Tag: films

  • Le 7e art italien sous toutes ses facettes à Aix

    Le 7e art italien sous toutes ses facettes à Aix

    « Depuis sa création, l’Institut de l’image entretient un lien privilégié avec le cinéma italien auquel il a consacré de nombreuses rétrospectives au fil des années et il est vrai que je l’affectionne particulièrement », écrit Sabine Putorti qui, après 23 ans à la tête de l’association éponyme, quitte ses fonctions de directrice. Pour ce dernier cycle griffé de son empreinte qui s’inscrit jusqu’au 27 septembre à l’école supérieure d’art Felix-Ciccolini, son site historique de Méjanes étant toujours en travaux, l’Institut de l’image d’Aix met les petits plats dans les grands avec de multiples projections allant des Pâques sanglantes de Giuseppe de Santis (1950) au Journal intime de Nanni Moretti (1994).

    Rêve et désillusions

    « Cette rétrospective invite moins à définir une essence du cinéma italien qu’à en explorer ses multiples visages », résume Sabine Putorti. Parmi la douzaine de films diffusés, des chefs-d’œuvre incontournables tels que La Dolce vita de Federico Fellini ou Nous nous sommes tant aimés d’Ettore Scola, mais aussi des bobines à peine moins connues du grand public comme Une vie difficile, de Dino Risi. Réalisé en 1961, une œuvre teintée de désillusions qui s’inscrit dans le sillage d’un ancien résistant nommé Silvio Magnozzi (incarné par Alberto Sordi) « reconverti en journaliste engagé » et qui a « de plus en plus de mal à subvenir aux besoins de sa famille ». Un cycle qui s’inscrit dans le cadre de la Biennale d’Aix, consacrée cette année à la Grande botte.

    Horaires des séances sur www.institut-image.org

  • [Cinéma] À Frontignan, des spectateurs bluffés, des objectifs dépassés

    [Cinéma] À Frontignan, des spectateurs bluffés, des objectifs dépassés

    Un scénario parfaitement huilé. Au 12, quai Voltaire, au cœur des anciens chais Botta, Priscilla Schneider n’en croit pas ses yeux. À peine 8 mois après son ouverture en remplacement de l’ancien CinéMistral, son cinéma Quai des lumières cartonne.

    « Cette année, on en est déjà à 119 523 entrées alors qu’on tablait sur ce chiffre en fin d’année », calcule la directrice et associée. Ce n’est pas la seule à avoir le sourire. « Les gens sont bluffés. Ils nous disent qu’ils n’auraient jamais cru avoir cela à Frontignan. »

    Il faut dire qu’ils n’ont pas lésiné sur les moyens. Quatre salles pour un total de 600 places avec une qualité de son optimale (Dolby Atmos en salle 1), des écrans premium (jusqu’à 14 mètres) et une assise confortable. « Nous avons des fauteuils qui s’inclinent. On s’approche de la qualité de l’offre des multiplexes à des tarifs attractifs (de 4,5 à 9,5 euros) », se félicite Priscilla Schneider.

    Côté programmation, cette ancienne salariée du Diagonal à Montpellier est fière d’allier le cinéma d’auteur aux blockbusters. « J’aime bien l’idée de ne pas être dans un entre-soi, que tous les milieux sociaux se croisent. » Cette année c’est régulièrement le cas avec le succès de grosses machines (Avatar, Marsupilami, l’Odyssée…) mais aussi de films français (De la Comédie française, De Gaulle…) et d’art et d’essai à succès (Fjord, Soudain…).

    Un vrai pôle culturel

    Cette mixité se retrouve aussi lors des soirées débats. « On va parler de l’alcoolisme avec Garance [sortie le 23 septembre] mais un prof d’économie nous a aussi proposé un débat sociétal sur des films comme Spiderman ou Dune », illustre la directrice.

    Phénomène inattendu, Quai des lumières attire au-delà du bassin de Thau. « On a des Biterrois ou des Montpelliérains [avec la fermeture du Diago pour travaux, Ndlr] qui viennent. » Grâce au parking de 160 places, le lieu est facilement accessible. « On peut venir passer la journée en se baladant dans les salins ou sur les quais. »

    L’intégration du cinéma au pôle culturel des Chais du canal peut même ouvrir d’autres perspectives aux fins gourmets ou aux amoureux des lettres. Le complexe comprend la brasserie haut de gamme La cave à Nico et la librairie indépendante Les choses de la vie. Sans oublier l’école de documentaires Explore Academy d’où sortiront les réalisateurs de demain.

  • La Provence à l’heure du Sommet Lumière

    La Provence à l’heure du Sommet Lumière

    Le cinéma mondial a rendez-vous dans le sud de la France. Ce lundi, Saint-Paul-de-Vence (Alpes-Maritimes) accueille le Sommet Lumière, une rencontre internationale consacrée à l’avenir du cinéma, de l’audiovisuel, de l’animation et du jeu vidéo. Initié par le Centre national du cinéma et de l’image animée, coprésidé par Emmanuel Macron et le président sud-coréen Lee Jae-myung, ce « Davos du cinéma » réunit près de 150 personnes. Patrons des grands studios et plateformes (Disney, Netflix, Sony, Universal), producteurs (CJ Group), cinéastes, acteurs, grands groupes de l’audiovisuel français et responsables publics y sont attendus.

    Si le choix de Saint-Paul-de-Vence peut surprendre, il s’inscrit dans une logique territoriale forte. Héritière de l’aventure des frères Lumière, terre d’accueil du Festival de Cannes, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est aujourd’hui la deuxième région de cinéma en France, après l’Île-de-France. Plus de 9 000 professionnels y travaillent et le territoire accueille, chaque année, entre 5 000 et 6 000 jours de tournage.

    Terre du Septième art

    Des historiques Studios de la Victorine à Nice aux dynamiques Provence Studios de Martigues, en passant par le Pôle Média de la Belle de Mai à Marseille, la région dispose d’infrastructures capables d’attirer aussi bien des productions françaises que les géants internationaux du secteur. « Aujourd’hui, tout le monde pense qu’on a une main-d’œuvre plus chère, mais quand on regarde la productivité de nos équipes et de nos outils, les restitutions faites par l’état et les aides des collectivités, on est très compétitif », martèle Olivier Marchetti, président de Provence Studios. « C’est ce qu’il faut démontrer : la France est une vraie terre de tournage. Le cinéma a été inventé ici, il doit y rester. »

    Réunissant la plupart des décideurs contrôlant la majeure partie du marché mondial, le Sommet Lumière revêt une dimension stratégique. À l’heure où les États rivalisent pour attirer tournages, studios, talents et investissements, les industries de l’image sont un enjeu économique majeur. Derrière les caméras pointent des questions d’emplois, d’innovation technologique, d’influence et de souveraineté culturelle. Le marasme américain en est une illustration. Le volume des tournages à Hollywood a reculé de 40% en dix ans. Si bien que Donald Trump a demandé au Congrès de renforcer les incitations fiscales pour favoriser le retour des productions et soutenir l’emploi. À travers cette initiative, la France entend défendre son modèle de soutien à la création tout en renforçant l’attractivité de son industrie audiovisuelle. L’Élysée voit ce rendez-vous comme une vitrine du savoir-faire français.

    Autre objectif : peser dans les discussions qui définiront demain les règles mondiales des industries culturelles confrontées aux défis technologiques du XXIe siècle. Selon eux, le secteur traverse une révolution comparable aux grandes mutations qui ont jalonné l’histoire du cinéma. Car l’intelligence artificielle, la montée en puissance des plateformes de streaming, l’évolution des usages, les difficultés rencontrées par les salles obscures et l’apparition de nouveaux modèles de financement bouleversent l’ensemble de la filière. Derrière les débats sur la création et l’innovation se joue donc une bataille beaucoup plus large.

    Trois questions majeures structureront les échanges : comment préserver la diversité culturelle face à des marchés toujours plus concentrés ? Comment encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la création ? Et, surtout, comment financer les œuvres de demain dans un environnement dominé par une concurrence internationale de plus en plus intense ?

    En toile de fond à ces débats, la Provence, dont le nom résonne avec l’histoire. C’est ici, à La Ciotat, que les frères Lumière réalisèrent plusieurs de leurs premiers films et qu’Antoine Lumière organisa en 1895, à l’Eden Théâtre, l’une des premières projections. Cent trente ans plus tard, la région qui a vu naître le cinéma peut voir s’y écrire un nouveau scénario.

    CHIFFRES

    9 000

    La filière cinéma en région Provence-Alpes Côte d’Azurrassemble plus de 9 000 professionnels, dont 4 000 techniciens, 2 000 comédiens, 800 auteurs et réalisateurs, ainsi qu’une cinquantaine de sociétés de production.

    6 000

    Avec près de 6 000 jours de tournage en moyenne chaque année, la région s’impose comme l’un des principaux territoires de production audiovisuelle en France. Un dynamisme porté par la diversité des décors, des infrastructures et des savoir-faire locaux.

    135 millions

    En 2024, les tournages ont généré plus de 81 millions d’euros de retombées économiques à Marseille, contre 61,3 millions en 2023.À l’échelle régionale, la filière avait produit 135,1 millions de retombées en 2022.

  • Une terre d’images et d’avenir

    Une terre d’images et d’avenir

    Certains symboles qui ne vieillissent pas. Cent trente ans après les frères Lumière et leurs premières projections à La Ciotat, la Provence demeure l’une des terres majeures du cinéma tricolore. D’Antoine Lumière à Marcel Pagnol, des studios de Marseille aux plateaux de Martigues, notre territoire n’a jamais cessé de raconter des histoires au monde. Aujourd’hui encore, les caméras s’y installent pour des longs-métrages ou des séries diffusées sur diverses plateformes en ligne. Preuve que la révolution numérique n’a pas effacé cet héritage, mais lui a donné de nouveaux horizons.

    Des savoir-faire à préserver

    Cette place n’est pas seulement culturelle. Elle est économique, sociale et industrielle.

    Derrière chaque tournage, il y a des techniciens, décorateurs, menuisiers, costumiers, régisseurs, restaurateurs ou encore des hôteliers. Des milliers d’emplois dépendent directement ou indirectement de cette filière. Soutenir la production audiovisuelle française, c’est donc défendre l’exception culturelle, mais aussi préserver des savoir-faire et des emplois non délocalisables.

    À l’heure où l’intelligence artificielle, les plateformes mondiales et la concurrence internationale rebattent les cartes, la France doit continuer à investir dans la création. Car produire des œuvres françaises, ce n’est pas seulement alimenter une industrie. C’est faire vivre une langue, une mémoire et une vision du monde.

    Le Sommet Lumière le rappelle : dans la bataille mondiale des images, la Provence n’a pas seulement un passé glorieux à célébrer.

    Elle a un avenir à construire.

  • [Cinéma] Disparition de Jean Paul Rappeneau

    [Cinéma] Disparition de Jean Paul Rappeneau

    Autodidacte, ce cinéaste méticuleux et parcimonieux a réalisé au total huit longs-métrages, tournant avec les plus grands comédiens, de Yves Montand (Le Sauvage) à Catherine Deneuve (La vie de château), ou Isabelle Adjani (Tout feu tout flamme).

    Cyrano, son grand succès

    Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau, choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s’écouler de longues années entre chaque film. « Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c’est plutôt un film tous les cinq ou six ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. À moins bien sûr d’avoir besoin d’argent… », disait-il à Paris Match en 2015. C’est en portant à l’écran les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane que Jean-Paul Rappeneau avait connu son plus grand succès au début des années 90.

  • Dernières séances en plein air et pour tous à Marseille

    Dernières séances en plein air et pour tous à Marseille

    C’est Peau d’âne, de Jacques Demy, qui a ouvert la 31e édition du festival Ciné Plein Air, le 30 juin dernier. Pendant plus de deux mois, un total de 42 films a été programmé dans 26 lieux différents. « La programmation propose des films très variés en termes d’époque d’origine, pour un public très large. Ça va des films très populaires, assez cultes, à des films un peu plus “cinéma d’auteur” », détaille Zélie Cougourdan, coordinatrice du festival. Un ensemble de dix films était prévu spécialement pour les enfants.

    L’ensemble des séances est entièrement gratuit et ne nécessite aucune réservation. Il est toujours possible d’y assister lors des prochaines séances à venir. Ce samedi 22 août, on retrouve le film d’animation Wall-E à 21 heures, au parc du Grand Séminaire. Dimanche 23 août, c’est l’occasion de voir Stillwater, un film d’action tourné à Marseille, à 21 heures, au stade nautique Florence-Arthaud. L’une chante, l’autre pas, d’Agnès Varda, sera à retrouver le 26 août, au Muséum, à 21h15. En plus de ces trois films, cinq autres sont également à venir. Les détails complets sont à retrouver sur leur site internet.

    « Cette année, on a eu pas mal de jauges de fréquentation atteintes, selon les lieux. Le bilan est pour l’instant positif, même si on a eu des soucis d’annulation à cause de la météo », révèle la coordinatrice de l’événement. Deux films ont été annulés et deux sont reportés : El Sett, ce jeudi 27 août, et le film d’animation Rio, ce dimanche 30 août.

    « On programme en lien avec les lieux »

    « On a un gros partenariat avec le Mucem. Chaque mercredi, depuis le début du festival, un film est projeté, ce qui fait un total de neuf films qui sont tous en lien avec l’exposition temporaire “Bonnes Mères” », explique Zélie Cougourdan. Cela vaut pour tous les autres musées partenaires : « Ce sont toujours des films en résonance avec les expositions en cours », rajoute-t-elle.

    De plus de nombreuses séances ont été proposées en collaboration avec d’autres festivals, comme le FID, le Festival de Marseille ou encore le festival Kouss-Kouss.

    Plus d’infos sur seances-speciales.fr

  • Des toiles pour prolonger l’été sous le ciel cévenol

    Des toiles pour prolonger l’été sous le ciel cévenol

    Alors que la rentrée se profile doucement, le territoire grand-alésien s’offre un petit rabe de plaisir estival sous les feux des projecteurs, avec un rendez-vous devenu incontournable sur le territoire : le festival Ciné été.

    Initiée il y a 13 ans par Alès Agglomération et organisée par l’association Itinérances en partenariat avec Cineplanet, la manifestation propose des séances en plein air dans différentes communes de l’agglo, prolongées, les deux derniers jours, par la projection de films en avant-première au Cineplanet, le multiplexe art-et-essai d’Alès.

    « Chaque année, les villages qui souhaitent nous recevoir s’inscrivent et on voyage partout dans l’agglomération pour proposer des séances de projection en plein air, gratuites et familiales », explique Julie Plantier, chargée de la communication d’Itinérances, qui organise également, chaque printemps, le festival de cinéma d’Alès. Objectif : offrir une culture vivante et partagée au plus près des habitants, au cœur du milieu rural. « L’idée est d’aller vers des communes qui n’ont pas forcément d’accès aux grandes salles de cinéma. »

    Pour les premières soirées de cette 13e édition, du 24 au 29 août, le festival investira les places publiques de quatre communes du territoire où seront projetés, à 21h, « des films coups de cœur » adaptés à un public familial : Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, de Ken Scott (24 août, Martignargues), Vingt Dieux, de Louise Courvoisier (25 août, Branoux-les-Taillades), Partir un jour, d’Amélie Bonnin (25 août, Lézan) et Sur un fil, de Reda Kateb (26 août, Mons). Chaque projection, gratuite, est enrichie d’animations artistiques, musicales et précédée d’un court-métrage d’animation.

    En marge de cette itinérance territoriale, un préambule exceptionnel sera proposé dès le vendredi 21 août à la Bambouseraie en Cévennes, à Générargues. Dans le cadre du 170e anniversaire du jardin botanique, le public pourra assister à la projection en plein air du film Touchées, réalisé par la Gardoise Alexandra Lamy, en présence de la comédienne et réalisatrice. Ce long-métrage, en partie tourné à Anduze et dans les environs, raconte le parcours de trois femmes qui se reconstruisent à travers un atelier de thérapie par l’escrime après avoir été victimes de violences (séance gratuite, sur réservation).

    Le dernier temps fort se déroulera au Cineplanet d’Alès les 28 et 29 août, avec la projection, en avant-première, de cinq films* remarqués lors du dernier festival de Cannes : Quelques mots d’amour (28 août, 18h), « une comédie dramatique juste, tendre et lumineuse sur la pudeur des sentiments familiaux » ; L’Espèce explosive (28 août, 21h), « un thriller rural halluciné entre polar et burlesque » ; Le Corset (29 août, 14h, à partir de 7 ans), « une chronique rurale bouleversante et épurée » ; Garance (29 août, 18h), « le portrait foudroyant, humain et réparateur d’une jeune actrice trentenaire en prise avec ses démons et la dépendance » ; et La Bola Negra (29 août, 21h), « le choc esthétique et queer de la rentrée », récompensé par le prix de la mise en scène (ex æquo). Les plus jeunes ne seront pas oubliés, avec deux séances familiales programmées le 25 août autour d’un programme de courts-métrages Le Rat scélérat (10h, à partir de 3 ans) et du film d’animation Les Bad Guys (14h, à partir de 6 ans).

    * 7 euros. Moins de 14 ans : 6 euros.

  • [C’est l’été] À Apt, le César est un Monument historique

    [C’est l’été] À Apt, le César est un Monument historique

    Rénové il y a 7 ans, ce cinéma du centre-ville est le seul de la sous-préfecture vauclusienne. Si certains n’y trouvent pas leur compte, il faut compter 1h30 de route et 70 km aller-retour pour se rendre à Cavaillon… Mais l’offre du César, qui accueille chaque année un festival des cinémas d’Afrique, est aussi historique. Avant de diffuser des films, le site était un bâtiment religieux : la chapelle des Pénitents blancs, inscrite aux Monuments historiques depuis 1996. De l’extérieur, on distingue les restes d’une façade rappelant la chapelle. L’écran d’une des trois salles cache également les restes de l’ancien autel.

  • [Lecture] Spectaculaire plongée dans les coulisses de Hollywood

    [Lecture] Spectaculaire plongée dans les coulisses de Hollywood

    Permettez-nous de vous rappeler ce qu’est un fait-divers. Qu’importe le dictionnaire, il est défini comme un incident du jour auquel la presse consacre une rubrique particulière. Jusque-là, rien de nouveau, puisque, depuis le XIXe, il fait la une des journaux, et des revues illustrées. Il fait aussi le bonheur des romanciers, pour ne nommer que Flaubert dont l’histoire de sa Bovary est un frappant exemple du passage d’un fait-divers à une œuvre littéraire, ou, plus près de chez nous, L’Adversaire d’Emmanuel Carrère consacré à l’Affaire Romand. Ce qui est nouveau, c’est que depuis des décennies, les « True crime stories » (titre du livre de Hervy) se plaisent dans le sordide, et se mettent volontiers sous les feux des projecteurs. Dix s’y sont placés, parmi lesquels L’Exorciste, Terreur sur la ville, Massacre à la tronçonneuse.

    Bonjour, l’angoisse !

    Si nous n’avons cité que ces « trois piliers du cinéma de genre inspirés d’une histoire vraie », tous ont droit à l’historique de leur mise en scénario, au fil à retordre qu’ils ont donné à l’équipe des techniciens, avant de déferler, nous signale l’auteure, sur les écrans, tel un raz-de-marée. Il faut bien préparer les spectateurs à l’horreur, à la tension, à la panique, au suspense, et à l’apparition d’éléments surnaturels. Mais, sous leur côté répugnant (les acteurs en ont bavé), se dissimulent parfois la critique du monde capitaliste et la faillite du rêve américain, car nombre d’entre eux sont sortis de la tête d’un réalisateur d’outre-Atlantique. Flippant et accompli. Impossible de mieux allier l’imagination et l’atroce réalité.

    Le Rocher, 19,90 euros.

    ET AUSSI

    Le trésor des livres

    Pour George R.R. Martin, un lecteur vit mille vies avant de mourir, celui qui ne lit pas n’en vit qu’une. Nous sommes d’accord, et Martin Boujol, prescripteur littéraire, l’est aussi. À 31 ans, il a déjà lu des centaines d’œuvres (liste en fin d’ouvrage) ; et, attendu son jeune âge, il aura lu mille milliards de livres avant d’ouvrir une bibliothèque céleste. Pour l’heure, il a une santé de fer, et délivre sur ordonnance réseau-sociale (n’oublions pas qu’il est prescripteur littéraire) le meilleur médicament qu’il soit au monde : la lecture. Chapeau bas !

    Grasset, 20, 90 euros.

    La Tombe du cheval

    L’illustration de couverture est de Georges Peignard. Normal, il est peintre. Il est aussi l’auteur du roman mettant en scène une archéologue, en fin de carrière, partie fouiller, entre les deux Corées, la sépulture d’un cheval, et suivre les traces de son cavalier. Elle est loin de se douter que l’amitié liée avec une perturbante inconnue va prendre son destin en main. Un roman, écrit dans une langue souple et directe, où chaque chapitre se présente sous la forme d’un franchissement de frontière, et d’un tableau, dont chaque description parle à nos yeux.

    Le Tripode, 17 euros.

    La Conspiration des Ténèbres

    Théoricien de la contre-culture, Theodore Roszak, né en 1933 dans l’Illinois et mort en 2011 en Californie, nous revient avec la réédition (traduite par Edith Ochs) de son best-seller le plus machiavélique, du fait de sa tournure métaphysiquement surnaturelle, et de sa mordante satire du cinéma hollywoodien. Un chef-d’œuvre où les mots s’enveniment, se graduent jusqu’au déchaînement d’une violence à la limite du soutenable. À placer dans votre bibliothèque entre le glaçant fantastique de Stephen King et l’horreur cosmique de H.P. Lovecraft.

    Cherche Midi, 26,90 euros.

    Inventer sa chambre à soi

    Depuis que Virginia Woolf a, plus ou moins malgré elle, institué l’idée d’autonomie, à savoir la possibilité de s’administrer librement dans un cadre donné, et d’afficher son indépendance de caractère et de conduite, l’écrivaine Colette, sa contemporaine, et la poétesse artiste-peintre, Patti Smith, son héritière spirituelle, ont mis leur vie à l’ancre, en un point fixe qui n’appartient qu’à elles. Le livre ne peut être qu’excellent puisqu’il est signé Chantal Thomas, dont le propre cheminement vers ce besoin de « conquête de soi » nous est révélé.

    Rivages, 7,70 euros.