Tag: festival

  • « Uzès Seul en Scène » mise sur l’émotion et la solidarité

    « Uzès Seul en Scène » mise sur l’émotion et la solidarité

    Quatrième édition, et déjà l’allure d’un rendez-vous bien installé. Du mercredi 6 au samedi 9 mai, le festival Uzès Seul en scène revient dans la cité ducale avec une programmation resserrée, populaire et ambitieuse, portée par son directeur artistique Patrick Timsit. Théâtre, danse, humour, stand-up, musique : l’événement veut faire dialoguer les formes et les publics, sans réserver la scène aux seuls initiés.

    Une nouvelle dimension solidaire

    Les premières têtes d’affiche annoncées sont déjà complets : Alex Lutz ouvrira le bal le 6 mai avec Sexe, grog et rocking chair, finalement présenté à l’Ombrière pour des raisons techniques. Suivront Marie-Claude Pietragalla avec Barbara, Philippe Caverivière avec Tu crois que c’est une bonne idée ?, puis Bernard Lavilliers et Le comptoir des voyageurs.

    Trois nouveautés viennent compléter la programmation. Le vendredi 8 mai à 11h, la réalisatrice et scénariste Danièle Thompson donnera une masterclass au cinéma Capitole, animée par Karim Ghiyati, directeur d’Occitanie Films. Le soir même, place au Comedy Club avec Amandine Lourdel, Yacine Belhousse, Adel Fugazi, Ethan Lallouz et Denise.

    Enfin, samedi 9 mai à 21h30, Philippe Corti clôturera le festival avec un DJ set à l’Ombrière. Cette soirée, comme la masterclass, aura aussi une dimension solidaire : les recettes seront reversées à la Banque alimentaire du Gard. « C’est vraiment local et les gens savent où ça va. C’est important de le savoir. C’est concret », insiste Patrick Timsit.

  • Le livre jeunesse en fête à Manosque et Forcalquier

    Le livre jeunesse en fête à Manosque et Forcalquier

    Permettre à tous les enfants, nourrissons comme adolescents, d’accéder à la lecture et à la culture : tel est l’objectif de la fête du livre jeunesse, qui revient pour sa 26e édition du 18 au 23 mai. Coorganisée par deux associations spécialisées dans la littérature jeunesse, Éclat de lire et Croq’livres, la fête du livre accueillera cette année neuf invités à Manosque et Forcalquier.

    L’invité d’honneur de cette édition 2026 sera Jérémie Fischer, illustrateur installé à Manosque depuis deux ans. « Lui qui est invité à travers toute la France, il disait que cela avait une saveur particulière que de préparer une fête dans la ville où il habite, qui va bénéficier à des enfants qu’il a peut-être déjà croisés », rapporte Marion Dizès, de l’association Croq’livres. « On prend soin de choisir un invité d’honneur qui peut s’adresser à différents âges, du bébé à l’adolescent », précise Virginie Gontrand de l’association Éclat de lire.

    Cette collaboration entre les deux associations manosquine et forcalquiérienne permet « de croiser nos différents réseaux, d’avoir une plus grande richesse de propositions sur tout le territoire et de mutualiser les coûts », se réjouit Virginie Gontrand. La mise en commun de leurs moyens financiers permet de louer des expositions et de rémunérer les artistes pour six jours d’interventions.

    Atteindre les familles éloignées du numérique

    Le programme de la fête, conçu par l’invité d’honneur, a déjà été distribué à tous les écoliers des communautés de communes de la DLVA (Durance Luberon Verdon Agglomération) et du Pays de Forcalquier – Montagne de Lure. « On veut que chaque famille ait accès à cette communication, puisqu’il y a des familles qui sont éloignées du numérique », explique Virginie Gontrand.

    « On défend des livres faits par des éditeurs indépendants, avec un vrai souci graphique et de fabrication », avance Marion Dizès. Papier découpé, collage, dessin en rond, gravures, calque… Une multitude de techniques sont à découvrir chez les différents invités. « Il y a aussi cette volonté de partager ce qu’est le métier d’auteur et d’illustrateur jeunesse, et d’éveiller à la fois une rencontre avec le livre, mais peut-être aussi une vocation, une envie pour plus tard », ajoute Marion Dizès. L’idée est ainsi de « rendre accessible des savoir-faire, des techniques, des professions, des idées », conclut Virginie Gontrand.

    Tous les événements sont gratuits ou à prix libre, sauf la journée professionnelle, à destination des adultes, qui coûte, elle, 20 euros. Lors de l’inauguration de la fête le 18 mai, une classe de CM2 proposera une lecture en langue des signes. Le mardi 19 mai est prévue à Manosque une matinée pour les tout-petits, de 0 à 3 ans. « C’est pris d’assaut chaque année, car il n’y a pas beaucoup d’événements pour les tout-petits », explique Virginie Gontrand. « Le livre est un facteur d’inégalité entre les enfants et les familles », rappelle Marion Dizès.

  • La Grande Parade Métèque : dix ans à fêter la diversité

    La Grande Parade Métèque : dix ans à fêter la diversité

    « Il y a dix ans naissait, à Montpellier, la toute première édition de la Grande parade métèque, d’un rêve un peu fou : célébrer le métissage et l’interculturalité, dans un pied de nez joyeux et déterminé au racisme et aux replis identitaires. Le contexte dans lequel nous célébrons cette 10e édition rend ce travail plus nécessaire que jamais », estime Ademass, association culturelle à dimension sociale et citoyenne qui porte la manifestation. En effet, « partout, les discours de peur se banalisent, le racisme se décomplexe, les fractures sociales se creusent et polarisent notre société », déplore l’association. Ce 10e anniversaire se veut donc synonyme de « résistance joyeuse » : « nous lançons un appel à toutes celles et ceux qui ne se résignent pas (…). Affirmons par la fête, la culture, la musique et les gestes partagés, qu’un autre monde est possible ».

    Du 5 au 9 mai, le quartier Figuerolles-Gély, où le projet est implanté depuis ses débuts, va vivre au rythme des nombreuses animations – spectacles d’arts vivants, débats, concerts, village associatif – proposées autour de la traditionnelle « grande parade ».

    La journée du 7 mai sera réservée aux scolaires, avec l’accueil de 300 enfants des écoles du quartier. À la fois spectateurs et acteurs, ils présenteront des spectacles créés durant l’année avec des artistes partenaires. Le reste du festival sera ouvert à tous et entièrement gratuit. Le coup d’envoi sera donné mardi 5 mai à 18h avec une représentation de Souki, spectacle de théâtre-danse, dans une salle du collège Fontcarrade. Suivra, à 20h30 à la maison pour Tous Joseph-Ricôme, l’Odyssée d’un départ, où seront égrenés, en musique, les souvenirs d’un enfant d’origine algérienne né en France.

    La grande parade aura lieu samedi 9 mai à 17h

    Mercredi 6 mai, le festival s’installe place Salengro, au cœur de Figuerolles, pour une après-midi de jeux, danse et musique (14h-18h) avant un spectacle de cirque acrobatique proposé par la compagnie Zid à 18h30 suivi, à 20h30, d’un DJ set « percussif et libérateur » de Kbira, qui fusionne les sonorités du Maghreb avec des styles urbains.

    Vendredi 8 mai, rendez-vous au parc de la Guirlande pour une après-midi « décolonisons nos imaginaires ». Dès 14h, des ateliers créatifs et des performances seront proposés, la Bouscule viendra avec sa « bibliothèque décoloniale ». À 15h30, une table ronde sera consacrée à la thématique « Décolonisons le langage ». À 17h, cap sur le théâtre voisin de La Vista, pour la conférence dansée « Décolonize the dancefloor » de Habibitch, nourrie de références politiques et historiques. La journée se clora à 20h30 avec Hermance DJset, « un set émergent qui valorise des voix de femmes et des discours de femmes marquantes ».

    Samedi 9 mai, enfin, le parc de la Guirlande accueillera, de 14h à 18h, un village associatif mettant en valeur une trentaine d’associations du territoire. Des expositions autour des questions de féminisme et de migrations, d’exil et de lutte contre le racisme y seront proposées. Deux spectacles de cirque auront lieu à 14h30 au gymnase Ramel (Routine, au croisement du cirque et du parkour) puis à 16h au parc de la Guirlande (Maiador, expérience inspirée de la culture populaire brésilienne où se mêlent acrobatie, danse contemporaine, mât chinois et musique live).

    Temps fort de la journée : la grande parade métèque, déambulation déguisée dans le quartier, mélange de carnaval et de manifestation célébrant l’interculturalité, partira à 17h du parc de la Guirlande au son des batucadas, emmenée par un char à chimères. Le festival se clora par une soirée de concerts au parc où se succéderont, à 19h30, l’enfant de la Paillade Manuela Diaz (pop urbaine – flamenco) et à 21h30 la chanteuse réunionnaise Maya Kamaty (maloya – pop urbaine créole).

  • Une nouvelle présidence pour Terres de résistance

    Une nouvelle présidence pour Terres de résistance

    Il y a des moments importants dans la vie d’une association, à l’heure de transmettre le flambeau des responsabilités. Particulièrement pour l’organisatrice d’un festival emblématique de la vie martégale qu’est Terres de résistance.

    Après vingt ans de présidence, Christian Scognamiglio a laissé place à Jeanine Incorvaïa, militante associative de toujours, lors de l’assemblée générale de l’association samedi matin. « Je suis honorée de la confiance témoignée par mes camarades » a réagi cette dernière à l’issue de la réunion. « C’est une fonction complexe pour laquelle je vais m’atteler au mieux à mettre en œuvre les événements des Amis de la fête », affirme-t-elle, optimiste.

    « Une autre manière

    de lutter dans la joie »

    Le festival Terres de résistance n’est pas une simple fête dans les yeux de la nouvelle présidente. « C’est une manière comme une autre de lutter contre l’obscurantisme, pour les idées progressistes, redonner du sens au collectif dans la joie, la fraternité et la bonne humeur ». Le slogan « Lutte et fête » imprimé sur les t-shirt des bénévoles résume le propos. L’édition 2025 avait fait la part belle aux questions industrielles lors du débat du dimanche, inaugurant en même temps un nouveau village des associations.

    « Se renouveler en mettant toute l’asso en mouvement autour des nouvelles idées est le plus gros travail » reconnaît Christian Scognamiglio, après 30 ans d’adhésion dont une vingtaine de présidence discontinue. « C’est plus simple quand on renouvelle aussi le bureau. Jeanine va donner une nouvelle impulsion » souligne-t-il, au regard des cinq membres du bureau nouvellement élu.

    Terres de résistance est annoncé du 4 au 6 septembre 2026 au jardin du Prieuré.

  • Le Festival de Marseille jette des ponts entre les cultures

    Le Festival de Marseille jette des ponts entre les cultures

    Dans cette époque de conflits, où les libertés sont remises en cause et le dialogue devient difficile, des moments de rencontres comme le Festival de Marseille sont indispensables », introduit Julie Chénot, présidente de son conseil d’administration, à l’heure de dévoiler la programmation de sa 31e édition. Le rendez-vous se déploie du 14 juin au 8 juillet sur « 14 sites de la ville, du plus au Sud avec le Théâtre des Calanques jusqu’au Nord avec le Théâtre de la Sucrière ».

    Fort « d’un taux de remplissage qui a approché les 100% » en 2025, notamment à travers ses actions de médiation et d’un tarif unique à 10 euros, le Festival de Marseille remet le couvert avec une soixantaine d’événements. Et ce, dans le cadre d’une « programmation principalement internationale », situe sa directrice, Marie Didier, dont un certain nombre de projets qui jettent des « ponts entre les cultures », comme pourra en attester Urban Gnawa project. Imaginée par le chorégraphe Khalid Benghrib et réunissant « 250 participants amateurs » à la Friche Belle de Mai, campe Julie Moreira-Miguel, responsable des relations avec les publics, une « fête électro-populaire » d’ouverture qui donnera le la d’un festival fertile en mélanges de disciplines et d’influences.

    Dans Border Dance, Taoufiq Izeddiou se jouera des « frontières entre les cultures flamenco, gnawa et danses contemporaines » au Théâtre Joliette. Klap, Maison pour la danse, accueillera quant à elle Fandango reloaded. Créée par la Valencienne Inka Romani, une plongée dans cette danse « qui a failli disparaître pendant la période franquiste et dont elle dit qu’elle a résisté à la censure et au fascisme car elle était cachée dans le corps de nos grands-mères », détaille Marie Didier. La Friche Belle de Mai sera aussi le théâtre de Nouba-ti, performance décloisonnant les disciplines et imaginée par dix artistes femmes du bassin méditerranéen, qui s’inscrivent « dans le sillage » du film La Nouba des femmes du mont Chenoua, réalisé par Assia Djebar en 1979. « Nous nous interrogeons sur la façon de faire de l’art dans un monde où la cruauté est partout, afin de construire d’autres imaginaires », explique l’une de ses trois conceptrices, la Palestinienne Samaa Wakim.

    « Affirmations »

    Si le 31e Festival de Marseille joue à fond la carte de l’art briseur de frontières, il n’en demeure pas moins lieu des échos de sociétés qui naviguent entre « soumission et soulèvements », plante Julie Moreira-Miguel. Illustration suprême avec Fucking future, de Marco da Silva Ferreira, qui, au son « des tambours et de la techno », déglingue « les codes de la virilité, de la violence, de la soif de pouvoir et de l’oppression ».

    De rébellion, il sera aussi question à la Cité radieuse du Corbusier, à l’Alcazar et au Mucem, avec un « temps fort autour du mahraganat, mouvement culturel apparu dans les rues du Caire dans les années 2000 » et qui se veut l’expression « d’une attitude contestataire vis-à-vis du pouvoir et de la religion ». De « l’intime au politique », autant de révoltes qui appellent aussi parfois à « l’affirmation de soi quand on ne se situe pas dans la norme », précise la directrice du Festival de Marseille. Preuve en sera notamment avec XXL de Sofiane Chalal qui convoque avec trois autres danseurs les préjugés liés à leur surpoids pour les transformer en puissance créatrice, Parc d’Eric Minh Cuong Castaing « qui réunit dans un même espace de jeu public, danseurs et enfants atteints de troubles moteurs, soignants et robots commandés à distance », ou encore Version(s) de Dorothée Munyaneza, « hommage au boxeur marseillais Christian Nka, marqué par la lutte et la violence avec et contre laquelle il s’est construit ».

  • Jazz voyageur pour irriguer le Domaine de Fontblanche

    Jazz voyageur pour irriguer le Domaine de Fontblanche

    Le domaine de Fontblanche était, au XIXe siècle, une grande propriété agricole. Au bord du ruisseau de la Cadière, une terre fertile pour les ventres, mais aussi les oreilles des mélomanes du Charlie jazz festival depuis 1998. Irriguée par la note bleue, une terre enracinée mais voyageuse illustre sa 28e édition prévue du 2 au 5 juillet. « Programmation qui s’adresse aussi bien aux amateurs éclairés qu’aux néophytes » et « vision du jazz affranchie des standardisations médiatiques et des logiques industrielles » dans l’ADN, rappellent ses organisateurs, cette mouture s’élancera avec le guitariste Al Di Meola. Révélé dans le groupe de jazz fusion de Chick Corea en 1974, il ne cesse d’épater par sa technique comme de son sens de la mélodie et se produira à Vitrolles avec Peo Alfonsi à la guitare et Sergio Martinez aux percussions.

    Moyen-Orient, Inde, Mali…

    Le « jeune virtuose du trombone » Robinson Khoury complétera cette soirée inaugurale au sein d’un septet avec sa création Aria, « rencontre de la musique ancienne, jazz, sonorités moyen-orientales et électroniques ». Au total, quatre soirées où « dialoguent figures majeures de la scène jazz internationale et talents émergents », à l’instar du batteur américain Nate Smith et de la saxophoniste Lakecia Benjamin, le 3 juillet. Le lendemain, la flûtiste d’origine syrienne Naïssam Jalal jouera Landscapes of eternity, « fruit de son immersion dans la tradition hindustani, musique classique du nord de l’Inde », avant que la diva malienne Oumou Sangaré ne prenne le relais. Charge au maestro du oud, Dhafer Youssef d’assurer la clôture du festival.

  • Marin Karmitz, une collection pour questionner

    Marin Karmitz, une collection pour questionner

    Pour construire des jeux d’échos et des transitions dans les espaces de son exposition, échafauder ce qui ressemble à un film expérimental avec un parcours, un début et une fin, Marin Karmitz a longuement dialogué avec cet autre collectionneur qui l’a précédé en 2025 en la chapelle Sainte-Anne, Antoine de Galbert. Ce dernier, voici quelques années, programmait à Paris d’autres expositions dans un lieu aujourd’hui fermé, la Maison Rouge. Karmitz a cherché en sa compagnie des solutions à propos des éclairages et du mobilier. Pour transformer le dispositif d’ordinaire ingrat de cette chapelle, Arthur Toqué, le scénographe qui œuvrait autrefois pour la Maison Rouge, a su inventer des ouvertures et des cadrages qui servent admirablement ses intuitions et son récit.

    Liberté grande

    Une fois qu’on a compris qu’à côté de quelques dessins d’Ingres, Corot et Géricault, d’une poignée de Valloton et de gravures issues des Désastres de la Guerre de Goya, il s’agissait majoritairement de pièces créées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la liberté d’interprétation devient évidente. Ici, les dessins apparaissent sans chronologie. Ce qui prime, ce sont les jeux de connivence et les rapprochements, les écarts et les ricochets qui s’enclenchent. On ne se confronte pas aux survols d’une histoire de l’art plus ou moins officielle, les idées reçues s’effacent au profit d’un champ émotionnel. Certes, on rencontre de grands noms -Jean Fautrier, André Masson, Annette Messager, George Grosz, Otto Dix et Andy Warhol. Cependant on trouve aussi un presque inconnu comme Damien Dufresne ainsi que d’improbables graphismes et photos du cinéaste Chris Marker.

    Et la vie continue !

    Rien d’ostentatoire, pas de surlignage ni d’affichage intempestifs, point de gêne ni d’opulence. Par exemple on pressent intensément comment Alberto Giacometti pouvait s’emparer de ce qu’il apprenait au Louvre et à Rome. Dans ce parcours des choses à peine révolues, pour partie déconcertantes et décalées murmurent des rudes vérités ou bien de l’inconnu. à côté des surprises de plusieurs points culminants qui traduisent les souffrances du corps -un nu très sexualisé et très passionnel de Louise Bourgeois, le visage anxieux de Léon Spilliaert, la détresse et les cruautés qui traversent les scènes de Taddeus Kantor- l’humour et la désinvolture refont surface dans une composition d’Arnulf Rainer ou bien dans une révolte de Rist.

    Pendant l’inauguration et la visite de presse de cette exposition, Marin Karmitz est apparu comme un personnage discret, jamais totalement solitaire, vivant fortement avec ses proches, le plus souvent silencieusement, ses plus intimes convictions, les fragilités et les moments additionnels que procurent les trouvailles d’une collection. Certes, il faut de l’argent, de l’énergie et de la vigilance pour acquérir des pièces de grande qualité ; on ne fut pour autant jamais convié pour songer à la spéculation et s’extasier sur les prix atteints lors d’une vente aux enchères.

    Grand lecteur du Talmud, autrefois ami de Samuel Beckett, producteur de Godard, Chabrol, Resnais et Abbas Kiarostami, personnage multiple et contrasté, à la fois dur en affaires et généreux, capable de deals et de rupture avec Nicolas Sarkozy, Marin Karmitz est à présent un homme de 93 ans, profondément marqué par la Shoah, les exils et les guerres du XXe. On n’oublie pas les expositions de plusieurs facettes de sa collection à Strasbourg et à la Maison Rouge, « Corps à corps », sa confrontation réussie en 2023 avec les photographies du Centre Pompidou. Dans la préface de son catalogue, il évoque « la dialectique de la vie et de la mort » : « Cet arbre est prêt à se rompre, mais il tient. »

    Jusqu’au 17 mai, programme complet sur site www.festivaldessin.fr.

  • Avignon, l’île de la Barthelasse vibre au rythme de l’Afrique

    Avignon, l’île de la Barthelasse vibre au rythme de l’Afrique

    Un événement culturel et artistique qui se caractérise par sa convivialité. C’est également un lieu d’échange qui favorise le lien et la rencontre sous forme d’une grande fête.

    Grande fête qui se concrétise sous la forme de concerts, d’un marché artisanal et solidaire, d’animations et de stages artistiques divers tout au long du week-end.

    Le tout avec une volonté claire depuis la création de ce festival africain : le rendre accessible au plus grand nombre avec une participation libre.

    Un programme
    riche et varié

    Le marché artisanal et solidaire vous accueillera sur les deux jours. D’abord samedi entre 13h et 22h pour une journée qui débutera à 10h30 et se terminera à minuit. Puis dimanche de 11h à 19h, heure de clôture de l’événement.

    Au programme samedi un stage de percussion traditionnelle de Casamance, avec Aziz Loulou Manga, l’un des plus jeunes joueurs de Bougarabou vous attend dès le début de la matinée. Il sera suivi d’un stage de danse traditionnelle aux côtés d’un danseur et chorégraphe professionnel. Pour les enfants le rendez-vous est donné à partir de 14h avec des jeux géants en bois mais aussi des contes ou encore des activités pédagogiques dont la thématique est « culture et patrimoine », s’offrent aux enfants entre 3 et 14 ans. C’est à 18h30 que débuteront les concerts avec Paamath et Davy Kilembe suivi de Burkina Azza, un concert de musique traditionnelle du Burkina Faso pour terminer avec Basafrika, une fusion world dynamique. Le soir même, un repas africain est proposé à partir de 19h30.

    Dimanche, découvrez le chant et le balafon, un instrument de percussion africain. Une session contes est également au programme et les concerts s’enchaîneront ensuite à partir de 14h avec Sandro Joyeux, Diako, de l’afroworld music et le week-end se terminera avec le concert de Djama, six musiciens de cultures et d’origines variées.

    Infos et résa : 06.72.21.35.63.

  • À Toulon, 48h pour cultiver une ville plus durable

    À Toulon, 48h pour cultiver une ville plus durable

    Rendre les villes plus vertes, un effort auquel chacun peut participer, des collectivités aux habitants en passant par les associations et les commerçants : c’est l’objectif des 48h de l’agriculture urbaine, qui font étape à Toulon et dans cinq communes du département (La Valette-du-Var, Six-Fours-les-Plages, La Farlède, Le Val, Le Castellet) de vendredi à dimanche.

    Festival organisé depuis 2016 par l’Association française d’agriculture urbaine professionnelle (AFAUP), il se veut « l’événement vitrine de l’agriculture urbaine en France et en Europe ». Il défend trois objectifs : promouvoir l’agriculture urbaine et sa diversité auprès du grand public, encourager la création d’espaces cultivés en milieu urbain, et créer du lien social et favoriser les rencontres pour faire émerger de nouvelles initiatives. L’an dernier, 35 villes françaises y ont participé, avec plus de 1 000 activités participatives gratuites (ateliers, visites, projections-débats, conférences et tables rondes, banquets populaires, concerts…) pour débutants et passionnés.

    Marché des producteurs, atelier séchoir solaire…

    À Toulon, c’est au Collectif varois pour l’agriculture urbaine (CVAU) que l’on doit l’organisation de l’événement, avec un programme qui fait la part belle aux acteurs locaux du domaine. Les réjouissances débuteront vendredi, avec un premier atelier, place Vincent Raspail, qui consistera à fabriquer des jardinières à partir de palettes récupérées auprès des halles de Toulon. Celles-ci seront ensuite remplies à partir de compost, puis disposées sur les terrasses des halles. Une activité préliminaire à la soirée d’ouverture qui se tiendra dès 18h30 au Domaine d’Orves, à La Valette-du-Var, et sera le théâtre d’une conférence dédiée aux jardins nourriciers.

    Les animations se poursuivront samedi et dimanche. Des dizaines de producteurs locaux proposeront un marché de saison samedi, dès 8h, rue Paul Lendrin. Vous pourrez aussi découvrir l’agroécologie au jardin du Chemin ver.s.t, au Castellet, vous essayer à la fabrication d’un séchoir solaire au domaine de la Pierre Blanche, dans la même commune, ou pour les débutants, apprendre les bases du jardinage au jardin partagé de la Florane, à Toulon.

    Programme complet à retrouver sur les48h.com

  • À Marseille, 130 écrivains s’effeuillent avec les beaux jours

    À Marseille, 130 écrivains s’effeuillent avec les beaux jours

    « Dans le fracas du monde, le tumulte éditorial que nous connaissons en France et les atteintes à la liberté d’expression et de création, d’autres voix s’élèvent, celles de mots, ici à Marseille », amorce Vincent Schneegans, président de l’association Des livres comme des idées, productrice d’Oh les beaux jours ! qui effeuille sa 10e édition dans certains lieux culturels de la ville du 26 au 31 mai.

    à l’heure de la main de fer du milliardaire d’extrême droite Bolloré sur le monde de l’édition, et du récent licenciement d’Olivier Nora de Grasset, ce festival continue d’établir des ponts entre le monde des lettres et les différentes formes d’arts. « Depuis 10 ans, on essaye de montrer comment la littérature est une manière d’habiter autrement ce monde qui tangue. Une manière de faire entendre des voix multiples dans une époque où tout pousse à simplifier, accélérer et opposer », estime Nadia Champesme, co-directrice d’Oh les beaux jours, aux côtés de son alter ego Fabienne Pavia, qui s’alarme des résultats de « la dernière étude du Centre national du livre qui dit que les Français lisent de moins en moins. La lecture quotidienne n’a jamais été aussi basse depuis qu’on la mesure ». Des signaux d’alerte accentués par « la loi de finance 2026 qui acte une baisse historique des moyens consacrés aux librairies et à la création », précise-t-elle.

    Guiraudie, de Luca, Sfar…

    Illustrant que « la littérature n’est pas un refuge à l’état du monde », mais plutôt une prise à la société qui ouvre le champ des possibles, la 10e édition du festival proposera ses traditionnels grands entretiens avec des plumes renommées. La Criée accueillera ainsi des conversations avec le cinéaste et écrivain qui « explore les troubles du désir » Alain Guiraudie, l’immense auteur napolitain Erri de Luca et Delphine de Vigan. Le Mucem abritera pour sa part une rencontre littéraire avec le Cubain Leonardo Padura. Six jours durant, 130 auteurs sont invités au cours de 80 rencontres de « frictions littéraires ».

    Parmi ce flot de propositions, Joann Sfar donnera un concert dessiné autour de son ouvrage Terre de sang, restitution d’un voyage en Cisjordanie, « après le 7 octobre et la guerre à Gaza », où il a recueilli des paroles « de Palestiniens, Israéliens, Bédouins, journalistes, étudiants et artistes ; des voix palestiniennes surtout, traversées par la peur, la colère, l’injustice, l’épuisement et le sentiment d’un avenir confisqué ». Séquencé en plusieurs thématiques, des « corps » aux « contes (et légendes) », en passant par la « désintégration des systèmes sociaux, politiques et intimes », le programme ausculte les secousses du monde dans les yeux d’écrivains qui se livrent aussi bien par les mots et les dessins que le cinéma et la musique. Une édition qui marque les 10 ans d’Oh les beaux jours !, entre autres fêtée dignement le 30 mai au Conservatoire par une soirée lors de laquelle de nombreux auteurs de faire part de leurs « péchés mignons » culturels, avant un temps fort musical.