Tag: Energie

  • Comment répondre à la flambée des prix ?

    Comment répondre à la flambée des prix ?

    « Le doigt sur la gâchette. » C’est l’avertissement des Gardiens de la Révolution en Iran à l’adresse du président américain, Donald Trump, après l’annonce, mercredi 8 avril d’un cessez-le-feu de deux semaines alors que la guerre déclarée le 28 février par Israël et les États-Unis à l’Iran embrase le Proche et le Moyen Orient. Une guerre suspendue ? Pas vraiment. Au Liban, au prétexte d’éradiquer le Hezbollah, allié du régime iranien, l’armée israélienne bombarde toujours. La journée de mercredi a été sanglante pour le pays du Cèdre : au moins 254 personnes sont mortes lors de cette seule journée selon la défense civile libanaise. Le régime iranien a le pied sur la jugulaire du monde : le détroit d’Ormuz où transite l’essentiel des flux énergétiques mondiaux.

    Cette guerre tue, paralyse l’économie mondiale et a donc des répercussions sur la vie quotidienne à des milliers de kilomètres comme en témoignent les salariés et artisans interrogés par La Marseillaise. C’est le cas des aides à domicile (page 7) contraintes de cesser de travailler faute de moyens pour faire le plein de leur véhicule.

    92% des artisans

    du bâtiment pris à la gorge

    Idem dans le secteur de la pêche : avec le prix des carburants, pas la peine de sortir en mer, déplore un marin pêcheur de la région (lire ci-contre).

    Les artisans du bâtiment et des travaux publics sont impactés à 92% par la hausse des prix de l’énergie s depuis le début du conflit en Iran, selon une consultation menée par la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) auprès de 2 600 entreprises (lire page 6).

    Les syndicats de salariés ont interpellé le gouvernement e le patronat. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet a dénoncé les « marges énormes » et les « bénéfices records » de TotalEnergies. La responsable syndicale milite aussi pour une TVA modulée à 5,5% sur tous les produits de première nécessité. « On peut imaginer que ces entreprises qui vont automatiquement profiter de l’envolée des prix soient mises à contribution par l’État via une taxe spéciale, en vue d’une redistribution de ces bénéfices aux consommateurs, en premier lieu les publics les plus impactés », suggère pour sa part Claude Gaubert de l’association UFC-Que Choisir Montpellier (lire page 6).

    Alors que la campagne de collecte de l’impôt sur le revenu débute auprès des ménages, la question de la taxation des multinationales se pose à nouveau avec acuité face à cette flambée des prix provoquée par la guerre insensée menée par Trump et Netanyahu. Au Sénat, le groupe communiste a déposé une proposition de loi pour bloquer les prix du gaz et des carburants. « Lorsque les marchés deviennent instables et spéculatifs, l’intervention publique n’est pas seulement légitime, elle est nécessaire pour protéger les ménages et garantir l’intérêt général », expliquent les sénateurs communistes. Ils ajoutent que « pendant que les ménages paient la facture, de grandes compagnies pétrolières comme Total, Shell ou Exxon engrangent des surprofits considérables, alimentés par la spéculation, tandis que leurs cours boursiers progressent au bénéfice d’une minorité d’actionnaires parmi les plus favorisés ». Dans la même veine, l’association Attac a lancé une pétition pour une taxation des superprofits : « La taxe unitaire sur les superprofits peut être mise en place en France pour imposer les profits mondiaux de Total qui devraient être déclarés en France, selon des critères objectifs, tels que la part de la production et des ventes qui y sont réalisées, comme le suggèrent Gabriel Zucman et l’Observatoire international de la fiscalité », détaille l’association. Des options pour l’heure rejetées par le gouvernement. Ce qui fait dire à Attac que « les solutions existent, l’argent aussi. Il ne manque que la volonté politique ! » Et sans doute la pression populaire pour exiger la justice fiscale.

  • Sophie Binet réclame le « blocage » des prix

    Sophie Binet réclame le « blocage » des prix

    Dans un entretien publié lundi soir par Ouest‑France, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, plaide pour « un blocage des prix de l’énergie ». « Il faudrait fixer un prix maximum à la pompe, de 1,70 € par exemple, en limitant les prix de vente des pétroliers », affirme-t-elle. Une prise de position exprimée à la veille de la réunion des syndicats représentatifs – CFDT, CGT, FO, CFE‑CGC et CFTC – avec le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure. Le rendez-vous, prévu ce mardi à 17h30, est consacré aux prix des carburants et à l’inflation.

    « Ils font des marges énormes et des bénéfices records. En mars, les traders de TotalEnergies ont spéculé sur la crise et fait un milliard de bénéfices », a également dénoncé Sophie Binet. Elle ajoute : « Les taxes devraient être modulées, en fonction des prix de l’énergie et, à moyen terme, la TVA devrait être à 5,5% sur tous les produits de première nécessité y compris l’énergie. Nous militons pour le retour des tarifs réglementés sur les prix du gaz et de l’électricité, fixés en fonction des coûts de production et non du marché ».

    « Taxer profits, dividendes et très hauts revenus »

    Interrogée sur l’hypothèse d’une taxe sur les surprofits des pétroliers, Sophie Binet a plaidé pour « taxer les profits, les dividendes et les très hauts revenus ». « Il est aussi nécessaire de mettre en place de vraies mesures pour sortir de la dépendance aux énergies fossiles : une planification dans laquelle par exemple, on exige des constructeurs automobiles français qu’ils produisent en France un petit véhicule électrique bon marché », a-t-elle complété dans les colonnes de Ouest France.

    Le pétrole s’est installé, lundi, autour des 110 dollars le baril, dans un marché suspendu au conflit au Moyen-Orient où Donald Trump menace de s’en prendre aux infrastructures vitales iraniennes, et guettant de possibles négociations.

    Le ministère de l’Économie a annoncé, vendredi soir, le lancement prochain d’un « prêt flash carburant » avec Bpifrance, pour soutenir la trésorerie des petites entreprises les plus exposées à la flambée des prix des carburants liée à la guerre au Moyen-Orient.

    Des sommes de 5 000 à 50 000 euros pourront être prêtées au taux de 3,80%, sans garanties, aux TPE (très petites entreprises) et PME (petites et moyennes entreprises) des secteurs éligibles : transports, agriculture, pêche, dont les dépenses de carburant représentent « au minimum 5% du chiffre d’affaires », a précisé Bercy.

    Des mesures pour compenser la hausse

    Les prêts seront « distribués via un canal 100% numérique par Bpifrance », la banque publique d’investissement, avec une « mise à disposition des fonds sous 7 jours », a indiqué le ministère dans un communiqué.

    Les entreprises devront cependant répondre à un certain nombre de critères pour éviter les effets d’aubaine : avoir été créées il y a plus d’un an, et accepter de donner accès à Bpifrance à leurs derniers mois de relevés de compte bancaire.

    La durée de ces prêts sera de 36 mois, « incluant un différé d’amortissement du capital de 12 mois », selon le communiqué. Ils seront disponibles dans l’Hexagone ainsi que dans les départements et régions d’outre-mer.

    Ces mesures pour compenser la hausse des prix des carburants due à la guerre au Moyen-Orient avaient été promises par le Premier ministre Sébastien Lecornu.

  • Menaces sur les ressources stratégiques

    Menaces sur les ressources stratégiques

    Les décimales des stations-service qui montent chaque jour depuis l’attaque israélo-états-unienne contre l’Iran, il y a un mois, sont ancrées dans le quotidien. Mais, derrière le spectaculaire de la flambée des carburants qui agite le spectre d’un nouveau choc pétrolier, l’accès à de nombreuses ressources cruciales se retrouve pris dans les conséquences du conflit, entre le bombardement des infrastructures et les menaces sur le passage stratégique du détroit d’Ormuz.

    C’est le cas pour le gaz naturel liquéfié, certes marginal dans l’approvisionnement global en gaz, mais dont 20% proviennent du Qatar, qui a vu sa principale usine de Ras Laffen à l’arrêt après une attaque de drones. De quoi faire flamber les factures dans certains pays d’Asie et d’Europe, pourtant avec une demande en baisse à la sortie de l’hiver. Une situation qui risque de faire grimper les prix de l’électricité indexés sur les coûts du gaz.

    Mais derrière cet arrêt, c’est la production d’hélium, sous-produit du gaz naturel liquéfié, qui est aussi stoppée. Avec un retour à la normale qui n’est pas attendu avant six à huit semaines, confirmait le ministre qatarien de l’Énergie. Le gaz noble est crucial dans les industries de pointe, dans la santé et surtout dans la production des semi-conducteurs. Et si des réserves sont stockées en Allemagne, elles ne peuvent être conservées plus de 40 jours et l’Europe dépend à 40% du Qatar, l’un des quatre principaux fournisseurs avec les États-Unis, l’Algérie et la Russie. Le 25 mars dernier, le groupe français s’alarmait d’une pénurie à court terme.

    Autre ressource cruciale produite dans le golfe, un tiers des engrais transitent par le détroit d’Ormuz, dont la moitié du soufre, un tiers de l’urée, un quart de l’ammoniac… En moins de deux semaines, l’urée a ainsi flambé de plus de 13%, menaçant les productions agricoles, notamment dans les pays de l’Est africain. Et s’ajoutent encore des augmentations des cours sur l’aluminium et les plastiques produits aussi dans la région. Un cocktail explosif pour l’économie mondiale.

  • Ceux qui subissent, ceux qui encaissent

    Ceux qui subissent, ceux qui encaissent

    Plus de deux euros le litre ! C’est 25% de plus que le niveau constaté au début du mouvement des Gilets jaunes en 2018.

    En cause : la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Bilan : le régime théocratique des Mollah n’a pas desserré son emprise sur sa population mais attaqué ses voisins arabes et bloqué le détroit d’Ormuz, stratégique pour l’approvisionnement du monde en pétrole.

    En Europe le prix des carburants flambe, menaçant tous les secteurs de l’économie tant notre dépendance aux énergies fossiles est encore profonde.

    Il y a ceux qui subissent, sont étranglés par le coût d’un plein, abattus par cette nouvelle crise ou légitimement révoltés à l’idée d’être prisonniers de tarifs qui vampirisent le fruit de leur travail.

    Et il y a ceux qui encaissent. Pas le choc. Les profits.

    Solutions

    En premier lieu, les spéculateurs qui font fluctuer les cours à la moindre déclaration de Donald Trump, les grandes compagnies pétrolières et leurs actionnaires.

    En second lieu… L’État qui ne cesse de justifier sa lenteur à réagir par ses finances dégradées. Pourtant, près de 60% du prix payé à la pompe correspond à des taxes. Mais le gouvernement préfère débloquer un « chèque énergie » pour une partie des foyers qui sera donc in fine encaissé par les grands groupes.

    D’autres solutions existent : blocage des prix du carburant, taxes flottantes, prélèvements exceptionnels sur les compagnies pétrolières, déblocage des réserves stratégiques…

    À moyen et long termes cette nouvelle crise nous invite à accélérer la transition écologique et garantir notre souveraineté énergétique.

    L’énergie est un bien commun, un droit, elle doit être placée sous maîtrise publique.

  • Pragmatique ou dogmatique : la bataille écolo lancée à Montpellier

    Pragmatique ou dogmatique : la bataille écolo lancée à Montpellier

    Les uns dans le cadre bucolique des bords du Lez à Agropolis, les autres dans le brouhaha du rond-point de « Paulette » sur le tracé du futur Contournement ouest de Montpellier (COM). Lundi 9 février, les équipes de Michaël Delafosse (PS) et de Nathalie Oziol (LFI) ont dévoilé leurs programmes écologiques respectifs aux deux extrémités de la 5e ligne de tramway. Un hasard de la campagne qui illustre deux stratégies aux antipodes sur le plan écologique. Pragmatique d’un côté, plus idéologique de l’autre.

    Dans la lignée des 50 000 arbres plantés depuis 2020, la liste de Michaël Delafosse veut faire de Montpellier une « ville parc  », une ville « marchable avec de grands corridors de fraîcheur qui protègent de la canicule et reconnectent à la nature », résume le maire socialiste. Il promet de doubler les surfaces à désimperméabiliser (40 hectares), de continuer à planter des arbres y compris dans les parcelles privées, de poursuivre les végétalisations en encourageant les bons de végétalisation. Parce qu’il se dit « débordé de demandes de gens qui veulent cultiver un jardin »,
    M. Delafosse propose de créer un millier de nouvelles parcelles de jardins familiaux. Des terrains sont à l’étude à « Grammont, aux Aubes, à l’agriparc des Bouisses ou aux Grisettes », précise l’adjointe écologiste Marie Massart.

    Un Lez Montpellier plage

    D’ici 2032, dix parcs doivent être créés (République), agrandis (Bouisses) ou aménagés (Lunaret, coteau de Malbosc, Montcalm…). Trois projets phares de promenades ombragées visent à magnifier le « chemin de l’eau ». Le premier en végétalisant 5 km le long de l’aqueduc des Arceaux. Le second via 2 km de « coulée verte » le long du Verdanson, du stade Philippidès au CHU Lapeyronie. Le troisième vise à réaliser un cheminement en bois le long du Lez entre Agropolis et l’espace Lavalette. Comme du temps du peintre Frédéric Bazille, le maire rêve de refaire de Lavalette un lieu de baignade convivial. « Ce sera Montpellier plage ! On ne peut pas se résoudre à laisser le Lez pollué, on sera vigilant sur la qualité des eaux. »

    Trois heures plus tard, changement de décor. À l’autre bout de la 5e ligne de tramway, les Insoumis sont postés devant les arbres déracinés du futur Contournement routier ouest (COM). Pour Nathalie Oziol, c’est le symbole d’un « PS bétonneur ». « C’est la même stratégie que sur l’A69 à Toulouse : 12 exploitations et 70 hectares seront détruits. Ce projet d’autoroute de Vinci est écocide », dénonce la tête de liste Insoumise qui cible la majorité sortante. « Une liste qui défend le COM et les Zones à faibles émissions (ZFE) ne peut être écologiste ». La députée LFI oppose une « écologie de rupture avec le modèle libéral ». C’est-à-dire davantage de trams et de bus, une étoile ferroviaire, un boulevard urbain limité à 70 km/h plutôt qu’une autoroute à 10 voies. « L’étalement urbain est une impasse écologique, sociale et démocratique », abonde Alain Bertrand (LFI), favorable aux projets agroécologiques « de la terre à l’assiette » pour « nourrir les Montpelliérains ». Julia Mignacca, qui vient de quitter Jean-Louis Roumégas pour Nathalie Oziol, théorise le concept d’écologie populaire. « Il ne faut pas faire culpabiliser les gens, les laisser de côté ». N. Oziol promet une « planification écologique » avec une « grande convention de l’écologie populaire », ajoute Alenka Doulain.

    Deux autres gros dossiers illustrent ces deux visions divergentes : l’énergie et les déchets. Julia Mignacca souhaite créer une régie publique de l’énergie à Montpellier, avec une tarification sociale. « Rien n’a été fait sur le solaire. L’énergie doit être un bien commun, pas un outil spéculatif. » Du côté de la liste Delafosse, qui veut développer le « réseau de chaleur », le nouvel arrivant Grégoire Delforge promet « d’aider 3 000 particuliers à l’isolation thermique » et de créer une « académie du climat et de la biodiversité ».

    Déchets : sortir de l’échec

    M. Delafosse propose une solution pour arrêter l’exportation coûteuse des déchets : transformer l’usine de méthanisation Ametyst en chaudière CSR (combustibles solides de récupération). Si J.-L. Roumégas (Les Écologistes), Mohed Altrad (divers droite) ou Isabelle Perrein (divers droite) s’y opposent catégoriquement en raison du principe de précaution sanitaire, les Insoumis, divisés sur le sujet, veulent en débattre via une « convention populaire avec votation citoyenne ». D’ici là, ils prônent la réduction des déchets à la source (qui a semblé montrer ses limites) avec des « ressourceries et recycleries ». À l’orée des premiers débats, le maire réclame de la clarté, y compris à Philippe Saurel qui avait fermé le 3e casier de la décharge de Castries sans aucun plan B : « L’incinérateur de Lunel-Viel ne veut plus de nous. Ceux qui veulent une décharge ou un incinérateur, qu’ils disent où ! »…

  • Les énergéticiens contre la répression et la vie chère à Marseille

    Les énergéticiens contre la répression et la vie chère à Marseille

    « La montée de la répression, des licenciements et des sanctions disciplinaires arbitraires devient monnaie courante », dénonce la CGT énergie de Marseille, qui avait lancé l’appel à se mobiliser devant la station d’épuration des Calanques. En grève depuis le 22 janvier, les gaziers et les électriciens maintiendront la pression « jusqu’à la connaissance des décisions qui devraient intervenir dans la semaine », a précisé le secrétaire général du syndicat.

    Le choix du site était symbolique de la riposte des salariés face à deux nouvelles sanctions à l’encontre d’un gazier et d’un électricien. « C’est nous qui tenons l’outil de travail » ont rappelé les agents, alors qu’une procédure de danger grave et imminent est en cours pour risques psychosociaux et que la grève est reconduite. Ces actions interviennent dans un contexte de « hausses tarifaires que les usagers subissent tous et qui servent de prétexte à répression contre les agents », souligne Renaud Henry qui s’est rendu à Lyon en défense des agents convoqués. L’un est poussé à la retraite, l’autre est soupçonné de fraude sur un relevé considéré trop faible. L’esprit Robin des bois anime toujours les salariés et les organisations de l’énergie « réfléchissent à faire en sorte que les entreprises qui usent de mesures répressives soient pénalisées », prévient le syndicaliste. Contre la précarité énergétique qui sévit dans de nombreux foyers, la CGT énergie revendique toujours la baisse de la TVA à 5,5% et une augmentation des salaires.

  • À la CGT Énergie, la grève vire au grand rassemblement sur le site de Sormiou

    À la CGT Énergie, la grève vire au grand rassemblement sur le site de Sormiou

    C’est une sanction à l’encontre d’un gazier, « mis à la retraite d’office » qui a secoué les travailleurs de l’énergie sur le site de Cantini. L’onde de choc s’est amplifiée lorsqu’un électricien d’Enedis s’est vu traduit en conseil de discipline. Des menaces de licenciement jugées « arbitraires », par la CGT Énergie de Marseille, qui dénonce des mesures de répression au sein de ses entreprises.

    La réponse se veut à la hauteur des attaques. Elle est montée crescendo et atteint son point d’orgue ce 26 janvier, date à laquelle un des sanctionnés est convoqué à Lyon, avec un appel lancé à un grand rassemblement à 10h devant la station d’épuration du massif des calanques, dans le 9e arrondissement. L’affaire démarre brutalement, par un courrier reçu en main propre dans lequel « il est écrit noir sur blanc : j’envisage de vous infliger la mise en retraite d’office », explique Renaud Henry, secrétaire général CGT Énergie de Marseille, qui précise : « On lui reproche des foutaises ! ». Les gaziers de Cantini ont mis leur sacoche à terre durant deux jours en signe de contestation. Une déclaration de danger grave et imminent suit. Une seconde sanction tombe tout aussi sèchement sur un salarié d’Enedis également jugée injustifiée. Dont acte.

  • Sobriété et efficacité énergétique pour relever le défi climatique à Toulon

    Sobriété et efficacité énergétique pour relever le défi climatique à Toulon

    C’est à nouveau devant le panneau d’expression libre du boulevard Tessé que nous rencontrons les militants associatifs du Comptoir des idées venus à nouveau inviter les Toulonnais à la réflexion. Il s’agit cette fois de mettre en avant les changements à apporter pour face au défi climatique, à l’effondrement de la biodiversité, aux tensions sur l’eau et à la raréfaction des ressources. Avec une soirée débat, ce jeudi soir à l’Hélice, en présence du docteur en physique de l’énergie Emmanuel Rosier de l’association NégaWatt.

    Gisement agrovoltaïque

    « Il est urgent d’opérer une transition qui permette de sortir des énergies fossiles et nucléaires », explique Yves Roma pour l’association Place publique. Et de poursuivre : « L’approche proposée repose sur le triptyque, sobriété, efficacité et développement des énergies renouvelables. »

    L’objectif étant pour commencer de vivre mieux en dépensant dans tous les secteurs moins d’énergie.

    L’occasion de rappeler les vertus de l’éolien, par exemple. Une énergie constamment pilonnée par la droite et l’extrême droite pour des raisons purement électoralistes. « Il paraît qu’il y a quelques oiseaux qui se prennent dans les pales, pas plus que dans les fils électriques, ou dans les voitures sur les autoroutes », relativise Guy Rebec, pour Place publique également.

    Le militant associatif insiste également sur l’énergie solaire et en particulier sur l’agrovoltaïsme.

    Et de poursuivre : « Je suis allé vérifier dans des champs de notre département où des expériences sont menées par des paysans. Ils ont planté le même jour des vignes neuves, dans le même terrain, exposées au même endroit. Et au bout de deux ans, trois ans, on voit que celles qui sont restées en plein cagnard sont toutes petites, rachitiques, etc. Alors que celles qui sont sous les panneaux agrovoltaïques ont beaucoup mieux poussé. »

    Pareil pour les pivoines cultivées du côté de Hyères, ajoute-t-il, celles en plein soleil avaient 40-50 cm de haut, contre 80 pour celles qui ont poussé à l’abri des capteurs solaires.

    Et de poursuivre : « L’agriculteur ce qu’il souhaite, c’est, d’une part, avoir une plus grosse rentabilité agricole, pour gagner sa vie, et si, éventuellement, il peut encore gagner un peu d’argent en revendant l’électricité qui est fabriquée sur ses champs, c’est une bonne chose. »

    Sans compter qu’« il y a plein d’endroits en ville, où on peut installer des capteurs solaires que ce soit sur les bâtiments publics, les toitures des particuliers qui le souhaitent ou les ombrières sur les parkings des supermarchés ».

    Et de conclure : « Il faut que tout le monde s’y mette. C’est pour ça qu’il est important justement d’éduquer, de sensibiliser, comment on va le faire le 22 janvier à l’Hélice avec Emmanuel Rosier. »

  • À Marseille, les agents de l’énergie contre la « foutaise disciplinaire »

    À Marseille, les agents de l’énergie contre la « foutaise disciplinaire »

    « Pendant deux jours les agents ont déposé les sacoches et ont arrêté le travail car ils étaient choqués de la situation. » Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille, résume l’état d’esprit des agents gaziers du site de Cantini à Marseille alors qu’un de leur collègue, et camarade, est visé par une procédure disciplinaire loin d’être anodine. « Mardi, la direction a remis à un agent un courrier en main propre dans lequel il est écrit noir sur blanc “J’envisage de vous infliger la mise en retraite d’office” », relate le syndicaliste.

    Un courrier dans le cadre d’un deuxième entretien préalable à sanction, mais la CGT dénonce « une foutaise disciplinaire » dans un tract bien senti. « On juge que c’est de la discrimination syndicale. La direction lui reproche des irritants, un terme du jargon GRDF, c’est-à-dire toutes les problématiques bénignes de l’agence, des choses que tous les agents font », précise Renaud Henry, sans rentrer dans les détails. En clair « des prétextes fallacieux et des raisons complètement infondées » qui visent un militant CGT.

    C’est surtout la potentielle « mise en retraite d’office », équivalent d’un licenciement pour les travailleurs au statut des Industries électriques et gazières (IEG) qui ne passe pas pour l’organisation syndicale. « On ne pensait pas que ça prendrait ces proportions. La mise en retraite d’office pour des faits aussi mineurs, ce n’est pas normal », tempête le secrétaire général. En tout cas, son syndicat en fait une affaire prioritaire et une question de principe. Il a réalisé une déclaration de danger grave et imminent (DGI) « pour risques psycho-sociaux » dans la foulée. Laquelle a été au menu d’un Comité social et économique extraordinaire, ce vendredi.

    « Un enjeu collectif »

    « Les agents du site sont tous anxieux. Ils craignent d’aller en conseil de discipline pour un oui ou pour un non. Dans le dossier disciplinaire du camarade ils ont tout et rien mis », poursuit Renaud Henry. Avant de marteler : « C’est un enjeu collectif qui va au-delà du cas du collègue : dans quelles conditions va-t-on travailler si l’on laisse passer une injustice pareille ? »

    Et la CGT compte passer à l’action rapidement, avec mobilisation et appel à la grève dans le viseur : « Ce mardi, on établit en assemblée générale un plan d’action et de lutte contre cette situation injuste. » Et ce, jusqu’à la convocation dudit agent, le 26 janvier prochain à Lyon…

  • Avec le gaz vert, la commune opte pour l’énergie décarbonée

    Avec le gaz vert, la commune opte pour l’énergie décarbonée

    Sur les panneaux d’entrée de ville, la commune de Roquevaire affiche désormais la mention « Ville engagée gaz vert ».

    Ceux-ci ont été officiellement dévoilés le 26 novembre dernier. La commune achète son gaz naturel via le groupement d’achat du syndicat Territoire d’Énergie 13, qui propose à ses communes adhérentes de s’inscrire dans une démarche de transition énergétique concrète : à partir du 1er janvier 2026, les bâtiments communaux consommeront 10% de gaz vert, puis 20% à partir 1er janvier 2028.

    L’objectif est de réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre (GES) en favorisant l’utilisation de gaz vert. Produit en France à partir de déchets issus de la filière agricole (lisiers, fumiers), de l’industrie agroalimentaire ou des collectivités (restauration collective, boues de stations d’épuration), le gaz vert a les mêmes caractéristiques et les mêmes usages que le gaz naturel. Il est adapté à toutes les installations existantes, sans travaux, tout en diminuant les émissions de CO2.

    Pour la commune de Roquevaire et ses huit bâtiments alimentés en gaz vert
    – dont l’hôtel de ville et les écoles – 49,8 tonnes d’émissions de CO2 sont évitées, soit l’équivalent de 432 trajets Paris-Marseille.

    « Face à l’urgence climatique, nous accélérons la mise en œuvre de projets d’énergie renouvelable. Ces décisions visent à réduire les risques pour notre planète et à préparer un avenir meilleur », a commenté le 26 novembre l’adjoint au maire de Roquevaire, Alain Gracia.