Tag: FSU

  • [Prix des carburants] « Se déplacer est un droit essentiel », selon les syndicats

    [Prix des carburants] « Se déplacer est un droit essentiel », selon les syndicats

    « Il faut bloquer les prix des carburants tout de suite, mais aussi créer les conditions pour que ces guerres s’arrêtent, sans quoi ce sera sans fin », prévient Richard Roméo-Giberti, le secrétaire général de l’Union départementale CGT. « Augmenter les salaires n’est plus non plus une option », insiste-t-il. Et de poursuivre : « On ne peut pas continuer. Les gens n’arrivent plus à se loger, à se nourrir, à se vêtir. Et maintenant, avec le prix de l’essence, ils doivent payer pour aller travailler. »

    Même son de cloche pour Alain Tournay (FSU) qui souligne que la hausse du prix des carburants vient se lier au gel du point d’indice. « Pendant que les agents des services publics s’appauvrissent, les prix continuent de monter », dénonce-t-il, en constatant que « tout augmente, sauf nos salaires ». Et de préciser : « Nous sommes bien évidemment pour le blocage des prix des carburants, et taxer les super profits, pour pouvoir récupérer l’argent là où il est. » Mais aussi, tout aussi clairement, pour l’augmentation des salaires.

    Le responsable syndical rappelant que 860 000 agents de la fonction publique aujourd’hui sont sous le seuil de pauvreté. La communauté éducative n’étant pas épargnée par l’hécatombe, en particulier, insiste-t-il, « les AESH qui démarre à 900 euros et qui terminent, au bout de 30 ans de carrière, à 1 100 euros ». Des personnels amenés à accompagner des élèves dans plusieurs établissements étant plus que concernées par l’explosion des prix. « Se déplacer est un besoin essentiel, comme se nourrir et se loger », conclut-il.

    Blocage des prix

    « Ce que l’on demande, renchérit Zoé Desmoulins (Solidaires), c’est une augmentation des salaires avec une indexation de ces salaires sur l’inflation, et un blocage des prix du carburant. » La militante insistant sur l’urgence qu’il y a à sortir les prix de l’énergie du marché spéculatif.

    Sur les moyens dont dispose le gouvernement, la syndicaliste rappelle entre autres que Total, sur le premier trimestre 2026 a réalisé 5 milliards de bénéfices. Pas question donc de laisser les actionnaires s’enrichir sur le dos de la population.

    « Depuis 25 ans, les fonctionnaires ont perdu 30% de pouvoir d’achat », insiste Marc Dalmasso, le secrétaire départemental de la CFDT. « Donc, au-delà des conditions de travail, du sous-effectif chronique, et des politiques publiques hostiles aux fonctions publiques qui les stigmatisent, on a un véritable problème de pouvoir d’achat », tempête-t-il.

    Pas question pour autant de nier les contraintes budgétaires, assure le syndicaliste. Et d’ajouter : « On ne peut pas se satisfaire d’une dette publique à 120% du PIB, qui va monter à 122% en 2027. Par contre, de l’argent, il y en a, alors il faut arrêter de taper toujours sur les mêmes. »

    L’occasion aussi de mettre en avant l’obligation parfois pour se loger décemment, pénurie oblige, de s’éloigner de 20, 30, voire 50 km de son lieu de travail. Une double peine depuis l’explosion des prix à la pompe.

    « Les fonctionnaires ne doivent pas travailler pour survivre. Ils doivent travailler pour vivre », dénonce Sophie Dégeilh, secrétaire générale adjointe de l’UD FO du Var. « À présent ça suffit de taper toujours sur les fonctionnaires, sur les salariés, les retraités, les jeunes et les chômeurs », conclut-elle en appelant à une mobilisation massive le 29 septembre.

    Un refus qui va s’exprimer mardi prochain dans l’unité.

  • Un collectif intersyndical antifasciste lancé à Digne

    Un collectif intersyndical antifasciste lancé à Digne

    Carcassonne, Hénin-Beaumont, Orange, Fréjus… Les intervenants de la table ronde lançant officiellement le collectif VISA (Vigilance et Initiatives Syndicales Antifasciste) dans le département ont exposé les dangers de l’extrême droite au pouvoir, samedi. Une journée festive et culturelle était organisée par la CGT, la FSU et Solidaires salle Perchot pour officialiser la création de ce collectif intersyndical. Des membres de collectifs antifascistes du Var et des Bouches-du-Rhône, de la CGT et deux habitantes de Reillanne, où la mairie a baissé de 35% les subventions aux associations, sont intervenus pour la table ronde ouvrant cette journée.

    « La période nous amène à monter le rapport de force vis-à-vis de l’extrême droite et des risques qu’elle amène, puisqu’elle n’a jamais été aussi haute dans le pays », a souligné Sylvain Moretti, secrétaire général de l’union départementale de la CGT, à l’ouverture de la table ronde. « Cet événement festif et culturel, ouvert à toutes et tous, est un contre-pied et un pied de nez à ce qu’est l’extrême droite et le RN », a ajouté le co-secrétaire départemental de la FSU, Gweltaz Broudic, présentant les intervenants et les deux habitantes de Reillanne venues « pour expliquer ce qui s’est passé aux dernières municipales et comment, en quelques jours, toute la situation d’un village a basculé ». Christine Gadeyne et Cathy Keller ont raconté « le coup de massue » qu’a été la coupe des subventions « dès le premier conseil municipal », et la manifestation organisée en protestation.

    « Une vision marchandable de la culture »

    L’extrême droite et le RN « ont une vision très marchandable de la culture et des fonctionnaires du territorial », a analysé Sasha Quiles de la CGT Sisteron, également membre de la liste d’union de la gauche Demain Sisteron aux municipales, citant comme exemple Fréjus, où « il y a une augmentation de 90% des contractuels pour permettre de les remplacer plus facilement s’ils n’adhèrent pas à l’idéologie de la mairie ».

    « C’est une constante pour l’extrême droite de s’attaquer à la culture. En 1995, faire le tri dans les abonnements aux journaux, dans les ouvrages, on l’a déjà vécu à la mairie de Toulon. Ça a été fait à Marignane, à Vitrolles et à Orange à l’époque. Et ça continue, c’est systématique avec l’extrême droite », a avancé Pascal Brun du Comex 83, un collectif entre associations, partis et syndicats contre l’extrême droite. « On traque tout ce que font les maires d’extrême droite pour dénoncer ce qu’ils font, montrer la réalité d’une mairie d’extrême droite et documenter dans le temps », a-t-il détaillé. « Le RN est l’ennemi du syndicalisme », a également ajouté Philippe Challande du même collectif intersyndical et antifasciste VISA dans les Bouches-du-Rhône.

    Le témoignage anonyme d’une responsable de bibliothèque subissant la censure de sa mairie passée à l’extrême droite a également été diffusé pour illustrer les conséquences du RN au pouvoir dans les communes. L’agente a été contrainte par la mairie d’acheter des journaux et des livres d’extrême droite, et a dû « cacher des livres comme forme de résistance ».

    La table ronde a été suivie d’une pièce de théâtre racontant l’histoire d’une famille venue de Kabylie dont la cité est détruite par des bulldozers. Un repas, un concert de Soul Shakers et un DJ set ont ensuite été proposés.

  • À Toulon, un Village de la Paix dressé face à l’économie de guerre

    À Toulon, un Village de la Paix dressé face à l’économie de guerre

    C’est dans le plus grand port militaire d’Europe que s’ouvre, ce vendredi, ce rassemblement entièrement consacré à la paix, à quelques jours seulement de la Journée internationale lui étant consacré (21 septembre). L’événement est organisé notamment par la CGT, la FSU, Solidaires, le CASI Cheminots Paca, le Mouvement de la Paix, le PCF, La France insoumise et l’association Vigilance et Initiatives syndicales antifascistes (Visa).

    L’objectif affiché par les organisateurs est de créer un lieu de rencontre et de discussion en mettant en avant le droit international et le rôle de l’ONU, tout en interrogeant la militarisation en cours de la jeunesse ainsi que l’économie de guerre, mise en œuvre au détriment d’autres services publics essentiels comme l’éducation, la santé et la transition écologique.

    Pour les organisations, le débat dépasse largement la seule question du nombre de conflits armés qui ensanglantent le monde aujourd’hui. Elles entendent donc aussi interroger la place croissante prise par les dépenses militaires dans les choix économiques et politiques. Elles dénoncent ainsi une « militarisation » grandissante et la course aux armements qui ne sont pas sans conséquences. Avec l’inquiétude de voir progressivement s’installer dans la société une forme de banalisation de la guerre et de ses impératifs.

    « On veut parler de la paix alors que tout nous pousse à parler d’autre chose, et notamment de la guerre », déclare le secrétaire général de l’Union départementale de la CGT, Richard Roméo-Giberti. Le responsable syndical insistant sur le fait que « la guerre n’est pas une fatalité, mais se construit par ceux qui ont le pouvoir et l’argent ».

    Une manifestation où il sera aussi question, bien sûr, de progrès social, sans lequel aucune paix durable n’est envisageable, rappelle-t-il.

    La paix est un enjeu

    de classe

    Et de poursuivre : « Dans ce pays qui a toujours été une espèce de phare qui éclaire le monde, même s’il brille un peu moins aujourd’hui, il y a urgence à donner la parole à tous ceux qui s’élèvent contre ce qui nous est présenté comme une fatalité, parce que tout, aujourd’hui, nous conduit à la guerre ».

    Nadine Nazzi, qui prendra la parole pour le PCF, rappelle de son côté que « l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) est une organisation politique et militaire aux objectifs bellicistes, née en 1949 pour combattre l’URSS ». Selon elle, l’organisation aurait donc dû disparaître après la chute de cette dernière en 1991. Mais, affirme-t-elle au contraire, elle « est devenue bien plus dangereuse et toxique qu’elle ne l’était au moment de la fin de la guerre froide ».

    Les budgets militaires imposés aux États membre avec la règle des 2% du PIB agissent également comme une perfusion d’argent public pour le secteur privé, dénonce la communiste. Elle ajoute : « C’est le concept de capitalisme monopoliste d’État, où l’État finance massivement les industries d’armements pour maintenir l’activité économique ».

    Cela, bien entendu, au détriment des populations qui subissent des politiques d’austérité, « des dizaines de milliards d’euros étant détournés vers l’achat d’avions, comme le F-35 américain, ou de systèmes de missiles ». Et de conclure : « Au PCF, notre conception d’une nation ouverte, fraternelle et solidaire est la base de notre conception de la République portant une politique de paix. Il est urgent d’ouvrir, en France, un vrai débat populaire sur ce que doit être une politique de Défense et de sûreté libérée de l’OTAN, assurant la liberté et l’indépendance des peuples dans une Europe et un bassin méditerranéen de la paix et de la sécurité collective, sous l’égide de la charte de l’ONU ».

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille

    Rendez-vous à 18h, ce 21 septembre, place du Général-de-Gaulle, pour une manifestation puis un meeting au Kiosque à musique, square Léon-Blum.

    Martigues

    Après-midi festive et culturelle avec ateliers et exposition, au jardin de Ferrières, le mercredi 23 septembre de 13h30 à 18h, suivi de discours puis d’une clôture musicale.

    Istres

    Rassemblement au portail d’Arles, ce dimanche 20 septembre, à 11h.

    Port-de-Bouc

    Rassemblement le 23 septembre, à la Pyramide de la paix, à partir de 14h, pour une exposition puis un meeting à 18h.

  • Solidarité, dialogue et progrès social au Village de la paix à Toulon

    Solidarité, dialogue et progrès social au Village de la paix à Toulon

    C’est dans un contexte international particulièrement tendu que s’ouvre vendredi sur la place d’Armes une manifestation tout entière consacrée à la paix et portée par des organisations syndicales, politiques et associatives souhaitant, dans leur diversité, impliquer la population dans ce débat de société escamoté en lui fournissant d’autres grilles d’analyses.

    Le temps d’une journée, la place d’Armes, rebaptisée pour l’occasion place de la paix, se transforme en un lieu de rencontres et d’échanges réunissant tous ceux qui ont la volonté de faire de la paix non pas une idée abstraite, mais une démarche qui se construit au quotidien. L’objectif est aussi de créer un espace où chacun peut s’exprimer, s’informer et découvrir les initiatives qui existent localement en faveur du vivre-ensemble, de la solidarité et du dialogue.

    À la tribune vont s’enchaîner les responsables syndicaux de la CGT, FSU et Solidaires. Et politiques avec le PCF et LFI. Chacun apportant sa pierre à l’édifice en décortiquant les enjeux et les propositions pour bâtir la paix. Ce qui passe aussi par lutter contre les discriminations, favoriser la solidarité et permettre à chacun de trouver sa place dans la société. Bref, par le progrès social.

    Le mouvement de la paix et l’association Vigilance
    et Initiatives Syndicales Antifascistes (Visa) apportant également leur expertise sur les menaces qu’il convient urgemment de déjouer.

    Un lieu pour se rencontrer et échanger ouvert à tous à partir de 17h30 et qui se terminera par un concert après avoir permis aux participants de partager ensemble un repas.

  • La paix se bâtit dans le débat et la diversité avec la CGT le 18 septembre à Toulon

    La paix se bâtit dans le débat et la diversité avec la CGT le 18 septembre à Toulon

    Cette année, l’initiative de la CGT, qui avait permis au mois d’avril d’ouvrir le débat en pointant les dérives, tant dans les discours que dans les faits, visant à la militarisation des esprits, revient la semaine prochaine avec le soutien d’autres forces progressistes syndicales, politiques et associatives. Le rendez-vous est fixé au 18 septembre à partir de 17h30 sur la place d’Armes.

    « On a décidé de réunir cette fois tous ceux qui partagent nos valeurs sur le sujet et qui vont essayer, j’espère, de construire une maison commune autour de la paix et contre l’extrême droite, explique le secrétaire général de l’Union départementale CGT, Richard Roméo Giberti. La situation impose d’essayer de nous organiser pour faire face au rouleau compresseur médiatique et politique déployé en face. »

    Un événement ancré dans une brûlante actualité, insiste-t-il, puisque « jamais, depuis la Seconde Guerre mondiale, autant de conflits armés n’ont simultanément ensanglanté la planète ».

    Une exigence politique sociale et humaine

    Face à cette réalité, pas question de se résigner et d’accepter sans réagir la normalisation de la guerre. Les organisations réaffirment donc que « la paix n’est pas une utopie, mais une exigence politique, sociale et humaine qui se construit, s’organise et se défend ». L’occasion de mettre sur le devant de la scène un sujet de société dont il est urgent de s’emparer et de débattre. « L’extrême droite, avec son positionnement nationaliste et xénophobe, ne peut qu’exacerber les tensions à l’international. Ce qui s’aggrave avec la mise en place du protectionnisme et l’augmentation des budgets militaires », met en garde Pascal Brun, pour l’organisation Vigilance et initiatives syndicales antifascistes (Visa).

    « L’école de la République a pour objectif de former des citoyens libres et éclairés, capables d’esprit critique. Elle n’a pas vocation à devenir un lieu de promotion des objectifs militaires de recrutement », insiste Alain Tournay, dirigeant de la FSU dans le Var. Il dénonce notamment la proposition de loi du député du Calvados Christophe Blanchet (MoDem), examinée à l’Assemblée en mars, visant à renforcer l’enseignement des questions de défense nationale chez les élèves de collège et de lycée. Et d’ajouter : « Nous continuons de dénoncer l’entrisme de l’Armée dans tous les établissements scolaires et nous nous opposons à toute forme d’embrigadement de la jeunesse ».

    Même son de cloche pour Zoé Desmoulins (Solidaires), qui insiste sur l’importance, à ses yeux, de « refuser les dispositifs qui militarisent nos classes, comme le port de l’uniforme, la levée du drapeau ou le chant de La Marseillaise tous ensemble, qui sont des symboles de militarisation de la jeunesse ». Des symboles prisés par l’extrême droite. Un seul et même combat, donc.

  • [Violences sexuelles] À Toulon, les progressistes unis pour exiger des actions concrètes

    [Violences sexuelles] À Toulon, les progressistes unis pour exiger des actions concrètes

    Il n’était pas question de divergences partisanes, encore moins de course à la présidentielle, ce lundi, devant le Palais de justice de Toulon. Un large panel d’organisations progressistes, des syndicats (CGT, FSU, Solidaires) aux partis politiques (PCF, LFI, PS, Écologistes, UCL, Parti Occitan, Place publique, Génération.s) étaient tous réunis sous une même bannière, faisant fi des divergences, pour réclamer « une loi organique intégrale, qui englobe un ensemble de mesures, de la prévention jusqu’à la répression », résume Françoise Denis, militante au Planning familiale. « On ne se bat pas pour mettre tout le monde en prison, mais pour que les violences cessent. » Et cela passe par « l’éducation, la formation des magistrats, des policiers, des professionnels pour qu’ils prennent en compte la victime », mais aussi « par la prévention et la prise en charge de la victime sur tout son parcours », ajoute Gilberte Mandon, de la FSU. D’un point de vue législatif, les deux militantes appellent par ailleurs à la « reconnaissance de l’inceste comme crime », ou encore à celle du « crime vicariant, c’est-à-dire le meurtre des enfants par le père pour se “venger” de la mère, pour l’instant reconnu comme infanticide classique », explique Françoise Denis.

    « L’imposture » de la droite et de l’extrême droite

    Les dix points pour lesquels milite la coalition enfantiste et féministe ont ensuite été présentés par Manon Magagnosc (CGT CHITS) et Julie Birebent, secrétaire départementale adjointe de la FSU-SNUipp 83. « L’émotion suscitée par l’affaire Lyhanna est immense […]. Notre société ne supporte plus que les violences sexistes et sexuelles faites aux enfants soient minimisées, invisibilisées. Mais cette émotion ouvre également une bataille politique sur les causes des violences, sur les réponses à apporter et sur le projet de société que nous voulons construire », a affirmé cette dernière, rappelant « l’imposture de l’extrême droite et de la droite réactionnaire », qui « tentent de se présenter comme les protecteurs des enfants victimes de violences sexistes et sexuelles ».

    Car le conservatisme demeure antagoniste de la lutte enfantiste : « On ne peut combattre la pédocriminalité sans combattre les systèmes de domination qui la rendent possible, ni lutter contre l’inceste sans interroger les rapports de pouvoir qui traversent la famille, les institutions, les relations entre adultes et enfants, entre hommes et femmes », clame Julie Birebent.

  • Dernière rentrée pour le président Macron auprès de lycéens de Lozère

    Dernière rentrée pour le président Macron auprès de lycéens de Lozère

    Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, s’est rendu mardi au lycée Chaptal, à Mende (Lozère), avec le président Emmanuel Macron, qui a échangé avec des élèves sur l’interdiction du téléphone portable dans les lycées, principale nouveauté de cette rentrée scolaire.

    Des manifestants en guise de comité d’accueil

    « Bonne rentrée à toutes et tous. On vient perturber une journée qui est déjà particulière », a lancé le président aux élèves, qui ont dû déposer un à un leur téléphone sur un espace dédié et numéroté accroché au mur de la classe. À l’extérieur de l’établissement, une quarantaine de manifestants, dont plusieurs arboraient un drapeau de la FSU et de la CGT Éducation, ont attendu le président en demandant davantage de moyens et notamment la fin des classes « surchargées ».

    Parmi les autres nouveautés de cette rentrée, des questions sur les violences sexistes et sexuelles seront ajoutées au questionnaire annuel sur le harcèlement scolaire distribué en novembre aux élèves, de la grande section à la terminale.

    Après plusieurs années marquées par des réformes successives et malgré des candidats à la présidentielle multipliant les propositions sur l’éducation en cette rentrée, la reprise reste relativement calme.
    « Il n’y aura pas de réforme Geffray », a répété la semaine dernière le ministre. Il a mis l’accent sur la maîtrise du langage et du raisonnement scientifique. « On a encore beaucoup de travail à faire. Il y a un effritement du niveau notamment sur les années collège depuis maintenant très longtemps », a-t-il reconnu, lundi, alors que sont attendus la semaine prochaine les résultats de l’étude internationale Pisa, qui évalue le niveau des élèves de 15 ans en français et en sciences.

    Cyberattaque

    Dans certaines régions, les enseignants étaient surtout accaparés en cette rentrée par des perturbations engendrées par l’importante cyberattaque révélée fin juillet par le ministère. Le piratage a entraîné la suspension préventive de nombreux outils numériques, entraînant des difficultés dans les académies de Toulouse et de Nantes. Les personnels doivent encore composer avec l’absence d’accès aux messageries professionnelles, aux bases de données des élèves et des familles ou à certaines applications administratives. À Toulouse, les emplois du temps seront distribués en version papier.

  • La FSU dénonce une « rentrée dégradée »

    La FSU dénonce une « rentrée dégradée »

    « Nous sommes à la veille d’une rentrée particulièrement dégradée dans l’Éducation nationale. » Au sein de la Bourse du travail, à Marseille, Virginie Akliouat secrétaire départementale de la FSU 13, débute la conférence de rentrée du syndicat pessimiste.

    Postes supprimés, manque de classes adaptées, salaires qui stagnent, manque de solution face aux fortes températures, attaque sur les congés maladies… La liste des dégradations des conditions de travail et d’accueil des élèves est longue pour le syndicat. « Car ces dix années de macronie ont cassé l’École et les services publics », renchérit la secrétaire syndicale.

    Dans les Bouches-du-Rhône, ce sont par exemple 40 postes d’enseignants au lycée en moins. Ces suppressions sont justifiées par une baisse démographique, « mais cette baisse devrait être l’occasion d’améliorer les conditions d’accueil des élèves », insiste Charlotte Bourgougnon, cosecrétaire départementale du Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC (SNUipp-FSU) des Bouches-du-Rhône.

    Nicolas Bernard-Hayrault, secrétaire départemental du Syndicat national des enseignements de second degré (Snes-FSU) précise même : « si l’on voulait juste revenir au même taux d’encadrement qu’en 2017, il faudrait ouvrir 56 postes au collège et au lycée ». Car la France fait partie des plus mauvais élèves de l’Union européenne et de l’OCDE en terme du nombre de jeunes par classe.

    Manque de places pour les enfants handicapés

    Et le manque de moyens humains impacte d’autant plus les enfants les plus vulnérables. « Alors que dans les Bouches-du-Rhône on manque d’au moins 12 classes Ulis [qui permettent d’accueillir des enfants handicapés], il y a cinq postes dédiés à ce public qui ont été supprimés », se désole Charlotte Bourgougnon.

    La grande annonce du ministre de l’éducation sur la distribution d’un questionnaire pour libérer la parole des enfants sur les violences sexuelles est, elle aussi, tombée à plat. « Car pour libérer la parole, il faut du personnel qui peut la recueillir et l’orienter vers les services adaptés », insiste Valérie Brignole co-secrétaire du syndicat national unifié des assistants sociaux de la fonction publique (SNUASFP).

    Ils dénoncent également le manque de résilience du bâti scolaire face au réchauffement climatique et exigent un plan pour permettre aux écoles d’être plus vivables lors des canicules. « En juin, on avait certaines classes qui atteignaient 33°. Qui peut étudier dans ces conditions ? », s’interroge Nicolas Bernard-Hayrault. Face à tous ces manquements et aux attaques répétées du gouvernement contre la fonction publique et l’école, la FSU appelle à s’allier au mouvement de grève national et intersyndical du 29 septembre « pour peser sur le débat autour du budget 2027 qui s’ouvrira le 30 septembre », soutient Virginie Akliouat.

  • La FSU dénonce un manque de moyens préjudiciable à la réussite des élèves

    La FSU dénonce un manque de moyens préjudiciable à la réussite des élèves

    Après avoir ironisé sur les neuf ministres de l’Éducation en dix ans de règne d’Emmanuel Macron, le secrétaire général dans le Var de la FSU, Alain Tournay, a constaté que depuis la nomination du dernier en octobre 2025, « il ne s’est pas passé grand-chose, à part la baisse conséquente du budget de l’Éducation nationale, puisqu’on est en économie de guerre ». Et de déplorer encore « un an de perdu pour l’institution, avec aucune remise en question des nombreuses réformes faites, puis abandonnées ».

    Le responsable syndical annonce donc une rentrée 2026 particulièrement tendue du fait, entre autres, du manque d’enseignants et de personnels spécialisés, avec des classes encore surchargées. Et des conditions de travail très dégradées.

    « La baisse démographique aurait dû permettre de réduire significativement les effectifs par classe, on a fait tout le contraire », dénonce-t-il.

    Dans le Var, la moyenne annoncée pour la rentrée 2026 est de 22,04 élèves par classe dans le 1er degré, contre 21 au niveau national et environ 19 selon les standards européens.

    Le Var très mauvais élève

    « Cette moyenne masque des situations beaucoup plus difficiles, avec certaines classes pouvant atteindre 27 à 30 élèves, y compris en maternelle », dénonce la FSU.

    « Est-ce que c’est comme ça qu’on peut envisager qu’une rentrée se fasse sereinement avec tous les profils différents d’élèves que nous avons dans les classes aujourd’hui ? », interroge Aurélie Sanchez (SNUipp). Et de poursuivre : « Est-ce qu’on peut sérieusement envisager qu’on va permettre à chaque élève de réussir, d’avoir un parcours scolaire émancipateur ? » La réponse est bien évidemment, non.

    Mais pour faire passer les effectifs sous le seuil de 25 élèves par classe, le syndicat estime 40 ouvertures de classes supplémentaires seraient nécessaires. Et il manque encore 250 enseignants pour sortir des dernières places du classement par rapport au taux d’encadrement par élève, et remplacer les professeurs absents. « On sait déjà que plus de la moitié des collèges du Var vont avoir au moins un niveau dans lequel il y aura 29 à 30 élèves par classe », précise Bruno Combette (Snes). Et pour les lycées au moins 1/3 des établissements auront un niveau à 35, 36 élèves. « On n’est pas dans une amélioration des conditions d’apprentissage des élèves », insiste-t-il lui aussi.

    Geneviève Clerc (Snes) a insisté pour sa part sur « l’indigence de la médecine scolaire et des services sociaux », qui ne permet pas de répondre aux problèmes. Christian Petit dénonce, lui, le mépris qui continue d’être affiché en direction des élèves et des professeurs des lycées professionnels. Les conditions sont en tout cas réunies pour une mobilisation d’ampleur le 29 septembre.

    Thierry Turpin

    PAROLES DE SYNDICALISTES DE LA RÉGION

    Gweltaz Broudic – Cosecrétaire de la FSU 04

    « Dans le second degré, on a des classes très chargées dans plusieurs collèges, d’autant plus qu’il y a eu quatre fermetures de classe pour la rentrée. Sur le premier degré, on a eu une carte scolaire a minima, ce qui a pour effet de ne pas rétablir d’équité entre un certain nombre d’écoles. On a des gros écarts de moyenne par classe. Et on a depuis des années des problèmes de remplacement dans le département. »

    L.D.

    Patrick Charlier – Coresponsable CGT Éduc’action 05

    « On redoute aussi l’annonce de la création d’une direction de la politique territoriale de l’école. Nous, dans le 05, nous faisons déjà partie des territoires ruraux qui font l’objet d’une expérimentation visant à calculer les moyens qui pourraient être «optimisés» pour l’école. C’est le terme expert pour désigner la fermeture de petits collèges pour rapatrier leurs effectifs vers des grandes cités scolaires… »

    A.F.

    Olivier Montel – Secrétaire Unsa Éducation Vaucluse

    « Il y a de gros problèmes d’affectation. Des profs des écoles ont eu leur poste le 24 juillet. Certains ont fait des recours et sont sans retour… On redoute aussi un problème sur les remplaçants qui ne sont pas assez nombreux. Pire, une réforme départementalise le remplaçant alors qu’il dépendait d’une petite circonscription. Il y a la peur de partir à l’autre bout de Vaucluse, certains ont arrêté. »

    F.C.

    Lola Gourieux – Coresponsable CGT éduc’action 13

    « On prépare une rentrée difficile dans le premier degré [maternelle et primaire] parce que l’on manque de moyen humain. Il y a la réforme des remplaçants, qui auront des zones beaucoup plus larges à couvrir. Les enfants seront donc accueillis dans les autres classes, avec en ressource des fiches pour les élèves. Cela existait déjà, mais c’était un accueil dégradé qui, avec cette réforme, va sûrement devenir la norme. »

    E.J.

  • [Entretien] « C’est un mépris à l’égard de la population de Mayotte »

    [Entretien] « C’est un mépris à l’égard de la population de Mayotte »

    La Marseillaise : Vous avez passé la nuit au commissariat de Mamoudzou où vous étiez placé en garde-à-vue après un rassemblement intersyndical. Que s’est-il passé ?

    Rivomala Rakotondravelo : Les forces de l’ordre ne voulaient pas que le Premier ministre nous voit. Nous avions une audience prévue le lendemain avec ses conseillers mais rien n’interdit qu’il y ait des banderoles, des drapeaux ou un attroupement sur son passage. Nous avions fait les démarches, dans les règles et dans les temps. D’habitude, si ça ne convient pas, on nous appelle et on essaie de trouver une autre organisation, ça n’a pas été le cas. Ils nous ont déplacés une première fois, en nous soulevant. Quelques minutes après ils nous ont demandé que l’on se pousse à nouveau, on a refusé. J’ai dit aux copains « on ne recule pas ». À un moment j’ai entendu un ordre « lui, vous l’interpellez », j’ai été menotté et une fois arrivé au commissariat on m’a dit que j’avais agressé un policier. Je suis ressorti libre, j’attends de savoir si le gendarme en question a déposé plainte. Dès ma sortie, je suis reparti en manif’.

    Que dire sur ces méthodes ?

    R.R. : C’est ce gouvernement. Nous avions reçu élisabeth Borne, et si je n’ai aucune considération pour cette dame-là, elle était venue, il y avait un millier de personnes dans la rue et tout s’est bien passé. Il n’y a pas eu d’escarmouches. D’autres ministres sont venus après et nous avions pu discuter, il n’y a pas eu de bousculades. Cette fois-ci, c’était très différent. M. Lecornu est venu avec son équipe de Paris et Mayotte avait l’obligation de suivre. Ou pas.

    De toute façon, ils n’ont rien à dire. Il vaut mieux pour eux qu’on se taise et donc ils ne sont pas obligés de répondre. Ce jeudi s’est tenue une audience avec des conseillers du Premier ministre. On a tout fait pour que ça n’ait pas lieu comme ils le souhaitaient. On avait demandé une audience avec Sébastien Lecornu ou, au moins, un des ministres, vu qu’ils étaient six, il y avait l’embarras du choix ! Mais on n’a vu personne.

    Quelles étaient vos revendications ?

    R.R. : On avait juste demandé qu’ils ouvrent des négociations pour l’augmentation de l’indexation des salaires et de renégocier la question de la convergence sociale. Mais ils n’avaient rien sous la dent. Le gouvernement pensait que nous applaudirions la foultitude de ministres en visite sur l’île…

    La rentrée des classes reste marquée par le passage du cyclone Chido en décembre 2024. Quel est l’état des écoles ?

    R.R. : Il n’y a pas eu beaucoup de réparations. Si on était tatillon, on dirait qu’a minima 40% des écoles devaient fermer, mais en réalité c’est toutes les écoles. Depuis le passage du cyclone, les normes de sécurité ne sont pas respectées. Quelques écoles n’ont toujours pas été réparées, si bien que ça génère des fonctionnements atypiques, comme, par exemple, un établissement qui accueille trois écoles. Avant Chido, on était à 50% de rotation. Là, on est actuellement entre 65 et 70%. Le système scolaire fonctionnait de façon dégradée avant ce drame. Nous avions beaucoup de retard. Le rectorat dit qu’il nous faudrait 1 700 nouvelles salles de classe pour pouvoir normaliser la situation. Nous ne contestons pas ces chiffres mais je pense que ça peut être bien plus.

    Sébastien Lecornu, Édouard Philippe et Marine Le Pen ciblent l’immigration clandestine à Mayotte et occultent le reste ?

    R.R. : Contrairement aux autres départements d’Outre-Mer, nous sommes un peu plus résilients, un peu plus accueillants et, un peu plus naïfs. Quand ils viennent ici, c’est pour redorer leur image. Sébastien Lecornu s’est rendu dans les Landes, ça a pété là-bas, et donc après ça, il vient à Mayotte. La question de l’immigration est tellement poussée ici que c’est du lait pour Marine Le Pen. Les gens ici ne sont pas foncièrement racistes, non. C’est qu’il y a des difficultés et des problèmes non gérés.

    Comment jugez-vous l’attitude
    du gouvernement vis-à-vis
    des syndicats et de la population mahoraise dans sa globalité ?

    R.R. : C’est un mépris à l’égard des Mahorais, de la population qui vit à Mayotte. Il y a toujours eu un autre regard, historique de la France sur les Outre-Mer, mais Mayotte a l’outrecuidance, on va dire, d’être à 90% musulmane.