Tag: emploi

  • Une application pour mettre le droit du travail au plus près des salariés

    Une application pour mettre le droit du travail au plus près des salariés

    En ouverture du comité de pilotage des Maisons France services par la sous-préfète de Brignoles et la directrice départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (Ddets) qui s’est déroulé jeudi à Brignoles, la plateforme Infotravail-var a été mise en avant.

    « Cette application dédiée aux usagers permet de trouver l’ensemble des renseignements dont ils peuvent avoir besoin en matière d’application du droit du travail », explique Sandrine Polychronopoulos, la directrice de la Ddets.

    Une avancée donc puisque ça met en théorie « le droit du travail le plus près possible de ses bénéficiaires ». Du moins cela facilite l’accès à l’information pour des salariés qui en ont besoin ou qui n’ont pas forcément la possibilité ou les moyens de se déplacer.

    Pour aboutir à la création de cet outil, la Ddets s’est appuyée sur le laboratoire d’innovation publique et sociale varois Insolab 83 et a mobilisé plusieurs acteurs du territoire ; dont les services de l’État, le Centre d’accès au droit (CDAD), le conseil des prud’hommes, le réseau des Maisons France services, France Travail, mais aussi les organisations syndicales, les chambres consulaires et la CAF.

  • Jouques poursuit son objectif emploi

    Jouques poursuit son objectif emploi

    La commune poursuit sa politique en faveur de l’insertion professionnelle. Dans cette ligne, une vingtaine de recruteurs se sont rassemblés au centre socioculturel de cette commune d’à peine 5 000 habitants, répondant ainsi à l’invitation de la Ville, organisatrice de la rencontre Événement emploi. Le premier, depuis le premier mandat du maire (SE), Eric Garcin. La matinée, a donc réuni entreprises, organismes de formation, structures d’insertion et acteurs publics de l’emploi afin de favoriser les recrutements et impulser de premières rencontres. Seize entreprises privées ont joué le jeu, parmi elles Iter Organization, Vinci Autoroutes, Proman… Mais aussi neuf organismes de formation et plusieurs partenaires publics, dont France Travail, la mission locale et le Département via son bus insertion, avaient également fait le déplacement. Selon les organisateurs, ce sont au total 134 participants qui ont émargé, principalement venus de Jouques et Peyrolles-en-Provence, mais aussi de Venelles, Meyrargues, Aix-en-Provence ou Marseille. « Les retours des entreprises sont très positifs », souligne, à l’issue, la municipalité. « Cette rencontre s’inscrit clairement dans la démarche Territoire zéro chômeurs longue durée dans laquelle Jouques a été retenue depuis 2016, rappelle Eric Garcin. C’est un souci constant de la commune de travailler sur la levée des freins vers le retour à l’emploi, pour ceux qui en sont éloignés. Faire venir les entreprises, c’est plutôt concluant. » Pour rappel, la commune s’attelle à résorber le taux de chômage local en employant au sein d’une Entreprise à but d’emploi (EBE) : l’Elan. « J’ai alerté tous les sénateurs des Bouches-du-Rhône sur la question, ils vont tous défendre la position de Jouques », prévient le maire, qui précise : « Aujourd’hui, on est en dessous des taux de chômage du département et en dessous du taux de chômage national. On était au-dessus, avant l’arrivée de l’expérimentation. À force de travailler cette matière on a réussi à faire baisser le taux de demandeurs d’emploi. »

  • [Entretien] Maxime Tommasini : « Près de 40% de la population marseillaise est d’origine italienne »

    [Entretien] Maxime Tommasini : « Près de 40% de la population marseillaise est d’origine italienne »

    La Marseillaise : Que représente pour vous votre élection et quelles sont vos priorités ?

    Maxime Tommasini : Cette confiance m’honore et m’oblige. Notre objectif, plus que de développer le commerce, est de créer de l’emploi et de la croissance, autant du côté italien que du côté français. Aujourd’hui, les projets européens prennent une place de plus en plus importante, notamment sur l’entrepreneuriat féminin. C’est un axe que j’ai souhaité développer, avec des programmes de mentorat et de coopération entre plusieurs pays du bassin méditerranéen dans le cadre du projet She Empower. En tout ce sont 140 entrepreneuses qu’on souhaite accompagner. C’est une nouvelle ère qui commence.

    De quelle manière vous financez-vous ?

    M.T. : Nous sommes une association loi 1901 et, contrairement à ce que l’on croit souvent, nous sommes très faiblement subventionnés par l’Italie. Notre région consulaire s’étend du Var jusqu’à La Rochelle, en passant par l’Occitanie et la Corse. C’est complexe à gérer, mais cela reflète le dynamisme et le potentiel de ces territoires. Bien que nous soyons la troisième chambre la plus dynamique, nous nous autofinançons à 90% en vendant des services, un peu comme une agence de conseil.

    Comment expliquer le lien entre Marseille et l’Italie ?

    M.T. : Près de 40% de la population marseillaise est d’origine italienne. Ce lien se retrouve naturellement à la Foire de Marseille, mais aussi dans des projets comme l’AOC Cassis et l’œnotourisme. Nous cherchons également à pérenniser la liaison aérienne Marseille-Rome, qui ouvre cet été.

    Entretien réalisé par Macha Ryzhova Guichard

  • [Entretien] Bastien Bonnargent : « Il y a un sentiment de déclassement chez les jeunes »

    [Entretien] Bastien Bonnargent : « Il y a un sentiment de déclassement chez les jeunes »

    La Marseillaise : Vous avez été élu ce dimanche à la tête du MJCF. Quel est votre parcours ?

    Bastien Bonnargent : J’ai adhéré à la JC en 2016, dans le département dans lequel j’ai grandi, les Hautes-Pyrénées. Mais comme beaucoup de jeunes des Hautes-Pyrénées, j’ai déménagé très vite pour faire des études d’histoire dans la métropole toulousaine, où j’ai pris mes premières responsabilités jusqu’à devenir secrétaire fédéral. En 2024, je suis ensuite rentré à la coordination nationale de la JC. Et désormais, c’est un nouveau mandat qui s’ouvre.

    Quelles sont les priorités
    de ce mandat ?

    B.Bo. : C’est toute une équipe de direction nationale qui est renouvelée. Nos priorités, pour les mois et années à venir, c’est de continuer le travail de renforcement engagé pour construire une organisation qui s’adresse à toute la jeunesse, dans sa diversité. Nous nous fixons comme objectif de nous implanter au maximum dans les lieux de formation professionnelle, dans les lieux d’emploi, pour toucher un public moins politisé que dans les lycées généraux ou les grands pôles universitaires, et qui pourtant constituent les futures forces vives du pays. Nous avons engagé depuis l’année dernière une campagne pour la création d’emplois pour nous adresser à eux sur les conditions de stage, d’apprentissage, leur orientation. Nous voulons les impliquer au maximum pour faire émerger des responsables qui viennent de ces milieux.

    C’est presque à rebours des autres organisations de jeunesse qui ciblent plus les universités
    et les quartiers populaires ?

    B.Bo. : Nous voulons développer une conscience de classe, nous adresser à tout le monde. Nous militons bien sûr dans les facs, les résidences étudiantes, mais nous voulons éviter de nous adresser à un petit cercle déjà convaincu. Les jeunes dans les milieux professionnels sont pour beaucoup confrontés aux effets les plus immédiats du capitalisme, ils subissent la casse de la formation, la baisse du salaire des apprentis, les conditions de stage de plus en plus difficiles. On le voit avec le nombre de jeunes morts au travail qui augmente de manière fulgurante. Et ces lieux de formation ou d’emploi sont le plus souvent dans les quartiers populaires.

    La présidentielle est un moment de politisation pour une jeunesse qui a surtout connu Emmanuel Macron au pouvoir. Vous l’abordez comment ?

    B.Bo. : Nous n’avons pas encore de position arrêtée, mais il ne faut pas avoir peur de ce que nous sommes, des communistes, et de revendiquer ce que nous portons au quotidien sur la création d’emplois, contre l’impérialisme. Nous devons être les plus offensifs possible. Nous sommes dans un moment où il y a énormément de résignation, il y a un sentiment de déclassement très fort chez les jeunes. C’est dans les endroits où nous militons, les CFA, les lycées professionnels, que le Rassemblement national s’implante alors nous devons pousser pour créer de la conscience de classe et transformer la colère sociale des jeunes en levier de transformation sociale.

  • Ruissellement zéro

    Ruissellement zéro

    Des représentants de nombreuses corporations se sont retrouvés à l’appel de la CGT, ce jeudi à Marseille, pour signifier leur inquiétude quant à l’avenir de plusieurs filières économiques majeures de notre région, mais aussi leur exigence de justice sociale.

    Après 10 ans de mandat d’Emmanuel Macron fondé sur la théorie du ruissellement, le bilan est en effet sans appel. En 2025, l’Insee a annoncé un taux de pauvreté record en France depuis près de trente ans : 15,4%, soit près de 10 millions de personnes concernées.

    À l’autre bout de l’échelle sociale, les quarante plus grands groupes français ont versé 107,5 milliards d’euros à leurs actionnaires en 2025, soit une hausse de près de 55% en quatre ans.

    Ceux qui produisent la richesse

    Si le chômage a baissé, la hausse de la précarité a banalisé la figure du travailleur pauvre dans notre pays.

    Dans de nombreux secteurs, les aides publiques – estimées à 211 milliards d’euros par une mission sénatoriale – n’ont pas été soumises à des critères d’utilité sociale et de renouveau économique. Les exonérations massives de cotisations sociales patronales ont, dans le même temps, fragilisé la Sécurité sociale sans influer sur le niveau de rémunération.

    Bref, le mirage du ruissellement s’est mué en une forme bien réelle de retenue d’argent au sommet de la société.

    Ce n’est pas seulement moralement critiquable, c’est économiquement mortifère. Cette recherche du profit immédiat met en danger des filières toutes entières et obère les perspectives de développement durable, comme en témoigne l’abandon du projet Carbon à Fos-sur-Mer.

    Le monde du travail a de quoi demander des comptes. Il a aussi des propositions pour l’avenir. Il doit être entendu. C’est lui qui produit la richesse ici comme partout.

  • À Marseille, une journée entre femmes pour reprendre de l’élan

    À Marseille, une journée entre femmes pour reprendre de l’élan

    Burnout, divorce, sexisme… Les raisons qui poussent une femme à tout reconstruire sont multiples, mais le chemin, lui, est souvent solitaire. C’est pour briser cet isolement que deux associations marseillaises, ForceFemmes et L’Éveil des mots, ont décidé de collaborer le temps d’une journée, baptisée « Reprendre son élan ». Au programme, des ateliers pour retrouver de la confiance, gérer son stress et trouver l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle. L’entrée était entièrement gratuite.

    Autour des tables, les parcours se ressemblent sans se confondre. Aïcha, 51 ans, était professeure de technologie. Elle suit aujourd’hui un CAP boulangerie. Marine, 40 ans, a traversé un burn-out, changé de travail et de conjoint. « Je suis les ateliers Motivées pour créer, depuis mars, et c’est vrai qu’ils m’aident au niveau de la concrétisation de mes projets et de mon épanouissement personnelle », explique-t-elle. « Je n’étais plus alignée dans mes valeurs, donc j’acceptais tout », confie-t-elle. Cathy, 56 ans, cherche un poste dans la communication et suit trois ateliers par semaine qui la « boostent » afin de ne jamais laisser tomber son objectif. « On s’enrichit de nos expériences et de cette force féminine pour se remettre plus rapidement en course », assure-t-elle.

    Trois associations, un but commun

    Créée en 2005, ForceFemmes accompagne les femmes de plus de 45 ans dans leur retour à l’emploi ou leur projet de création d’activité. « Ce sont des femmes de plus de 45 ans, donc elles subissent une double discrimination à l’embauche », explique Caroline Galland, responsable du développement en région Paca. L’association suit entre 150 et 180 femmes par an sur toute la région, avec un accompagnement mensuel personnalisé par un bénévole, avec des travaux de création de CV, de préparation aux entretiens… « Notre plus grand succès, c’est quand elles sont à nouveau autonomes et qu’elles ont retrouvé leur dynamisme », affirme-t-elle. La moitié des femmes accompagnées s’en sortent positivement.

    De son côté, L’Éveil des mots est né en 2022 d’une expérience personnelle. Laetitia Oudinot, sa co-fondatrice, a traversé un burn-out doublé d’une hyperthyroïdie dans un environnement professionnel qu’elle décrit comme toxique. « J’ai voulu transmettre les outils qui m’ont aidée à me reconstruire », raconte-t-elle. Son approche encourage les femmes à « Oser être, oser faire et oser dire ». L’association accompagne aujourd’hui 90 femmes, de 18 à 86 ans. Parfois même des demandeuses d’asile ou des mères célibataires. « On essaye de les sécuriser, administrativement aussi », précise Laetitia Oudinot qui profite de l’occasion pour lancer un appel au bénévolat.

  • Une régate pour porter la voix des jeunes éloignés de l’emploi

    Une régate pour porter la voix des jeunes éloignés de l’emploi

    Les pas sont parfois hésitants, parfois assurés pour monter sur les sept voiliers amarrés devant le Mucem, ce mercredi. Pour la plupart des cinquante jeunes venus de tout le bassin méditerranéen, c’est une grande première. Organisée dans le cadre de la saison Méditerranée 2026, cette régate permet notamment à des jeunes éloignés de l’emploi de découvrir la navigation et cette mer qui les sépare.

    Parmi les participants, Yussef Achour est élève à l’école de la seconde chance, qui aide les jeunes sans emploi ou sans diplôme. Le Marseillais a rejoint, il y a deux mois, la filière des métiers de la mer proposée par l’association. « C’est notre première sortie en mer aujourd’hui. J’espère devenir sapeur-pompier », confie le jeune majeur. Ils sont une dizaine de jeunes de l’école de la seconde chance, de Marseille et du Var, a avoir fait le déplacement pour participer à cette régate.

    Un événement qui permet aussi à ces jeunes de porter leur voix. Élève à l’école de la seconde chance à Marseille et ambassadrice du réseau Méditerranée nouvelle chance, Shaden Boughattas le rappelle : « Notre but est de briser les mythes. On nous appelle les NEETS, ni en emploi, ni en études, ni en formation, mais on ne se résume pas à ça. »

    Mais si la régate a attiré beaucoup de jeunes, c’est avant tout pour participer au quartier général des jeunesses méditerranéennes que la plupart des participants ont fait le déplacement jusqu’à Marseille. Du 19 au 22 mai, ces jeunes éloignés de l’emploi pourront suivre des workshops et participer à des assemblées. « Le but est que les jeunes échangent entre eux sur les bonnes pratiques. Qu’ils apprennent aussi les clés du plaidoyer pour qu’ils choisissent eux-mêmes ce qu’ils veulent dire et comment le dire », explique Sabine Bécard, coordinatrice du réseau Méditerranée nouvelle chance, qui rassemble des structures de réinsertions pour les jeunes méditerranéens éloignés de l’emploi.

    « Construire des ponts »

    Pour Ayoub Maskaoui, ambassadeur marocain de ce réseau et membre de l’association el Jisr, venir était une évidence : « On est ici pour trouver des solutions pour nous, les jeunes, et pour porter la voix de ceux ne peuvent pas le faire. » Pour Hicham Naime, venu également du Maroc, c’est aussi un moyen « de découvrir d’autres points de vue sur nos problématiques propres à chaque pays ».

    Michèle Rubirola (EELV), première adjointe au maire déléguée aux relations internationales en est sûre, ces rencontres permettront « de construire des ponts là où certains construisent des frontières ».

  • L’OM réunit sur le thème des métiers du sport professionnel

    L’OM réunit sur le thème des métiers du sport professionnel

    Le décor intimiste de l’hospitalité du stade Vélodrome était l’hôte, ce mercredi, du forum Avenir olympien. Concrètement, cette journée était consacrée aux métiers liés au sport de haut niveau. Une rencontre mise sur pied par le programme « Treizième homme », l’association OM et la Région Sud. Devant un parterre de lycéens et jeunes adultes, deux tables rondes se sont déroulées. En amont, Lucie Venet, déléguée générale du « Treizième homme », Eugène Caselli, président de l’association OM et Ludovic Perney, vice-président à la Région, ont présenté l’événement.

    « C’est un projet né d’une question simple : comment l’OM peut être utile en dehors du terrain ? », explique Lucie Venet. « Avant tout, l’objectif est d’offrir aux jeunes une porte vers les métiers d’un grand club comme l’OM. Montrer une voie vers ces métiers du football mais aussi du sport de haut niveau », décrit, dans un second temps, Eugène Caselli.

    Partage d’expérience

    et discussions

    La matinée était coupée en deux parties avec l’intervention de trois membres du personnel administratif de l’OM puis ensuite de trois membres s’occupant directement du sportif. Tous ont pu partager leurs expériences, leurs parcours et montrer que les portes sont nombreuses. Même si les témoignages étaient différents, chaque route a montré son lot d’opportunités pour ces personnes ayant tout de même un bon niveau d’études et des compétences élevées.

    Plusieurs mots ressortent de ces échanges : la passion, la compétence, la persévérance et la polyvalence. Les six intervenants ont également mis en avant leurs difficultés avant d’obtenir ce qui ressemble pour chacun à un job de rêve. Des dizaines, voire des centaines de candidatures, beaucoup de refus et finalement le Graal. Les jeunes invités dans les loges du Vélodrome ce jour ont pu directement recevoir des conseils de la part de ces personnes puisque plusieurs stands étaient installés sur le lieu de l’événement. Environ 400 personnes travaillent à l’OM en ce moment et le catalogue de métiers est donc immense. Cette 2e édition de l’Avenir Olympien en appelle sûrement d’autres.

  • Inquiétude syndicale pour les agents de la Métropole

    Inquiétude syndicale pour les agents de la Métropole

    Le blocage du budget de la Métropole AMP a de quoi inquiéter les petites mains des services publics métropolitains.

    Alors que le préfet Jacques Witkowski devrait saisir la chambre régionale des comptes (CRC), ce mardi, suite à la décision des élus métropolitains de ne pas voter le budget de l’établissement public (lire notre article du 30/04/2026), les syndicats montent au créneau pour que les agents ne paient pas l’addition. « Ce n’est pas du côté des agents qu’il faut chercher à faire des économies, on n’a pas du tout confiance en la CRC », tonne Serge Tavano, secrétaire général de la FSU AMP, ce lundi.

    Pour rappel, face à un trou de plus de 120 millions d’euros, c’est l’État qui reprend la main sur les finances d’AMP et qui va s’en remettre à la CRC pour un budget à l’équilibre. « Notre message est simple : les agents pèsent moins de 18% du budget, c’est peanuts », développe le syndicaliste. Manière de prévenir la très libérale CRC, adepte de franches politiques d’austérité, qu’il n’y a pas d’économie à faire du côté des travailleurs. Reste que l’inquiétude est réelle. Elle est même quasi commune pour l’ensemble des organisations syndicales d’AMP. « La CRC a pour mission de proposer un budget équilibré et ses choix pourraient inclure des ajustements sur les dépenses de personnel », analysait en parallèle la CGT AMP, qui rencontre le président de la Métropole, Nicolas Isnard (LR) le 11 mai. Comme la FSU, elle demande « de ne pas mettre les agents et les usagers à contribution ».

    « Un remède de cheval pour rétablir l’équilibre »

    Concrètement, les syndicats s’inquiètent d’un tas de mesures potentielles à l’encontre des agents. « On insiste sur le fait qu’on ne veut pas de suppressions de poste », martèle Serge Tavano, son organisation rencontrant aussi le président d’AMP, la semaine prochaine. Autres éléments de l’arsenal à disposition de la CRC redouté par les syndicats : non-renouvellement des contractuels, fin de primes pas obligatoires… « Un remède de cheval pour rétablir l’équilibre budgétaire », résume la CGT AMP, qui prévient : « S’ils coupent les contrats précaires, ce sont plus de 1 000 agents qui perdent leur emploi. »

    L’organisation FO Territoriaux de Marseille et de la Métropole, qui mutualise les agents des deux collectivités et dirigée par Patrick Rué, a lancé un « appel au président de la Métropole » doublé d’une lettre à ce dernier, ce lundi. « Notre syndicat vous demande de vous adresser aux agents métropolitains afin de les rassurer sur ces possibles restrictions », réclame l’organisation. Avant de développer : « Les agents vous soutiennent dans votre démarche, mais ne veulent pas en subir les frais. » Puis s’adresse à l’État cette fois : « L’État a spolié la Métropole de 120 millions d’euros en deux ans en baisse de dotations, nous demandons au préfet de préserver les intérêts des agents. »

    Enfin, Force ouvrière Métropole, syndicat dissident du FO historique dirigé par Patrick Rué, explique également que « les contraintes budgétaires à venir pourraient entraîner plusieurs conséquences sur le fonctionnement des services et les conditions de travail des agents ». Dans tous les cas, la balle est dans les mains des magistrats de l’austérité.

  • [Entretien] Philippe Oddou : « 90% de nos jeunes sont actuellement en activité »

    [Entretien] Philippe Oddou : « 90% de nos jeunes sont actuellement en activité »

    La Marseillaise : Pouvez-vous décrire la mission de votre association Sport dans la ville ?

    Philippe Oddou : Nous sommes une association d’intérêt général qui existe depuis 1998 et dont la mission est de venir en soutien à des jeunes qui habitent dans des quartiers prioritaires. On va accompagner par deux biais. À la fois en leur proposant du sport au pied des immeubles sur les terrains de sport qu’on construit et qu’on anime, et puis en leur proposant quand ils grandissent, de les emmener. C’est vraiment la finalité de notre action, de les accompagner vers un projet d’emploi en entreprise où pour celles et ceux qui ont la capacité, on les aide même à créer leur entreprise.

    Comment accompagnez-vous ces jeunes au quotidien ?

    P.O. : Il y a plusieurs objectifs. D’abord, il a pour premier objectif de transmettre du plaisir aux jeunes, parce que quand on est enfant ou même un peu plus âgé, la pratique du sport, c’est d’abord du plaisir. C’est aussi permettre aux jeunes d’avoir un accès régulier à la pratique sportive, parce qu’on propose des séances tous les mercredis et les samedis. Ça fait trois heures d’animation gratuite, puisque toutes les animations sportives qu’on propose sont encadrées par des coaches professionnels qui sont salariés de l’association, mais les jeunes participent à ces animations de manière gratuite. Nos éducateurs sportifs sont là pour offrir un contenu sportif, mais ils sont là aussi pour transmettre des valeurs, de savoir-être aux jeunes qui vont leur être utiles dans la perspective d’accès à l’emploi.

    Quelles sont les marges de développement de votre association ?

    P.O. : Pour répondre à votre question, nous, on a envie d’aider plus de jeunes. Aider plus de jeunes, ça veut dire accueillir plus de jeunes dans les centres qui existent, ça veut dire ouvrir de nouveaux centres sportifs. En région marseillaise, on a cinq centres en activité dans les quartiers nord et à Aubagne. Je pense que dans les deux ou trois années à venir, nous allons ouvrir quatre nouveaux centres dans la région marseillaise. Aujourd’hui, tous les deux ans, on mesure l’impact de nos actions pour voir ce que sont devenus les jeunes qui ont suivi nos programmes sportifs et nos programmes d’accès à l’emploi. On a entre 85 et 90% des jeunes qui sont passés par nos programmes qui sont en activité. Soit ils ont un CDI dans une entreprise partenaire de l’association, soit ils poursuivent leurs études. On intervient dans des quartiers prioritaires où le chômage des jeunes est deux fois plus élevé que la moyenne nationale. La moyenne nationale, elle est aux alentours de 15%.

    Quels seront les prochains événements de l’association autour de Marseille ?

    P.O. : À Marseille, on va organiser un tournoi de football solidaire. Depuis plusieurs années, on est soutenu par l’OM Fondation, qui nous apporte un soutien formidable, notamment dans nos programmes d’accès à l’emploi. Depuis quatre, on a été accueillis sur l’OM Campus, au mois de juin, pour organiser un grand tournoi de football solidaire, qui rassemble des entreprises de territoire. Cette année, il ne sera pas là-bas, mais à l’entrée des calanques sur le site de Luminy, le 28 juin.