Tag: enfants

  • De passage à Marseille, Tondelier prône des « vacances pour tous »

    De passage à Marseille, Tondelier prône des « vacances pour tous »

    « Je suis honoré de la venue de Marine Tondelier à Marseille car les vacances pour tous c’est un axe important dans sa campagne présidentielle », affirme le sourire aux lèvres, Amine Kessaci, 4e adjoint à la mairie de Marseille en charge de la jeunesse. Il était ce mercredi sur le Vieux-Port avec la candidate à la présidentielle pour Europe Écologie les Verts. Au centre des discussions, le « droit aux vacances pour tous » avec une rencontre des enfants qui partent 3 jours sur l’archipel du Frioul grâce aux partenariats entre les centres sociaux et la mairie.

    Les centres sociaux mobilisés

    La candidate l’assure : « Aujourd’hui 4 Français sur 10 ne partent jamais en vacances ». L’adjoint au maire aux centres sociaux, Hassan Guenfici, lui explique que cet été, à Marseille, 43 centres sociaux sont mobilisés pour proposer 56 séjours pour les jeunes et les familles. Au total, 700 personnes partiront sur les deux mois d’été. « On veut nationaliser ce dispositif pour les enfants, les seniors, les aidants et les familles monoparentales », précise la candidate.

    « T’es déjà allé au Frioul ? », demande Marine Tondelier à un jeune. « C’est la première fois que j’y vais, j’habite dans le 15e arrondissement », répond un adolescent de 14 ans. « On a besoin de ces dispositifs pour éviter que les jeunes restent au pied de leur immeuble tout l’été. Leur permettre de partir en vacances, c’est les respecter », affirme Amine Kessaci.

    « C’est un montant certain, mais c’est un investissement qu’on fait avec plaisir », déclare Hassan Guenfici. Au niveau national, Marine Tondelier affirme que les financements seront détaillés dans le programme Europe Écologie les Verts qui paraîtra le 13 juillet.

    Un Marseillais interpelle Marine Tondelier : « Vous allez sur l’archipel vous ? » ; « Non j’ai le mal de mer malheureusement. », répond-elle en faisant la moue. À défaut de se rendre au Frioul, elle continuera sa campagne en Savoie, pour causer « réchauffement climatique ».

    Gabrielle Cartellier

  • [Exclusif] Expulsion sauvage à 13 Habitat : le parquet ouvre une enquête

    [Exclusif] Expulsion sauvage à 13 Habitat : le parquet ouvre une enquête

    Le parquet de Marseille a confirmé à La Marseillaise avoir ouvert une enquête préliminaire sur les conditions de l’expulsion violente de l’occupant d’un logement de 13 Habitat. Vendredi 26 juin à 16 heures, trois policiers nationaux pénètrent de force avec deux agents de l’office HLM et un serrurier dans un appartement au 4e étage du 8, rue Félix Éboué, 2e, un immeuble haussmannien qui n’est pas en péril. Le couple et leurs quatre enfants de 4, 7, 8 et 13 ans vivaient jusqu’alors chez des proches. Ils ont emménagé le 11 juin dans le T4. « Ils ont été arnaqués par quelqu’un qui leur a proposé l’appartement. Ils ont versé six mois d’avance. L’escroc leur a donné les clés, le badge d’entrée et n’a plus répondu au téléphone » explique l’avocat du couple, Me Nicolas Chambardon qui a déposé plainte contre 13 Habitat et tout intervenant pour expulsion illégale, violences volontaires en réunion avec arme et à caractère raciste, violation de domicile, menace, atteinte arbitraire à la liberté individuelle.

    « Prends tes merdes

    et casse-toi ! »

    « Ils ont forcé la porte et m’ont insulté » relate Mahdi, 31 ans, livreur qui nous reçoit dans l’appartement, « je leur disais que ma femme allait arriver pour leur montrer l’abonnement EDF. » Les policiers n’ont présenté ni jugement, ni arrêté préfectoral d’évacuation forcée. « Ils m’ont dit “dégage, prends tes merdes et casse-toi !” D’un coup, dans le salon, un policier m’a fait une clé au cou. Je me suis évanoui. J’ai repris connaissance sur le palier. Un policier m’a lancé “Vous les Arabes vous prenez les Français pour des cons”. Quand j’ai voulu me relever, ils m’ont plaqué et tazé ». Sur son corps, les brûlures des pics caractéristiques d’un pistolet à impulsions électriques en mode contact.

    Alertées par les cris, ses voisines, deux dames âgées, le découvrent menotté au sol. « Il gémissait. J’ai voulu lui venir en aide. J’ai dit “Arrêtez, il crache du sang !” Ils étaient sur lui alors qu’il n’était pas agressif. Il leur disait qu’il était asthmatique. J’ai nettoyé sa bouche. Le grand policier m’a dit de ne pas m’en mêler et a refusé que je lui donne de l’eau » explique Fatiha qui vit au 5e étage. « C’est scandaleux. J’étais choquée de voir ça. On l’a sauvé ! » intervient Asnia, la voisine de palier qui précise que les anciens locataires étaient partis il y a plus de six mois. Son fils a filmé un bout de la scène. Sur la vidéo d’une minute, Mahdi gémit et dit « il m’a cassé la tête », le policier paraît gêné : « C’est pas méchamment, mais ça ne vous regarde pas. Il y a un problème avec l’appartement qui est squatté, ça sert à rien de filmer ! »

    « La vérité, ces dames m’ont sauvé » dit Mahdi qui explique que les policiers lui retirent alors les menottes, le vouvoient. « Ils m’ont dit qu’ils me faisaient un cadeau en ne mettant pas en garde à vue. » Quand l’épouse arrive, elle parvient à noter le numéro RIO d’un policier. À l’Hôpital européen où Mahdi est conduit par les marins-pompiers qu’il a dû lui-même appeler, le certificat médical fait état d’un traumatisme crânien, d’un trauma de l’épaule et d’un genou, des cervicalgies, des douleurs thoraciques et un choc psychologique. 3 jours d’ITT sont prescrits.

    « Faire sortir les gens

    à la mexicaine »

    Lundi 29 juin, le couple revient à l’appartement. 13 Habitat qui a recruté un vigile, l’autorise à les laisser prendre leurs effets. Amina et Mahdi décident alors de rester et déposent plainte en ligne pour escroquerie. Ils disent avoir été ensuite appelés par un policier en mode masqué qui les menace d’un « Si vous ne partez pas, nous allons revenir très nombreux vous expulser et vous enlever vos enfants ». Vers 17h, des policiers se présentent, calmes et rassurants. Le couple leur parle de l’assaut du 26 juin. « Ils ont recherché sur leur terminal mais n’ont rien trouvé. Ils ont dit qu’il y a des brigades qui travaillent un peu au noir avec des sociétés pour faire sortir les gens à la mexicaine » se souvient le père.

    Interrogé, le bailleur 13 Habitat nous a répondu par écrit qu’un « problème structurel détecté sur un plancher affaissé » a justifié « il y a plusieurs semaines » le départ des anciens locataires, qu’un prestataire venu faire un diagnostic a constaté le 26 juin que la porte anti-intrusion n’était plus en place. « Le squat constaté étant inférieur à 24 heures, l’homme présent dans l’appartement a été évincé par la police, qui est intervenue en raison de la dangerosité potentielle du logement pour tout occupant » affirme 13 Habitat qui ajoute : « Nos services ont permis aux squatteurs de récupérer leurs affaires. Ils ont profité de cette occasion pour se réinstaller dans le logement en toute illégalité, et malgré le danger qu’ils prennent compte tenu du problème structurel. » L’office HLM dit avoir « déclenché une procédure contentieuse afin d’aboutir au plus vite à une expulsion. »

    Le bureau Déontologie et Enquêtes de la Police nationale a lui débuté ses investigations.

  • L’incendiaire de la maison de famille d’Emile condamné

    L’incendiaire de la maison de famille d’Emile condamné

    Acte malveillant prémédité, moyen de se faire justice soi-même, ou de relancer l’enquête ? Plusieurs explications à l’acte de Roland Woudstra se sont confrontées mardi lors de l’audience à l’issue de laquelle ce Marseillais de 78 ans a été condamné à deux ans de prison. En mai, il avait provoqué plusieurs départs de feu aux alentours de la maison secondaire des grands-parents du petit Emile, disparu en 2023 au Vernet. Il avait interrogé des habitants, se présentant comme un journaliste néerlandais, pour obtenir des informations sur l’affaire et la localisation de la maison.

    Pendant l’audience, le prévenu a affirmé avoir agi pour « provoquer un déclic au niveau de l’enquête » sur la mort du petit Emile et la « relancer ». Il a nié toute volonté « de vengeance ou de punition », alors que les avocats des grands-parents l’accusaient d’avoir voulu nuire à la famille. Une lettre écrite depuis sa cellule le 13 juin est cependant venue contredire ses déclarations devant la cour. Il y écrit avoir eu « une brutale envie de faire justice moi-même en brûlant la maison de la famille Vedovini que je pense coupable ».

    « Initiative de justicier »

    L’avocat de la grand-mère d’Emile, Me Julien Pinelli, a avancé que cet « emballement » était « lié à la confusion des accusations portées du fait des réseaux sociaux où on lit les pires horreurs sur ceux dont le seul tort est d’être en deuil de leur petit-fils. Celui qui a porté la suspicion sur eux en paye le poids moral ».

    « Mes enfants avaient déjà peur de monter au Vernet avant cet incendie, mais là c’est pire », a confié aux enquêteurs la grand-mère du petit Emile.

    Le président a lu des expertises psychiatriques décrivant « un comportement inadéquat, une initiative de justicier sans preuves, en méconnaissant la gravité potentielle de l’incendie », ainsi qu’un « aveuglement de la passion, un excès de confiance, une recherche de loi personnelle, pensant avoir perçu ce que l’enquête n’avait pas su démontrer, voulant provoquer un mouvement ».

    L’avocat du prévenu a décrit un homme « endeuillé, isolé, fragilisé » par la mort récente de sa femme et de son fils. Il a plaidé l’altération de son discernement, expliquant qu’il serait en train d’être placé sous tutelle. « J’aurais dû laisser la justice faire son enquête », a reconnu l’homme mardi.

    « On a le droit de penser que la justice fait mal son travail, mais pas de jeter en pâture des gens, ajouter au sang d’Emile, aux larmes de la famille, des cendres à la maison familiale. Votre peine aura nécessairement vocation à envoyer un message, que cette famille retrouve la paix », a lancé le procureur au moment de ses réquisitions.

  • Les Copains du monde réinventent l’école pendant une matinée

    Les Copains du monde réinventent l’école pendant une matinée

    « Dans l’école idéale, tout le monde est égal, c’est l’école qui s’adapte aux enfants et à leurs difficultés », imagine Mamadou, 16 ans, qui a participé à la onzième édition de l’université d’été du Secours populaire ce lundi 6 juin dans le 14e arrondissement de Marseille. Cette année, le sujet de réflexion principal était l’école, « ECOL’LECTIF : pour que la solidarité devienne une valeur indestructible de l’être ». Même si les délégations libanaise et états-unienne n’arriveront que ce mardi, les Copains du monde marseillais ont pu échanger avec des enfants venus du Maroc et de l’île de la Réunion et partager leur vision d’une école idéale.

    Chaque jeune avait développé durant des ateliers d’écriture encadrés par le Secours populaire et les associations marocaine et réunionnaise présentes (IFLAN et K-pab6T) une idée précise de l’école parfaite, qu’ils ont restituée sous forme de textes ou de saynètes de théâtre. « Les adultes aident les enfants à s’exprimer sans dénaturer leurs propos et leurs pensées » explique Léna, chargée de projet pour Copains du monde au sein du Secours populaire.

    « Je pense que l’école ne devrait pas seulement transmettre des savoirs, mais aussi apprendre à vivre ensemble. Il faudrait mettre en place davantage de projets solidaires à l’école », affirme la Marseillaise Rifae. Dans l’idéal de Khadija, marocaine de 14 ans, « l’école c’est ma seconde maison, mes camarades sont devenus des frères ». La délégation marocaine monte sur scène pour une saynète. Khadija joue la maîtresse devant Mohamed et Ziad, assis sur des chaises et représentant les élèves. Dans un dialogue de quelques minutes, ils racontent une école sanctuaire de la solidarité.

    Cependant, les textes présentés ont surtout permis de prendre conscience du décalage entre cet idéal et la réalité de l’école à laquelle ces jeunes sont confrontés. « Aujourd’hui, c’est les enfants qui doivent s’adapter, il y a de la compétition et ils ne prennent pas en compte les difficultés des élèves » estime Mamadou. Il déplore un manque d’initiative de la part du système éducatif, notamment face au harcèlement et à l’isolement de certains jeunes, « moi je me suis fait harceler plus jeune, généralement il n’y a pas vraiment d’action qui est mise en place », poursuit le jeune homme.

    Décrochage

    Arbabi, 15 ans, vient de la Réunion. Lui aussi alerte sur les conséquences de l’isolement et du décrochage : « les personnes en difficulté baissent les bras et les profs n’essaient même pas de les relancer. Quand ils décrochent ils finissent dans des histoires de vente de drogues, de meurtres, ou de braquages. C’est ce que je vois tous les jours dans mon quartier ». Arbabi insiste sur le rôle fédérateur et inclusif que doit jouer l’école pour tous les jeunes : « chez nous, quand un élève est en décrochage, il est critiqué, il perd confiance en lui. Il se sent plus accepté dans la rue qu’à l’école, alors il arrête l’école », détaille-t-il. Khadija, 14 ans, regrette un lien de confiance altéré entre les enfants et les professeurs, « ils vont beaucoup se disputer, ça peut être très conflictuel ».

    Dans l’assemblée réunie pour cette matinée de débat, les témoignages des enfants font réagir. « Je suis plutôt triste après tous ces textes, ça me fait mal au cœur », lâche Danielle, bénévole au Secours populaire. Elle ajoute : « les accompagner, les aider à grandir, c’est un peu ce que devrait faire l’Éducation Nationale ».

    Gaëlle Salado, organisatrice des universités d’été répond qu’à la suite des ateliers d’écriture, une lettre à destination du ministre de l’Éducation a été rédigée et envoyée par les enfants. « Une bouteille à la mer » ironise Philippe, autre bénévole, qui n’est pas étonné que la lettre n’ait reçu aucune réponse.

    Les enfants Copains du monde interpréteront leurs textes au théâtre de la Rotonde pour le festival d’Avignon ce mercredi.

    TÉMOIGNAGES

    Ziad, 13 ans, membre de la délégation marocaine accompagné par l’association IFLAN.

    « L’école ne doit pas seulement être un endroit pour apprendre à lire et à écrire mais un endroit pour s’épanouir. C’est un endroit pour se construire, un endroit pour construire des relations et des valeurs ».

    Dounia, 15 ans, Marseillaise et membre des Copains du monde depuis 3 ans.

    « C’est la troisième année où je participe aux ateliers d’écriture et à l’université d’été du Secours populaire. C’est des ateliers où tu es libre de t’exprimer, c’est important d’avoir ce temps et cet espace tous les mercredis pour faire ça ».

    Daris, 13 ans, Marseillais et membre du mouvement Copains du monde depuis 3 ans.

    « Les divisions dans le monde et dans la société alimentent les discriminations et l’isolement au sein de l’école. Ce n’est pas souvent défini comme du harcèlement, il y a des enfants isolés mais ce n’est pas pointé du doigt et nommé comme du harcèlement. C’est pas juste ».

    Recueillis par S.M.

  • [Entretien] Julie Bonato Dallet : « Le féminisme, c’est la remise en cause d’un système de dominations »

    [Entretien] Julie Bonato Dallet : « Le féminisme, c’est la remise en cause d’un système de dominations »

    La Marseillaise : À peine élue présidente, l’actualité est marquée par des violences faites aux femmes et aux enfants. Comment l’affrontez-vous ?

    Julie Bonato Dallet : Ces violences trahissent un système de domination. Le patriarcat, qui en découle, crée ces violences dont nous parlons un peu plus depuis #MeToo. Il faut aussi noter que le système juridique n’aide pas les enfants et les mères protectrices. Il y a de quoi être en colère quand Emmanuel Macron parlait de grande cause nationale et qu’en réalité la parole est toujours écrasée. J’espère que nous sommes à un point d’étape de la mobilisation. Avec notre coalition locale, composée d’Osez le féminisme ! et de Femmes souveraines, nous allons passer l’été avant de reprendre de plus belle à la rentrée, avec l’appel à la grève du 7 septembre, dans la lignée des manifestations du lundi au tribunal de Tarascon, et pour préparer l’examen de la loi globale promise par la présidente de l’Assemblée nationale.

    Quel est le rôle de Femmes solidaires dans ce combat ?

    J.B.D. : Nous sommes une association populaire qui inclut la lutte des classes dans sa lutte contre les dominations. L’un ne va pas sans l’autre car, en leur absence, nous resterions dans un système de domination. Je me retrouve dans cette association justement pour ce message politique assez fort. Femmes solidaires est née de l’Union des femmes françaises (UFF), créée dans l’après-guerre par des femmes résistantes, dont certaines étaient communistes. Leur leitmotiv était : plus jamais la guerre, plus jamais le fascisme. Nous avons d’ailleurs fêté les 80 ans de l’association l’année dernière. Cela me touche d’être dans la lignée de leurs grands combats.

    Il y a pourtant des femmes d’extrême droite qui se revendiquent féministes. Est-ce un combat commun ?

    J.B.D. : Ce sont des impostures ! Ces mêmes femmes d’extrême droite, dont celles de la mouvance tradwife [mouvement prônant le retour d’un rôle de la femme au foyer, Ndlr.], partagent des messages d’enfermement en mettant de côté tous les autres combats. Ce sont souvent des petites bourgeoises d’un bon niveau social, blanches… La femme de Charlie Kirk en est un exemple, à travers ses discours prônant le fait de s’occuper de son mari et de ses enfants. C’est à contre-courant de nos combats. Il y a une bataille culturelle avec les fémonationalistes. Une maman m’a récemment dit qu’elle s’identifiait à Némésis [collectif d’extrême droite qui se revendique féministe, Ndlr.]. Ces mouvements arrivent à faire croire que leur courant de pensée va dans le sens de nos batailles en mettant systématiquement en avant la nationalité d’un violeur, quand il est racisé, au lieu de dénoncer le patriarcat comme système de domination.

    Comment combattre ces idées ?

    J.B.-D. : La loi intégrale que nous voulons comporte ce versant de prévention scolaire. En tant qu’association, nous pouvons sensibiliser les jeunes à la vie affective, au consentement, aux dangers du masculinisme. Expliquer aussi que le masculin ne l’a pas toujours emporté en français. Ça ne semble pas évident, mais c’est aussi une violence sexiste. Ma fille de 10 ans était scandalisée quand on lui a appris : « Et pourquoi, en fait ? » La féminisation des noms de rues et des métiers permet aussi aux jeunes filles de s’identifier, d’avoir plus d’ambition, de pouvoir se projeter… Lors d’une conférence, une neurophysicienne nous a expliqué qu’à partir d’études sur la perception des couleurs, on détermine que la perception que l’on a du monde influe sur notre capacité à nous projeter. On peut en déduire que la perception d’un métier comme masculin influe sur la légitimité des filles à le faire. Cela fait partie de nos combats.

    Les réactions des hommes sont très diverses face à votre lutte. Quel est votre message à leur égard ?

    J.B.D. : Le féminisme n’exclut pas les hommes, ils peuvent nous soutenir. La société patriarcale impacte les femmes, les hommes, et ils sont aussi parfois victimes de cette société quelque part. Au contraire, on déplore qu’il n’y ait pas plus d’hommes dans nos mobilisations, surtout quand cela concerne aussi les enfants. La déconstruction du patriarcat se fera sur des générations, par l’éducation, la discussion, la sensibilisation. Le combat contre les stéréotypes de genre, qui sont des constructions sociales, est commun.

  • À Kalliste, un chantier témoin du plan écoles

    À Kalliste, un chantier témoin du plan écoles

    Là, nous sommes au rez-de-chaussée dans la maternelle, au-dessus, ce sera l’élémentaire… » Le directeur général de la Société publique des écoles marseillaises (SPEM), Nicolas Andreatta, assure la visite du futur groupe scolaire Parc Kalliste Nouvelle (15e) ce samedi 4 juillet. Un ensemble monumental de 21 classes avec bibliothèque, salle de motricité et autres espaces de restauration, construit aux dernières normes bioclimatiques, qu’il décrit à Antonio Costa, président du Conseil européen, accompagné du maire de Marseille, Benoît Payan (DVG). Il faut dire que l’Europe, par l’intermédiaire de la BEI (Banque européenne d’investissement), a octroyé un prêt de 200 millions d’euros pour soutenir le plan écoles de la Ville. Le projet Kalliste s’inscrit dans un quartier prioritaire et mettra à disposition des habitants une salle polyvalente.

    Un plan à 1,5 milliard

    Démarré en décembre 2025, l’établissement devrait être livré en septembre 2027. Coût de l’opération : 14,1 millions d’euros, dont 6,5 financés au titre de l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine). « Cette école doit être un lieu totem, estime Benoît Payan. Ici à Marseille, il y a deux grands fléaux : l’habitat, sur lequel nous n’avons pas beaucoup de prise, et les écoles, construites à la va-vite, dans les années 60, et, qui, elles, relevaient de notre responsabilité. »

    Le « plan écoles du siècle », rien de moins, lancé en 2021, prévoit la rénovation, la reconstruction partielle ou totale des 470 établissements de la ville, moyennant 1,5 milliard d’euros. Un plan organisé en plusieurs vagues, la 2e et la 3e sont en cours avec 35 écoles construites d’ici 2028, 48 entre 2026 et 2029, puis une 4e entre 2027 et 2030 avec 43 autres. Tout devrait être terminé en 2032. Depuis 2020, 27 établissements scolaires sont sortis de terre, comme l’école Baya, ex-école des Abeilles, en centre-ville, Toros Mater dans le 9e, Jolie-Manon à la Belle-de-Mai (3e).

    Pour le maire de Marseille, la présence d’Antonio Costa vient conforter le bien-fondé de cette vaste ambition. « Il a été chef de gouvernement au Portugal mais aussi maire de Lisbonne. Il sait la difficulté qu’il a eue aussi dans sa ville sur les écoles. Il sait que ce chantier est pour l’avenir », pose Benoît Payan.

    Le président du Conseil européen insiste sur des institutions européennes qui « doivent être proches des citoyens ». « L’école est au cœur de notre projet, parce que cela veut dire tout d’abord : opportunité », défend-il. Selon lui, l’école reste aussi « l’endroit décisif pour la citoyenneté. Et la citoyenneté, c’est décisif pour bâtir une société avec des valeurs. L’Union européenne, c’est une union des valeurs ». Interrogé sur le choix de Marseille pour y faire une halte, Antonio Costa met en avant une « ville européenne au cœur de la Méditerranée », qui représente une certaine idée de l’Europe, celle « d’une union dans sa diversité ».

    Il repartira en mer faire un point sur les projets menés sur le littoral après avoir rencontré le bataillon des marins-pompiers, pour évoquer la dimension européenne de ses actions.

  • Un diplôme pour 500 élèves marseillais à vélo

    Un diplôme pour 500 élèves marseillais à vélo

    Quatre mois pour apprendre à faire du vélo. Ce mardi 30 juin, les 500 enfants bénéficiaires du programme Savoir Rouler à Vélo (SRAV) ont reçu un diplôme pour marquer la fin de leur apprentissage.

    « On a des enfants qui ne savaient pas du tout pédaler, qui ont appris grâce au programme », explique Manon Conquer, salariée de la Recyclerie Sportive. Pour la première édition de cette opération, l’association a mis à disposition une centaine de vélos réparés aux élèves du quartier des Crottes, dans le 15e arrondissement de Marseille.

    De mars à juin, ces élèves de la grande section au CM2 ont roulé sur la piste d’éducation routière d’Euroméditerranée. Des séances rythmées par l’apprentissage de l’équilibre, du freinage, des règles de circulation, et conclues par une sortie en ville. Tous les cours étaient animés par les enseignants. « Les professeurs disent que cet apprentissage a renforcé la confiance des élèves », relate Manon Conquer.

    Un projet reconduit l’année prochaine

    Lors de la remise de diplôme, plusieurs élus étaient présents, dont Pascaline Lécorché, adjointe au maire de Marseille déléguée à l’éducation et au périscolaire. L’élu a notamment rappelé l’importance de l’apprentissage du vélo pour les enfants.

    Ce programme a été financé par le Fonds Vert, un dispositif de l’État. Et il sera reconduit pour 2026-2027, confirme Manon Conquer.

  • Les bons gestes dès le plus jeune âge

    Les bons gestes dès le plus jeune âge

    Cette campagne de prévention, intensive pendant le mois de juin, s’est achevée avec la session des élèves de CM1/CM2 de l’école du Pont Neuf, sous les regards de Pierre Bonnefoy, adjoint aux sports et de Sébastien Borrel, conseiller jeunesse auprès du Directeur Académique des services de l’Éducation (DASEN), le tout encadré par des maîtres-nageurs à la piscine du Port marchand. Une initiative qui va de pair avec l’opération « savoir nager », menée auprès des élèves des classes élémentaires durant toute l’année.

  • Les syndicats dénoncent une école inclusive à l’abandon

    Les syndicats dénoncent une école inclusive à l’abandon

    À Marseille, la FSU, la CGT Éducation 13, SUD Éducation et la FCPE ont organisé une conférence de presse commune, vendredi à la Bourse du travail, pour dénoncer le fait de ne pas avoir été invités à la 5e Conférence nationale du handicap (CNH). Ce rendez-vous, prévu le 25 juin sous la présidence du chef de l’État, a finalement été reporté, sans nouvelle date. Créée par la loi de 2005, cette conférence fixe pourtant, tous les trois ans, les grandes orientations de la politique du handicap, y compris à l’école.

    Pour les syndicats, ne pas être invités est « inacceptable », puisqu’il s’agit de « ne pas convier les personnels de l’éducation qui tiennent à bout de bras l’école inclusive au quotidien ». Vingt ans après la loi de 2005, le constat reste sévère : la Cour des comptes pointait déjà, en septembre 2024, un manque de formation des enseignants et des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), qui revendiquent un statut de fonctionnaire et une gestion plus humaine. Dans les Bouches-du-Rhône, les syndicats dénoncent des réseaux d’aides spécialisées (Rased) à bout de souffle et le manque de dispositifs spécialisés, notamment d’Unités localisées pour l’inclusion scolaire (Ulis). Selon Élodie Boussarie, enseignante spécialisée et militante à SUD Éducation, une quarantaine de postes d’enseignants auraient disparu dans le département, dont dix gelés à Marseille. À l’échelle nationale, elle évoque « 50 000 enfants qui étaient sans solution pour aller à l’école à la rentrée 2025 ».

    Des moyens humains insuffisants

    Côté AESH, Laurence Casandri, qui accompagne des élèves en Ulis à Port-de-Bouc, décrit un métier précaire : « La majorité d’entre nous gagnent entre 900 et 1 000 euros. » Elle évoque aussi une charge de travail épuisante, qui a fortement augmenté et pousse beaucoup d’entre eux à démissionner : « Avec un même contrat de 24 heures, on peut aujourd’hui suivre dix à quinze élèves, contre deux ou trois à ses débuts en 2009, faute d’assez de personnel. »

    Les syndicats critiquent aussi les Pôles d’appui à la scolarité (PAS) qui, selon eux, récupèrent des postes déjà existants au lieu de créer de nouveaux moyens. Ils demandent notamment moins d’élèves par classe, un véritable plan de formation pour les enseignants spécialisés, un statut pour les AESH et un renforcement de l’intervention du médico-social directement au sein des établissements scolaires.

    Sur le terrain, ce manque de moyens se traduit par des enfants qui peinent à suivre un enseignement correct. C’est le cas de Nils, 7 ans, atteint de troubles du spectre autistique et de TDAH. Sa mère, Sandra Manitch, raconte deux années de maintien en maternelle à l’école Château Saint-Cyr, à Marseille, puis un refus d’intégration en Ulis faute de place, sans aucune explication. Sa notification de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) prévoit pourtant 12 heures d’accompagnement AESH par semaine. Résultat : à la rentrée, en CP, Nils sera déscolarisé à mi-temps, faute de moyens suffisants pour l’accompagner toute la journée. « C’est la débrouille pour les directrices, pour les maîtresses, pour les parents, pour les enfants. Tout le monde doit se débrouiller tout seul », confie-t-elle.

    Les syndicats appellent désormais à une mobilisation commune pour faire entendre la voix des personnels et des familles, notamment lors de la prochaine CNH.

  • Viols et prostitution d’enfants : le coup de gueule de maître Amas

    Viols et prostitution d’enfants : le coup de gueule de maître Amas

    De bon matin, devant le palais de justice de Marseille, ce lundi 29 juin, Michel Amas est en croisade, comme il le reconnaît volontiers. Face à ce qu’il considère comme l’inaction du gouvernement, l’avocat au barreau de Marseille s’appuie sur son expérience de terrain pour sensibiliser à « l’absence de politique, en France, de lutte coordonnée contre les pédophiles ».

    Bien avant l’affaire de la petite Lyhanna, il a alerté sur la prostitution des mineures, particulièrement dans les foyers de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Au nom de familles, il avait déjà assigné, en avril 2025, la présidente du Département des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal (DVD), en charge de l’ASE, pour faute lourde. Des foyers « ouverts » déplore-t-il, permettant aux enfants placées de sortir et de tomber sous la coupe de proxénètes.

    Selon lui, c’est tout un système à revoir quand 40% des agressions sexuelles sont le fait aussi d’« un mineur sur un mineur ». « Au foyer, on ne prend pas en charge l’agresseur, on le déplace. Pas plus que la victime, qui n’est pas traitée sur son traumatisme », s’indigne-t-il. Résultat, « on a des gamins qui se constituent sur une adolescence entière de viols, d’agressions sexuelles », pousse-t-il.

    Autre cheval de bataille, un « site internet repéré depuis juin », l’année dernière, sur lequel des « enfants sont commercialisés », selon lui. Il indique que le ministère de l’Intérieur et de la Justice lui avait promis de le fermer. Il revient sur son quotidien, « des enfants de 11 ans, 12 ans, 13 ans, 14 ans, 15 ans, prostituées, vendues jour et nuit sur ce site ». Des gamines qui pourraient « faire jusqu’à 12 passes par jour » à raison de 1 000 à 1 500 euros, balance l’avocat.

    « J’accuse »

    Il affirme : « Bruno Retailleau était tout feu tout flamme, mais il est parti un mois après que nous ayons eu le rendez-vous. Depuis, ils ont fait une plateforme interministérielle Justice, Enfance, Intérieur et Santé et puis plus de son, plus d’image. »

    À la façon d’un Émile Zola, maître Amas s’enflamme : « Moi, j’accuse le ministre de la Justice d’inaction. Je l’accuse de ne pas avoir fermé le site sur lequel des enfants sont vendues. Je l’accuse de ne pas avoir mis en place immédiatement un suivi médical de ces enfants, une procédure pour suivre leur addictologie. » Pour lui, le ministre de la Justice ne réagit que « par rapport aux faits divers ». Le seul acte posé, retient-il, « ça a été de faire une liste noire des agresseurs sexuels et de mettre les enfants chez les grands-parents. Mais ça existe déjà ».

    L’avocat explique avoir travaillé, avec plusieurs magistrats de Vienne, Marseille et Avignon, à une proposition de directive qui aurait pu être mise en œuvre rapidement. Elle visait notamment, selon lui, à mettre fin au principe des foyers ouverts.

    L’avocat revient aussi sur l’impunité de ceux qui ont recours à ces services abjects. « En France, ça coûte moins cher d’avoir une relation sexuelle tarifée avec un enfant – la plupart des gens qui [les] violent prennent 500 euros – plutôt que d’avoir une relation sexuelle avec une chèvre », compare-t-il, rappelant qu’un violeur de caprin a été condamné, la semaine dernière à Marseille, à 30 mois de prison.

    Contacté par nos soins, le ministère de la Justice n’a pu réagir.

    À noter que, dans sa lettre en date du 10 avril 2026 sur le système prostitutionnel en France, l’Observatoire national des violences faites aux femmes recense 704 victimes, dont 94% sont des filles. Se basant sur les chiffres du service national d’accueil téléphonique de l’enfance en danger, le 119, le rapport indique que « la majorité des victimes dont l’âge était connu avait entre 15 et 17 ans (70%). Une sur cinq avait entre 12 et 14 ans (20%) ».