Tag: Europe

  • À Davos, Trump rage contre l’Europe

    À Davos, Trump rage contre l’Europe

    « J’aime l’Europe, et je veux que l’Europe aille bien, mais elle ne va pas dans la bonne direction », a-t-il asséné dans son discours à la tribune du Forum économique mondial, qui tient sa réunion annuelle dans la station huppée des Alpes suisses. Le président américain vient éprouver la résistance des Européens face à son projet d’acquisition du Groenland, un territoire autonome appartenant au Danemark, a exigé des « négociations immédiates » sur le sujet. « Les gens pensaient que j’utiliserai la force. Je n’ai pas besoin d’utiliser la force. Je ne veux pas utiliser la force. Je n’utiliserai pas la force », a-t-il poursuivi.

    « Le fait est qu’aucune nation ni groupe de nation n’est en position de pouvoir assurer la sécurité du Groenland en dehors des États-Unis. Nous sommes une grande puissance, beaucoup plus grande que ce que les gens comprennent. Je pense qu’ils l’ont découvert il y a deux semaines au Venezuela », a-t-il affirmé, reprochant aussi au Danemark de faire preuve d’« ingratitude ». « Les États-Unis sont le moteur économique de la planète », a-t-il aussi vanté, alors que les sondages révèlent un profond mécontentement des Américains sur le coût de la vie, ce qui menace le Parti républicain à l’approche des élections de mi-mandat de novembre. « Quand l’Amérique prospère, le monde prospère. Quand elle va mal, ça va mal pour tout le monde », a-t-il lancé.

    « Un morceau de glace pour protéger le monde »

    L’ancien promoteur immobilier, qui depuis son retour au pouvoir il y a un an a complètement bouleversé l’ordre mondial, participe au Forum pour la première fois depuis 2020. Jeudi, il fera la promotion de son « Conseil de la paix », considéré par beaucoup comme un rival de l’ONU. Donald Trump a déjà dit ne pas s’attendre à beaucoup de résistance des Européens et d’autres alliés, malgré leurs déclarations plus ou moins vigoureuses. « Nous voulons un morceau de glace pour protéger le monde, et ils refusent de nous le donner », a encore commenté Donald Trump. « Ils ont donc le choix », a-t-il poursuivi. « Ils peuvent dire “oui”, et nous leur en serons très reconnaissants. Ou ils peuvent dire “non”, et nous nous en souviendrons », a-t-il poursuivi sur un ton peu amène.

    « Le Royaume-Uni ne cédera pas sur ses principes et valeurs et sur l’avenir du Groenland », a déclaré mercredi son Premier ministre Keir Starmer. Le président américain insiste sur le fait que le Groenland est vital pour la sécurité des États-Unis et de l’Otan face à la Russie et à la Chine. Il a menacé d’imposer de nouveaux droits de douane allant jusqu’à 25% à huit pays européens pour leur soutien au Danemark, ce qui a incité l’Europe à menacer les États-Unis de représailles. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a appelé l’Europe à rompre avec sa « prudence traditionnelle » face aux défis d’un monde « de plus en plus anarchique » et défini par la « puissance brute ».

    Au Forum mardi, Emmanuel Macron a mis en garde contre les tentatives américaines « inacceptables » de « subordonner l’Europe ». « Nous préférons le respect aux brutes », a-t-il déclaré. Des propos qui n’ont visiblement pas plu au milliardaire américain, qui, comme à son habitude, joue la carte de l’humiliation. « Je l’ai regardé hier avec ces belles lunettes de soleil (…) jouer le dur à cuire », s’est moqué le président américain.

  • Premier pas des eurodéputés contre le narcotrafic

    Premier pas des eurodéputés contre le narcotrafic

    À 442 voix pour et 202 contre, le Parlement européen a adopté ce mardi une résolution portée par l’eurodéputée écologiste Marie Toussaint, visant à une réponse européenne ambitieuse et coordonnée face à l’essor du narcotrafic, à la suite de l’assassinat de Mehdi Kessaci à Marseille. « Victoire. Au Parlement européen, une résolution contre le narcotrafic vient d’être votée. Elle arrive après le décès de mon petit frère Mehdi. Et elle devient une réponse de l’Europe face à ce fléau qui ravage nos quartiers et brise des vies », écrit Amine Kessaci dans un message posté sur les réseaux sociaux mardi. Le militant anti narcotrafic avait été reçu en décembre dernier par la présidente de l’institution européenne. Une minute de silence en hommage à Mehdi Kessaci avait été observée par les eurodéputés le 24 novembre dernier, onze jours après son assassinat.

    Le texte de Marie Toussaint a été voté à une large majorité par des élus de tous bords, de la gauche représentée par les groupes The Left, S&D (Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen) et les Verts, à la droite du PPE (Parti populaire européen) en passant par les centristes de Renew. L’extrême droite s’y est opposée.

    « Avec cette résolution, le Parlement européen pose une première pierre essentielle dans la lutte contre le narcotrafic. Nous affirmons clairement que l’Europe ne peut plus rester spectatrice face à des réseaux criminels qui tuent, intimident et menacent nos démocraties. C’est le point de départ d’une action européenne plus ferme, plus juste et plus solidaire », réagit l’eurodéputée écologiste, proche d’Amine, qui avait participé à la marche blanche en hommage à Mehdi à Marseille.

  • La France en première ligne de l’« Europe de la Défense »

    La France en première ligne de l’« Europe de la Défense »

    « Nous sommes prêts », affirme le chef de l’État sous le hangar de la base aérienne 125 d’Istres, ce jeudi. Emmanuel Macron a prononcé ses vœux aux armées dans un contexte international tendu marqué par le « retour des forces de déstabilisation ».

    Le président a cité parmi les sources d’inquiétude « la Russie sur le sol européen », des discours « qui sèment le doute, y compris chez les alliés », ou encore « un nouveau colonialisme à l’œuvre chez quelques uns ». Avec, pour éléphant dans la pièce, le sujet Groenlandais, pour lequel le chef des armées considère que « la France et les Européens doivent être là partout où leurs intérêts sont menacés, sans escalade, mais intraitables sur le respect de la souveraineté territoriale », de la même manière que pour l’Ukraine.

    « Pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort. Cela suppose que la nation consente à des efforts à la mesure de notre rude époque », a déclaré Emmanuel Macron. Il avait promis en 2017, lors de sa première visite sur la base, d’atteindre 2 % du PIB dédié à la Défense.

    64 milliards d’euros

    pour la Défense en 2027

    L’objectif de 64 milliards d’euros de budget annuel de la Défense, initialement prévu pour 2030, a déjà été avancé à 2027, comme annoncé par le Président le 13 juillet dernier. La loi de programmation militaire 2024-2030 va être actualisée en conséquence, avec un renfort de 36 milliards d’euros, dont 3,5 milliards en 2026 « pour préserver notre crédibilité et faire face, si nous y étions confrontés, à un engagement majeur d’ici trois à quatre ans », précise le locataire de l’Élysée.

    La base aérienne 125 d’Istres en est « l’illustration même ». Avec ses 15 Airbus de ravitaillement et de transport stratégique, elle constitue « un vecteur polyvalent de projection de puissance » aux yeux d’Emmanuel Macron, notamment nucléaire, comme l’a démontré le récent déploiement nordique et celui à venir par le biais de ce « hub des armées ».

    Plus généralement, ces crédits serviront trois priorités. La première, au plan technique, à savoir augmenter les stocks de munitions, se doter d’une alerte avancée spatiale comme terrestre et renforcer l’ambition spatiale. « La France organisera dans quelques mois un sommet sur le spatial », annonce le président, qui souhaite « améliorer la résilience et la protection » dans ce domaine.

    Une ambition liée au deuxième objectif, celui visant à faire face au missile très longue portée russe Orechnik. « Nous sommes à portée de ces tirs affirme le chef de l’État. Nous devons nous saisir de ces nouvelles armes qui changeront la donne à court terme. » Même logique pour le système de défense aérienne SAMP/T nouvelle génération, « la meilleure au monde », selon le président, qui souhaite « accélérer la production et la capacité à déployer », cette arme.

    Enfin, le chef de l’État souhaite « améliorer et accélérer la capacité des armées à s’engager », notamment via l’utilisation des drones pour les trois armées, ainsi que par l’investissement dans « les innovations de rupture : le quantique, l’intelligence artificielle ».

    In fine, le président Macron place la France au centre de l’« Europe de la Défense », tant sur le plan des moyens, du complexe militaro-industriel que sur le plan décisionnel. La volonté répétée d’indépendance de la France entre en contradiction frontale avec les affirmations répétées d’unité européenne. La question se pose si le chef de l’Etat ne ferait pas de l’œil, en filigrane, à l’idée d’être le chef militaire de l’Europe entière.

  • [Entretien] Valentin Porte : « C’est vraiment l’épreuve de vérité »

    [Entretien] Valentin Porte : « C’est vraiment l’épreuve de vérité »

    L’équipe de France s’apprête à défendre à partir du jeudi 15 janvier son titre européen lors de l’Euro de handball jeudi (15 janvier – 1er février) organisé par les trois pays nordiques : Danemark, Norvège et Suède. Il y a deux ans en Allemagne, juste avant les JO de Paris, la génération conduite par Nikola Karabatic, aujourd’hui retraité, avait dominé le Danemark. La nouvelle génération est-elle en mesure de préserver son titre ? Ancien international (195 sélections), le capitaine de Montpellier Valentin Porte définit ses chances.

    La Marseillaise : La France a t-elle toutes les cartes en main pour défendre son titre lors du prochain championnat d’Europe ?

    Valentin Porte : L’équipe de France, intrinsèquement, a toutes les cartes en main pour garder son titre mais il y en a d’autres qui ont aussi de belles cartes. Elle ne bouge pas trop, avec des joueurs qui gagnent en maturité et expérience d’année en année.

    A quel tournoi, doit-elle s’attendre ?

    V.P. : Ce tournoi va être un point de passage très important. Si on regarde la compétition, je pense qu’on n’est pas loin d’une des compétitions les plus dures que l’équipe de France a eu à jouer ou va avoir à jouer. Au-delà du premier tour, il y aura l’Espagne, l’Allemagne, le Danemark, le Portugal face à elle lors du second tour. Que des équipes au top niveau mondial avec des matchs tous les deux jours. On va savoir où l’équipe de France en est vraiment, si elle est au niveau de toutes ces équipes-là. C’est vraiment l’épreuve de vérité.

    Quelle équipe vous paraît la mieux armée aujourd’hui ?

    V.P. : Sans contestation, le Danemark. Depuis des années, elle est monstrueuse. Elle se renouvelle avec des joueurs top mondiaux à chaque poste. Et, avec un coach plein d’expérience. Elle est l’immense favori. Après, derrière, ça va être un peu la guerre. Franchement, en termes de qualité individuelle à chaque poste, la France est peut-être l’équipe la mieux armée derrière le Danemark. Les individualités ne font absolument pas tout dans un sport collectif. Si la France joue bien collectivement, elle peut vraiment inquiéter ou embêter le Danemark.

    Les JO ont marqué la fin d’une génération. Cette génération a t-elle besoin de se prouver qu’elle peut gagner des titres ?

    V.P. : Oui, bien sûr, et c’est normal. Ces mecs, que je connais bien, sont tous morts de faim, ont soif de titres, je ne vais pas dire de reconnaissance parce qu’ils en ont. Mais, si cette nouvelle génération a beaucoup de talent, il faut maintenant qu’elle le prouve avec des titres. Il y a eu un début avec le bronze l’an dernier [Mondial, Ndlr], où ils sont allés le chercher avec les crocs à la dernière seconde. Cela peut lui donner la confiance pour les prochaines compétitions.

    L’échec au JO à Paris a t-il laissé des séquelles ?

    V.P. : Inconsciemment, ce traumatisme rentre toujours un peu dans les têtes. Mais, si l’équipe de France n’est pas à son meilleur niveau, ce ne sera pas à cause de ça. Le staff a bien mis le doigt là-dessus pour clôturer le chapitre et tourner la page. On repart d’une page blanche et on réécrit l’histoire.

    L’équipe de France s’est bâtie depuis très longtemps, sur sa base défensive. Est-elle aussi fiable que par le passé ?

    V.P. : Complètement. Ce n’est vraiment pas le secteur de jeu qui me fait le plus peur. Karl Konan n’est pas loin d’être l’un des meilleurs, voire le meilleur défenseur du monde. Thibault Briet montre chaque week-end que sans lui, son équipe n’est pas vraiment la même, surtout défensivement. Ludovic Fabregas est au top de sa maturité et son niveau.

    A quelles conditions, la France aura t-elle réussi son tournoi ?

    V.P. : Si elle atteint le dernier carré, au vu du parcours qui se dessine, ça sera déjà un très bel objectif rempli. Peut-être le plus dur sera fait. A part le Danemark, promis à l’une des deux premières places, il reste une place à prendre entre Allemagne, Espagne, Norvège, France, Portugal. Bien malin qui peut sortir l’équipe qui peut se qualifier.

    Trois joueurs de Montpellier participent à ce tournoi. Est-ce que ça peut être le tournoi du jeune gardien Charles Bolzinger ?

    V.P. : Tout le monde attend son éclosion internationale, mais un gardien a toujours une maturité un peu plus tardive. Il a encore le temps et apprend encore son métier. Cette année, il a pris conscience de certaines choses. Il s’est servi des années précédentes, notamment l’an dernier, où c’était un peu plus dur pour lui. Il a pu comprendre ce qu’était le très haut niveau, le travail, la régularité… de répondre présent. Cette saison, il a été très bien là-dessus. Cela peut être une grosse compétition pour Charles. De par ce qu’il a prouvé depuis le début de l’année, de par sa forme du moment, de par son état d’esprit, je pense qu’il est dans les très bonnes conditions pour que ça ait lieu. En club, ça évolue bien. Maintenant, il a besoin vraiment de le prouver au niveau international. De le prouver, de valider ça, pour se libérer totalement et se dire qu’il est sur la bonne voie.

  • « Nos filières sont mises à mal »

    « Nos filières sont mises à mal »

    La Marseillaise : Le vote sur l’accord UE-Mercosur semble aller vers un report. Vous visez l’abandon ?

    Nina Lejeune : On pense encore que c’est possible, c’est pour ça qu’on continue de se mobiliser. On était mercredi à l’aéroport fret de Liège avec d’autres syndicats, notamment belges et allemands. Les intérêts défendus par la FNSEA à Bruxelles sont différents des nôtres. Ils parlent par exemple de la taxe sur les engrais de synthèse, ils sont pro dérégulation sur les OGM et promeuvent les pesticides. Des choses sur lesquelles on n’est pas du tout en accord. On ne demande pas à ce que, par exemple, en France ou en Europe, on puisse, si cet accord de libre-échange se met en place, utiliser les mêmes produits chimiques que dans les pays du Mercosur. On se bat pour que, sur le territoire national, rien ne puisse entrer en dessous de nos coûts de production. C’est à la fois pour protéger nos paysans et paysannes mais aussi pour provoquer un effet boule de neige afin de potentiellement élever les normes sociales et environnementales dans les pays avec lesquels on commerce. Pour nous, les agricultures ne doivent pas se faire concurrence ni à l’intérieur d’un territoire, ni entre territoires, et notamment avec les pays du Mercosur.

    Emmanuel Macron dit « le compte n’y est pas ». L’exécutif reste ambigu ?

    N.L. : Comme dans tous les accords de libre-échange nous sommes les variables d’ajustement. On sacrifie l’agriculture et l’alimentation pour pouvoir vendre des voitures allemandes. Ce qui nous inquiète c’est que les dirigeants de la FNSEA et le gouvernement rejettent une signature de l’accord « en l’état ». On considère qu’elle n’est pas acceptable tout court. Les potentielles clauses miroirs ou clauses de sauvegarde mises en avant sont complètement insuffisantes. Cet accord avec le Mercosur vient encore plus mettre à mal nos filières et tirer vers le bas toutes les normes françaises qui sont protectrices à la fois des citoyens et des paysans.

    Quel peut être son impact en Paca ?

    N.L. : Les principales filières concernées sont l’apiculture, la volaille et le bovin. On risque de voir arriver sur le territoire national des produits qui seront bien en dessous de nos coûts de production. On ne pourra pas rivaliser avec des salaires qui sont à moins d’un euro de l’heure dans les pays du Mercosur. Si l’impact n’est pas direct, il sera au moins indirect, notamment sur le prix des produits. Des patrons de la grande distribution disent qu’ils n’accepteront pas les produits venant de ces pays mais ça ne peut pas être un gage pour nous. L’arrivée de miel des pays du Mercosur viendra fragiliser la filière apicole en Paca. Les premiers menacés ce sont toujours les paysans et les paysannes, qui seront également impactés dans les pays du Mercosur ! Si d’un coup, il y a une porte ouverte pour de l’exportation, notamment de bovins, la déforestation risque d’augmenter dans ces pays-là. Cela viendra aussi saboter des fermes familiales et donc industrialiser une agriculture de l’autre côté du monde.

    Vous rencontrez le Premier ministre à midi, qu’allez-vous lui dire ?

    N.L. : La dermatose nodulaire s’est étendue mais ça fait quand même plus de six mois que le premier cas a été détecté en Savoie. On proposait une stratégie complètement différente, qui reposait sur une étude de l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments). Celle-ci démontre qu’à partir du moment où une couverture vaccinale est atteinte, l’abattage partiel est tout aussi efficace pour enrayer la maladie. On demande une vaccination préventive depuis six mois. Là, on nous parle de commande de vaccins, mais à un moment où la maladie s’est déjà propagée. C’est bien trop tard… Malgré ça, on continue de demander une politique plus préventive en matière de crise sanitaire, parce que ce n’est ni la première ni la dernière qu’on risque de voir apparaître. Notre objectif, c’est la fin de l’abattage total pour la dermatose nodulaire contagieuse et une vaccination massive, on ne lâchera pas. La liberté vaccinale, c’est aussi le droit de pouvoir vacciner, pas seulement le droit de ne pas pouvoir le faire.

    La dermatose n’est pas l’unique problématique du monde agricole aujourd’hui, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. On voit bien à quel point les paysans et les paysannes sont parfois un peu méprisés. Notre responsabilité, c’est le soin de nos animaux, c’est le fait de fournir une alimentation de qualité. On est les premiers concernés pour mettre en place des mesures sur nos fermes qui vont dans le sens de la sécurité sanitaire.

    Les actions à venir Avignon.

    La FDSEA Vaucluse appelle à la mobilisation en tracteur au départ de Bonpas et du péage d’Avignon Nord 6h30 ce vendredi. Les deux cortèges devraient ensuite converger vers la préfecture.

    Aubagne. La Confédération paysanne 13 donne rendez-vous samedi à 13h devant le supermarché Auchan des Paluds pour manifester contre la gestion de la dermatose nodulaire.

    La FDSEA Vaucluse à Bruxelles

    Une délégation de la FDSEA Vaucluse a pris part aux manifestations contre le Mercosur ce jeudi à Bruxelles, aux côtés de milliers d’agriculteurs. « Le Vaucluse, du fait de ses productions végétales majoritaires, est concerné par l’ensemble des accords signés (Mercosur, accords franco-marocains, …) et par le mécanisme MACF qui a pour conséquence de doubler le prix des engrais dans un flou total des règles applicables », fait savoir le syndicat agricole dans un communiqué offensif.

  • La Région promet 500 millions pour la Défense et la sécurité

    La Région promet 500 millions pour la Défense et la sécurité

    En partenariat avec le ministère des Armées et des anciens combattant, la Région Sud a lancé mardi en grande pompe l’Opération d’intérêt régional (OIR) Défense et Sécurité. Celle-ci s’articule autour de 7 priorités et de 50 actions déjà identifiées, qui doivent être rendues possible grâce à la mobilisation de 500 millions d’euros d’ici la fin du mandat.

    Une initiative qui s’inscrit dans la dynamique sécuritaire et militariste de la collectivité, entamée le 27 mars par Renaud Muselier (Ren.), président de la Région Sud, qui organisait alors une « agora de l’économie de défense ». « Avec cette OIR, la Région ne change pas de cadre, elle accélère. Elle met de la méthode, des moyens, de la clarté politique au service de la défense nationale, au service de la sécurité française, au service de la souveraineté de notre territoire et de la France », a lancé mardi Renaud Muselier, après avoir rappelé la place de choix qu’occupe Paca dans l’écosystème de la défense nationale, identifié comme « la première région militaire de France ». Yves Metayer, officier général de la zone de défense et de sécurité Sud, a quant à lui vivement soutenu la démarche initiée par la collectivité, la qualifiant de « formidable opportunité » pour « capitaliser sur les atouts de la Région Sud, terre de défense historique ».

    Géopolitique instable

    Renaud Muselier s’inscrit dans la ligne d’Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, qui le 4 mars a lancé le plan ReArm Europe, promettant la mobilisation de 800 milliards d’euros dans les prochaines années pour renforcer la structure de défense européenne. Et dans celle du président de la République qui promet à la France « une économie de guerre ». Yves Metayer voit ces investissements militaires massifs de la Région comme une indispensable réponse au « contexte géopolitique instable ».

    « À l’heure où l’évolution du contexte stratégique impose d’accélérer la transformation de nos armées et notre industrie de Défense afin de les préparer aux engagements les plus durs, la synergie entre les différents acteurs conditionne directement le succès », a-t-il assuré.

    Alors, pour se préparer à toute éventualité, y compris à un potentiel « retour de la guerre », la Région entend, par cette OIR, soutenir la production d’équipement de défense, le développement de grandes infrastructures industrielles et d’entraînement des forces, l’innovation et la recherche, l’emploi dans le secteur mais aussi améliorer les moyens logistiques, de santé et de transport, augmenter les capacités de logement pour les forces et, enfin, permettre un « renforcement de l’esprit de défense ». Tout un programme.

  • Patrons et élus planchent sur la souveraineté lors du forum économique Soft

    Patrons et élus planchent sur la souveraineté lors du forum économique Soft

    « L’Europe : sursaut ou sursis ? ». C’est la question à laquelle ont tenté de répondre les plusieurs centaines d’entrepreneurs et élus présents pour Soft 2025, forum économique organisé par l’agence de développement de la Région Sud, RisingSud, ce jeudi à Marseille. « C’est l’occasion pour les grands dirigeants d’entreprises […] de parler de transition, innovation, d’industrialisation », résume Bernard Kleynhoff, président de RisingSud et conseiller régional.

    Le tout, avec quelques invités de marque comme l’ambassadeur de l’Ukraine (lire ci-dessous) ou encore le ministre délégué au commerce extérieur, Nicolas Forissier. Ce dernier revenait justement de Chine et a tenté de justifier la stratégie commerciale paradoxale d’Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs. S’il vante « la révolution économique permanente » et la « planification » du pays de Xi Jinping, il juge que la France « verse trop dans la protection ». Même principe sur les accords commerciaux : d’un côté il plaide pour « plus de fermeté dans les négociations » et appelle à « ne pas être dépendant », et de l’autre il loue les accords de libre-échange, comme le Mercosur ou encore le Ceta. « Le Ceta, c’est tout bénef ! Le Mercosur est une opportunité ! », explique-t-il, tout en reconnaissant tout de même « qu’il faut protéger des filières sensibles ». En bref, il résume grossièrement le débat à « l’ouverture commerciale versus le protectionnisme et la fermeture des frontières ». Pas de quoi vraiment éclairer les lanternes des participants qui venaient débattre, par une série d’ateliers et de tables rondes, de la souveraineté européenne et française au sein de celle-ci.

    « On n’a pas de cohésion »

    Le président de la Région Sud, Renaud Muselier (Ren.) n’a pas manqué de rappeler sa capacité à capter les fonds européens pour des projets locaux : « Quand on est arrivé à la tête de la Région, on prenait 300 millions d’euros de fonds européens. À la fin de cette mandature on aura 10 milliards ! Ça finance d’Iter à Airbus jusqu’aux villages de haute-montagne où l’on refait des églises et des lavoirs. » Mais retombe dans la même forme de paradoxe que le ministre. Il loue l’aide financière de l’État ou de l’Europe en direction des entrepreneurs pour faire face au « souverainisme américain » mais ne veut pas entendre parler de contreparties. « Je suis d’une culture où il faut laisser grandir l’esprit d’entreprise. Nos voisins innovent et avancent pendant que nous, on fabrique des dispositifs de régulation permanents », développe-t-il. Compliqué donc de « redonner un sens à l’Europe » dans ce cadre.

    Finalement, certains patrons se montrent plus lucides. À l’instar d’Elie Girard, PDG d’Alice et Bob, start-up d’informatique quantique qui travaille sur des technologies potentiellement révolutionnaires : « À part Airbus, les géants européens ça ne marche pas vraiment. Le problème c’est que si on devient un géant en Europe, on sera vu comme un géant français pour nos voisins européens… Et ils achèteront américain. On n’a pas de cohésion suffisamment forte. »

  • Ces cépages interdits aujourd’hui, en voie de légalisation

    Ces cépages interdits aujourd’hui, en voie de légalisation

    Il y a quelques rares bonnes nouvelles pour la viticulture française. La décision du Parlement européen d’autoriser les cépages Isabelle, Clinton, Noah, Jacquez, Othello et Herbemont, aujourd’hui interdits, en fait partie. Cette proposition portée par le député européen socialiste Éric Sargiacomo était en effet très attendue par les viticulteurs gardois dont la culture de ces cépages dans les Cévennes ne s’est jamais arrêtée et a même été transmise par plusieurs générations de vignerons.

    Ce savoir a d’ailleurs permis de s’appuyer sur un certain nombre de données pour démonter les arguments qui avaient justement poussé à leur interdiction. « Nous avons réalisé des analyses sur une quinzaine de vins réalisés avec des vinifications de cépages interdits. Il y avait des pétillants, des cidres et trois vins rouges et nous avons montré que nous étions au même niveau de méthanol. Nous sommes aux alentours des 200 mg par litre pour les rouges alors que la norme est de 400. Nous sommes donc comme un Bordeaux ou un Bourgogne. Cet argument peut donc être balayé d’un revers de la main », explique Christel Guiraud, président de l’IGP Cévennes et propriétaire du Domaine des Loubatières.

    Celui qui a créé l’observatoire des cépages en 2022 s’est rendu au Parlement européen à Strasbourg accompagné de cinq vignerons du secteur mi-octobre. Ils ont eu l’occasion d’avancer un certain nombre d’arguments que les députés ont entendus. « Je ne pense pas sauver la viticulture avec ces cépages mais l’idée, c’est qu’ils peuvent apporter une identité cévenole, un côté patrimonial et un côté œnotouristique. Avec ces anciens cépages demain autorisés, nous allons pouvoir créer de nouveaux mélanges de Noah, d’Isabelle et de Clinton parce que le reste, on en a un peu moins sur notre secteur. La demande actuelle, ce sont des vins plus légers, plus faciles à boire et ces vins-là répondent à cette demande. Ce sont des vins légers tout en étant sur le fruit. Ces cépages résistent aussi mieux aux coups de chaleur », ajoute le vigneron.

    Chloé Ridel interpelle la ministre de l’Agriculture

    Désormais, chaque pays doit se prononcer pour ou contre cette réintroduction. C’est dans ce cadre que la députée européenne socialiste basée à Nîmes, Chloé Ridel, a écrit à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard (LR) pour « connaître clairement la position du Gouvernement français sur cette question essentielle pour l’avenir de notre viticulture ».

    « Ces variétés se trouvent dans une véritable zone grise réglementaire : d’un côté, depuis 2021, l’obligation de les arracher a été levée, mais de l’autre, leurs producteurs n’ont toujours pas le droit d’appeler « vin » la boisson qu’ils élaborent, alors même qu’ils sont soumis à la même fiscalité. Cette situation paradoxale illustre la nécessité de clarifier et d’harmoniser le cadre juridique, afin de donner de la lisibilité et de la stabilité aux producteurs concernés. De plus, leur réhabilitation apparaît pleinement cohérente avec les défis auxquels la viticulture française est confrontée », précise celle qui est depuis juin en charge de la refondation du projet du Parti socialiste en vue de l’élection présidentielle de 2027.

    Pour l’heure, la ministre de l’Agriculture, confrontée à une crise sans précédent de la viticulture, n’a toujours pas rendu son avis sur ces cépages. « Elle est à l’écoute », rassure tout de même Christel Guiraud qui espère une légalisation de ces cépages pour 2027 : « Il faut que cela soit décidé dans le paquet vin de la PAC 2027. »

  • L’Occitanie vote un plan de 15 milliards pour dompter l’avenir

    L’Occitanie vote un plan de 15 milliards pour dompter l’avenir

    « Protéger, anticiper, transformer », tel est le triptyque du plan « Occitanie résiliente » en 9 axes stratégiques à l’horizon 2026-2035 dont la Région a voté les deux premiers volets, vendredi 14 novembre, sans les voix des oppositions de droite ni du RN qui ont fustigé des « bavardages » et un « flou artistique ».

    La feuille de route qui ambitionne de proposer un « nouveau modèle de développement » aux habitants de la région, est pourtant précise. Neuf piliers sont identifiés comme autant de défis à relever dans la décennie à venir : l’eau à préserver et partager, les mobilités à décarboner tout comme l’énergie, le tourisme qui doit devenir durable, l’agriculture qui doit garantir la souveraineté alimentaire, le numérique qui se doit lui aussi d’être souverain ou les déterminismes sociaux contre lesquels il faut lutter sans relâche.

    Les deux thématiques restantes – la préservation de la nature et les métiers de demain – ont déjà été validées par l’assemblée plénière. « Notre plan biodiversité doit être un stabilisateur, un tampon aux effets du réchauffement climatique », insiste la vice-présidente Agnès Langevine, dans une région méditerranéenne hotspot du dérèglement. À l’heure où la réalité scientifique est contestée, l’élue écologiste entend « combattre les climatosceptiques » et soutenir les associations pro-environnementales ou de l’éducation populaire. Un défi collectif qui passera, insiste-t-elle par davantage de moyens de l’État. « On manque de compétences financières par exemple sur les aires protégées. »

    Un flux d’1 milliard d’euros ?

    Tandis qu’à l’image de la SAM à Rodez ou de la verrerie de Vergèze, des fleurons pourtant rentables mettent la clé sous la porte par pur opportunisme capitaliste, Jalil Benabdillah a l’intention « d’accompagner les territoires et les écosystèmes qui veulent créer de l’emploi industriel ». Pour cela, la Région s’attache à proposer du foncier, des financements ou encore de la formation aux entreprises. « On a gagné 8 points de PIB industriel, créé 22 000 emplois, on est passé de 26 000 à 30 000 ingénieurs et on vise les 400 entreprises de taille intermédiaire [plus de 250 salariés] », illustre le vice-président régional. Souhaitant soutenir les entreprises industrielles dans leur transformation, qu’elle soit environnementale, technologique (avec l’intelligence artificielle) ou sociale, Jalil Benabdillah espère atteindre un flux d’investissements d’un milliard d’euros au lieu des 650 millions actuels.

    Dans sa totalité, le plan régional se chiffre d’ailleurs à 14,5 milliards d’euros dont 2 mobilisés par la Région elle-même, 4,6 demandés à l’État, 5,3 à l’Union européenne et 2,6 mobilisés par les partenaires (collectivités, banques…). Autant dire que pour financer de grands projets tels que la LGV Montpellier-Perpignan, l’éolien en mer, le réseau hydraulique pour l’irrigation des cultures ou la création des Services express régionaux métropolitains (Serm) promis par Emmanuel Macron, l’enveloppe du plan France 2030 n’y suffira pas.

    Des simplifications administratives sont aussi réclamées par Carole Delga, y compris à l’Europe invitée à s’inscrire dans le Green New Deal. « Il faut agir sans attendre ». De son côté, la présidente socialiste promet de « rester au contact du terrain » et de prendre sa part avec l’installation d’un comité régional du dialogue citoyen en 2026. À l’heure où le populisme d’extrême droite gagne du terrain, Carole Delga veut redonner confiance et espoir aux citoyens parfois désabusés. « Nous ne sommes pas paralysés par l’ampleur des défis, ni les circonstances. Notre ambition est intacte, nous ne manquons pas de courage ni de cohérence dans l’action », positive-t-elle. Dans une région en pleine croissance démographique, aux forts taux de pauvreté et de chômage, ce challenge nécessite que le volontarisme de la Région soit épaulé.

    « Nous ne sommes pas paralysés par l’ampleur des défis ni les circonstances »

  • « Cette COP va acter l’échec de l’accord de Paris »

    « Cette COP va acter l’échec de l’accord de Paris »

    La Marseillaise : Cette COP s’ouvre dix ans après les accords de Paris, prévoyant de limiter le réchauffement climatique sous la barre de +1,5°C d’ici 2100. Dix ans plus tard, ces objectifs ne sont pas atteints et le dérèglement climatique s’accélère…

    Alix Roumagnac : Effectivement, le dérèglement s’est mis en place, il ne faut plus parler au futur. On a eu le tort, peut-être il y a 10 ans, de parler de 2050, 2100, sans se rendre compte que les conséquences étaient déjà là. Les récents événements climatiques, que ce soit l’ouragan Melissa en Jamaïque ou le super typhon aux Philippines, en attestent. Ça va être un des aspects de la discussion de cette COP. Aujourd’hui ce sont les pays qui ne sont pas les principaux émetteurs de gaz à effet de serre, comme la Jamaïque, les Philippines, qui en subissent les conséquences.

    Les objectifs de Paris sont-ils toujours atteignables ?

    A. R. : Je pense que cette COP va acter l’échec de ces objectifs et tenter d’en établir de nouveaux. On s’est déjà rapproché des +1,5°C, donc on sait qu’on ne va pas pouvoir les obtenir. Malgré l’échec, la trajectoire, qui se situait, il y a 10 ans, aux alentours de +4 °C à la fin du siècle, a été un peu modifiée. Un certain nombre de pays ont mis en place des actions et désormais, on est à +2,8°C ou +3°C à la fin du siècle. Ce n’est pas suffisant, mais on voit que ces COP, malgré toutes les difficultés que l’on connaît, ont quand même un effet. Toute la difficulté de cette nouvelle conférence va être comment bâtir quelque chose avec l’absence des États-Unis, un des principaux pollueurs et principaux émetteurs.

    Justement, l’absence des États-Unis ne risque pas de compromettre le moindre accord ?

    A. R. : Les États-Unis entraînent derrière eux un certain nombre d’États, soit des états de connivence doctrinale comme l’Argentine, qui suivent cette position et profitent de l’occasion pour ne plus avoir à faire d’efforts, soit certains qui ne veulent plus faire d’efforts car le principal pollueur n’en fait pas. C’est toute la difficulté de cette COP, que ce soit en termes d’atténuation comme en termes de compensation. Quand on parle des fonds à mettre en place pour compenser les pays qui subissent les conséquences du réchauffement, il est clair que les États-Unis ne voudront pas participer à cette compensation, et ça rend les choses compliquées. Que peut faire la communauté internationale dans cette situation ? Les pays européens ont dévoilé leur nouvelle feuille de route cinq jours avant le démarrage de la COP. Ce qu’on peut espérer, c’est la reprise du leadership européen pour essayer de donner une dynamique dans cette période un peu particulière.

    Un autre enjeu de cette COP est de sortir des énergies fossiles, mais ne faudrait-il pas envisager une baisse de la consommation ?

    A. R. : Ça va être une complexité supplémentaire. La baisse des énergies fossiles, paradoxalement, c’est la COP28 à Dubaï qui avait réussi à faire un petit pas en avant sur ce sujet. Là, le Brésil est quand même un pays producteur de pétrole. Il a encore récemment donné des nouvelles autorisations de licence pour du forage pétrolier. Donc on sent que cette COP ne fera certainement pas d’avancée supplémentaire sur la sortie des énergies fossiles. Ce sera plus certainement un sujet sur la préservation des forêts. La sortie des énergies fossiles est une chose mais on sait que le seul élément qui va permettre d’inverser la tendance, c’est une modification forte dans nos modes de consommation, quel type de croissance on peut avoir pour justement diminuer nos consommations. Et on voit malheureusement qu’aujourd’hui les intérêts particuliers de chaque pays et le développement économique prennent le pas de manière très forte sur l’intérêt général de la planète. C’est vrai aux États-Unis, mais c’est vrai partout dans le monde. En France, ces dernières années, les débats portent sur la limitation de la dette, l’augmentation du pouvoir d’achat mais la transition écologique est passée très en retrait de toutes les préoccupations que ce soit des politiques ou des citoyens. Pourtant, il y a trois, quatre ans, après le Covid, on observait une conscience écologique chez les citoyens avec des petites avancées. Là, on observe plutôt un recul de cette problématique.

    Ce recul sur l’environnement ne risque-t-il pas d’engendrer un sentiment de démobilisation, de résignation chez les citoyens ?

    A. R. : C’est complexe. Il y a une grande volonté aux COP – j’étais présent à la COP27, à la COP28. Le sujet, c’est plus d’arriver à convaincre l’opinion publique de l’intérêt de faire des petits pas. Ce combat doit être le résultat de petits efforts de chacun tous les jours. Le problème c’est qu’on a parfois des positions trop extrémistes. Selon le palmarès international des efforts des États en matière climatique de 250NOW, les premiers classés sont les pays scandinaves, la Suisse, le Luxembourg, et la France arrive septième. Sans aucune surprise, les derniers pays de l’OCDE sont les États-Unis, le Canada, l’Australie. Pourtant, en France, on a plutôt un sentiment général qu’on ne fait pas assez d’efforts. Et certaines associations mettent la France au tribunal alors qu’elle fait partie des leaders mondiaux à montrer l’exemple. Cette mise en cause peut affaiblir la voix de la France. Je pense que c’est un sujet qui devrait rassembler au-delà des oppositions. C’est un sujet prioritaire mondialement, la dette écologique est beaucoup plus grave que la dette financière. Aujourd’hui, on n’a pas de partis, de gens qui arrivent à se positionner sur ce sujet de manière suffisamment forte pour créer cette dynamique.

    Cette politique de petits efforts est menée par certaines associations et municipalités. Mais cette légende du colibri, popularisée par Pierre Rabhi, est-elle efficace ?

    A. R. : Oui, je crois beaucoup justement à l’effet colibri sur plusieurs sujets. C’est vraiment un marathon qu’on a à faire pour arriver à gagner cette bataille pour le climat. Et on n’a jamais gagné un marathon en partant en sprint. C’est une course de fond, un enchaînement. Un premier petit geste va donner envie le lendemain d’en faire un deuxième ou d’en faire plus. Et c’est vrai au niveau du citoyen, au niveau de la collectivité, de l’entreprise, de l’État. C’est cette dynamique générale qu’il faut générer.

    Propos recueillis par Louis Dupin

    « Les intérêts particuliers des pays prennent le pas sur l’intérêt général
    de la planète »

    « Nous avons besoin de solutions (…). Nous devons aller beaucoup plus vite »