Tag: Festivals

  • L’emblématique Polygone étoilé à Marseille fête ses 25 ans

    L’emblématique Polygone étoilé à Marseille fête ses 25 ans

    Le Polygone étoilé, salle de projection et lieu de production de cinéma indépendant du 3e arrondissement de Marseille, souffle sa 25e bougie, en 2026. Un quart de siècle que le lieu a décidé d’entamer avec son traditionnel écran ouvert, le 2 janvier. Un moment où des courts-métrages peu projetés peuvent rencontrer un public. Ce rendez-vous mensuel, depuis cinq ans, remplit la salle tous les premiers vendredis de chaque mois.

    Le lieu est né en 2001, grâce à l’association Film Flamme, fondée en 1996 afin de permettre à des projets cinématographiques qui ont peu de moyens de voir le jour. « Ce lieu est un outil de travail et de création cinématographique complet, explique Martine Derain, administratrice du lieu. Il y a des salles de montage pour caméras pellicules ou numériques, une salle de mixage et bien évidemment, cette salle de projection qui est aussi une salle de travail car on peut y faire tous les tests possibles. » Un lieu qui permet également la conservation des films du patrimoine.

    Le Polygone étoilé a été pensé par ces fondateurs comme un espace pour échapper aux logiques commerciales de ce milieu. La mutualisation de ces divers environnements de travail permet d’en réduire les coûts et de les rendre accessibles pour des films à petits budgets. Par ailleurs, sa position au cœur du 3e arrondissement, en fait un espace de médiation culturelle. Ainsi, la salle de projection est régulièrement mise à disposition des associations de quartier et Film Flamme organise des ateliers pour les enfants du quartier avec des cinéastes.

    Pour Martine Derain, la plus belle réussite « est d’avoir affirmé durant 25 ans que c’est possible de produire des films avec peu de moyens, hors du système ».

  • Entre départs et complications, une « saison light » aux Chorégies

    Entre départs et complications, une « saison light » aux Chorégies

    Ce sera une « saison light » en 2026 pour les Chorégies d’Orange, comme le précise, ce vendredi 28 novembre en cité des Princes, lors de la présentation de l’événement, son directeur sur le départ, Jean-Louis Grinda, avec six représentations au programme, entre le vendredi 19 juin et le samedi 18 juillet.

    Après une année 2025 ambitieuse avec pas moins de 13 soirées, le plus vieux festival de France doit revoir ses ambitions à la baisse. Et ce, en premier lieu, pour des raisons financières. Comme l’évoque Richard Galy, président de la Société publique locale des Chorégies d’Orange, après une « année 2024 plus allégée qui a été remarquable », l’année 2025 était « plus étoffée avec des soirées exceptionnelles », mais avec en conséquence des « finances qui ont dégringolé ». Il rappelle que 60% des revenus proviennent de la billetterie et que la moindre annulation peut faire perdre « jusqu’à plus de 100 000 euros ». Des déclarations qui ont poussé Jean-Louis Grinda, assis juste à côté de celui qui est également président de la commission du rayonnement culturel à la Région, à nuancer les paroles de son voisin, qui « ne correspondent pas vraiment à la réalité ». Il précise que le festival, en termes de résultat brut « pur », en 2025, était en déficit de 150 000 euros contre un résultat positif de 300 000 euros l’année précédente. « Si ça, c’est une dégringolade, j’aimerais savoir ce qu’il se passe dans les autres festivals de la région », pique le directeur.

    Philippe Katerine symphonique

    Une réorganisation est également prévue pour les années à venir, notamment à travers la création d’une nouvelle structure juridique, les Chorégies passant d’une SPL (Société publique locale) à un EPCC (Établissement public de coopération culturelle). « Cela va nous donner plus de souffle et plus d’aisance, de trouver une régularité dans les dépenses et les prévisions. C’est une décision qui a été saluée par la Cour des comptes, qui nous a tout de même indiqué qu’il faudrait que l’on recrute », poursuit le président.

    Cette évolution se fera donc sans Jean-Louis Grinda, qui annonce quitter ses fonctions de directeur, qu’il occupe depuis décembre 2015. Pour lui, gérer un EPCC représenterait une trop grosse charge. Il ajoute « qu’un directeur ne doit pas rester trop longtemps », car « il faut du renouveau », mais aussi « un nouvel interlocuteur pour les pouvoirs publics ». Paulin Reynard, directeur de production et chargé de la médiation culturelle, s’en va également. Leur remplacement va être géré au cours de l’année 2026.

    La programmation artistique n’en demeure pas moins de qualité, mais également surprenante, même si l’organisation l’aurait voulue plus étoffée. À commencer par une annonce qui n’a pas manqué de faire sourire, glousser, mais aussi grimacer une partie des fidèles du festival présents dans la salle, lors de la révélation de la venue du chanteur Philippe Katerine. Il se produira sur la scène du Théâtre Antique avec l’orchestre national d’Avignon-Provence, le mardi 7 juillet à 21h30. « Il a promis de ne pas chanter tout nu », glisse en retrouvant le sourire Jean-Louis Grinda, en référence à la cérémonie de lancement des Jeux olympiques de Paris, tout en invitant « ceux qui n’aiment pas à ne pas venir ». Mais aussi du plus classique, avec La Traviata de Verdi, avec
    en interprète principale l’Américaine Nadine Sierra, « qui est la meilleure Traviata au monde », assure le directeur. Tandis que le projet Opéra Pop organisé entre le festival et plusieurs collèges de la région, dont quatre d’Orange, a dû être déplacé au Thor, la municipalité ayant décidé d’organiser un concert de musique militaire à la seule date possible pour le projet éducatif.

    Ouverture de la billetterie le 8 décembre pour les adhérents et le 15 décembre en général.

  • Avec Black Lips, Endless veut replacer Marseille sur la carte rock

    Avec Black Lips, Endless veut replacer Marseille sur la carte rock

    Geoffrey Delhaye n’a rien d’un programmateur classique. Arrivé à Marseille en 2017 pour une thèse en biomédical à Luminy, ce docteur en physique a quitté le monde académique en 2021, déçu par ses promesses. Depuis, le Belge passionné de rock s’est reconverti dans la production artistique. D’abord dans la mode. Aujourd’hui dans la musique. Ce 25 septembre, huit ans jour pour après son arrivée à Marseille, il y lance Endless, un nouveau festival rock*, avec une tête d’affiche qui claque : les Black Lips.

    L’idée est née d’un constat : malgré une scène rock locale hyperactive, la deuxième ville de France est absente des circuits des tournées internationales. « À chaque fois qu’un groupe que j’aime passe en Europe, je dois aller à Paris, Bruxelles ou Berlin… Même si la scène rock ici est très riche, elle reste underground », souffle le trentenaire qui est donc passé à l’action à l’automne dernier. Il pose une option sur la Citadelle, monte un dossier et se tourne vers ses amis belges.

    Amitiés belges

    L’affiche du festival est signée Elzo Durt, figure du graphisme rock en Belgique, connu pour ses pochettes d’albums de Thee Oh Sees. Mais c’est le soutien de Philippe, gérant du club bruxellois Madame Moustache, qui est décisif pour convaincre les Black Lips de débarquer à Marseille avec leur cocktail explosif de riffs crasseux et performances borderline. « Il les connaît bien, je lui ai parlé du projet, et il a pesé dans la balance. Sans lui, je n’aurais pas pu les avoir. »

    S’il s’est assagi, ce groupe culte d’Atlanta, chantre d’un garage punk psyché et lo-fi, connu pour ses concerts sauvages et imprévisibles, incarne une certaine idée du rock, sans filtre, brut et jubilatoire. Treize ans après leur dernier passage à Marseille, ce concert est un événement en soi. Cerise sur le gâteau, leur venue coïncide avec la sortie d’un 11e album, l’excellent Season of the peach, dans la foulée d’une tournée européenne qui devait s’achever à Londres. Une aubaine que Geoffrey Delhaye a saisie au vol : « J’ai vu qu’ils terminaient leur tournée à Thessalonique le 20 septembre. Ils ont ajouté deux dates à Londres, et quand je leur ai montré des photos du lieu qui est assez exceptionnel, ils ont accepté direct. »

    À leurs côtés, la programmation mêle rock psyché et scène locale : Chicos de Nazca, des Chiliens basés à Berlin, Arthur Lawton (Bordeaux) et les Marseillais de Lodi Gunz, qu’il a découvert lors de la Plaine du rock en mai. Une scène marseillaise qu’il apprend à découvrir. « Quand je colle les affiches, la réaction des gens, c’est plutôt : mais tu sors d’où ? », sourit-il.

    « Faire bouger le cocotier »

    Un travail de fourmi qui lui a permis de nouvelles rencontres, au Molotov, avec l’équipe d’Antichambre, les gérants de la Maison Hantée ou d’Humeur Massacrante. « Il y a une scène à Marseille avec beaucoup de très bons groupes, et même une certaine hype. L’idée c’est de faire venir les groupes internationaux et de proposer une grosse scène à ces groupes émergents. J’ai juste envie de faire bouger le cocotier », lâche-t-il, imaginant des tables rondes, des collectifs, des formats hybrides…

    Soutenue par l’association Pour que Marseille vive, incubateur de projets culturels qui accompagne les initiatives artistiques locales, Geoffrey imagine des éditions hivernales et des « formats pop-up » selon les tournées des groupes. « Je veux faire un Festival des Cinq Continents, c’est ma référence ultime, pour le rock. Il y a Le Bon Air pour l’électro, Mars Attack pour le hip-hop. Proposer des concerts dans des lieux d’exception est une idée géniale. Endless s’inscrit dans cette logique. »

    * Endless festival, jeudi 25 septembre (18h30), la Citadelle à Marseille. The Black Lips (USA), Chicos de Nazca (Chili), Lodi Gunz (Marseille) et Arthur Lawton (Bordeaux). 27,5 euros