Tag: extrême droite

  • « Je peux quitter le conseil, le raviérisme n’est pas mort »

    « Je peux quitter le conseil, le raviérisme n’est pas mort »

    Benoît Payan pouvait bien se placer au-dessus de la mêlée, en ouverture du conseil municipal de Marseille ce vendredi matin. « Les mots, les actes nous engagent, parce que nous sommes des élus de la République », invitait l’édile depuis la tribune, rappelant aussi bien la période de réserve électorale que les menaces de mort dont il avait fait l’objet, pour avoir simplement mangé un couscous à Noailles.

    Un vœu pieux dans un hémicycle recomposé. À droite, l’ex-maire (Ren.) des 9-10 Lionel Royer-Perreaut est absent, après avoir annoncé son départ de la vie publique et la dissolution de son groupe, dont les élues siègent maintenant avec les troupes de la candidate Martine Vassal. Sans Hayat Atia et Aurélie Falek, qui ont claqué la porte en dénonçant une dérive « vers l’idéologie de l’extrême droite ». Stéphane Ravier (ex-RN) en revanche est bien présent, après avoir annoncé la veille qu’il ne serait pas candidat aux prochaines municipales, ouvrant la voie au RN qui saluait « un geste extrêmement fort ».

    Complotisme antisémite

    Pas de quoi l’inciter au silence. Après les premières escarmouches de la droite sur le coût de l’Été marseillais, le château de la Buzine ou l’état du centre-ville, il n’aura fallu qu’à peine une demi-heure pour que le sénateur vienne mettre les pieds dans le plat. Une de ses diatribes habituelles, au gré d’une attribution de subventions, pour s’attaquer à une supposée « xénophilie suicidaire qui envoie un message aux candidats à l’immigration ». Mais en virant jusqu’au complotisme antisémite cette fois, désignant l’ONG SOS Méditerranée comme « Soros Méditerranée ». Il est rapidement interrompu. « Beaucoup de fake news existent contre Monsieur Soros en raison de sa religion, notamment celle que vous venez dire », le reprend vertement Benoît Payan, après avoir exigé son départ de l’hémicycle. Cette fois, Stéphane Ravier reconnaît son erreur.

    Mais la porte est ouverte. Vingt délibérations plus tard, le RN est fidèle à lui-même en accusant la majorité de « subventionner la submersion migratoire ». Mais dans la foulée, c’est la sénatrice (LR) Valérie Boyer qui accuse la municipalité d’avoir fait de Marseille « la capitale de l’immigration illégale ». Refusant une subvention de 130 000 euros à SOS Méditerranée, « cette organisation par laquelle arrivent dans nos rues la misère et l’errance ». Et s’opposant avec l’extrême droite au contrat territorial d’accueil et d’intégration à 630 000 euros pourtant signé avec l’État. Au fond de la salle, Stéphane Ravier jubile. Et crucifie la droite : « Je peux quitter le conseil municipal, le raviérisme n’est pas mort. »

    En tribune, Benoît Payan proteste. « Est-ce que vous savez combien de personnes ont été débarquées par SOS Méditerranée à Marseille ? Zéro. » « Nous avons entendu les représentants de la droite et de l’extrême droite dire que notre humanisme était mauvais parce qu’il permettait de vivre dans une forme de misère, ajoute l’adjointe (PCF) aux solidarités, Audrey Garino. Mais lorsque nous contractualisons avec l’État pour leur intégration, ils votent contre ! »

    Peu importe : la porte désormais ouverte dans les 9-10, le risque de la dispersion des voix écarté, le RN n’a qu’à dérouler, pendant que la droite surenchérit pour espérer reprendre leur électorat. « Arrêtez de les singer, les gens préféreront toujours l’original à la copie », avertit Benoît Payan. Au fond de la salle, le lepéniste de la première heure Bernard Marendat applaudit des deux mains.

  • Montpellier. Cortège intergénérationnel politisé et fliqué

    Montpellier. Cortège intergénérationnel politisé et fliqué

    Après l’éviction de François Bayrou et avant que Sébastien Lecornu ne forme son gouvernement, le mouvement social reprend son souffle. Jeudi 2 octobre, l’intersyndicale a dénombré à Montpellier plus de 7 000 personnes (4 000 selon la police) qui ont défilé d’Albert 1er à la Comédie au lieu des 20 000 recensées le 18 septembre (10 000 d’après les autorités).

    À la CGT, Serge Ragazzacci fait valoir que « certains ont appelé à la grève sans venir manifester ». Quoi qu’il en soit, peu d’entreprises privées étaient présentes dans le cortège montpelliérain. La météo était pourtant au rendez-vous mais le départ précipité de l’union départementale FO a un peu dégraissé les rangs. En cause l’intrusion d’un groupe de manifestants au cœur du cortège intersyndical, dont l’UD FO déplore les slogans politiques « anti-juifs » (majoritairement contre Israël et pro-Gaza) et « anti-flics ». « Notre organisation a pour principes fondamentaux : la liberté, la liberté de pensée et de choix individuel, politique, philosophique et religieux de chaque militant. Nous ne pouvons cautionner et nous associer à de tels propos », argumente Franck Mary-Montlaur. Déjà dubitatif sur les « grèves saute-mouton », le secrétaire héraultais de Force ouvrière prévient : « On veut des manifestations syndicales, sinon ce sera sans nous. » FO 34 a déjà fait savoir qu’elle ne participera pas à journée du 9 octobre pour la santé et la Sécurité sociale.

    Ce second round social avait déjà pris une drôle de tournure la veille. Le préfet de l’Hérault, François-Xavier Lauch, avait signé un arrêté interdisant une nouvelle fois l’accès à l’Écusson, ultra-sécurisé par 350 CRS. Dans son article 2, le texte spécifiait aussi, fait inédit, l’interdiction au sein du cortège de « toute personne extérieure à la manifestation déclarée par l’intersyndicale, composée de ses adhérents, ses militants et ses sympathisants ». Une restriction floue et difficilement vérifiable sur le terrain, immédiatement contestée par des organisations (dont Solidaires) et associations (LDH) qui dénonçaient un « tri des manifestants ».

    L’arrêté du préfet déjugé

    Saisi d’un référé liberté jeudi 2 octobre au matin, le juge administratif suspendait finalement le controversé article 2 de l’arrêté préfectoral juste avant le départ de la manifestation. Et le préfet F. Xavier-Lauch de prendre acte du camouflet sur X. « Je regrette que les mêmes qui depuis le 18 septembre critiquent ma prétendue inaction contre l’extrême droite me privent aujourd’hui d’un moyen de prévention de ces faits. » Un argument qui ne convainc pas la présidente de la LDH 34. « Seule la justice peut empêcher à une personne de manifester. Un royaliste opposé à l’austérité doit pouvoir venir. » Quant aux groupuscules d’extrême droite venus perturber la fin de manif du 18 septembre, Sophie Mazas rétorque : « Les agents de la BAC n’avaient qu’à les interpeller. »

    On en oublierait presque que le défilé du 2 octobre s’est déroulé sans incident et dans la bonne humeur. Étudiants, salariés ou retraités, le visage intergénérationnel du cortège atteste d’une solidarité tenace au sein d’une société mise à mal par l’austérité et l’inflation. « La réforme des retraites touche tout le monde. Des retraités vivent avec moins de 1 000 euros par mois. Ils souffrent aussi de la dématérialisation et du manque de moyens des services publics (hôpital, logements…) ou du prix des Ehpad », liste Bernard Delord, du bureau des retraités CGT de Montpellier. Très remontés contre Emmanuel Macron, son Premier ministre et l’extrême droite, les étudiants du Scum rappellent « qu’étudier est un droit, pas un privilège ». « Macron a commencé par baisser nos APL. On combat les budgets d’austérité, la sélection sociale et raciste… », insiste Karim de la fac de sciences bloquée. N’en déplaise à FO, la jeunesse aime à rappeler qu’elle « emmerde le Front national… »

  • Stéphane Ravier soutient Franck Allisio (RN) pour les municipales à Marseille

    Stéphane Ravier soutient Franck Allisio (RN) pour les municipales à Marseille

    Le parlementaire, ex-RN et ex-Reconquête !, a déclaré, dans un entretien à La Provence et BFM Marseille : « J’ai décidé de ne pas être candidat et d’apporter mon soutien sans réserve à Franck Allisio ».

    Stéphane Ravier laisse donc le champ libre au député RN de la 12ᵉ circonscription des Bouches-du-Rhône Franck Allisio, candidat du parti présidé par Jordan Bardella, dans la cité phocéenne, depuis juin dernier.

    « Le sacrifice est grand, car non seulement je ne serai pas tête de liste, mais je ne serai pas candidat du tout. Ni sur la liste municipale, ni même sur la liste des 13 et 14e arrondissements », a précisé Stéphane Ravier.

    Lors des élections municipales à Marseille, en 2020, la liste du Rassemblement national, alors portée par Stéphane Ravier avait récolté près de 20% des suffrages lors du second tour, se plaçant ainsi en troisième position.

    Par ailleurs, le sénateur est accusé de favoritisme dans l’attribution d’un marché public quand il était maire des 13e et 14e arrondissements de Marseille et sera jugé le 2 décembre prochain.

  • Martine Vassal d’accord « à 95 % » avec Renaissance

    Martine Vassal d’accord « à 95 % » avec Renaissance

    Tout s’organise, tranquillement mais mécaniquement », sourit Renaud Muselier, pilote pour Renaissance de l’union de la droite aux municipales, à Marseille. Un mois après que le parti présidentiel a mis sur la table ses propositions ainsi qu’une charte des valeurs pour le scrutin à venir, le président de Région est venu annoncer, ce mercredi midi, au côté de la candidate Martine Vassal, dans une brasserie de la place Castellane, qu’un accord programmatique avait été trouvé pour cette campagne.

    « Le travail que l’on a présenté est issu d’un travail militant engagé il y a plus de six mois », présente Gérard Blanc, membre du bureau de Renaissance dans les Bouches-du-Rhône. « Dans ces propositions, il y en a 95% que je fais miennes, sourit de son côté Martine Vassal. ça ne m’étonne pas énormément, beaucoup de choses nous rassemblent. » Et de citer l’ouverture d’un bureau à Bruxelles pour travailler sur les financements européens, la végétalisation de la ville, un droit opposable à la garde d’enfants pour les familles monoparentales, des conventions pour transférer propreté, voirie et écoles aux mairies de secteur… En taisant les divergences. Quant à la charte de valeurs, « j’aurais pu l’écrire », jure-t-elle. Celle-ci défendait la nécessaire union, en appuyant : « Ces alliances devront exclure toute association, directe ou indirecte, avec l’extrême droite, LFI, ou des personnes dont la moralité serait incompatible avec nos principes d’intégrité, de transparence et d’humanisme. » Une alliance « exigeante », rappelle le co-responsable de la communication de Renaissance 13, Maxime Boudet. « Et c’est réciproque », rebondit la candidate.

    Sans Royer-Perreaut

    L’investiture officielle des Républicains obtenue une semaine plus tôt, reste à obtenir celle du parti présidentiel. « J’ai demandé que Marseille soit programmée dans le dispositif, la date arrivera en temps et en heure », explique Renaud Muselier. C’est que, pour l’instant, la formation d’un gouvernement accapare les esprits au niveau national. Mais, glisse-t-il, la candidature de Martine Vassal est regardée « avec un œil bienveillant ». Quant aux équilibres sur la liste, « on fait le quoi avant le qui », glisse le responsable départemental de Renaissance, Bertrand Mas-Fraissinet.

    Cela se fera, pourtant, sans l’ex-maire et député des 9-10, Lionel Royer-Perreaut. Dans un entretien à La Provence ce mercredi soir, celui-ci a annoncé se retirer de la vie publique, sans apporter de soutien à Martine Vassal. « Trop de choses aujourd’hui me séparent d’elle », explique-t-il. Et d’appuyer : « Pour qu’il y ait confiance, il faut qu’il y ait une forme de cohérence. »

  • Déterminés

    Déterminés

    La tambouille entre les droites LR et macroniste pour permettre à l’extrême droite RN de retrouver, mardi, deux vice-présidences au bureau de l’Assemblée nationale, illustre le fossé abyssal entre les aspirations à la justice sociale, qui se manifestent avec ampleur depuis la rentrée, et les petits calculs politiciens. Un vote aussi décalé que dangereux, dénoncé par les gauches, intervenu la veille d’une nouvelle journée de grèves et de manifestations interprofessionnelles à l’appel d’une intersyndicale toujours unie et déterminée pour arracher la justice sociale et fiscale.

    Un plan antisocial

    L’essentiel n’a pas lieu dans les couloirs du Palais Bourbon, mais dans la rue. Rien n’est venu entamer, ces derniers jours, la détermination du mouvement social, qui exige un budget 2026 à la hauteur des enjeux sociaux et écologiques. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, toujours sans gouvernement, tente de ranimer le « conclave » sur les retraites pourtant conclu sur un échec cuisant. Le voilà qu’il évoque la retraite des femmes sans remettre en cause une réforme inique passée en force. Sur le cœur du budget 2026, aucune réponse. Ni sur les franchises médicales, ni sur les suppressions de 3 000 emplois dans la fonction publique, ni sur le financement de la Sécurité sociale. Ni sur le niveau d’investissements pour les services publics. En repoussant la taxe Zucman sur les très hauts revenus, l’homme lige de Macron a envoyé un message limpide : la politique qui a asséché les recettes publiques va continuer. Un plan antisocial dont les travailleurs ne veulent pas. Ils le diront ce jeudi.

  • La Nuit du bien commun dénoncée par plusieurs organisations de gauche

    La Nuit du bien commun dénoncée par plusieurs organisations de gauche

    L’événement se veut philanthropique. Lundi 6 octobre, la Nuit du bien commun doit lever des fonds pour une dizaine d’associations du territoire, au cours d’une soirée au 6Mic, salle de spectacle gérée par la Ville d’Aix et sous délégation de service public, qui devrait être bondée de mécènes. Fondée en 2017 par Pierre-Édouard Stérin, milliardaire exilé fiscal en Belgique, connu pour ses positions réactionnaires et proches de l’extrême droite, la Nuit du bien commun suscite l’inquiétude. Plusieurs associations, syndicats et responsables politiques alertent sur les liens entre cet événement caritatif et une stratégie de blanchiment idéologique, dissimulée sous des intentions charitables.

    En marge de la soirée, une mobilisation est prévue pour dénoncer le caractère controversé de l’événement. Depuis plusieurs semaines, collectifs, syndicats et associations sensibilisent sur la tenue de la Nuit du bien commun et appellent à rejoindre le mouvement. Le collectif Solidaires13 appelle à « bloquer » l’événement, qu’il décrit comme « un moment de réseautage et d’organisation pour l’extrême droite locale ». Le collectif aixois contre l’extrême droite dénonce également une opération de façade pour promouvoir le projet Périclès. « C’est au travers de ce type d’initiatives que Stérin et ses alliés poursuivent leur projet : gagner les esprits des Français aux idées de l’extrême droite », pointe le collectif.

    « mensonge éhonté »

    Si le milliardaire d’extrême droite s’est officiellement retiré de l’organisation, la polémique demeure. En cause, le fait que l’événement est organisé par l’entreprise Obole, plateforme de collecte de dons créée en 2017 et financée par Pierre-Édouard Stérin, également à la tête d’Otium Capital, Smartbox et du Fonds du Bien Commun. Les organisations de gauche craignent notamment que la Nuit du bien commun ne soit organisée au profit du projet Périclès (Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens, souverainistes) du milliardaire, dont les ambitions ont été révélées par le journal L’Humanité, en 2024.

    Marc Pena, député PS de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône, a exprimé « sa vive opposition au projet (…) initialement prévue à Marseille, mais refusée par la municipalité de la cité phocéenne ». L’élu appelle la Municipalité et le 6MIC à « prendre leurs responsabilités ».

    « Il est impossible pour nous de céder les espaces d’expression pour des idées telles que celles de Stérin, qui propagent une haine des uns, des autres, martèle Catherine Lecoq, comédienne et déléguée syndicale de la CGT Spectacles. On est sur du mensonge éhonté pour récupérer des fonds et cracher du venin par rapport aux prochaines élections. C’est impensable. » « Ce qui se passe à Aix est un cas d’école sur la façon dont l’extrême droite mène une bataille culturelle auprès d’associations, du public », ajoute de son côté Anne-Marie Alary, animatrice du collectif aixois contre l’extrême droite.

    « C’est un moyen de lever des fonds à l’heure ou il y a un gros serrage de ceinture des deniers publics et que beaucoup d’associations se rabattent sur les fondations de grandes entreprises, qui sont embouteillées, estime de son côté Grégory Vignier, directeur général de l’école de XV, qui lutte contre le décrochage scolaire des plus précaires, en lien étroit avec l’éducation nationale et participe à sa troisième Nuit du bien commun. 100% des dons nous sont reversés, pas un centime n’est reversé à Obole. Les mécènes n’ont aucun droit de regard sur l’utilisation que nous faisons des crédits attribués et nous avons l’obligation de signer une charte qui nous oblige à éviter tout prosélytisme religieux ou politique dans nos actions. Si l’organisation était d’extrême droite, elle ne financerait que des initiatives qui ont un rapport politisé à l’extrême droite. Je ne pense pas que l’insertion de détenus, le soutien aux femmes battues ou la scolarité soient des politiques prioritaires de l’extrême droite. »

    Sollicitée, la Ville n’a pas pu répondre avant le bouclage de notre édition.

    « C’est un cas d’école sur
    la façon dont l’extrême droite mène une bataille culturelle »

  • Le Mouvement associatif veut agir contre les idées du RN

    Le Mouvement associatif veut agir contre les idées du RN

    Comment « se ressaisir, par les têtes de réseau de notre capacité à rediffuser les valeurs de l’éducation populaire ? » Cette question, le Mouvement Associatif, organisation nationale qui fédère et représente les familles d’associations du territoire, l’a mise au centre d’une lutte contre la démocratisation des idées d’extrême droite.

    Jeudi, au Camp des Milles, les structures associatives se sont réunies pour une journée d’action : « Agir contre l’exclusion prônée par les choix électoraux ». Au centre des objectifs, comprendre les mécanismes qui mènent aux électeurs « ordinaires » à déposer un bulletin de vote pour le Rassemblement national ou d’adhérer aux idées de l’extrême droite, en général. Une conférence animée par Félicien Faury, sociologue et chercheur au CNRS, auteur de Des électeurs ordinaires. Enquête sur la normalisation de l’extrême droite, a permis d’apporter de première clef d’analyse issues de son enquête de terrain menée dans le Sud-Est. « L’idée est d’intégrer les résultats de sa recherche (…) pour essaimer dans nos pratiques ces résultats de compréhension des votes, explique Sandra Castebrunet, déléguée régionale pour le Mouvement Associatif. Nos fédérations pourront ensuite les transmettre dans leurs réseaux, les doter d’arguments pour aborder la question avec des populations qui ne sont plus habituées au débat ». À quelques mois des élections municipales et un glissement vers les votes RN sur le territoire, le Mouvement Associatif met un point d’honneur à s’ouvrir aux personnes « hors de ses réseaux » et rouvrir le débat, « faire de la pédagogie ».

    « Ce qui compte est de ne pas stigmatiser les électeurs, insiste Sandra Castebrunet. On ne va pas contre eux, on veut comprendre ce qui les amène à aller vers un vote comme ça ».

    Appel à la mobilisation

    le 11 octobre

    Travail d’autant plus important au sein des associations, porteuses de « respiration démocratique » pour la société, selon Yannick Gallien, président du Mouvement Associatif Sud-Paca. « Nous attendons que la vision commune, partagée, permette d’agir là ou chacun peut être. Non pas pour rendre des pensées uniques mais pour ouvrir des esprits et rappeler que vivre en société c’est vivre en harmonie », souligne Yannick Gallien, qui ajoutera : « Nous refusons d’être bâillonnés ».

    La journée s’est d’ailleurs déroulée à quelques jours d’un appel à mobilisation le 11 octobre, lancé par le Mouvement associatif. Dans les Bouches-du-Rhône, l’action se déroulera à Marseille, les informations sur le lieu restent à définir. L’axe de la mobilisation ? Le financement, dont la réduction fragilise la liberté d’action des associations.

  • Sophie Camard : « Martine Vassal, c’est la candidate du retour en arrière »

    Sophie Camard : « Martine Vassal, c’est la candidate du retour en arrière »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h30 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    La campagne des municipales

    Léo Purguette : Est-on déjà dans la campagne ?

    Pour nos adversaires oui. De notre côté, ce qui compte pour moi, c’est qu’on a fait le démarrage de campagne du Printemps marseillais avant les candidats. Samedi matin dernier, 1 500 personnes à la maison de l’Arménie, c’était un signal positif. On revient aux sources de ce qu’a fait le Printemps marseillais en 2020, dans un autre contexte. C’est-à-dire qu’on remobilise notre base militante et les habitants. On revient au message de base du Printemps marseillais : transformer la ville avec un mouvement citoyen et ce mélange un peu particuliers de partis politiques et de citoyens.

    Didier Gesualdi : 5 ans après votre opposition ne cesse de dire que Benoît Payan a volé l’élection de Michèle Rubirola.

    Pour moi, celle qui a volé l’élection, c’est Martine Vassal puisqu’elle oublie à chaque fois de dire que c’est elle qui a perdu. Elle a perdu la mairie des 6-8, elle a perdu le conseil municipal et elle s’est ensuite présentée à la Métropole par revanche politique. Je rappelle que Benoît Payan a gagné les 2-3, Michèle Rubirola les 4-5, Olivier Fortin les 6-8 et moi les 1-7. Ça me rappelle un peu Trump face à Biden. On est face à une droite tellement traumatisée de perdre le pouvoir en 2020, qu’elle a fait un arrêt sur image. Ils n’ont jamais accepté les résultats et là, ils font un redémarrage de campagne où on a l’impression qu’ils ont réappuyé sur la touche de 2020 et on les voit revenir avec les mêmes candidats que ceux qui ont perdu en 2020. Ils reviennent avec la même communication « Marseille à feu et à sang avec le Printemps marseillais » On est seulement au mois de septembre, on se demande ce que ça sera en mars. Et puis, un climat d’affaires judiciaires, et une annonce de campagne où je me suis demandé si c’était Martine Vassal ou Marine Le Pen qui se lançait.

    Léo Purguette : À ce point ? Oui, faire sa rentrée politique en disant « la cause de tous les problèmes, c’est l’immigration », c’était assez spectaculaire.

    Léo Purguette : Elle a fait ce lien sur un fait divers de votre secteur sur lequel vous avez fait le choix d’assez peu vous exprimer.Ah si ! J’ai fait des déclarations claires et nettes. Lorsque la situation était parfaitement maîtrisée et que tout s’est transformé en bad buzz sur les réseaux sociaux, j’ai vraiment réagi très formellement. On est en République. L’état de droit, c’est juger les individus sur les actes qu’ils commettent, pas sur leurs origines ou leur nationalité. J’ai rappelé que Belsunce était un quartier avec beaucoup de personnes d’origine étrangère qui sont aussi les premières victimes de ce qu’il s’y passe. On pourra en reparler.

    La candidature de Martine Vassal

    Didier Gesualdi : Que pensez-vous de ce démarrage de campagne ?

    Pour moi, Martine Vassal, c’est la candidate du retour en arrière. C’est-à-dire que ses soutiens veulent reprendre là où ils en étaient en 2020. Qui veut revenir en arrière ? Qui veut revenir à la situation de 2020, où il y avait une crise humanitaire due à l’évacuation des personnes délogées et où il n’y avait même pas de direction de lutte contre l’habitat indigne ? Qui veut revenir avant 2020 où on avait une adjointe aux écoles qui ne savaient même pas combien Marseille comptait d’écoles et qui disait que si les écoles étaient dégradées c’était la faute des enfants ? Aujourd’hui on a un plan écoles d’un milliard, on est passé de 20 ans de retard à 10 ans d’avance dans les nouvelles écoles. Qui veut revenir à avant 2020, où les musées, les bibliothèques, les cantines, les crèches étaient en permanence en souffrance et parfois fermés par manque de personnel ? Qui veut revenir avant 2020 où on nous prédisait la tutelle de l’État sur les finances de la Ville ? Ce n’est pas assez signalé mais nous avons non seulement recruté, renforcé les services publics mais aussi diminué la dette de Marseille. Martine Vassal dirige la Métropole – 5 milliards d’euros -, le Département – 3 milliards d’euros – avec des finances qui vont très très mal. On n’a pas de leçon à recevoir.

    Léo Purguette : Quand elle dit sur ce plateau que dans le magazine bilan de la majorité 80% des réalisations sont dues à la Métropole, vous n’êtes pas d’accord ?

    Quand ça va bien, c’est le bilan de Martine Vassal, le reste c’est Benoît Payan ? Il faut rester sérieux 5mn. Je peux confirmer que, quand l’État, la Métropole et la Ville font ensemble, oui ça permet d’avance. Mais dans ce cas-là, pourquoi dit-elle que Marseille va si mal ?

    Les liens avec la métropole

    Didier Gesualdi : Vous travaillez avec la Métropole…

    La Métropole a beaucoup d’argent et beaucoup de pouvoir. Martine Vassal termine son mandat sur ses grandes compétences avec un fiasco total dans les transports. Les déchets, la propreté, ça remonte de partout, ça ne va pas. Encore trop souvent, elle bloque un certain nombre de demandes que nous lui faisons. Elle a même refusé de mettre une maison des projets dans un immeuble de la Métropole pour expliquer aux Marseillais tout ce que nous faisons ensemble avec la rénovation urbaine sur le centre-ville. Comme si ça devait nous bénéficier à nous, alors que c’est juste l’intérêt commun. Il y a un récit qui ne fonctionne pas. Si elle a tant d’argent et de pouvoir, pourquoi elle critique la situation de Marseille ?

    Léo Purguette : Ça, ce sont vos rapports tendus, mais les Marseillais que vous rencontrez comme maire de proximité, vous disent-ils que tout va bien ?

    Ils me disent que Marseille change, qu’ils ne veulent pas revenir en arrière. Ils me disent qu’ils ont conscience qu’il a de grands sujets qui nous dépassent. Accuser Benoît Payan ou Sophie Camard de la drogue ou des coups de couteau, c’est quand même un peu ridicule. Nous avons libéré beaucoup de projets et d’énergie dans cette ville. Ce n’est pas anecdotique d’avoir remis beaucoup de culture dans l’espace public, d’avoir redressé les écoles, les crèches, la police municipale aussi. Les gens m’en parlent. Après, ils ont bien compris qu’il y a un débat politique qui leur échappe et dont ils ne veulent plus entendre parler, c’est cette opposition Métropole-Ville, Vassal-Payan. C’est pourquoi l’élan transformateur du Printemps marseillais devra, demain, s’étendre à tous les secteurs de la Ville et à la Métropole. Nous voulons l’alignement de la chaîne de commandement.

    Le Premier ministre

    Léo Purguette : La situation nationale est très bloquée. On a un Premier ministre sans gouvernement, un mouvement social qui se déploie. Quelle issue possible ?

    Ce qui m’intéresse dans la situation actuelle, c’est que pour une fois, comme on n’a plus de gouvernement, on a un mouvement social qui met des sujets sur l’agenda politique. Habituellement, on fait des manifestations contre ce que le gouvernement cherche à imposer. C’est un moment très particulier, le mouvement social qui fixe les grands sujets : la Palestine, l’injustice fiscale, les privilèges des milliardaires, l’idée d’aller chercher l’argent là où il est…

    Léo Purguette : Cela débouchera-t-il sur une dissolution ?

    Je m’en méfie car derrière, c’est l’extrême droite. Il faut maintenir la mobilisation. La situation doit se résoudre par des mesures fortes que le mouvement social exige.

    La sécurité

    Didier Gesualdi : Parmi les reproches faits à Marseille, il y a les incivilités et l’insécurité. La réponse est du côté de l’État mais pas seulement. N’avez-vous pas mis un peu trop de temps à vous préoccuper de la question ?

    Je rappelle que dès 2020 nous avions inscrit le doublement de la police municipale dans notre programme. C’est un engagement tenu. Quand nous sommes arrivés aux manettes, nous avons constaté qu’il y avait à peine une équipe de nuit de police municipale pour toute la ville, que pour les fameuses caméras dont on parle, il n’y avait pas les ressources humaines pour exploiter les images et le centre de supervision urbain était insuffisamment doté. C’est nous qui avons recruté, rajouté des brigades maritimes et équestres, qui avons ouvert le poste de police de proximité sur la Canebière, qui avons fait refluer les difficultés à Noailles de manière spectaculaire. Je ne trouve pas du tout qu’on a été aux abonnés absents sur le sujet, bien au contraire. Je pense même que cela a surpris et mis en difficultés nos adversaires qui ne s’y attendaient pas.

    Les forces en présence

    Didier Gesualdi : Vous tapez beaucoup sur Martine Vassal mais quid du RN dont on vous entend peu parler ?

    On en parle de manière indirecte parce que, oui, ça nous inquiète cette fusion de discours entre LR et l’extrême droite. Très clairement, il y a une question qui est posée sur des éventuelles fusions de liste au second, au troisième tour ? On n’en sait rien. Il y a un vrai problème de repérage des forces politiques en présence. Qu’est-ce que ça veut dire la droite à Marseille aujourd’hui par rapport à l’extrême droite ? Je me pose vraiment des questions sur le discours. L’extrême droite est très présente sur le terrain. On peut se retrouver avec un duel gauche-extrême droite.

    Didier Gesualdi : Pourquoi les Marseillais votent pour elle selon vous ?

    Je ne pense pas que Marseille soit isolée des grandes tendances mondiales, nationales, de tout ce climat de fachosphère qui règne dans le pays… Je mesure l’utilité des élus de proximité. On est sans cesse au corps à corps sur des fausses rumeurs, des propos qui n’ont pas lieu d’être… Il y a beaucoup d’angoisse qui s’exprime, beaucoup de peur dans la tête des gens.

    Léo Purguette : Parmi les forces en présence, il y a la FI. Vous étiez suppléante de Jean-Luc Mélenchon, en 2020 vous aviez fait partie de ceux qui ont voulu le Printemps marseillais. N’y a-t-il pas ici aussi une touche pause actionnée ? C’est définitif ?

    Du côté de la France insoumise, pour le moment, je ne vois pas trop de son pas trop d’image. Ce ne sont pas juste des déclarations sur les réseaux sociaux qui manifestent une entrée en campagne. Une campagne, c’est un programme, des candidats, des débats… Effectivement, ils ne veulent pas faire de liste avec nous. Nous sommes les élus sortants, le Printemps marseillais, on va mettre un bilan en débat pour aller plus loin. Qui va nous aider ? Nous renforcer ? Je fais un appel aux citoyens. Je me méfie des étiquettes politiques, surtout à Marseille, l’électorat de gauche peut évoluer d’une élection à l’autre. Je fais confiance aux électeurs de gauche pour faire les bons choix aux bons moments.

    Léo Purguette : On ne sait pas si certains vous rejoindront mais d’autres semblent vouloir vous quitter comme l’écologiste Sébastien Barles. C’est définitif ?

    Je rappelle qu’il avait fait une liste autonome en 2020.

    Léo Purguette : Vous n’aviez pas géré 5 ans ensemble…

    Didier Gesualdi : Il veut être calife à la place du calife ?

    Je ne sais pas, il faut lui demander. Il a été adjoint au maire tout le long, chargé de la transition écologique, il a eu un certain nombre de moyens à sa disposition. Il lui appartient de s’exprimer mais au départ, il était déjà sur une liste qui n’était pas celle du Printemps marseillais.

    Nicolas Sarkozy

    Didier Gesualdi : La condamnation de Nicolas Sarkozy n’est pas de nature à rapprocher les électeurs de la politique…

    Ça c’est sûr. En 2007-2008, c’est ce qui m’a fait reprendre un engagement politique. J’étais déjà à Marseille, c’était le grand début de la brutalisation de la vie politique. On dirait que tout le monde réalise maintenant la gravité des faits qui lui ont été reprochés. Il y a depuis des années, une certaine bienveillance à ne pas mesurer le caractère historique de ce qui se passe avec M. Sarkozy. Quand on dit « c’est la première fois qu’il y a une peine de prison ferme », ce n’est pas vrai. Il a été condamné dans l’affaire Bismuth, il a eu le bracelet électronique, puis l’affaire Bygmalion et là, c’est la troisième affaire avec le financement libyen. Il a en fallu du temps !

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de
    Karim Bendjaballah : Bonjour, qu’est-ce que vous faites pour améliorer Noailles ?

    Je suis très fière de ce qu’on a fait à Noailles. J’ai été élue sur les sujets de la rue d’Aubagne. On a eu la chance de pouvoir installer une Société publique d’intérêt national. Énormément de changements se voient à Noailles, il y a des travaux de voirie dans tout le quartier, tous les réseaux électriques ont été refaits. L’équipement de proximité qui sera un lieu ressource sur le lieu de l’effondrement va s’ouvrir au printemps. Le centre social, promis depuis 10 ans est en travaux. Il devrait pouvoir ouvrir en 2027 et en attendant, l’année prochaine on va pouvoir ouvrir un équipement associatif au 44, rue d’Aubagne. Il y a eu les opérations de police de proximité qui ont énormément soulagé et qui tiennent dans le temps. J’ai commencé le mandat en sentant mes adversaires politiques qui se frottaient les mains sur Noailles en se disant « ils ne vont pas y arriver ». Aujourd’hui l’ambiance a changé à Noailles. Karim, si vous habitez Noailles vous pouvez le voir tous les jours dans votre rue. On est en train de changer d’ère. À tel point que les prix remontent. C’est pour ça qu’on avait prévu, sur le foncier public qu’on va réhabiliter, des logements sociaux qui correspondent aux besoins des habitants. On va essayer de tout mettre en œuvre pour qu’il n’y ait pas d’emballement à la spéculation. On va maîtriser cela.

  • L’ultra droite dans le viseur du procureur après des violences

    L’ultra droite dans le viseur du procureur après des violences

    Les faits se sont déroulés en marge de la manifestation à l’appel de l’intersyndicale, jeudi 18 septembre. Selon plusieurs témoins et des images de vidéo surveillance, des individus s’en sont pris physiquement et très violemment à plusieurs habitants de Montpellier, place des Beaux-Arts. « Un groupe d’individus, manifestement issu de l’ultra droite, a violemment agressé plusieurs personnes sur la place des Beaux-Arts », a dénoncé dès le lendemain le maire de Montpellier Michaël Delafosse (PS). « En ma qualité de maire de Montpellier, j’ai immédiatement saisi le procureur de la République en application de l’article 40 du Code de procédure pénale. »

    Le procureur de Montpellier, Thierry Lescouarc’h a déclaré mardi soir : « Après analyse, je vous indique saisir les services de la DIPN (Direction interdépartementale de la police nationale) de ces faits afin de mener les investigations pour en établir les circonstances précises et le mobile. » L’affaire, grave, fait également fortement réagir le syndicat SNES-FSU du lycée Joffre. Dans un communiqué, les professeurs s’interrogent sur la passivité supposée des forces de l’ordre : « Comment justifier que la police, dûment informée du lieu où se trouvaient ces individus, les laisse errer longuement aux abords d’un établissement scolaire ? Pourquoi les laisser libres de leurs agissements alors qu’ils menacent des lycéens et des lycéennes, et qu’ils les injurient, ciblant de manière privilégiée des jeunes filles ? (…) Nous demandons à la préfecture de l’Hérault de clarifier ces points, d’autant que cette totale liberté d’agir semble avoir conduit à une grave agression physique dans le quartier des Beaux-Arts dans les heures qui ont suivi », écrit la section syndicale.

    Les parlementaires

    de gauche réagissent

    Le préfet de l’Hérault François-Xavier Lauch est aussi directement interrogé, par courrier daté du 24 septembre, par la députée et le sénateur socialistes de l’Hérault, Fanny Dombre-Coste et Hussein Bourgi : « Pourquoi alors qu’ils multipliaient les escarmouches (notamment à la hauteur du Lycée Joffre) et que les agents de la BAC étaient présents, les forces de l’ordre n’ont pas réajusté les moyens pour contrôler ces individus, les arrêter ou les interpeller ? » demandent les deux parlementaires au représentant de l’État. La députée de l’Hérault Nathalie Oziol (LFI) a également saisi le procureur de Montpellier : « A l’heure où nous assistons à une multiplication des crimes racistes, et à la libération des violences de l’extrême droite, de tels événements ne sauraient rester impunis », écrit la députée.

    Au soir du 18 septembre, la préfecture de l’Hérault dressait le bilan de la journée en faisant état « de 22 interpellations dont 21 à Montpellier (ports de masques et fumigènes, ports d’armes prohibées, dégradations et outrages). 18 personnes en garde à vue. » Sans préciser le profil des personnes concernées.

  • Des mairies hissent le drapeau palestinien dans le Gard et l’Hérault

    Des mairies hissent le drapeau palestinien dans le Gard et l’Hérault

    Ce n’est pas tous les jours que le conseil municipal de Cendras soutient le président de la République », lance Sylvain André devant sa mairie. L’édile communiste de Cendras a en effet accroché le drapeau palestinien lundi 22 septembre et organisé un rassemblement en fin de journée pour saluer la décision de la France de reconnaître officiellement l’État de Palestine.

    À l’instar des communes de Saint-Julien-les-Rosiers et Le Martinet, Sylvain André n’a pas suivi les consignes de la préfecture concernant l’accrochage du drapeau palestinien. « Je suis surpris par la polémique. Avec ce drapeau, je soutiens la diplomatie française. On avait déjà mis le drapeau ukrainien et la banderole Ensemble pour la paix quand la guerre en Ukraine a commencé », explique Sylvain André.

    Dans l’Hérault, plusieurs maires ont également accroché les couleurs de la Palestine comme René Revol (LFI). Saisi par la préfecture, le tribunal administratif de Montpellier a suspendu la décision du maire et le préfet lui a « demandé » d’appliquer cette décision. « La consigne du ministre de l’Intérieur contredit de fait la position diplomatique de la France et ne peut donc avoir aucune légitimité », s’est expliqué l’édile qui a laissé le drapeau flotter toute la journée de lundi. Des rassemblements ont également eu lieu devant de nombreuses mairies pour saluer la position française.

    À Cendras aussi, le drapeau palestinien devait être décroché mardi matin. Mais le député d’extrême droite de la circonscription, Alexandre Allegret-Pilot (UDR), en a décidé autrement en venant l’enlever en pleine nuit.

    Sylvain André menacé

    Dans une vidéo où il se met en scène, l’élu ciottiste explique : « Le préfet du Gard a exigé que le drapeau soit retiré. Sans surprise, rien n’est fait. Donc on doit s’en occuper », lance-t-il avant de décrocher lui-même le drapeau. « Il s’est octroyé un pouvoir judiciaire qui n’est pas le sien en commettant une atteinte à l’autorité de la commune et au bon ordre public […]. Je demeure profondément choqué par cet épisode auquel je me réserve le droit de donner une suite judiciaire », a réagi Sylvain André qui a été contraint de fermer les commentaires sur les réseaux sociaux devant le flot d’insultes reçues : « J’ai reçu des messages comme « qu’il prenne le Hamas chez lui », « terroriste », « islamogauchiste ». Il y en a même un qui a dit : “Qu’on le brûle”. Je ne sais pas si c’était le drapeau ou le maire. »