Tag: Energie

  • Un quart des Français se disent « précaires »

    Un quart des Français se disent « précaires »

    Dans la cour de l’antenne du Secours populaire de la Blancarde, les chaises ne désemplissent pas. Ce jeudi matin, ils sont une dizaine à attendre leur tour pour récupérer un paquet d’aide alimentaire. Une fois par mois, les personnes accompagnées par l’association viennent récupérer ici des paquets de pâtes, de l’huile, des conserves, des packs de laits et de la farine.

    Une aide de plus en plus essentielle pour un nombre grandissant de personnes. C’est ce que révèlent les résultats du baromètre annuel du Secours populaire réalisé avec Ipsos sur la perception de la précarité en France publié ce jeudi. Alors qu’en 2025, 20% des sondés se déclaraient en précarité, ils sont 26% à se considérer comme tel cette année.

    Cette tendance, Monique Lerouet, responsable bénévole de l’antenne, la ressent. « On a des nouveaux inscrits presque tous les jours », explique-t-elle. Sa structure prend en charge les habitants des 4e, 5e, 6e et 12e arrondissements de Marseille qui en ont besoin. Si leur inscription est valable pour 6 mois : « la plupart viennent beaucoup plus longtemps. Certains viennent depuis plusieurs années », explique la responsable.

    Une précarité qui croît mais qui se transforme aussi. Les catégories autrefois épargnées commencent à se tourner vers le secours populaire pour remplir leurs placards. « Il y a de plus en plus de retraités, remarque la bénévole. Beaucoup ont de petites retraites et si ils sont seuls, ils ne s’en sortent pas… »

    Se serrer la ceinture

    Amar est de ceux-là. À 69 ans, il est accompagné depuis deux ans par le Secours populaire. « Je viens pour récupérer de la nourriture, et parfois je vais prendre des affaires aux vestiaires, raconte-t-il. Je me serre la ceinture et j’essaie de faire avec ce que j’ai, mais j’ai une petite pension ». Les retraités ne sont pas les seuls touchés par cette précarisation. D’après le baromètre de l’association, 40 % des travailleurs déclarent ne pas gagner assez pour recouvrir tous leurs frais. Des travailleurs précaires que voit aussi passer la responsable du centre. « C’est là que l’on voit qu’il y a quelque chose qui cloche. Ceux qui se lèvent tous les matins pour aller travailler ne devraient pas avoir du mal à subvenir à leurs besoins », se désole-t-elle.

    Précarité énergétique

    Et l’augmentation du coût de l’énergie et la mauvaise isolation des logements rajoutent à ces difficultés financières. Selon le baromètre d’Ipsos, ils seraient 79% à considérer que leur facture énergétique est un poids dans leurs dépenses. Pour essayer de soulager les foyers qu’il accompagne, le Secours populaire a développé un partenariat avec l’association aubagnaise Geres.

    Présents ce jeudi à la Blancarde, les bénévoles expliquent les petites actions que les personnes peuvent réaliser pour réduire leur facture. « On propose aussi des visites pour mettre en place des petits dispositifs, explique un bénévole présent. Cela fait deux, trois ans que l’on installe également des brasseurs d’air. » Des actions de plus en plus précieuses, avec les étés qui risquent d’être de plus en plus chauds, et le coût de l’énergie qui ne cesse d’augmenter.

    420

    C’est le nombre moyen de familles accompagnées par mois à l’antenne du Secours populaire de la Blancarde qui couvre les 4e, 5e, 6e et 12e.

  • La requête des liquidateurs de Fibre Excellence déboutée

    La requête des liquidateurs de Fibre Excellence déboutée

    Après avoir ignoré quatre arrêtés pris en urgence et deux réquisitions, c’est à une attaque des institutions et des salariés, que l’avocat des liquidateurs judiciaires s’est attelé devant le juge des référés liberté. En face les représentants des services de la préfecture et le chef du service prévention des risques à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement Paca n’ont eu qu’à aligner les faits.

    « Arrêter une usine c’est compliqué, il ne s’agit pas juste d’appuyer sur un bouton », a assuré sans ciller l’avocat de Realtec, qui montrait pourtant un empressement exceptionnel à vouloir couper l’électricité, le jour où les contrats des salariés de Fibre Excellence ont pris fin. Un des liquidateurs, Alix Brenac, avait déjà mis la pression pour couper les fours de la fonderie SAM dans l’Aveyron pour les mêmes raisons d’économies d’énergie. « On a retrouvé le site plus pollué après sa liquidation », a souligné Romain Delmon, secrétaire général de la préfecture.

    Bénie l’eau de la Ville !

    Pour la partie demanderesse, c’est « la vétusté des tuyaux » et « l’usage anarchique du réseau » qui a conduit à un diagnostic préconisant « d’utiliser des moyens externes et ça fonctionne très bien ». Là encore, dès les premiers jours, des incidents ont été signalés par les ex-ouvriers sur le site qui alertent contre le risque d’incendie et de pollution. Il en voulait pour preuve « on a remis en place la défense incendie », « il suffit de se connecter sur le réseau d’eau municipal » car « la station dépuration ne sert à rien ». Le maire et la population apprécieront.

    Les ex-salariés ont aussi apprécié : « je ne connais pas leurs compétences, je ne sais pas s’ils vont obéir aux instructions, je ne vais pas les payer 7 500 euros brut en CDI », a estimé Me Galardo. « Vous en avez quand même embauché quelques-uns… » a objecté le juge. « Oui. Mais je fais ce que je veux ». C’est ainsi en effet que les liquidateurs ont procédé tout au long de cette opération de fermeture du site Séveso. Ce qui a poussé le préfet Jacques Witkowski à prendre autant de mesures. Avant de quitter la barre, Me Galardo s’entêtait encore : « Je vais déposer deux plaintes en pénal contre le préfet ».

    L’UD CGT 13 et la CGT Fibre Excellence Provence qui ont relevé des rejets de près de 400 m3 d’eau contaminée dans le Rhône ont demandé que des analyses soient réalisées en urgence. Du côté de l’UD FO 13, on s’aligne sur la nationalisation temporaire proposée par la présidente de région Occitanie Carole Delga pour préserver l’emploi et la filière.

  • Carole Delga acte un cluster nucléaire pour « préparer l’avenir »

    Carole Delga acte un cluster nucléaire pour « préparer l’avenir »

    À Laudun-l’Ardoise, le vieux bassin industriel gardois entend ouvrir un nouveau chapitre. Autour de Marcoule, près de 70 ans de nucléaire ont façonné un bassin de sous-traitants, d’ingénieurs, de chercheurs et d’ouvriers qui reste, avec près de 160 entreprises, le deuxième pôle industriel d’Occitanie. Vendredi 4 septembre, Carole Delga (PS) est venue y défendre une ligne claire : faire de cet héritage un levier de réindustrialisation et de souveraineté énergétique.

    « Nous avons besoin d’être de nouveau un pays producteur », a martelé la présidente de Région devant les représentants de Cyclium et du Collectif. Pour elle, « le débat pro ou anti-nucléaire est derrière nous ». Dans un contexte géopolitique tendu, elle assume son soutien aux EPR2 de Tricastin et de Golfech comme au développement des petits réacteurs modulaires. « Notre indépendance énergétique ou la dépendance au gaz russe » : elle pose le choix en ces termes, tout en appelant à ne plus opposer nucléaire et renouvelables.

    Sur ce territoire présenté comme le « berceau du nucléaire français » par Patrick Palisse, vice-président de la Communauté d’agglomération du Gard rhodanien, les projets se multiplient. Hexana et Otrera travaillent sur des réacteurs de nouvelle génération autour de Marcoule. À quelques kilomètres, MGH Energy prévoit sur l’ancienne friche ArcelorMittal de L’Ardoise une usine de carburants de synthèse, avec un investissement annoncé d’un milliard d’euros et quelque 200 emplois permanents à terme. Des projets encore soumis à des calendriers, financements et autorisations, mais qui redonnent des perspectives à un bassin marqué par plusieurs abandons industriels.

    C’est dans ce contexte que Carole Delga a acté la création d’un cluster nucléaire, destiné à donner davantage de visibilité au tissu local et à coordonner entreprises, recherche, innovation et formation. Ses contours et son articulation avec les réseaux déjà existants restent à préciser. Mais derrière l’outil de structuration, une question demeure : quelle réindustrialisation et pour quels emplois ?

    Des milliards, mais quels emplois ?

    Car les milliards annoncés ne suffiront pas à eux seuls à faire vivre le territoire. Les industriels alertent déjà sur les départs à la retraite et le manque de salariés qualifiés. « La question de la formation initiale et continue est essentielle », insiste Carole Delga. Le CEA de Marcoule, l’INSTN, le Campus des métiers ou encore le futur dispositif Invictus doivent permettre de transmettre des savoir-faire parfois longs à acquérir et d’éviter que la relance industrielle ne se heurte à une pénurie de compétences.

    Encore faut-il que ces emplois soient suffisamment attractifs pour retenir les salariés. Salaires, conditions de travail, logement, services publics et transports pèseront autant que les investissements industriels dans une filière largement structurée par la sous-traitance. Carole Delga place elle-même le travail au cœur de son discours. « Nous avons besoin de créer des emplois qui rémunèrent et de garantir la dignité à tous nos habitants », affirme-t-elle. Une promesse qui donne aussi une mesure à l’ambition affichée : la réindustrialisation ne pourra être jugée seulement au nombre de milliards investis ou de réacteurs annoncés, mais à sa capacité à créer des emplois durables, qualifiés et correctement rémunérés sur le territoire.

  • La maire de Saint-Martin-de-Crau reçue à l’Élysée

    La maire de Saint-Martin-de-Crau reçue à l’Élysée

    « J’ai porté la voix de toutes les personnes et institutions qui pourraient être impactées par la solution de ligne très haute tension aérienne ». Au lendemain d’un rendez-vous à l’Élysée, Séverine Dellanegra, la maire (SE) de Saint-Martin-de-Crau ne cache pas sa satisfaction d’avoir pu faire « entendre la voix des territoires » au plus haut de l’État sur l’épineux sujet de la ligne THT. L’édile a en effet été reçue par le cabinet d’Emmanuel Macron, ce mardi. De quoi lui permettre de réaffirmer haut et fort sa position « partagée par la plupart des élus locaux, la Région, les parcs nationaux et chambre de commerce et d’industrie (CCI) ». « On partage la position de l’État sur l’importance de l’électrification de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer, nous sommes évidemment favorables à sa décarbonation et réindustrialisation », explique Séverine Dellanegra. Avant d’apporter de la nuance : « Mais nous nous opposons à la solution aérienne actuellement proposée. Pour Saint-Martin-de-Crau et la Camargue, ça serait un désastre environnemental et écologique : elle viendrait couper en deux notre réserve naturelle de la Crau ».

    Concertation et patience

    Elle s’appuie notamment sur « les besoins industriels qui se réduisent et dont les délais se reportent ». Des besoins moindres et plus tardifs, qui permettraient donc de gagner du temps dans l’élaboration du projet de la ligne THT, selon elle. « Le projet industriel le plus engagé est celui de Marcegaglia pour 2030-2032… On n’a pas donc besoin de 400 000 volts de plus d’ici 2030. Si on prend le temps, on peut faire une solution alternative qui apporterait une meilleure réponse qu’une grande ligne aérienne unique », développe-t-elle. Concrètement, l’élue a demandé aux services de l’État « une grande table ronde réunissant tous les acteurs impliqués dans le dossier ». Mais aussi que l’État « commande une étude détaillée sur la solution alternative proposée, souterraine et de 200 000 volts ». Laquelle coûterait « un peu petit plus chère que l’initiale », selon Séverine Dellanegra, mais « pas deux fois plus cher comme on l’entend parfois ». Reste à savoir si ces demandes seront bien prises en compte : « Avoir été reçue c’est déjà un signal fort dont on avait besoin. Il y a eu une vraie écoute », conclut-elle.

  • Les patrons du sud inquiets pour l’avenir

    Les patrons du sud inquiets pour l’avenir

    Derrière Alain Gargani et Daniel Salenc, président et vice-président des Entrepreneurs Sud, s’étend le Vieux-Port de Marseille. C’est avec cette vue qu’offre le 7e étage du Sofitel que les responsables de l’anciennement nommée confédération des petites et moyennes entreprises de la Région Sud, ont décidé de faire le point sur les enjeux de l’année lors d’une conférence de presse ce mardi.

    Et les sujets sont nombreux : obligation de recevoir des facturations électroniques, importance de la ligne THT pour Fos-sur-Mer ou encore l’élection présidentielle. Mais la principale nouveauté de cette rentrée : l’obligation pour toutes les entreprises d’être en capacité de recevoir des factures numériques.

    Chère facture électronique

    « C’est pour s’aligner avec les directives européennes que la France fait ça, mais avec un peu d’avance, explique le président de l’organisation. On soutient la démarche. Mais arrivés au jour J, on se rend bien compte que ça n’a pas été la priorité des patrons et artisans. Seuls deux tiers d’entre eux ont choisi leur plateforme », précise-t-il. Son organisation affirme donc avoir négocié pour obtenir trois mois de tolérance, où les patrons ne seront pas sanctionnés.

    Initialement prévue pour être gérée par l’État et donc gratuite, la plateforme de facturation électronique publique n’a jamais vu le jour. Le gouvernement a donc décidé de privatiser le service, ce qui fait craindre une augmentation des prix. « Il y a 150 plateformes homologuées, mais on sait comment ça va se passer : il ne va en rester que deux, trois, parce qu’elles vont se racheter entre elles, et elles pourront faire augmenter les prix puisque nous sommes obligés d’avoir ce type de plateforme avec cette réforme », s’inquiète Daniel Salenc. Ce qui fait dire au président de la chambre des métiers et de l’artisanat qu’il faut que le gouvernement encadre les prix « pour que cela reste viable ».

    Une intervention étatique que l’organisation souhaite également pour la ligne de haute tension censée alimenter Fos-sur-Mer. « L’État français a décidé de faire de l’étang de Berre un fleuron de l’industrie française. Il doit donc nous aider à faire la ligne à haute tension », insiste Daniel Salenc. L’organisation espère ainsi que seront organisées des réunions avec les acteurs impliqués afin d’avoir un consensus autour de cette ligne « essentielle pour la décarbonation, selon les mots du vice-président des entrepreneurs sud. Donc s’il faut l’enterrer à certains endroits pour qu’elle soit acceptée, il faut que l’État le prenne en charge. Notre région ne peut pas porter seule une volonté nationale ».

    Enfin, la présidentielle est aussi au cœur des inquiétudes des patrons « qui n’investissent plus car ils n’ont aucune vision pour le futur », explique Alain Gargani. Pour lui, aucun candidat n’a « compris les besoins des entrepreneurs : que les charges sur les entreprises soient baissées. Et qu’il y ait un nouveau modèle économique social ». Un interventionnisme étatique à la carte pour les patrons donc…

  • Le patronat local inquiet pour 2027 et la ligne haute tension

    Le patronat local inquiet pour 2027 et la ligne haute tension

    Si Jean-Christophe Amarantinis n’est à la tête de l’Union pour les Entreprises des Bouches-du-Rhône (UPE 13) « que depuis 3 mois », il a déjà bien pris le pouls de l’organisation patronale. « Ma marque de fabrique, c’est le collectif », campe le chef d’entreprise lors de son premier point presse, à Marseille ce jeudi. Voilà pour la présentation convenue, place au fond. Lequel est forcément marqué par les élections à venir. « Le message qui ressort systématiquement, c’est une inquiétude extrême sur le futur. Les échéances électorales font que les entrepreneurs n’ont pas envie d’investir, n’arrivent pas à se projeter. Ils sont angoissés face à une incertitude permanente, ce qui freine les investissements », explique-t-il.

    Il s’appuie notamment sur les retours de ses homologues lors de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF), équivalent de l’université d’été du Medef, où ont débattu les candidats à l’élection présidentielle. Concrètement, Jean-Christophe Amarantinis prévient : « Les sondages sont unanimes : au 2nd tour, il y aura deux extrêmes. Et quand on est chef d’entreprise, les extrêmes, ce n’est pas bon. Que ça soit l’un ou l’autre, dans tous les cas, ce n’est pas positif pour nous. » En renvoyant au passage la France Insoumise et le parti d’extrême droite Rassemblement national dos à dos… « Les finances vont déjà très mal, il y a une incertitude depuis 2 ans et la dissolution. Quel que ce soit celui qui prenne les commandes, on est dans un corner avec cette dette qui est tellement haute, l’État est limite en faillite », martèle-t-il. Côté propositions, Jean-Christophe Amarantinis n’innove pas et déroule le discours habituel du grand patronat : flexibilisation du droit du travail, réduction de l’écart entre le salaire brut et net, coupes « dans le train de vie » des collectivités et autres administrations de l’État…

    « Les entreprises ne sont pas des philanthropes »

    Mais ce sont plusieurs dossiers locaux qui préoccupent le patron des patrons locaux. Et en premier lieu, celui de la fameuse ligne Très Haute Tension et ses 400 000 volts qui doit relier le Gard et Fos-sur-Mer, avec la promesse de la décarbonation des industries de l’Étang de Berre. « S’il y a un dossier prioritaire, c’est cette ligne. L’État ne s’est pas engagé clairement, à l’heure où on se parle, il n’y a rien de sanctuarisé. Il est essentiel qu’il y ait des engagements irrévocables. On va même monter à Matignon s’il faut ! », lance-t-il. Avant de se montrer plus offensif : « On est très inquiets : hormis des belles paroles, il n’y a rien. Il ne faut pas que l’État utilise tous les stratagèmes pour reporter cette décision. On va se battre pour obtenir gain de cause. » Quid des projets industriels qui étaient conditionnés à la mise en place de cette ligne ? « Malheureusement, les entreprises ne sont pas des philanthropes. On n’investit pas à perte. » Heureusement, l’État lui est philanthrope.

  • À Marseille, le data center de Saint-Louis s’ouvre au débat

    À Marseille, le data center de Saint-Louis s’ouvre au débat

    Les premières contributions sont déjà publiées sur le registre mis en ligne, toutes négatives pour l’instant. Depuis le 24 août est ouverte l’enquête publique pour l’installation, d’ici à la fin de l’année 2028 d’un nouveau centre de données à Marseille, sur les emprises de la friche de Saint-Louis Sucre (15e arr.). Un projet de taille : avec 300 millions d’euros d’investis pour une puissance de 20 mégawatts sur 21 900 m² de surface de plancher, il n’est dépassé à Marseille que par le MRS6 de Digital Realty en voie d’achèvement le long de l’A55. De quoi animer le débat, alors que se tient une première réunion publique ce jeudi, à 18h, en mairie de secteur.

    Un temps prévu pour accueillir une zone logistique, le site industriel historique dont il ne reste que l’activité de sucre liquide a finalement été destiné à accueillir les installations du martégal Provence Studio. « Ils n’avaient pas les reins assez solides pour pouvoir rénover la totalité du site et en faire quelque chose de viable, alors on nous a proposé de “backupper” ça par une activité qui pourrait aider à supporter le modèle économique, et donc un data center », retrace Guillaume Zaimeche, le directeur de projets d’Edged Enery, qui a remporté l’appel d’offres des studios au mois de mars 2025. En échange, la société devra payer un loyer sur cinquante ans à la Foncière Saint-Louis, la société montée par Provence Studios pour racheter le site, pour un montant inférieur aux 43 millions d’euros évoqués par nos confrères de Marsactu selon le directeur de projets, qui vante les synergies des deux projets : « Ils ont besoin de stocker, de traiter les rushs, de potentiellement faire de la création assistée par ordinateur ».

    Avis défavorables

    Face aux levées de boucliers des opposants, il présente un système de refroidissement « extrêmement efficient comparé aux autres », sans autre consommation d’eau que pour le nettoyage et les sanitaires, et sans nuisance sonore supplémentaire ni îlot de chaleur promet-il. Avec quarante emplois directs, le double en sous-traitance. Reste qu’avec une puissance projetée de 20 mégawatts, en plein quartier d’habitation, le centre de donnée dépasse allègrement le plafond de 12 mégawatts en « tissu urbain dense » inscrit dans les orientations d’aménagement de la Métropole (notre édition du 8 août). Des orientations qui restent un tigre de papier, faute de transcription dans les documents d’urbanisme. « Cela n’a pas attiré de problématique particulière puisque nous nous inscrivons dans l’orientation d’une revalorisation de friche industrielle », explique Guillaume Zaimeche.

    Un autre point a fait tiquer l’intercommunalité : la direction de l’aménagement des espaces publics a rendu un avis défavorable face à « l’impact significatif » sur l’extension du tramway, d’autant plus que les deux chantiers sont concomitants. « Les accès et l’implantation du projet sont incompatibles avec la refonte du plan de circulation », alertent les services face à la suppression de l’axe routier prévu entre la rue de Lyon et l’avenue Ibrahim-Ali. « Ils ont revu leur position », assure le directeur de projet. La direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) pointe de son côté l’impact paysager d’un bâtiment haut de 33 mètres. « Le site existant est plus haut que la façade », objecte Guillaume Zaimeche. Qui écarte de même les objections sur la compatibilité avec un réseau de chaleur, avec seulement 30°C manquants, où celles de l’Agence régionale de santé face à l’absence de mesures « afin d’éviter ou de réduire ses rejets atmosphériques ». « On installe un dispositif qui permet d’éliminer 80% des émissions d’oxydes d’azote », répond-il.

    L’enquête publique doit s’achever le 24 novembre.

    « On nous
    a proposé
    de backupper
    le projet
    de Provence Studios »

  • À Istres, la rentrée sous le signe de l’inclusion

    À Istres, la rentrée sous le signe de l’inclusion

    Dans l’urgence, au mois de juin, la Ville d’Istres avait déployé un plan de rafraîchissement dans ses 13 groupes scolaires. Les deux mois d’été ont été l’occasion de poursuivre la trajectoire entamée par la précédente mandature pour une meilleure adaptation des écoles au changement climatique, notamment avec le marché global de performance énergétique (MGPE) « avec un double objectif : améliorer le confort et réaliser des économies, dans le respect de l’environnement », détaille le maire (LR) Robin Prétot. À Jule-Ferry, dans le quartier du Prépaou, une subvention de 900 000 euros du fonds européen Feder a permis de réaliser la rénovation thermique du bâtiment.

    La promesse de campagne de climatiser toutes les salles de classe avant l’été 2027 « sera tenue », assure l’édile. Un emprunt de 2,5 millions d’euros a dû être contracté par la nouvelle majorité pour financer le marché, qui était passé mais dont le budget n’était pas prévu. Quatre premiers groupes scolaires seront équipés avant la fin de l’année 2026 : Jean-Moulin, Mendès-France, Clé des Champs et Clos de la Roche. « Forcément ça va faire grimper la facture d’électricité, mais tout l’intérêt de poursuivre le MGPE est de la faire baisser par ailleurs en chauffage l’hiver, grâce à une meilleure isolation », souligne Robin Prétot.

    Une bulle sensorielle

    Une autre promesse de campagne s’est concrétisée lors de cette rentrée : celle de faire de l’inclusion la cause du mandat. Une première bulle sensorielle est déjà opérationnelle dans l’école Reine Marie Casimir Gouin, une deuxième ouvrira à Mendès-France après les vacances d’automne. Ce nouvel espace, peint en bleu, est dédié à l’apaisement, au calme et au repos et s’adresse aux enfants porteurs de handicap, ou ayant des troubles du comportement ou de l’apprentissage (dys). « L’idée c’est d’avoir un petit coin de répit, un petit sas de décompression, pour les élèves en crise », détaille Sophie Declercq, adjointe au maire déléguée à l’éducation.

    Cécile Tivoli, conseillère municipale déléguée au handicap et aux solidarités, ajoute : « Le but c’est que l’école s’adapte à eux. Ces élèves ont des besoins particuliers, ils peuvent être sur stimulés par le bruit, ou par un temps de concentration trop long. Avec cette bulle, on désengorge les classes perturbées par des crises en offrant une solution pédagogique qui favorise le retour en cours. »

  • Pour les renouvelables, le vert à moitié vide en Région Sud

    Pour les renouvelables, le vert à moitié vide en Région Sud

    Bien loin des ambitions affichées, le déploiement des énergies renouvelables est de plus en plus à la traîne en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Alors que de nouveaux objectifs de production à l’horizon 2035 doivent être transmis au gouvernement avant le 15 septembre prochain dans le cadre de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie, le comité régional dédié qui s’est tenu le 17 juin dernier sous l’égide de la préfecture et de la Région Sud s’alarme du retard pris en la matière.

    Le constat est cruel. Le schéma régional d’aménagement, de développement durable, d’aménagement et d’égalité des territoires (Sraddet) voté par la collectivité en 2018 ambitionnait d’atteindre une puissance électrique issue des renouvelables de 13,5 gigawatts en 2024, de quoi plus que tripler la puissance installée en 2012 dans la région. Résultat : en douze ans, à peine 2 GW supplémentaires ont été installés, essentiellement en photovoltaïque, pour atteindre une puissance de seulement 5,6 GW. Quant à la production thermique, si elle a été multipliée par six entre 2012 et 2023 essentiellement grâce au déploiement des pompes à chaleur, seule la moitié de l’objectif est atteinte avec une production régionale de 5,4 TWh. À chaque fois, le retard sur les objectifs programmés se creuse d’année en année.

    Ombre sur le solaire

    Ainsi pour le photovoltaïque, le rythme des installations a ralenti au fil des années et la région est sortie en 2023 du top 3 en termes de puissance raccordée, dépassée par la région Auvergne-Rhône-Alpes. Les perspectives sont loin d’être brillantes : désormais au même rythme d’installations que la région Centre-Val de Loire, la région ne compte qu’une centaine de projets en cours d’instruction au troisième trimestre 2025. Seules la Bretagne, la Normandie et l’Île-de-France, moins réputées pour leur ensoleillement que le Sud, font moins bien.

    « La dynamique pour l’éolien terrestre est presque inexistante dans notre région, sujette à de nombreuses contraintes réglementaires », pointe aussi le comité régional de l’énergie, tandis que le développement de la filière de l’éolien en mer « a été plus lent que prévu ». Quant à la filière hydroélectrique, si elle est « historiquement la plus développée des énergies renouvelables sur le territoire régional », son potentiel est « quasiment exploité en totalité ». Résultat : seul un quart des capacités réservées dans le schéma régional de raccordement au réseau des énergies renouvelables a été alloué, explique le gestionnaire RTE.

    Alors filière par filière, le comité régional de l’énergie ne peut que constater, comme il le fait pour le photovoltaïque : « L’objectif 2030 n’est pas atteignable de façon réaliste et doit être revu à la baisse ». Le Sraddet visait une puissance électrique installée de 17,3 GW en 2030 pour les renouvelables. Les ambitions sont désormais divisées par deux, avec un objectif de 8,6 GW à la même échéance. La production thermique visée est quant à elle de 13,8 TWh, contre 17,3 TWh planifiés initialement.

    10 incinérateurs d’ici 2035

    Pour l’électricité photovoltaïque, cela signifie ainsi de couvrir 60 000 toitures et 1 800 hectares d’ici 2030, tandis que la montée en puissance de l’éolien en mer doit suivre les appels d’offres lancés. Pour le biogaz, au-delà de la pyrogazéification amenée à se développer, il faudrait installer 30 à 40 méthaniseurs supplémentaires. En matière de géothermique, la production devrait être multipliée par quatre, et par deux pour la thalassothermie, tandis que 800 000 pompes à chaleurs supplémentaires sont attendues. Enfin, les projections visent une dizaine de chaufferies CSR – des incinérateurs de déchets – d’ici 2035. Une gageure au vu des levées de boucliers à Marseille comme à Istres.

    « L’objectif 2030 n’est pas atteignable de façon réaliste. »

  • [C’est l’été] Les petits débrouillards au stade nautique à Marseille

    [C’est l’été] Les petits débrouillards au stade nautique à Marseille

    Les expériences scientifiques permettent d’aborder des questions concrètes comme le changement climatique, l’énergie, l’alimentation, la santé ou la biodiversité. Les Petits Débrouillards montrent que la science aide à comprendre les grands défis contemporains.

    L’objectif n’est pas seulement d’acquérir des connaissances, mais aussi de permettre aux habitants de participer aux débats de société en disposant d’informations solides et d’outils de réflexion.

    Le temps d’une semaine, Les Petits Débrouillards ont posé leur modulothèque « Notre mer Méditerranée » au Stade nautique Florence Arthaud à Marseille avec Nina pour animer tout cela. L’exposition pédagogique interactive invitait le public à participer à des activités scientifiques ludiques pour explorer l’histoire, la biodiversité, les grands fonds, déconstruire les idées reçues autour des mobilités, mieux connaître les usages partagés.