Tag: France

  • [Tour de France] Søren Wærenskjold, rapide comme l’éclair

    [Tour de France] Søren Wærenskjold, rapide comme l’éclair

    C’était une course comme on en a jamais vu auparavant. Avec une moyenne de 50,91 km/h, le Norvégien Soren Waerenskjold (Uno-X) a remporté au sprint la onzième étape du Tour de France, la plus rapide de l’histoire de la compétition, en devançant le Néerlandais Olav Kooij, déjà vainqueur de la cinquième étape, et le Belge Jasper Philipsen, mercredi à Nevers.

    « Je croyais que j’étais trop loin », lance le natif de Mandal, à l’extrême sud du pays des Fjords. « D’habitude, ça ne le fait pas. C’est un peu le sentiment que lors de ma première grande victoire sur le Nieuwsblad (en mars 2025). J’étais loin derrière, et j’avais finalement réussi à me retrouver devant. C’est juste incroyable. C’est ma plus grande victoire, elle représente tout. Lorsque je suis arrivé ici, je savais qu’il y avait deux ou trois gars qui seraient plus rapides que moi. Mais je me disais qu’avec un peu de chance, je serai capable de faire un bon sprint », lance le nouveau recordman de la meilleure marque pour une étape en ligne – c’est à dire hors contre-la-montre. La précédente remontait à 1999 (50,36 km/h) entre Laval et Blois, où le sprinteur italien Mario Cippolini s’était imposé. C’est la première victoire dans le Tour de France pour Waerenskjold, la deuxième pour son équipe Uno-X après celle de Jonas Abrahamsen l’an dernier, déjà lors de la 11e étape.

    Le Norvégien de 26 ans, beau bébé de 1,95 m pour 92 kg, a créé la surprise dans un sprint décousu où il a accéléré dans les derniers mètres pour semer les spécialistes des arrivées massives. La veille, Soren Waerenskjold a pourtant terminé dernier de l’étape avec plus de 41 minutes de retard sur la fusée Tadej Pogacar.

    « Parfois, j’ai beaucoup de confiance car je suis capable de croire en moi. Mais il y a surtout beaucoup de fois où je me sens très fatigué et où je me dis que c’est impossible de gagner. C’est juste incroyable ce qui s’est passé aujourd’hui. Surtout après ma chute hier (mardi). Je me sentais très mal au départ de l’étape et ça allait finalement de mieux en mieux. C’est incroyable pour l’équipe d’aller chercher cette victoire d’étape. C’est une grande surprise pour moi, c’est peut-être pour ça que je n’ai pas l’air très heureux », ajoute-t-il, persuadé qu’il a tiré avantage du fait que les favoris étaient tous aux avant-postes pour créer la surprise.

    Réaction d’Alaphilippe

    Après une journée tranquille pour les leaders, le Slovène Tadej Pogacar conserve le maillot jaune avec une avance de 3 minutes et 36 secondes sur le Danois Jonas Vingegaard et 4:06 sur le Belge Remco Evenepoel. La journée a été marquée par une échappée de quatre coureurs, Julian Alaphilippe (Tudor), Mathis Le Berre (TotalEnergies), Anthon Charmig (Uno-X) et Nelson Oliveira (Movistar).

    Alaphilippe a été le premier à lâcher prise, dans une petite côté à 36 km de l’arrivée, symbole de ses difficultés dans ce Tour et depuis le début de la saison. Le Français, double champion du monde (2020 et 2021) a même perdu le contact avec le peloton ensuite pour terminer dernier de l’étape à plus de sept minutes.

    « J’ai tenté le coup, ça roulait très vite toute la journée. Je me sentais vraiment bien au départ, mais il a commencé à faire plus chaud. J’ai tout de suite eu les sensations que j’ai eu ces derniers jours, c’est-à-dire pas superbes », a réagi Alaphilippe après la course.

    Les trois autres fuyards ont été repris par le peloton trente kilomètres plus loin, à l’approche d’un final qui s’est une nouvelle fois déroulé sans casse.

    La douzième étape, ce jeudi, est une nouvelle fois promise aux sprinteurs entre le circuit de Nevers « Magny-Cours » et Chalon-sur-Saône, avant une dernière partie du Tour de France beaucoup plus montagneuse et vertigineuse.

  • [Coupe du monde] Des bleus « anéantis » après leur demi finale ratée face à l’Espagne

    [Coupe du monde] Des bleus « anéantis » après leur demi finale ratée face à l’Espagne

    L’heure est désormais à la digestion. Celle d’une élimination aux portes de la finale du Mondial, où la route vers le trophée tant convoité s’est arrêtée face à une équipe d’Espagne bien supérieure dans la maîtrise du jeu. Dominés dans les secteurs clés, incapables d’imposer leur rythme et trop imprécis dans les moments importants, les Bleus n’ont jamais véritablement donné le sentiment de pouvoir renverser le cours de cette demi-finale. Une prestation en deçà des attentes, qui contraste avec les performances affichées jusque-là dans la compétition et laisse un goût amer au sein du groupe tricolore.

    « Je pense qu’on n’a pas fait le match qu’on voulait faire. Que ce soit tactiquement ou techniquement, dans le niveau global qu’on a fourni. Et quand tu ne fais pas ce que tu es censé faire dans une demi-finale de Coupe du monde, tu ne gagnes pas », a déploré Kylian Mbappé après la rencontre. « L’Espagne a respecté son plan et ce à quoi elle est fidèle. C’est une équipe qui aime contrôler le ballon et le tempo. Notre objectif, c’était de venir les chercher haut pour ne pas les laisser installer ce faux rythme. Parce que dans le contrôle du jeu, ils sont meilleurs que nous. On n’a pas réussi à faire ça, et il y a eu trop d’approximations techniques. On n’a pas su leur faire mal quand on devait le faire. C’était à nous de changer ce rapport de force et c’est dans ça qu’on a échoué. Le reste, ce sont des conséquences de ce que j’ai évoqué avant. »

    Deschamps critique l’arbitrage

    Le sélectionneur de l’équipe de France Didier Deschamps a également fait part de sa grande déception, affirmant que ses joueurs étaient « anéantis ». « La déception est là, les joueurs étaient anéantis dans le vestiaire, car c’est un groupe de compétiteurs. Mais il ne faut pas balayer tout ce qui a été bien fait. Je suis comme les joueurs, j’avais cette ambition et cette volonté. On en avait la possibilité. On a beaucoup de fierté dans ce qu’on a réalisé dans des conditions difficiles. Il faut accepter la défaite et la victoire de l’Espagne. C’est le très haut niveau », a déclaré le technicien en conférence de presse.

    « L’Espagne est très forte. Ils ont été très bons dans la lecture de notre jeu. On n’a pas trouvé les solutions. Si on n’a pas l’expression offensive et technique qu’on a eue jusqu’à maintenant, c’est de notre faute. Il y a aussi le mérite de l’adversaire. Il fallait être au maximum et l’équipe de France ne l’était pas ce soir », a-t-il ajouté. Le sélectionneur a souligné les « erreurs techniques » de ses joueurs, indiquant qu’ils avaient été « un ton en dessous », avant de tacler l’arbitrage. « Je ne veux pas passer pour une pleureuse. Mais je veux vous poser une question. Est-ce que l’arbitre de ce soir avait le niveau pour arbitrer une demi-finale de Coupe du monde ? Je vous laisse y répondre », a-t-il lancé sans vergogne.

    Deschamps, qui dirigera pour la dernière fois les Bleus samedi lors du match pour la 3e place après 14 ans passés à la tête de l’équipe nationale, s’est aussi dit « fier » de son parcours. « Il y a eu 2018 (le titre de champion du monde, ndlr), la finale en 2022, on a maintenu la sélection française à un niveau très haut. C’est ainsi. Ce n’est pas un moment de bonheur ce soir mais il faut accepter la décision du match », a-t-il expliqué avec fatalité.

    ET AUSSI

    Audience record de l’année 2026

    Quelque 20,2 millions de téléspectateurs en moyenne ont regardé mardi soir sur M6 l’élimination de la France par l’Espagne (0-2) en demi-finale de la Coupe du monde de football, selon les chiffres de Médiamétrie publiés mercredi. Toutes chaînes confondues, il s’agit d’un record depuis le début de l’année 2026. Le précédent remontait au quart de finale remporté par les Bleus le 9 juillet face au Maroc (2-0), suivi par plus de 16 millions de téléspectateurs en moyenne sur M6.

    Football pas si populaire…

    À quelques jours de la finale de la Coupe du monde, prévue dimanche à New York, les prix ont décidé de disputer leur propre compétition. Sur les plateformes de revente, la place la moins chère s’affiche désormais à 4 451 euros, tandis que certains billets grimpent jusqu’à 188 803 euros. « C’est scandaleux, c’est inadmissible », a dénoncé Rafael Louzán, le président de la Fédération espagnole, rappelant que les supporters doivent également payer les vols et des hôtels dépassant parfois les 800 euros.

    Migné quitte Haïti

    Sur le banc d’Haïti depuis mars 2024, Sébastien Migné quitte son poste de sélectionneur, comme annoncé mardi par la Fédération haïtienne de football. Il vient de prendre part à la deuxième Coupe du monde de l’histoire du 88e pays au classement FIFA.

    Show comme au SuperBowl

    Selon la BBC, The Times et The Athletic, le show prévu à la mi-temps de la finale de la Coupe du monde pourrait rallonger la durée de celle-ci. La pause pourrait ainsi durer 20 à 25 minutes, dont onze minutes d’un concert façon Super Bowl qui verra se produire Madonna, Shakira et BTS.

  • [C’est l’été] Lecture : « Avec Calme & Amour », de Gérard Daguerre

    [C’est l’été] Lecture : « Avec Calme & Amour », de Gérard Daguerre

    Vous les connaissez tous, mais savez-vous que, derrière eux, se cache le bayonnais Gérard Daguerre, pianiste de l’ombre, mis aujourd’hui en lumière ? Ainsi que nous le signale l’incontournable Laurence Caracalla, le cours de la vie de cet enfant prodige, devenu homme est « un destin comme il en existe peu ». Écoutez-le vous parler de ses rencontres inattendues, vous raconter des anecdotes attendrissantes et surprenantes.
    Captivant.

    Editions La Table Ronde, 19 euros

  • [Entretien] Laurent Frajerman, professeur d’histoire : « Il n’y a pas assez de places dans le supérieur »

    [Entretien] Laurent Frajerman, professeur d’histoire : « Il n’y a pas assez de places dans le supérieur »

    La Marseillaise : Comment expliquer la hausse du nombre de candidats sans vœux validé sur Parcoursup à l’issue de cette première phase ?

    Laurent Frajerman : Le problème c’est l’offre. On voit bien qu’il y a un système qui est sous tension, où il n’y a pas assez de place dans le supérieur. À cela s’ajoutent des coupes budgétaires assez importantes qui ont, à un moment donné, des répercussions sur l’offre d’enseignement. C’est assez inévitable. Donc on peut imaginer que ça se répercute sur les lycéens.

    Ce qui pousse les familles à se tourner vers le privé ?

    L.F. : Oui, cela explique cette hausse spectaculaire du privé. L’un des arguments de celui-ci, est de s’appuyer sur le stress des familles en disant qu’il ne recrute pas par Parcoursup. Cette plateforme est d’une grande opacité, le rapport parlementaire publié en février dernier, est assez frappant. Ses partisans, dont ces deux parlementaires [les députés Pierrick Courbon (PS) et Frantz Gumbs (Modem), Ndlr] passent un temps fou à affiner le mécanisme de sélection plutôt qu’à aider les élèves à réfléchir à leur orientation. Je le vis en tant que professeur principal, il y a un enseignement qui tourne à vide uniquement pour expliquer comment utiliser. Ce qui génère des différences sociales très importantes.

    Avec d’un côté, les familles qui, soit ont les qualifications, le milieu social qui leur permet de comprendre le fonctionnement et d’en tirer profit pour leurs enfants ou payent pour des coaching privés. Et, de l’autre, ceux qui sont un peu livrés à eux-mêmes. C’est le grand problème de Parcoursup.

    Qu’a changé la mise en place du contrôle continu ?

    L.F. : Celui-ci aboutit à une surnotation. Logiquement, cela a créé une pression massive des familles pour une amélioration des notes, pression à laquelle l’institution scolaire n’a pas résisté, globalement. Sauf, paradoxalement, dans les établissements d’excellence. Le contrôle continu fait qu’il y a une grande opacité, ce n’est pas que le dispositif Parcoursup, c’est toute l’architecture Blanquer. On ne sait plus à quoi se référer. Donc, on demande au post-bac globalement, de sélectionner beaucoup plus qu’avant, mais presque de sélectionner un peu à l’aveugle. C’est l’une des conséquences absurdes du manque de fiabilité du contrôle continu.

  • [Tour de France] Tadej Pogacar toujours plus fort

    [Tour de France] Tadej Pogacar toujours plus fort

    Rien ne semble pouvoir empêcher Tadej Pogacar d’aller chercher un cinquième sacre à Paris.

    À la sortie des étapes auvergnates, le Slovène compte 3 minutes 36 d’avance sur son dauphin, Jonas Vingegaard. Le Danois a bien tenté de s’accrocher, mais il n’a pas pu suivre dans l’attaque portée à 15 kilomètres de l’arrivée par le porteur du maillot jaune. Il cède 44 secondes. Et voit revenir Remco Evenepoel et Paul Seixas.

    Le Français, pour son premier Tour, termine pour la première fois sur le podium d’une étape. Le benjamin du peloton aurait aimé faire mieux, être par exemple le premier tricolore à s’offrir une étape, qui plus est le 14-Juillet.

    Mais il doit se contenter de la troisième marche du podium du jour. Toutefois, ses prestations depuis le départ de Barcelone montrent que Paul Seixas a le potentiel pour aller chercher Tadej Pogacar. Pas cette année, car il est encore un peu trop tendre. Mais à moyen terme, il devrait être candidat à une victoire finale.

    Carapaz, trop court

    Le combatif du jour portait une tunique rose, de la couleur de son sacre dans le Giro. Richard Carapaz a été le principal animateur d’une journée encore marquée par des températures caniculaires. L’Équatorien était encore en tête au terme de la dernière difficulté du jour. Mais dans le col du Pertus, Tadej Pogacar a placé son attaque fatale pour ses rivaux. Il a été déposé par le Slovène à 250 mètres du sommet et quinze kilomètres de la ligne.

    Cette dixième étape, entre Aurillac et la station du Lioran, aurait pu être fatale à deux coureurs du haut du classement. Tom Pidcock et Matteo Jorgenson ont chuté dans la descente du Puy Mary, à trente kilomètres de l’arrivée. Les deux ont pu remonter sur leur machine. Mais si le Britannique a pu limiter les dégâts, l’États-unien coéquipier de Jonas Vingegaard, a laissé des plumes et terminé l’étape le coude ensanglanté.

    Au classement général, le double champion du monde possède désormais 3 minutes 36 d’avance sur Jonas Vingegaard et 4 minutes 06 sur Remco Evenepoel.

    Le Belge monte sur la troisième marche du podium à la place d’Isaac del Toro, le coéquipier de Tadej Pogacar, qui a cédé du terrain après avoir eu une défaillance dans la dernière ascension. Le Mexicain termine 8e de l’étape à 1 minute 31 de son leader.

    Paul Seixas gagne une place au général et pointe à la 5e position, à 4 minutes 35 du maillot jaune. Le Français a été impressionnant dans le final au sein du premier groupe de poursuivants comprenant Jonas Vingegaard, qui a lâché dans les derniers mètres, Remco Evenepoel en difficulté à un moment avant de bien finir, Florian Lipowitz, Juan Ayuso et Mattias Skjelmose.

    Un autre Français, Lenny Martinez, figure dans le Top 10 au général à 6 minutes 34, après avoir terminé neuvième de l’étape.

    Cette victoire constitue le 24e succès dans la Grande Boucle pour Tadej Pogacar. Ce dernier endosse le 60e maillot jaune de sa carrière. Il égale Miguel Indurain à la troisième place de tous les temps, derrière Eddy Merckx (111) et Bernard Hinault (79).

    Pour le bonheur des sprinters

    Entre Vichy et Nevers, les sprinters sont invités à reprendre du service dans la 11e étape.

    Ce ne sont pas les deux petites côtes de la Billonnières et de Billy-Chevannes qui leur couperont les pattes. Les 161,3 kilomètres promettent une course rapide. Certains tableront sur une belle sortie à l’avant de la course. La marge qui leur sera accordée sera peut-être minime, mais pourquoi ne pas profiter d’un concours de circonstances.

  • Parcoursup : 126 000 candidats en attente

    Parcoursup : 126 000 candidats en attente

    C’est un été compliqué qui s’annonce pour des milliers de lycéens et étudiants en réorientation. La phase principale d’affectation de Parcoursup s’est clôturée samedi 11 juillet, la plateforme recense 126 652 candidats, parmi lesquels 57 024 bacheliers, 46 216 étudiants en réorientation et 23 412 candidats scolarisés à l’étranger, n’ayant pas reçu de proposition positive à l’un de leur vœu formulé. Cela équivaut à près de 15% des demandes, quand 576 749 bacheliers et 152 351 étudiants ont reçu au moins une proposition d’admission. À titre comparatif, le nombre de candidats sans proposition était de 103 582 en 2025. « Comme l’an dernier, ce sont des dizaines de milliers de bacheliers qui ont des réponses négatives à leurs vœux, des dizaines de milliers qui sont affectés dans une filière “par défaut”, parfois loin de chez eux, avec tous les frais et les difficultés que cela engendre… », dénonce dans un communiqué la Fédération nationale de l’enseignement de la culture et de la formation professionnelle Force ouvrière (Fnec FP- FO).

    Huit ans après son instauration, l’outil reste plus que jamais décrié. « La logique de Parcoursup a été faite pour créer une espèce de goulot d’étranglement qui s’inscrit dans la volonté de tri des élèves qu’on a vus à tous les niveaux, jusqu’au collège avec “le choc des savoirs” », fustige Marion Chopinet secrétaire académique du Snes-FSU Aix-Marseille. Dans un communiqué, le ministère de l’Enseignement supérieur pointe un « contexte de croissance forte du nombre de candidats inscrits cette année sur Parcoursup », soit 66 000 supplémentaires, en particulier du nombre de lycéens +10 000 par rapport à 2025 (660 000 lycéens au total) et davantage d’étudiants, 206 000 étudiants en réorientation (soit +23 000 par rapport à 2025).

    Une hausse démographique qui s’accompagne d’une suppression de 10 300 places cette année par rapport à 2025 selon Snesup-FSU. Auxquelles s’ajoutent les 43 000 places en moins par rapport à 2024. « Au lieu de mettre les moyens sur le supérieur et sur l’université pour ouvrir des places à tout le monde, on a pris le prétexte des taux de réorientation ou d’échec en première année pour créer un système de sélection extrêmement difficile. C’est-à-dire que maintenant, même sur un accès à l’université, la place n’est pas acquise », tempête Marion Chopinet.

    « Même à l’université,

    la place n’est pas acquise »

    Dès lors, et pour éviter que les élèves ne subissent le stress de se retrouver sans orientation, les professeurs les incitent à choisir des filières moins sélectives, à défaut de s’orienter vers celles qui leur plaisent… « On est hyper attentifs à ce que les élèves mettent des vœux de sécurité. C’est dans toutes les stratégies expliquées partout qu’on ne fait pas que des vœux sélectifs sur Parcoursup, puisque même les universités s’intègrent là-dedans, mais là aussi, même quand on demande une fac de sciences ou de langue, on n’est pas du tout sûr d’avoir de la place », déplore la syndicaliste. Quelque 5 781 bacheliers et 719 étudiants sans proposition d’admission ont depuis le 1er juillet sollicité l’accompagnement personnalisé des commissions d’accès à l’enseignement supérieur (CAES) pour les aider à trouver une place.

    La phase complémentaire se poursuit sur Parcoursup jusqu’au 10 septembre. Les candidats pourront se tourner d’ici là vers les formations où des places sont encore disponibles. Quelque 83 000 places sont vacantes dans 6 000 formations diversifiées (licences, BTS, BUT, classes préparatoires, écoles, etc.), selon le ministère de l’Enseignement supérieur. Si l’on se fie à la carte interactive des formations disponibles, il reste par exemple des places en prépa au lycée Saint Exupéry à Marseille (15e), ou encore en licence de lettres à l’université d’Avignon, en BTS négociation et digitalisation de la relation client au lycée Dominique-Villars de Gap, en BUT génie biologique parcours agronomie au site de Digne-les-Bains de l’IUT d’Aix-Marseille, ainsi qu’en apprentissage certificat de spécialisation sommellerie au sein du lycée des métiers d’hôtellerie et tourisme Anne-Sophie-Pic à Toulon.

    Explosion de l’enseignement supérieur privé lucratif

    « En parallèle, le gouvernement Macron-Lecornu fait tout pour diriger les jeunes vers des formations payantes… ou bien vers l’armée », fustige la Fnec FP-FO, qui appelle à abroger Parcoursup. Et pour cause : sur les 16 635 formations consultables sur la carte interactive du ministère en charge, 6 646 le sont au sein d’établissements publics, 4 425 vers des structures privées en contrat avec l’État ou d’établissement d’enseignement supérieur consulaire (EESC), quand 5 564 sont exclusivement privés, allant de l’apprentissage rémunéré par l’entreprise à des formations facturées à 9 700 euros l’année ! « Parcoursup, ce n’est pas seulement le stress et la sélection. C’est aussi l’explosion de l’enseignement supérieur privé lucratif. Un marché parallèle s’est développé, financé par la taxe d’apprentissage et par des familles laissées seules face à un algorithme. Les jeunes sont l’avenir du pays, pas une marchandise. », alertait en janvier le sénateur communiste Pierre Ouzoulias.

  • [C’est l’été] Lecture : «Lettre de Francfort», d’Edith Bruck

    [C’est l’été] Lecture : «Lettre de Francfort», d’Edith Bruck

    Si elle survit avec sa sœur, leurs parents comptent parmi les victimes de l’holocauste. Installée en Italie, elle épouse le réalisateur Nelo Risi et adopte la langue italienne. Dans le présent ouvrage, préfacé et traduit par René de Ceccatty, elle tente d’obtenir l’indemnisation à laquelle les déportés avaient droit, à condition d’en prouver le bien-fondé. S’ensuit l’absurdité d’une machine administrative, digne d’un roman de Kafka.

    Éditions Rivages, 20 euros

  • Les réservistes d’Airbus défilent à Paris ce mardi

    Les réservistes d’Airbus défilent à Paris ce mardi

    Le poing levé, le chef Hervé ordonne : « Rassemblement en colonnes par trois ». Aussitôt, les onze femmes et hommes en uniformes de la gendarmerie, de l’armée de Terre, de l’Air et de l’Espace ou de la Marine se placent en formation, espacés d’un bras de long et de large chacun. Malgré la chaleur du lundi 29 juin, le circuit ombragé d’une centaine de mètres trouvé au sein du site Airbus Helicopters de Marignane permet aux réservistes de l’entreprise de répéter. Au pas cadencé, ils avancent, au son du clairon d’une petite enceinte de poche, les bras remontant jusqu’aux épaules pour l’occasion.

    La mise en situation n’est pas anodine. Ce mardi 14 juillet, les 107 réservistes d’Airbus venus de toute la France défileront pour la première fois à Paris aux côtés de ceux de la SNCF. « Un peu plus d’uniformité sur les doigts et les bras » demande le chef Hervé, officier de réserve de l’Armée de l’Air et de l’Espace depuis 19 ans et ingénieur chez Airbus, à la fin d’une marche.

    « Un groupe de potes »

    Pour le chef, « pas de pression, l’ensemble est au niveau, c’est un peu laborieux au début mais maintenant ça va » à force de répétition chaque semaine : « la convivialité entre collègues rend l’exercice sympathique ». « On ne se connaissait pas et maintenant on est un groupe de potes » confirme Pierre, réserviste depuis un an et demi dans la Marine.

    Sa collègue Audrey, ingénieure et dans l’armée de Terre, s’est fait reprendre quelques fois mais reste dans la même idée. « Ça se passe très bien. Je me suis plus interrogée sur le transport et le logement à Paris que sur la marche », admet-elle. « Depuis toute petite je me suis imaginé défiler. Je suis très patriote, le défilé fait la démonstration de la puissance de la France », élabore-t-elle. Un « honneur » partagé par son collègue Pierre, particulièrement quand « dans ce moment historique, il faut représenter sa boîte, l’Armée, mais aussi la Marine qui fête ses 400 ans cette année ». « La moitié du marché d’Airbus est militaire, il faut maintenir ce lien avec l’Armée » estime le jeune homme, fier de sa double casquette.

  • Mathieu van der Poel plus fort que la canicule

    Mathieu van der Poel plus fort que la canicule

    Pour la troisième fois de sa carrière, Mathieu van der Poel s’offre une étape du Tour.

    Sous une chaleur écrasante en Corrèze, le coureur d’Alpecin a logiquement surclassé, sur la ligne, le Norvégien Tobias Johannessen, le Britannique Tom Pidcock et le Français Alex Baudin.

    À la veille de la première journée de repos, le Slovène Tadej Pogacar conserve le maillot jaune avec une avance de 2 minutes et 42 secondes sur le Danois Jonas Vingegaard. Les deux hommes ont terminé avec tous les autres favoris dans un peloton d’une quarantaine de coureurs, à six secondes seulement du vainqueur.

    Cette victoire, à quelques kilomètres des lieux chers à son grand-père Raymond Poulidor, qui repose à Saint-Léonard-de-Noblat, constitue un vrai soulagement pour son équipe Alpecin, où Jasper Philipsen a raté le coche lors des trois premières arrivées au sprint.

    L’étape, réduite de 185 à 155 km alors que le département de la Corrèze a basculé en vigilance rouge canicule, a été marquée comme prévu par une bataille féroce pour prendre l’échappée sur un terrain accidenté, idéal pour les baroudeurs.

    Malgré la fournaise, des dizaines de coureurs ont tenté de partir à l’avant, dont Julian Alaphilippe, très offensif en début d’étape.

    Le bon coup est parti à la mi-course, dans le difficile Suc au May, en haut duquel huit coureurs – que des costauds – ont formé un groupe déterminé à se jouer la victoire : Tobias Johannessen, le mieux placé au général (13e), Quinn Simmons, Derek Gee-West, Tom Pidcock, Lennert Van Eetvelt, Pablo Castrillo, Mathieu van der Poel et le Français Alex Baudin.

    Mais derrière, l’équipe UAE de Tadej Pogacar a imprimé un gros tempo pour rester à portée de fusil. La formation Netcompany Ineos, au prétexte de défendre la onzième place d’Egan Bernal au général, a pris le relais pour garder l’échappée sous pression.

    L’entente au sein de celle-ci a commencé à se déliter à 27 kilomètres de l’arrivée. Mathieu van der Poel, mécontent que ça ralentisse et de voir revenir le peloton à trente secondes, a alors secoué le cocotier dans le Mont Bessou, un raidard de 900 mètres qui devait lui rappeler les bergs du Tour des Flandres, pour placer son attaque décisive.

    Un temps distancés, Johannsen, Baudin et Pidcock ont réussi à s’accrocher, malgré un problème de dérailleur pour le Britannique, réglé à grands coups de talon.

    Le quatuor s’est alors dirigé ensemble jusqu’à Ussel où le triple vainqueur de Paris-Roubaix, beaucoup trop rapide, a logiquement remporté le sprint alors que le peloton se rapprochait dangereusement.

    Face à la canicule, le syndicat des coureurs a demandé une évolution à l’avenir des heures de départ des courses estivales afin de protéger la santé des athlètes, avant le départ de la 9e étape, raccourcie en raison des fortes chaleurs ce dimanche.

    Première pause pour le peloton

    Après une semaine intense, les rescapés de la Grande Boucle vont observer une journée de repos, ce lundi.

    C’est à Aurillac, dans le Cantal, que les coureurs vont recharger les batteries. Avec au menu une sortie collective et des soins spécifiques pour chaque cycliste.

    La compétition reprendra mardi, avec la dixième étape qui verra l’épreuve partir d’Aurillac, pour rejoindre la station du Lioran, soit 166,6 kilomètres et sept cols, dont deux de première catégorie.

  • Patriotisme ?

    Patriotisme ?

    Une fête nationale qui tombe un jour de demi-finale de Coupe du monde de football, un défilé militaire dans un contexte de retour à la guerre chaude et le dernier pour le président en exercice qui après avoir massacré l’économie et le social trouve de l’argent, beaucoup, pour l’armement. Alors que le diptyque cinématographique d’Antonin Baudri sur le général de Gaulle, celui de 1940 à 1944 et pas celui qui prit Maurice Papon comme préfet de police durant la guerre d’Algérie ou réprima les manifestations de mai 1968, est déjà le phénomène de l’été, la question du patriotisme et de la nation revient en force dans l’air du temps et le débat public.

    Notions nées à gauche

    Patriotisme et nation, et non nationalisme, sont deux notions nées à gauche au nom de la souveraineté populaire, une gauche dont une partie les a oubliés au nom d’une chimère européenne qui se révèle aujourd’hui non seulement inefficace mais dangereuse. Et laissant à la droite et à l’extrême droite toute latitude pour reprendre ces valeurs, dont elles n’ont au fond que faire à part gagner des voix.

    Alors que les drapeaux français tout comme « La Marseillaise » font leur grand retour notamment dans la jeunesse, il est temps de se rapproprier ces symboles qui sont d’origine révolutionnaire, en France en tout cas même si dans les anciennes colonies ils ont incarné l’exact inverse. Et de rappeler que ce 14-Juillet qui commémore la fête de la Fédération un an après la prise de la Bastille est devenu la fête nationale lors du retour de la République, la IIIe en l’occurrence, en 1880. Et les dix ans du terrible attentant de Nice rappellent à tous l’importance de la solidarité nationale ?