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  • Au centre d’hébergement de Lorgues, la solidarité pour réchauffer le cœur des évacués de l’incendie du Gros Bessillon

    Au centre d’hébergement de Lorgues, la solidarité pour réchauffer le cœur des évacués de l’incendie du Gros Bessillon

    Samedi, midi et demi. L’heure du repas au centre d’hébergement de la salle François Mitterrand de Lorgues, où étaient accueillies jusqu’à 90 personnes évacuées en provenance du Val, de Montfort-sur-Argens et de Carcès, entre vendredi et dimanche. Dans les assiettes, taboulé fait maison, gigot d’agneau et boulettes de bœuf. Et surtout, une bonne dose de réconfort pour celles et ceux dont le quotidien a à nouveau été bouleversé par la reprise de l’incendie du Gros Bessillon vendredi. « À Carcès, on avait été très bien accueillis mais on n’avait eu que des sandwichs, là c’est un vrai bon repas » saluent Jacqueline et Frédéric, couple de retraités vivant à Montfort, dont c’est la deuxième évacuation. Ils passent la journée au centre, mais dorment dans un studio généreusement mis à disposition par une habitante de Lorgues, au vu de leur santé fragile.

    Un élan de solidarité dont ils n’ont pas été les seuls à profiter. À leur table, Alexis, lui aussi résident de Montfort, a été contraint d’évacuer dans la précipitation, hâté par les cris des gendarmes venus sommer la population de plier bagage vendredi après-midi. « Je ne voulais pas partir, je suis resté dans le secteur, mais j’ai fini par ne pas avoir le choix », avoue-t-il, encore marqué par la vision « de la colline de Montfort dévorée par les flammes ». Toutefois, s’il n’a pas dormi de la nuit, c’est moins par inquiétude que pour l’avoir passée à discuter avec un élu lorguais, venu tenir compagnie aux évacués. « Je retiens davantage le merveilleux accueil qu’on a reçu que la peur du feu », s’émeut-il. À ses côtés, Maryline, sa voisine, qu’il a embarqué avec lui au moment de fuir. Tous deux ont tout juste eu le temps de préparer quelques bricoles et de prendre leurs animaux de compagnie sous le bras. « Ce matin, un bénévole m’a amené des affaires de rechange et d’hygiène », explique-t-elle. « J’avais oublié ma brosse à dents, et sans rien demander, on m’en a ramené une avec du dentifrice dans l’heure », ajoute Alexis, reconnaissant au point de vouloir emménager dans la commune dans les prochains mois.

    « C’est la Provence noire, plus la Provence verte »

    Rien de plus naturel pour celles et ceux qui donnent de leur temps. C’est déjà la deuxième fois en l’espace de quelques jours, « et jamais deux sans trois », plaisante Jean-Louis, l’un d’entre eux, sous les protestations des autres, qui aimeraient voir la situation se calmer. Parmi eux, Pouranne Weise, conseillère municipale. Arrivée à Lorgues il y a quelques années, elle a décidé de s’y engager pour « l’esprit des habitants. Les gens sont très accueillants, à l’écoute des autres. » Illustration : au-delà des vivres et des vêtements, fruits de dons de particuliers, et de dotations du Secours Populaire, de la préfecture et de la mairie, une habitante, psychologue à la retraite, est venue écouter ceux qui en avaient besoin samedi matin.

    Malgré tout, l’inquiétude reste dans un coin des têtes. « On va peut-être revenir dans une commune qu’on ne connaît pas », se prépare déjà Alexis. Verdict le soir-même, puisque les habitants de Montfort ont pu regagner leurs habitations au vue de l’évolution positive de la situation, le cœur du village ayant été épargné. La question de l’origine du feu revient aussi, forcément. « J’en suis persuadée, c’est prémédité », n’en démord pas Jacqueline, contrariée par « un sentiment d’impuissance » et qui imagine même « un complot d’État » comme explication à ces incendies intempestifs. Maryline, elle, redoute « des actes terroristes avec tous ces départs de feu simultanés. Quand on a annoncé l’incendie fixé, je pensais que c’était fini. J’ai l’impression d’être dans un film d’horreur ». Quoi qu’il en soit, elle sera désormais intransigeante : « Si je vois quelqu’un jeter son mégot, je n’hésiterai plus à appeler la police », assure-t-elle, dépitée par le coût de l’irresponsabilité, qui change « la Provence verte en Provence noire ».

  • Var : 1800 hectares parcourus par le feu depuis vendredi mais le pire évité dans le Gros Bessillon

    Var : 1800 hectares parcourus par le feu depuis vendredi mais le pire évité dans le Gros Bessillon

    Samedi soir, Simon Babre, le préfet du Var, ne boudait pas sa satisfaction, qualifiant de « véritable exploit » la capacité des sapeurs-pompiers à contenir la progression de l’incendie du massif du Gros Bessillon, qui a connu une reprise vendredi en début d’après-midi à l’ouest de la commune de Correns, parcourant 1000 hectares en quelques heures. Car leur mobilisation au nord de la commune du Val a permis d’éviter que le feu « ne franchisse de nouvelles vallées et ne rejoigne un autre massif boisé, ce qui l’aurait conduit a épouser le couloir de feu du grand incendie de 1965, menaçant 3 à 4000 hectares supplémentaires. »

    Durant la nuit de vendredi à samedi, 1300 sapeurs-pompiers s’étaient échinés à défendre les secteurs les plus exposés à Correns et Montfort-sur-Argens, les deux communes les plus menacées, et à freiner la progression de l’incendie. 250 hectares supplémentaires avaient néanmoins été parcourus au matin, dont une partie sous l’effet de brûlages tactiques pour éviter que l’incendie ne s’étende plus tard, avant une après-midi particulièrement redoutée pour la chaleur annoncée et la violence du mistral. 1500 sapeurs pompiers étaient ainsi mobilisés, avec 4 Canadairs ; 2 avions Dash et 5 hélicoptères bombardiers d’eau (2 du Conseil départemental, 2 européens, 1 du ministère des Armées).

    « La stratégie fixée hier soir, qui a été respectée toute la nuit, de traiter les points sensibles, de rouvrir la route vers Correns et de mettre en place un verrou avec de nombreux sapeurs-pompiers au sol pour éviter que les massifs qui avaient déjà été parcourus par les flammes ne communiquent avec un autre massif qui menacerait trois communes plus au sud du feu actuel [Montfort, le Val, Vins-sur-Caramy, NDLR], reste d’actualité », annonçait le préfet en début d’après-midi. Sept nouvelles habitations ont néanmoins été touchées par les flammes.

    1800 hectares parcourus, focus sur le nord du massif dimanche

    La lutte aura une nouvelle fois été intense, et plusieurs centaines d’habitants du Val ont dû être évacués en direction de Brignoles en milieu d’après-midi. La population de Correns a également été accompagnée. Une livraison de 450 repas, fournis par le Conseil départemental du Var, a pu être effectuée, l’axe routier avec le village ayant été rétabli, afin de répondre aux besoins des personnes mobilisées et des habitants concernés. Par ailleurs, une citerne d’une capacité de 30 m³ a été mise à disposition par l’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) afin de renforcer les moyens nécessaires sur le secteur. Enfin, 15 000 masques ont été acheminés grâce à l’appui de l’Agence régionale de santé (ARS) et du Centre hospitalier intercommunal Toulon-La Seyne (CHITS) afin de renforcer les moyens de protection disponibles pour la population et, si nécessaire, pour les services de sécurité et de secours engagés dans les opérations.

    Le soir, les dégâts avaient ainsi été limités, « grâce à 450 largages, ce qui est un record, et un chiffre qui explique pourquoi le feu, qui n’est pas du tout fixé ce soir, est stabilisé », annonçait le préfet, qui faisait part d’un bilan de 1800 hectares parcourus depuis vendredi, pour un total de 6300, et un feu contenu dans son enveloppe. « C’est une bataille remportée ce soir mais pas la fin de la guerre », mettait-il en garde, appelant à la « prudence car le vent tournant et vérité d’un soir n’est pas celle du lendemain matin. »

    Car ce dimanche, ce « feu toupie » va une nouvelle fois changer de direction, sous l’influence d’un vent du sud, après deux jours de mistral. « L’objectif sera de traiter le nord du brasier ce soir pour éviter que le feu ne menace de nouvelles étendues au nord du Gros Bessillon là où feu a commencé il y a douze jours », concluait Simon Babre, au terme d’une nouvelle journée éprouvante, qui ne sera certainement pas la dernière.

    La bonne nouvelle de la soirée : les habitants de Montfort ont été autorisés à rentrer chez eux, et les mesures de confinement du village et de Correns ont également été levées.

  • Le feu reprend à l’ouest de Correns dans le Var

    Le feu reprend à l’ouest de Correns dans le Var

    Le feu n’est pas encore maîtrisé et la prudence reste de mise. La mise en garde des autorités, au moment d’annoncer que l’incendie du massif du Gros Bessillon était fixé, mardi en fin de journée, alors que 4 500 hectares avaient été parcourus par les flammes, s’est révélée plus qu’un simple principe de précaution.

    Une reprise du feu a effectivement eu lieu, vendredi après-midi, peu avant 14h, à l’ouest de la commune de Correns, « attisée par un Mistral violent, avec des sautes de feu en direction de Montfort-sur-Argens », annonçait la préfecture du Var. « Nous avions anticipé une journée à risque avec un mistral menaçant et des rafales à près de 40 km/h, la sécheresse et des températures caniculaires, avoisinant les 40 degrés », déclarait le préfet du Var, Simon Babre, lors d’un point presse en début de soirée.

    Un avion avait ainsi été déployé « en guet aérien armé, pour survoler le Var en permanence et détecter toute fumée suspecte afin de pouvoir rapidement agir avec du retardant et de l’eau », précisait-il. C’est ce dispositif qui a permis de repérer la reprise.

    Les accès coupés

    Deux Canadair étaient restés prépositionnés à l’aéroport de Hyères et ont pu être mobilisés rapidement, aux côtés 250 sapeurs-pompiers et 4 hélicoptères bombardiers d’eau. Des moyens vite renforcés (700 pompiers, 6 hélicoptères bombardiers d’eau, 8 Canadair, 2 avions Dash, 40 gendarmes), en plus des forces disposées sur l’autre flanc du feu, plus au nord, en passe d’être maîtrisé.

    Le camping du Grand Jardin, à Correns, et plusieurs quartiers de Montfort-sur-Argens ont été évacués en début d’après-midi. Mais face à la progression de l’incendie, sous l’effet d’un vent qui ne cessait de changer de direction, d’autres quartiers de Montfort, de Correns, du Val, ainsi que l’ensemble du village de Châteauvert ont été évacués, soit un total de 2 500 personnes. Plusieurs axes routiers ont aussi été fermés pour faciliter la circulation des pompiers.

    L’incendie a parcouru 1 000 hectares, en plus des 4 500 déjà parcourus depuis le début de l’incendie, portant le total à 5 500. Correns s’est retrouvé « complètement isolé, l’incendie ayant dévalé les pentes, coupant tout accès au village », ajoutait le préfet, qui considérait toutefois la situation comme « rassurante », les axes routiers étant en voie de rétablissement.

    « On est maintenant sur la défense de points sensibles et quand la situation sera stabilisée, on essaiera de regagner le feu, en remettant des engins autour du périmètre pour le tenir », détaillait le directeur départemental du Sdis 83, éric Grohin, qui annonçait une accalmie du vent et une hausse de l’humidité, favorables à cette entreprise. Avant un retour de conditions défavorables ce samedi, entre vent, chaleur et sécheresse. Un arrêté préfectoral a été pris pour interdire le transport de carburant et de briquets de type allume-gaz sur tout le département, de vendredi à lundi, 8h. L’accès à tous les massifs forestiers du Var est interdit ce samedi.

  • Les menaces de mort contre Chloé Ridel prises au sérieux

    Les menaces de mort contre Chloé Ridel prises au sérieux

    Planqués derrière leur écran, les haineux qui ont déversé ces derniers jours sur internet un torrent d’insultes et de menaces contre l’eurodéputée gardoise Chloé Ridel font probablement moins les malins désormais.

    Mardi 28 juillet, l’enquête qui était jusque-là menée par le Parquet de Nîmes a été confiée à celui de Paris « en raison de la nature sensible des faits et leur ampleur », a indiqué Cécile Gensac, la procureure de Nîmes. Ce dossier sensible a été transmis au pôle spécialisé de lutte contre la haine en ligne. C’est dire si la Justice prend très aux sérieux les tentatives d’intimidation contre la jeune élue socialiste harcelée et menacée de mort.

    Soutien du PS et du PCF

    Suite à sa prise de position dans Objectif Gard (aux côtés de deux associations), consécutive à un départ de feu (500 ha brûlés) le 5 juillet à proximité du circuit de Lédenon (visiblement sans lien avec le circuit), sur la nécessité de fermer ce circuit les jours de risques incendies, Chloé Ridel a subi la bêtise crasse et la haine de certains internautes. Notamment sur la plateforme de discussion du magazine Auto-moto.

    Des posts plus abjects les uns que les autres appelaient à mettre la conseillère municipale nîmoise « dans le viseur comme en Corse », à la « traîner derrière une voiture » ou encore à faire « exploser le domicile de ses parents ». Chloé Ridel a aussitôt porté plainte et obtenu du magazine via une demande de la procureure de Nîmes, le blocage et l’empêchement des commentaires insultants et menaçants. « Pour avoir simplement demandé que les règles de prévention soient les mêmes pour tous et que le circuit prenne sa part, j’ai reçu de nombreuses menaces sur les réseaux sociaux comme par message privé (…). Je ne me laisserai pas intimider par ces menaces. »

    Plusieurs messages de soutien ont immédiatement afflué. Notamment du maire de Nîmes Vincent Bouget, des sections PS et PCF du Gard et de l’Hérault. Mercredi 29 juillet, le conseil municipal de Lédenon s’est réuni pour permettre à l’ONF de vendre le bois des arbres suite au feu du 5 juillet. Si le maire Christophe Zaragoza (SE) condamne les attaques contre Chloé Ridel, il a confié à Objectif Gard ne pas partager sa position et défendre le circuit. « Le circuit n’est pas le problème, c’est l’humain (…). Sur le fond, il faut raison garder. »

  • Sécurité civile : l’État ne peut plus jouer avec le feu

    Sécurité civile : l’État ne peut plus jouer avec le feu

    Et si c’était ce signal d’alarme qui déclenche enfin le passage à l’acte ? Tandis que les incendies, attisés par le réchauffement climatique, n’ont jamais autant ravagé la France, le Ceser vient de faire une proposition qui pourrait faire du bruit. Dans un courrier adressé au président de la République, au Premier ministre et au ministre de l’Intérieur, le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) d’Occitanie réclame de toute urgence à l’État « la création d’une filière d’excellence industrielle française pour la sécurité civile ».

    Le président Jean-Louis Chauzy fixe même une deadline au 31 décembre 2026 afin de ne pas subir chaque été la même catastrophe qui a déjà coûté la vie à 4 pompiers français. « Il n’y a plus de temps à perdre (…) La facture 2026 sera très lourde. Les pompiers comme la population s’épuisent. Les vies sont en danger », écrit-il. Joint par téléphone, Jean-Louis Chauzy insiste sur la nécessité de « ne pas laisser le soufflé retomber. Après il y a aura la présidentielle, les législatives… il y aura toujours quelque chose ». Selon lui, le modèle des Canadairs que les Services d’incendie et de secours (Sdis) louent la plupart du temps est obsolète. « On ne peut pas attendre 10 ans pour construire un Canadair et 5 ans pour le réparer. On a les moyens de faire nous-mêmes. » Son idée, c’est de s’appuyer sur le savoir-faire de l’Occitanie (et d’autres régions comme Sud Paca ou Nouvelle-Aquitaine) pour construire ici les avions dont les soldats du feu ont besoin. « On a le premier pôle aéronautique au monde, des ingénieurs et des chercheurs très compétents », fait valoir Jean-Louis Chauzy. Son vœu n’est pas vraiment utopique puisque mardi 28 juillet, il a visité la société « Positive Aviation » à Blagnac qui s’apprête à commercialiser en octobre le premier avion Ecopeur amphibie FF72.

    Une flotte aérienne famélique et obsolète

    Le président du Ceser entend ainsi convaincre l’État, les collectivités, les industriels et les financiers (BPI France, banques…) d’unir leurs efforts pour « faire émerger une filière d’excellence française avec une coopération européenne ». Une manière également de renforcer la souveraineté du pays et de créer des emplois au moment où plusieurs industries vacillent.

    Les feux à répétition subis depuis plusieurs étés sont le signal que « la France doit revoir en profondeur sa stratégie de sécurité civile ». C’est le constat dressé par les députés Sophie Pantel (PS) et Damien Maudet (LFI), coauteurs d’un rapport parlementaire consacré aux moyens aériens de la sécurité civile. La question des moyens, en premier lieu ceux alloués par l’État, responsable de la sécurité, est donc essentielle. Au-delà, ce document conseille de « développer une culture du risque au sein de la population » avec des réservistes dans les communes.

    Il faut dire que le système actuel tient beaucoup au volontariat. Et souffre cruellement de moyens dépassés et insuffisants. « Nous sommes au bout de ce système, que ce soit en termes de moyens humains ou matériels », affirme Mathieu Manetti, secrétaire départemental du Sdis 30. Mardi 28 juillet, le syndicat des sapeurs pompiers volontaires de France (SSPVF) a lancé un appel national à la mobilisation. Il vise à recenser les personnes qui souhaitent « proposer leurs compétences et leur disponibilité pour contribuer, dans un cadre organisé et sécurisé, à l’effort collectif ».

    « Pour une planification

    à long terme »

    Comment de ne pas approuver la démarche quand on connaît le manque de bras. Sans parler de l’état de la flotte aérienne française : 20 bombardiers d’eau soit un de moins que dans les années 1980, 12 Canadairs et 8 Dash. Famélique pour un pays de 69 millions d’habitants où les régions méditerranéennes comme l’Occitanie sont particulièrement exposées aux aléas climatiques. Pour le député LFI de l’Hérault, Sylvain Carrière, le constat est sans appel : « Les moyens n’ont pas évolué au rythme des besoins. » Et ce en raison d’un « manque d’anticipation » et de « volonté politique ». Emmanuel Macron n’a pas seulement enterré la convention citoyenne sur le climat, il n’a pas livré la flotte (16 Canadairs) promise en 2022. Pour les communistes de Béziers, « au-delà de l’émotion, il nous faut aussi comprendre et agir enfin sur la durée. En 2022, 20 000 hectares ont brûlé en Gascogne. Macron avait promis des Canadairs, des coupe-feux, de nouveaux moyens de lutte, une replantation forestière résiliente. Rien ou presque n’a été fait. Les représentants des pompiers et la population le dénoncent », souligne Nicolas Cossange élu d’opposition de la commune. Et de pointer la logique de rentabilité de la forêt gasgonne. « Sur notre territoire, bien que la garrigue soit un écosystème différend, les mêmes logiques de rentabilité nous exposent aux risques d’incendies » prévient-il. Il faut selon lui et son parti, « sortir de cette logique économique » pour « aller vers une planification à long terme des actions de la collectivité et des particuliers. C’est nécessaire pour donner la priorité aux solutions bénéfiques à tous face à la réalisation du profit immédiat ». Un changement sociétal en fait pour faire face au dérèglement climatique.

  • À Brignoles, un feu rapidement fixé et maîtrisé, mais des habitants en colère

    À Brignoles, un feu rapidement fixé et maîtrisé, mais des habitants en colère

    On a bien cru à l’éternel recommencement, à une rengaine cauchemardesque qui pousse, depuis douze jours, les sapeurs-pompiers du Var, ainsi que ceux venus leur prêter main-forte, au bord de l’épuisement. L’incendie des Arcs-sur-Argens et de Taradeau tout juste fixé, le 21 juillet, après avoir parcouru 200 hectares en deux jours, qu’il fallait déjà lutter contre un feu d’une ampleur bien supérieure dans le massif du Gros Bessillon. Rebelote mercredi : alors que les soldats du feu étaient parvenus, la veille, à fixer l’incendie qui aura ravagé 4 500 hectares et détruit 33 maisons en une semaine, c’était du côté de Brignoles – qui avait déjà subi plusieurs départs de feu rapidement maîtrisés ces derniers jours – que les flammes se déclaraient, à 16h45, dans la forêt bordant la RD12, en direction de Camps-la-Source.

    Les flammes ont rapidement gagné du terrain, avec près de 100 hectares parcourus en trois heures, poussant les autorités à évacuer 650 personnes dans plusieurs quartiers de la commune. Mais cette fois, aucun scénario catastrophe : vers minuit, l’incendie était déclaré fixé, puis maîtrisé à 3hdu matin, après avoir parcouru 130 hectares. Cela, grâce aux moyens aériens importants rapidement déployés (3 Canadair, 7 hélicoptères bombardiers d’eau et 2 avions Dash) en fin d’après-midi, ainsi que la mobilisation des 270 sapeurs-pompiers avec leurs 70 engins, qui ont continué de s’employer la nuit tombée. Mais aussi à la faveur de conditions « favorables car l’humidité a été très élevée », expliquait au matin le maire de Brignoles, Didier Brémond. Une situation bien différente de celle du Gros Bessillon, où les éléments n’ont, au contraire, rendu que plus difficile la maîtrise du feu.

    70% des incendies sont criminels

    L’édile, à l’instar des pompiers mobilisés, se méfiait cependant de la reprise des vents dans l’après-midi. Cela n’a pas empêché l’ensemble des personnes évacuées de regagner leur domicile dans la matinée de jeudi, malgré l’odeur de fumée encore bien présente dans certains secteurs.

    Habitants du quartier de Tombarel, au pied de l’incendie, Aurélie et ses deux enfants se sont réfugiés dans la précipitation chez leur famille à Varages, après avoir reçu une alerte sur leur téléphone : « On observait la fumée arriver, on ne voyait plus rien. On a pris ce qui nous passait sous la main. On a aussi pris le chat. Mon mari est resté jusqu’à 21h avec les voisins pour arroser les champs à côté en prévention. » Il a aussi fallu gérer le stress des enfants : « Ma fille pleurait, mon fils, qui a un trouble autistique, était très focalisé, c’est lui qui a vu la fumée en premier. » Jeudi matin, au-delà du soulagement, il y avait aussi « de la colère, car on se doute que c’est un acte criminel. Cela fait deux fois que ça arrive au même endroit, ça paraît très suspect. On ne comprend pas, des vies sont mises en danger, on va garder la colline devant nous toute noire ». Didier Brémond partage cette conviction : « Je pense que tous ces feux ne sont pas des accidents et j’espère qu’il y aura des sanctions fortes, c’est inadmissible. » Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a affirmé que 70% des incendies étaient intentionnels, 263 personnes ayant été interpellées en France depuis le 28 juin, dont plusieurs dans le Var. Un homme de 39 ans, reconnu coupable d’avoir volontairement provoqué un incendie à Ollioules, a été condamné à un an de prison par le tribunal correctionnel de Toulon, mercredi.

    Même constat pour Gabsi, sa voisine, hébergée, avec ses deux enfants, chez des amis : « Souvent, c’est volontaire et c’est dommage que des personnes mettent en danger la vie des habitants. » Elle tient à louer l’activité des pompiers, dont « le travail n’est pas assez reconnu, ils risquent leur vie pour les nôtres ». Marquée par « l’ambiance pesante entre la fumée, les avions, les hélicoptères, ce qui ne nous était jamais arrivé », elle gardait ses « valises prêtes, car avec le vent prévu cet après-midi, on se tient prêt à reévacuer ».

    Habitante du quartier des Agasses, situé en contrebas de l’incendie, depuis 45 ans, Christiane a vu les panaches de fumée de près. « Très perturbée » après son évacuation précipitée par la police, accueillie chez son fils, elle n’a rien pu avaler jusqu’à jeudi midi. Si elle reconnaît que « les pompiers font ce qu’ils peuvent avec leurs moyens », elle pointe du doigt les services techniques municipaux et ce qu’elle considère comme un manque d’entretien des espaces végétalisés : « Il y a des herbes et des arbres très secs. On ne nettoie plus nos forêts et les bords de routes. Mon voisin s’est battu avec la mairie pour que le champ d’à côté soit fauché. Et on nous dit d’entretenir nos parcelles… » Elle peine à se contenir : « J’ai 80 ans, je n’ai rien à perdre. Si je croise les personnes qui ont mis le feu, je pourrais m’en prendre à elles. »

  • [Tribune] Ce que nous disent les incendies

    [Tribune] Ce que nous disent les incendies

    Nos peurs et nos larmes ne suffiront pas. Dans les incendies d’aujourd’hui, il y a bien plus que la violence des flammes. Ce qui brûle, ce ne sont pas seulement des arbres, des champs, des maisons, ni même seulement des vies brisées, comme celles de nos pompiers morts en service. Ce sont des équilibres anciens, des présences humaines, des métiers, des paysages, des mémoires. Une certaine manière d’habiter la terre. Ayons le courage de le regarder en face.

    Longtemps, nous avons cru que les incendies ne concernaient que des marges : campagnes lointaines, villages peu connus, forêts reculées, territoires touristiques voués à l’usure, campagnes « en déclin ». Comme si le capital d’un pays ne se trouvait que dans ses grandes villes, comme si cette nature abondante se régénérait seule. Résultat : des moyens insuffisants, des stratégies sourdes aux climatologues, des pompiers volontaires épuisés et sous-payés. Ce temps de cécité est terminé. Quand le feu s’approche de Paris ou de Madrid, qu’il coupe une autoroute, vide des quartiers entiers, c’est toute l’échelle qui change. L’incendie n’est plus rural : il est métropolitain, global. Il révèle un monde où ville et campagne sont prises ensemble dans la même vulnérabilité, après qu’on a oublié l’essentiel : le territoire, la terre, les gens.

    Derrière les flammes, il y a un territoire lentement désaccordé. Les zones humides ont reculé, comme si l’eau elle-même avait été sommée de quitter un pays qui lui doit tout. Les arbres, éprouvés par les sécheresses, les parasites, les maladies, ne jouent plus leur rôle de protection ni de puits de carbone. La déprise agricole referme les paysages, laisse les friches gagner, simplifie les milieux, et le feu trouve des continuités qu’il n’avait pas auparavant. Les campagnes se vident par endroits, et avec les habitants disparaissent les gestes d’entretien, de vigilance, de présence. Ce n’est pas une cause unique, c’est une fragilité accumulée.

    La forêt nous oblige à abandonner les réponses trop simples. Plus de surface boisée ne signifie pas plus de résilience. Une forêt plantée à marche forcée, d’arbres identiques alignés selon une logique industrielle, n’est pas une forêt sauvée, mais une forêt fragilisée à l’avance. La vraie forêt est diverse, mélangée, lente, humide, vivante. Elle a besoin de sols, d’eau, de temps, d’ombre, de diversité d’essences, et d’être pensée comme un milieu à habiter avec précaution, non comme une simple usine à carbone. De même, les zones humides, longtemps traitées comme des terrains « à gagner », sont en réalité une mémoire de l’eau : elles retiennent, filtrent, rafraîchissent, amortissent les à-coups, protègent les villages, donnent du souffle au territoire. Leur disparition silencieuse ne se voit qu’après coup, quand l’eau manque, que la terre durcit, que les incendies avancent et que les paysages se dessèchent.

    Le drame se poursuit dans les corps : paysans épuisés par les canicules, travailleurs du vivant qui luttent sans répit, habitants pour qui l’été devient une épreuve. Le climat n’est pas une abstraction, il s’inscrit dans les gestes empêchés, les cultures perdues, les nuits sans fraîcheur. Pourtant, quelque chose tient encore. Après le feu, des paysans s’organisent, des voisins se prêtent main-forte, des bénévoles apportent eau, matériel, temps. Cette entraide n’est pas anecdotique : elle est un savoir, une condition de la résilience de nos territoires, un trésor national.

    Le tourisme entre lui aussi dans cette histoire. Les territoires touristiques vivent du climat, de l’eau, des paysages. Un tourisme trop intensif use ce qu’il prétend célébrer : il consomme, densifie, épuise. Quand les canicules s’intensifient, quand l’eau manque, quand les incendies menacent collines et littoraux, le modèle doit changer : moins concentré, moins lourd, plus sobre, plus respectueux des seuils d’accueil.

    Le feu nous parle enfin de la ville. Derrière les campagnes, il y a toujours les grandes villes, leurs infrastructures, leurs flux. Quand un incendie se rapproche d’une métropole, menace routes, eau, équipements, il met à nu l’interdépendance des territoires. Nous ne vivons plus dans des compartiments, mais dans un système de continuités. C’est ce qui rend la catastrophe plus grave et nous oblige à repenser l’ensemble.

    La question de la mémoire devient alors décisive. Quelle trace laissera chaque feu ? Une émotion brève, un échec collectif vite recouvert par la catastrophe suivante ? Ou une leçon durable, un nouveau pacte, une autre manière de faire territoire ? Nous avons besoin d’un pacte national et climatique qui relie forêt et eau, ville et campagne, agriculture et biodiversité, tourisme et sobriété, infrastructures et vivant. Un pacte qui reconnaisse que le territoire n’est pas un décor mais une matière vivante, qui ne se protège pas par des slogans, mais par des choix justes, cohérents, incarnés.

    En terminant ces lignes, je pense aux deux sapeurs-pompiers morts en opération, et à tous leurs camarades. Nos larmes ne les ramèneront pas. Mais leur courage nous oblige. Quand il ne reste que le corps des hommes face au feu, c’est que la défaillance est entière. Penser à eux et être dignes de leur sacrifice doit nous guider avec fermeté, courage et lucidité.

  • Une sapeur-pompier de Saint-Martin-de-Crau en Gironde

    Une sapeur-pompier de Saint-Martin-de-Crau en Gironde

    « J’ai toujours voulu être utile aux autres », témoigne Sophie Houles. L’assistante de direction au sein de la mairie de Saint-Martin-de-Crau raconte s’être portée volontaire dès le début des feux en Gironde, il y a maintenant neuf jours. Sapeur-pompier volontaire depuis quatre ans, la quarantenaire jongle entre son métier à la mairie et ses « missions sur des urgences vitales ».

    Sophie Houles est partie ce jeudi matin à cinq heures pour « prendre la relève », « cela fait des jours que ça dure et tout le monde est épuisé ». La sapeur-pompier explique : « Je peux partir grâce à la convention de la mairie avec le Sdis. » Cet accord permet aux sapeurs-pompiers volontaires de bénéficier d’une autorisation exceptionnelle d’absence pour partir soutenir leurs collègues sur les feux.

    Être au service des autres

    « En élevant seule des enfants, je ne pouvais pas me permettre d’être sapeur-pompier », confie Sophie Houles. Aide à domicile pour personnes âgées, puis dans une maison de retraite, et aujourd’hui assistante de direction à la mairie, elle raconte, depuis son enfance, « avoir toujours eu cette envie d’apporter mon petit truc, même si c’est minime ». C’est ce qui l’a poussée à se porter volontaire chez les sapeurs-pompiers.

    « J’aime beaucoup la nature et les animaux, c’est aussi ça qui m’a poussée à me porter volontaire », confie-t-elle. « Forcément, ça me touche de voir tous ces hectares de forêts partir en fumée », ajoute Sophie Houles. Cela représente également un « défi professionnel » pour cette originaire du Sud qui a peu fait face à des feux dans sa carrière.

    Bien qu’elle n’ait jamais parlé à ses enfants de cette envie de faire partie des soldats du feu, sa fille s’est engagée à 14 ans comme sapeur-pompier professionnel. Elle était dans le Var pour combattre les feux jusqu’à ce début de semaine.

    « L’anxiété et la peur, on les met de côté lorsqu’on part sur ce type de mission », assure-t-elle la voix ferme. Ce qui prime pour elle, c’est « ce que je vais pouvoir apporter sur le terrain ».

    Gabrielle Cartellier

  • À Barjols, le soutien déterminant des agriculteurs dans la lutte contre l’incendie

    À Barjols, le soutien déterminant des agriculteurs dans la lutte contre l’incendie

    Assis à l’ombre des oliviers, près d’une parcelle agricole située sur les hauteurs de Barjols, qui sert de point de ravitaillement en eau pour les sapeurs-pompiers engagés dans la lutte contre l’incendie qui a ravagé 4 500 hectares dans le massif du Gros-Bessillon, Lionel, Sylvain, Tom et une poignée d’autres agriculteurs de Barjols et ses environs prennent cinq minutes de repos. Depuis neuf jours, ce n’est pas le travail aux champs qui les fait transpirer, mais celui d’appui aux 870 sapeurs-pompiers encore présents sur le terrain, mercredi. Si le feu est fixé depuis mardi soir, le combat est encore loin d’être gagné face à des réactivations possibles sur certains secteurs, comme ce fut le cas ce jour.

    « Heureusement qu’ils sont là », reconnaît l’adjudant-chef Gilles du Sdis 83. Lionel, trufficulteur à la retraite, et sa gouaille provençale ne le contrediront pas : « S’il n’y a pas les agriculteurs, tout brûle. » Ces derniers ne ménagent pas leurs efforts. Chaque jour, de 7h à minuit, ils vont, au moyen de leurs engins agricoles et de leurs citernes, puiser des milliers de litres d’eau où ils le peuvent (bornes incendies, canal de Provence, rivières de l’Eau Salée, du Fauvery, de l’Argens…) afin d’alimenter les véhicules de lutte anti-incendie. « C’est inquantifiable, mais sur les jours les plus forts, on a constitué des réserves de 60 000 à 70 000 litres », estime Sylvain, viticulteur dans les environs. Et personne ne compte ses heures, à tel point qu’Hugo, qui dirige les opérations, n’a pas le temps de couper pour répondre à nos questions. « On est une cinquantaine chaque jour, dimanche on était entre 100 et 150 », affirme Sylvain.

    « On sauve nos terres pour continuer à travailler »

    Les camions des sapeurs-pompiers se branchent directement sur les citernes, soit pour s’alimenter avant de se rendre sur le terrain, soit pour remplir des piscines qui servent de réservoir pour les hélicoptères bombardiers d’eau. Deux sont disposées dans le secteur, en plus des piscines des particuliers réquisitionnées, et de réservoirs de fortune réalisés avec des bennes agricoles. « On a aussi tout labouré en lisière pour éviter que le feu ne s’étende », ajoute Lionel.

    « On sauve nos terres pour pouvoir continuer à travailler, au détriment de nos exploitations », résume Sylvain, dont les vignes ont été épargnées par le feu, mais risquent de subir les conséquences des fumées avec des fruits au goût altéré. Ses confrères et lui n’ont pas le choix et pointent amèrement le manque de moyens dont disposent les sapeurs-pompiers : « C’est une honte que le feu soit arrivé jusqu’ici, qu’il ait fait le tour du massif », dénonce Tom. « Ils font ce qu’ils peuvent, mais ça reflète ce qu’il se passe en France. On a 12 canadairs, mais que 5 opérationnels », abonde Lionel.

    Autour d’eux, la solidarité s’organise, avec des villageois qui viennent, eux aussi, donner un coup de main, en préparant des repas, par exemple. L’élan dépasse les frontières du village, à l’image de Julien, dirigeant de trois entreprises à Rians, qui a répondu à un appel aux bénévoles lancé sur les réseaux sociaux. « J’ai mis mon activité en sommeil pour venir en aide aux pompiers », explique-t-il. Doté de cuves d’une capacité totale de 9 000 litres, il effectue jusqu’à trois rotations par jour pour participer au ravitaillement en eau. « J’ai une maison dans les bois, si demain ça m’arrivait, ça me ferait plaisir d’avoir autant de monde pour aider à stopper l’incendie. Les pompiers manquent de moyens. On fait comme on peut à notre échelle. » Derrière les héros aux camions rouges, il y a ceux aux tracteurs et aux citernes.

    Nouvel incendie à Brignoles

    Un incendie s’est déclaré mercredi, vers 17h, à Brignoles, près de la RD12. La préfecture du Var indiquait, à 20h, que 250 pompiers, 85 engins, 3 Canadair, 7 hélicoptères bombardiers d’eau, ainsi que 2 avions Dash étaient mobilisés. Le stade du Vabre accueille un poste de commandement. Des messages ont été envoyés pour évacuer les quartiers de Pélicon, Tombarel, Les Jaussérannes, Sainte-Barbe, Les Agasses et Les Petits Ubacs. La commune a mis en place un point de regroupement au Hall des expositions. La RN7 et la RD12 ont été fermées.

  • Le feu ravive les inquiétudes autour du projet de data center aux Pennes-Mirabeau

    Le feu ravive les inquiétudes autour du projet de data center aux Pennes-Mirabeau

    « Nos vies plutôt que leurs incendies », martèlent les associations France Nature Environnement, Data For Good, le Mouvement national de lutte pour l’environnement, Le Nuage était sous nos pieds et les comités d’intérêts de quartiers des Sibylles et des Pallières, mardi, dans un communiqué.

    Ils dénoncent « un projet collé à une zone hautement inflammable, alors que 115 000 hectares de surface ont déjà brûlé depuis le début de l’année en France ». Les militants gardent en mémoire « l’incendie qui avait ravagé 2 700 hectares de la pinède en août 2016 ». Pinède située à « seulement 85 m » du projet, qui « va chauffer la colline toujours marquée des stigmates de l’incendie ».

    « Un mépris des personnes et des écosystèmes »

    « À l’heure où les incendies se multiplient et où de nombreuses personnes meurent à cause de la chaleur, la question du rôle des data centers dans le réchauffement climatique et de l’augmentation du risque d’incendie devrait être au cœur de nos préoccupations », s’insurge Annick Hordille, membre du Nuage était sous nos pieds. Les militants poursuivent : « Malgré cela, aucune étude d’impact de cette chaleur fatale sur le voisinage n’a été jointe au dossier environnemental, en violation du Code de l’environnement ». Lors du conseil municipal, le 6 juillet, le maire (DVD) des Pennes-Mirabeau, Romain Amaro, promettait de « redistribuer la chaleur fatale de l’infrastructure » aux habitants, évoquant alors une étude lancée en ce sens.

    Les collectifs indiquent avoir déposé deux recours « contre l’Autorisation préfectorale d’exploiter » le site classé PPRIF, sensible aux risques d’incendie. Philippe Chabeaudy, du CIQ des Palières, espère être entendu : « J’en appelle à la responsabilité des élus et administrations ».

    Andréa Goyard-de Castro