Tag: emploi

  • À Hyères, les 25 salariés de Mini green power menacés de perdre leur emploi

    À Hyères, les 25 salariés de Mini green power menacés de perdre leur emploi

    Nouveau coup de massue pour Mini green power (MGP), entreprise de valorisation de déchets en énergie bas-carbone, installée à Hyères depuis 2014. Après un premier placement en redressement judiciaire en 2023, la start-up est de nouveau en passe de déclarer une cessation de paiements, et de perdre ses 25 employés. En cause selon Jean Riondel, fondateur et dirigeant de la structure : la résiliation d’un contrat à 53,5 millions d’euros par Suez, multinationale de gestion d’eau et de déchets, à la veille de son lancement. Tout commence, d’après le fondateur et dirigeant de l’entreprise Jean Riondel, en 2023, lors du premier placement en redressement judiciaire de MGP. « À l’époque Suez nous fait une première offre de rachat, à 500 000 euros, que je refuse car trop faible, détaille-t-il. Ils sont finalement revenus vers moi car ils trouvaient notre technologie particulièrement intéressante et voulaient vraiment travailler avec nous. »

    Après plusieurs mois de négociation d’après Jean Riondel, un accord est trouvé en juillet 2024. Un premier contrat est signé avec Suez et engage la création d’un « démonstrateur », autrement dit la construction d’une machine « test », pour que soit prouvée à Suez la fiabilité de la technologie, toujours selon les déclarations du dirigeant de MGP. « L’idée était que le lancement du démonstrateur déclenche le deuxième contrat, celui que nous avions chiffré à plus de 50 millions d’euros, explique le dirigeant de MGP. La collaboration s’est très bien déroulée jusqu’à un changement de direction en juillet 2025. Les factures ont commencé à avoir du mal à être payées. Puis, la veille du lancement du transformateur, Suez a résilié le contrat de façon très brutale. » MGP, qui soupçonne Suez de vouloir bénéficier gratuitement de ses 38 brevets « innovants », engage donc une action en justice contre la multinationale. « Nous pensons qu’il existe ici un sujet d’intérêt public : celui de la fragilisation d’une PME innovante française, détentrice de brevets stratégiques, par un acteur qui aurait profité de sa vulnérabilité », s’indigne MGP.

    « Attaques calomnieuses »

    De son côté, Suez affirme faire l’objet « d’attaques calomnieuses ». L’entreprise ajoute : « Face aux dérives constatées des coûts et du calendrier, SUEZ a décidé de mettre un terme aux contrats qui le liaient à MGP, comme le contrat lui en laissait la possibilité. L’intégralité des sommes dues à MGP a été réglée dans le respect des contrats signés, y compris à l’issue de la résiliation du contrat. SUEZ et MGP sont libres de tous engagements contractuels. Les brevets de MGP restent en particulier la propriété de cette société. »

  • Premières divergences sur la sécurité lors du conseil municipal

    Premières divergences sur la sécurité lors du conseil municipal

    Cette séance inaugurale – après le conseil d’installation du 21 mars – a déjà laissé apparaître certains clivages politiques, notamment lors de la création des commissions municipales, où sont débattus les sujets et les propositions avant leur présentation en séance plénière.

    Et déjà, Kévin Jacquin, élu du Rassemblement national, a pointé « l’absence de commission dédiée à la sécurité, en décalage avec les ambitions » affichées du maire (DVG), Frédéric Vigouroux, lors de la campagne électorale, d’après l’élu d’extrême droite.

    L’intéressé considère que « la sécurité est un sujet important, oui, mais traité dans le cadre de la commission cadre de vie ». À l’inverse, Kévin Jacquin souhaiterait « une commission faite pour ça ». Ce à quoi Frédéric Vigouroux répond que « la sécurité est aussi une question d’éducation » et « dépend de plusieurs instances, comme le contrat local de sécurité avec État et préfet ».

    À noter que le groupe RN ne s’est pas porté volontaire pour siéger dans les conseils d’écoles, de collèges et de lycées.

    Recrutement

    Six postes ont été créés dans divers services, principalement techniques, dont cinq en CDD. Cette situation interroge Vincent Trotot, élu de l’opposition LFI/EELV, qui s’étonne de l’absence de créations de postes en CDI. « C’est un CDD de 12 mois qui fait office de période d’essai » justifie l’adjointe Magali Nicolas, , avec à la clé une titularisation « si l’agent donne satisfaction ».

  • À Saint-Auban, la CGT veut préserver le site

    À Saint-Auban, la CGT veut préserver le site

    Les élus CGT du site de Saint-Auban, réunissant Kem One et Arkema, s’inquiètent de l’avenir de la plateforme et de ses travailleurs au vu des difficultés économiques importantes rencontrées par Kem One. Les deux entreprises, qui forment un bassin industriel primordial dans le département, sont interdépendantes et partagent de nombreuses ressources en commun. « Si on venait à tomber, toute notre plateforme à Saint-Auban tomberait », avance la CGT du site de Kem One.

    « On est dans une situation critique depuis plusieurs mois. Kem One perd de l’argent chaque mois et la trésorerie est fortement impactée », alerte Fabrice Daumas, délégué syndical CGT à Saint-Auban et élu au CSE. Avec la grève organisée ce mardi 31 mars, ils espèrent « alerter le gouvernement, la préfecture, le ministère de l’Industrie et les médias ».

    « Apollo nous a plongés dans la difficulté depuis qu’ils nous ont endettés pour racheter l’entreprise en 2021. Ce système financier n’est pas adapté à l’industrie chimique », déplore le délégué syndical. C’est pour cela que la CGT exige un investisseur industriel pour la reprise de Kem One. « Les emplois ne sont pas remplacés, les projets sont en standby, on n’a pas l’argent pour aller voir nos clients. C’est une spirale négative qui se met en place. »

    « Kem One a toute sa place dans l’industrie française et mondiale, on vend du PVC dans le monde entier », rappelle le syndicaliste. La CGT est particulièrement inquiète de la somme d’argent importante, « plusieurs millions d’euros », qui sera nécessaire pour mettre le site aux normes environnementales européennes d’ici la fin de l’année. « On n’a pas l’argent pour », s’inquiète Fabrice Daumas. « L’idée est de contraindre Apollo à mettre cet argent avant de s’en aller, ou alors qu’il y ait des engagements forts du futur repreneur », résume Sylvain Moretti, secrétaire général de l’union départementale CGT.

    Le maire de Château-Arnoux-Saint-Auban, Philippe Bertrand, ancien syndicaliste à Kem One, a apporté son soutien aux travailleurs mobilisés et compte rencontrer la direction « pour faire en sorte que Kem One redevienne Kem One ».

    Rencontre en préfecture vendredi 3 avril à 14h30.

  • La réorganisation au sein de l’hôpital de Digne-les-Bains alarme la CGT

    La réorganisation au sein de l’hôpital de Digne-les-Bains alarme la CGT

    « La CGT du centre hospitalier de Digne dénonce la mise en danger des patients et la dégradation des conditions de travail des salariés. » À quelques jours d’une potentielle décision de la direction de supprimer douze postes, de fermer le service de pneumologie et de réorganiser le pôle de médecine, la CGT alerte sur les risques psychosociaux que cela pourrait engendrer. « Les diminutions de personnel dans les services peuvent réduire les dépenses, mais ils n’améliorent certainement pas la qualité et la sécurité des soins », écrit le syndicat dans un communiqué.

    « Alors que les personnels sont déjà à bout de souffle, que la tension est palpable partout et que nous ne cessons d’interpeller la direction sur les troubles psychosociaux prégnants au sein de l’établissement, ce passage en force de mesures drastiques et peu compréhensibles sans prise en compte de la qualité des soins apportée aux usagers, ne fait que renforcer le mal-être et la perte de sens au travail », alerte la CGT de l’hôpital de Digne.

    De son côté, la direction de l’hôpital souligne que cette réorganisation se fait dans un contexte « contraint », « de pénurie médicale », obligeant à adapter les services. Une proposition de réorganisation sera présentée « par un directoire, convoqué les 27 mars et 3 avril prochains », précise-t-elle. Afin d’accompagner les agents « des pistes de réaffectation leur seront proposées (…) au sein de l’établissement (…) en parallèle, l’hypothèse de fin de contrat est à ce stade à l’étude », mentionne la direction. Et d’exprimer ses « regrets », de devoir mettre en place une telle réorganisation.

  • À l’Argentière, la friche sera le « premier enjeu du mandat »

    À l’Argentière, la friche sera le « premier enjeu du mandat »

    « Il faut dire les choses, c’est une verrue au milieu du village, mais aussi une grande opportunité », pose Jean-Pierre Rippert, candidat à la mairie de l’Argentière-La-Bessée. La « verrue » en question, c’est une zone industrielle abandonnée, laissée en l’état après la fermeture des Fonderies et Aciéries de Provence en 2012. Or, depuis près de quinze ans, le réaménagement du site se fait cruellement attendre. Pour Jean-Pierre Rippert, ce sera même « le premier enjeu du mandat à venir ».

    Si la zone abandonnée suscite l’exaspération des habitants, elle ouvre aussi un champ des possibles, à condition de trouver le bon projet. Jean Pierre Rippert et sa liste « Quoi de neuf l’Argentière ? » veulent y installer en priorité des logements locatifs, ce dont la commune manque sévèrement. Ils projettent aussi d’y construire une nouvelle crèche plus grande que l’actuelle et y attirer des centres de formation professionnelle en lien avec les métiers du sport de montagne, du secourisme et de l’environnement. « Le tout en préservant l’attractivité visuelle du lieu, car on est en plein centre du village », s’engage le candidat.

    Un récent projet avorté

    Remi Rioux, tête de liste de « l’avenir au cœur de l’Argentière », souhaite lui aussi créer une nouvelle crèche sur le site, ainsi qu’un centre social, et nouvelle bibliothèque agrandie. Il veut également dédier une partie du lieu à l’histoire industrielle de la commune, en complément du musée et des anciennes mines ouvertes au public. « Ce patrimoine attire 10 000 visiteurs chaque année mais ça peut encore être complété, se projette-t-il. On peut faire de l’histoire industrielle du village une vraie attraction touristique. »

    Tout projet devra obtenir un précieux sésame : la dotation du fonds « vert », un financement de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) pour les reconversions de friches industrielles. Pour Alain Sanchez, actuel maire candidat à sa réélection, tout ne sera pas réalisable dans l’immédiat. Dans une publication parue ce mardi, l’édile prévient qu’un consensus entre tous les partenaires sera « très difficile » à trouver. Une prudence qui s’explique aussi par la déception générée par un échec récent. La Haute école du bois et de la forêt devait ouvrir une antenne sur le site pour la rentrée 2027, mais le projet a finalement été avorté.

  • À Marseille, Biaggi repart à l’assaut du bastion de gauche

    À Marseille, Biaggi repart à l’assaut du bastion de gauche

    Le combat s’annonce comme toujours difficile pour la droite dans le bastion historique de la gauche guériniste, terre d’élection du maire de Marseille, Benoît Payan (DVG) en 2020, et où Manuel Bompard (LFI) s’est imposé deux fois dès le 1er tour des législatives. Cette année, huit listes y sont en lice.

    Solange Biaggi y a pourtant été élue maire en 2014. Un succès qu’elle avait partagé avec Lisette Narducci (DVG). Une « alliance compliquée », se rappelle la pharmacienne dont le cuir lissé par les batailles électorales révèle toute la décontraction à l’approche du scrutin. « J’espère qu’on verra mon bulletin », sourit-elle en évoquant un tirage de liste peu avantageux qui l’a placée en 8e position. Née en 1954 à Marseille, Biaggi entre en politique en 2001, « avec la parité » et poussée par Jean-Claude Gaudin et Renaud Muselier venus chercher quelques voix corses en même temps qu’une grande famille (Biaggi – Altieri) du monde économique local.

    Adjointe au commerce, conseillère départementale et métropolitaine en charge de l’attractivité, elle siège depuis 2020 dans l’opposition municipale et préside le bailleur social Provence Métropole Logement.

    « Même dans l’opposition, j’ai continué à travailler dans la proximité », dit-elle, se revendiquant de la transformation de la Joliette et de la rénovation de la rue de la République. « On a beaucoup fait mais il reste encore énormément à faire sur le 3e, où il y a le plus de précarité et d’insalubrité. »

    « Ce secteur c’est mon ADN »

    La candidate affirme surtout son attachement aux 2-3 qu’elle veut « tirer vers le haut et qui sont l’avenir de Marseille ». Elle évoque Euroméditerranée où elle siège, le Port, la CMA CGM, le centre d’affaires, et rappelle ses racines, sa mère « née rue de la République » et sa famille qui « était dans les bateaux » : « Ce secteur, c’est mon ADN. »

    Pour le mandat à venir, elle parle logements et emploi, cite le parc Bougainville, la future gare St-Charles qui « reliera la Belle de Mai et St-Mauront au centre-ville ». Sur le tram de la Belle de Mai, elle réfute toute opacité mais reconnaît « des blocages » qui ont fait perdre « quatre ans ». Dans une campagne marquée par la course de la droite derrière l’extrême droite, elle s’assume « d’une droite sociale », « pragmatique » et éloignée de « la politique politicienne ». Elle cite son colistier « écologiste », Christophe Madrolle, et les 25 autres membres de sa liste, novices et issus de tous les quartiers. Une manière de préparer la suite ? « Il faut du renouveau mais je porte la continuité de ce qu’on a commencé, je ne veux pas que tout s’arrête. »

  • Finances : le rôle important de la Région dans le Gard

    Finances : le rôle important de la Région dans le Gard

    Dix ans après la fusion du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées, la Région Occitanie célèbre un anniversaire politique fondateur. À l’occasion d’une conférence de presse tenue à Nîmes, les élus régionaux gardois ont dressé le bilan de cette décennie d’actions et présenté les grandes orientations des projets à venir, dans un contexte budgétaire contraint mais assumé.

    Pour Fabrice Verdier, conseiller régional, l’enjeu était clair : « La Région a dix ans, il était important de faire un bilan après cette décennie. Ce choix fondateur a été réussi, nous avons fait région, nous sommes ensemble et cela apporte aux concitoyens de véritables réponses. » Malgré les débats initiaux, notamment dans le Gard, l’Occitanie s’est imposée comme un échelon incontournable de l’action publique. Avec un budget 2026 de 3,54 milliards d’euros, dont 1,15 milliard d’investissements, la Région reste la première de France en investissement par habitant. « Chaque euro dépensé est un euro utile », insiste Fabrice Verdier, rappelant la ponction de près de 500 millions d’euros opérée par l’État ces dernières années. Une contrainte forte qui n’empêche pas l’exécutif régional d’afficher ses ambitions.

    Vice-président chargé de l’économie, Jalil Benabdillah souligne une stratégie fondée sur l’anticipation : « L’environnement, la technologie et le social sont nos trois grands secteurs d’action. » Dans le Gard, 325 millions d’euros ont été mobilisés en faveur des entreprises, contribuant à l’implantation d’usines, à la création d’emplois et à l’attractivité d’un territoire qui accueille chaque année de nouveaux habitants. « Nous sommes la Région la plus innovante d’Europe », affirme-t-il.

    « Un budget d’action » face aux défis

    La transition écologique occupe une place centrale dans les politiques régionales. Aurélie Genolher, en charge de ces questions, défend « un budget d’action, de résistance et d’espoir qui place l’écologie au cœur de chacune de nos actions ». Gestion de l’eau, biodiversité, zones Natura 2000 ou énergies renouvelables : le Gard bénéficie d’investissements ciblés dans un territoire particulièrement exposé au changement climatique. « Parler de transition, c’est aussi parler de biodiversité », rappelle-t-elle.

    Autre priorité régionale : l’agriculture. Katy Guyot revendique une constance politique depuis dix ans : « Nous sommes attachés à l’agriculture occitane, nourricière. » Le budget agricole a doublé en une décennie et plus de 1 300 aides ont été attribuées dans le Gard. L’objectif est clair : relocaliser la production, garantir la souveraineté alimentaire et préserver les paysages.

    La mobilité reste le premier poste budgétaire de la Région. Jean-Luc Gibelin met en avant les résultats concrets : « Nous avons multiplié par trois la desserte de Beaucaire » et enregistré une hausse de fréquentation de 43% sur la liaison Nîmes-Alès. Réouverture de gares, plan vélo, train à 1 euro : la politique régionale se veut à la fois sociale et écologique.

    Enfin, la santé illustre la volonté régionale d’intervenir là où l’État se désengage. Julie Delalonde évoque « l’action au quotidien pour un meilleur accès aux soins », notamment à travers les centres de santé régionaux. Dans le Gard, plus de 55 000 consultations ont déjà été réalisées. « Le combat continue ! », conclut Fabrice Verdier, résumant l’état d’esprit d’une Région qui entend à la fois protéger les habitants et préparer l’avenir.

  • Le surendettement grimpe dans le département des Bouches-du-Rhône

    Le surendettement grimpe dans le département des Bouches-du-Rhône

    Sous l’effet combiné de l’inflation et de la montée du chômage, le nombre de dossiers de surendettement, dans les Bouches-du-Rhône, est en hausse de 12%, passant de 4 427 en 2024 à 4 959 en 2025, note la Banque de France dans son bilan, présenté ce jeudi 26 février. Un chiffre supérieur à la tendance nationale (9,8%), mais inférieure au régional (13,6%). Même si, sur dix ans, le phénomène est en baisse d’environ 30%. Une tendance liée aux effets de « la loi Borloo de 2003, qui permet d’effacer la dette, puis de la loi Lagarde en 2010, qui est venue mieux prévenir le demandeur, notamment de crédit revolving », explique Patricia Roche-Ramondy, responsable du service de l’inclusion financière au siège marseillais de la Banque de France.

    Une femme seule, entre 35 et 54 ans, sans personne à charge, locataire ou hébergée à titre gratuit, au chômage ou sans emploi : voilà pour le profil type des personnes, « vulnérables ou touchées par un accident de la vie », qui font appel à l’établissement, dans le département. La part des jeunes, 18-34 ans, qui dépose un dossier, a également augmenté, « plus significativement dans notre département, de 4,6 points », souligne Patricia Roche-Ramondy, passant de 17,5% en 2022 à 22,1% en 2025. À comparer aux +3 points enregistrés au régional et national. « Beaucoup sont arrivés sur le marché de l’emploi sans en trouver et ils ont aussi des habitudes de consommation où ils recourent au crédit fractionné », analyse Denis Lauretou, directeur régional Provence-Alpes-Côte d’Azur de la Banque de France. En clair, la paire de basket payable en trois fois…

    Des « déposants » sous le seuil de pauvreté

    À noter que 42% des demandeurs gagnent moins de 1 122 euros par mois. Pire, « 60,9% des déposants dans le département se situent sous le seuil de pauvreté », détaille Patricia Roche-Ramondy, contre 58,6% en région.

    En regardant de plus près la composition de la dette des ménages qui font appel à ses services, 167 millions d’euros en 2025 (-7% par rapport à 2024), la direction de l’établissement a établi qu’il s’agissait pour 46% de dettes à la consommation, 21% l’immobilier, 31% liées aux charges courantes et autres.

    La solution, c’est l’effacement pur et simple, pour 36% des dossiers. Les personnes en bénéficiant sont « néanmoins inscrites au fichier des incidents de crédits aux particuliers » précise Patricia Roche-Ramondy, et ne peuvent plus bénéficier de prêts pendant 5 ans. En moyenne, 22 481 euros de dette sont effacés par dossier en 2025, exactement comme en 2024. Pour 42% des dossiers, un plan de remboursement est bâti sur une durée maximale de 7 ans, doublé si nécessaire d’un effacement partiel de la dette.

    Ouverte à « toutes les personnes de bonne foi qui se trouvent dans l’incapacité de payer l’ensemble de leurs dettes, charges ou crédit, sans montant minimum, la procédure peut encore faire peur », convient Patricia Roche-Ramondy. Quand « plus de 50% des personnes qui déposent un dossier nous disent qu’elles sont en difficulté financières depuis deux ans, elles essaient de s’en sortir, attendent, parfois se font aider », ajoute-t-elle.

    Pourtant, « recourir au surendettement c’est se protéger », estime Denis Lauretou, l’attestation de dépôt permettant de geler les sommes dues aux créanciers. Et de conseiller de faire appel aux travailleurs sociaux, « nous en avons formé 1 000 en 2025 ». À raison d’une réunion un jeudi sur deux de la commission départementale, le délai pour statuer est d’un mois, quatre pour que le dossier soit traité. On peut venir le chercher au guichet, le déposer, l’envoyer par courrier ou en ligne. Un numéro de téléphone, le 3414, a également été mis en place.

  • À Mauguio, les progressistes aux prises avec les droites

    À Mauguio, les progressistes aux prises avec les droites

    Entre un maire (Yvon Bourrel) qui se retire et la présence de six listes qui ont tendance à masquer leurs étiquettes, on peut dire que le flou règne à Mauguio-Carnon. Dans la 9e ville de l’Hérault (16 500 habitants), qui cultive autant le maraîchage que la culture bouvine, plane aussi la tentation du repli sur soi.

    Ne leur parlez pas du tramway à Mauguio ni à Carnon ! Tous y sont opposés, sauf peut-être à l’aéroport. « Mauguio ne doit pas être le cordon ombilical de Montpellier », a synthétisé Patricia Moulin-Traffort lors du débat de Midi Libre. L’ancienne suppléante de l’ex-député macroniste Patrick Vignal n’est pourtant pas la candidate la plus à droite. « Inquiet » de la réduction de l’habitat individuel au profit du collectif, l’élu d’opposition Pierre Martin-Chazot (les Républicains) veut « conserver la ville à taille humaine ».

    C’est aussi l’avis de Cécile Barral. Sortie de l’ombre des cabinets des maires Stéphan Rossignol (la Grande Motte), Jean-Paul Fournier (Nîmes) ou Carole Delga (Région Occitanie), la candidate qui penche à droite veut un centre de supervision urbain et plus de vidéosurveillance dans une ville qui compte déjà 150 caméras et 30 policiers municipaux.

    L’extrême droite n’a pas fait l’impasse et présente Gilles Parmentier (RN). Le collaborateur de Louis Aliot (Perpignan) joue déjà sur les peurs en amalgamant les HLM au narcotrafic. « C’est aux délinquants de fuir la ville et pas l’inverse. »

    La Font, clé de l’élection ?

    C’est vite oublier les statistiques officielles. 858 dégradations, 311 verbalisations pour stupéfiants, 83 cambriolages, 163 agressions en 2024… En 10 ans, la délinquance est restée stable et relativement contenue à Mauguio. Héritier de la majorité sortante, Laurent Pradeille privilégie les « médiateurs sociaux ». Préfère « l’ouverture d’esprit et la modération » aux « solutions incendiaires ». L’ancien socialiste qui conduit une « liste d’intérêt municipal », veut construire un gymnase, une nouvelle gendarmerie, préparer l’arrivée du lycée. Pour pallier un souci des saisonniers, il veut « développer les transports pas chers vers le littoral » et améliorer la desserte des zones économiques. Le dispositif zéro chômeur dans une ville qui en compte 9% ? « On ne s’interdit rien ». Allié au délégué d’Horizons Laurent Cappelletti, L. Pradeille défend le projet du quartier de la Font (800 logements) jugé trop grand par ses concurrents. « Il permet la mixité et de loger les jeunes. On a 500 demandes en attente de logement social ».

    L’écologiste Daniel Bourguet veut revoir la voilure. « 80% des logements de la Font sont trop chers. Les immeubles poussent un peu partout. On ne pourra pas accueillir tout le monde. Il ne faut ni trop densifier ni trop s’étaler », tempère le candidat de la liste progressiste et humaniste « L’Alternative citoyenne ». Daniel Bourguet veut « revenir sur le stationnement payant à Carnon » (20 euros max par voiture à l’année), rapprocher demandeurs d’emploi et entrepreneurs. Pour l’écolo, pas de « surenchère sécuritaire » mais une « police de proximité » et des « patrouilles à pied ». Il promet « d’impliquer les citoyens » dans sa gestion.

  • Énergies renouvelables : l’urgence d’un cap politique clair à Montpellier

    Énergies renouvelables : l’urgence d’un cap politique clair à Montpellier

    « Un cap politique clair et assumé sur la transition énergétique », qui rende de la visibilité aux entreprises du secteur et permette une continuité dans les appels d’offres et les investissements. C’est ce que réclament les salariés du secteur des énergies renouvelables, appelés à se rassembler le 10 février à Paris devant l’Assemblée nationale et à Montpellier, où la filière est très représentée, devant la préfecture. Une mobilisation inédite.

    Voilà deux ans et demi, maintenant, que la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), feuille de route énergétique de la France jusqu’en 2035, se fait attendre en raison de divisions politiques sur le partage entre nucléaire et énergies renouvelables.

    « On nous a notamment menacés, ces derniers mois, d’un moratoire. Cette situation fait peser beaucoup d’incertitudes sur notre secteur, si bien qu’aujourd’hui beaucoup d’entreprises ont enclenché des licenciements économiques », explique Florence Vollaro, membre du CSE de la société Apex Énergies, à Montpellier, et porte-parole de l’inter-CSE.

    30 000 à 40 000 emplois menacés

    France Renouvelables, qui représente 370 acteurs de la filière, estime qu’une trajectoire énergétique marquée par un recul des renouvelables par rapport aux prévisions actuelles pourrait entraîner « la destruction de 30 000 à plus de 40 000 emplois  » selon les scénarios retenus, sur une filière qui représente environ 118 000 emplois directs et indirects en France (dont 80 000 à 120 000 dans l’éolien et le solaire). « C’est pour ça qu’on a décidé de se mobiliser, pour se rendre visibles et maintenir la pression », insiste Florence Vollaro.

    Car si la signature du décret de publication de cette très attendue feuille de route énergétique de la France sur dix ans n’est plus, selon le Premier ministre, qu’une affaire de jours, la filière reste vigilante. « On ne s’arrête pas à des promesses, on attend des éléments concrets, des choses qui vont nous permettre de sécuriser un maximum d’emplois et de limiter la casse en cours dans de nombreuses entreprises », précise la porte-parole héraultaise.

    « On réclame une programmation ambitieuse, une véritable stratégie industrielle qui permette de préserver et de créer des emplois durables. Il faut que l’État soit prêt à vraiment investir dans les déploiements d’énergies renouvelables et qu’il soit cohérent. Pour ça, il faut également mettre en place une planification d’électrification, essentielle pour le déploiement des énergies renouvelables. C’est un peu la bataille qui manque aujourd’hui dans notre secteur d’activité. Car actuellement, l’énergie fossile représente encore 60% de notre consommation d’énergie », indique Florence Vollaro.