Tag: enfants

  • L’espace parent-enfant, un outil en faveur des jeunes placés à Avignon

    L’espace parent-enfant, un outil en faveur des jeunes placés à Avignon

    Le soleil est train de se coucher ce mardi 25 novembre et les rires et cris d’enfants qui font des allers retours sur un toboggan résonnent devant les locaux de l’Association Départementale Vauclusienne de Sauvegarde de l’Enfant à l’Adulte (ADVSEA). Une scène qui peut sembler banale si ce n’est que ces enfants sont des enfants placés et que la structure, inaugurée ce mardi 25 novembre, sert aussi d’outil d’observation à la structure.

    Derrière une clôture accolée à l’entrée du bâtiment dédié à la prévention par l’association, on retrouve donc une structure de jeux sur son sol amortissant, puis une terrasse et sa pergolas ainsi qu’une table de tennis de table. Depuis son installation, il y a bientôt deux ans, pas moins de 200 enfants se sont amusés sur la structure pendant un moment avec un parent biologique, un proche voir un tiers pour « garder un lien avec la famille » expliquent sans distinction chaque membre de l’Advsea. Avant cela, les rencontres familiales se faisaient à l’intérieur, dans une petite salle, ou sur le parking. « Cela permet un dialogue plus apaisé quand les enfants jouent et aux éducateur d’observer comment cela se déroule entre les enfants et les adultes. C’est un outil éducatif et d’accompagnement, pas juste un toboggan » précise Jean-Yves Chemin, président de l’Advsea.

    Public-privé

    La particularité de cette installation se trouve aussi dans son financement. Celle-ci, qui a tout de même couté pas moins de 50 000 euros, a entièrement été financée par la Fondation Crédit Agricole. « Sur ce genre de choses, c’est difficile d’obtenir des financements du Département qui est notre principal financeur. Ce n’est pas jugé comme indispensable alors que c’est vraiment utile » pousse le président. « On ne va pas les solliciter tous les ans mais cela nous ouvre le champ des possibles » se réojouit de son côté Jérôme Leneveu, directeur général de l’association.

  • Au Vigan, la psychiatrie de jour rouvre enfin ses portes

    Au Vigan, la psychiatrie de jour rouvre enfin ses portes

    Fermé en septembre 2023 faute de médecins, le service de psychiatrie de jour du Vigan ne fonctionnait plus qu’en mode dégradé, absorbant uniquement les situations les plus critiques. Jeudi 6 novembre, il a enfin retrouvé une activité complète, au sein de l’hôpital local. Une respiration pour tout un territoire confronté à une dégradation alarmante de la santé mentale des plus jeunes. « On ne prenait en charge que les situations les plus graves, pour ne pas laisser les parents dans la détresse », rappelle Jean-Luc Sauvaire, directeur du Mas Cavaillac, qui a porté le dossier. Grâce à une « belle rencontre » avec Christian Cataldo, directeur de l’hôpital d’Alès, puis au feu vert de l’ARS, la réouverture a pu être lancée. L’Agence a confirmé un financement « à 99,9% ».

    Le CMPEA accueillera désormais des enfants et adolescents jusqu’à 18 ans, souffrant de troubles du comportement ou de pathologies psychiatriques. Une nouvelle équipe a été réunie : un psychiatre à temps plein sur le Vigan, un médecin rattaché à Alès, deux infirmières en pratique avancée, des infirmières et une psychologue du développement. Jusqu’ici, environ 500 jeunes étaient suivis. « La réouverture va être un tsunami : on pourrait atteindre 800 à 900 jeunes. Ça va être délicat », prévient Jean-Luc Sauvaire.

    Un territoire à la demande « exponentielle »

    Les deux partenaires ont établi une répartition géographique : l’AEMC couvrira le bassin Ganges–Le Vigan, tandis que l’hôpital d’Alès renforcera Saint-Hippolyte-du-Fort, Sauve et Quissac. « La solution va renforcer les deux zones », assure Christian Cataldo.

    Les prises en charge seront limitées à douze séances, avec un axe fort : accompagner les parents et orienter vers les professionnels adaptés. Dans un territoire où les besoins sont « exponentiels », cette réouverture apparaît comme un soulagement attendu.

  • Grains de sel, le festival qui fait dévorer le livre jeunesse

    Grains de sel, le festival qui fait dévorer le livre jeunesse

    Vingt-quatre auteurs de livres jeunesse invités, des illustrateurs, des scénaristes de bande dessinée, de mangas… Après deux jours consacrés aux scolaires, Grains de sel ouvre ses portes au public*. Avec un beau plateau d’auteurs et dessinateurs jeunesse. Et cette année, Jean-Claude Mourvelat pour invité d’honneur. Né en 1952 à Ambert, en Auvergne, l’auteur commence à écrire des livres jeunesse en 1997. Le Combat d’hiver, L’enfant Océan « sont reconnus comme des classiques de la littérature de jeunesse », renseigne le site Fabula. Ses romans se caractérisent « par des valeurs humanistes ». En 2021, il a été lauréat du plus important prix de littérature jeunesse, le prix Astrid-Lindgren. Pour Grains de sel, l’auteur viendra avec, sous le bras, son dernier livre, Jefferson se fâche, troisième enquête de son « hérisson timide ». Samedi après-midi, à la salle de spectacles, il lira à voix haute des extraits choisis parmi ses nouvelles, textes courts ou romans jeunesse ou adultes.

    Lectures, ateliers collaboratifs ouverts aux enfants et animés par exemple samedi après-midi par Loïc Clément, scénariste et auteur de bande dessinée, illustration avec Gaëtan Doremus, auteur et illustrateur, dimanche matin ; atelier manga dimanche en milieu d’après-midi avec Daniel Ballin, mangaka et illustrateur… À 15h samedi, à l’Espace Rencontres, le public a rendez-vous avec Isabelle Simler, autrice et illustratrice pour l’édition et la presse. Elle a réalisé l’affiche de Grains de sel. Diplômée des Arts décoratifs de Strasbourg, son univers est un hommage à la nature dont elle pousse l’observation jusqu’au plus infime détail. Son dernier ouvrage paru est l’illustration d’Alice aux pays des merveilles, de Lewis Carroll (2025). La Partie, maison d’édition de livres illustrés pour tous les âges, créée en 2021, dévoilera son catalogue. « Nous souhaitons donner à lire des textes et des images qui questionnent et offrent à rêver », décrit-elle. De belles promesses de lecture.

    * Av. Antide-Boyer. Ouvert sam. 9h à 19h, dim. 9h à 18h.

  • [Grand entretien] Marie Nikichine : « Les idées du RN sont à l’opposé de nos valeurs »

    [Grand entretien] Marie Nikichine : « Les idées du RN sont à l’opposé de nos valeurs »

    PARCOURS

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui explique votre engagement ?

    Marie Nikichine : Je suis bibliothécaire à Paul Valéry et mère de 4 enfants. J’ai mis du temps à comprendre le rôle que pouvaient avoir les parents d’élèves. C’est d’ailleurs sur un malentendu que je me suis retrouvée élue dans un conseil d’école. Quand mon premier enfant est entré au collège Fontcarrade à Montpellier, j’ai découvert la FCPE et un cadre plus réglementaire pour agir. J’ai compris que la FCPE offrait des clés de compréhension sur un fonctionnement pas facile à lire pour les parents. En 2023, où j’étais administratrice à la FCPE, je m’étais engagée dans un collectif de soutien à une famille arménienne en difficulté à l’école Paul-Langevin. Je préside la FCPE depuis juin 2025.

    VALEURS VS EXTRÊME DROITE

    La FCPE a décidé de se protéger des tentatives d’infiltration de l’extrême droite…

    M.N. : C’est déjà arrivé notamment à Aniane. Il y a une confusion entre la FCPE, association d’utilité publique, et le fait d’être représentant de parents d’élèves. Tout le monde peut adhérer chez nous mais la FCPE a des valeurs. On ne signe pas avec son sang mais quand on veut s’investir il faut s’accorder sur l’école émancipatrice, respectueuse des enfants, où les parents ont leur place dans un principe de coéducation, avec une bienveillance vis-à-vis des intérêts supérieurs des élèves. Quand vous lisez le programme du RN, on est complètement à l’opposé. Il est normal qu’il y ait un trouble si un représentant s’affiche comme RN. Du coup, on travaille sur un cadre déontologique. C’est un jeu d’équilibriste. Est-ce qu’être intolérant à l’intolérance c’est être intolérant ? Disons qu’on n’est pas censé utiliser l’image de la FCPE dans un cadre politique. On est vigilant quel que soit le parti pour des candidatures aux municipales.

    Le programme Evars (Éducation à la vie affective et sexuelle)
    est-il satisfaisant ?

    M.N. : On s’est réjoui du fait que l’enseignement est devenu un vrai programme (d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité) pour être sûr que les heures soient faites. Il y a eu beaucoup de confusion avec des entreprises de désinformation portées par le Syndicat de la famille (proche de l’extrême droite). Ils s’attaquent quasiment au programme de SVT, il ne faudrait pas parler de la reproduction. À Castelnau ou Saint-Jean-de-Védas, des affiches ont été placardées pour dénigrer le dispositif que l’on soutient à la FCPE.

    HARCÈLEMENT SCOLAIRE ET FORMATION

    La Marseillaise : L’Éducation nationale met-elle les moyens pour lutter contre le harcèlement/cyberharcèlement scolaire ?

    M.N : Le protocole « Phare », qui offre un canal d’échanges, a fait la différence. Les établissements s’en emparent, il y a des réussites, on a progressé au moins pour entamer les choses. C’est pris au sérieux, on a des interlocuteurs au rectorat. On est aussi sollicités sur des cas plus complexes. Le cyberharcèlement est devenu un fait de société avec les groupes de discussions. Il y a un travail conjoint sur le danger des écrans. Personne ne fait l’autruche. En revanche, on est plus désarmés sur des relations problématiques entre enseignants et élèves avec un rapport de force défavorable à l’élève dont la parole n’est pas toujours évidente à faire entendre. Des parents ont peur de représailles, d’aggraver la situation.

    La formation accélérée des enseignants pour contrer la crise des vocations est-elle satisfaisante (Bac+3) ?

    M.N : On en est à un point où l’on est contents d’avoir des contractuels même si c’est parfois inégal en termes de qualité pédagogique. Mais ce n’est pas l’idéal. Je ne sais pas pourquoi on ne revient pas à un système de titulaires remplaçants. Je pense qu’il y a plusieurs causes à la crise des vocations, notamment le manque de moyens et d’attractivité du métier (rémunérations). Heureusement, il reste des enseignants hyper investis qui ont ça dans le sang. Je suis en admiration devant leur capacité à supporter les enfants et à porter des classes. Les jours où on voit le verre à moitié plein, on peut rester optimiste.

    ÉDUCATION NATIONALE

    Le gouvernement annonce la suppression de 4 400 postes d’enseignants…

    M.N. : On a un problème avec les annonces du gouvernement depuis quelques années. Il a aussi été dit qu’on aurait une moyenne d’un prof pour 21 élèves, ce qui – théoriquement – améliorerait le ratio avec la baisse démographique. C’est toujours la bataille des chiffres. On nous mélange souvent les chiffres de l’éducation prioritaire, ce qui fait baisser les moyennes alors qu’on a des maternelles à 27 gamins, des lycées plus de 30. On n’y croit surtout pas dans l’Hérault où la baisse démographique est moindre qu’au niveau national. On attend de voir la situation réelle des établissements. C’est pareil pour tout, on se rend vite compte que l’assistante sociale n’est là qu’un jour par semaine et ne peut répondre aux besoins.

    Il y a aussi le manque d’AESH et d’Atsem…

    M.N : On vient de porter des mobilisations dans plusieurs établissements sur le manque d’accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH). Cette année, le problème a explosé, ça ne tient plus. Parfois les enseignants se mettent en grève, ce n’est pas pour le plaisir. Le rectorat fait ce qu’il faut pour les AESH individualisés. En revanche, les AESH mutualisés c’est beaucoup plus flou. Parfois l’enfant se retrouve avec 1h d’accompagnement par semaine. En classe, c’est de la souffrance pour tout le monde : les enfants qui souffrent de handicaps, les autres et les enseignants.

    Au sujet des Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem), pour lesquels on avait des manques l’an passé à Montpellier, la mairie semble avoir amélioré les choses même si cela pourrait être mieux. On reste vigilant.

    FAMILLES EXPULSÉES ET À LA RUE

    M.N : Ça montre qu’il faut continuer à être très vigilant et épauler les parents. On est alertés par des familles qui ne savent pas quoi faire. Un collectif « Un toit, un avenir » s’est monté auquel participe la FCPE. Face au positionnement assez tranché de la préfecture, il va falloir faire face dans le respect des familles. On est sur des droits fondamentaux. Il faut relayer ces actions, épauler les parents. On est dans le rapport de force. En Conseil départemental de l’Éducation nationale, on a déjà mentionné ce genre de situations.

  • La foire des santons de retour sur le Vieux-Port

    La foire des santons de retour sur le Vieux-Port

    Depuis 1803, la foire des santons provençaux investit le Vieux-Port. Samedi, la mythique foire aux santons ouvre ses portes pour l’édition 2025, avec 21 santonniers provençaux. « Les visiteurs peuvent avoir l’absolue certitude qu’ils sont fabriqués en Provence », assure Philippe Risch, secrétaire de l’association IGSP. Une association qui organise la création et la gestion pour une indication géographique de cet artisanat traditionnel. « Le but est de protéger les santons provençaux », explique Daniel Coulomb, président de l’association. Les deux hommes espèrent que l’indication géographique sera effective en décembre 2026.

    Un patrimoine culturel que la foire tient, cette année encore, à mettre en avant. Comme l’année passée, les enfants pourront découvrir ce savoir faire tous les mercredis, en faisant leur propre santon d’argile. Les week-end seront animés par des chants et danses provençales.

    Une année difficile tout de même pour la foire, qui a perdu la subvention de la Métropole. « La filière d’argile de la Métropole a été transférée à la ville d’Aubagne, explique Michel Bouvier, président de l’Union des fabricants de santons de Provence. Comme ils organisent une foire concurrente, on a perdu nos subventions », se désole-t-il. Un manque à gagner de 20 000 euros.

  • Des centaines d’arbres replantés avec Écosia

    Des centaines d’arbres replantés avec Écosia

    Qui a dit qu’il n’était pas possible de planter des arbres grâce à quelques clics sur internet ? À l’entrée du sentier du grand Valat, dans la partie ouest de Sausset-les-Pins, une cinquantaine de bénévoles viennent prouver que c’est faisable.

    L’association Replanter notre forêt provençale est à l’initiative ce dimanche matin, soutenue par l’entreprise Écosia qui héberge le moteur de recherche du même nom. Les services de la Ville, de leur côté, ont préalablement creusé les trous qui accueillent les arbres.

    Dans une palette à disposition des bénévoles, plusieurs essences d’arbrisseaux en pot sont à disposition. Le président de l’association, Julien Altero, pompier professionnel, indique qu’« il y a une centaine d’arbres pour aujourd’hui, avec 80% d’oliviers, des chênes kermès, des arbousiers et quelques amandiers ». Des espèces résistantes au feu. « Même s’il y a un feu, les arbres repoussent », affirme Julien Altero.

    « Il faut un suivi »

    Pour cette opération, Julien Altero indique qu’« Écosia finance à 100% le projet à hauteur de 10 000 euros ». Dès lors, « il faut faire le suivi de ce qu’on a planté. La zone est sèche l’été, particulièrement avec la canicule, mais on a très peu de pertes d’oliviers après plantation », se satisfait le président.

    Pelles en main, parents et enfants se prêtent au jeu. Il a été prévu un arbre par famille. Valentine, Saussetoise de 12 ans, est l’une des premières à avoir commencé. Elle s’affaire consciencieusement depuis le début de l’opération avec son olivier. « C’est bien pour la nature de faire ça, parce que ça fait de la peine de voir qu’il y a plus d’arbres », considère l’écolière.

    Elle n’a pas de souvenir de l’incendie de 2020. « Le feu, c’est impressionnant. Je l’ai pas vu celui de 2020 mais je sais qu’il s’est arrêté juste à côté de Sausset », se rappelle-t-elle, d’où son avis qu’il est « important de refaire la végétation ». Son père, à ses côtés, indique qu’il a « vu le rendez-vous sur les réseaux sociaux ». « Ce terrain fait partie de notre balade dominicale, on pourra voir s’il pousse bien », projette-t-il.

    La Ville étant co-organisatrice, le maire écologiste Maxime Marchand présent sur place estime qu’il faut « redonner à cette forêt ce qu’elle nous a donné ». Pour l’édile, « tous ces enfants qui plantent créent un attachement à la forêt. Ils n’ont pas besoin de nous pour prendre conscience de l’importance qu’elle a, cette génération qui aime la nature et la chérie au quotidien procure un vrai bonheur. »

    Au-delà des seuls enfants, les riverains ne sont « pas là par hasard », selon Maxime Marchand, « car ce moment crée un sentiment d’appartenance entre ceux qui habitent à proximité de la forêt, il faut qu’ils en soient des acteurs de la gestion quotidienne ». In fine, cette matinée a presque « une visée thérapeutique pour se réapproprier le lieu », dans l’œil du maire de Sausset-les-Pins.

    Avec plus de 1 000 hectares ravagés en 2020 et le dernier incendie de Martigues en juillet, le rapport à la forêt et à sa préciosité évolue manifestement.

  • Les Soudanais exilés appellent à l’arrêt des massacres

    Les Soudanais exilés appellent à l’arrêt des massacres

    « La communauté internationale, elle est où ? » Rassemblés aux Réformés, à l’appel de l’Association des Soudanais des Bouches-du-Rhône, du Var, ou encore de l’association de la Cantine soudanaise en France, ils sont venus rendre visible « le massacre. »

    « On essaie de faire en sorte que le monde tourne ses yeux vers le Soudan pour trouver une solution de paix car les victimes sont des femmes, des enfants, ce n’est pas une guerre mais un génocide », alerte Tamzain, un des manifestants. Pas plus tard que vendredi, l’ONU a mis en garde contre des « préparatifs en vue d’une intensification » des hostilités dans un Soudan déchiré par une guerre entre l’armée et les paramilitaires, malgré l’annonce par ces derniers de leur accord à une proposition de trêve humanitaire.

    Le troisième plus grand pays d’Afrique est ensanglanté depuis avril 2023 par une lutte pour le pouvoir opposant l’armée du général Abdel Fattah Al-Burhane aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) de son ancien adjoint, Mohamed Hamdane Daglo, tous deux accusés d’exactions.

    Des milliers de morts

    « En juin 2023, 15 000 membres de la population masalit d’El Geneina, dans l’Ouest du Darfour, ont été tués et des milliers d’autres ont été contraints de fuir vers le Tchad voisin », indiquent les manifestants marseillais, rapportant le récit d’une humanitaire sur place, en date du 6 novembre. Depuis le 26 octobre, la FSR a pris le contrôle de la ville d’El Fasher après un siège complet de 18 mois empêchant l’entrée de toute nourriture, ajoutent-ils évoquant des viols, tueries de civils, de journalistes, d’activistes. Des « horreurs » constatées dans des vidéos postées par les combattants de la FSR eux-mêmes. Sur leurs pancartes, les Soudanais exilés ont d’ailleurs apposé des images terribles d’enfants pendus, de corps ensanglantés. Des atrocités auraient été aussi commises dans la ville de Bara, dans la région du Nord-Kordofan.

    Le conflit a déjà fait des milliers de morts, forcé le déplacement de 12 millions de personnes et plongé le pays dans la plus grande crise humanitaire au monde selon l’ONU.

    Pour les manifestants marseillais, le soutien des Émirats arabes unis à la FSR lui permet de disposer d’« armes en nombre et récentes » en échange d’accès aux richesses du sol, « de l’or dans l’Ouest ». Pour Tamzain, les Émirats visent une scission du pays pour s’emparer définitivement de cette manne économique. Des mobilisations ont été organisées aussi à Paris ou Mulhouse, toujours « pour faire parler du conflit. » D’autres rassemblements ne sont pas exclus, « il faut que ça s’arrête, qu’on envoie des vivres et des médicaments », intime-t-il.

  • [Entretien] Liliana Lalonde Flores : « Pour moi, ça ne passe pas et on se retrouvera en appel »

    [Entretien] Liliana Lalonde Flores : « Pour moi, ça ne passe pas et on se retrouvera en appel »

    La Marseillaise : Vous avez dénoncé lors de la cérémonie d’hommage le « monstre immobilier » qui fait prospérer l’habitat indigne.

    Liliana Lalonde Flores : Je suis juste une mère qui a perdu un fils, ça me donne le droit d’élever la voix sinon tous ces prévenus qu’on a vus sagement alignés au procès se diront à la fin que pour huit morts, ne pas entretenir son immeuble ou faire semblant, cela ne coûte pas cher. Ce serait en effet un feu vert donné pour que le monstre immobilier continue de tirer les ficelles de l’habitat indigne.

    Cinq mois après le délibéré avec six relaxes et dix peines clémentes, que ressentez-vous ?

    L.L.F. : Je n’ai pas voulu montrer ma rage. On avait mis trop d’espoir dans un tribunal vraiment très humain mais qu’on pensait surtout courageux. Je me suis laissée endormir, dépossédée tant j’étais convaincue, dur comme fer, de la qualité de la justice en France. J’ai été choquée d’entendre le propriétaire de la cave se laver les mains et, au plus haut, l’ancien adjoint Ruas se victimiser en évoquant ses enfants. Nous, parents des huit victimes, voulons juste la vérité et qu’ils payent pour leur irresponsabilité. Le maire de l’époque aurait dû être inculpé. La démonstration a été faite qu’il a fait le choix de se rendre intouchable, de recruter des incompétents. Non seulement la justice n’est pas rendue, mais elle lave les auteurs de leur responsabilité profonde et surtout le premier représentant du monstre immobilier.

    Le jugement a considéré que Julien n’était pas soumis à des conditions d’hébergement indignes ?

    L.L.F. : Cela a révolté toute la famille de lire que Julien n’était pas vulnérable. J’ai dû dire trop doucement les choses au procès. Il me faudra trouver les mots en appel pour que les juges comprennent que c’était un jeune homme qui n’avait pas les moyens de loger ailleurs, qu’il s’est gardé de nous dire les conditions dans lesquelles il vivait. Je dénoncerai la stratégie honteuse de mensonge de la propriétaire qui a même nié que mon fils était son locataire.

    Pensez-vous que ce procès a été un show ?

    L.L.F. : Je ne vois pas la justice comme une pièce de théâtre. Il faut la prendre au sérieux, ne surtout pas la ridiculiser. Nos larmes sont pour nous. Cela ne servira à rien de me mettre à genoux devant un tribunal. Il faut demander aux juges avec le respect qui se doit, d’être courageux pour que les choses changent. Là, les inculpés riaient en sortant du tribunal, se congratulaient. Ruas est venu me tendre la main à la fin, non pas pour s’excuser mais comme pour me dire « on a gagné, ne vous sentez pas trop mal ». Non, pour moi, ça ne passe pas et on se retrouvera en appel. Je me bats pour Julien et le futur des enfants. Mon Dieu, ce n’est pas normal que des femmes, des enfants, nos anciens vivent dans des conditions épouvantables ! Il faut donner une raison et du sens à la mort de nos êtres chers. Les gens qui m’entourent me donnent cette force.

  • Les travailleurs sociaux des Flamants en action

    Les travailleurs sociaux des Flamants en action

    Une solution durable… C’est ce que réclament les travailleurs sociaux de la Maison départementale de la solidarité (MDS) des Flamants (14e). Sous pression d’un réseau de narcotrafiquants, ils avaient obtenu le 21 octobre, après 15 jours de grève, d’exercer à Arenc (2e) l’après-midi.

    « Mais cela n’a jamais été le cas » assure Valérie Marque, secrétaire générale de la CGT au conseil départemental. Elle raconte une équipe qui fonctionne en mode « très dégradé », alors que les besoins du public sont immenses. Et de pointer l’attitude d’une collectivité « qui joue l’usure ».

    Des « coupes franches »

    Elle déplore aussi tout un contexte où l’aide sociale à l’enfance (ASE) « s’effondre » avec des « coupes franches » dans les effectifs. Alors que les associations en charge de l’accueil des enfants et du suivi des familles se sont organisées en collectif, « Alerte protection enfance 13 », pour dénoncer la situation, Valérie Marque réclame un rendez-vous en urgence avec la présidente du Département et promet des mobilisations les 13, 14 et 15 décembre, voire avant, pour la journée anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant.

    De son côté, le Département assure avoir engagé le dialogue avec la MDS et les organisations syndicales « dès la prise de connaissance de faits inacceptables ». La collectivité précise que l’accueil des agents se fait l’après-midi sur l’hôtel du Département, le public des Flamants étant accueilli à la MDS de Malpassé (13e). Elle rappelle que « des moyens de police et départementaux ont été mobilisés », indique qu’un nouveau parking géré par 13 Habitat sera mis à disposition des agents dès le 20 novembre, de la vidéosurveillance installée.

    Concernant les difficultés de l’ASE, l’élue déléguée à la Protection de l’enfance, Agnès Amiel (LR) devrait recevoir chaque association puis le collectif nous précise-t-on.

  • Le duo varois des Dames Gazelles rayonne sur le Rallye Roses des Sables

    Le duo varois des Dames Gazelles rayonne sur le Rallye Roses des Sables

    Ce n’était au préalable « qu’une » aventure sportive et humanitaire. C’est devenu un souvenir impérissable et une performance qui impose le respect. Annie Méjan et Marie Payan, deux amies originaires de Néoules et La Seyne-sur-Mer, ont participé au Rallye Roses des Sables, une course 100% féminine et caritative dans le désert marocain, du 16 au 25 octobre. Dix jours de compétition qu’elles ont achevée à une magnifique deuxième place, à seulement 387 mètres des vainqueures.

    Les deux femmes, qui se sont rencontrées en 2023, avaient déjà concouru sur le Rallye des Gazelles 2024 : « Je vis avec un homme issu du rallye-raid. J’avais déjà cet univers dans la peau. Ça n’a pas été évident de trouver une partenaire et j’ai trouvé Annie au bout d’un an. On avait connu une panne. Ça avait été formateur et ça nous a donné une énergie pour le deuxième », détaille Marie, qui est gérante d’un garage auto.

    « Toutes les femmes devraient faire un rallye »

    Après ces premiers pas difficiles, les Dames Gazelles étaient loin d’imaginer ce qui les attendait : « On espérait le top 30 mais on voyait le podium d’un peu loin. Au bout du premier jour on était 7e, donc on a commencé à le regarder. Le deuxième jour on était à 20 m de la 3e place, ça nous a vraiment titillées. On a compris qu’on pouvait monter sur ce podium et on n’a plus rien lâché », déroulent-elles. Elles auraient même pu accrocher la première place, leurs concurrentes étant tombées en panne. Mais se souvenant de leurs galères sur le Rallye des Gazelles, elles ont décidé de les secourir : « C’est le reflet de ce rallye, qui est solidaire. Elles méritaient d’être premières », reconnaît Annie, alliant le fair-play à la performance.

    Au-delà de cet aspect sportif, les deux amies retiennent « une aventure humaine formidable. On a vraiment été touchés par la solidarité des participantes. Et niveau organisation c’était incroyable. Le directeur de course nous a menés dans des endroits magiques, des plateaux désertiques aux cols montagneux. » Cela, sans oublier l’aspect humanitaire de ce rallye, qui soutient plusieurs associations (le Club du petit-déjeuner, les Enfants du désert, l’Estelada, en faveur des enfants défavorisés, et Ruban Rose, qui lutte contre le cancer du sein). De leur côté, les Dames Gazelles ont soutenu « l’association des enfants de la baie de Bandol, qui vient en aide aux enfants et adolescents porteurs de handicaps très lourds et à leurs familles », précise le duo, qui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin : « On a d’autres projets à venir sur un autre rallye. On a plusieurs idées mais on n’est pas arrêté. Je pense que toutes les femmes devraient faire un rallye, c’est vraiment quelque chose qui change votre vie », soutient Annie.