Tag: François Bayrou

  • Enterrer le « musée des horreurs » de Bayrou

    Enterrer le « musée des horreurs » de Bayrou

    Suppression de deux jours fériés. Monétisation de la 5e semaine de congés payés. Déremboursements et franchises. Détricotage des droits à l’Assurance chômage. Restriction du champ de l’Aide médicale d’État (AME)… Balancée le 15 juillet sans aucune concertation, la grenade dégoupillée par François Bayrou semble sur le point de lui exploser en pleine figure.

    Depuis le dévoilement de son projet de budget d’austérité sous couvert de réduction d’une dette que les macronistes ont eux-mêmes contribué à creuser, la colère sociale n’a cessé de monter. À la journée d’initiative citoyenne « Bloquons tout » du mercredi 10 septembre s’est ajoutée une journée de grèves et de mobilisations intersyndicales jeudi 18 septembre. Pour couper l’herbe sous le pied des citoyens et des travailleurs, le Premier ministre tente un coup de poker désespéré. Le 8 septembre, son gouvernement demandera un vote de confiance de l’Assemblée nationale.

    Autant dire que les jours à Matignon du président du Modem sont comptés. À gauche, ni le PCF, ni Les Écologistes ni même le PS – qui avait pourtant refusé de voter la censure en laissant une chance au conclave d’aboutir sur la réforme des retraites (en vain) – n’accorderont pas davantage de crédit à François Bayrou (lire p.8). Il en va de même de La France Insoumise (LFI) qui, à la différence des autres formations de gauche, appelle Emmanuel Macron (qu’elle rêve de voir destitué) à dissoudre une seconde fois l’Assemblée nationale. Pas davantage de confiance à attendre du Rassemblement national. Loin de s’opposer à l’austérité ou de vouloir mener une politique sociale plus juste, l’extrême droite a fait ses petits calculs et espère sortir vainqueur du chaos démocratique.

    Un socialiste à Matignon ?

    Après avoir prétexté n’avoir pu recevoir les chefs de partis politiques cet été en raison des vacances, François Bayrou, en plus de sa tournée désespérée des plateaux TV, vient de lancer avec eux une série de rencontres de la dernière chance. Un probable chant du cygne. Car si les Républicains restent divisés sur le sujet, l’issue du vote du 8 septembre ne fait guère de doute. Le président de la République, qui pourrait être refroidi à l’idée d’une nouvelle dissolution, cherche déjà son prochain Premier ministre. Sera-t-il enfin issu de ce qu’il reste du Nouveau Front populaire (NFP), bloc de gauche qui, bien que sans majorité absolue, était arrivé en tête des élections législatives 2024 ? Le PS d’Olivier Faure croit son tour arrivé. Ces derniers jours, le « contre-budget » des socialistes a été mis en avant. Plutôt que 44 milliards d’euros d’économies sur le dos des seules classes populaires et moyennes, le PS vise 29,9 milliards de recettes en mettant à contribution les ultra-riches (taxe Zucman, Gafam…). Pour redonner de l’air et du pouvoir d’achat, le PS souhaite en injecter 19 dans les services publics à l’os. Une feuille de route budgétaire qu’il faudrait dans tous les cas négocier point par point à l’Assemblée…

    De toute évidence, le scénario reste incertain et la balle sera bientôt dans le camp d’Emmanuel Macron. Mais quoi qu’il advienne, le mouvement social a son mot à dire et tout intérêt à maintenir la pression pour n’encourager personne à conserver « le musée des horreurs » de François Bayrou, comme le qualifie l’intersyndicale. Avec l’espoir d’insuffler enfin un changement de ligne politique pour plus de justice sociale. Le mécontentement est perceptible. Il a pris une première forme en août avec l’initiative citoyenne d’une journée de blocage le 10 septembre. Parti des réseaux sociaux sous l’influence de réseaux souverainistes, l’appel semble avoir évolué pour mettre en avant des revendications progressistes. En témoignent les débats des assemblées générales qui se sont tenues à Montpellier notamment (p.6).

    La CGT prépare déjà le 18

    À l’instar de la CGT, plusieurs syndicats appellent eux aussi leurs salariés à mener des actions dans les entreprises mercredi 10 septembre. Deux rassemblements sont déjà prévus à Montpellier (11h, place de la Comédie) et Béziers (11h, Bourse du travail). Mais dans l’Hérault, Serge Ragazzacci reconnaît travailler davantage en intersyndicale à la grande journée de grèves et mobilisations du jeudi 18. « On a déjà beaucoup de préavis dans le public. On veut des appels dans le privé et gagner la grève. 100% de mécontents, ça ne fait pas 100% de grévistes. Il y a parfois de la résignation… », rappelle le secrétaire héraultais de la CGT. Pour lui, Bayrou ou un autre, c’est le moment de se faire entendre pour changer d’axe politique. « En 30 ans, la fortune des plus riches a été multipliée par trois, le PIB par deux. Pas le Smic. Ce n’est pas un problème de dette mais de répartition des richesses. Il est temps de redonner du pouvoir aux contre-pouvoirs. »

  • Le 10 septembre, premier acte pour dire « non au budget »

    Le 10 septembre, premier acte pour dire « non au budget »

    « C’est toujours les mêmes qui crachent au bassinet », épingle Maurice Marsiglia. Retraité, syndiqué à la CGT, il compte parmi ceux qui ont décidé d’emboîter le pas à l’appel du 10 septembre sur les réseaux sociaux, sous le mot d’ordre « Bloquons tout ». « Le mouvement est très informel. On ne sait pas trop d’où c’est parti. Mais il me semble important d’envoyer un message pour dire qu’on n’est pas d’accord avec les orientations politiques du gouvernement », poursuit-il.

    « Ne pas laisser passer le train »

    Alors que le Premier ministre François Bayrou veut mettre la France au régime sec et économiser 44 milliards d’euros sur le budget 2026, le cégétiste relève : « La quasi-totalité des mesures pèsent sur les gens qui n’ont déjà pas les moyens de vivre correctement… Par exemple les chômeurs, qui vont encore voir leur assurance chômage se dégrader. François Bayrou annonce qu’il va geler les pensions de retraite. S’en prendre aux services publics, alors que ce sont les gens les moins aisés qui en ont besoin… »

    Pour Clémentine Fardoux, insoumise suspendue de son parti pour avoir rallié le mouvement Aubagne en commun pour les municipales, qui relaie et participe elle aussi à la préparation du 10 septembre, « le gouvernement met en avant les fraudes sociales, or si le budget est déséquilibré, c’est parce que des milliards d’euros sont donnés aux grandes entreprises sans contrepartie. Il faudrait qu’il y ait une justice fiscale. Le mécontentement est grand dans la société et la population, le 10 septembre, veut dire ça suffit ! » Sur le 10 septembre, la conseillère municipale d’opposition (RGE) explique : « Les gens de sensibilité de gauche n’ont pas envie de laisser passer le train. Bien sûr, on sera attentif à ce que ce mouvement ne soit pas réactionnaire, comme a pu l’être parfois celui des Gilets jaunes. » Elle embraye : « Je rêve d’un 10 septembre où il y ait un rassemblement sur chaque place de village. » Mais le 10 a sa place auprès du 18 septembre, date décidée par l’intersyndicale pour grève et manifs, exposent Maurice Marsiglia et Clémentine Fardoux. « C’est le foisonnement des initiatives, citoyennes, syndicales, politiques qui peuvent faire entendre nos revendications », lance Clémentine Fardoux. Quant à l’interview donnée par le Premier ministre Bayrou dimanche, Maurice Marsiglia réagit : « Il est toujours dans sa position de faire peur aux gens. Il a ouvert très peu de portes pour la négociation. Sauf sur les jours fériés. Pour moi, c’est un hochet. C’est la seule proposition sur laquelle il pourrait bouger… »

  • Michaël Delafosse a encore « plein d’idées pour Montpellier »

    Michaël Delafosse a encore « plein d’idées pour Montpellier »

    Cent quatre-vingt-dix-sept jours. Dans son bureau de l’hôtel de ville, le compte à rebours du mandat débuté en juillet 2020 dans le chaos du Covid est lancé. Pour tenir le maximum de promesses qu’il avait faites aux électeurs, « chaque jour doit être utile », répète Michaël Delafosse (PS).

    Ce mercredi 27 août, pour sa rentrée face à la presse, le maire de Montpellier et président de la Métropole, est forcément préoccupé par « l’instabilité » du monde et du pays. Mais si le PS avait cru bon de donner sa chance à Bayrou, son crédit est épuisé. « Le Premier ministre demande la confiance, il ne peut pas l’avoir », tranche le maire. Sans souhaiter une seconde dissolution – « il faudra m’expliquer la première, elle a fait du mal », il assure que son parti se tient prêt, au cas où. « La gauche doit travailler à un plan B, à des contre-propositions progressistes. Le choix du Premier ministre reviendra au président ». En attendant, il dit « comprendre » la colère populaire et « soutenir » les mobilisations à venir. « La démocratie sociale a été sacrément abîmée par Emmanuel Macron. » Fustigeant les mauvais choix du locataire de l’Élysée (suppression de l’ISF, de la taxe d’habitation, du Pinel…) qui ont conduit à creuser la dette, Michaël Delafosse martèle que « la vie est dure et les gens n’ont pas à être culpabilisés ».

    Les travaux « le 20 décembre, c’est terminé ! »

    Pas vraiment LFI compatible qui « a fait alliance avec Mohed Altrad, combattu la gratuité des transports et proposé de supprimer les caméras », bref qui veut sa peau à Montpellier, le maire sortant est partisan d’une primaire de la gauche pour la présidentielle de 2027. Pour autant, son énergie, il compte la mettre au service de sa ville en pleine « transformation », tout en se voulant ferme sur la sécurité. « Il y a ceux qui commentent et ceux qui agissent. Je n’ai pas attendu la loi sur le narcotrafic pour expulser les dealers des logements sociaux. »

    En lançant beaucoup de chantiers en 2020, le pari était audacieux et le ras-le-bol se fait parfois entendre en ville. Mais les travaux « le 20 décembre, c’est terminé ! », promet-il. Ce jour-là, la 5e ligne de tramway sera inaugurée de Clapiers à l’ouest de Montpellier, aux portes de Lavérune. Malgré des finances en difficulté qui inquiètent ses opposants (dont Philippe Saurel, Isabelle Perrein…), « nous serons les seuls à avoir réussi une ligne de tramway durant ce mandat », se réjouit-il. Dès le 18 octobre, sera mise en service l’extension de la ligne 1 d’Odysseum vers la gare TGV. « On va enfin régler ce problème qui n’aurait jamais dû exister », soupire Michaël Delafosse qui rappelle « le coût de l’inaction » reprochée à son prédécesseur : 10 millions d’euros.

    Malgré le retard pris par les lignes de bustram (seule la première vers le Millénaire a été livrée), le pari des mobilités semble en passe d’être gagné. D’autant que la galerie cyclable sous la Comédie (27 novembre) et l’avenue du Mondial 98 (19 décembre) sont en cours d’achèvement.

    D’ici la fin de l’année, une pléiade de rubans seront coupés : ceux des deux écoles Hypatie et Isaac/Scholl le jour de la rentrée des classes, lundi 1er septembre, de plusieurs rues à la voirie rénovée (Bonnard, Trencavel, Guesde, Vannel…) des places réaménagées également (Max Rouquette le 20 septembre, Saint-Denis le 2 octobre, Renaudel le 27 octobre, des Martyrs et de la Résistance à la préfecture le 26 novembre, Rondelet le 28, du 8 mai 1945 le 10 décembre). Sans oublier l’Esplanade de Gaulle qui sera achevée le 8 novembre. Après celui de Celleneuve, le bidonville de la Jasse de Maurin fermera dès le mardi 2 septembre. Dans le cadre de l’Anru, les travaux de rénovation des résidences Saturne et Uranus seront lancés le 13 octobre à la Mosson, le Pavillon populaire rouvrira le 2 décembre avec l’expo Depardon.

    En janvier seront inaugurés le centre nautique Neptune et la maison de l’alimentation solidaire à Celleneuve. Dans ce marathon tout-terrain, plusieurs poses de première pierre sont également prévues : l’arrêt de tramway Boirargues (3 septembre), l’épicerie sociale et solidaire route de Mende (7 octobre), la cité de l’alimentation (3 décembre), la future école Parc 2000 (10 décembre), le groupe scolaire de la Croix d’Argent (17 décembre)… Autant de projections vers l’avenir qui laissent penser que Michaël Delafosse prépare la suite. Pourtant, il ménage le suspense. « Attentif » à son « équilibre famille/travail », il redit qu’il aura « un temps de réflexion en fin d’année en famille ». Avant d’annoncer son choix en janvier et dire « si on y retourne et pour quoi faire. J’ai vu tellement d’élus faire le mandat de trop… » Il se dit prêt à revenir un jour à son métier d’enseignant mais le goût de la chose publique ne l’a pas abandonné. « J’ai encore plein d’idées pour Montpellier. Mon équipe y travaille déjà. »

  • L’intersyndicale appelle à la mobilisation le 18 septembre

    L’intersyndicale appelle à la mobilisation le 18 septembre

    «Nos organisations appellent à une journée de mobilisation le 18 septembre y compris par la grève et la manifestation», annonce Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT au nom de l’intersyndicale ce vendredi matin. Plus tôt dans la matinée, les huit organisations syndicales CGT, la CFDT, l’UNSA, la CFE-CGC, la CFTC, FO, Solidaires et la FSU, se sont réunies pour trancher sur une date de mobilisation unitaire. «Les sacrifices pour le monde du travail, ça suffit (…) Les différentes mesures budgétaires avancées sont d’une brutalité sans précédent. Le gouvernement a choisi encore une fois de faire payer les travailleurs et les travailleuses, les précaires, les retraités, les malades», martèle-t-elle, citant le plan de 44 milliards de coupes budgétaires en 2026 présenté par le Premier ministre François Bayrou mi juillet.

    En revanche, aucune action commune est prévue pour la journée du 10 septembre, et l’appel à «bloquer» le pays. «Le 10 septembre, c’est une initiative citoyenne et donc évidemment que la CGT a décidé d’y prendre sa part en construisant la grève dans les entreprises», a pour sa part expliqué la secrétaire générale Sophie Binet.

  • L’école, à l’os, exige un budget à la hauteur

    L’école, à l’os, exige un budget à la hauteur

    La rentrée scolaire de 12 millions d’élèves, le 1er septembre, risque de passer au second plan après l’annonce surprise de François Bayrou, d’engager la responsabilité de son gouvernement devant l’Assemblée nationale, le lundi 8 septembre. Minoritaire, le locataire de l’Élysée a donc choisi de dramatiser son départ, inéluctable. Le Premier ministre n’a pas attendu une motion de censure qui viendrait sanctionner le futur budget d’austérité pour 2026 et préfère se faire hara-kiri. Mais cet écran de fumée, symptomatique d’une crise politique majeure depuis la dissolution ubuesque de juin 2024, ne doit pas masquer les enjeux concrets de cette rentrée.

    L’enjeu du budget

    « Avec ou sans François Bayrou, avec ou sans Élisabeth Borne [ministre de l’Éducation], l’enjeu principal, c’est le budget. C’est vraiment ce qui va guider nos mobilisations et nos interventions les prochaines semaines », martèle le Snes-FSU. Pour le syndicat, le budget proposé, en tout cas « la logique budgétaire pour l’Éducation nationale », est « à rebours des besoins du service public d’éducation ». Des craintes fondées : en 2018, en dépit d’une hausse de la démographie scolaire de +8 029 élèves dans le second degré, 8 865 postes ont été supprimés, soit l’équivalent de 197 collèges, a calculé le syndicat, y voyant le symbole de la politique d’Emmanuel Macron depuis 2027. Aucun effort budgétaire significatif n’a été réalisé contrairement à l’affichage du gouvernement : en 2025, la hausse de 1,95 milliard, s’est limitée à +0,48% du budget de l’Éducation nationale une fois corrigé de l’inflation. De plus, avec pas moins de six ministres depuis le début du second quinquennat, la communauté éducative est aussi très lasse d’être si peu considérée.

  • François Bayrou, seul en scène, s’enferre

    François Bayrou, seul en scène, s’enferre

    Depuis lundi et son annonce surprise et théâtrale d’engager la responsabilité de son gouvernement le lundi 8 septembre devant l’Assemblée nationale pour faire admettre une purge budgétaire XXL (44 milliards d’euros de coupes en 2026), François Bayrou déroule son scénario qu’il nomme volontiers « moi ou le chaos ».

    Pour l’heure, c’est peu dire qu’il ne convainc pas. Ni la majorité des députés (où ses soutiens sont minoritaires), ni les citoyens. Les Français, dans deux sondages, sont seulement 27% à « espérer » que le Premier ministre reste à son poste (Elabe) et 63% réclament une nouvelle dissolution (Ifop), après celle, rocambolesque, décidée en juin 2024 par le président de la République.

    Sur TF1, mercredi soir lors du 20h, François Bayrou a joué une nouvelle scène de son drame en plusieurs actes en exhortant la représentation nationale à partager son constat : « Oui ou non, est-ce que la situation de la France -écrasée sous la dette- mérite qu’on y réponde ? »

    « Entier soutien »

    du président Macron

    Pour le locataire, en sursis, de Matignon, le 8 septembre n’est pas un vote de confiance. « C’est une déclaration de politique générale par laquelle le gouvernement s’adresse à l’Assemblée nationale pour dire voilà notre volonté. C’est sur ce constat de situation qu’ils doivent voter. La question est simple et ma conviction est qu’il est impossible de porter la politique de redressement du pays s’il n’y a pas un minimum d’accord sur ce choix. » S’opposer à son constat reviendrait à être irresponsable, selon lui. Dans cette commedia dell’arte, que le syndicat CGT qualifie de « diversion » pour ne pas répondre à l’urgence de la question sociale, le président Emmanuel Macron épaule son allié centriste depuis 2017. Mercredi matin, lors du conseil des ministres -qui a formellement autorisé François Bayrou a engagé la responsabilité de son gouvernement via l’article 49-1-, le chef de l’État a apporté « son entier soutien à la démarche selon laquelle il faut qu’on se mette d’accord sur la nécessité de retrouver une trajectoire des finances publiques plus conforme avec l’idée que nous nous faisons de notre souveraineté budgétaire », a rapporté la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas. Et de reprendre l’argumentaire de son Premier ministre selon lequel le vote du 8 septembre sera un vote « sur les principes » des économies budgétaires et non sur les mesures détaillées le 15 juillet dont la suppression de deux jours fériés, de 3 000 postes de fonctionnaires, d’une année blanche sur les retraites etc. François Bayrou est prêt à recevoir les chefs de partis et des groupes parlementaires à partir de lundi prochain. Mais « il y a une question a posé avant les négociations : est-ce qu’on est d’accord sur la gravité des choses ? », a-t-il encore martelé. Le patronat lui apporte son soutien. Dans son discours d’ouverture de la 7e Rencontre des entrepreneurs de France (REF) organisée par le Medef, le président de l’organisation patronale Patrick Martin s’est dit « consterné » par « les premières réactions politiques » négatives à l’annonce du Premier ministre. Elles « surajoutent à notre inquiétude et nous éloignent de l’acte offensif indispensable au rétablissement de notre pays », a-t-il lancé. François Bayrou est attendu parmi les patrons cet après-midi. Il y confirmera sans doute sa volonté de ne pas toucher à la politique de cadeaux fiscaux qui depuis 2017 a pourtant mis le pays et les Français dans l’ornière.

  • François Bayrou sur le départ… quelle suite ?

    François Bayrou sur le départ… quelle suite ?

    Huit mois après s’être imposé à la tête d’un gouvernement illégitime comme l’ultime recours pour sortir Emmanuel Macron de l’impasse de la dissolution, François Bayrou a donc ouvert la porte à son départ de Matignon. Confronté au rejet général de son plan d’austérité de 44 milliards et aux appels à bloquer le pays le 10 septembre, le Béarnais a appuyé sur le bouton rouge, en pressant le président de convoquer une session parlementaire extraordinaire pour solliciter la confiance de l’Assemblée sur une déclaration de politique générale.

    Sans surprise, la France insoumise, Les Écologistes, les socialistes, les communistes et le Rassemblement national ont promis de voter contre. Mardi, François Bayrou a fait mine de croire à un revirement. Naïveté ou déconnexion ? Les députés ont « treize jours » pour « dire s’ils se placent du côté du chaos ou du côté de la responsabilité », a-t-il lancé, lors de l’université d’été de la CFDT.

    Se plaçant en garant de l’intégrité financière de la France et sans convaincre, il a tenté de donner des gages : efforts contre l’optimisation fiscale, fin de certaines niches fiscales, gestion des principaux piliers du système de protection sociale par les partenaires sociaux, notamment les assurances chômage et vieillesse… Marylise Léon les a rapidement balayés.

    « Nous laisser gérer c’est bien, mais il faut qu’on puisse décider des règles (…) La règle d’or et d’équilibre annuel, c’est un non-sens », a martelé la secrétaire générale du syndicat réformiste, encore échaudée par la lettre de cadrage sur les conditions d’indemnisation des chômeurs, début août. « Il a pris grand soin de parler de choses qui pouvaient plaire à des responsables CFDT, mais on n’est pas dupe, quand il dit “on va pouvoir négocier sur la flexibilité du travail”, on entend flexibilisation du marché du travail », a réagi Marylise Léon, « il n’y a pas de cohérence politique ».

    « Je ne demande à personne de se renier, mais on peut réfléchir. On a le droit de remettre en question les réflexes spontanés qu’on peut avoir », a insisté quelques minutes plus tard François Bayrou, face à la presse. Seul, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau (LR) a mis en garde contre un vote qui serait contraire « aux intérêts de la France », portant notamment le risque « d’une crise financière majeure ». La Bourse de Paris a clôturé en baisse de 1.64% sur les mêmes bases que la veille.

    Gouvernement technique

    Un an plus tard, dans la même situation, les mêmes discours. La ficelle est grosse et la balle brûlante désormais, à nouveau, entre les mains d’Emmanuel Macron. Le 9 septembre, la France se retrouvera à nouveau sans gouvernement. Plusieurs hypothèses sont sur la table. La plus évidente serait que les choses traînent en longueur, sur fond de recherche du candidat à Matignon qui, en bout de course, comme Borne, Attal, Barnier ou Bayrou, continuera de mener une politique similaire. Un gouvernement technique qui amènerait la reconduction du budget 2025. Moins probable, la nomination d’un Premier ministre de gauche. Les partis du Nouveau front populaire s’entendraient-ils ? Rien n’est moins sûr, même si à gauche, PS et Écologistes se sont dits « prêts ».

    Autre option sur la table, une nouvelle dissolution de l’Assemblée. Marine Le Pen a réitéré son souhait d’une dissolution avec l’espoir que le RN parvienne, cette fois, à obtenir une majorité. Des voix s’y préparent dans le camp présidentiel. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, assurait mardi qu’il ne fallait pas écarter la possibilité. « Une hypothèse » admise par Bayrou, selon des sources concordantes à BFM.

    Dernière option, le départ du Président. Emmanuel Macron « doit partir » si François Bayrou n’obtient pas la confiance de l’Assemblée, a répété mardi le leader insoumis, Jean-Luc Mélenchon, annonçant le dépôt à l’Assemblée d’une nouvelle motion de destitution contre le chef de l’État, le 23 septembre.

    « Il faut empêcher M. Macron de nommer pour la troisième fois un Premier ministre qui ferait la même politique. Voilà pourquoi il faut le destituer. Le chaos, c’est Macron », expliquait ce dernier, le matin, sur France inter. « Le sujet, c’est M. Macron, il doit s’en aller et le peuple français doit choisir entre la politique de l’offre de baisse du prix du travail et la politique de la relance écologique et sociale ».

    « Quand il nous dit on va pouvoir négocier sur “la flexibilité du travail”, on entend flexibilisation du marché du travail (…) Il n’y a pas de cohérence politique »

  • Budget d’austérité : Bayrou jouera la survie de son gouvernement devant l’Assemblée le 8 septembre

    Budget d’austérité : Bayrou jouera la survie de son gouvernement devant l’Assemblée le 8 septembre

    Ultime tentative de sauvetage ou démission préparée à l’avance ? « J’ai demandé au président de la République, qui l’a accepté, de convoquer le Parlement en session extraordinaire le lundi 8 septembre », annonce le Premier ministre, ce lundi après-midi. « j’engagerai ce jour-là la responsabilité du gouvernement sur une déclaration de politique générale », affirme-t-il devant ses ministres, dont les jours en fonction semblent comptés.

    François Bayrou invoque donc l’article 49-1 de la Constitution : « si vous avez une majorité, le gouvernement est confirmé. Si vous n’avez pas de majorité, le gouvernement tombe », prévient-il. Avec toutes les conséquences que cela pourra entraîner. Faut-il s’attendre à nouvelle dissolution pourtant écartée par le président de la République lui-même ? Les prochaines semaines seront, une nouvelle fois, déterminantes.

    à ce stade, l’issue de ce vote à venir fait peu de doutes : LFI a déjà annoncé voter contre, de même que le PCF, les écologistes et le RN. Les premières déclarations des troupes socialistes vont également en ce sens. à rappeler que ce vote se fera à la majorité absolue des suffrages exprimés. C’est un François Bayrou acculé, menacé de censure de toutes parts, qui se soumettra à la confiance du Parlement. « Choisir de ne rien faire, c’est une condamnation », justifie-t-il, assumant « prendre des risques » pour « faire comprendre aux Français le risque de la dette ».

    « La dette, c’est chacun d’entre nous »

    Au début de sa prise de parole, le chef du gouvernement a, de longues minutes durant, évoqué le contexte international, les guerres en Ukraine et à Gaza, l’impact des droits de douane américains, l’« indifférence » face au réchauffement climatique. « Un danger immédiat plane sur nous », fait valoir le maire de Pau, avant de dépeindre un tableau très alarmiste de la situation économique de la France : « notre pays est en danger parce que nous sommes au bord du surendettement », a-t-il assuré, avant de poursuivre « sur les deux dernières décennies, la dette s’est accrue de 2 000 milliards d’euros, dont 1 000 milliards entre 2015 et 2025. Depuis 20 ans, chaque heure a augmenté la dette de 12 millions supplémentaires ».

    Dans un ton culpabilisateur, il s’en est pris aux Français. « la dette, ce ne sont pas les gouvernements qui la consomment (…), la dette, c’est chacun d’entre nous », insiste-t-il. « Cette dette colossale a été, année après année, consommée en protection par les citoyens, il suffit de penser au Covid-19 (…), aux retraites (…), aux consommateurs », renchérit-il. Le Premier ministre prépare depuis la mi-juillet les Français à l’austérité.

    L’objectif avancé est 44 milliards d’euros d’économie sur le budget de l’année 2026. Pour cela, il prévoit, entre autres, une année blanche fiscale et la suppression de deux jours fériés : le lundi de Pâques et le 8-Mai, jour de victoire sur le nazisme. Une mesure largement rejetée. Un sondage Odoxa pour Le Parisien publié ce lundi indique que 84% des Français interrogés y sont opposés. « Ne débattre que des mesures, c’est oublier la nécessité du plan d’ensemble. Or, c’est le plan d’ensemble, sa nécessité et son urgence qui est la vraie question », pousse le chef du gouvernement, qui n’a, ce lundi après-midi, donné aucun détail sur ledit « plan ». Il s’exprimera, mardi, à l’événement de rentrée de la CFDT, puis jeudi, à celui du Medef.

    Déjà, la riposte se prépare. La date choisie par le chef du Modem n’est évidemment pas le fruit du hasard, elle précède de 48 heures seulement l’appel à bloquer le pays, le 10 septembre prochain, né sur les réseaux sociaux, soutenu par quelques syndicats et partis de gauche (lire ci-contre). « La France, ce n’est pas ceux qui veulent l’abattre par le désordre, c’est ceux qui veulent la construire par le courage et la générosité », commente-t-il en direct. « Le Parlement aura, le 8 septembre, la décision entre ses mains », concède-t-il.

    « Si vous avez une majorité, le gouvernement est confirmé. Si vous n’avez pas de majorité, le gouvernement tombe. »

  • Aides publiques : 211 milliards d’euros versés chaque année aux entreprises sans réel contrôle

    Aides publiques : 211 milliards d’euros versés chaque année aux entreprises sans réel contrôle

    Alors que François Bayrou prévoit 44 milliards d’euros d’économies dans le prochain budget, les premières pistes n’envisagent pas de réduire les aides publiques aux entreprises. Pourtant, celles-ci s’élèveraient à plus de 211 milliards d’euros en 2023, « un des premiers budgets de l’État », soulignait le sénateur communiste Fabien Gay, le 8 juillet dernier, à l’occasion de la publication du rapport de la commission d’enquête parlementaire dédiée.

    Ce constat est mené à l’issue de six mois de travaux et de 87 heures d’audition d’une trentaine de dirigeants de grandes entreprises, mais aussi d’anciens ou d’actuels responsables politiques, d’économistes, de syndicats et de représentants du patronat. Les sénateurs ont ainsi recensé plus de 2 252 dispositifs divers, qui relèvent de l’État, des organismes de sécurité sociale, des collectivités territoriales ou encore de l’Union européenne.

    Dans un communiqué, la CGT dénonçait « la multiplication par 18 de ces aides depuis 1979, sans ciblage en fonction des besoins, ni suivi, ni contrôle, ni sanction vis-à-vis des entreprises qui les perçoivent puis licencient, délocalisent, tout en versant des dividendes record », eux aussi multipliés par cinq en 15 ans. La centrale syndicale demande la « conditionnalité » de ces aides, l’une des 26 recommandations formulées par les parlementaires qui réclament un « choc de la responsabilisation ». Cela signifie entre autres, d’imposer le remboursement total d’une aide de l’État ou des collectivités territoriales si une entreprise procède à une délocalisation d’un site ou d’une activité. Des pistes pour renflouer les caisses de l’État sans imposer l’austérité et viser les plus précaires.