Tag: Gard

  • Créer une culture nîmoise vivante…

    Créer une culture nîmoise vivante…

    Fondateur du Triptyk Théâtre, metteur en scène et figure reconnue du paysage culturel nîmois, Denis Lanoy ne conçoit pas la culture comme un supplément d’âme ni comme une variable d’ajustement budgétaire. Elle est le socle même de l’action politique. Engagé de longue date aux côtés de Vincent Bouget, Leader de la liste municipale Nîmes en commun rassemblant la gauche sociale et écologiste, communiste convaincuil défend au sein de Nîmes en commun une ambition culturelle claire et assumée : « Il n’y a pas de réflexion politique sans réflexion culturelle ».

    Dans un contexte de désengagement massif de l’État et de fragilisation du monde artistique, la situation nîmoise apparaît, à ses yeux, préoccupante. « La culture est souvent le premier domaine, avec le sport, où les aides publiques sont retirées », constate-t-il. À Nîmes, le diagnostic est sans appel : l’absence de politique culturelle clairement définie par la municipalité actuelle. « Il n’y a pas aujourd’hui de politique publique de la culture à Nîmes. C’est cela qu’il faut remettre en question. » Cette carence a des conséquences concrètes : précarisation des associations, fragilité des artistes, manque de lisibilité pour les pratiques amateurs comme professionnelles, et une politique éducative artistique jugée trop timide. Pour Denis Lanoy, une politique culturelle digne de ce nom doit embrasser l’ensemble de ces dimensions : soutien à la création, éducation artistique, accès aux savoirs, reconnaissance du patrimoine dans toutes ses strates.

    Doubler la capacité d’accueil du conservatoire

    Car c’est aussi là que se joue une autre critique majeure : la réduction de Nîmes à une « ville-musée », tournée presque exclusivement vers sa romanité et son attractivité touristique. « On ne peut pas réduire Nîmes à une carte postale », insiste-t-il, rappelant la richesse de l’histoire médiévale, moderne et contemporaine de la ville, trop souvent reléguée au second plan. Du menhir de Courbessac aux fresques du XIXe siècle de l’église Saint-Paul, en passant par le patrimoine du XXe siècle, c’est toute une mémoire urbaine que Nîmes en commun souhaite réinvestir avec et pour les habitants.

    Le metteur en scène va plus loin : « Nîmes est un carrefour méditerranéen. Elle reçoit des influences venues du sud, de l’est, de l’ouest, et les transforme. Ce n’est pas une identité figée, c’est une richesse faite de circulations, de croisements et de métissages ». Une vision en rupture avec les discours identitaires, qu’il associe aux logiques de repli et aux offensives de l’extrême droite contre le savoir, la recherche et la liberté d’expression. Défendre une culture ouverte, plurielle, traversée par les contradictions, devient alors un véritable rempart démocratique. « La culture, ce n’est pas pour me sentir seulement Nîmois, c’est pour me sentir un être humain », résume-t-il.

    Cette ambition culturelle repose sur une méthode claire : la concertation. Avec la création d’un office culturel municipal, Nîmes en commun entend bâtir une politique coconstruite avec les acteurs et les habitants, afin de « mettre les expériences, les envies et les projets en commun ». Fondée sur la confiance accordée aux artistes, cette vision se cristallise dans un dossier emblématique, celui du conservatoire : face à un projet municipal qui organise le rétrécissement, le collectif défend un nouvel équipement capable de doubler sa capacité d’accueil et de viser un conservatoire à rayonnement régional. Une « cité de la musique » pensée pour le long terme, qui tranche avec la logique de vitrine et d’austérité, et affirme un choix politique clair : faire de la culture un service public essentiel, au cœur du projet démocratique nîmois.

  • Protoxyde d’azote : le préfet du Gard durcit le ton

    Protoxyde d’azote : le préfet du Gard durcit le ton

    Le département du Gard reste meurtri par le tragique accident survenu début décembre à Alès. Trois jeunes de 14, 15 et 19 ans avaient perdu la vie après que leur véhicule a percuté un mur et s’est retrouvé dans une piscine. Après analyse, il s’avère que le conducteur avait consommé de l’alcool, du cannabis mais aussi du protoxyde d’azote. Cet accident avait ainsi remis sous les projecteurs l’utilisation du protoxyde d’azote aussi appelé « gaz hilarant », qui n’est pas considéré comme une drogue.

    Utilisé dans la santé en tant qu’analgésique ou en pâtisserie, il est stocké dans des cartouches pour siphon à chantilly ou dans des aérosols. Depuis plusieurs années, il est aussi utilisé dans un contexte récréatif car il provoque une ivresse légère et des fous rires incontrôlables dont les effets peuvent durer quelques dizaines de secondes. Si, comme à Alès, plusieurs auteurs d’accidents mortels avaient consommé du protoxyde d’azote en France ces derniers mois, son usage répété peut aussi avoir de lourdes conséquences comme des asphyxies, des pertes de connaissance et des atteintes neurologiques irréversibles. La multiplication des bonbonnes jetées dans la nature crée également des problèmes environnementaux car leur traitement coûte extrêmement cher. La mairie de Nîmes a ainsi évalué à « 18 euros le coût du traitement par bouteille ».

    Nouvel arrêté dans le Gard

    Face à cette situation, la préfecture du Gard avait interdit depuis le 28 novembre 2025 la vente de protoxyde d’azote aux mineurs, la détention dans l’espace public par des mineurs de cette substance, le dépôt des contenants dans les lieux publics et sa vente dans les débits de boissons et les débits de tabac. L’utilisation « de manière détournée du protoxyde d’azote à des fins récréatives dans l’espace public » était aussi devenue illégale.

    Le 2 février, le préfet du Gard a renouvelé cet arrêté et est même allé encore plus loin en signant un nouvel arrêté interdisant le transport du protoxyde d’azote sans motif légitime dans un véhicule. Cet arrêté limite aussi la vente à de petites cartouches de 8,6 grammes maximum, avec un plafond de dix unités par achat.

    « La consommation détournée de protoxyde d’azote est un problème de santé publique en pleine expansion, touchant particulièrement les mineurs et entraînant des effets dévastateurs, voire mortels », a justifié Jérôme Bonet.

  • Les propositions de Nîmes en commun

    Les propositions de Nîmes en commun

    À un mois des élections municipales, Nîmes en commun affiche une ambition culturelle structurante, pensée comme un levier de cohésion sociale. Le programme défendu par le collectif repose sur une idée centrale : replacer la culture au cœur de l’action publique. Première mesure phare : la création d’un office culturel municipal, conçu comme un lieu permanent de dialogue entre la Ville, les institutions culturelles, les associations et les artistes. Objectif : coconstruire la politique culturelle, partager les moyens et définir collectivement les priorités à l’échelle communale et intercommunale.

    Faire culture commune

    Autre axe majeur : le soutien durable à la création. Nîmes en commun propose de généraliser les conventions pluriannuelles avec les acteurs culturels afin de sortir de la logique du projet par projet. Une manière d’instaurer un rapport de confiance, de sécuriser l’emploi artistique et d’assurer une offre culturelle continue pour les habitants. Le collectif défend également la gratuité intégrale des bibliothèques, couplée à un soutien renforcé aux librairies indépendantes et aux maisons d’édition locales. Cette politique s’inscrit dans un projet plus large : faire de Nîmes une véritable Cité du livre, en lien avec l’université, la formation et l’éducation artistique.

    Sur le plan des équipements, Nîmes en commun entend revoir en profondeur le projet de conservatoire, jugé sous-dimensionné. Le collectif plaide pour un nouvel établissement, capable d’accueillir davantage d’élèves et de viser le label de conservatoire à rayonnement régional. Enfin, le programme met l’accent sur le patrimoine, envisagé autrement que sous l’angle touristique, et sur la création de tiers-lieux culturels, les « places communes », ancrés dans les quartiers, co-gérés et ouverts à toutes les pratiques. Ces propositions seront au cœur de la réunion publique organisée dimanche 22 février à 15 heures, à l’auditorium du centre Pablo-Neruda, à Nîmes. Un temps d’échange est prévu avec les habitants pour débattre de l’avenir culturel de la ville qui sera précédé d’un moment musical.

  • « Le Département du Gard, c’est 52 semaines sur le terrain »

    « Le Département du Gard, c’est 52 semaines sur le terrain »

    La Marseillaise : Avant le Salon 2026, quels messages vous remontent des agriculteurs gardois ?

    Françoise Laurent-Pérrigot : À l’approche de ce Salon 2026, le message qui nous remonte du terrain est avant tout un appel à la compréhension et au soutien. Nos agriculteurs gardois traversent une période de doutes profonds, et nous sommes à leurs côtés pour porter leur voix. Ce qu’ils nous disent, c’est que la passion de leur métier se heurte aujourd’hui à des épreuves d’une dureté inédite. En viticulture, l’inquiétude est réelle. Voir la production chuter l’an passé de 3,2 à 2,4 millions d’hectolitres en un an, a été un choc pour nos familles de vignerons qui ont fait face au gel et à la canicule. Nos éleveurs, ont été confrontés l’an passé à la progression de la fièvre catarrhale, aujourd’hui c’est la menace de la dermatose nodulaire bovine… Ils ont besoin de sentir qu’ils ne sont pas seuls face aux crises sanitaires. Quant à nos jeunes, ils nous demandent des perspectives. D’ici cinq ans, la moitié de nos viticulteurs partira à la retraite : notre rôle est de les rassurer pour que la relève soit au rendez-vous et que les transmissions se fassent dans de bonnes conditions.

    Concrètement, comment le Département du Gard sera-t-il présent cette année au Salon ?

    F.L.-P. : Vous savez, dans le monde dans lequel nous vivons, la visibilité est une nécessité vitale pour nos filières. Nous le savons, et c’est pour cela que nous tenons à être présents. Le Conseil Départemental du Gard finance un stand à ne pas manquer, animé intégralement par l’association bienvenue à la ferme et son président Patrick Viala, et 10 agriculteurs et agricultrices invités à représenter leurs productions. Nous avons voulu cette année encore une équipe représentative des filières et des territoires qui composent notre Département.

    Le Salon est aussi un moment de confrontation avec l’État…

    F.L.-P. : Le message que nous portons à Paris est un message de vérité : on ne peut pas applaudir l’excellence de nos produits un jour et laisser les producteurs s’épuiser sous le poids des injonctions le reste de l’année. Le monde agricole gardois fait face à une accumulation de crises : le choc climatique, les crises sanitaires à répétition et une explosion des coûts de l’énergie et des matières premières qui lamine les revenus. Face à cela, le Département joue son rôle de bouclier. Mais nous ne pouvons pas être les seuls. Le message au Gouvernement est simple : la reconnaissance doit devenir une rémunération. Derrière la vitrine du Salon, il y a des nuits courtes, une charge mentale étouffante et, trop souvent, des drames humains. On ne répond pas à une détresse structurelle par des mesures de circonstance ou des normes qui s’empilent. L’agriculture gardoise est une solution pour notre souveraineté, pas un problème à gérer. Il est temps que l’État passe des discours aux actes de protection.

    Une fois les projecteurs du Salon éteints, comment traduire concrètement les objectifs affichés à Paris ?

    F.L.-P. : Le Salon de l’Agriculture, c’est une semaine de mise en lumière, mais le Département du Gard, c’est 52 semaines de présence sur le terrain. Pour nous, le concret se mesure à travers trois leviers qui ne s’éteignent jamais : le budget, les outils techniques et les débouchés locaux. D’abord, par le soutien direct à l’investissement. Quand nous débloquons 82 000 euros pour la filière élevage, comme nous venons de le faire le 20 février dernier, ce n’est pas du symbole : c’est du matériel neuf pour l’abattoir du Vigan et une étude de viabilité pour tous nos outils d’abattage. Ce sont des actes qui garantissent aux éleveurs qu’ils pourront continuer à travailler chez eux, dans nos zones rurales. Ensuite, par des outils de proximité uniques. Le Laboratoire Départemental d’Analyse, par exemple, offre la gratuité des analyses obligatoires pour les éleveurs. C’est un effort de 75 000 euros par an qui soulage directement la trésorerie des exploitations. Enfin, le plus important, c’est la pérennité des débouchés. Notre politique alimentaire ne s’arrête pas aux discours. Quand nous investissons 554 200 euros pour faciliter l’accès à l’offre alimentaire territoriale, nous assurons des revenus aux agriculteurs gardois bien après leur retour de Paris. Le Salon sert à créer le contact, mais c’est notre budget de 670 000 euros pour l’agriculture durable qui prend le relais dès le lendemain pour transformer l’essai dans chaque exploitation. La responsabilité politique consiste à être un partenaire fiable et présent dans la durée.

  • « Ce que les agriculteurs attendent surtout, c’est un cap »

    « Ce que les agriculteurs attendent surtout, c’est un cap »

    La Marseillaise : Dans quel état d’esprit arrivent aujourd’hui les agriculteurs au Salon de l’agriculture ?

    Jérôme Despey : Il y a beaucoup d’attentes et beaucoup de préoccupations. D’abord sur le plan sanitaire, avec nos éleveurs touchés par la dermatose nodulaire contagieuse. Cette année, le Salon se fera sans vache, ce qui est une première. C’est un vrai coup dur pour les éleveurs et les organismes de sélection, qui sont meurtris de ne pas pouvoir être présents. Il y a aussi un contexte agricole très difficile pour certaines filières, notamment la viticulture et les grandes cultures. Ce que les agriculteurs attendent surtout, c’est un cap, une vision pour l’agriculture française, alors que nos moyens de production sont fortement impactés par les aléas climatiques. Si l’on veut assurer la souveraineté alimentaire, il faut une stratégie claire pour préserver ces moyens de production et permettre la transmission et le renouvellement des générations. D’ailleurs, le thème du Salon, « Génération solution », envoie un message fort aux jeunes.

    Le Salon peut-il encore jouer ce rôle de vitrine positive malgré les crises ?

    J.D : Oui, et c’est même essentiel. Le Salon permet ce partage avec le grand public, ce soutien des consommateurs. Plus de 500 000 visiteurs viennent échanger avec les agriculteurs, découvrir les filières de production, qu’elles soient animales ou végétales. C’est la plus grande ferme de France : les bovins, les ovins, les caprins, les cultures, la viticulture, mais aussi les régions de l’Hexagone et d’outre-mer, dans un esprit de convivialité et de fête autour des produits de terroir. Cette année, il y a aussi une dimension internationale avec la Côte d’Ivoire comme pays à l’honneur. Face aux difficultés, je préfère voir le Salon comme une opportunité de dialogue avec nos concitoyens.

    Craignez-vous un Salon plus politique que jamais, dans un contexte de tensions et d’élections ?

    J.D : Le Salon a toujours été politique. Les responsables politiques sont les bienvenus, mais il faut rappeler que le Salon de l’agriculture est un salon privé : il appartient aux agriculteurs, pas au gouvernement. C’est un lieu d’échange et de débat, et c’est normal, surtout dans des périodes électorales comme aujourd’hui avec les municipales, et demain les Présidentielles. Les agriculteurs attendent des réponses, des solutions concrètes. Mais il ne faut pas que le Salon devienne un lieu de combat. C’est avant tout un événement grand public, familial. Si l’on abîme cette image, le risque est que le public ne vienne plus.

    Les décisions prises à Paris ou à Bruxelles cristallisent la colère. Pourquoi ?

    J.D : Parce que depuis des années, on tire la sonnette d’alarme. Les agriculteurs ont le sentiment qu’on rajoute sans cesse des normes, des charges, des surtranspositions. Cela pèse lourdement sur les exploitations. Dans un contexte géopolitique tendu, les agriculteurs veulent protéger une agriculture française de qualité, avec des produits distincts. Le dossier du Mercosur en est l’exemple le plus emblématique. La position de la France a été exprimée, mais ce que nous attendons maintenant, ce sont des concrétisations.

    Dans le Sud, la viticulture est particulièrement touchée. Comment analysez-vous la situation ?

    J.D : La viticulture traverse une crise majeure, liée à la fois à la consommation, au climat et aux marchés. C’est une filière qui souffre énormément et qui a besoin d’accompagnement. Là encore, il faut une vision à moyen et long terme, pour éviter que des pans entiers de notre agriculture ne disparaissent.

    Propos recueillis par A.J.

  • Une nuit en garde à vue pour un post Facebook

    Une nuit en garde à vue pour un post Facebook

    Les plaintes contre Guillaume Meurice et Pierre-Emmanuel Barré, donnent-elles des ailes aux élus locaux ? Car à l’instar des humoristes de Nova, de nombreux caricaturistes et auteurs engagés aiment à dépeindre la vie politique locale avec un humour quelque peu corrosif. Christian Martin, qui écrit sous le pseudonyme Guy Masavi, est de ceux-là. Ce médecin à la retraite qui se décrit comme « anarchiste refoulé, mais en analyse » est bien connu en Camargue gardoise et notamment à Mus, où il réside. Il a notamment écrit deux ouvrages et poste régulièrement des textes satiriques sur la politique nationale, internationale et locale sur ses réseaux sociaux.

    C’est pour ses propos tenus dans un post daté du 5 février que Vivette Lopez (LR) a décidé de porter plainte. Pour critiquer l’alliance de la sénatrice avec Jean-Louis Blanc pour les élections municipales à Mus (petite bourgade de 1 600 âmes à côté de Vergèze), il écrit : « Une liste apolitique pleine de droites, qui unit une sénatrice blanche anti-avortement avec un chasseur blanc plus blanc que blanc. Une union naturelle : Utérus, fusil et tradition ! À faire pâlir Zemmour […] Une liste dite apolitique, ce qui veut dire bourrée de droites jusqu’à l’os, où se roule une pelle sans rougir une sénatrice LR proche du RN avec le chasseur du coin, celui qui confond tradition et calibre douze, ou biodiversité et civet ».

    Campagne municipale

    Vivette Lopez a qualifié ce texte de « misogyne et raciste » et le candidat Jean-Louis Blanc a également porté plainte pour diffamation. L’auteur a été convoqué à la gendarmerie de Vauvert le 7 février où il a été placé en garde à vue et n’en est ressorti que le lendemain, après 20 heures d’audition.

    Christian Martin s’est par la suite expliqué, qualifiant son texte de « satirique » où il décrit non pas « une scène de chambre mais un accouplement idéologique », une sorte de « métaphore un peu appuyée ». Il explique également qu’il n’a jamais écrit le nom de Vivette Lopez et assume « ce post comme tous ceux qui y sont publiés ». Pour lui cette plainte s’inscrit en réalité dans la campagne municipale où la liste de Jean-Louis Blanc défie le maire sortant Patrick Bénézech (DVG). Celui-ci est soutenu par Christian Martin et son fils figure aussi sur la liste.

    « C’est une atteinte grave et inacceptable à la liberté de pensée et d’expression inscrites dans notre constitution. Alors que le devoir d’un sénateur est de garantir l’exercice des principes républicains de Liberté, Égalité et Fraternité, Madame Lopez bafoue ce droit inaliénable de notre peuple. Elle s’inscrit dans l’obscurantisme et la censure que veut imposer l’extrême droite  », a réagi La France insoumise de Petite Camargue dans un communiqué.

  • [Jeu] Sept quêtes à découvrir au musée Maison rouge

    [Jeu] Sept quêtes à découvrir au musée Maison rouge

    Pour attirer un nouveau public ou accueillir de nouveau des visiteurs conquis, le musée Maison rouge lance une initiative innovante avec « Les Aventures de l’Extra-Monde ». Ce jeu de piste, qui se déroule au milieu des collections du musée, s’adresse à un public familial avec des enfants bons lecteurs. L’objectif de cette quête est de retrouver « l’élixir de soie pur ». Pour ce faire, les visiteurs devront réaliser sept quêtes d’environ une heure chacune.

    « Un jeu d’aventure »

    « C’est un jeu d’aventure qui peut se faire en individuel ou en collectif. Soit on est sept et chacun peut incarner un personnage pour réaliser une quête, soit les joueurs peuvent réaliser plusieurs quêtes en une journée et revenir pour réaliser l’ensemble des quêtes. Ils circulent dans tous les espaces du musée à la recherche d’indices pour trouver des ingrédients de l’élixir », explique Carole Hyza, la conservatrice.

    Si les enfants auront tout le plaisir de chercher des indices dans les recoins du musée, cette sorte d’escape game réalisé par un prestataire privé comporte plusieurs niveaux de difficulté selon les personnages et s’adresse donc aussi aux adultes désireux de se creuser les méninges. « Les dernières quêtes ne peuvent pas être réalisées par un enfant seul », confirme Carole Hyza.

    Pour réaliser ce jeu, le musée a mis en place un pack à 30 euros qui permet de revenir autant de fois que nécessaire pour finir le jeu. Celui-ci devrait être disponible au moins deux ans dans le musée des Vallées cévenoles.

  • Parité, fin du panachage : des avancées non sans difficultés

    Parité, fin du panachage : des avancées non sans difficultés

    Pour les quelque 25 000 communes françaises de moins d’un millier habitants dont 175 (sur 341) dans l’Hérault et 208 (sur 351) dans le Gard, ces municipales auront le parfum de la nouveauté. Pour la première fois la parité sera obligatoire et le panachage, cette pratique qui permettait de rayer ou d’ajouter des noms sur les listes, interdit.

    Pour l’Association des maires de France, la réforme adoptée au printemps 2025 est positive. Avoir autant de femmes que d’hommes élus dans les mairies est bien entendu progressiste. Quant à la fin du panachage, le nouveau mode de scrutin permet de « voter pour une liste et un projet » plutôt que de se livrer à un « règlement de comptes », estime Frédéric Roig, président de l’AMF de l’Hérault.

    La fin du « tir au pigeon »

    « Le panachage, c’était un peu le tir au pigeon », explique Michel Crespy. « Les voisins mécontents réglaient leurs comptes au détriment des idées », illustre le politologue.

    Pour autant, ce changement drastique n’est pas sans conséquences. « On ne peut pas parler de bouleversement du scrutin mais la parité rend plus compliquée la constitution des listes. Plus la commune est petite, plus c’est difficile », résume Michel Crespy. Par ailleurs, les conseils municipaux des petites communes étant majoritairement constitués d’hommes, il va falloir apprendre laisser la place. « C’est très bien, cela va renouveler les conseils municipaux et mettre fin au male gaze [le regard masculin, Ndlr]. »

    En 2020, la réforme s’était déjà imposée aux communes de 1 000 à 3 500 habitants. La conséquence avait été une baisse des candidatures avec 48% des communes concernées avec une seule liste. Couplé à la fin du panachage, le risque pour l’électeur en l’absence de suspens est une perte d’intérêt au vote qui peut se traduire par une abstention en hausse. D’un autre côté, « s’il n’y a qu’une liste déclarée c’est que les citoyens ne sont pas si mécontents que cela de la municipalité en place », tempère Michel Crespy.

    Dernière conséquence et pas des moindres, une crise des vocations pourrait toucher certains villages. Actuellement plusieurs dizaines de communes françaises (contre seulement 17 en 2020) pourraient se retrouver sans aucune liste. Pour elles, le risque serait d’être placées sous administration provisoire de la préfecture voire d’être rattachées à une autre commune.

  • Des médecins cubains à Alès ? « Nous sommes prêts »

    Des médecins cubains à Alès ? « Nous sommes prêts »

    Il y a un peu moins d’an, une quarantaine d’élus locaux et responsables associatifs du haut-Gard se réunissaient à Alès. Deux questions dominaient les débats : comment faire face à la pénurie locale de personnel sanitaire ? Comment renforcer les capacités et l’efficience de l’hôpital public alésien ? L’établissement compte près de 880 lits, mais souffre d’un manque chronique de personnel, malgré les efforts intenses de la direction qui recourt déjà aux PADHUE (personnel hors Union européenne).

    Les conséquences sont lourdes : des délais de consultation pouvant atteindre près de deux ans en dermatologie, et des urgences régulièrement « régulées ». Le centre hospitalier rayonne également sur cinq structures d’accueil et d’hébergement pour personnes âgées, où interviennent plusieurs médecins généralistes. Il coiffe aussi le centre hospitalier de Ponteils, qui comprend notamment 75 lits (médecine, chirurgie, obstétrique) ainsi que l’hôpital d’Uzès.

    La pénurie ne touche pas seulement l’hôpital. Dans le territoire de l’agglomération alésienne, où vivent près de 136 000 personnes, on comptait 71 médecins en 2021. Ils ne sont plus que 55 aujourd’hui. À Alès, sous-préfecture de 46 000 habitants, on ne recense que vingt médecins du secteur 1. Résultat : 16 000 résidents de l’agglo sont privés de médecin traitant ; on compte un médecin pour 2 400 habitants.

    Pour le seul bassin alésien, l’estimation des besoins humains fait apparaître un manque global d’environ quatre-vingt-quatre professionnels de santé, toutes catégories confondues. Face à cette carence qui nuit gravement à la santé des habitants, la direction hospitalière et les élus locaux se tournent de plus en plus vers les praticiens diplômés hors Union européenne, devenus indispensables au maintien de l’offre médicale. Mais une autre option prend corps : faire appel, à titre provisoire, à des médecins cubains dans le cadre de l’hôpital local. L’expérience existe déjà en Calabre (Italie), où le personnel cubain est réparti dans quatre grands centres hospitaliers. Une coopération reconduite chaque année.

    Alès, un test national

    Forts de ces expériences réussies, fin du printemps dernier, une quarantaine de maires et élus du haut-Gard, conduits par Sylvain André, ont engagé une démarche commune auprès du sous-préfet d’Alès pour soutenir la venue de médecins cubains. À l’échelle nationale, la démarche est défendue par André Chassaigne, député communiste durant 23 ans et ex-président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine. Fin connaisseur du dossier, il travaille à lever les obstacles réglementaires, en lien avec le ministère des Affaires étrangères et celui de la Santé. « Ce n’est pas une démarche individuelle » insiste André Chassaigne. « Les praticiens sont sélectionnés, formés, et payés par l’État cubain. Ce sont des missions qui concernent aujourd’hui une cinquantaine de pays dans le monde. » Ce fut notamment le cas lors de la covid 19, avec des interventions en Caraïbe aux côtés de PADHUE en Martinique et en Guadeloupe.

    Pour Jean Michel Suau, du Comité de défense de l’hôpital, l’établissement public d’Alès « pourrait devenir un test à valeur nationale ». L’Alésien figure parmi les chevilles ouvrières de ce projet santé, soutenu par André Chassaigne, qui coordonne les nombreuses demandes formulées par les élus à travers le pays. La possibilité d’un renfort cubain intéresse également les centres et antennes de santé Filieris, issus de la Caisse Autonome Nationale de la Sécurité Sociale des Mines, présents notamment aux Mages, Saint-Florent/Auzonet, La Grand-Combe, Saint-Martin-de-Valgalgues, Bessèges, Saint-Ambroix, Salindres et Saint-Christol. D’ores et déjà vingt maires sont prêts à mettre à disposition des locaux pour accueillir les praticiens.

    Dans un territoire confronté à une désertification médicale accélérée, la venue de médecins cubains pourrait-elle marquer un tournant ? « Les besoins ont été évalués à 84 médecins environ » pour le bassin sanitaire, précise Jean-Michel Suau. Un bassin de 180 000 habitants (qui comprend aussi la basse Ardèche et la basse Lozère) dont 146 000 vivent dans l’agglo d’Alès (72 communes). La rencontre du 23 février pourrait bien ouvrir une nouvelle page pour la santé dans le haut-Gard.

    Lundi 23/02 à 18h, soirée au Prolé d’Alès en solidarité à Cuba.

  • Leïla Shahid, grande voix de la diplomatie palestinienne, est décédée à 76 ans

    Leïla Shahid, grande voix de la diplomatie palestinienne, est décédée à 76 ans

    Née en 1949 à Beyrouth, elle fut l’une des premières femmes à représenter l’OLP à l’étranger. Retrouvée morte à son domicile de Lecques, dans le Gard, elle laisse l’image d’une figure engagée et respectée du dialogue euro‑palestinien.

    Relire notre entretien du 15 septembre 2020 : « L’accord de normalisation avec Israël : une imposture »