Tag: Gaby Charroux

  • Martigues n’oublie pas les massacres en Algérie

    Martigues n’oublie pas les massacres en Algérie

    Le 8 mai, la France célèbre la victoire contre le nazisme, le triomphe de la liberté sur la barbarie. Mais « cette date porte aussi une autre mémoire, note ce vendredi le maire de Martigues, Gaby Charroux (PCF). Une mémoire plus douloureuse, plus longtemps tue, mais tout aussi essentielle à notre compréhension du passé. Tandis que l’Europe célébrait la paix retrouvée, de l’autre côté de la Méditerranée, une tragédie nouvelle débutait. »

    À Sétif, des milliers d’Algériens sont dans les rues pour fêter eux aussi la défaite du fascisme. Avant la bascule : Bouzid Saâl, jeune manifestant, est abattu, entraînant une spirale de violences qui embrase toute une région. Dans les jours qui suivent, 45 000 civils sont tués.

    « Longtemps, ces événements sont restés dans l’ombre, ils ont été portés dans l’intimité des mémoires, dans la douleur de l’absence de reconnaissance », souligne Gaby Charroux, qui met un point d’honneur à corriger cette faute en sanctuarisant cette commémoration dans le protocole municipal. « Assumer l’histoire dans toute sa complexité, dans toute sa vérité, c’est aussi la force et la dignité de la République. » Les associations Rebel 13 et Martégalités souhaitent aller plus loin. « On considère qu’il y a encore des démarches à faire, notamment sur le fait de nommer ces massacres qui sont des massacres coloniaux », explique Myriam Ghedjati.

  • À Martigues, la mémoire comme bouclier contre les discours de haine

    À Martigues, la mémoire comme bouclier contre les discours de haine

    Un peu après 11h, le son des trompettes et des tambours remonte de l’avenue Pasteur. Le défilé termine sa course devant le Monument aux morts de la place du 8-Mai-1945. « Une date qui marque la victoire de la liberté sur la barbarie, la défaite du nazisme et le retour de l’espérance », rappelle le maire communiste, Gaby Charroux.

    Derrière la « joie légitime » des peuples meurtris après six ans de guerre « demeurait une réalité impossible à effacer : celle d’un continent dévasté et d’un bilan humain d’une ampleur vertigineuse », poursuit l’édile. Entre 1939 et 1945, la Seconde Guerre mondiale a engendré la mort de plus de 60 millions de personnes, dont la moitié de civils et plus de 6 millions de Juifs.

    « Ce qui distingue cette guerre des précédentes, c’est qu’elle fut aussi une guerre idéologique, une guerre pensée, organisée et conduite au nom d’une idéologie raciste, antisémite et profondément inégalitaire », appuie Gaby Charroux, évoquant les camps de la mort, les persécutions et exterminations visant les tsiganes, les opposants politiques, les résistants, les homosexuels et les handicapés.

    Que les jeunes participent

    Le maire s’interroge : « Comment la haine a-t-elle pu devenir un projet politique ? C’est une question essentielle pour comprendre le passé, mais aussi éclairer l’avenir. L’histoire nous enseigne que les grandes catastrophes humaines ne surgissent jamais brutalement. Elles s’installent progressivement à mesure que les discours de haine se banalisent, que les préjugés s’installent, que les discriminations deviennent tolérables et que l’indifférence remplace la vigilance. » À l’heure où l’extrême droite opère une montée dans l’opinion publique, le devoir de mémoire et la transmission sont plus que jamais essentiels.

    Jen-Luc Duthoit s’y emploie. Porte-drapeau depuis 28 ans après avoir fait une carrière militaire, il embarque dès qu’il peut son petit-fils de 12 ans, Nathan, dans les commémorations. « Il faut que les jeunes participent. J’essaie de lui rappeler les valeurs de paix pour préserver notre liberté. »

  • À Martigues, la majorité fait le choix de la résistance budgétaire

    À Martigues, la majorité fait le choix de la résistance budgétaire

    « Notre budget est fidèle aux engagements pour lesquels nous avons été élus, ce n’était pas des intentions », lance le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, à son opposition lors du conseil municipal du 30 avril.

    La séance budgétaire a été marquée par la présentation du budget primitif 2026 par le 1er adjoint (SE), Henri Cambessédès. Le projet affiche un équilibre à 192 millions d’euros de dépenses et de recettes, dont 161 millions dédiés au fonctionnement et 30 millions à l’investissement. Parmi les évolutions notables figurent une hausse de 2% des recettes de fonctionnement par rapport à 2025, ainsi qu’une « baisse de 19,3% des compensations de l’état pour les exonérations de taxes sur les locaux industriels », a précisé l’adjoint, soit un manque à gagner d’environ un million d’euros.

    Autre point abordé : la masse salariale, en augmentation de 1,92%. Celle-ci s’explique principalement par « la hausse des cotisations retraite d’1,13 million d’euros et la tenue des élections municipales, car on mobilise les personnels pour la démocratie », rapporte l’adjoint.

    C’est sur l’investissement que l’opposition a concentré ses remarques. 23 millions d’euros sont mobilisés. Principalement pour la reconstruction du pont de Lareraille, à Carro pour plus d’1 million d’euros, pour l’extension à 600 000 euros des locaux de la piste d’athlétisme au parc Julien-Olive, et pour la poursuite du programme de mise en accessibilité à 800 000 euros. Les écoles bénéficient également d’un million d’euros, destiné aux rénovations et à la création d’îlots de fraîcheur.

    Mais Jean-Luc Di Maria (DVD) n’est pas convaincu : « Les montants sont là et les annonces sont nombreuses, mais quel est le cap ? Cela fait 37 000 euros par établissement, mais pour rénover, mettre aux normes, ou déguiser de l’entretien en investissement ? » se demande l’élu. À l’extrême droite, le double discours d’Emmanuel Fouquart (RN), lui, relève « un bon budget éloigné de l’effet ciseau », mais pointe aussi « la baisse de l’investissement net, passé de 20 millions d’euros à 15 cette année ».

    « Subir ou résister »

    La réponse est unanime. « Le budget est fidèle à notre trajectoire politique », souligne l’adjoint Gilles Picard (PCF). « La fraîcheur des écoles montre notre volonté de justice sociale et environnementale », abonde l’adjoint. Saoussen Boussahel (PS) insiste sur le fait que « ce budget est élaboré dans un cadre contraint. Entre subir ou résister, nous avons choisi le service public fort, le bouclier martégal ».

    Le maire relève « un seul point d’accord » avec son opposition. « Oui, un budget traduit une vision et des choix politiques. Derrière les chiffres, la réalité : des écoles entretenues, modernisées, comme les équipements sportifs aussi rendus accessibles, des espaces publics entretenus et un service municipal présent au quotidien. Bref, tout ce qui contribue à l’amélioration de la qualité de vie », argumente l’édile. Le budget a été adopté sans les voix de l’opposition.

  • [1er-Mai] À Martigues, les regards tournés vers la pétrochimie en lutte pour sa survie

    [1er-Mai] À Martigues, les regards tournés vers la pétrochimie en lutte pour sa survie

    Martigues est une ville ouvrière, populaire, profondément attachée à la solidarité et à la défense de l’industrie, de l’emploi et des services publics », lance Gaby Charroux, maire (PCF) de Martigues, au moment d’entamer la manifestation du 1er-Mai organisée par l’Union locale CGT de Martigues sur l’esplanade Félix-Ziem.

    La journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs prend une dimension particulière sur ce territoire industriel. Si les industries martégales et du bassin d’emplois sont citées par le maire, c’est qu’elles arrivent à un tournant. Le secrétaire du syndicat CGT Kem One Lavéra Geoffrey Del Baldo, dans le cortège, l’illustre. « Il faut maintenir cette date de lutte, particulièrement quand on voit l’industrie qui s’appauvrit de plus en plus. Chez nous, les fonds de pension qui ne mettent pas d’argent dans nos outils les transforment en mini-bombes ! », ose le syndicaliste, en référence aux propriétaires de Kem One, 1er producteur français de PVC. Il précise son propos : « La moindre fuite chez nous aura un impact sur les salariés, mais aussi sur la population. On parle de composés volatils cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques CMR. » Alors pour Geoffrey Del Baldo, « la première priorité est de maintenir et pérenniser les outils, donc les emplois et la richesse de la région », à l’heure des grandes annonces de nouveaux projets industriels et de décarbonation.

    « Lavéra a été payé par les impôts des Français »

    Le secrétaire général de l’UL CGT Daniel Bretonès, originaire du syndicat de Naphtachimie, abonde en ce sens. « Toutes les industries du bassin sont vieillissantes. Il faut qu’elles transitionnent car on ne peut plus polluer et consommer autant qu’avant. On jette de l’énergie, cramée à la torche alors que des idées de recyclage ont été abandonnées faute d’investissements », explique-t-il. Avant de parler décarbonation, le syndicaliste est catégorique : « La première condition est que l’outil soit fiable et sécurisé face aux risques de feu, d’explosion ou autres. »

    Daniel Bretonès rappelle que « Lavéra a été payé par les impôts des Français, mais depuis que le privé a racheté, il encaisse les ronds mais n’investit pas dans l’outil vieillissant, datant des années 1960-1970 », déplore-t-il. Pire, « ces fonds de pension qui rachètent tout sont des vampires : ils font des montages financiers pour racheter une boîte sans investir, les mettent en déficit et l’État ne fait rien », en référence à la situation de Kem One. Ce n’est pas un hasard : « Kem One est le premier client de Naphtachimie et LyondellBasell. S’ils ferment, c’est toute la chimie locale et les 20 000 emplois induits qui tombent avec », avertit le responsable.

    ArcelorMittal est aussi source d’inquiétudes. Jean-Luc Ruffin, secrétaire CGT du comité d’entreprise européen présent dans le cortège, affirme que « le redémarrage du 2e haut-fourneau est court-termiste. On sera le 11 juin devant l’Assemblée pour défendre la niche parlementaire du PCF sur la nationalisation d’ArcelorMittal » proposée par la CGT. Martigues donne sa raison d’être à la journée de lutte des travailleurs.

    « Si Kem One tombe, toute la chimie locale tombe avec les 20 000 emplois concernés »

  • Les maires de la Métropole refusent de voter le budget

    Les maires de la Métropole refusent de voter le budget

    Le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan avait alerté, dès vendredi. « Si la deuxième Métropole de France était mise sous tutelle, cela pourrait déclencher une forme de fronde des élus locaux », assurait-il sur les ondes de France info (notre édition du 18/04). Le premier pas a été franchi ce mardi après-midi, lors de la première conférence métropolitaine des maires du mandat, qui a largement approuvé le fait de refuser de voter le budget de l’institution, lors du prochain conseil, le mardi 28 avril.

    « Les maires menacent de ne pas voter le budget métropolitain, annonçait par communiqué la Métropole, après un vote à main levée qui a donné une large majorité à cette option. Ils entendent ainsi protester contre l’insoutenabilité de la baisse continue des dotations de l’État qui les place dans l’impossibilité d’équilibrer le budget 2026. »

    Mais le vote était loin d’être gagné d’avance. Plusieurs maires avaient déjà averti des possibles conséquences dès la présentation des orientations budgétaires de la Métropole, le 16 avril dernier, avec la découverte d’un trou de 123 millions d’euros dans les finances.

    Un mur budgétaire attendu depuis 2023

    « Utiliser cette arme fatale risque de se retourner contre nous », alertait alors le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, craignant que l’État n’en profite pour sabrer les attributions de compensations reversées aux communes par la Métropole face à la perte de la taxe professionnelle. « La mise sous tutelle serait une erreur, la première chose que ferait l’État serait de réduire les attributions de compensations », dénonçait en arrivant, ce mardi, le maire (DVD) de Meyreuil Jean-Pascal Gournès, à la tête du deuxième groupe dans l’hémicycle, celui des Maires de Provence.

    Alors, en arrivant, le président (LR) de la Métropole, Nicolas Isnard, rappelait sa méthode : « Ce sont les maires qui, dès que nécessaire, seront ensemble pour décider des orientations. » Reconnaissant que « sur le fond, on aurait peut-être aimé ne pas se réunir aussi vite ».

    Plusieurs maires, pourtant, ont rappelé que cette situation n’était pas une surprise. « La découverte n’est pas une vraie découverte ! Les transports voulus et votés par tous doivent aujourd’hui être payés ! Il n’y a pas de trou juste des factures à payer », glissait-on dans l’entourage de l’ex-présidente (DVD) de l’institution, Martine Vassal. Le pacte financier et fiscal voté par tous, en 2023, prévoyait bien qu’« un abondement de ressources est à prévoir après 2026 ». Mais pas à un tel niveau, face aux coupes de l’État.

    Alors, trois options ont été posées sur la table, lors de cette conférence des maires. La hausse au maximum des impôts étant refusée par tous, restait le choix d’adopter un budget entre un « plan d’économies d’urgence » (à hauteur de 30 millions d’euros) laissant 90 millions à trouver notamment par la hausse des taxes, ou de refuser de voter le moindre budget face aux 120 millions d’euros de coupes budgétaires de l’État imposées en deux ans. Avec le président (SE) des maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani, ils étaient une douzaine à vouloir prendre la première voie. Le bras de fer avec l’État a finalement été choisi.

    « L’État renvoie ses difficultés vers les territoires et ce sont les territoires qui sont exsangues alors qu’ils n’y sont pour rien », accuse Nicolas Isnard, qui a défendu cette option avec les maires de Marseille et Aix. « Je ne suis pas satisfaite, partage l’édile aixoise (UDI) Sophie Joissains. C’est un appel à l’aide, pas autre chose. »

    Crainte pour la gratuité des transports

    « Maintenant, il faut prendre son courage à deux mains et dire que ça ne peut pas fonctionner, voir avec l’État quelles solutions nous pouvons trouver », défend Benoît Payan. Même si la crainte d’une tutelle de la préfecture, après les allers-retours réglementaires avec la chambre régionale des comptes, n’est pas loin, entre coupes de subventions et d’emplois contractuels et augmentations drastiques d’impôts. Avec des menaces sur le service rendu et les acquis gagnés. « Si la gratuité des transports était remise en cause, on se battrait », assure le maire (DVG) d’Aubagne Jean-Pierre Squillari, qui a adressé ce mardi une lettre aux maires du pays d’Aubagne afin de faire front commun. Avant ce « coup de semonce pour faire comprendre que nous sommes fatigués d’être tondus ».

  • Martigues : Les douze adjoints au maire ont leurs délégations

    Martigues : Les douze adjoints au maire ont leurs délégations

    Henri Cambessédès (DVG) garde son poste de premier adjoint délégué à la tranquillité publique, à l’administration générale, aux affaires civiles, au personnel et au budget. Ancienne conseillère municipale en charge des sports, Éliane Isidore (DVG) s’occupe désormais des travaux et aménagements durables, du conseil municipal, des finances locales et du projet de mandat.

    Florian Salazar-Martin (PCF) garde les délégations de l’environnement et de la culture, avec, cette fois, l’industrie et l’aménagement du territoire, un poste clé alors que de nouvelles usines devraient s’implanter dans le bassin dans les années à venir, engendrant de grands changements à l’instar du contournement autoroutier.

    Valérie Baqué (PCF), par ailleurs conseillère métropolitaine, a en charge l’urbanisme, le foncier, le logement et la lutte contre l’habitat indigne, alors que de grandes réhabilitations sont attendues, notamment à Notre-Dame des Marins. L’ancien député de la 13e circonscription Pierre Dharréville (PCF), lui aussi conseiller métropolitain, gagne la plus large délégation : démocratie et participation citoyenne, vie associative, services publics, jeunesse et paix, centres sociaux et maisons de quartier, éducation populaire, formation et insertion professionnelle, sport.

    Sophie Degioanni (PS) fait dans la continuité, avec le tourisme, l’attractivité et le cœur de ville. Gilles Picard (PCF) prend les précédentes délégations d’Annie Kinas (DVG) : éducation, enfance, tout en continuant de s’occuper de la ville connectée. Sa collègue obtient quant à elle le protocole, le devoir de mémoire et l’Étang-de-Berre.

    L’ancienne adjointe de quartier Saoussen Boussahel (PS) devient 8e adjointe aux affaires sociales, aux droits des familles et des citoyens et à la politique de la Ville. L’écologue Jean-François Mauffrey (DVG) est en charge de la biodiversité et de l’agriculture. Charlette Benard (PCF) garde la délégation senior. Jean-Luc Cosme (Génération écologie) est en charge des mobilités douces. Il est le seul à ne pas être issu de la précédente majorité de Gaby Charroux.

  • La majorité martégale forte de sa capacité d’investissements

    La majorité martégale forte de sa capacité d’investissements

    Public hors-norme pour le premier conseil municipal ordinaire de Martigues. Les habitants se sont pressés dans la salle de l’hôtel de ville, contraints parfois de s’asseoir à même le sol, pour assister au débat d’orientation budgétaire. Henri Cambessédès, premier adjoint au maire, a présenté une situation financière solide et étayée à travers 60 pages de documents distribués aux nouveaux élus.

    La Ville s’éloigne « du spectre de l’effet ciseaux », note Roger Camoin (PS), adjoint de quartier. En 2024, les recettes progressent de 2,07% tandis que les dépenses diminuent de 0,44%. Résultat des courses : l’épargne brute s’établit à plus de 9 millions d’euros, l’épargne nette (diminuée du remboursement de la dette) à plus de 5 millions d’euros. « Nous assistons à un rebond que nous devrons pérenniser », affirme Henri Cambessédès.

    L’encours de la dette se stabilise quant à lui à 34,63 millions d’euros, après un emprunt de 6 millions d’euros en 2025, soit une diminution de 37% depuis 2015. « Et si on remonte plus loin dans notre historique, nous avions 63 millions de dette en 2009 », note l’adjoint. La capacité de désendettement de la Ville est de 3,8 années, bien en deçà de la strate qui est de 7,9 années.

    23 millions d’euros d’investissements

    « Ce budget se profile mieux que le précédent, mais ce n’est pas le calme olympien, tout peut basculer selon les objectifs ou les décisions de l’État ou de la Métropole », tient à souligner Roger Camoin, alors que le contexte national et international est instable, entre des tensions persistantes sur le prix de l’énergie, des taux d’intérêt qui demeurent élevés et une diminution des dotations de l’État.

    Le maire (PCF) Gaby Charroux se veut rassurant : « Face à cette réalité, nous n’avons jamais fait le choix de la résignation. Nous avons fait un autre choix, celui de la responsabilité, de la constance. (…) Dans les périodes de turbulences, les concitoyens savent pouvoir compter sur leur commune. Ils savent que les services publics sont là, qu’ils sont concrets, accessibles. »

    Pour la première année de ce nouveau mandat qui s’ouvre, la majorité de gauche entend maintenir le cap avec 23,1 millions d’euros d’investissements. Les subventions aux associations et au Centre communal d’action sociale augmenteront légèrement. Un emprunt est envisagé à hauteur de 4 millions d’euros. Les services estiment que les dépenses de fonctionnement diminueront de 0,65%, malgré des cotisations d’assurance en hausse de 53% et une augmentation de 1,92% pour la masse salariale, et que les recettes augmenteront de 2% en gardant des taux de fiscalité directe locale inchangés.

    Le budget sera présenté le 30 avril.

  • La Métropole entame un acte 3 « apaisé »

    La Métropole entame un acte 3 « apaisé »

    Derrière le pupitre installé au cœur de l’hémicycle pour sa première prise de parole, Nicolas Isnard s’empresse de célébrer : « La Métropole des maires est en marche ! » Seul candidat en lice, le maire de Salon-de-Provence a été élu ce mardi midi président de la Métropole Aix-Marseille-Provence par 199 voix pour, et 38 votes blancs. Sans les voix de l’extrême droite, donc. De quoi ouvrir un nouvel acte pour cette institution de tout juste dix ans, après les présidences successives de Jean-Claude Gaudin et Martine Vassal.

    Pas candidate à sa propre succession, celle-ci avait eu « la responsabilité exigeante et fondatrice de mettre en place cette Métropole », lui a rendu hommage le doyen de l’assemblée présidant la séance, le maire (PCF) de Martigues Gaby Charroux. Mais s’il salue sa « détermination », il n’en appelait pas moins à franchir « une nouvelle étape dans la clarté, la confiance, l’efficacité ». « L’équilibre à construire est connu, une Métropole stratégique et des communes pleinement respectées dans leurs responsabilités », insistait celui qui, par deux fois, s’était porté candidat à la présidence de la Métropole.

    Équilibre de l’exécutif

    Ce respect des communes faisait figure de programme pour le maire de Salon-de-Provence, depuis de longs mois en campagne. « Cette Métropole n’aura de sens que si elle est pleinement au service des communes, défend-il après son élection. Ce que nous avons entre les mains, c’est un outil de coopération, qui doit être le fruit des communes de travailler ensemble. » Et notamment avec la première d’entre elles, Marseille, « qui doit enfin prendre toute sa place dans l’institution ». La distribution des vingt vice-présidences, après une longue interruption de séance, illustre la recherche de cet équilibre à la fois politique et territorial. Les quatre premières vice-présidences sont accordées aux quatre premières villes, une suggestion qui avait été faite, il y a deux ans, par le député Éric Woerth chargé d’un rapport sur les compétences locales. Surtout, la majorité marseillaise, enfin, hérite de cinq vice-présidences. « C’est un grand soulagement, cette élection à Marseille nous a permis de provoquer le grand changement espéré dans cette Métropole », célébrait son maire (DVG) Benoît Payan qui en arrivant au Pharo attendait « des preuves d’amour » du futur président. La gauche métropolitaine au total hérite de huit vice-présidences, proportionnelle à son poids dans l’hémicycle. L’extrême droite n’a aucun siège, « une ligne que nous ne voulions pas franchir », se réjouit Gaby Charroux. « Mais il y a un vrai trou à l’Est de l’étang de Berre », déplore le maire (PS) de Vitrolles, Loïc Gachon. Face aux menaces de suspension de séance, la désignation des onze autres membres du bureau est repoussée au 16 avril.

    Pour ce nouvel exécutif, la priorité est donnée à la décentralisation de la Métropole. « Avant d’avoir des ambitions, il faut d’abord organiser la maison », explique face à la presse Nicolas Isnard. « Cette Métropole a trop souffert de ces querelles du quotidien, ces difficultés à gérer les compétences de proximité », déplore-t-il. Dans l’hémicycle, il redit sa volonté de laisser aux maires « la possibilité d’exercer ou de co-exercer ces compétences de proximité que nous connaissons mieux que quiconque ».

    Décentraliser les services

    De quoi répondre aux attentes des maires. « Sur la collecte des ordures ménagères, la gestion de l’eau et de l’assainissement, si demain il y a un arrêté, je signe ! » fête Gaby Charroux. « C’est depuis la Métropole que Marseille s’occupera de ces questions-là », défend pour sa part Benoît Payan, demandant deux ans au moins « pour commencer à voir des résultats ». Même s’il reste « des cliquets législatifs à lever pour aboutir sur les transferts de certaines compétences », alerte la maire (UDI) d’Aix-en-Provence, Sophie Joissains.

    Cette décentralisation prendra une forme concrète à travers des Maisons de la Métropole, « de véritables antennes métropolitaines installées au cœur des territoires qui auront vocation aussi bien à accueillir les habitants qu’à être des espaces de rencontre pour les maires », présente Nicolas Isnard, qui souhaite les associer à des contrats de projet. Elles devraient servir de point d’appui à une réorganisation de l’administration, avec l’installation de directeurs et la décentralisation de certains services. « Si on ne se dispute plus pour un abribus ou un passage de benne, nous aurons plus d’énergie à dépenser pour trouver de vraies solutions aux vrais problèmes de la Métropole, le premier d’entre eux étant le transport », résume son nouveau président. Une priorité suivie du développement économique, de la construction de logements, de la transition écologique, de la gestion des déchets… « Nous avons un devoir, de réussir ensemble dans un climat apaisé », conclut-il. Même si le maire de Marseille reconnaît : «Il y a des sujets qui seront éminemment plus politiques, et nous aurons des débats, qui seront peut-être compliqués. »

    Grand Avignon mercredi, Toulon PM jeudi

    Les 73 élus communautaires du Grand Avignon ont rendez-vous ce mercredi matin (9h30), à la salle polyvalente de Montfavet, pour élire le président de l’Agglomération. Comme indiqué dans notre édition de ce week-end, le renoncement de Joël Guin, président (DVD) sortant, à briguer un second mandat, ouvre un boulevard à Olivier Galzi, nouveau maire (DVD) d’Avignon.

    L’élection du président de la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée (TPM) aura lieu ce jeudi 9 avril à 9h, en préfecture du Var. La présidence de l’institution devrait revenir à Josée Massi (SE), réélue maire de Toulon au second tour des municipales.

  • [Entretien] Christiane de Félice : « Les malades d’aujourd’hui sont les salariés d’hier »

    [Entretien] Christiane de Félice : « Les malades d’aujourd’hui sont les salariés d’hier »

    La Marseillaise : Quel est le bilan de l’Adevimap pour 2025 ?

    Christiane de Félice : Cette année, 18 adhérents sont décédés des suites de leur maladie professionnelle. Depuis 2002, on a connaissance de 506 victimes décédées. On a ouvert 431 dossiers, dont 226 pour des cancers, un record en un an. On a permis à 60 victimes et 35 ayants droit d’être indemnisés à hauteur de 2,88 millions d’euros environ. On a de plus en plus de dossiers, ça explose. Cette année, une dizaine de bénévoles ont donné 5 239 heures. On passe un appel au renfort.

    Ces chiffres montrent-ils que les maladies professionnelles progressent ou qu’elles sont mieux reconnues ?

    C.D.F. : Les troubles musculo-squelettiques sont sous-déclarés. Officiellement, entre 29 700 et 57 400 cas par an passent sous les radars. Pour les cancers, on oscille entre 66 900 et 99 400 cas. En octobre 2025, la Cour des comptes a estimé que ça représentait entre 2 et 3,6 milliards d’euros. Ce qui est grave, c’est que cette sous-déclaration ponctionne la branche Assurance maladie au profit de la caisse d’Accident de travail-maladie professionnelle (ATMP), abondée uniquement par le patronat. (…) C’est un manque à gagner énorme, alors que la branche ATMP est toujours excédentaire et que le patronat cherche toujours à faire diminuer ses cotisations.

    Quels sont les freins à la reconnaissance des maladies professionnelles et environnementales ?

    C.D.F. : La grande majorité du corps médical a des difficultés à mettre en lien les pathologies avec les conditions de travail et de vie. C’est pour ça que nous nous sommes rapprochés de la Communauté professionnelle territoriale de santé de Martigues en signant une convention, il y a deux ans, pour faire de la sensibilisation sur ces questions-là et dire aux soignants qu’il faut chercher une origine professionnelle ou environnementale aux pathologies, surtout dans nos bassins d’emplois.

    La CGT demande à ce que le site fosséen d’ArcelorMittal soit reconnu comme amianté. Suivez-vous ce dossier ?

    C.D.F. : Bien sûr. Arcelor fait partie de ceux qui nous apportent le plus de dossiers de cancers, avec Naphtachimie. Comme ce sont des maladies latentes qui se déclarent des décennies après l’exposition, c’est invisible dans les entreprises. Les malades d’aujourd’hui sont les salariés d’hier. Pour l’amiante, c’est la troisième demande déposée par les syndicats. Il y a tous les ingrédients. On a fait condamner Arcelor je sais pas combien de fois en faute inexcusable. Il y a un passif, une réalité, tout le monde le reconnaît, c’est simplement une question politique. Sans oublier qu’il y a aussi tous les préjudices d’anxiété déposés par les intérimaires et les sous-traitants par rapport au benzène, suite à un rapport de l’inspecteur du travail.