Tag: extrême droite

  • À Carpentras : une marche contre l’extrême-droite sous tension

    À Carpentras : une marche contre l’extrême-droite sous tension

    La France Insoumise souhaite organiser, ce jeudi 17 septembre à 16h place de la Mairie, une manifestation sous la forme d’une marche intitulée « Six mois de RN à Carpentras, ce que ça change vraiment ». Le maire RN Hervé de Lépinau tente de la faire annuler.

    Dans un communiqué, le premier édile demande « à l’État de prendre ses responsabilités en interdisant cette manifestation afin de prévenir tout trouble à l’ordre public », évoquant les profils des parlementaires insoumis présents, Thomas Portes (Seine-Saint-Denis) et Raphaël Arnault (Vaucluse). Le membre du parti à la flamme se permet même de faire un lien entre « la montée de l’antisémitisme » et la présence de la plus vieille synagogue de France dans la capitale du Comtat Venaissin, pour inciter le préfet à interdire le rassemblement. L’élu d’extrême droite évoque aussi des « affichages sauvages et tags d’extrême gauche » dans la ville où un conseil municipal se tient le soir même.

    « Ce n’est pas un motif d’ordre public. C’est une opinion sur les opinions de ceux qui devaient parler », rétorque la France insoumise. Qui ajoute ne pas commenter les attaques personnelles envers les députés et que les procédures de demande ont été respectées.

    Un refus « illégal »

    Une partie du programme a tout de même été rabotée, le premier édile ayant refusé de prêter une salle où les insoumis souhaitaient tenir un débat. Le mouvement politique de Jean-Luc Mélenchon annonce que le juge des référés a été saisi à propos de ce refus, assurant « qu’un refus de salle n’est légal que si la réunion présente “des dangers auxquels les autorités de police ne seraient pas en mesure de faire face“ ». Une décision est attendue « sous 48 heures ». Le débat pourrait donc finalement se tenir ce jeudi à 19h30.

  • L’ombre de Loïk Le Priol sur les hauteurs du Mont Faron

    L’ombre de Loïk Le Priol sur les hauteurs du Mont Faron

    Les échos de l’assassinat de l’ex-international argentin de rugby Federico Martín Aramburú, dans la nuit du 18 au 19 mars 2022, résonnent jusqu’au Var. C’est dans les oliveraies du domaine familial de l’Octopus, à Draguignan, que l’auteur des coups de feu mortels, Loïk Le Priol, s’était reconverti après son passage par l’armée, avant de rejoindre l’entreprise de retape de Jeeps anciennes de son père.

    C’est dans une annexe de cette même propriété familiale qu’il s’était immédiatement réfugié après la mort du rugbyman, là même où la police a retrouvé un véritable arsenal. Au milieu de la trajectoire du militant identitaire, cet héritage familial s’est invité aux assises de Paris, ce vendredi, au cinquième jour du procès de l’assassinat de Federico Martín Aramburú.

    « Tout ça à cause d’un putain de match de rugby, défendait le père de l’assassin présumé, Denis Le Priol, 63 ans. C’est une connerie ! Une connerie d’ivrognes à 6 heures du matin ! » Ancien para, l’entrepreneur varois qui témoignait à la barre était déjà une personnalité connue. Passionné de véhicules anciens et particulièrement des jeeps états-uniennes, qui ont « chassé le nazisme », il avait participé à deux saisons de l’émission Vintage mecanic, sur RMC. Une passion transmise, avec le même goût des armes, à son fils qui apparaît en 2022 dans un clip du rappeur Ninho au volant d’un véhicule militaire loué à son père. La nuit du 18 au 19 mars 2022, c’est à bord d’une Jeep que Loïk Le Priol rattrape Federico Martín Aramburú.

    Pour son père, l’amour des vieux véhicules militaires, qui défilent dans les différentes reconstitutions historiques dans toute la France à l’occasion des cérémonies de commémoration, est très lucratif. Son ancienne société de surplus américain, dont il a quitté la présidence en 2022, réalisait l’année précédente un résultat net de 624 000 euros. De quoi lui permettre de racheter, en novembre 2024, l’emblématique fort du Grand Saint-Antoine, sur les hauteurs du Mont Faron, pour 990 000 euros, dix ans après une première cession par le ministère des Armées. « Le Grand Saint-Antoine est l’un des seuls forts français, si ce n’est le seul, à avoir été libéré par des Résistants », racontait-il dans les colonnes de Var Matin, le 2 mai dernier, avant une première réouverture au public des lieux où il envisage d’aménager un musée dédié à ces véhicules militaires qu’il collectionne, ainsi qu’aux différents casques. Il parlait alors de solliciter la municipalité.

    Il a pourtant évolué loin des valeurs de la Résistance. Selon Libération, l’ex-para a frayé avec la Fédération d’action nationale et européenne, groupuscule néonazi qui avait scissionné d’Occident en 1966, avant d’être dissous par décret en 1980.

    « Loïk, raciste ? »

    à la barre ce vendredi, Denis Le Priol se présente simplement comme « chrétien ». Mais il prend la défense de son fils, ancien commando de marine au « parcours militaire fabuleux » et dont il conteste tout passif gudard. « Loïk, raciste ? ça m’étonnerait ! On est partis en Afrique forer des puits. Il a toujours été ouvert aux autres », assurait-il. Selon son témoignage, le père, qui pratique encore le tir sportif, n’a jamais vu son fils équipé d’armes au quotidien, mais s’était alarmé de son évolution au retour du Sahel : « J’avais l’impression de voir un chien de gardiennage, toujours aux aguets. » Lui qui présentait les excuses de sa famille à celle du rugbyman assassiné, se défendant de prendre la défense de son fils, n’en assurait pas moins : « S’il ne s’était pas défendu, c’est peut-être lui qui y serait passé. » Selon l’autopsie, deux des balles mortelles ont été tirées dans le dos.

  • Le PCF alésien annonce une rentrée chargée

    Le PCF alésien annonce une rentrée chargée

    Cette nouvelle direction, « rajeunie et féminisée avec 50% de ses membres en activité professionnelle », n’a pas lésiné cet été pour préparer la rentrée. Après avoir vu la gauche disparaître du conseil municipal, le Parti communiste alésien souhaite repartir à l’offensive. Pour cela, il s’est déjà mobilisé cet été contre « la décision du maire de Saint-Hilaire-de-Brethmas (ED) d’augmenter les tarifs de la cantine et de la garderie » et a lancé une « campagne de solidarité auprès des familles victimes des incendies » tout en réclamant « davantage de moyens humains et matériels pour les sapeurs-pompiers, pour l’Office national des forêts et une politique publique de prévention et d’adaptation face aux conséquences du changement climatique ». La section alerte également sur la fermeture d’une classe à Bagard et soutient la mobilisation à l’école Joséphine-Baker au Près-Saint-Jean pour l’ouverture d’une classe supplémentaire.

    « Nous voulons aussi porter haut et fort les intérêts des travailleurs et les porter avec eux : hausse des salaires bruts, retraite à 60 ans à taux plein, réindustrialisation, revalorisation du point d’indice… Les sujets ne manquent pas », détaille la nouvelle secrétaire de section, Cécile Alphon-Layre. Pour cela, le PCF alésien participera aux journées d’actions du 15 septembre sur la santé et l’énergie et surtout celle du 29 septembre pour la fonction publique.

    Lutte contre l’extrême droite

    Face à la montée de l’extrême droite (44% aux dernières élections municipales à Alès) et les violences qui l’accompagnent, la section organise un « forum unitaire contre les idées d’extrême droite et la montée des fascismes » le samedi 26 septembre (14h-23h à l’espace Cazot, entrée libre). 28 collectifs, organisations politiques, associations et librairies locales se sont joints à l’appel pour proposer des débats et conférences avant une grande soirée musicale. Ce premier forum unitaire sera également l’occasion de rappeler la violence qui s’est exercée au Prolé lors de la feria 2025 par le groupuscule Bloc Montpelliérain et d’appeler à un grand rassemblement le 6 octobre (8h30) pour l’ouverture du procès de trois de ses membres. « Nous sommes soulagés qu’il y ait un procès mais aujourd’hui, le caractère prémédité et politique n’est pas mentionné. Or, ils ne sont pas venus par hasard donc les avocats des victimes vont vraiment insister sur ces deux points », souligne Cécile Alphon-Layre.

    Après ce rendez-vous attendu depuis de longs mois maintenant, le PCF alésien participera le 16 octobre aux initiatives organisées autour de l’anniversaire du Front Populaire et organise un débat le 17 octobre sur les menaces contre la culture avec Pierre Dharréville, Denis Lanoy et Patrick Malavieille.

  • [Rue de la République] Renaud Muselier : « A la Région, j’ai 16 députés RN. Je les connais. On ne peut pas leur filer les clés »

    [Rue de la République] Renaud Muselier : « A la Région, j’ai 16 députés RN. Je les connais. On ne peut pas leur filer les clés »

    Sénatoriales

    Didier Gesualdi : Nous voudrions d’abord vous interroger sur votre candidature aux sénatoriales au sujet de laquelle on a tout entendu.
    Peut-être parce que l’on n’a pas voulu m’écouter, m’entendre. Je me suis exprimé clairement au lendemain des municipales où ma majorité de la droite et du centre a gardé à peu près 45 communes données perdues dans la région au profit de l’extrême droite. On nous avait dit « vous allez perdre ! » Où ? On a perdu à Menton où c’était compliqué car nos élus étaient un peu tous en prison et l’arrivée de Monsieur Sarkozy fils était un peu tardive, à La Seyne où nous avions trois candidats et donc la division. On a perdu à Tarascon où notre candidat n’a pas voulu se représenter et Nice mais où c’est plus un combat Christian Estrosi et Éric Ciotti. Après cela, je pense que la mère des batailles va être la présidentielle et les législatives. On ne sait pas ce qui va se passer mais si on est au Sénat dans l’opposition face au RN, parce qu’on s’est tous divisés, on aura un lieu de combat républicain et démocratique qui fera un contre-pouvoir. Et donc je veux aller là-bas.

    Léo Purguette : Aux municipales droite et centre ont globalement avancé unis, en revanche, il y a quand même un éclatement des candidatures pour ces sénatoriales. Est-ce que vous en prenez votre part d’échec ?
    On va voir à la sortie. Je prends toujours ma part de responsabilité, j’ai essayé d’invoquer l’union, j’ai obtenu de la totalité des formations politiques de la droite et du centre le soutien de la majorité sénatoriale autour et derrière Gérard Larcher. Pour cette raison, j’ai reculé afin de permettre à Mme Devésa d’être première et Mme Boyer d’être troisième et j’ai eu les investitures. Je pensais que cela apaisait. Cela a apaisé un mois. Et au bout d’un mois, madame a dit « je ne veux pas ».

    Léo Purguette : Valérie Boyer soutenue par Bruno Retailleau, cela vous a surpris ?
    On a le soutien de la commission d’investiture présidée par M. Karoutchi par délégation de M. Retailleau. On a le soutien de la majorité sénatoriale présidée par M. Larcher, et on se retrouve dans un schéma où à titre personnel ils la soutiennent… Moi je suis issu de la Chiraquie, avec un chef qui décide… Je suis donc un peu surpris.

    Extrême droite

    Didier Gesualdi : On en est où de votre combat contre le RN ? Vous pensez que cela sera aussi flamboyant au Sénat ?
    Je souhaite aller au Sénat pour porter mon combat politique de toujours lors duquel vous n’avez jamais vu une porosité avec le RN. Je pense que ce n’est pas bon pour le pays, pour notre vie quotidienne, pour notre sécurité, notre environnement, pour nos finances. Je les ai en face de moi à la Région, 16 députés, on ne peut pas leur filer les clés.

    Léo Purguette : Celle qui vous fait face aux sénatoriales pour le RN, Marie-Pierre Callet, a pourtant été longtemps dans votre famille politique. Cela ne vous interroge pas ?
    Il ne faut pas oublier que Marie-Pierre Callet a eu des positions très anti-RN. Mais vraisemblablement, ayant fini battue 4 fois sur sa commune de Maussane, elle s’est dit qu’elle jetait tout à la poubelle et se présentait contre ses anciens amis.

    Léo Purguette : C’est la traduction d’un opportunisme ? Pas des limites idéologiques qui se brouillent ?
    Sûrement aussi pour certains mais… Ça a toujours été un problème à droite. Avec Chirac on avait tranché. Là, il y a des porosités sur les lignes… Si on va plus loin, au lendemain des municipales à Marseille où avec ma candidate on n’a pas brillé, Mme Pila voulait avec Mme Caradec se retirer au profit du RN et Mme Boyer faire une fusion technique. Là, il y a une porosité réelle. Dans mon équipe, aucune fusion, aucune porosité.

    Présidentielle

    Didier Gesualdi. Les grands électeurs et même simplement les citoyens sont un peu perdus. Droite, Macron… Votre cœur penche où ?
    Mon cœur était pour la droite et le centre et c’est comme cela que j’ai gagné. Je suis de la famille gaulliste, du RPR, fondateur de LR, de l’UMP et j’ai fait l’union de la droite et du centre pour gagner les élections régionales. Dans le cadre des présidentielles qui approchent, je dis il en faut qu’un pour notre camp. Sinon, on ne sera pas au second tour. Il faut le faire avant Noël.

    Didier Gesualdi : Ce « un », c’est Gabriel Attal ?
    C’est celui qui est le mieux placé et aujourd’hui ce n’est pas le mieux placé. Ce « un » c’est celui qui peut gagner. Donc, quel que soit celui qui soit en tête, que le mode de désignation permette de gagner au deuxième tour. Et quand vous regardez, même si c’est toujours relatif et qu’il faut faire attention aux sondages, aujourd’hui celui qui peut gagner c’est Édouard Philippe. On va voir d’ici décembre, la campagne va avancer… Mais mon calendrier est clair et mon discours toujours le même.

    Austérité

    Léo Purguette : On est en plein débat sur le budget de la nation, il se passe beaucoup à l’Assemblée nationale, mais le Sénat c’est la chambre des territoires. Beaucoup d’élus regrettent amèrement les contractions de budget qui leur sont imposées. Quelle sera votre position vis-à-vis de cette austérité ?
    Nous en Provence-Alpes-Côte d’Azur on a fait 220 millions d’euros d’économie, de rabot budgétaire, sur un budget de trois milliards. On a voté notre budget, on l’a appliqué… Mais aujourd’hui il y a une volonté d’État de baisser le taux de compensation de la TVA – TVA plus ou moins active sur les régions, le domaine de l’économie dépend de nous et ils veulent nous enlever la proactivité de cette TVA. Ce qui veut dire que nous qui sommes très dynamiques et avons un retour sur la TVA à cause du travail des entreprises, on veut nous le sucrer. Ce n’est pas acceptable.

    Jeux Olympiques

    Léo Purguette : Concernant les Jeux olympiques, M. Grospiron a quitté la présidence du Cojop. Ça fait plusieurs directeurs aussi qui sont soit fragilisés, soit mis à la porte. Qu’est-ce qu’il se passe ?
    Depuis maintenant le mois de juillet et juin, plus exactement, même au lendemain des municipales, je suis sur ma campagne sénatoriale et je suis donc moins au fait. On a un bureau exécutif qui aura lieu cette semaine. Je vais débloquer du temps pour, bien entendu, y participer.
    On a le DG maintenant, c’est clair. On va avoir le livreur, celui qui doit faire en sorte que ça puisse être livré en temps et en heure. On a le budget et on a le soutien du CIO. Ça, c’est clair.
    On a eu le départ de Nice au profit de Lyon, ce qui est une tristesse absolue et un désastre économique et financier pour la région, au profit d’Auvergne-Rhône-Alpes. Ça, c’est clair. Et là, j’ai cru comprendre qu’il y avait encore une difficulté importante avec le président, elle est traitée avec le maximum d’élégance, pour continuer ce beau championnat des Jeux olympiques.

    Léo Purguette : La cérémonie de clôture, est-ce que vous avez avancé ? Vous aviez évoqué deux pistes, le lac de Serre-Ponçon ou Marseille.
    Il faut quand même regretter Nice. La cérémonie de clôture, ça représente quoi ? Ça représente, dans une période de non-tourisme, tous les hôtels pleins, tous les restaurants pleins et une dimension mondiale de visibilité, plus les aménagements des territoires. Donc, une fois qu’on dit ça, on réalise ce qu’on vient de perdre. Sur la volonté, quand même du maire, M. Ciotti, qui a pris la décision, seul, de punir son propre territoire. Premier volet.
    Deuxième volet, j’essaie de trouver une solution. Dans les solutions, Embrun pose un problème d’accès, pas un problème de cadre. C’est-à-dire qu’en fait, la famille olympique est à Lyon. Et donc, comment on les amène de Lyon à Embrun ? Voilà, c’est complexe. Donc ça, je pense que ça ne va pas avancer.
    Il faut prendre la famille olympique comme on l’a fait pour Cortina et Milan, où on les a pris et on les a amenés pour la cérémonie de clôture, puis on les a ramenés, puisque pour la sécurité, ils dorment dans le même hôtel. Et donc, ça veut dire qu’on a une organisation à voir et que sur Marseille, j’essaie d’avancer. Le maire m’a donné son accord pour avancer là-dessus.

    Métropole

    Léo Purguette : Le nouveau président de la Métropole, Nicolas Isnard, a échoué d’une voix à baisser la dotation de solidarité aux communes. Quelle est votre analyse ? Cette Métropole a-t-elle encore un avenir ?
    L’assemblée métropolitaine n’a pu s’entendre sur le budget modificatif de l’institution pour l’année 2026. Cela pose un certain nombre de difficultés, puisque nous sommes en septembre.
    Les dysfonctionnements de cette institution ne datent pas d’hier, ils sont le fruit de sa création. Cela a des conséquences pour nos habitants, et avec eux tous les acteurs économiques, associatifs, sociaux, sportifs, culturels du territoire.
    Il en va donc de l’avenir de notre territoire de trouver une solution institutionnelle, durable et stable. La loi de la création de la Métropole Aix-Marseille Provence a été conçue au Sénat, elle sera modifiée par le Sénat. Nous nous y engageons, et ceci au plus tôt.

    Présidence de la région

    Didier Gesualdi : Votre favori pour vous succéder, si vous êtes élu, est toujours François de Canson ?
    François de Canson est un vice-président de la Région, il était tête de liste dans le Var, président du CRT. C’est un homme expérimenté, maire élu, il est réélu plusieurs fois. Je pense qu’il sera un très bon Président. Et puis je reste élu régional.

    Léo Purguette : Il se murmure qu’un de vos vice-présidents alpins pourrait y aller ?
    Non, je ne crois pas, je pense que je le saurais. Mon départ a un peu saisi tout le monde mais petit à petit, tout le monde intègre que la Région doit évoluer. Je veux garder mes dossiers à moi, les Bouches-du-Rhône, les JO… et après, il faut créer, fabriquer, il faut donner.

    La question des lecteurs

    Christine : Si vous n’êtes pas élu sénateur, resterez-vous à la Région ?
    Je resterai à la Région quoi qu’il arrive car j’ai annoncé que je passerai la main à la présidence, pas que je quitterai l’institution. Si je ne suis pas élu, c’est triste. Pas tellement pour moi, mais c’est-à-dire que mon expérience et mon savoir-faire ne pourront pas être utiles ou ne sont pas souhaités en national. Je l’entends, je ne souhaite pas que ça se passe comme ça. C’est la raison pour laquelle je fais campagne, parce qu’il n’y a jamais rien d’acquis, que j’ai confiance dans le résultat, et que quel que soit le résultat, de toute façon, ma décision, elle est prise. Je laisserai la présidence de la Région, mais je resterai au conseil régional. En fait, moi, vous savez comment je fais. Je fais exactement l’inverse de ce qu’on a fait pour moi. C’est-à-dire que j’aime bien fabriquer, transmettre, aider, globalement, tous ceux qui sont dans mes équipes, tous ceux qui sont autour de moi, tous ceux qui sont à la Région, ils ont tous bénéficié de cette technique d’apprentissage, de formation, de victoire. Et donc, voilà, même si la reconnaissance est rarement réelle en politique, j’estime que c’est mon devoir. J’ai 67 ans, je pense que c’est une forme de sagesse, malgré mon combat, mes combats permanents, qui font en sorte qu’aujourd’hui, un combat est à mener ailleurs, et qu’aujourd’hui, il faut aider les autres à grandir, à pousser, à gagner. C’est ma marque de fabrique.

  • Police municipale : des propos racistes révélateurs du RN

    Police municipale : des propos racistes révélateurs du RN

    Ils roulent vite ces bougnoules (…) J’en peux plus, en centre-ville, du bicot, du nègre, du nègre, du bicot, de l’Afghan… ». Les propos racistes mais aussi misogynes, transphobes et complotistes de policiers municipaux de Carcassonne filmés à leur insu et dévoilés mardi 8 septembre par Midi Libre sont si abjects que le RN – dont est proche l’un des agents incriminés – s’est lui-même vu obligé de réagir.

    Christophe Barthès, le nouvel édile RN de Carcassonne, a qualifié les propos « d’inacceptables » et promis d’engager « des procédures et des sanctions (…) à la hauteur de la gravité des faits ». Lesquels remontent à novembre 2025, mais semblent, depuis son arrivée fin mars, avoir été portés à sa connaissance sans provoquer de réaction.

    Du côté du RN, pour lequel le principal auteur visé, un ex-militaire de 50 ans, était bénévole (notamment auprès de Jordan Bardella), il a été « immédiatement suspendu de ses fonctions de bénévoles auprès du service d’ordre du parti ». Une « procédure d’exclusion » a été engagée par le RN. « Ces gens-là sont des irresponsables dangereux. Ils jettent la suspicion sur l’ensemble du corps de la police municipale. C’est évidemment un cas isolé », tempère le maire RN de Perpignan, Louis Aliot.

    Pour beaucoup d’autres au contraire, ce scandale est révélateur. À la fois des maux dont souffre la police et du vrai visage du parti d’extrême droite. « Que ceux qui passent leur temps à dédiaboliser le RN ouvrent les yeux : rien n’a changé dans ce parti infesté par le racisme et le fascisme », a lancé sur X Manuel Bompard (LFI). La présidente PS de la Région Occitanie, Carole Delga, s’est dite sur X « écœurée par ces propos racistes, misogynes et ces appels à la violence de policiers municipaux de Carcassonne ». Elle a appelé à des sanctions.

    Du côté de SOS Racisme, qui a porté plainte et se constituera partie civile en cas de procès, « cette affaire grave montre une fois de plus la réalité crasse du racisme des individus qui gravitent autour du RN. Et l’absence de fermeté des élus face au racisme dans la police ». Le parquet de Carcassonne qui a fait suspendre les policiers, a fait savoir qu’une enquête est en cours depuis plusieurs mois. De son côté, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé un contrôle de la police municipale de Carcassonne par l’Inspection générale de l’administration (IGA). En 2023, le même prétendait qu’« il n’y a pas de racisme dans la police »…

    En novembre 2025, une patrouille de 4 policiers municipaux avait filmé à son insu 6h de ses interventions. Sur la vidéo, s’enchaînent les tirades tantôt misogynes : « Le patriarche, c’est celui qui commande à la maison, celui qui bande et qui a les muscles (…). les connasses à l’époque dans les grottes, si elles n’étaient pas avec leur mec, elles se faisaient buter à l’extérieur ». Tantôt complotistes transphobes visant Brigitte Macron. Et systématiquement xénophobes, comme sur la guerre d’Algérie. « Et alors ? On a niqué des bougnoules, on a niqué des bougnoules ! Et eux, combien de soldats ils ont niqué ? (…) Après, où commence la torture ? ». Enfin des relents colonialistes sur les peuples africains. « Entre tribus, ils se vendaient, ces singes (…) Je crois que je commence à devenir raciste ». Un éclair de lucidité dans un océan de vomi.

  • Digne-les-Bains, un collectif intersyndical pour fédérer contre l’extrême droite

    Digne-les-Bains, un collectif intersyndical pour fédérer contre l’extrême droite

    Les trois syndicats ont décidé d’unir leurs forces face à la montée de l’extrême droite, et lancent samedi un collectif antifasciste à l’occasion d’une journée festive et militante à la salle Perchot, à Digne. « Entre Carcassonne, la chasse au voile, l’extrême droite en Allemagne… L’actualité nous montre tous les jours à quel point il est nécessaire et utile de se fédérer et de combattre tout ce qui est fascisme, extrême droite, racisme… », avance Gweltaz Broudic, cosecrétaire départemental de la FSU. « On a quand même deux députés RN dans le 04 », ajoute Eric Robineau, du collectif d’animation Solidaires 04. Pour lancer ce collectif VISA (Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes), une journée festive, culturelle et militante est prévue samedi prochain à la salle Perchot, avec une table ronde, une pièce de théâtre, un repas, un concert et un DJ set. « L’idée est de manifester cette envie de combattre les extrêmes droites en prenant le contre-pied de ce qu’ils sont, c’est-à-dire en faisant un événement ouvert, culturel, festif, populaire, ouvert à tous. On a envie de faire de cette journée un lieu de rassemblement pour tous ceux qui veulent s’engager dans ce combat », explique Gweltaz Broudic.

    Les trois syndicats organisent chacun régulièrement des actions contre l’extrême droite, mais « le fait d’être chacun dans son coin, vu le contexte, ça ne suffit plus. Il faut essayer de faire quelque chose de plus important et de plus fédérateur », avance Eric Robineau.

    L’idée de ce collectif et de cette journée de lancement samedi prochain est « de montrer que, malgré deux députés RN sur le département, la population n’est pas d’extrême droite, et qu’il y a un élan dans la population pour la combattre », explique Gweltaz Broudic.

    « En opposition à ce que fait l’extrême droite »

    La journée de samedi commencera par une table ronde sur l’extrême droite au pouvoir, dans les collectivités et les moyens d’y résister. « L’idée, c’est de partir de ce qui se passe dans des communes où l’extrême droite a gagné les élections, et en établir les conséquences concrètes pour les gens, les services publics, la culture, les syndicats », détaille le cosecrétaire de la FSU 04. « On le voit notamment depuis mars, avec plusieurs victoires de l’extrême droite dans des communes, il y a eu directement des attaques sur les libertés syndicales, la culture, avec des budgets qui ont été sabrés et des événements qui n’ont pas pu se produire. À cette rentrée scolaire, c’était flagrant de voir le nombre de mairies RN qui ont supprimé les fournitures scolaires, voire des transports scolaires, la semaine précédant la rentrée », cite-t-il en exemple.

    « Le principal but, c’est d’expliquer que le vote à l’extrême droite, il n’est pas sans conséquences sur les questions sociales. De partout, l’extrême droite a pris des mairies, et les conséquences sont immédiates pour les travailleurs », regrette le secrétaire général de l’union départementale de la CGT, Sylvain Moretti.

    Samedi, après la table ronde, une pièce de théâtre intitulée On n’a pas pris le temps de se dire au revoir sera proposée à 17h. Elle raconte l’histoire d’une famille de Kabylie « qui arrive en France dans une cité qui est démolie par des bulldozers », explique Sylvain Moretti. « L’idée, c’était d’avoir une pièce qui soit en adéquation avec l’initiative, notamment sur tout ce qui est quartiers populaires et vie en commun : tout ce que l’extrême droite souhaite casser au quotidien, puisque leur objectif, c’est d’individualiser un maximum, et de casser toutes les solidarités qu’on a pu connaître, notamment dans ces cités ouvrières », avance le syndicaliste.

    « Cela nous tenait à cœur d’avoir une initiative culturelle, parce que l’accès à la culture est difficile pour une très grande partie de la population du département. Le fait de proposer du théâtre gratuit, ça permet à beaucoup de personnes de découvrir le théâtre, en opposition à ce que souhaite faire à l’extrême droite, qui s’attaque en premier lieu à la culture », se réjouit Sylvain Moretti.

    Le samedi 19 septembre,
    salle Perchot, de 15h à minuit.

  • L’affaire des violences d’ultra droite à Montpellier dépolitisée

    L’affaire des violences d’ultra droite à Montpellier dépolitisée

    Six à 8 mois de prison avec sursis, interdiction de porter ou détenir une arme pendant 5 ans ainsi qu’un stage de citoyenneté à exécuter dans les prochains mois à leurs frais.

    Voilà pour les condamnations* pour « violences commises en réunion » prononcées ce jeudi 10 septembre par le tribunal judiciaire de Montpellier, à l’encontre de 6 jeunes dont seuls 4 ont jugé utile de venir à l’audience. Des peines qui correspondent aux réquisitions du Parquet ainsi qu’aux requêtes des deux parties civiles qui ont obtenu des dédommagements de frais de justice (1 000 euros), des dommages et intérêts (1 500 euros) et/ou une provision (2 000 euros) pour l’une des deux victimes (Sébastien P.), lui-même condamné à 500 euros d’amende dont 150 avec sursis pour avoir porté un coup de pied à un individu mystère, qui n’avait visiblement pas intérêt à se faire connaître de la Justice.

    Du profil et des motivations qui ont poussé, sur une terrasse des Beaux-Arts, la bande à rouer de coups de poings et de pieds au visage ou au dos, Pierre P. puis Sébastien P. venu lui porter secours d’un café voisin, au point de causer 3 jours d’ITT au premier et 15 au second, on n’en saura pas beaucoup plus. Si ce n’est que les 4 jeunes (Raphaël P., Zakarya O., Enzo A. et Yann B.) âgés de 21-22 ans vivent chez leurs parents, en activité, au RSA ou en quête d’un emploi.

    Personne à l’audience n’a jugé pertinent de creuser leur profil politique, leur mouvance idéologique qui semble proche de l’extrême droite. Étonnant quand l’affaire a fait grand bruit et que des vidéos amateurs, en plus des images de vidéosurveillance de la Ville, attestent au préalable leur participation autour de la place de la Comédie, à une virée chaotique au sein d’un groupuscule identitaire d’ultra droite provocateur, sécurisé puis exfiltré par la police, en marge d’une manifestation intersyndicale.

    « On veut pas de facho, ici ! »

    Or, s’avère à l’audience que c’est la remarque inopportune de Pierre P., attablé au bar Le Manchester – « On ne veut pas de facho ici ! » – qui déclenche la bagarre. En deux temps, les coups pleuvent, les chaises volent. Pierre P. finit le visage ensanglanté, chemise déchirée. Tabassé à terre, Sébastien P. perd connaissance. 12 jours plus tard, il sera opéré d’un œil. Il souffre depuis de séquelles.

    A l’audience, le procureur Audrey Galaud réprimande mais balaie le contexte idéologique. « Tout le monde a le droit de penser ce qu’il veut mais les insultes (« facho ») sont interdites. Après, on ne va pas partir sur un débat politique »…

    La présidente est tout de même intriguée par les tenues claires des 4 à la barre. « Pourtant vous nous aviez dit que vous étiez toujours habillés en noir (ndlr : tenue avec cache-cou utilisée par l’ultra droite)…»

    Me Leblond, l’avocate des deux parties civiles, refuse de parler d’une « rixe entre deux bandes à armes égales » et fait elle aussi le choix de plaider sur les violences physiques reconnues. « Je crois qu’on n’avait pas intérêt à faire de ce procès une caisse de résonance politique. On aurait pu aussi évoquer les injures racistes contre John A. (hors procédure), mais le tribunal n’était pas saisi de cela. On n’exclut pas de déposer une autre plainte… »

    Contre toute attente, c’est la défense qui met les pieds dans le plat. « Je n’ai pas l’impression de défendre un facho », lance Me Chabert dont le client (Hugo M.) est en Australie. Puis il « s’étonne » des signalements de députés (PS, LFI) et du « compte rendu surréaliste des faits » du maire PS suite à la rixe. « M. Delafosse est à moitié aveugle, sous le prisme de l’ultra gauche ». Vu la consonance du nom de son client (Zakarya O.), Me Pons estime « qu’il n’a pas la bonne casquette pour être traité de facho ». Enfin, Me Paul, conseil de Enzo A. (le seul avec un casier judiciaire), s’interroge. « Ces notions de méchants/gentils, fachos/ultra gauche. Est-ce que ça valait 4 heures d’audience ? »

    La substitut du procureur dépeint des violences dont les conséquences auraient pu être dramatiques. « Aucun de ces hommes n’a su se maîtriser. Tout le monde a essayé d’échapper à sa responsabilité, puis avec les images de minimiser ». A tour de rôle, les prévenus feront des excuses. Eux seuls en connaissent le degré de sincérité.

    * Dix jours pour faire appel.

    « Pas intérêt à une caisse de résonance politique »

  • La présidente de la Libre pensée menacée de mort par courrier

    La présidente de la Libre pensée menacée de mort par courrier

    « VIEILLE SALOPE ON VA TE CREVER ». Voici le message, accompagné de multiples croix, reçu par courrier fin août par la présidente de la fédération vauclusienne de la Libre pensée. Une menace de mort qui a aussitôt fait l’objet d’un dépôt de plainte annonce, dans un communiqué ce jeudi, l’association.

    Un courrier qui ne tombe pas du ciel et fait suite à la polémique née lors du 15 août. La Libre pensée, mais aussi la Ligue des droits de l’homme, avaient saisi le préfet pour atteinte à la laïcité suite à la publication sur les réseaux sociaux de messages prosélytes des maires RN d’Orange et Bédarrides à l’occasion de l’Assomption. Depuis, le parti d’extrême droite à coups de communiqué ou réactions des maires de Bédarrides ou Monteux – ce dernier intimant la Libre pensée à « rentrer chez vous et fuir la Provence » – a jeté l’anathème sur ces associations (notre édition du 2 septembre).

    Les associations visées s’étaient déjà défendues avec des mises au point historiques étayées. Mais là, « un nouveau cap est franchi, il est plus que temps que les autorités de l’État prennent la mesure du climat de violence qui se développe dans notre département à l’encontre des défenseurs de la loi de 1905 », dénonce la Libre pensée, espérant que l’auteur du courrier « soit poursuivi sous peine que passent à l’acte ceux qui menacent de mort les défenseurs de la liberté de conscience ».

    Mais la Libre pensée en veut surtout au « silence assourdissant du Préfet, représentant de l’État et du gouvernement, chargé de veiller à l’application des lois qui ne saurait être à géométrie variable ». La préfecture avait répondu à La Marseillaise ne pas vouloir s’exprimer sur le sujet. « Pourquoi aucune réaction aux propos séparatistes et identitaires… ? », questionne l’association.

  • Le communiste André De Ubeda étrille le RN Amaury Navarranne

    Le communiste André De Ubeda étrille le RN Amaury Navarranne

    Sous ses dehors de gendre idéal, drôle et brillant, Amaury Navarranne parvient parfois à dissimuler à l’observateur peu vigilant l’idéologie mortifère qui guide sa réflexion, ses prises de position… et ses amitiés. Ainsi, le fait de s’afficher aux côtés d’Yvan Benedetti lors de l’hommage rendu au général factieux Raoul Salan en dit très long.

    Pour mémoire, l’ancien cadre du Front national, dirigeant de l’Œuvre française puis des Nationalistes, Yvan Benedetti représente l’une des figures de l’ultradroite française. Condamné à plusieurs reprises, notamment pour provocation à la haine envers les Juifs et contestation de crimes contre l’humanité, le militant continue de diffuser ses idées de haine, notamment dans le Var, où ses proches organisent régulièrement des actions et rassemblements.

    Le conseiller municipal d’opposition RN joue au sot, ce qu’il n’est certainement pas, et répond à notre confrère de Var Matin qu’il ne voit pas vraiment le problème, puisqu’il lui arrive de saluer l’ancien conseiller municipal communiste André De Ubeda. Furieux, celui-ci tient à apporter une sévère correction à l’élu d’extrême droite. « M. Navarrane a osé me comparer à un néo nazi multicondamné pour des faits de diffamation, de rébellion, d’outrage ou de violence. C’est une grave insulte », commence-t-il. Et de rappeler dans la foulée que « ce dangereux extrémiste invité par le RN est un négationniste de la Shoah et revendique être pétainiste, poutiniste et antisémite ».

    André De Ubeda ajoute : « C’est avec eux qu’il rend hommage à un général factieux, coupable d’attentats notamment contre de Gaulle, et à Jean-Marie Le Pen ».

    Drôle de dédiabolisation

    Puis, encore plus incisif encore : « On sait avec ses amitiés ce qu’il aurait fait dès 1939 lorsque les communistes étaient fusillés… » Et de conclure : « Ses mensonges et ses insultes, fussent-elles indirectes, m’honorent donc. Mais je ne le salue pas ».

    En tout cas, en guise de dédiabolisation, on assiste davantage à une démystification de l’extrême droite française, en la montrant telle qu’elle est et restera. Si cela pouvait aider à ouvrir les yeux !

  • L’ex-première adjointe du maire RN de Six-Fours-les-Plages se lâche

    L’ex-première adjointe du maire RN de Six-Fours-les-Plages se lâche

    L’élue aujourd’hui d’opposition, raconte comment elle a été contactée par le candidat RN, et comment elle a accepté, un peu naïvement, de s’engager pour « œuvrer pour sa commune et être utile ». Sur le fait que la proposition émane d’un personnage sulfureux, elle répond, un peu gênée : « Mes valeurs font que j’estime que tout le monde a droit à une seconde chance dans la vie, que tout le monde peut s’améliorer… » Et celui qui était alors député a soutenu son association. Et lui a même décerné la médaille de l’Assemblée récompensant son engagement.

    Mais le 13 août dernier, tout bascule. Convoquée pour un entretien, on lui demande de démissionner. « J’ai refusé : car pendant plus de quatre mois, j’ai exercé mes missions avec sincérité, énergie, engagement et loyauté envers l’équipe municipale et les habitants de Six-Fours », explique-t-elle. Ses délégations lui sont donc retirées, ce jour-là au motif de « divergences sur la conduite des affaires municipales ». « Je conteste vivement cela », affirme-t-elle, en précisant qu’aucun fait précis, ni grief circonstancié, ne lui ont été communiqué.

    « J’ai été trop naïve ! »

    Elle prend conscience alors tardivement que son nom, sa personne et son réseau ne sont plus maintenant d’aucune utilité au maire d’extrême droite qui est parvenu à rafler la mise en devançant son concurrent de quelques voix à peine. Ce dernier entend bien maintenant avoir les coudées franches pour mener sa politique sans s’encombrer d’une personnalité sans étiquette, peut-être un peu trop tatillonne.

    « Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir été utilisée à des fins politiques », regrette-t-elle.

    Mais des signes avant-coureurs auraient pu l’alerter constate a posteriori Carolyn Salva. Avec des échanges très limités avec celui qui est devenu premier magistrat. Elle est laissée un peu de côté. Sauf, se souvient-elle, pour le dépôt de gerbe du 19 juillet, journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites, se rappelle-t-elle. Là, on lui laisse avec plaisir les commandes.

    « On était à peine cinq élus de la majorité », déplore-t-elle en comprenant véritablement qu’elle avait été sa place dans ce bal des faux-culs de l’extrême droite. « J’ai été trop naïve », conclut-elle.