Tag: exposition

  • Bientôt un téléphérique pour prendre l’avion

    Bientôt un téléphérique pour prendre l’avion

    Recherche maîtrise d’ouvrage pour la réalisation d’un téléphérique entre la gare de Vitrolles et l’aéroport à Marignane… La métropole Aix-Marseille Provence a lancé, ce 1er octobre, un marché pour trouver un prestataire capable de réaliser des études, les travaux, mais aussi la mise en service de ce moyen de transport aérien prévue pour 2030.

    Une ligne d’un petit kilomètre pour trois stations, une positionnée à la gare ferroviaire, une deuxième à proximité d’Airbus Helicopters, au Nord, et une dernière à proximité du terminal 1 de l’aéroport qui « survole la voie express D20, des installations industrielles, la future ZAC de l’aéroport et les parkings », indique le cahier des charges. Car si la gare accueille 73 trains par jour pour 44 destinations en direction de Marseille, Salon, Avignon, Arles ou Montpellier, « elle reste néanmoins trop confidentielle », estime la Métropole. Un problème quand 700 000 voyageurs y transitent, au cœur d’un bassin estimé à 34 000 emplois.

    Une étude de faisabilité réalisée par DCSA Ingénieur Conseil en 2018, également jointe au dossier et que le prestataire devra actualiser, indique par ailleurs que les « transports collectifs connaissent un déficit d’utilisation et d’image », à l’exception de la ligne de bus qui relie Marseille à l’aéroport. Il s’agit donc de connecter le futur téléphérique au réseau de TER, mais aussi au futur Pôle d’échanges multimodal Cap Horizon. Une gare routière de neuf quais de bus avec une ligne à haut niveau de service (Zenibus) prochainement étendue jusqu’à Plan de Campagne et dont les essais ont déjà démarré.

    Parmi les contraintes dont le prestataire devra tenir compte, on trouve aussi la météo avec une forte exposition du site au vent pouvant dépasser les 110 km/h plusieurs fois par an, l’implantation des pylônes, mais aussi leur hauteur pour survoler la voirie.

    Un trajet estimé

    de six minutes

    L’interaction avec les nombreux projets de la zone est également pointée comme un enjeu majeur. Le téléphérique va devoir composer avec un forage pour le réseau de géothermie profonde Marseille-Berre, la valorisation du parking P7 de l’aéroport, la liaison par ascenseur incliné entre la gare et Cap Horizons ou encore l’extension prévue sur le site d’Airbus. Dans son étude, DCSA avait opté pour un système dit « de monocâble en va-et-vient », où les deux véhicules se déplacent à la même vitesse, mais en sens contraire pour atteindre les deux terminus en même temps, à l’image du téléphérique urbain brestois, pour assurer ce trajet de 6 minutes, d’une capacité estimée à quelque 1 000 personnes par heure et par sens, pour un coût d’exploitation de 1,1 million d’euros par an, hors taxe.

    Le coût total du projet est estimé à 43 millions d’euros hors taxe par la Métropole. Cette dernière finançant à hauteur de 22 millions d’euros, la Région Sud, 4 millions, Airbus Helicopters et l’aéroport Marseille Provence, 3 millions chacun. L’État, lui, assure 10,7 millions d’euros. Lors de son deuxième déplacement à Marseille en juillet, le ministre des transports de l’époque, François Rebsamen, avait signé un avenant à la convention cadre du volet mobilité du plan « Marseille en Grand », intégrant cette desserte par câble et doublé la subvention, portant le financement à 500 millions d’euros.

    Le marché s’étend sur 78 mois, les candidats ayant jusqu’au 12 novembre pour se faire connaître.

  • Un air d’Angoulême à La Seyne-sur-Mer

    Un air d’Angoulême à La Seyne-sur-Mer

    Référence du genre en France, le festival de la bande dessinée d’Angoulême revendique quelques petits frères. Parmi eux, « Bulles en Seyne », qui fête sa 15e édition ces samedi et dimanche, pour la seconde année consécutive à la Bourse du Travail de La Seyne-sur-Mer, après s’être tenu pendant des années au Parc de la Naval. L’événement, porté par l’association Au Tour de la BD, organise par ailleurs chaque année le Prix des jeunes lecteurs, en lien avec les élèves des différentes écoles de La Seyne. Ceux-ci doivent élire un lauréat parmi une sélection de cinq auteurs, à qui le prix sera remis samedi matin, à 11h30.

    D’autres prix, comme celui du meilleur scénariste, seront remis par la même occasion. L’année dernière, c’est Jean-Luc Garrera qui l’avait emporté. C’est lui qui présidera le festival, avec une vingtaine d’artistes internationaux présents. Pierre Tranchand (plus connu sous le pseudonyme Pica), auteur de la célèbre série Les Profs, dont le 28e tome, intitulé Carnet de potes, sortira le 28 octobre, sera également de la partie avec Frank Margerin, auteur de la série Lucien, le traducteur de mangas Frédéric Antoine, ou encore les auteurs italiens Giovanni Rigano et Barbara Canepa. Enfin, Théa Rozjman fera également honneur de sa présence, avec l’association Maefe, qui travaille dans les quartiers de La Seyne-sur-Mer, et a réalisé une BD intitulée Elles en partenariat avec le Labo des Histoires. Cinq habitants des quartiers y racontent leurs expériences de vie, dans une œuvre dirigée par les conseils de l’autrice. Ils seront présents sur les deux jours et pourront dédicacer cet ouvrage en cours d’édition.

    Les visiteurs pourront aussi participer à différentes animations : ventes d’objets de collection et de livres, coin lecture, stands de fanzines et auto-éditeurs, ateliers jeux de société autour de la BD avec l’association Les yeux dans les jeux et une exposition sur L’univers de Jung et Marty, deux auteurs qui présenteront leur travail en grand format.

    À noter que chaque livre acheté durant le festival donne droit à un ticket de tombola, avec différents lots à gagner. Ça vaut le coup de soutenir les auteurs et le festival, d’autant plus que celui-ci est totalement gratuit.

    Samedi et dimanche (10h-18h), Bourse du Travail de La Seyne-sur-Mer. Entrée gratuite.

  • La Petite galerie Cezanne joue les prolongations

    La Petite galerie Cezanne joue les prolongations

    Accessible à partir de 3 ans, la petite galerie Cezanne est une exposition à hauteur d’enfants inaugurée en février et qui a déjà séduit plus de 35 000 visiteurs. Face à un tel succès, elle joue les prolongations jusqu’au 21 décembre, alors que celle-ci devait se clôturer à l’automne, à l’instar de l’exposition « Cezanne au Jas de Bouffan », qui ferme ses portes ce dimanche, au musée Granet.

    « Pour être honnête, nous avions déjà prévu le prolongement de la petite galerie avant même que l’exposition ouvre ses portes », sourit Jean-Sébastien Gaydon, en charge de la coordination de la programmation culturelle à la ville d’Aix-en-Provence. « Au départ, c’était pour permettre l’accueil de plus de groupes scolaires, mais avec l’engouement qu’elle a suscité, la poursuite de l’exposition est apparue comme une évidence. »

    La petite galerie Cezanne, installée depuis le mois de février à la Galerie de la Manufacture, fait découvrir aux plus jeunes l’univers du célèbre peintre. « Nous proposons deux parcours. Un pour les enfants entre 3 et 6 ans et l’autre de 7 à 12 ans », souligne Marie Debals, responsable des relations publiques à la culture de la Ville. « On y découvre les concepts cezaniens à hauteur d’enfants bien évidemment, avec des expériences à manipuler, de petites surprises, un espace de dessin libre, des reproductions etc. En somme, c’est une exposition où l’on passe d’une activité à une autre avec un côté très actif et ludique. »

    La culture pour tous

    De la découverte du cercle chromatique à la complexité de la perspective, cette exposition pédagogique vient compléter la pléthore d’animations proposée pendant l’Année Cezanne à Aix-en-Provence. « Nous voulions que les enfants fassent partie intégrante de cette année, avec un moment gratuit à destination des familles en permettant un accès à tous et pour tous à la culture, détaille Jean-Sébastien Gaydon. Sans compter que des expositions pédagogiques scientifiques existent en France autour de la science, mais très peu, voir pas du tout, autour des Beaux-Arts. »

  • Le Cria met à l’honneur des parcours d’exilés avec une réussite à la clé

    Le Cria met à l’honneur des parcours d’exilés avec une réussite à la clé

    Jalonnés d’embûches, les parcours migratoires peuvent aussi déboucher sur de beaux projets de vie. « On parle beaucoup des difficultés, mais une fois surmontées, elles révèlent des trésors d’initiatives. Nous avons voulu aborder cette semaine nationale sous un angle positif », explique Marion Crôle, présidente du Cria Paca.

    C’est une entrée à plusieurs portes dans l’univers du déracinement que proposait le Cria à ses partenaires, lors de cette journée dédiée à l’intégration. Une exposition photographique pour retracer différents parcours de ceux que la vie, la guerre, la crise économique ou politique a poussés à s’expatrier, des podcasts à écouter dans un combiné téléphonique, des vidéos et des témoignages sensibles.

    Une médecin afghane qui poursuit les démarches pour faire reconnaître son diplôme, tout en s’engageant bénévolement comme assistante sociale auprès de Médecins du Monde et comme secouriste à la Croix-Rouge, une psychologue ukrainienne qui poursuit ses études pour reconstruire sa vie à Marseille, une Marocaine qui a puisé dans son savoir-faire culinaire de quoi monter un restaurant aussi généreux en sourire qu’en saveurs, un jeune guinéen ayant bravé la Méditerranée devenu président d’une association culturelle œuvrant pour l’alphabétisation et l’accompagnement administratif…

    En puisant dans leurs ressources personnelles et en combinant leur héritage culturel aux apprentissages du pays d’accueil, les exilés ne se contentent pas de trouver leur place dans la société : ils l’enrichissent.

  • La cinémathèque repère ses futurs locaux phocéens

    La cinémathèque repère ses futurs locaux phocéens

    Il faut se projeter pour le moment entre les grues, les parpaings et les isolants. Mais c’est bien au 50 chemin de la Madrague-ville à Marseille (15e) que la cinémathèque française posera ses valises, en janvier 2027. Ce mercredi, le président du Centre national du cinéma (CNC), Gaëtan Bruel, le président de la cinémathèque française et réalisateur, Costa-Gavras, et le directeur général de l’institution, Frédéric Bonnaud, sont venus visiter ce qui deviendra une salle de projection, un auditorium et une salle d’exposition pour leur antenne marseillaise.

    C’est au sein du campus de 18 000 m2 de l’école d’informatique la Plateforme, fondée et dirigée par Cyril Zimmermann, que l’institution va prendre ses quartiers. Avec une salle de projection de 124 places, une salle d’exposition de 400 m2 et un pôle éducatif, l’institution du 7e art bénéficiera d’un espace de 1 500 m2 sur le campus. Un auditorium pouvant accueillir jusqu’à 550 personnes pourra également être utilisé par la cinémathèque, lors de grands événements.

    Pas de hasard

    « Le but est de faire de cet endroit un village apprenant, explique Cyril Zimmermann. Les projections et les expositions pourront attirer les étudiants, mais aussi les résidents du quartier et tous les habitants de Marseille. » Originalement prévue aux docks des suds, c’est finalement en plein centre du quartier des crottes que l’antenne prendra vie. Ironique pour le réalisateur et président de la cinémathèque, Costa-Gavras, qui aimait beaucoup travailler avec Yves Montand, né dans ce quartier. « J’étais souvent venu le visiter avec Yves Montand », se souvient le cinéaste âgé de 92 ans.

    Créée en 1936, avec comme mission de collecter, restaurer et diffuser le patrimoine cinématographique mondial, c’est la première fois de son histoire que cette institution se délocalise. Et Marseille n’a pas été choisie au hasard.

    « Il y avait un enjeu à reconnaître ce que l’on doit à Marseille dans le domaine du cinéma et de l’image animée, insiste Gaëtan Bruel, président du CNC. C’est une ville, un territoire, qui, de [Marcel] Pagnol à [Jean] Giono jusqu’à [Robert] Guédiguian et [Cédric] Jiménez, a donné à notre pays certains de ses plus grands talents. » Un domaine qui s’est d’ailleurs développé dans la cité phocéenne avec l’arrivée de la Cinéfabrique, une école d’audiovisuel gratuite, ou encore la base logistique créée il y a deux ans, CinéMabase, dans le cadre du plan Marseille en grand.

    Une richesse et un dynamisme que la cinémathèque tient à mettre en avant, en faisant de Marseille le sujet de la première exposition qui aura lieu au 50 chemin de la Madrague-ville. « Le but sera de montrer la ville elle-même à travers le 7e art et la télévision, explique le directeur général de l’institution, Frédéric Bonnaud. Et il y en aura des choses à montrer », s’enthousiasme-t-il.

    Ouverture prévue pour janvier 2027 pour les séances de cinéma, et au printemps de la même année pour la première exposition de l’antenne marseillaise de la Cinémathèque française.

  • Un hommage en images à la force des femmes

    Un hommage en images à la force des femmes

    Ce projet est né d’un désir profond de rendre hommage aux femmes qui traversent cette épreuve avec courage et dignité », confie Karine Louarn. « J’avais envie de leur témoigner un message de solidarité, de sororité. Mais je souhaitais aussi mettre en lumière celles qui tendent la main, qui accompagnent, qui aiment, qui soutiennent dans l’ombre : amies, sœurs, mères, bénévoles… »

    À l’occasion d’Octobre rose, mois dédié à la prévention du cancer du sein, cette Montpelliéraine de 55 ans a imaginé un calendrier intitulé « Les Divines ». Chaque mois, des anonymes incarnent ces visages de la solidarité, sœurs de l’ombre invitées à prendre la lumière.

    « Le calendrier, pour moi, est quelque chose de très féminin, car beaucoup de femmes l’utilisent pour des choses du quotidien. Avec, en outre, ce côté “cycle”, dans lequel nous vivons beaucoup, nous autres femmes », explique cette artiste peintre et photographe amateure, également accompagnante d’élève en situation de handicap (AESH) dans un collège de Montpellier et sophrologue.

    « J’ai fait appel à mes connaissances. Beaucoup de femmes m’ont répondu. J’ai aussi eu un jeune homme qui a eu envie de s’associer au projet car sa maman est partie d’un cancer du sein. J’ai donc photographié 19 femmes et 1 homme. J’ai dû refuser des propositions, mais ce n’est que partie remise car chaque année je réaliserai un calendrier au profit d’une association différente », poursuit-elle.

    Ce calendrier solidaire ressemblera moins à un calendrier traditionnel qu’à un magazine dont les 36 pages contiendront, outre les portraits des « Divines », des textes sensibilisants, des témoignages ou encore des méditations vidéo accessibles via un QR code.

    Les fonds récoltés grâce à la vente en ligne* (15 euros l‘unité) seront en grande partie reversés, cette année, au Montpellier institut du sein (MIS), réseau de spécialistes destiné aux femmes touchées par un cancer du sein. Le lancement du projet aura lieu le 11 octobre au château de Flaugergues, de 9h45 à 12h. À une présentation du calendrier et du MIS succéderont une conférence sur la prévention du cancer du sein et des témoignages de femmes ayant traversé cette épreuve.

    La remise du chèque, prévue en janvier 2026, s’accompagnera d’une exposition de tableaux réalisés par Karine Louarn, mêlant la peinture aux photographies des « Divines » réalisées pour le calendrier.

  • Une conférence sur la rafle du 24 janvier et une exposition sur Mauthausen

    Une conférence sur la rafle du 24 janvier et une exposition sur Mauthausen

    Alors qu’une exposition présente l’ensemble des fonds d’images existants du camp de Mauthausen à la Galerie de l’histoire, à partir de ce mardi et jusqu’au 25 octobre, une conférence aura lieu ce mardi soir à 18h, pour l’inaugurer. Le collectif « Saint-Jean 24 janvier 1943 », qui œuvre contre l’oubli de la rafle marseillaise du 24 janvier 1943, reviendra les destructions et les déportations qui ont frappé ce quartier populaire.

    Antoine de Gennaro, qui sera présent, explique : « Nous, les survivants et les descendants, nous nous sommes occupés tardivement de faire reconnaître cet événement à sa juste valeur comme un événement à part entière, car les 22 et 23 janvier, il y a eu les rafles de l’opéra. Le dimanche, c’est la rafle du Vieux-Port, et c’est ça qui est oublié. Il y a quand même eu 20 000 Marseillais déplacés ce jour-là dans trois camps de Fréjus. C’est la plus grande rafle de 1943, qui a été voulue par l’État de Vichy et le IIIe Reich pour épurer et raser totalement le Panier et Saint-Jean. Trois personnes sont décédées, dont mon grand-père, le reste a pu revenir une semaine plus tard mais ils sont dépouillés et le 1er février les Allemands dynamitent le quartier. »

    Après cette table ronde, le public pourra observer les clichés des SS, les photos prises par les détenus libérés et par les libérateurs américains du camp de Mauthausen. Entre le fichage bureaucratique des détenus, l’exaltation du modèle disciplinaire et hygiéniste et les tentatives d’évasion, les documents émis par les soldats allemands sont nombreux et des centaines de négatifs ont été sorties clandestinement du camp, dissimulées puis confiées à une habitante du village avant d’être récupérées à la Libération.

  • Le souvenir de la guillotine vit au Mucem

    Le souvenir de la guillotine vit au Mucem

    « Quand je l’ai vue dans la cour de la prison de la Santé, sous le dais noir, avec ses grands bras maigres, dressée vers ce dais, elle avait l’air d’une espèce d’idole, sanglante, qui attendait sa ration de mort. Maintenant, c’est une pièce de musée. Tout est dit ». Inscrite sur un cartel de l’exposition permanente du Mucem, « Populaire ? », cette déclaration de Robert Badinter, en 2010, porte sur une guillotine construite en 1872 par Alphonse-Léon Berger pour remplacer un modèle détruit pendant la Commune de Paris, et qui sommeillait dans les réserves du Mucem.

    Voilà désormais le monstre froid installé au sein du parcours, à l’occasion de la panthéonisation de Robert Badinter – l’ancien Garde des Sceaux ayant porté la loi de l’abolition de la peine de mort en 1981 – qui doit avoir lieu le 9 octobre. La guillotine n’avait auparavant été montrée qu’à trois reprises : en 2010 au musée d’Orsay, en 2013 à l’ouverture du Mucem et en 2019 aux Baumettes. L’espace sera ouvert ce jour-là au public gratuitement.

    « Cette guillotine témoigne à la fois de ce qu’était la peine capitale, mais surtout du combat pour l’abolition », rappelle Pierre-Olivier Costa. Le président du Mucem développe : « Robert Badinter a choisi de la donner en 1982 au Musée des arts et traditions populaires, dont le Mucem est l’héritier, pour la faire entrer dans le patrimoine commun comme un objet qui n’a plus d’usage et qui n’en aura plus. Avec la condition de ne pas la montrer au public avant 20 ans, car il connaissait la charge émotionnelle liée à ce débat. À l’époque, une majorité de Français était encore pour la peine de mort ».

    4,50 m et 900 kg

    Armature glaçante faite de bois et de métal, le couperet de la guillotine exposée semble prêt à tomber à tout moment. Mais, fort heureusement, figé en l’air pour un long moment grâce à l’action de Robert Badinter. Elle convoque le souvenir selon lequel son arrêt a été le fruit d’une lutte, comme le suggère la séquence dans laquelle elle est exposée, intitulée « Peuples en mouvement ». Une section qui souligne les « avancées sociales et sociétales » dans l’hexagone, parmi lesquelles « la grève et la réduction du temps de travail » entre 1936 et 38, ou la promulgation de la loi autorisant le mariage pour tous en 2013.

    Au centre de cette pièce, trône la bête à la lame, 4,50 m de hauteur et 800 kg. « Cette guillotine a été beaucoup utilisée pendant la Deuxième Guerre mondiale, notamment pour mettre à mort des résistants », souligne Pierre-Olivier Costa, tout en précisant : « A priori, elle n’a pas été utilisée pour la dernière exécution en France, en 1977 » [celle d’Hamida Djandoubi, exécuté aux Baumettes, Ndlr]. Mais une deuxième guillotine, « itinérante pour aller en Province », indique la directrice scientifique et des collections du Mucem, Marie-Charlotte Calafat, « est toujours dans nos réserves. Elle n’a jamais été montée, car il lui manque des pièces, notamment des écrous et boulons. C’est certainement celle qui a été utilisée pour Christian Ranucci », lui aussi condamné à la peine capitale aux Baumettes.

  • La réinsertion des femmes par la cuisine à l’honneur

    La réinsertion des femmes par la cuisine à l’honneur

    C’est le troisième grand festin que l’on organise, mais le premier de cette ampleur » s’enthousiasme Florence Armitano, responsable nationale du réseau Des étoiles et des femmes. Après le Pays basque et Arles, c’est à Marseille qu’aura lieu, ce vendredi, le grand banquet pour l’anniversaire du programme de réinsertion féminine par la cuisine, Des étoiles et des femmes. Sur la place Bargemon, des chefs des 14 villes où le programme est développé prépareront le repas avec des femmes qui ont bénéficié de l’initiative.

    Un programme lancé par l’association Festin à Marseille et qui fête ses 10 ans. « L’idée est d’accompagner des femmes qui sont éloignées de l’emploi pour qu’elles passent des diplômes en cuisine et qu’elles retrouvent un emploi », explique la responsable du réseau. Le suivi de ces femmes passe par une aide pour trouver des solutions de garde d’enfants, une aide au logement ou un accompagnement contre la précarité alimentaire si elles en ont besoin. « On leur propose aussi des stages dans des restaurants étoilés ou bistronomiques pour briser le plafond de verre », ajoute Florence Armitano. Depuis sa création, plus de mille femmes ont suivi le programme et trois quarts auraient retrouvé un travail d’après la responsable.

    Ce vendredi, certaines seront présentes sur la place Bargemon, avec des chefs de toute la France, pour préparer des repas aux participants du banquet. Des personnalités locales, comme des danseurs de (La)Horde ou l’autrice de Marseille Trop Puissante Margaux Mazellier, prêteront main-forte et pourront échanger avec les participants. Une exposition photos et un dj set sont également prévus.

    35 euros, réservation sur helloasso.com

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] À Cantini, Pinocchio suspendu au bout d’une cordelette

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] À Cantini, Pinocchio suspendu au bout d’une cordelette

    Parfaitement absurdes, voilà que surgissent d’un néant plus ou moins burlesque, ce transpercement, cet effilement et cette excroissance, la pointe difficilement terminable de son nez. L’extravagance de ce plâtre rejoint les terreurs irrationnelles qu’éprouvent les enfants et les adultes. Un croc et les nœuds d’une cordelette empêchent les déséquilibres qu’il devrait provoquer.

    Ce serait une agonie sans recours possible. Une œuvre de rebrousse-poil qu’on peut trouver brutale, démesurée, carnavalesque et sarcastique. Quelques-uns, c’est assez facile, estiment carrément phallique le développement de son nez. Plus ou moins dérisoires, sa suspension et son épuisement ressemblent à un début d’exorcisme. Ce malheureux est ambivalent, Pinocchio est un frère qui engendre de la compassion.

    C’est une œuvre de l’après-guerre que Giacometti remanie, au lendemain d’une exposition de 1948 dans la galerie Pierre Matisse de New York. Il s’acharne à réaliser à Paris en 1949 cette seconde version présentée à Cantini. Dans sa monographie Yves Bonnefoy explique qu’à l’époque de la création de cette pièce, Alberto Giacometti sortait d’un grand désarroi. Il était traumatisé par le décès vers trois heures du matin, de son voisin Tonio, le gardien des ateliers de la rue Hippolyte-Maindron. Pour se délivrer de ce qui le hante, il aurait convoqué ses souvenirs d’un crâne-trophée aperçu au musée de Bâle. Dans un essai édité chez Gallimard, Jean Clair évoque à propos de cette face de Carême, Nicolas Gogol et Stanley Kubrick. Il souligne qu’en cette occurrence, Giacometti s’éloigne franchement d’André Breton et des utopies Surréalistes. Sans futur envisageable, il se rapproche de Pablo Picasso et de la revue Documents de Georges Bataille où furent publiées des reproductions de masques et de crânes océaniens.

    À revenir voir sans plus attendre. Depuis jeudi et jusqu’au moment de la clôture définitive, demain soir 18h, ce dimanche 29 septembre, la Ville de Marseille offre des entrées libres et gratuites rue Grignan, chez Jules Cantini, exposition « Alberto Giacometti, Sculpter le vide ».

    Plâtre et métal peint, format 82 x 37 x 71 cm