Tag: Gard

  • Les Shifters du Languedoc veulent sortir du tout voiture

    Les Shifters du Languedoc veulent sortir du tout voiture

    Nourrir les connaissances scientifiques pour peser sur les décisions politiques. Voici la feuille de route que se sont fixée les Shifters du Languedoc Roussillon. Pour cela, ils ont choisi d’analyser les émissions de gaz à effet de serre de cinq projets routiers dans la région dont la Liaison intercommunale d’évitement nord de Montpellier (Lien), le Contournement ouest de Montpellier (COM) et le Contournement ouest de Nîmes (Conim). L’association souligne d’abord que de manière générale « de nouvelles infrastructures routières entraînent toujours une augmentation du nombre d’usagers » et regrette que ces projets sont « pensés et anticipés par les pouvoirs publics comme si la mobilité dans les décennies à venir allait rester la même qu’aujourd’hui ».

    Pour étudier ces projets routiers, les bénévoles des groupes locaux, aidés par des bénévoles de Marseille, ont examiné les dossiers de création des projets routiers pour établir leur impact carbone. « Pour les dossiers les plus anciens, ils n’ont pas du tout évalué l’impact carbone. Seuls les dossiers les plus récents comme les contournements ouest de Nîmes et de Montpellier ont mesuré cet impact mais nous ne sommes pas d’accord avec les conclusions », explique Philippe Devers, l’un des porte-parole des Shifters dans le Gard. Il précise : « Ces études négligent notamment le trafic induit alors que des études américaines et françaises montrent qu’à chaque fois qu’on crée une nouvelle route, on induit un nouveau trafic que l’on n’avait pas avant qui peut représenter un pourcentage important. Le béton des ouvrages n’a pas été non plus évalué en impact carbone alors que ça représente une base importante. »

    Empreintes carbone

    Les Shifters évaluent l’empreinte carbone des constructions du Lien à 40 000 tonnes d’équivalent CO2 et à 120 000 tonnes pour le Conim. L’empreinte carbone de la construction du COM n’a pu être calculée (elle est évaluée à 126 000 tonnes par l’étude d’impact). Concernant, l’empreinte carbone du trafic induit par ces infrastructures, l’association l’estime à 25 000 tonnes par an pour le Lien, 500 000 sur la durée de vie du Conim et entre « 270 et 460 000, sur 20 ans, en fonction du scénario choisi », pour le COM. Des chiffres particulièrement importants qui devraient apporter de l’eau au moulin des opposants à ces projets qui s’appuient bien souvent uniquement sur la défense de la biodiversité pour justifier l’abandon de ces infrastructures. « Nous proposons, comme l’a d’ailleurs fait le Haut conseil pour le climat le 16 octobre, de surseoir à tout projet routier. Nous ne voulons pas dire qu’il faut supprimer tout projet routier mais qu’il faut prendre la dimension carbone dans la décision ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Dans ces projets, on parle beaucoup de biodiversité ou d’artificialisation des sols mais jamais d’empreinte carbone », confirme Philippe Devers.

    Avec cette étude, les Shifters entendent apporter un nouvel éclairage à deux mois des élections municipales. L’association qui se revendique apolitique et apartisane espère que les différents candidats s’emparent de ces éléments. « C’est un objectif national pour les Shifters de mener des actions pour influencer les programmes et mettre la transition écologique sur la table. Le but c’est de tirer vers le haut le programme des politiques pour ces élections municipales », précise Philippe Devers. Comme lors de la campagne de 2020, les Shifters et d’autres associations vont également relancer le « Pacte pour la transition » qui proposait trois grands principes et 32 mesures concrètes pour engager les élus à œuvrer pour des communes « plus écologiques, solidaires et démocratiques ».

    À Nîmes, les Shifters veulent même aller plus loin en organisant une audition des différents candidats. Ils ont, pour la plupart, confirmé leur participation. Lors d’une soirée, l’association entend réunir tous les candidats en leur proposant de présenter leur programme pour favoriser la réduction des émissions de gaz à effet de serre puis de répondre aux questions des bénévoles de l’association.

    *The Shift Project est un groupe de réflexion qui « vise à éclairer et influencer le débat sur les défis climat-énergie ».

  • Le Triptyk Théâtre, à Nîmes, met l’enfance à l’honneur

    Le Triptyk Théâtre, à Nîmes, met l’enfance à l’honneur

    « Dans notre monde techno-libéral qui veut exploiter chaque séquence de nos vies, la littérature apporte le souffle intact de nos espérances », écrit Denis Lanoy en préambule du programme de la 23e saison du Triptyk Théâtre, Maison théâtre des littératures à voix haute à Nîmes. En ce début d’année, le directeur a convié de nombreux auteurs de renom et promet de belles rencontres.

    Dédicacée à Victor Hugo, cette nouvelle saison démarrera par une soirée lecture autour des textes de l’auteur des Contemplations (le 5 février). Les 12 et 19 février, le Triptyk Théâtre accueillera aussi l’autrice Gabriella Zalapi, et la grande poétesse Albane Gellée « dont on voulait faire découvrir le travail », ajoute Denis Lanoy. Le 12 mars, l’écrivain et journaliste Nicolas Martin, ex-animateur de La Méthode scientifique sur France culture, prendra le relais autour de son premier roman Fragile/s.

    Parmi les temps forts de la saison, la désormais traditionnelle séquence de « poésie(s) en l’état », qui invite à l’échange entre lecteurs et auteurs et permet surtout d’interroger la place de la poésie dans le monde, se déroulera du 16 au 20 mars. Cette année, elle planchera plus précisément sur l’impact de la poésie chez l’enfant, grâce aux lumières des poètes Philippe Berthaut et Sylvie Durbec. « Lors du colloque, un psychiatre va nous accompagner pour savoir si c’est seulement un outil pédagogique destiné à développer la mémoire ou au contraire si la poésie participe à la sensibilisation de l’être », argumente le directeur.

    Denis Infante, Laure Adler, Nicolas Rey…

    Dans la foulée, le public ira aussi à la rencontre du prodigieux Denis Infante, le 26 mars, dont le fameux Rousse (son premier roman paru en 2024) a été couronné de succès. Suivra aussi la grande Laure Adler le 2 avril pour une soirée « Liberté », puis Nicolas Rey le 9 avril. L’autrice féministe Rebecca West sera également à l’honneur le 16 avril lors d’une soirée où son travail sera présenté par sa traductrice Sarah Idrissi.

    « On essaie toujours d’avoir quelques locomotives une ou deux fois par an, mais on ne veut pas faire de hiérarchisation. Les écrivains sont d’une richesse étonnante. Ils savent ce que veut dire écrire et ils sont très respectueux du travail de leurs pairs », souligne encore Denis Lanoy. Du 18 mai au 2 juillet, le Triptyk Théâtre expérimente aussi des séances en plein air. Au fil de plusieurs rencontres, il proposera des lectures de Marc Bernard, Françoise Sagan, Georges Perec (dans la cour du Cercle de l’avenir) ou encore Frédéric Mistral (à la maison diocésaine). « Cette partie-là est nouvelle. Généralement, à partir du mois de mai, on ne programme plus rien parce qu’on n’est pas climatisé et qu’il fait beaucoup trop chaud. Mais nous cherchons toujours des solutions pour continuer à être actifs », sourit Denis Lanoy, qui tient aussi à saluer le soutien ancien du Département du Gard et de la Ville de Nîmes. « Il est quasi-miraculeux que l’on puisse continuer malgré l’incertitude qui pèse sur le milieu de l’art et de la culture », remarque le directeur.

    Rendez-vous à 19h, au Triptyk Théâtre, 26, rue de la République, à Nîmes.

    Tarifs : 6 à 10 euros. Pour les lectures en plein air dans la cour du Cercle de l’avenir : 2 euros. La lecture autour de
    Frédéric Mistral (le 2
     juillet)
    est en accès libre. Mail
     : reservation.fantaisie.
    litteraire@gmail.com

    Tel. : 06.17.53.02.60.

  • [Étoile de Bessèges] : Lukas Kubis sur les traces de Sagan

    [Étoile de Bessèges] : Lukas Kubis sur les traces de Sagan

    Il est l’une des attractions de cette 56e édition de l’Étoile de Bessèges. Double champion de Slovaquie sur route en titre, également champion national du contre-la-montre en 2024, Lukas Kubis est le seul coureur à porter un maillot distinctif de son pays sur l’Étoile de Bessèges. Un palmarès qui n’est pas sans rappeler sa légende de compatriote, Peter Sagan, rouleur polyvalent qui a comme lui commencé par le VTT avant de développer tout son potentiel sur route. « C’est impossible de me comparer à lui, car il a été trois fois champion du monde et maillot vert sur le Tour de France, tempère-t-il avec humilité. C’est un des meilleurs cyclistes de l’histoire. Mais c’est bien de représenter le même drapeau que lui, il était mon idole quand j’ai commencé le cyclisme, et en plus c’est un très bon mec. »

    Maillot jaune dans l’escarcelle

    Valeur montante du cyclisme mondial, passé du 236e au 56e rang UCI en l’espace d’une saison, il est porté par ses titres nationaux et de belles performances sur le circuit mondial : plusieurs top 10 sur des classiques flandriennes, 2e du tour de Hollande, victoire sur le Cholet Agglo Tour… Le pensionnaire d’Unibet Rose Rockets dispute sa deuxième Étoile. « C’est une très belle course, avec de superbes paysages. Je suis heureux d’être ici », se réjouit le coureur de 25 ans.

    Déjà annoncé comme un outsider dimanche, sur le GP de Marseille-La Marseillaise, il est l’un des favoris à la victoire finale, après avoir quitté la course prématurément l’an dernier, suite au retrait de son équipe. Un rang confirmé dès la première étape, avec après une 2e place derrière Tom Crabbe : « Ce n’est pas passé loin, on va se battre pour faire mieux dans les prochains jours. » Mais pas question de s’enflammer : « On avance jour après jour. Je suis très fier des efforts de l’équipe mercredi. Bien sûr, la victoire a toujours meilleur goût, mais c’est un très bon début pour l’équipe. »

    Après une nouvelle et frustrante 2e place jeudi, pour son coéquipier Dylan Groenewegen, Lukas Kubis, 8e, récupère le maillot jaune du classement par points. Pas une fin en soi : en ligne de mire, notamment, cette 3e étape autour de Bessèges, « la plus difficile de la semaine », et le contre-la-montre, « très spécifique, avec une grosse montée sur la fin ». Pour récupérer, cette fois, le maillot corail du général.

    3e étape : Bessèges – Bessèges (162,34 km)

    Le terrain devient nettement plus accidenté pour cette 3e étape autour de Bessèges. Après 106 km, les coureurs effectueront un premier passage sur la ligne d’arrivée, puis un second, avant de la franchir définitivement au kilomètre 163. Trois tours du circuit, donc, pour ce final exigeant, avec les montées des cols de Trelis (3,6 km à 5,6%, 1ère catégorie) et des Brousses (2,1 km à 5,2%, 2e catégorie). Un profil pour puncheurs, avec cette dernière difficulté placée à seulement 12 bornes du but.

  • [Étoile de Bessèges] Kockelmann se surprend lui-même et s’impose

    [Étoile de Bessèges] Kockelmann se surprend lui-même et s’impose

    L’échappée fait grise mine, les sprinteurs sourient. En tout cas, au moins l’un d’entre eux. Les courses de début de saison sont souvent propices à l’éclosion de jeunes talents et l’Étoile de Bessèges le confirme doublement. Seulement 24 heures après la victoire surprise de Tom Crabbe à Bellegarde, Mathieu Kockelmann (Lotto-Intermarché) s’est imposé, jeudi à Domessargues, après un final intense et incertain. Le Luxembourgeois de 22 ans signe son 2e succès pro, après avoir levé les bras l’an passé sur son tour national. La photo-finish a dû être examinée pour connaître le gagnant du jour. Tom Crabbe reste le leader du classement général.

    Après une première étape estampillée « cyclisme vrai », où les coureurs ont produit un spectacle grandiose, le peloton était de retour pour un long trajet de 162 km entre Saint-Gilles et Domessargues. Comme la veille, quatre fuyards se sont extirpés du groupe principal pour former l’échappée. Ce peloton a laissé filer, sans doute soulagé de voir seulement quatre hommes s’en aller. Idéal à gérer, tout au long de l’étape. Trois Français et un Suisse se sont portés à l’avant : Arnaud Tendon (Van Rysel Roubaix), Maël Guegan (CIC Pro Cycling Academy), Samuel Leroux (Total Energies) et Axel Bouquet (St-Michel).

    Rapidement, l’écart est monté au-delà des trois minutes puis s’est stabilisé. Longtemps. Très longtemps. Pendant une bonne moitié de la course, personne ne faisait l’effort, derrière, pour revenir. L’un des échappés allait inévitablement ravir le maillot de meilleur grimpeur à Victor Vercouillie, étant donné le nombre de points en jeu ce jeudi. Classé en 2e catégorie, la côte de Clarensac s’est dressée devant les coureurs, à la sortie du village du même nom. 1,8 km à 4,4% et Maël Guégan est passé en tête au sommet, ses compagnons de route laissant faire. Un passage en première position lui permettant justement d’endosser la tunique verte. Arnaud Tendon et Samuel Leroux ont obtenu les derniers points disponibles.

    L’échappée y a encore cru

    Après une longue chevauchée sur les routes gardoises, les coureurs sont entrés sur un grand circuit autour du village de Domessargues, seulement 750 âmes au compteur. Deux franchissements de la côte de Montagnac (3e catégorie) et deux passages sur la ligne d’arrivée avant d’entamer le final, qui s’annonçait déjà serré. Les prévisions météo recensaient des intempéries à partir de 14h. La pluie n’a accordé qu’un bref répit aux 16 équipes en lice, débarquant cinq minutes après l’heure prévue. Elle ne s’est ensuite plus arrêtée de tomber, plongeant tout le monde dans une après-midi éprouvante, trempés des oreilles jusqu’aux orteils.

    C’est à 45 km du but que le peloton a débuté son accélération pour user les hommes de tête. Détentrice du maillot corail de leader de l’épreuve, la Team Flanders Baloise a montré les couleurs jaune-blanc-bleu de son maillot pour rattraper ce retard. Cette échappée était, comme celle de mercredi, très bien organisée. Les quatre cyclistes alignés se donnant des relais appuyés à chaque coup, idéal pour laisser à distance leurs poursuivants. Le quatuor est devenu trio car le jeune Axel Bouquet, 20 ans, n’arrivait plus à suivre le rythme imprimé par ses collègues de galère.

    à 10 km avant la ligne d’arrivée, l’écart n’était plus que de 30 secondes entre les chassés et les chasseurs, sans toutefois diminuer davantage. C’est alors qu’Arnaud Tendon a décidé de fausser compagnie à Leroux et Guégan. Le Suisse semblait avoir de bonnes jambes et, avec le peloton en arrière-plan, continuait son chemin, à bloc. Le coureur d’Elite Fondations est entré dans le dernier kilomètre avec de l’avance et a vu les équipes de sprinteurs fondre à vive allure sur lui. Malheureusement, ce n’est qu’à un hectomètre de l’arche qu’il s’est fait rattraper. Cruel scénario, à l’image de celui de la première étape. Mathieu Kockelmann a ensuite jailli pour prendre quelques mètres sur Dylan Groenewegen et Matteo Moschetti. L’ordre est resté similaire, même si la photo-finish a départagé les trois hommes. Le Luxembourgeois a devancé d’un demi-vélo le Néerlandais aux 78 victoires pros, les Rockets terminant 2e jeudi, comme la veille avec Lukas Kubis, nouveau leader du classement par points.

    « Je suis très surpris de gagner, car je devais emmener Matys (Grisel) sur cette arrivée. J’ai donné mon maximum jusqu’à la ligne, je n’avis même pas vu qu’il restait un échappé, j’étais très concentré », a soufflé le vainqueur du jour, avant de monter sur le podium. Une victoire surprise, dont le Luxembourgeois est le premier choqué.

  • Bessèges, l’origine d’une étoile qui continue de scintiller

    Bessèges, l’origine d’une étoile qui continue de scintiller

    En 1971, un cycliste amateur, débarqué de Moselle depuis peu pour rejoindre un de ses amis rencontré à l’armée, a l’idée folle de créer une course à Bessèges. Le dénommé Roland Fangille, 32 ans, lance, avec l’appui de son beau-père René Rambaud, alors président de l’Union cycliste bességeoise, une course d’un jour : le Grand Prix de Bessèges est né. Deux ans après, la course s’enrichit de deux étapes supplémentaires, puis de deux autres en 1974. Toutes partent alors de Bessèges, formant une étoile, comme le conçoit son président et fondateur.

    55 ans après, l’Étoile arpente désormais plus en profondeur le département du Gard, avec de nombreuses villes étapes (Alès, Saint-Gilles, Bellegarde…). Mais Bessèges reste le cœur de la course. Et chaque année, la 3e étape lui fait la part belle avec le Grand Prix de Bessèges, dont l’arrivée et le départ se font dans la commune.

    Ancienne ville minière au cœur des Cévennes

    Particulièrement animée lors du passage de la petite reine et célèbre pour cette spécificité, Bessèges n’a pas toujours été connue pour cela. À l’origine, « Béou-Cèze » était un hameau de la paroisse de Saint-Andéol-de-Robiac. La commune naît par décret impérial en 1858. Autrefois cité minière et industrielle, elle est postée sur les bords de la Cèze, qui favorisait son activité économique. Elle connut à ce titre un drame, lorsque le ruisseau du Long, autre cours d’eau de la commune, s’engouffra dans les galeries minières, tuant 110 des 139 mineurs présents. Quatre furent retrouvés plusieurs jours après. Cet événement important de la mémoire communale est connu sous le nom de « Catastrophe des Mines de Lalle ».

    Aujourd’hui, la commune continue d’exister au-delà de son passé. 2 600 âmes vivent dans ce paisible bourg rural niché dans le parc national des Cévennes, à 30 km au nord d’Alès. Elle propose ainsi de nombreux parcours de randonnée sur ses hauteurs, offrant des points de vue exceptionnels. Son patrimoine n’est pas en reste, avec, notamment, la tour du guet de Castillon, l’église de Foussignargues, l’ancien couvent des sœurs Clarisses, le château de la Marchande… Enfin, depuis quelques années, Bessèges développe le MI.A.O.U., un circuit d’art urbain à ciel ouvert, classé « sentier découverte du Parc national des Cévennes ».

  • [Étoile de Bessèges] 2e étape : Mathieu Kockelmann s’impose au sprint

    [Étoile de Bessèges] 2e étape : Mathieu Kockelmann s’impose au sprint

    Sous des trombes d’eau pendant plus de 90 km, le peloton aura connu une nouvelle journée compliquée sur cette 2e étape de l’Etoile de Bessèges entre Saint-Gilles et Domessargues, jeudi. Ce qui n’a pas empêché un groupe de quatre courageux, composé de Samuel Leroux (Total Énergies), Arnaud Tendon (Van Rysel-Roubaix ), Axel Bouquet (Auber-Saint-Michel) et Maël Guégan (CIC), de partir en échappée.

    Ils ont compté jusqu’à plus de 3 minutes d’avance. Le jeune Français d’Auber-Saint-Michel a craqué à 22 km de l’arrivée, mais ses trois compagnons de fuite ont résisté. L’écart a fondu dans les 10 derniers kilomètres, passant sous les 20 secondes à 2 km de l’arrivée.

    C’est le moment qu’a choisi Arnaud Tendon pour placer une attaque dans le faux plat montant final. Pari presque réussi, mais le coureur suisse a été rattrapé à 200 mètres de la ligne. Au sprint, et après une vérification de la photo finish qui a pris plusieurs minutes, c’est finalement le Luxembourgeois de Lotto-Intermarché, Mathieu Kockelmann, qui s’est imposé d’un cheveu, devant Dylan Groenewegen (Unibet Rockets) et Matteo Moschetti (Pinarello-Q 36.5).

    Au classement général, Tom Crabbe (Flanders – Bâloise) reste leader.

  • Mariette Gutherz ravive la mémoire enfouie du camp Saint-Nicolas

    Mariette Gutherz ravive la mémoire enfouie du camp Saint-Nicolas

    Aujourd’hui il n’y a plus rien, qu’une façade de pierre livrée aux 4 vents, perdue en pleine garrigue entre Nîmes et Uzès sur le périmètre d’un vaste camp militaire. Difficile d’imaginer que fut créé ici, à l’été 1940, un camp d’internement qui accueillit, sous des tentes, environ 2000 Allemands et Autrichiens antinazis précédemment internés au Camp des Milles.

    Un pan d’histoire locale douloureux et méconnu dont la réalisatrice gardoise Mariette Gutherz a choisi de raviver la mémoire dans son documentaire Le Diable en garrigue (19 min), qui sera projeté* dimanche 1er février à 11h au cinéma Le Sémaphore de Nîmes, avant un débat avec la salle en présence de la réalisatrice. Le sujet a, pour cette Nîmoise d’origine, des résonances personnelles, son père ayant été « un Juif exilé chassé en 1938 par les nazis d’Europe centrale. Il s’est retrouvé à Montpellier pendant la guerre, où il a été caché par ma mère et est devenu résistant », confie-t-elle. Elle lui a d’ailleurs consacré un film.

    L’Histoire alerte le présent

    Pour Le Diable en garrigue, elle a choisi de faire du récit de l’écrivain allemand antifasciste Lion Feuchtwanger, Le Diable en France, le fil rouge de son documentaire. « J’ai découvert son livre quasiment en même temps que le site de l’ancien camp. »

    Réfugié dès 1933 en France, celui qui fut l’un des principaux représentants des intellectuels allemands en lutte contre la montée du nazisme y retrace son internement au camp des Milles, près d’Aix-en-Provence, puis au camp Saint-Nicolas, près de Nîmes. Avant son évasion réussie en août 1940 grâce à une Nîmoise qui l’a aidé, ainsi que beaucoup d’autres, à s’enfuir. Une certaine « madame L. » qui fut « une résistante avant l’heure », salue Mariette Gutherz.

    De juin à août 1940, environ 2000 personnes, dont de nombreux artistes – « Max Ernst, Golo Mann, un fils de Thomas Mann, le père de Stéphane Hessel… » – vécurent donc dans ce camp, qui n’existera que durant trois mois. « En juin 40, le gouvernement de Vichy s’était engagé à livrer tous les Allemands antinazis que le Reich leur demanderait. Fin août 1940, la commission Kundt est donc venue au camp de Saint-Nicolas chercher ces ressortissants. Le camp a fermé et les internés ont été rapatriés aux Milles », relate la réalisatrice. La collusion entre la patrie dite des Droits de l’Homme et le régime nazi ne s’arrêtera pas là. En août 1942, le Camp des Milles change devient un camp de déportation, d’où 2 000 hommes, femmes et enfants juifs seront envoyés à Auschwitz via Drancy.

    Ce documentaire, qui a reçu le Label citoyen de la Fondation du Camp des Milles « pour sa contribution à la lutte contre les extrémismes, le racisme, l’antisémitisme et les discriminations », Mariette Gutherz a l’intention de le faire circuler dans les collèges et les lycées. « C’est une histoire de transmission. Une histoire de mémoire, mais qui doit être vivante », insiste-t-elle. Et interroger sur les dangers qui nous menacent aujourd’hui. « La France était à l’époque une démocratie fragilisée, avec des tensions internationales, une crise économique, une montée de la xénophobie… un contexte qui fait écho à ce que nous vivons actuellement. On est parti, en 1938, d’un décret-loi décidant d’un internement administratif des étrangers jugés indésirables pour des raisons d’ordre public ou de sécurité nationale. Finalement cette législation d’exception a été durcie, instrumentalisée par le régime
    autoritaire de Vichy et ça a abouti aux déportations
     », met-elle en garde. « Comprendre les mécanismes qui ont conduit au pire, avant même l’arrivée d’un pouvoir autoritaire, c’est se donner les moyens d’y résister. L’Histoire alerte le présent. »

    * Précédé de la projection du court-métrage documentaire « Résistance de la mémoire » (11 min), de Thierry Bourdy.

  • Domessargues, le petit poucet de l’Étoile de Bessèges

    Domessargues, le petit poucet de l’Étoile de Bessèges

    Un village au rendez-vous d’une course internationale. Petit bourg rural gardois recouvert à plus de 50% de forêts, Domessargues fait figure de petit poucet dans l’organisation de l’Étoile de Bessèges. Et elle ne sera pas seulement traversée par les coureurs, puisqu’elle les verra passer par trois fois, accueillant l’arrivée de la deuxième étape et tout ce qui va avec (bus des équipes, podiums…). Une opportunité unique pour la commune, qui va se retrouver sous les feux des projecteurs et des caméras de télévision. « C’est une occasion exceptionnelle pour notre village de mettre en avant son patrimoine et de partager la passion du cyclisme avec les participants et les spectateurs. Nous sommes impatients d’accueillir les coureurs et amateurs de vélo pour cet événement majeur », se réjouit la municipalité.

    Un écran géant installé

    Le village sera donc en effervescence ce jeudi. Et pour que la fête soit complète, une trentaine de bénévoles – cyclistes amateurs, agents municipaux, élus – seront mobilisés, et un écran géant sera installé sur la place de la mairie. Un moment qui promet d’être historique, et unique dans le milieu du sport professionnel.

  • [Etoile de Bessèges] Saint-Gilles, entre nature et patrimoine historique

    [Etoile de Bessèges] Saint-Gilles, entre nature et patrimoine historique

    Aux portes de la Camargue, jonché entre de majestueux voisins – Arles à l’est, Vauvert à l’ouest, les Saintes-Maries-de-la-Mer au sud, et Nîmes au nord – Saint-Gilles et ses quelques 15 000 habitants a également des atouts à faire valoir. Au premier rang, l’abbatiale de Saint-Gilles construite au XIIe siècle et qui demeurait, au Moyen-Âge, le 4e lieu de pèlerinage du monde Chrétien. Elle figure ainsi au Patrimoine Mondial de l’UNESCO comme étape sur le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Citons aussi le Château d’Espeyran, bâti au XIXe siècle, et resté en l’état, qui accueille aujourd’hui le Centre national du microfilm et de la numérisation.

    Pour les amateurs de grand air, Saint-Gilles offre également de nombreuses possibilités de balades et randonnées entre Costières et Camargue, notamment sur le sentier du Cougourlier, au cœur des marais, mais aussi via les pistes cyclables, avec des nombreuses voies vertes, et un nouveau tronçon de la Via Rhôna qui relie la commune à Bellegarde depuis cet été.

  • [Etoile de Bessèges] Nicola Marcerou pour une première étoile

    [Etoile de Bessèges] Nicola Marcerou pour une première étoile

    Né à Nîmes, à 18 km de Bellegarde, théâtre de la première étape, Nicola Marcerou participe à sa première Étoile de Bessèges, mais n’a cependant rien d’un novice : « C’est la première course professionnelle à laquelle j’ai assisté. J’étais sur le bord de la route à 6-7 ans, c’était un petit rêve d’y participer », ressasse le coureur de 23 ans, qui entame sa deuxième saison chez les professionnels.

    Cette première étape avait ainsi pour lui « une saveur particulière », d’autant plus qu’elle arpentait des routes qu’il connaît par cœur, « à 5 km de la maison », lui qui habite Manduel. Ses proches étaient ainsi présents au bord de la route, ce qu’il n’a pas manqué de remarquer malgré la concentration : « J’ai entendu mon nom dans la bosse d’arrivée où on est passé trois fois. C’est un boost et une motivation supplémentaire. »

    « Pourquoi pas une journée à l’avant »

    Pour cette grande première, le régional de l’étape est avant tout investi d’un rôle d’équipier. « J’ai pour objectif d’aider le collectif, notamment aller chercher une victoire avec Sandy Dujardin au sprint, et Alexandre Delettre pour le général. Mon but est d’avoir un bon placement pour les mecs, et les accompagner le plus loin possible » détaille-t-il. Avec, dans un coin de la tête, l’idée de « pourquoi pas, passer une journée à l’avant, pour me faire plaisir. »

    Ce n’était pas pour ce mercredi, le jeune puncheur s’échinant à remplir son rôle, sous des averses qui n’ont pas rendu grâce au ciel de son département. « Ce n’est pas de chance, chaque fois que l’Étoile passe à Nîmes il ne fait jamais beau, ça ne reflète pas du tout le temps du reste de l’année », plaide-t-il, non sans chauvinisme. Du reste, la journée aura été « un peu longue, même s’il n’y a pas eu beaucoup de kilomètres. Il y avait du vent mais pas assez pour faire des écarts. C’était un peu stressant avec à chaque tour le placement pour la bosse, qui était le point clé de la course. On avait deux objectifs : ne pas perdre de temps au général pour Alex (Delattre), et une place avec Sandy (Dujardin) qui fait 5e, donc c’est un bon début » se satisfait-il.

    Sur le plan personnel, avec une anecdotique 66e place, « ça a été. Comme je connais ces routes par cœur, j’ai aiguillé l’équipe à l’oreillette. » Avant de profiter de ses connaissances pour se montrer ? « Je pense que l’étape de Vauvert sera intéressante, avec ce circuit final assez cool et deux belles bosses. » Et, peut-être, une belle histoire.