Tag: expositions

  • Une riche année culturelle en vue dans le département du Var

    Une riche année culturelle en vue dans le département du Var

    Avec 400 000 visiteurs sur les événements proposés dans les lieux culturels départementaux et les actions menées en régie en 2025, le bilan est positif pour le département du Var en matière d’action culturelle. Doté d’un budget de 11 millions d’euros, il aura – et c’est une bonne nouvelle au vu des sommes dédiées à la culture en France – les moyens de ses ambitions.

    Présentées jeudi dernier, elles se déclinent en sept axes. Le premier, « s’émerveiller », est consacré au spectacle vivant, avec, entre autres, la tournée Var Opéra et la scène ouverte départementale. Le deuxième, « s’ancrer », invite à (re)découvrir le patrimoine, à travers l’Écomusée départemental des 4 frères, notamment, qui proposera deux expositions, « Cuisine provençale » et « Pierre sèche », sur les bâtisseurs provençaux. Dans cette lignée, « Découvrir » nous replonge dans la mémoire de notre civilisation, avec des conférences et expositions proposées aux archives départementales.

    La quatrième thématique, « respirer », se matérialise à travers les nombreux événements organisés en des lieux extérieurs, dont l’Ecoferme de la Barre et la Maison de la Nature du Plan. Vous pourrez aussi « admirer » les œuvres d’arts plastiques présentes à l’Abbaye de la Celle et dans le Musée virtuel du Var, nouvel outil virtuel permettant d’accéder à l’ensemble de la collection départementale.

    Enfin, les deux dernières, « imaginer » et « apprendre », invitent à la lecture, avec la traditionnelle Fête du Livre, à la formation artistique à travers le Schéma départemental d’enseignement artistique (SDEA), et à l’inclusion des personnes en situation de handicap, à travers le Mois des Possibles.

  • Une plainte inédite contre l’amiante dans le bâti scolaire

    Une plainte inédite contre l’amiante dans le bâti scolaire

    « L’omerta, le déni et les mensonges, ne peuvent plus durer. » Devant le palais de justice de Marseille, Nathalie Laclau, présidence de l’Avalé 13 (Association des victimes de l’amiante dans les locaux de l’éducation des Bouches-du-Rhône) tire la sonnette d’alarme sur un « scandale sanitaire » dans le bâti scolaire. Entourée de représentants syndicaux d’enseignants, d’agents territoriaux, d’association de parents d’élèves, elle dénonce : « Il n’y a jamais eu de politique d’éradication de l’amiante dans les locaux scolaires depuis son interdiction. Mais le bâti s’est usé et libère immanquablement des fibres d’amiante. »

    D’où un dépôt de plainte inédit, contre X pour mise en danger de la vie d’autrui, auprès du procureur de la République du pôle santé publique de Marseille, ce mercredi par la dizaine d’organisations et les plusieurs dizaines de parties civiles réunies sous la même bannière pour cette action. L’objectif affiché est simple : « Demander justice et faire la lumière sur les responsabilités politiques et institutionnelles. Que plus personne ne puisse se défiler sans rendre des comptes », résume Arnaud Dupleix pour la FCPE 13. Pour les travailleurs des établissements scolaires comme les parents d’élèves, la présence d’amiante et leur exposition ne font aucun doute. « Il y a eu des droits de retrait et des mobilisations d’ampleur dans plusieurs établissements sur la question », rappelle Laurence Rouvière, pour le Snudi-FO. « L’éducation et les collectivités territoriales refusent de se confronter à l’ampleur du phénomène », abonde Sébastien Fournier, pour la FSU-SNUipp.

    « Des expositions passives et actives »

    Et s’ils posent la question de la responsabilité, c’est car le collectif fait face à un labyrinthe institutionnel où se mêlent l’intervention de l’Éducation nationale et les compétences des collectivités territoriales sur le bâti scolaire : les écoles dépendent des communes, les collèges du Département et les lycées de la Région. « On a 12 exemples : des écoles maternelles et élémentaires, des collèges et un lycée dans les Bouches-du-Rhône où il y a une défaillance dans la production et la communication des diagnostics techniques amiantes. Ils sont parfois inexistants, parfois incomplets », précise Me Julie Andreu qui porte le dossier. Avant de conclure : « Il y a des expositions actives et passives : quand on est enseignant et qu’on perce un mur, on peut être exposé à l’amiante. Quand on est élève et qu’on dort dans une salle où il y a des dalles de plafond dégradées et amiantées, on n’est pas informé.»

  • La quinzaine du Japon est lancée dans le Gard

    La quinzaine du Japon est lancée dans le Gard

    Tout le Gard concerné

    Mais cette quinzaine qui séduit petits, adolescents et adultes autour d’une même culture va rayonner sur l’ensemble du territoire gardois. Ainsi, la Bambouseraie en Cévennes propose des « visites exclusives » du jardin d’inspiration japonaise « Le Vallon du Dragon » (les 8, 9 et 11 novembre). Toujours dans les Cévennes, le Vigan organise aussi une journée avec de nombreuses animations dimanche 9 novembre. Jusqu’au 28 novembre, la Maison de ma Région de Nîmes accueille une exposition sur les « Voyages autour du Mont Fuji ». Du 15 au 18 novembre, le Cinéplanet à Alès met, lui, en lumière le cinéma japonais.

    Quatre lycées du département vont également accueillir des animations autour du manga, du dessin, de la cuisine japonaise ou des expositions. La médiathèque de Saint-Christol-lez-Alès accueillera l’exposition « Curieux Japon » et celle de Saint-Hippolyte-du-Fort proposera de nombreux ateliers (8, 12, 15, 19 novembre). Enfin, le musée voisin de la soie présente une exposition de broderies japonaises traditionnelles.

  • [Entretien] Céline Laudin : « Chaque amateur d’art voulait un Ziem dans sa collection »

    [Entretien] Céline Laudin : « Chaque amateur d’art voulait un Ziem dans sa collection »

    La Marseillaise : Qui était Ziem ?

    Céline Laudin : Félix Ziem est un peintre du XIXe siècle qui est né en Bourgogne, à Beaune, et qui est mort à Paris à l’âge de 90 ans. Il est plutôt autodidacte. Il fait des études d’architecture aux Beaux-Arts de Dijon où il est très doué. Il doit partir ensuite à Paris avec l’obtention d’une Bourse mais un problème au niveau de son comportement fait qu’il ne peut pas s’y rendre. Il décide de partir rejoindre un membre de sa famille qui travaille alors dans les abords de Marseille à la construction de l’aqueduc de Roquefavour. Il arrive sur ce chantier, et il commence à faire des croquis en plein air de la campagne environnante. Le duc d’Orléans arrive, voit ses croquis et lui achète. Et l’histoire commence ainsi.

    Pour quelles raisons est-il qualifié de peintre voyageur ?

    C.L. : Son rêve, c’est d’aller en Italie comme tous les artistes du XIXe siècle, sur cette idée de faire le grand tour, de voir les monuments à Rome, à Florence, à Venise. Félix Ziem est un peintre paysagiste. Ce qu’il aime, c’est la lumière et le rapport de l’eau et des paysages. C’est pour ça qu’il apprécie particulièrement Venise et qu’il choisit aussi plutôt Martigues que Marseille pour s’installer sur les bords du chenal de Caronte. Il ouvrira quatre ateliers : à Paris, à Venise, à Nice et à Martigues. C’est un artiste voyageur par excellence il fait énormément de voyages, en Italie, mais pas que. Il va beaucoup en Afrique du Nord. Il va aller aussi à Constantinople. Il va faire un grand voyage en Orient. Il va aller en Algérie. Mais il va aller jusqu’en Russie, en Angleterre, aux Pays-Bas. Il est tout le temps en mouvement.

    Était-il reconnu de son vivant ?

    C.L. : Dans son journal, on sent qu’il est assez insatisfait de ses peintures parce qu’il n’a jamais vraiment appris cet art. Malgré cette frustration, il va très vite exposer au Salon, qui est vraiment l’organe officiel où il faut que tous les peintres aillent à Paris, et il commence à vendre ses tableaux. Il est très malin. Il s’entoure de marchands, il fait monter les prix. Ses œuvres prennent de la valeur et c’est l’un des artistes les plus riches du XIXe siècle. Chaque amateur d’art voulait un Ziem dans sa collection. Il est reconnu dans le métier, Théophile Gautier l’encense. C’est quelqu’un d’assez mondain, il va aux soirées des frères Goncourt, il est très bien installé et reconnu de son vivant.

    Ce qui n’est plus vraiment le cas aujourd’hui.

    C.L. : Il produisait énormément, et c’est ça qui l’a peut-être un peu desservi. Il faisait dans ses peintures ce que les amateurs d’art aimaient et attendaient, donc, on a pu le taxer ensuite de faire un peu tout le temps la même chose : un horizon bas, trois quarts de la toile consacrée au ciel… À Venise, une gondole, à Constantinople, à Martigues, une tartane. Ce côté un peu répétitif a pu être critiqué. Il a aussi longtemps été taxé d’orientaliste parce qu’il représentait l’Orient. Mais pour moi, ce n’est pas un orientaliste car il est vraiment allé dans ces pays, il ne représente pas un Orient fantasmé qu’il aurait pu lire dans les livres, il peint ce qu’il a vu, les danseuses, les petits métiers, les musiciens… Il est plutôt inclassable en fait et l’histoire de l’art n’aime pas trop les gens inclassables, il faut appartenir à une école à un mouvement, on aime bien les cases en histoire de l’art.

    Comment, à travers les expositions proposées au musée, tentez-vous de lui rendre sa place ?

    C.L. : La chance que nous avons eue au musée Ziem, c’est d’avoir reçu en legs de sa petite-fille tout son fond d’atelier. Et donc, on a, dans la collection, des œuvres qu’il n’a jamais vendues mais qu’il conservait. C’est très intéressant, parce qu’il a par exemple conservé toute sa vie son autoportrait qu’il a peint dans les années 1860-1865, où il s’est représenté en bleu, en mettant de la craie sur son tableau, ce qui est quelque chose d’extrêmement moderne mais qu’il n’a jamais montré. De même, il a gardé avec lui ses pochades, une sorte carnet de croquis mais sur du bois, qu’il prenait avec lui quand il allait voyager, ses aquarelles… Ce sont des œuvres beaucoup plus spontanées et modernes que ce qu’il commercialisait. Au musée, on valorise ce fond d’atelier qui est vraiment d’une très grande richesse. C’est formidable parce qu’on rentre aussi dans l’intimité de l’artiste où on voit son processus créatif. C’est comme si on était presque avec lui sur les bords du Bosphore ou sur les canaux de Venise.

  • L’œuvre douce-amère de Katia Bourdarel à Marseille

    L’œuvre douce-amère de Katia Bourdarel à Marseille

    « Aux frontières du rêve et du réel, l’univers de Katia Bourdarel mêle le corps et la nature dans un voyage entre lumière et ombre, fragilité et puissance, douceur et chaos », affiche un panneau au rez-de-chaussée du Musée Regards de Provence, qui accueille jusqu’au 15 mars 2026 l’exposition de cette Marseillaise, « De fiel, de miel et de sel ». A priori, une exposition aux saveurs fades. Jusqu’à ce que notre rétine, ne s’accommode difficilement d’une série de toiles qui paraissent être des photographies au réalisme invraisemblable. Mais quelques pas en avant, permettent de voir le détail de ces peintures, parmi lesquelles Damnatio memoriae #9 et Rebelle #1. En vis-à-vis, une statue masquée par des feuillages, et le même item entièrement drapé de blanc. Presque envie de soulever ce voile tant il paraît concret. Entre le fiel et le miel, elle est peut-être là, la pincée de sel.

    « Noirceurs et soleils »

    « Inspirée par des figures mythologiques ainsi que par des textes classiques de Platon et Ovide à Apulée », indique la commissaire de l’exposition, Amélie Adamo, « l’œuvre de Katia Bourdarel nous plonge dans une exploration intime et collective de la métamorphose. Elle résonne avec nos noirceurs et nos soleils, de l’amour à la mort ». Différentes Narcisse et odalisques sont encore bluffantes de détails, tout au long d’un parcours où les nus sont légion, dévoilant chaque pli des corps et du visage. Plus l’exposition se dévoile, plus la clarté laisse place à la noirceur, comme le suggère une nuée de corbeaux suspendus en l’air. Le chemin tout tracé vers les Nocturnes métamorphoses de Katia Bourdarel qui, au son d’une musique crépusculaire, dévoilent des beautés douces-amères, assaisonnées d’un sel qui nous comprime le cœur et les artères.

  • [Le Grand entretien] Juliette Trey : « Un des plus grands musées en région »

    [Le Grand entretien] Juliette Trey : « Un des plus grands musées en région »

    Parcours

    La Marseillaise : Quel est votre parcours avant votre arrivée
    au musée Fabre ?

    J.T. : En tant que conservatrice du patrimoine de la fonction publique d’État, j’ai jusqu’ici toujours travaillé dans les grands établissements publics du ministère de la culture : au château de Versailles, au musée du Louvre puis, à partir de 2019, à l’Institut national d’histoire de l’art (Inha), où j’ai supervisé des projets de recherche en histoire de l’art.

    Parallèlement, j’ai assuré le commissariat de plusieurs expositions en France mais aussi à l’étranger (en Pologne) ou en collaboration avec des musées étrangers. J’ai pour autant toujours eu envie de travailler en région, dans une collectivité territoriale. C’est pour ça que j’avais envie de rejoindre Montpellier.

    L’identité du musée

    La Marseillaise : Le musée Fabre a-t-il une identité particulière ?

    Juliette Trey : C’est important de noter que ce n’est pas le musée des Beaux-Arts de Montpellier. Il porte le nom de son grand fondateur et collectionneur, François-Xavier Fabre, qui a fait sa donation en 1825. C’est pour cela qu’on fête le bicentenaire du musée en ce moment pour les 3 prochaines années, le musée ayant ouvert en 1828. Cette donation Fabre a donné le tempo de toute une série de donations. C’est ça qui fait l’identité de ce musée : il est forgé par ses donateurs, avec notamment une collection d’art néoclassique extrêmement riche. On a également une collection Support-surface très importante, parce que les artistes qui ont créé le mouvement étaient très liés à Montpellier et ont fait énormément de donations. Sans oublier la donation Soulages, en 2005.

    L’an dernier, la donation Depardon a aussi fait entrer la photo dans les collections ?

    J.T. : C’est vrai que le musée Fabre est essentiellement un musée de peinture. On a très peu de sculptures, pas de photos. Une belle collection de dessins, c’est vrai. Un peu d’arts décoratifs également, avec l’hôtel Sabatier d’Espeyran. Ce sont des aspects qu’on voudrait développer : les arts décoratifs jusqu’au design, la photo, la sculpture… pour donner à voir la création d’une manière plus large.

    Que représente le musée Fabre au niveau national ?

    J.T. : C’est un des plus grands musées en région. C’est celui qui a le plus important budget d’acquisition et il est extrêmement dynamique sur le marché de l’art. Il a un rayonnement national et international important. Et c’est dans cette dynamique que je voudrais continuer à travailler.

    Diversifier les publics

    La Marseillaise : Vous affichez votre volonté d’attirer de nouveaux publics…

    J.T. : Oui, renouveler les publics et faire évoluer l’image du musée. On a la chance que 33% de nos visiteurs aient entre 18 et 24 ans. C’est à l’image de la population à Montpellier, qui est une ville très étudiante. Mais on a plus de difficulté à toucher les trentenaires et les adolescents. C’est donc important de montrer que tout le monde peut trouver sa place au musée. À travers les expositions, bien sûr, comme celle de l’été prochain autour de Pierre Paulin, qui sera la première expo de design présentée au musée Fabre, mais aussi à travers tout ce qu’on fait avec le service des publics.

    Le musée Fabre est un musée très engagé vers le jeune public…

    J.T. : On a vraiment une expertise pour la petite enfance (0-6 ans). On a développé des visites très tôt pour les tout-petits. On a également un projet spécifique à Montpellier sur le jeune public qui s’appelle les enfants ambassadeurs.

    C’est la deuxième année qu’on le met en place. Il permet à chaque classe ou groupe d’enfants (cela peut aussi concerner les crèches ou les centres de loisirs) d’adopter ou de parrainer une œuvre. En début d’année, chaque groupe choisit une œuvre. On fournit un kit pédagogique à destination des enseignants pour présenter cette œuvre et bien sûr, on accueille les classes au musée. Les enfants imaginent une manière de présenter l’œuvre ou de se l’approprier : dessins, rédaction de cartels, création dansée… Et au printemps, on les invite tous, le temps d’une journée, à venir présenter leur restitution. L’objectif étant de toucher les publics qui n’ont pas l’habitude de venir au musée. C’est important que les enfants s’approprient le musée dès leur plus jeune âge et deviennent nos petits ambassadeurs.

    Extension et grandes expos

    La Marseillaise : En quoi consiste le projet d’extension dont les travaux doivent débuter en 2027 ?

    J.T. : Il y a eu une première rénovation entre 2002 et 2007 qui a déjà métamorphosé le musée. Mais les collections se sont considérablement enrichies depuis 20 ans (12 000 œuvres actuellement, dont 1 500 à 2 000 sont exposées en permanence) et on est un peu à l’étroit, surtout pour la partie art moderne et contemporain. Le projet d’extension est donc le suivant : déplacer la salle temporaire actuelle en en creusant une nouvelle sous le parvis du musée, c’est-à-dire sous l’œuvre de Buren qui conduit les visiteurs jusqu’à l’entrée. Cela va nous faire gagner presque 1 000m² d’exposition temporaire et la salle d’exposition temporaire actuelle sera, elle, utilisée pour déployer de façon permanente nos collections d’art moderne et contemporain.

    Quelle est votre ligne directrice pour les expositions
    à venir ?

    J.T. : Je voudrais continuer à porter des expositions ambitieuses l’été, idéalement avec des coproductions avec d’autres institutions françaises ou étrangères, pour faire connaître le musée des touristes étrangers qui viennent Montpellier mais aussi attirer des visiteurs français sur la route des vacances. Ces expositions seront monographiques ou traiteront de grands courants d’histoire de l’art. L’été prochain, par exemple, on proposera une exposition de design autour de Pierre Paulin. Les expositions d’hiver, elles, seront plutôt thématiques, transchronologiques. Elles s’adresseront peut-être à un public plus local. On montrera comment l’histoire de l’art ou les œuvres qu’on trouve dans les musées nous permettent de comprendre notre société contemporaine.

    PARTENARIATS PRESTIGIEUX

    J.T. : Nous avons signé un accord-cadre avec le musée du Louvre, qui nous accompagnera sur plusieurs projets  : l’exposition de l’été 2027 autour des antiquités orientales, pour montrer comment cette civilisation antique a construit notre civilisation actuelle : invention des villes, de l’État de droit, de la médecine… ; mais aussi une exposition autour de Delacroix et de la modernité, qui aura lieu en 2030.

    On espère également nouer un partenariat avec le Van Gogh museum d’Amsterdam pour une expo prévue en 2028 sur Gauguin et Van Gogh, qui étaient en 1888 à Arles et qui sont venus à Montpellier visiter le musée Fabre, avant, chacun, de se nourrir des œuvres qu’ils y ont vues.

  • À la Friche Belle de Mai, fusée d’œuvres à trois étages

    À la Friche Belle de Mai, fusée d’œuvres à trois étages

    Au 3e étage de la tour Panorama de la Friche Belle de Mai, une sculpture mécanisée, lunaire et colorée aimante les regards. Fruit de l’art et de l’imagination de Loïc Pantaly, une « sonde destinée à projeter des arcs-en-ciel dans l’espace ». L’une des seize œuvres de l’exposition « La vie de l’espace », lancée ce week-end et produite par l’Observatoire de l’Espace du Cnes, le Centre national d’études spatiales. De la Mythologie lunaire de Johan Decaix à la sculpture en gélatine argentique de Sylvie Bonnot, Aéroplis, des pièces reflétant « le voyage des artistes dans le milieu extraterrestre ». Des augures spatiaux pour les trois expositions automnales de la Friche Belle de Mai.

    Subliminal et direct

    Gravir les étages de sa tour, c’est décoller d’univers en univers. Changement d’ambiance au 4e niveau, avec M.A.D (Model autophagy disorder). Un espace envahi par des artistes du collectif Le Dernier cri qui « travaillent sur des images générées par l’intelligence artificielle. Un outil comme un autre. Le seul intérêt de l’art, c’est de pervertir », assure son fondateur, Pakito Bolino, devant une forêt d’« images ambiguës » suspendues au son d’une musique infernale. « De loin, tu vois des têtes de mort », pointe-t-il, devant un triptyque duquel plus on s’approche, plus notre rétine y laisse apparaître membres et viscères. Autres temps, autres mœurs au cinquième étage de la tour, avec Veillée ardente, exposition de 17 artistes du festival « numérique et poétique », les Instants vidéo. « Un cri face à la noirceur du monde pour ne plus détourner le regard et prendre soin de ce qui nous entoure », résume sa co-directrice Naïk M’Sili. Au début du parcours, défilent des images d’ouvriers de la coopérative Scop-Ti qui « réactivent en danse » des « grèves par obstruction et par la lenteur » ayant pu marquer l’histoire sociale depuis celle des « cheminots italiens de 1905 », indique son créateur Paul Heintz. En quelque sorte, se souvenir pour mieux voir la réalité en face, comme peut aussi l’illustrer La condition et l’impossible de Nabil Aniss, triple écran témoignant des « rituels de danse et transe d’esclaves au Maroc » remontant aux XIVe et XVe siècle, « pour se libérer de l’oppression ».

    41 rue Jobin, Marseille 3e, les après-midi du mercredi au dimanche

  • Un bilan positif pour une année Cezanne « à la maison »

    Un bilan positif pour une année Cezanne « à la maison »

    Ce n’est qu’après l’exposition Cezanne remballée, ce dimanche donc, que les retombées économiques liées à l’événement culturel international pourront définitivement être tirées. Mais déjà, mardi dernier, lors d’une table ronde au programme d’une soirée de rencontres et débats organisée par le Crédit Agricole Alpes Provence, Michel Fraisset, directeur général de l’Office de tourisme d’Aix-en-Provence, a présenté les premiers résultats économiques de cet été cézannien. « Pour éviter le doigt mouillé, on a demandé à la chambre des commerces (CCI) de nous accompagner cette année avec différents partenaires dont la Région, avec le Comité régional du tourisme, pour mener une enquête d’étude d’impact et vérifier pourquoi les gens étaient venus à Aix cette année », présente Michel Fraisset. Les résultats pour cette exposition totalement « à la maison » (« in house » en jargon commercial), sont très positifs : 305 813 billets individuels ont été vendus pour l’exposition Cezanne au Jas de Bouffan au Musée Granet dont la vente a permis une recette de 4, 5 millions d’euros de vente directe.

    Budget « équilibré »

    « C’était l’amortissement qu’il fallait trouver pour pouvoir équilibrer le budget de l’exposition », souligne le directeur de l’Office de Tourisme. Aux résultats de la billetterie individuelle s’ajoutent les retombées des visites de groupe, les privatisations diverses, l’ensemble des visiteurs qui ont bénéficié de dispositifs privilégiés et les plus précaires qui ont pu, par le biais de partenariats accéder à l’exposition et aux sites. Victime de son succès, la Petite Galerie Cezanne repousse d’ailleurs sa date de clôture au 21 décembre. Lors du dernier conseil municipal, tenu vendredi dernier, Sophie Joissains, maire (UDI) de la Ville rapporte qu’au fonctionnement, les dépenses de 7 660 451 euros ont été amorties par 7 035 349 euros de recettes. « On avait prévu qu’il y aurait 3 millions de reste à charge. Il est aujourd’hui de 625 102 euros », se félicitait la maire. Au-delà d’un impact économique marquant, ce sont les retombées médiatiques qui ont été valorisées. « On en parlait partout. Ces retombées médiatiques, il y a des calculs spécifiques pour les estimer, précise Michel Fraisset. À ce jour elles sont estimées à 50 millions d’euros, et vont bénéficier pendant les deux ou trois années à venir à l’attractivité d’Aix-en-Provence ».

    Uniquement pour le premier article numérique du New York Times, ce sont 117 millions de lecteurs qui ont été enregistrés. Enfin, ce sont 120 nationalités qui se sont rendues à Aix, dont 63% des sondés ont fait le déplacement pour l’exposition Cezanne.

  • À la rencontre des architectures du quotidien

    À la rencontre des architectures du quotidien

    La 10e édition des Journées nationales de l’architecture, organisées par le ministère de la Culture, ambitionne de mettre en lumière les « architectures du quotidien ». Plus de 100 événements sont déclinés en région, ce week-end, pour donner les clés de compréhension de ces bâtiments et équipements de tous les jours.

    Cette programmation éclectique reflète la richesse, la multiplicité des lieux de notre quotidien, que ce soit nos maisons, écoles, équipements sportifs, commerces, lieux de travail, infrastructures publiques, etc. mais aussi des tiers-lieux, des jardins partagés, des habitats participatifs. L’architecture est plurielle, elle croise les styles, les époques, elle façonne notre cadre de vie. Une édition qui fait résonance avec le choix du prix Pritzker, qui récompense cette année l’architecte chinois Liu Jiakun pour « une architecture affirmée qui célèbre la vie des citoyens ordinaires ».

    Ces journées appréciées du public sont l’occasion de balades urbaines, de visites inédites de chantiers, d’expositions, de projections, de débats, d’ateliers. Retenons, par exemple, que la ville de Martigues propose une lecture architecturale de l’école maternelle de Ferrières, ouverte en 1952. Cet équipement inscrit aux monuments historiques est le fruit de la collaboration des architectes Alphonse Arati, Marius Boyer, Charles Lestrade et des Ateliers Jean Prouvé qui l’ont construit.

    René Egger et Luminy

    à Marseille, les portes de l’Institut Méditerranéen de la Ville et des Territoires, place Jules-Guesde, s’ouvrent au public pour dévoiler, depuis son entrée jusqu’à son dernier étage, son forum, ses amphithéâtres, ses grands ateliers, mais aussi le point de vue qu’offre cet équipement public inauguré en 2023 sur le grand paysage de Marseille. Une table ronde y est organisée sur la sortie du livre d’Elise Guillerm, consacré à l’architecte marseillais René Egger (1915-2016) et à la construction des écoles supérieures d’art et d’architecture, à Luminy. Ces dernières sont ouvertes samedi à 15h pour deux visites : l’une sur leur histoire architecturale, la seconde sur les enjeux de leur reconnaissance patrimoniale, en 2024, au titre de monument historique.

    à Toulon, la direction régionale des Affaires culturelles, l’association Architectures en Ligne, Image de Ville et le conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement du Var organisent la projection du film documentaire Penser l’incertitude, au cinéma Le Royal. Dans ce film, le réalisateur, Christian Barani, part à la rencontre des 24 lauréats du concours 2023 des Albums des Jeunes architectes et paysagistes. Il en résulte le portrait d’une nouvelle génération qui dévoile ses valeurs et ses espoirs, fait preuve d’un engagement à prendre soin des territoires, de celles et ceux qui y vivent.

    À Arles, une visite commentée de la Tour LUMA, conçue par Frank Gehry, propose une immersion dans les coulisses de sa conception, de sa construction à son aménagement, en mettant en lumière les défis techniques qui ont façonné ce bâtiment phare, inauguré en 2021.

    À Aix, la Compagnie des rêves urbains propose un carnet spécial pour découvrir sur un itinéraire de ballade jusqu’à huit bâtiments d’architecture contemporaine : le Grand théâtre de Provence, le Pavillon Noir, le Conservatoire, le Palais Victor Hugo, la Cité du Livre, etc.

    À Avignon, SNCF Gares & Connexions organise quatre expositions photographiques sur des biens labellisés « Architecture contemporaine remarquable » dans les gares de Rennes, Avignon TGV, Lille Europe et Strasbourg. C’est aussi l’occasion de découvrir les architectes qui se cachent derrière ces réalisations et qui, par leurs expérimentations et leur audace, ont renouvelé les techniques constructives et architecturales.

    La friche Duclos

    À Septèmes les Vallons, il sera question, samedi à la médiathèque, du futur écoquartier sur la friche industrielle Duclos recyclée. à Mimet, pour comprendre comment se conçoit et se réalise l’architecture publique au plus près du terrain, les équipes de maîtrise d’œuvre proposent une visite exceptionnelle du chantier d’extension et de modernisation du centre de secours.

    À Salin-de-Giraud, dimanche, des conteuses raconteront l’histoire de deux entreprises et de leurs cités ouvrières avec ses bains-douches, la place Carle-Naudot, autant de lieux qui gardent la mémoire des Salinières et des Saliniers, preuve que l’architecture est ancrée dans l’humain.

    Programme complet sur journeesarchitecture.culture.gouv.fr

    « L’architecture doit être un révélateur, c’est-à-dire être en mesure de capter puis exprimer l’essence d’un lieu et des personnes qui y habitent.  »

  • Entre application et progression sur le papier, La Marseillaise en dynamique

    Entre application et progression sur le papier, La Marseillaise en dynamique

    « L’aboutissement d’un projet de cinq ans. » En conférence de presse dans des locaux flambant neufs, ce lundi, Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise a présenté les grandes lignes de la « dynamique » actuelle du journal, en présence de Rislène Achour, présidente du club de la presse Marseille-Provence.

    Et quelle dynamique ! Symbolisée par ces locaux de 1 000 m² carrés entièrement rénovés, le président a mis en avant le nouvel espace du journal « Aux Rotatives », qui sera « à disposition du public pour accueillir des débats, des projections, des expositions ». Un espace ô combien symbolique, puisqu’à l’endroit même où tournaient les rotatives du journal pendant plusieurs dizaines d’années.

    D’autant que La Marseillaise revient de loin. « En 2020, la précédente société éditrice de La Marseillaise était poussée dans le précipice par la crise Covid et le refus des banques d’accorder un prêt garanti par l’État », rappelle Léo Purguette. Des locaux rénovés qui ne viennent donc pas de nulle part : « Les salariés de La Marseillaise et leur syndicat CGT se sont mobilisés pour porter un projet de reprise qui permette de conserver notre titre. »

    Une mobilisation notamment face à une autre offre de reprise « prédatrice », portée par le milliardaire Xavier Niel et La Provence de Bernard Tapie, qui prévoyait la suppression de 80% des emplois et la fin de la parution en papier. « Nous avons eu gain de cause devant le tribunal de commerce et parmi les exigences que l’on portait, il y avait celle de demeurer dans ces lieux », insiste Léo Purguette.

    Un développement qui ne s’arrête pas

    80 ans après la fondation du journal la boucle est donc bouclée avec le retour de l’ensemble des travailleurs dans ces « lieux historiques, chargés d’histoire ». Aujourd’hui, avec cette « réhabilitation avec tout le confort moderne », ils passent dans l’ère du XXIe siècle. Un passage également symbolisé par le lancement d’une application mobile, disponible sur smartphone dès ce lundi soir.

    De quoi « accéder à tous nos contenus de manière numérique avec beaucoup plus de facilité que ce que l’on propose aujourd’hui avec notre site », précise Léo Purguette. Un autre « aboutissement » qui n’efface pas la parution en quotidien papier : « Nous croyons toujours au développement du papier, nous ne voulons pas substituer l’un à l’autre. »

    Et pour cause, La Marseillaise affiche des progrès dans ses ventes, abonnements numériques et participation aux événements organisés par le journal. De quoi illustrer le développement sur tous les plans et les efforts des salariés. « Nous avons inversé des courbes déclinantes depuis plusieurs décennies : celle de notre chiffre d’affaires et celle de notre lectorat », explique Léo Purguette. Avant de développer : « Nous avons maintenu notre zone de diffusion, et nous sommes allés au-delà avec notre retour en Vaucluse. Nous étions 49 salariés à la reprise, nous sommes plus de 60 aujourd’hui, 70 avec nos amis de Zébuline. » En bref, un développement qui n’est pas près de s’arrêter.

    CHIFFRES

    50 000

    Entre abonnés numériques, lecteurs du quotidien en format papier ou visiteurs du site web, La Marseillaise se targue d’avoir 50 000 lecteurs quotidiens en moyenne.

    10%

    En 2024, La Marseillaise a progressé de 10% en ventes en kiosques, c’est-à-dire la vente au numéro papier, tout en gagnant des abonnés sur le volet numérique.

    17 000

    Année record pour les événements de La Marseillaise, notamment pour Le Mondial à pétanque qui a compté 15 000 participants au concours général et frise les 17 000 avec les participants des concours annexes. « Un record absolu » dans l’histoire du plus grand tournoi de pétanque du monde.