Tag: festival

  • À Marseille, luttes projetées à l’écran et sur le terrain

    À Marseille, luttes projetées à l’écran et sur le terrain

    « Un court, un film, un débat. » C’est un refrain printanier qui résonne désormais depuis 10 ans à Marseille, faisant bourgeonner les œuvres cinématographiques comme autant de luttes à prolonger. Une petite longévité qui s’explique, selon Stéphane Rio, enseignant et membre de l’équipe du Printemps du film engagé, qui se tient du 27 mars au 3 avril, par « un besoin de débat. Notre programmation intéresse, mais les gens ont aussi besoin d’échanger ».

    Son credo ? Ne pas céder au fatalisme, comme l’indique le thème de la mouture 2026, La vie est à nous, empruntée au film réalisé en 1936 – et sorti 33 ans plus tard – par Jean Renoir et Jean-Paul Le Chanois, qui sera projeté le 2 avril au Vidéodrome2 (entrée libre). Une plongée au cœur de la campagne électorale et des victoires du Front populaire, destinée à rappeler « comment se remobiliser pour lutter contre la pensée réactionnaire et raciste. Avec l’idée de ne pas se soumettre, comme l’a montré le peuple en 1936, alors que les années 1930 étaient propices aux fascistes », explique-t-il. Des échos avec notre époque attestant que « la pensée critique et le mouvement social a encore toute sa place ».

    Global et local

    De la cause palestinienne, il sera aussi beaucoup question avec l’avant-première, vendredi 27 mars au Gyptis, du documentaire de Pierre Carles, L’affaire Abdallah, autour de Georges Ibrahim Abdallah, ce militant communiste libanais emprisonné pendant 41 ans. « Une enquête très fouillée montrant que ce prisonnier politique a été accusé à tort. Et, en même temps, un film qui retrace le combat pour les droits du peuple palestinien depuis les années 1960 », résume Stéphane Rio. S’ensuivra un débat intitulé « Pourquoi un tel acharnement contre les combattants palestiniens », en présence du politiste au CNRS Vincent Geisser et du militant de longue date pour la libération d’Abdallah, Charles Hoareau. Le lendemain, le Gyptis accueillera « une grosse soirée pour dénoncer les massacres » d’Israël, avec une sélection de courts-métrages réalisés par des Gazaouis, avant la diffusion d’Occupations, film sorti en 2025 qui documente le mouvement des étudiants de Columbia, aux États-Unis, pour « faire pression sur leur université liée à des entreprises d’armement américaines et israéliennes ». Des représentants de la flottille « qui partira les 4 et 5 avril pour Gaza » seront présents.

    Parmi la vingtaine de propositions du festival, les luttes locales ne seront pas non plus oubliées, comme pourront l’illustrer La réalité est là…, « lecture théâtralisée » de six mineurs non accompagnés, qui portent sur scène « leur ressenti en France et leur invisibilisation », ou encore Je suis la nuit en plein midi, en clôture du festival à La Baleine. Un documentaire performé politico-poétique qui suit un Don Quichotte et son Sancho Panza des temps modernes venant pourfendre les murs des ensembles résidentiels fermés qui pullulent à Marseille.

  • [Entretien] Cyril Zimmermann : « Marseille devient une capitale du cinéma »

    [Entretien] Cyril Zimmermann : « Marseille devient une capitale du cinéma »

    Les deux journées du festival Marseille fait son cinéma, créé par la Plateforme en association avec l’Alhambra, mettent à l’honneur le cinéma phocéen, une filière en pleine évolution. Au programme : conférences, projections et ateliers participatifs. Des rencontres avec des professionnels auront lieu, permettant aux visiteurs de se familiariser avec le processus de création d’un film.

    La Marseillaise : Pourquoi mettre à l’honneur le cinéma marseillais ?

    Cyril Zimmermann : Marseille est une ville où, historiquement, il y a beaucoup de choses qui se sont passées dans le domaine du cinéma. Elle est devenue une ville de tournage dans les vingt dernières années et, plus récemment, s’est dotée d’écoles dans la filière du cinéma : Kourtrajmé, CinéFabrique, la Satis, les AIS. Il y a eu une croissance de l’offre de formation pour les jeunes. Il y a aussi de nouvelles infrastructures qui se sont créées, avec la base logistique de Gèze, ou Provence Studio à Martigues. La cinémathèque française va aussi bientôt s’installer à Marseille. On est donc, collectivement, en train de s’équiper en talents, en formations, en infrastructures. Avec Marseille fait son cinéma, nous voulons faire un état des lieux de Marseille, qui devient une capitale du cinéma, française, européenne et méditerranéenne. Il y a à la fois une évolution assez monumentale ces dernières années, couplée à notre envie, en tant qu’établissement d’enseignement supérieur, de fédérer autour de nous les acteurs de l’univers du cinéma. Nous voulons nous regrouper ensemble pour nous donner, collectivement, le maximum de visibilité vis-à-vis des publics informés, des professionnels, de façon à ce que cela crée un effet cumulatif, un cercle vertueux.

    Comment avez-vous pensé la programmation ? À quoi peuvent s’attendre les visiteurs ?

    C.Z. : On a bien choisi notre nom : la programmation est pensée pour mettre à l’honneur Marseille et le travail qui y est fait dans la filière du cinéma. On a monté la programmation en trois parties : dans l’espace Plaza, il y aura des activités pédagogiques plutôt pour les jeunes publics. Les écoles de cinéma, notamment les AIS ou la Satis, vont délocaliser des ateliers pour montrer à des adolescents comment on crée l’image, comment on monte un film, comment on produit du son. Dans la salle des sucres, seront diffusés en permanence des films réalisés par des élèves des différentes écoles de cinéma de la métropole. Dans l’espace cabaret, il y aura, le vendredi 27 et le samedi 28, des rencontres menées par des professionnels de l’univers du cinéma. Robert Guédiguian va raconter sa relation avec Marseille et les tournages. Seront aussi présents Karim Dridi et Margaux Fournier, qui vient de recevoir un César pour Le bain des dames. L’idée est de réunir des personnes importantes du paysage du cinéma marseillais. Nous voulons donner aux gens l’envie d’essayer de faire du cinéma, montrer que ce n’est pas inaccessible. L’idée est d’être aspirant et enthousiasmant.

    Après cette première édition, souhaitez-vous réitérer ces journées de rencontres ?

    C.Z. : Nous voulons créer un rendez-vous du cinéma marseillais, une fois par an. Notre volonté est d’attirer de plus en plus de curieux et de passionnés dans ce lieu festif.

    12 rue Urbain V, 13002 Marseille.
    Entrée gratuite.

  • Itinérances ouvre des horizonset fait la part belle aux femmes à Alès

    Itinérances ouvre des horizonset fait la part belle aux femmes à Alès

    Ne rien céder aux vents contraires. Faire vivre coûte que coûte, à travers des films d’ici et d’ailleurs, « la générosité, le partage, l’ouverture, le débat ». Malgré une économie très fragilisée -lot commun, hélas, de nombreux festivals- conjuguée à la fermeture pour travaux de la scène nationale du Cratère, qui accueillait de nombreuses projections, Itinérances maintient son cap. Celui d’un festival à la fois « populaire et exigent. On revendique le fait d’être une manifestation farouchement généraliste », insiste son délégué général, Antoine Leclerc.

    La fermeture des salles du Cratère a nécessité de repenser l’organisation du festival, qui se déroulera cette année entre le Cineplanet, le Capitole, la médiathèque en centre-ville et le théâtre éphémère du Cratère, installé dans le quartier de la Prairie, en périphérie. Le cœur du festival, lui, s’établira sur la place des Martyrs de la Résistance, où seront installés un accueil billetterie et une buvette.

    Environ 200 films (courts et longs-métrages), dont 80 en avant-première ou inédits, seront présentés durant ces 10 jours. « L’idée d’un festival, c’est d’élargir les horizons. La sélection d’avant-premières va aller au Japon, en Corée, au Tchad, en Amérique du Sud, de l’autre côté de la Méditerranée… Ce qui n’empêche pas, au contraire, un ancrage local fort, avec notamment deux avant-premières régionales », dévoile Antoine Leclerc (Sauvons les meubles, de Catherine Cosme, tourné dans le Gard et Sauvage, de Camille Ponsin, tourné dans les Hautes Cévennes et inspiré d’un fait divers auquel Florence Aubenas a consacré, en 2021, une grande enquête dans Le Monde).

    Des femmes et des films

    Cette 44e édition sera placée sous le thème des « Magnifiques ! », ces « perdants magnifiques et héros du quotidien qu’on oublie souvent et que le cinéma, parfois, met dans la lumière et sublime », décrit Antoine Leclerc. « Yolande Moreau, avec son esprit frondeur et piquant, son âme humaniste et chaleureuse, avec l’empathie qui émane de ses personnages et de ses œuvres, est une incarnation parfaite de ces Magnifiques ». La comédienne se verra remettre, samedi 28 mars à 19h au théâtre éphémère du Cratère, le prix Itinérances 2026. Présente durant trois jours sur le festival, elle participera également à une rétrospective de ses films, à des rencontres et donnera une leçon de cinéma.

    Une tonalité assez féminine se dégage des personnalités mises à l’honneur cette année. Outre Yolande Moreau, le festival accueillera la jeune réalisatrice catalane Carla Simón, qui présentera notamment son dernier film, Romería, en avant-première. Presque homonyme, la grande documentariste française Claire Simon sera là également pour un très beau documentaire consacré à l’œuvre de l’écrivaine Annie Ernaux (prix Nobel de littérature en 2022), appréhendé sous l’angle de lycéens et lycéennes qui découvrent son travail.

    Autre personnalité féminine d‘envergure, la comédienne franco-palestinienne Hiam Abbass, prix Itinérances 2024, sera de retour sur le festival avec deux avant-premières : À voix basse de Leyla Bouzid et Seuls les rebelles, de Danielle Arbid, présentés dans le cadre du travail réalisé avec les associations du collectif La Méditerranée dans un fauteuil. Le festival recevra également Juliette Binoche, pas pour sa casquette de comédienne mais en tant que réalisatrice du documentaire En nous, qui retrace sa collaboration avec le danseur et chorégraphe Akram Khan pour un spectacle créé en 2007.

    Côté hommages, deux temps forts. Le photographe Patrice Terraz, « mémoire photographique du festival depuis plus de 30 ans », présentera son court-métrage documentaire Pourquoi je ne suis pas devenu bassiste dans un groupe de rock, qui retrace son parcours. Un film que complète une exposition rétrospective de son travail présentée à la médiathèque. Enfin le grand réalisateur japonais Shôhei Imamura, deux fois Palme d’or à Cannes, sera également honoré à travers la projection de trois films réédités à l’occasion du centenaire de sa naissance.

  • Babel Music XP réunit les acteurs des musiques du monde à Marseille

    Babel Music XP réunit les acteurs des musiques du monde à Marseille

    Plus de 2 000 professionnels travaillant dans la filière musicale, 72 pays et quatre continents représentés… la 4e édition de Babel Music XP se renforce au fil des années, devenant un « hub méditerranéen » au format hybride. Comme peut le poser son directeur, Olivier Rey, « il n’y a aucun autre équivalent dans le paysage euroméditerranéen ». Producteurs, mangers, programmateurs, diffuseurs, artistes et autres directeurs de festivals se donnent ainsi rendez-vous à Marseille du jeudi 19 au samedi 21 mars au cours de ce salon et marché « à taille humaine. Un chaînon manquant qui consolide » les liens au sein de cet écosystème. « En ces temps incertains, un lieu de coopération et de partage pour la circulation des artistes et la promotion de la diversité musicale dans un contexte de globalisation aux effets positifs, mais aussi pervers comme l’uniformisation de certaines programmations artistiques guidées par le seul profit », contextualise-t-il.

    Capitale du son

    Se positionnant comme « une manifestation d’intérêt général au service des acteurs de la filière », dixit Olivier Rey, Babel Music XP proposera des rencontres professionnelles, « speed meetings », rendez-vous en tête à tête, ateliers, tables rondes et autres « masterclass » dans son vaisseau amiral de la Friche Belle de Mai, mais aussi à la Cité de la musique. Ont notamment répondu à l’invitation de cet événement qui prend de l’ampleur, le Bangkok music city, « le plus grand marché d’Asie », mais aussi « les deux plus gros festivals de jazz d’Indonésie », le plus grand festival gratuit de New York en la personne du Summer stage… « On assiste aussi à un déploiement de plus en plus conséquent venant des deux rives de la Méditerranée : Espagne, Maroc, Égypte, Tunisie… », énumère-t-il encore. Des opérateurs d’Europe du Nord viendront aussi en nombre, sans compter « l’Afrique subsaharienne, avec cette année le Sénégal, le Burkina Faso, le Tchad et la Centrafrique. Nous sommes fiers de remettre Marseille au centre de ce jeu ». Un véritable carrefour des cultures du monde matérialisé aussi par un versant « showcases ». Ouverts au grand public, des petits concerts qui se déploieront à l’Espace Julien, à la Plateforme (ancien Dock des Suds) ainsi qu’à la Belle de Mai, avec une trentaine de groupes au menu.

  • Une nouvelle saison de menus insolites et populaires

    Une nouvelle saison de menus insolites et populaires

    À l’occasion de la première édition du Sirha Méditerranée, Provence Tourisme a présenté la programmation de Marseille Provence Gastronomie 2026, ouverte sur le territoire.

    Le public pourra retrouver l’un des événements phares des sept éditions précédentes du Marseille Provence Gastronomie : les dîners insolites. Organisés du 1er au 31 juillet à travers le territoire des Bouches-du-Rhône, ils seront une nouvelle fois placés sous la direction artistique d’Emmanuel Perrodin. Une vingtaine de repas sont prévus afin d’« offrir une réelle expérience culturelle et gustative », comme le décrit Isabelle Brénond, directrice générale de Provence Tourisme. Comme les années précédentes, les tarifs devraient se situer entre 80 et 100 euros. Chaque dîner proposera un menu en cinq plats, boissons comprises, mettant à l’honneur les chefs et les produits locaux du département.

    Deux street food festival au programme

    Autre temps fort : l’organisation de deux street food festivals. Le premier se tiendra à Aix-en-Provence, au parc Jourdan, les 18, 19 et 20 juin. Le second aura lieu à Marseille, sur l’esplanade de la Major, les 10, 11 et 12 septembre. D’après le succès des éditions précédentes, l’événement devrait attirer plusieurs milliers de personnes chaque soir, de 17h à minuit. L’entrée restera gratuite afin de permettre au public de partager la gastronomie locale autour de grandes tablées et de DJ sets, avec des produits issus du savoir-faire du territoire.

    Parmi les nouveautés de cette édition figure le « banquet bouillabaisse » prévu le 9 septembre, à la veille du street food festival de Marseille. Préparé par plusieurs chefs locaux, ce grand dîner réunira près de 400 convives de 18h à 23h. Les tarifs n’ont pas encore été communiqués mais la présidente de Provence Tourisme souhaite rendre cet événement « le plus accessible possible ».

    Des expériences originales

    Autre expérience originale : un dîner olfactif organisé à Istres le 29 mai, pouvant accueillir jusqu’à 120 personnes sur réservation. Ce repas s’inscrit dans le cadre des Rencontres parfumées 2026 et mêlera senteurs et saveurs le temps d’une soirée.

    L’événement met également en avant son engagement environnemental. Désormais certifié ISO 20121, un label qui atteste d’une gestion durable d’événements, Provence Tourisme souhaite « approfondir encore plus son engagement de durabilité », assure Isabelle Brénond. « Nous voulons sensibiliser les partenaires sur ces sujets afin qu’ils s’engagent à leur tour. » Les organisateurs encouragent notamment l’utilisation de vaisselle réutilisable, le tri des déchets et la valorisation des produits locaux. Des actions de sensibilisation et des animations pédagogiques seront aussi proposées afin d’impliquer le public et les partenaires dans cette démarche écologique.

    Pour tout renseignement et réservation : https://mpgastronomie.fr

  • À Marseille, mémoire des récits, intimes et politiques, contre l’oubli

    À Marseille, mémoire des récits, intimes et politiques, contre l’oubli

    Mise en scène par Michel André, fondateur du Théâtre de la Cité, espace théâtral situé sur la rue Edmond-Rostand qui porte la Biennale des écritures du réel, la lecture performée Les nouveaux anciens ouvre cette manifestation mercredi 18 mars. Guidée par Tiodhilde Fernagu, autour d’un texte de Kae Tempest, une balade enivrée de poésie qui appelle à « trouver les héros de notre quotidien », résume Magda Bacha.

    L’augure de ce festival de 75 propositions en tous genres qui, comme le souligne sa directrice adjointe, explore pour sa 8e édition « la thématique de l’oubli. En faisant ce choix, on part de nos histoires intimes, de nos creux, manques et pertes pour essayer de réinventer le réel ». De petites histoires qui s’inscrivent dans la grande, il sera beaucoup question au cours de la programmation. « Pour dépasser un état de sidération. » Un credo trouvant ses premières illustrations avec Minga de una casa en ruinas du colectivo Cuerpo Sur au Théâtre Joliette, « qui fait écho au retour au pouvoir de l’extrême droite et de José Antonio Kast au Chili », contextualise-t-elle. La dramaturge Ebana Garin Coronel y « raconte l’exil de sa mère qui avait dû fuir la dictature de Pinochet et montre comment se reconstruire quand on est obligé de tout quitter ».

    Liban, Rwanda, Arménie…

    La guerre civile au Liban (1975-90) occupera aussi l’esprit de plusieurs spectacles, parmi lesquels Silence, ça tourne, autour du massacre du camp palestinien de Tel al-Zaatar, « commis par des milices phalangistes chrétiennes ». Chrystèle Khodr et Nadim Deaibes « entrelacent les voix » d’une infirmière suédoise rescapée de ce charnier, « d’un médecin palestinien dont elle tombe amoureuse et d’un journaliste qui veut raconter son histoire », précise Magda Bacha. Alors que les crimes de guerre et génocides ne cessent pas de nos jours, la Biennale réparera également l’oubli de deux autres crimes contre l’humanité : le génocide rwandais, à travers Hewa Rwanda, lettre aux absents, à la Friche Belle de Mai, d’après un récit écrit et incarné par Dorcy Rugamba qui « pose la question de la résilience et de la foi quand l’irréparable a été commis ». Mais aussi le génocide arménien, encore et toujours nié par le pouvoir fasciste en Turquie, dont les atrocités trouveront une résonance avec les lectures performées de Pieds nus et Au bord de l’effacement, sur les pas d’exilés arméniens dans l’entre-deux-guerres, lors d’une soirée aux Archives départementales.

    Réel ancré dans la ville

    « La Biennale veut redonner de la visibilité à des choses qui ont moins de place et enrayer le spectacle de la cruauté, comme l’écrit l’anthropologue Chowra Makaremi », situe Magda Bacha, qui pointe également des journées de « créations partagées et journées festives, le 25 avril dans les centres sociaux Del Rio et des Musardises », à la Viste et Consolat, puis le 3 mai à la Maison des arts de Marseille, sur les lieux de l’ancien Théâtre Toursky.

    Outre sa vitrine festivalière, la Biennale des écritures du réel participe tout au long de l’année à la formation de troupes de jeunes et d’adultes « n’ayant jamais fait de pratiques artistiques. Le thème de l’oubli est venu de nos discussions avec elles. Les écritures du réel ont une utilité sociale », affirme la directrice adjointe de la manifestation. Parmi les nombreuses propositions de la Biennale, le centre social Saint-Mauront accueillera aussi le spectacle de Julien Gallix, J’oublie tout, référence au titre emblématique du rappeur Jul, pour parler des identités actuelles de la jeunesse.

  • Dix jours de cinéma d’outre-Manche à Nîmes

    Dix jours de cinéma d’outre-Manche à Nîmes

    Pendant dix jours, le public pourra découvrir plus d’une trentaine de films couvrant plus d’un siècle de cinéma britannique et irlandais au cinéma le Sémaphore et à Carré d’Art. Avant-premières, films inédits, documentaires ou classiques restaurés composent une programmation éclectique fidèle à l’ADN du festival : mêler patrimoine et création contemporaine.

    Temps fort de cette édition, la venue du réalisateur irlandais Jim Sheridan, figure majeure du cinéma engagé. L’auteur de My Left Foot, In the Name of the Father ou The Boxer accompagnera plusieurs projections et rencontres avec le public. Six de ses films seront présentés durant le festival.

    Classiques et découvertes

    Les organisateurs proposent également plusieurs hommages, notamment au cinéaste britannique Charles Crichton, réalisateur du célèbre Un poisson nommé Wanda, ainsi qu’à Peter Watkins, disparu en 2025. Le festival mettra aussi en lumière la vitalité du nouveau cinéma irlandais avec plusieurs films inédits, dont Aontas, Fréwaka ou Horseshoe. Des courts-métrages de la London Film School, présentés par son directeur Chris Auty, complètent la programmation.

    Autre rendez-vous original : un ciné-concert autour de Sherlock Holmes, porté par Virgile Goller, qui fera dialoguer images muettes et musique en direct. Master classes, rencontres avec les invités et séances spéciales jalonneront également ces dix jours de projections.

  • L’Union pour Arles veut des états généraux de la culture

    L’Union pour Arles veut des états généraux de la culture

    « La mise en place d’États généraux de la culture garantira une gouvernance démocratique et participative », clame l’Union pour Arles dans son programme culturel, présenté à la presse le 3 mars dernier. Ces propositions sont « le fruit d’un travail programmatique co-construit avec l’Appel d’Arles et les neuf partis partenaires », dans le respect des différentes cultures présentes à Arles.

    La liste d’union de la gauche hors LFI, conduite par Nicolas Koukas (PCF), promet ainsi une « concertation permanente avec les acteurs culturels et les habitants, l’évaluation publique, ajustable et pensé sur des critères co-construits, la transparence des critères d’attribution de locaux, de subventions et de moyens municipaux », « l’accès à la culture et la liberté artistique et associative », mais aussi « l’équité territoriale en favorisant les échanges avec les acteurs déployés sur le territoire » comme socle de sa politique culturelle.

    Elle affiche aussi une volonté de désaisonnaliser l’offre culturelle. « Nous soutiendrons les temps forts hivernaux comme Drôles de Noël, supprimés par la mandature actuelle (…), et les festivals hors saison comme Arles se Livre, festival de la BD, ou Octobre numérique », dans l’idée que la culture soit présente « toute l’année ».

    Une ambition territoriale

    Dans la plus vaste commune de France, l’Union pour Arles affirme que « la diffusion, la sensibilisation et la pratique culturelle doivent être consolidées sur l’ensemble du territoire », une « ambition » reposant sur « le renforcement des équipements existants comme les médiathèques, centres sociaux, musée et théâtre, la circulation des œuvres et des artistes dans tous les quartiers et villages, le soutien aux initiatives mobiles et itinérantes et le développement d’actions culturelles pérennes ou temporaires en milieu rural ».

    In fine, l’objectif de l’Union pour Arles est de « garantir un véritable maillage culturel et une égalité d’accès pour tous ». Pour cela, la formation compte donner comme moyen « la création de Maisons communes dans les quartiers et les villages, fruit du groupe de travail culture et sport des ateliers de l’Appel d’Arles ».

    Pour étendre cet accès, « un Pass culture pour les jeunes arlésiens » figure également au programme, tout comme la volonté de « renforcer les moyens à la transmission et sensibilisation au patrimoine », dans le cadre d’un programme co-construit avec le corps enseignant.

  • Les anciens du festival des Agglos répondent à Spanu

    Les anciens du festival des Agglos répondent à Spanu

    La simple évocation d’un festival antifasciste à l’arrêt depuis 2011 dans le programme d’un candidat d’extrême droite suffit à faire monter ses anciens organisateurs au créneau, par le biais d’un communiqué de presse paru jeudi.

    « Nous, anciens membres de l’association « Avec la tête », créatrice du Festival des Agglos, avons été surpris qu’un candidat d’extrême droite, issu d’une alliance avec le RN, se permette de poser dans son programme l’idée qu’il puisse en être à l’origine alors que la volonté première de ce festival est le combat de ses idées » taclent ceux qui visent Pascal Spanu, candidat du RPR du député RN Franck Alisio.

    Car précisément, le festival est né « en 2002, entre les deux tours de l’élection présidentielle, lorsque Le Pen [FN] accède au second tour face à Chirac » rappellent ses organisateurs, qui se sont « mobilisés comme partout en France pour dire non à l’extrême droite ».

    « Un sursaut démocratique »

    « À Port-de-Bouc, ville populaire, ouvrière, maritime, cette mobilisation prend une forme particulière, celle d’un festival » rappellent les anciens organisateurs, affirmant que « le Festival des Agglos n’est pas né d’une logique commerciale. Il est né d’un sursaut démocratique » dont « aujourd’hui encore l’esprit demeure », après sa disparition en 2011 après 10 éditions.

    Dans son programme, Pascal Spanu veut passer « du festival des Agglos à un nouveau festival », promettant de « refondre les animations de la ville : festival, concerts, (…) ». Mais pour les anciens du Festival des Agglos, c’était « bien plus qu’un événement musical : un acte citoyen, une réponse culturelle à la montée de l’extrême droite ». Loin d’un « exercice nostalgique, c’est rappeler qu’une ville rassemblée, peut transformer l’inquiétude en création, la colère en musique, et la peur en fraternité », concluent-ils.

  • Festival « Battement d’elles » à Nîmes : rencontre avec Violaine de Fillipis-Abate samedi 21 mars

    Festival « Battement d’elles » à Nîmes : rencontre avec Violaine de Fillipis-Abate samedi 21 mars

    Backlash : ce terme anglais signifie « retour de bâton ». La Fédération Citoyens et Justice en donne la définition suivante : « Dans l’usage courant, le backlash est associé à une réaction conservatrice face à un changement social et politique progressiste. » Le terme a été forgé par la journaliste américaine, Susan Faludi, en 1991. Son ouvrage Backlash : la guerre froide contre les femmes, est le résultat de 4 années d’enquête. récompensé par le prix Pulitzer. Il est publié en France en 1993 et devient une référence.

    Dans cet essai, précise le site de Justice et Société, « Susan Faludi explique, avec de nombreuses sources et statistiques à l’appui, comment toute avancée des droits des femmes et d’autres minorités se trouve systématiquement suivie d’une vague de résistances, de contestation, et de retour en arrière, qui s’illustre par des mécaniques d’exclusion. » Ce phénomène de backlash est ainsi au cœur de la rencontre organisée samedi 21 mars avec l’avocate et autrice Violaine Fillipis-Abate autour de son livre La résistance écarlate : Les femmes face au nouveau backlash. (éd. Payot). À ses côtés, la Montpelliéraine Vigdis Morisse-Herrera, présidente de l’association Les Tricoteuses hystériques. Cette rencontre, organisée par la librairie nîmoise L’Eau Vive, vient clôturer le volet débat public de la troisième édition du festival féministe des Ami.es du Prolé. Le débat sera animé par Marine Del Rio, référente pour l’égalité filles garçons dans l’éducation nationale, professeure d’histoire-géographie-enseignement moral et civique (EMC).

    Samedi 21 mars à 14h30, au Bar du Prolé, 20 rue Jean-Reboul, Nîmes. Entrée libre.