Tag: Europe

  • L’UE durcit ses règles migratoires

    L’UE durcit ses règles migratoires

    Le Parlement européen serait-il en train de se trumpiser ? L’adoption du règlement retour, grâce à l’alliance entre la droite et l’extrême droite, le 26 mars, semble donner raison à cette tendance. En effet, le texte prévoit un net durcissement d’une politique migratoire déjà plus que répressive. « Il aura des conséquences dramatiques pour les personnes étrangères et pour les personnes qu’on accompagne. C’est effectivement un développement très inquiétant », soupire Olivia Carniel, responsable des questions européennes à la Cimade.

    Le texte prévoit notamment la possibilité d’externaliser des centres de retour dans des pays hors de l’Union européenne afin d’y enfermer les personnes exilées ou des demandeurs d’asile déboutés. « Ce qui est vraiment problématique, c’est que le texte pose uniquement les bases légales pour créer ces centres mais il ne précise rien. On ne sait pas pour combien de temps les personnes pourraient être enfermées dans de tels centres dans des pays qu’on ne connaît pas, ni dans quelles conditions », reprend Olivia Carniel. Et ainsi criminaliser un peu plus les exilés en les plaçant dans des conditions de détention sans avoir commis de crime ou de délit. « Il n’y a pas de mécanismes pour vérifier si les droits des personnes sont respectés. Les États s’exonèrent de toutes les responsabilités », abonde Titouan Cady, membre de la LDH à Montpellier.

    Les renvois accélérés

    La détention semble d’ailleurs être devenue la norme puisque les délais d’internement pourraient aller jusqu’à 24 mois. « Il y a aussi une logique d’accélérer les renvois sans passer par des recours juridiques. Alors qu’aujourd’hui, on pouvait contester et ainsi suspendre le renvoi », note Titouan Cady. Des renvois pourraient se faire sans que le juge n’ait besoin de statuer. Tout est fait pour déshumaniser des personnes déjà épuisées par un exil forcé. En ce sens, la « décision de retour européenne » est inquiétante. « On généralise le fichage. Toute personne soumise à une procédure d’éloignement dans un pays sera expulsable d’un second pays de l’UE même si elle respecte toutes conditions d’asile. On pousse ces personnes dans une plus grande précarité », se désole Olivia Carniel.

    Un texte xénophobe qui met un coup au respect des droits fondamentaux, pourtant érigé comme une valeur cardinale d’une Union européenne de plus en plus marquée à droite. Si le Parlement lui est acquis, il en est de même à la tête des États membres : seuls trois pays sont gouvernés par la gauche dont le Danemark, connu pour ses positions anti-migrants. « C’est une rupture dans l’histoire du Parlement européen, qui avait toujours été une institution progressiste. Mais depuis 2024 [date des dernières élections, Ndlr], on voit se former une majorité de droite et d’extrême droite sur les sujets liés à l’immigration et l’environnement. Cette alliance est néfaste pour l’UE et affaiblit sa souveraineté », fait valoir Chloé Ridel, députée PS européenne, qui a voté contre le texte, s’inquiétant des dérives trumpistes de l’institution strasbourgeoise. Le texte va maintenant faire l’objet de négociations en trilogue avec la Commission européenne et le Conseil de l’UE, avant d’être définitivement adopté.

  • Ceux qui subissent, ceux qui encaissent

    Ceux qui subissent, ceux qui encaissent

    Plus de deux euros le litre ! C’est 25% de plus que le niveau constaté au début du mouvement des Gilets jaunes en 2018.

    En cause : la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Bilan : le régime théocratique des Mollah n’a pas desserré son emprise sur sa population mais attaqué ses voisins arabes et bloqué le détroit d’Ormuz, stratégique pour l’approvisionnement du monde en pétrole.

    En Europe le prix des carburants flambe, menaçant tous les secteurs de l’économie tant notre dépendance aux énergies fossiles est encore profonde.

    Il y a ceux qui subissent, sont étranglés par le coût d’un plein, abattus par cette nouvelle crise ou légitimement révoltés à l’idée d’être prisonniers de tarifs qui vampirisent le fruit de leur travail.

    Et il y a ceux qui encaissent. Pas le choc. Les profits.

    Solutions

    En premier lieu, les spéculateurs qui font fluctuer les cours à la moindre déclaration de Donald Trump, les grandes compagnies pétrolières et leurs actionnaires.

    En second lieu… L’État qui ne cesse de justifier sa lenteur à réagir par ses finances dégradées. Pourtant, près de 60% du prix payé à la pompe correspond à des taxes. Mais le gouvernement préfère débloquer un « chèque énergie » pour une partie des foyers qui sera donc in fine encaissé par les grands groupes.

    D’autres solutions existent : blocage des prix du carburant, taxes flottantes, prélèvements exceptionnels sur les compagnies pétrolières, déblocage des réserves stratégiques…

    À moyen et long termes cette nouvelle crise nous invite à accélérer la transition écologique et garantir notre souveraineté énergétique.

    L’énergie est un bien commun, un droit, elle doit être placée sous maîtrise publique.

  • La grève de la dernière chance à Kem One

    La grève de la dernière chance à Kem One

    La bombe sociale qui couvait à Kem One est sur le point d’éclater. Sur le pôle pétrochimique de Martigues-Lavéra, à Fos-sur-Mer, comme dans la région lyonnaise, l’ensemble des syndicats CGT du groupe pétrochimique appellent à la grève, ce mardi 31 mars, « pour défendre nos emplois et notre outil de travail », tel que le présente la coordination syndicale. Ils sont appuyés par leur fédération des industries chimiques (Fnic-CGT) et par leurs unions locales, notamment à Martigues.

    1 300 emplois sont en jeu à l’échelle nationale. « Tous les signes sont négatifs », quant à la santé financière de l’entreprise, considère Geoffrey Del Baldo, secrétaire général du syndicat CGT du site de Lavéra. Depuis notre état des lieux publié le 14 janvier, le syndicaliste poursuit son travail de « lanceur d’alerte ». Et pour cause : « Apollo a mis en vente Kem One depuis le début de l’année pour se désengager le plus vite possible », indique-t-il, à propos du fonds d’investissement, repreneur en 2021. La coordination syndicale CGT de Kem One fait état d’une dette colossale contractée par l’entreprise depuis, à hauteur de 700 millions d’euros au total, dont 230 millions « prioritaires en cas de liquidation », à comparer aux « 10 millions d’euros de dette » à la reprise en 2021. Et couplée aux « presque zéro euros d’obligations de l’entreprise sur les marchés financiers », soit un autre signal de faiblesse.

    Apollo ne répond plus

    La première des inquiétudes des syndicats est celle de l’emploi. Rien que pour le site de Lavéra, Geoffrey Del Baldo fait état d’« une vingtaine de postes qui n’existent plus depuis un an et demi, deux ans », citant notamment « deux postes RH en moins, un au magasin et deux à l’inspection ». « Plein d’alternants et de CDD n’ont pas été reconduits sur le site, ce qui met en péril la formation », selon le responsable, ce qui interroge sur la politique des ressources humaines.

    D’autre part, « la direction générale nous a dit que tout était possible lors du CSE extraordinaire du 25 mars », reprend Geoffrey Del Baldo, à propos d’une liquidation ou même d’un démembrement du groupe. « La vente à des concurrents, comme à des entreprises qui ne produisent pas de PVC, ou le démembrement : il n’y a pas de limite », rapporte-t-il. « Si, demain, il y a concurrence entre nos sites, certains seront désavantagés », estime le syndicaliste, pour qui « l’affaiblissement de Kem One est celui de toute la chimie ». Ce que confirme la Fnic-CGT dans sa lettre ouverte à Emmanuel Macron, lorsqu’elle parle de la « place stratégique au cœur de la chaîne de valeur industrielle française » de Kem One, « représentant des milliers d’emplois induits », ainsi qu’un aspect stratégique en Europe face au PVC chinois à bas prix.

    Dans leur combat, les syndicalistes de Kem One peuvent compter sur le sénateur (PCF) Jérémy Bacchi, qui a réagi en apportant son « soutien aux travailleurs en lutte pour la transparence et la pérennité de leurs emplois ». « Le gouvernement doit prendre la mesure de l’actualité de Kem One et agir pour pérenniser les savoir-faire et les outils de production stratégiques de notre pétrochimie », considère le sénateur. L’élu prévoit d’être représenté auprès des salariés mobilisés ce mardi, à Lavéra et à Fos-sur-Mer, pour « échanger avec eux afin de déterminer quelle sera notre action » au niveau parlementaire.

    D’autres soutiens locaux sont comptés comme le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, et Pierre Dharréville, de la direction nationale du PCF. Contactée, la direction de Kem One ne nous a pas répondu.

  • Arcelor va relancer le haut-fourneau n°1 en juin

    Arcelor va relancer le haut-fourneau n°1 en juin

    C’est une nouvelle que beaucoup attendaient. ArcelorMittal a annoncé vendredi par communiqué le redémarrage du haut-fourneau numéro 1 du site de Fos-sur-Mer, fixé pour juin 2026, après une série de travaux visant à « prolonger sa durée de vie », selon la direction du site. Une « bonne nouvelle » accueillie par le syndicat CGT de l’entreprise, employeur de 2 500 salariés organiques et missionne 1 200 travailleurs sous-traitants. Le deuxième, en production, poursuivra son fonctionnement.

    La décision de redémarrage de ce haut-fourneau endommagé par un incendie en octobre 2025 a été prise au regard d’une confiance retrouvée dans le marché de l’acier européen et en « considérant que les mesures de défense de l’Union européenne seront mises en œuvre rapidement », d’après la direction de l’usine.

    L’une de ces mesures est le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), règlement européen visant à soumettre les produits importés à un tarif équitable, au regard du carbone émis lors de la production de biens à fort impact carbone entrant en Europe. L’autre est l’ensemble des contingents tarifaires qui limitent l’import sans frais de douane et doublent ces frais lorsque les quotas francs sont dépassés.

    Des recrutements et 60 millions d’euros investis

    Ce plan de relance comprend un volet humain et financier. D’abord, l’entreprise va compléter ses équipes avec des recrutements d’opérateurs et de techniciens de maintenance tels que des électriciens, mécaniciens ou automaticiens. D’autre part, un budget d’investissement dédié est prévu par la direction, « portant ainsi l’enveloppe d’investissements du site de Fos-sur-Mer à 90 millions d’euros » pour l’année 2026 « afin d’accompagner cette montée en puissance du site ».

    ArcelorMittal précise que « dans le même temps, la démarche d’amélioration de la productivité et de la performance se poursuit afin de renforcer la compétitivité du site ». Les études pour la décarbonation ne sont pas remises en question : « Les études d’installation d’un four à arc électrique se poursuivent » conformément à la trajectoire initiée en 2024. Ces sujets ont été présentés au personnel en CSE « dans le cadre du dialogue social », conclut l’entreprise.

    Une avancée « satisfaisante » pour Stéphane Martins de Araujo, secrétaire du syndicat CGT du site de Fos-sur-Mer. Mais insuffisante : « il y a certes des investissements pour les hauts-fourneaux, mais à court terme, entre 3 et 5 ans », considère le syndicaliste. « Quand on veut faire marcher un four pendant 15 à 20 ans il faut entre 120 et 150 millions d’euros. Quid de l’avenir au-delà de 2030 ? De plus le projet de décarbonation n’englobe que 20% de notre capacité de production, ce n’est pas suffisant pour pérenniser notre activité », détaille le responsable.

    Sur le plan humain, « 80 des départements du site vont perdre du personnel par rapport à l’ancienne marche à deux fours », indique Stéphane Martins de Araujo, parlant de 210 emplois en moins. Un manque couplé, selon le syndicaliste, « au recours à l’intérim sur des postes clés avec des risques d’accident qui s’accroissent », considérant qu’« il faut entre 6 mois et un an pour former des agents autonomes, voire plusieurs années pour certains postes de maintenance les plus importants, alors que le redémarrage est prévu dans 3 mois », pointe-t-il. Dans ce contexte, Stéphane Martins de Araujo et la CGT « ne lâcheront pas » sur la nationalisation du groupe, à défaut « de vraies annonces à Fos et Dunkerque à hauteur des besoins d’acier de la France ».

  • [Entretien] Nika Kovac : « 20 millions de femmes en Europe n’ont pas accès à l’IVG »

    [Entretien] Nika Kovac : « 20 millions de femmes en Europe n’ont pas accès à l’IVG »

    La Marseillaise : Vous êtes la coordinatrice du mouvement citoyen « My voice, my choice ». En quoi consiste ce mouvement ?

    Nika Kovac : My Voice, My Choice [ma voix, mon choix, Ndlr.] est une initiative citoyenne qui appelle à une réponse concrète de l’Union européenne sur l’inégal accès à l’avortement. Le cœur de ce mouvement My Voice, My Choice vient d’un simple constat : l’accès facile et sans danger à l’avortement est une question de santé publique qui ne devrait pas dépendre de son code postal, de ses revenus ou de la politique. L’idée m’est venue en 2022, après que la Cour suprême des états-Unis a aboli la jurisprudence Roe v. Wade [qui garantissait l’avortement au niveau fédéral, Ndlr.]. Je vivais à New York à ce moment et j’ai vu comment des droits pouvaient être repris en une seule nuit. Je ne voulais que ce qu’il s’est passé alors arrive en Europe. Avec mon équipe, on a décidé que la protection de l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) ne pouvait pas être qu’un combat national. Il y a, en ce moment, plus de 20 millions de femmes en Europe qui n’ont pas un vrai accès à un avortement sans danger. Et parce que nous croyons que le changement vient des mobilisations démocratiques, nous avons décidé d’utiliser le seul outil disponible pour les citoyens européens : l’intiative citoyenne européenne.

    Aujourd’hui, la Commission européenne va se prononcer sur votre initiative citoyenne pour permettre l’accès à l’avortement. Pouvez-vous détailler ce texte ?

    N.K. : Notre proposition ne pourrait pas changer les lois nationales sur l’IVG. Nous demandons la création d’un mécanisme de financement européen qui pourrait aider les états qui aident à avorter, les femmes qui ne peuvent pas y avoir accès dans leur propre pays. Si une femme doit voyager , elle ne devrait pas supporter le poids financier de cette opération seule.

    Ces deux dernières années, plus de 1,2 million de citoyens ont signé cette initiative. C’est un nombre très important. Le parlement européen a d’ailleurs examiné cette proposition et l’a soutenue avec une large majorité. Ce qui a commencé comme une idée est devenu une très large mobilisation féministe à travers l’UE. Le vote d’aujourd’hui n’est donc pas juste sur une question technique, mais de savoir si la Commission européenne respecte le processus qu’elle invite les citoyens à utiliser et si elle est prête a agir quand la santé et la vie des femmes est en danger.

    Pourquoi cette initiative est-elle nécessaire ?

    N.K. : Parce que la santé et la vie des femmes sont en danger à cause de manques d’accès à la santé sexuelle et reproductive de base. Prenez la Pologne, après une abolition presque totale de l’IVG en 2020, des femmes comme Izabela sont mortes car les médecins avaient peur de réaliser un avortement, par crainte d’être criminalisés. Aujourd’hui, les Polonaises voyagent à l’étranger pour avoir accès à ces soins. Elles dépendent des ONG, certaines commandent des pillules abortives en ligne parce qu’elles n’ont pas d’autre choix. En ce moment, il y a Lela, enceinte de 15 semaines, avec un diabète de type 1 qui vomit du sang et qui voit sa santé se détériorer, qui demande un avortement pour sauver sa vie qu’on lui refuse. Et ça se passe aujourd’hui. Ou encore en Croatie, où Mirela Avajda portait un enfant avec une tumeur. L’avortement est légal dans son pays, mais on lui a quand même refusé l’opération et elle a dû se rendre en Slovénie, à ses frais, pour être avortée. La loi existe, l’accès non. Regardez en Italie. L’IVG est autorisé depuis 1994, mais 70 à 80% des médecins sont objecteurs de conscience [peuvent refuser de pratiquer l’avortement, Ndlr.]. Donc l’accès dépend de là où vous habitez. C’est pour ça que cette initiative est importante, elle pourrait créer un filet de securité pour aider ces femmes et leur éviter souffrances et anxiétés. C’est une petite proposition légale qui pourrait faire la différence entre la vie et la mort pour certaines femmes. Ce n’est pas optionnel, c’est nécessaire.

    Il y a une montée des mouvements conservateurs et en particulier anti-avortement, en Europe et dans le monde. Cela vous inquiète-t-il ?

    N.K. : Oui, nous devrions être tous concernés. Car nous savons que quand la politique va vers l’autoritarisme, ce sont les corps des femmes qui deviennent le premier champ de bataille. Faire de ce monde un endroit plus juste et plus solidaire est donc la seule façon de protéger les droits que nous avons.

  • Les scenarii d’une qualification pour l’OM

    Les scenarii d’une qualification pour l’OM

    En cas nul, au moins deux des neuf conditions suivantes doivent se produire pour que les Marseillais passent. Galatasaray et Karabagh perdent, Leverkusen, Monaco, le PSV, Bilbao, l’Olympiakos, Naples et Copenhague ne gagnent pas.

    En cas de défaite, la qualification reste encore possible. Mais il faudra au moins sept des dix conditions suivantes pour éviter de passer à la trappe (sans considérer la différence de buts qui générerait trop de possibilités). Leverkusen, Monaco et le PSV perdent, Bilbao, Naples, Copenhague, Bodö, Benfica, Paphos et l’Union saint-gilloise ne gagnent pas.

    En cas d’égalité, dix critères seront étudiés. La meilleure différence de buts générale. Le plus grand nombre de buts marqués. Le plus grand nombre de buts marqués à l’extérieur. Le plus grand nombre de matches gagnés. Le plus grand nombre de matches gagnés à l’extérieur. Le plus grand nombre de points cumulés des adversaires affrontés. La meilleure différence de buts collective des adversaires affrontés. Le plus grand nombre de buts marqués collectivement par les adversaires affrontés. Le plus faible nombre de points au fair-play. Le coefficient
    UEFA.

  • À Davos, Trump rage contre l’Europe

    À Davos, Trump rage contre l’Europe

    « J’aime l’Europe, et je veux que l’Europe aille bien, mais elle ne va pas dans la bonne direction », a-t-il asséné dans son discours à la tribune du Forum économique mondial, qui tient sa réunion annuelle dans la station huppée des Alpes suisses. Le président américain vient éprouver la résistance des Européens face à son projet d’acquisition du Groenland, un territoire autonome appartenant au Danemark, a exigé des « négociations immédiates » sur le sujet. « Les gens pensaient que j’utiliserai la force. Je n’ai pas besoin d’utiliser la force. Je ne veux pas utiliser la force. Je n’utiliserai pas la force », a-t-il poursuivi.

    « Le fait est qu’aucune nation ni groupe de nation n’est en position de pouvoir assurer la sécurité du Groenland en dehors des États-Unis. Nous sommes une grande puissance, beaucoup plus grande que ce que les gens comprennent. Je pense qu’ils l’ont découvert il y a deux semaines au Venezuela », a-t-il affirmé, reprochant aussi au Danemark de faire preuve d’« ingratitude ». « Les États-Unis sont le moteur économique de la planète », a-t-il aussi vanté, alors que les sondages révèlent un profond mécontentement des Américains sur le coût de la vie, ce qui menace le Parti républicain à l’approche des élections de mi-mandat de novembre. « Quand l’Amérique prospère, le monde prospère. Quand elle va mal, ça va mal pour tout le monde », a-t-il lancé.

    « Un morceau de glace pour protéger le monde »

    L’ancien promoteur immobilier, qui depuis son retour au pouvoir il y a un an a complètement bouleversé l’ordre mondial, participe au Forum pour la première fois depuis 2020. Jeudi, il fera la promotion de son « Conseil de la paix », considéré par beaucoup comme un rival de l’ONU. Donald Trump a déjà dit ne pas s’attendre à beaucoup de résistance des Européens et d’autres alliés, malgré leurs déclarations plus ou moins vigoureuses. « Nous voulons un morceau de glace pour protéger le monde, et ils refusent de nous le donner », a encore commenté Donald Trump. « Ils ont donc le choix », a-t-il poursuivi. « Ils peuvent dire “oui”, et nous leur en serons très reconnaissants. Ou ils peuvent dire “non”, et nous nous en souviendrons », a-t-il poursuivi sur un ton peu amène.

    « Le Royaume-Uni ne cédera pas sur ses principes et valeurs et sur l’avenir du Groenland », a déclaré mercredi son Premier ministre Keir Starmer. Le président américain insiste sur le fait que le Groenland est vital pour la sécurité des États-Unis et de l’Otan face à la Russie et à la Chine. Il a menacé d’imposer de nouveaux droits de douane allant jusqu’à 25% à huit pays européens pour leur soutien au Danemark, ce qui a incité l’Europe à menacer les États-Unis de représailles. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a appelé l’Europe à rompre avec sa « prudence traditionnelle » face aux défis d’un monde « de plus en plus anarchique » et défini par la « puissance brute ».

    Au Forum mardi, Emmanuel Macron a mis en garde contre les tentatives américaines « inacceptables » de « subordonner l’Europe ». « Nous préférons le respect aux brutes », a-t-il déclaré. Des propos qui n’ont visiblement pas plu au milliardaire américain, qui, comme à son habitude, joue la carte de l’humiliation. « Je l’ai regardé hier avec ces belles lunettes de soleil (…) jouer le dur à cuire », s’est moqué le président américain.

  • Premier pas des eurodéputés contre le narcotrafic

    Premier pas des eurodéputés contre le narcotrafic

    À 442 voix pour et 202 contre, le Parlement européen a adopté ce mardi une résolution portée par l’eurodéputée écologiste Marie Toussaint, visant à une réponse européenne ambitieuse et coordonnée face à l’essor du narcotrafic, à la suite de l’assassinat de Mehdi Kessaci à Marseille. « Victoire. Au Parlement européen, une résolution contre le narcotrafic vient d’être votée. Elle arrive après le décès de mon petit frère Mehdi. Et elle devient une réponse de l’Europe face à ce fléau qui ravage nos quartiers et brise des vies », écrit Amine Kessaci dans un message posté sur les réseaux sociaux mardi. Le militant anti narcotrafic avait été reçu en décembre dernier par la présidente de l’institution européenne. Une minute de silence en hommage à Mehdi Kessaci avait été observée par les eurodéputés le 24 novembre dernier, onze jours après son assassinat.

    Le texte de Marie Toussaint a été voté à une large majorité par des élus de tous bords, de la gauche représentée par les groupes The Left, S&D (Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen) et les Verts, à la droite du PPE (Parti populaire européen) en passant par les centristes de Renew. L’extrême droite s’y est opposée.

    « Avec cette résolution, le Parlement européen pose une première pierre essentielle dans la lutte contre le narcotrafic. Nous affirmons clairement que l’Europe ne peut plus rester spectatrice face à des réseaux criminels qui tuent, intimident et menacent nos démocraties. C’est le point de départ d’une action européenne plus ferme, plus juste et plus solidaire », réagit l’eurodéputée écologiste, proche d’Amine, qui avait participé à la marche blanche en hommage à Mehdi à Marseille.

  • La France en première ligne de l’« Europe de la Défense »

    La France en première ligne de l’« Europe de la Défense »

    « Nous sommes prêts », affirme le chef de l’État sous le hangar de la base aérienne 125 d’Istres, ce jeudi. Emmanuel Macron a prononcé ses vœux aux armées dans un contexte international tendu marqué par le « retour des forces de déstabilisation ».

    Le président a cité parmi les sources d’inquiétude « la Russie sur le sol européen », des discours « qui sèment le doute, y compris chez les alliés », ou encore « un nouveau colonialisme à l’œuvre chez quelques uns ». Avec, pour éléphant dans la pièce, le sujet Groenlandais, pour lequel le chef des armées considère que « la France et les Européens doivent être là partout où leurs intérêts sont menacés, sans escalade, mais intraitables sur le respect de la souveraineté territoriale », de la même manière que pour l’Ukraine.

    « Pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort. Cela suppose que la nation consente à des efforts à la mesure de notre rude époque », a déclaré Emmanuel Macron. Il avait promis en 2017, lors de sa première visite sur la base, d’atteindre 2 % du PIB dédié à la Défense.

    64 milliards d’euros

    pour la Défense en 2027

    L’objectif de 64 milliards d’euros de budget annuel de la Défense, initialement prévu pour 2030, a déjà été avancé à 2027, comme annoncé par le Président le 13 juillet dernier. La loi de programmation militaire 2024-2030 va être actualisée en conséquence, avec un renfort de 36 milliards d’euros, dont 3,5 milliards en 2026 « pour préserver notre crédibilité et faire face, si nous y étions confrontés, à un engagement majeur d’ici trois à quatre ans », précise le locataire de l’Élysée.

    La base aérienne 125 d’Istres en est « l’illustration même ». Avec ses 15 Airbus de ravitaillement et de transport stratégique, elle constitue « un vecteur polyvalent de projection de puissance » aux yeux d’Emmanuel Macron, notamment nucléaire, comme l’a démontré le récent déploiement nordique et celui à venir par le biais de ce « hub des armées ».

    Plus généralement, ces crédits serviront trois priorités. La première, au plan technique, à savoir augmenter les stocks de munitions, se doter d’une alerte avancée spatiale comme terrestre et renforcer l’ambition spatiale. « La France organisera dans quelques mois un sommet sur le spatial », annonce le président, qui souhaite « améliorer la résilience et la protection » dans ce domaine.

    Une ambition liée au deuxième objectif, celui visant à faire face au missile très longue portée russe Orechnik. « Nous sommes à portée de ces tirs affirme le chef de l’État. Nous devons nous saisir de ces nouvelles armes qui changeront la donne à court terme. » Même logique pour le système de défense aérienne SAMP/T nouvelle génération, « la meilleure au monde », selon le président, qui souhaite « accélérer la production et la capacité à déployer », cette arme.

    Enfin, le chef de l’État souhaite « améliorer et accélérer la capacité des armées à s’engager », notamment via l’utilisation des drones pour les trois armées, ainsi que par l’investissement dans « les innovations de rupture : le quantique, l’intelligence artificielle ».

    In fine, le président Macron place la France au centre de l’« Europe de la Défense », tant sur le plan des moyens, du complexe militaro-industriel que sur le plan décisionnel. La volonté répétée d’indépendance de la France entre en contradiction frontale avec les affirmations répétées d’unité européenne. La question se pose si le chef de l’Etat ne ferait pas de l’œil, en filigrane, à l’idée d’être le chef militaire de l’Europe entière.

  • [Entretien] Valentin Porte : « C’est vraiment l’épreuve de vérité »

    [Entretien] Valentin Porte : « C’est vraiment l’épreuve de vérité »

    L’équipe de France s’apprête à défendre à partir du jeudi 15 janvier son titre européen lors de l’Euro de handball jeudi (15 janvier – 1er février) organisé par les trois pays nordiques : Danemark, Norvège et Suède. Il y a deux ans en Allemagne, juste avant les JO de Paris, la génération conduite par Nikola Karabatic, aujourd’hui retraité, avait dominé le Danemark. La nouvelle génération est-elle en mesure de préserver son titre ? Ancien international (195 sélections), le capitaine de Montpellier Valentin Porte définit ses chances.

    La Marseillaise : La France a t-elle toutes les cartes en main pour défendre son titre lors du prochain championnat d’Europe ?

    Valentin Porte : L’équipe de France, intrinsèquement, a toutes les cartes en main pour garder son titre mais il y en a d’autres qui ont aussi de belles cartes. Elle ne bouge pas trop, avec des joueurs qui gagnent en maturité et expérience d’année en année.

    A quel tournoi, doit-elle s’attendre ?

    V.P. : Ce tournoi va être un point de passage très important. Si on regarde la compétition, je pense qu’on n’est pas loin d’une des compétitions les plus dures que l’équipe de France a eu à jouer ou va avoir à jouer. Au-delà du premier tour, il y aura l’Espagne, l’Allemagne, le Danemark, le Portugal face à elle lors du second tour. Que des équipes au top niveau mondial avec des matchs tous les deux jours. On va savoir où l’équipe de France en est vraiment, si elle est au niveau de toutes ces équipes-là. C’est vraiment l’épreuve de vérité.

    Quelle équipe vous paraît la mieux armée aujourd’hui ?

    V.P. : Sans contestation, le Danemark. Depuis des années, elle est monstrueuse. Elle se renouvelle avec des joueurs top mondiaux à chaque poste. Et, avec un coach plein d’expérience. Elle est l’immense favori. Après, derrière, ça va être un peu la guerre. Franchement, en termes de qualité individuelle à chaque poste, la France est peut-être l’équipe la mieux armée derrière le Danemark. Les individualités ne font absolument pas tout dans un sport collectif. Si la France joue bien collectivement, elle peut vraiment inquiéter ou embêter le Danemark.

    Les JO ont marqué la fin d’une génération. Cette génération a t-elle besoin de se prouver qu’elle peut gagner des titres ?

    V.P. : Oui, bien sûr, et c’est normal. Ces mecs, que je connais bien, sont tous morts de faim, ont soif de titres, je ne vais pas dire de reconnaissance parce qu’ils en ont. Mais, si cette nouvelle génération a beaucoup de talent, il faut maintenant qu’elle le prouve avec des titres. Il y a eu un début avec le bronze l’an dernier [Mondial, Ndlr], où ils sont allés le chercher avec les crocs à la dernière seconde. Cela peut lui donner la confiance pour les prochaines compétitions.

    L’échec au JO à Paris a t-il laissé des séquelles ?

    V.P. : Inconsciemment, ce traumatisme rentre toujours un peu dans les têtes. Mais, si l’équipe de France n’est pas à son meilleur niveau, ce ne sera pas à cause de ça. Le staff a bien mis le doigt là-dessus pour clôturer le chapitre et tourner la page. On repart d’une page blanche et on réécrit l’histoire.

    L’équipe de France s’est bâtie depuis très longtemps, sur sa base défensive. Est-elle aussi fiable que par le passé ?

    V.P. : Complètement. Ce n’est vraiment pas le secteur de jeu qui me fait le plus peur. Karl Konan n’est pas loin d’être l’un des meilleurs, voire le meilleur défenseur du monde. Thibault Briet montre chaque week-end que sans lui, son équipe n’est pas vraiment la même, surtout défensivement. Ludovic Fabregas est au top de sa maturité et son niveau.

    A quelles conditions, la France aura t-elle réussi son tournoi ?

    V.P. : Si elle atteint le dernier carré, au vu du parcours qui se dessine, ça sera déjà un très bel objectif rempli. Peut-être le plus dur sera fait. A part le Danemark, promis à l’une des deux premières places, il reste une place à prendre entre Allemagne, Espagne, Norvège, France, Portugal. Bien malin qui peut sortir l’équipe qui peut se qualifier.

    Trois joueurs de Montpellier participent à ce tournoi. Est-ce que ça peut être le tournoi du jeune gardien Charles Bolzinger ?

    V.P. : Tout le monde attend son éclosion internationale, mais un gardien a toujours une maturité un peu plus tardive. Il a encore le temps et apprend encore son métier. Cette année, il a pris conscience de certaines choses. Il s’est servi des années précédentes, notamment l’an dernier, où c’était un peu plus dur pour lui. Il a pu comprendre ce qu’était le très haut niveau, le travail, la régularité… de répondre présent. Cette saison, il a été très bien là-dessus. Cela peut être une grosse compétition pour Charles. De par ce qu’il a prouvé depuis le début de l’année, de par sa forme du moment, de par son état d’esprit, je pense qu’il est dans les très bonnes conditions pour que ça ait lieu. En club, ça évolue bien. Maintenant, il a besoin vraiment de le prouver au niveau international. De le prouver, de valider ça, pour se libérer totalement et se dire qu’il est sur la bonne voie.