans le sens d’une adaptation à un dérèglement climatique. C’est beaucoup plus clair depuis 5, 10 ans. Mais en fait, ça fait 20, 30, 40 ans qu’on le fait », soutient Basile de Bary.

    Trop d’eau, sécheresse, manque d’eau, températures élevées, autant de paramètres avec lesquels jouent les semenciers. « Une de nos tomates en Égypte a une capacité à ce qu’on appelle techniquement “nouer à la chaleur”, c’est-à-dire accrocher les fruits même si les températures sont très fortes. Car quand les températures sont très fortes, une tomate a tendance à perdre ses fleurs et ne pas faire de fruits. Donc très peu de rendement. Cette variété-là, même à 35-40°C, les fleurs restent accrochées et le fruit se développe. On l’a lancée il y a 7-8 ans et on a une part importante du marché égyptien à cause de cette adaptation aux températures de plus en plus fortes sur l’été dans le nord de l’Afrique », développe le directeur général. Bientôt lancées en France ?

  • [Gard] Sylvain André (PCF) : « Je vais porter plainte contre le député Allegret-Pilot »

    [Gard] Sylvain André (PCF) : « Je vais porter plainte contre le député Allegret-Pilot »

    Mardi 23 septembre au matin, Sylvain André a découvert « ébahi » la vidéo du député de la 5e circonscription du Gard qui se met en scène devant la mairie de Cendras pour en décrocher le drapeau palestinien qui y flottait depuis la veille et qui devait être retiré mardi matin. Depuis ce week-end, le maire communiste est la cible d’un déchaînement sur les réseaux sociaux pour avoir pris la décision d’accrocher le drapeau palestinien lundi 22 septembre et d’organiser un rassemblement en soutien à l’initiative française de reconnaître un État palestinien.

    Sauf que sur demande du ministre démissionnaire de l’Intérieur, le préfet du Gard a intimé à l’élu de retirer le drapeau. Une convocation était prévue au tribunal administratif mardi. « Comme j’ai fait une attestation que le drapeau n’y était plus, ma convocation au tribunal administratif a été annulée. De toute façon, c’était prévu de le retirer à 8 heures ce matin. C’était une forme de soutien à la diplomatie française et de célébration de cet événement historique. Comme c’était uniquement le 22 septembre, cet argument était défendable devant le tribunal. Deux arguments sont évoqués : la neutralité des services publics et que les questions internationales relèvent des compétences de l’État. Sauf que pour l’Ukraine, il n’a jamais été question de retirer les drapeaux », explique Sylvain André.

    C’est donc dans ce contexte que le député Alexandre Allegret-Pilot a posté une vidéo sur ses réseaux sociaux mardi matin où il se met en scène en pleine nuit devant la mairie de Cendras. « Le préfet du Gard a exigé que le drapeau soit retiré. Sans surprise, rien n’est fait. Il n’y aura pas de sanction, on doit donc s’en occuper », dit-il face caméra avant de sortir un escabeau de sa voiture et de monter devant la façade pour en retirer le drapeau palestinien.

    Mardi, aux côtés de Patrick Malavieille (vice-président PCF du conseil départemental du Gard), Aurélie Genolher (conseillère régionale, vice-présidente d’Alès Agglo et maire de Massillargues-Attuech) et des maires de Saint-Julien-les-Rosiers Serge Bord et de Saint-Martin-de-Valgalgues Claude Cerpedes, Sylvain André a tenu un point presse pour faire part de sa consternation. « J’ai été ébahi et abasourdi par l’initiative du député », explique-t-il. « C’est quand même grave qu’un député se permette de faire ça au milieu de la nuit, comme un voleur. Il se permet de remplacer le pouvoir judiciaire. Parce qu’aujourd’hui, le seul qui avait l’autorité pour me faire enlever le drapeau, c’était le tribunal administratif qui est saisi par le préfet. En allant retirer le drapeau, le député est à la fois juge et policier. C’est une attitude grave. Cela montre le vrai visage de l’extrême droite et on se demande jusqu’où ils peuvent aller ».

    Dans la foulée, l’édile annonce qu’il va porter plainte dans les prochains jours : « J’attends encore quelques éléments juridiques. Mais il ne faut pas laisser passer parce qu’il attise la haine sans arrêt. En plus, cela pose aussi un problème de trouble à l’ordre public. Heureusement à Cendras, la mairie est un peu isolée derrière l’église. Mais si quelqu’un l’avait vu et qu’il n’était pas d’accord avec le fait de retirer le drapeau, ça aurait pu mal tourner ».

    Au-delà des présents à la conférence de presse, de nombreux élus ont depuis envoyer un message de soutien à Sylvain André à l’image des élus régionaux Régis Bayle et Fabrice Verdier ou de l’élu nîmois Vincent Bouget (PCF), du sénateur Denis Bouad (PS), d’Emmanuel Grieux (L’Après) et du sénateur du Gard Laurent Burgoa (LR).

  • Des mairies hissent le drapeau palestinien dans le Gard et l’Hérault

    Des mairies hissent le drapeau palestinien dans le Gard et l’Hérault

    « Ce n’est pas tous les jours que le conseil municipal de Cendras soutient le président de la République », lance Sylvain André devant sa mairie. L’édile communiste de Cendras a en effet accroché le drapeau palestinien lundi 22 septembre et organisé un rassemblement en fin de journée pour saluer la décision de la France de reconnaître officiellement l’État de Palestine.

    À l’instar des communes de Saint-Julien-les-Rosiers et Le Martinet, Sylvain André n’a pas suivi les consignes de la préfecture concernant l’accrochage du drapeau palestinien. « Je suis surpris par la polémique. Avec ce drapeau, je soutiens la diplomatie française. On avait déjà mis le drapeau ukrainien et la banderole «Ensemble pour la paix» quand la guerre en Ukraine a commencé », explique Sylvain André.

    Dans l’Hérault, plusieurs maires ont également accroché les couleurs de la Palestine comme René Révol (LFI). Saisi par la préfecture, le tribunal administratif de Montpellier a suspendu la décision du maire et le préfet lui a « demandé» d’appliquer cette décision. « La consigne du ministre de l’Intérieur contredit de fait la position diplomatique de la France et ne peut donc avoir aucune légitimité », s’est expliqué l’édile qui a laissé le drapeau flotter toute la journée de lundi. Des rassemblements ont également eu lieu devant de nombreuses mairies pour saluer la position française.

    Allegret-Pilot décroche le drapeau en pleine nuit

    À Cendras aussi, le drapeau palestinien devait être décroché mardi matin. Mais le député d’extrême droite de la circonscription, Alexandre Allegret-Pilot (UDR), en a décidé autrement en venant l’enlever en pleine nuit. Dans une vidéo où il se met en scène, l’élu ciottiste explique : «Le préfet du Gard a exigé que le drapeau soit retiré. Sans surprise, rien n’est fait. Donc on doit s’en occuper », lance-t-il avant de décrocher lui-même le drapeau.

    « Il s’est octroyé un pouvoir judiciaire qui n’est pas le sien en commettant une atteinte à l’autorité de la commune et au bon ordre public […]. Je demeure profondément choqué par cet épisode auquel je me réserve le droit de donner une suite judiciaire », a réagi Sylvain André qui a été contraint de fermer les commentaires sur les réseaux sociaux devant le flot d’insultes reçues : « J’ai reçu des messages comme « qu’il prenne le Hamas chez lui », « terroriste », «islamogauchiste ». Il y en a même un qui a dit : « Qu’on le brûle ». Je ne sais pas si c’était le drapeau ou le maire ».

  • La saison du Triptyk théâtre est lancée

    La saison du Triptyk théâtre est lancée

    Comme beaucoup de structures dans la culture, le Triptyk théâtre à Nîmes n’a pas été épargné par les difficultés financières. Sans assurance de toucher certaines aides de l’État, son directeur, Denis Lanoy a préféré pérenniser l’avenir en s’appuyant quasiment exclusivement sur des lectures. « Nous n’avons pas de difficultés financières », rassure le metteur en scène. Finalement, les aides seront bien reçues et Denis Lanoy espère reprendre une programmation normale avec la venue d’écrivains et d’artistes début 2026.

    En attendant, il a conçu un programme avec de nombreuses lectures d’auteurs connus pour faire découvrir des écrits oubliés ou faire redécouvrir des classiques. Ce sera le cas jeudi 25 septembre (19h) avec une soirée consacrée à Marguerite Duras, lue par Denis Lanoy et Bruno Paternot. « Bruno lira des textes et moi je lirai des interviews. Cela donne un éclairage très intéressant sur son œuvre et son travail », explique Denis Lanoy.

    Hommage à Rouquette

    Le programme se poursuit le jeudi 2 octobre avec « Raconte-moi ton histoire », un recueil de portraits écrits par Denis Lanoy lors de ses passages chez l’association Table Ouverte. Un autre monument de la littérature sera lu le 9 octobre avec Fédor Dostoïevski. Ce soir-là, pas question de s’attaquer à Crimes et châtiments ou Les frères Karamazov, Denis Lanoy ayant prévu de faire découvrir des nouvelles moins connues : « C’est très drôle. Il existe plusieurs récits de Dostoïevski très vaudevillesques. »

    Après trois soirées consacrées à Suzanne Césaire le 16 octobre, à Murasaki Shikibu le 6 novembre et à Emmanuel Levinas le 13 novembre, le Triptyk théâtre innove avec un « marathon littéraire » où sera lu L’Odyssée d’Homère les 20 et 21 novembre (19h-21h) ainsi que le samedi 22 (de 15h à 19h).

    Le 27 novembre, une soirée hommage sera rendue à Max Rouquette, au cours de laquelle seront lus les extraits des meilleurs récits de l’auteur occitan. Une autre nouveauté sera proposée le 11 décembre, avec un karaoké littéraire où chacun pourra venir lire (chanter, crier, jouer) l’un des textes sélectionnés. Puis, l’année se terminera le 13 décembre par le marché de Noël dans la cour du Prolé, où seront réunis plusieurs auteurs et des maisons d’éditions gardoises.