Tag: emploi

  • [Entretien] Pascal Galéoté : « C’est un projet d’intérêt national vital »

    [Entretien] Pascal Galéoté : « C’est un projet d’intérêt national vital »

    La Marseillaise : Comment comprenez-vous l’opposition
    à la ligne THT ?

    Pascal Galéoté : On peut comprendre qu’il y ait des oppositions à son tracé. Ceci étant dit, on est dans une situation énergétique et environnementale compliquée, et on ne peut pas porter à la fois la nécessité d’une transition écologique et s’opposer à des projets permettant de développer de l’industrie et des activités plus respectueuses de l’environnement. Sans être à la place de celles et ceux qui s’y opposent, c’est un projet d’intérêt national vital. Ça a été dit par les responsables d’Enedis : l’alimentation électrique de tout le Sud-Est est concernée, si on veut éviter une situation de black-out dramatique, pour des secteurs d’activité comme la santé, sans parler d’industrie.

    Il y a aussi un enjeu sur l’emploi ?

    P. G. : 30 000 à 40 00 emplois directs et induits sont concernés. Le territoire n’a jamais connu d’enjeux aussi forts depuis les années 70 et l’ère de la construction des industries, des raffineries et des aciéries. On est dans cette croisée des chemins : à la fois à faire survivre et adapter l’industrie existante et nous portons des projets alternatifs, et la nécessité de maintenir et avoir une production respectueuse et adaptée. Il faut corréler tout ça. La totalité du territoire est suspendue à la mise en œuvre de ce projet. Il y a une vraie opportunité et le projet de ligne à 400 000 volts doit voir le jour et accélérer parce que des doutes peuvent exister chez les industriels et cela pourrait retarder des projets ou en remettre en cause certains. La CGT est donc favorable à une accélération même s’il peut y avoir des alternatives à sa réalisation. Mais il ne faut que ce soit des solutions utopiques.

    C’est-à-dire ?

    P. G. : L’enfouissement de la ligne, techniquement, c’est une tranchée de 25 mètres de profondeur sur 100 de large : l’impact environnemental est peut-être encore plus important qu’une ligne aérienne. Puis, il y a les questions de submersion et de marées… On n’est pas là pour qualifier ou pas le tracé ou les options mais il faut que ce projet se fasse. Ça peut monter en puissance mais il faut engager des travaux et la mise en œuvre pour une livraison d’ici 24 mois. Les travailleurs sont mobilisés sur ça. On va continuer à participer au débat public, contribuer et faire que ça aille dans le bon sens.

  • Les métiers de la sécurité sociale recrutent

    Les métiers de la sécurité sociale recrutent

    « La Sécurité sociale est un employeur majeur sur le territoire ». C’est le message que veulent faire passer les directions des organismes sociaux pour le lancement de la 4e « semaine de l’emploi » dans la région.

    Une semaine où les différentes entreprises qui composent la Sécurité sociale, comme la CAF (Caisse d’allocations familiales), la CPAM (caisse primaire d’assurance maladie), l’Urssaf (Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale) ou encore la Carsat (Caisse d’Assurance Retraite et de la Santé au Travail) proposent une série de rendez-vous pour une vaste opération de recrutement. « On a des missions à la fois complémentaires et différentes. La branche retraite accompagne les futurs retraités et le suivi des droits des retraités. La branche maladie garantit l’accès aux soins et aide les usagers dans les parcours de santé… Cela permet d’avoir une multitude de métiers », explique Pascale Trucy directrice régionale adjointe de l’Urssaf Paca.

    Rappelons que ces organismes, bien qu’ils soient des maillons essentiels de l’état social, sont des employeurs de droit privé. Avec 6 branches (famille, retraite, autonomie, maladie, recouvrement, risques professionnels) et plus de 300 organismes, autant dire que l’offre proposée par la Sécu’ est large avec 80 métiers proposés. « Nous recrutons sur des métiers variés et parfois méconnus. Pour l’Urssaf Paca, depuis janvier 2026 on a publié 99 vacances de poste et on a recruté 60 personnes en CDI », développe Pascale Trucy. Concrètement, les organismes recrutent dans des domaines comme la relation client, gestion de dossiers, juridique, action sociale, analyse de données, communication, marketing, ou encore sur les fonctions supports comme avec de la comptabilité, finance ou ressources humaines…

    « Garantir l’accès

    aux droits »

    « On propose des métiers vivants, avec de l’autonomie ou de l’itinérance, avec des personnes qui vont voir les professionnels de santé ou des entreprises au quotidien », insiste Lavinie Maleuvre, directrice adjointe de l’Assurance maladie PACA. Elle précise d’ailleurs que les offres s’adressent aux travailleurs âgés comme aux plus jeunes : « On recrute beaucoup de jeunes sans expérience, qu’on forme nous-même ».

    De quoi remettre en avant le sens des métiers de la Sécu. « On est présents à chaque étape de la vie des citoyens, nos organismes remplissent des missions de service public. On est là pour garantir l’accès aux droits et faire vivre la solidarité entre tous », conclut Pascale Trucy.

  • [Entretien] Frédéric Souillot, FO : « Pour Fibre Excellence, la bataille n’est pas finie »

    [Entretien] Frédéric Souillot, FO : « Pour Fibre Excellence, la bataille n’est pas finie »

    La Marseillaise : Comment appréciez-vous le niveau de mobilisation de ce 15 septembre ?

    Frédéric Souillot : C’est un excellent niveau de mobilisation dans les IEG (Industries électriques et gazières). Il y avait aussi les retraités. Car le tarif agent qui est remis en cause, c’est leur contrat social. Cet été, quand il y a eu des incendies partout, quand il y a eu la canicule dans les hôpitaux, ils sont venus d’astreinte pour remettre tout en route. Ils remplissent une mission de service public en étant sous convention collective. J’ai entendu le Premier ministre les féliciter, comme dans la santé. C’est une vraie richesse à chaque crise et après, sous l’angle économique, ça devient un coût.

    Ces métiers manquent d’attractivité. Quelle est la solution ?

    F.S. : à chaque fois qu’il y a un concours d’entrée dans la fonction publique, il manque un tiers des candidats. Or, dans la fonction publique c’est un investissement et ça garantit la cohésion sociale de la République. Comment va-t-on chercher les 1,3 million de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni à l’éducation nationale ? C’est une vraie perte pour la nation. Ils sont souvent récupérés par l’économie parallèle. Comment on les ramène ? Comment on leur propose une vraie carrière avec de l’évolution professionnelle ? On travaille dessus avec la négociation d’un accord national interpro. On a remis au goût du jour l’Arpe (Allocation de remplacement pour l’emploi) : le départ de deux anciens pour l’embauche d’un jeune et où on peut accepter des aides publiques. Et parallèlement, une retraite progressive dès 60 ans.

    Pensez-vous qu’il soit encore possible de dialoguer avec le gouvernement ?

    F.S. : Le gouvernement va présenter un budget au Parlement, on verra bien ce qu’il y a dedans. Depuis 2017, il repousse les corps intermédiaires. Mais même les organisations patronales disent qu’il faut redonner sa place à la démocratie sociale et à la négociation collective. C’est pour cela que nous les avons reçues à FO et que nous avons discuté d’un agenda social autonome. Le premier sujet sur lequel on veut discuter, c’est comment on se projette : comment on parle de modèle productif à vingt ans ?

    On parle beaucoup de réindustrialisation, mais des usines ferment. Quels sujets seront abordés lors de la Journée de l’industrie de FO, le 8 octobre ?

    F.S. : Les politiques en parlent comme un slogan juste avant les élections. Maintenant, pour revenir sur les déserts industriels, il faut passer aux actes. Notre projection pour la réindustrialisation, c’est commencer par se demander comment on revoit le Conseil national de l’industrie ? Il y a 20 ans, il a été créé pour mettre en place des filières de branche. Aujourd’hui, il n’est plus au goût du jour. Il faut repenser la politique industrielle, avec la transition énergétique, mais surtout, il faut en discuter avec les travailleurs pour mettre socialement les choses en place. Si on avait fait de la politique écologique dans les années 2000, on aurait peut-être avancé sur ces questions. Aujourd’hui, on nous parle de fermer des sites.

    Quel avenir pour Fibre Excellence à Saint-Gaudens et à Tarascon ?

    F.S. : à Tarascon, la seule organisation syndicale qui avait proposé la nationalisation temporaire le temps qu’on trouve un repreneur, de faire des investissements pour modifier les sites industriels pour faire de la pâte à papier plus valorisée, c’est FO. Aujourd’hui, il y a liquidation. à Saint-Gaudens, la Région Occitanie et d’autres organisations syndicales la demandent. On continue à suivre ce dossier. Ce qu’on dit au ministre de l’Industrie, c’est : trouvez un papetier et nous, avec la Région Paca, la CCI d’Arles, on trouvera des investisseurs. Ce sont 270 familles qui sont concernées. Et à Tarascon, retrouver un emploi… C’est déjà un désert industriel ! Nous sommes toujours dans les starting-blocks. Il n’y a pas plus tard que deux jours, nous avons interpellé le préfet. La bataille ne peut pas être finie. Il y a eu des investissements, si ça s’arrête, c’est de l’argent jeté par les fenêtres.

  • Sortir du fatalisme

    Sortir du fatalisme

    La situation de Fibre excellence est un scandale à plus d’un titre.

    Dernière entreprise productrice de pâte à papier en France avec ses deux sites majeurs, Tarascon et Saint-Gaudens, elle a été abandonnée par le gouvernement qui a refusé d’apporter les garanties nécessaires au plan de reprise présenté, cet été, au tribunal de commerce de Toulouse. Et cela, en dépit des grandes déclarations sur l’importance des relocalisations d’usines et de la souveraineté industrielle après le covid.

    Fibre excellence a ensuite été disloquée : à la différence de l’usine de Saint-Gaudens, celle de Tarascon a été liquidée et ses salariés licenciés.

    Malgré les alertes lancées par les salariés et leur intersyndicale sur la dangerosité de l’arrêt de ce site classé Seveso, plusieurs incidents ont eu lieu, laissant craindre des conséquences environnementales en plus de la casse sociale et industrielle. Des peurs dans la population sur lesquelles la mairie RN de Tarascon, très discrète lorsqu’il s’agissait de défendre l’avenir de l’usine, n’a pas manqué de surfer.

    Nationalisation temporaire

    Dans ce contexte, Carole Delga, la présidente de la Région Occitanie, et sa majorité de gauche ont raison de se battre pour sortir du scénario de la catastrophe annoncée.

    En demandant au président de la République une nationalisation temporaire, elle ouvre une brèche dans le fatalisme ambiant et montre un autre chemin que celui que les dogmes libéraux infligent au monde du travail.

    Oui, Fibre excellence est une entreprise stratégique. Oui, des milliers d’emplois sont en jeu. Oui, il est temps d’agir. À Saint-Gaudens et à Tarascon !

  • Dans les Hautes-Alpes, une cellule de veille pour aider le secteur associatif

    Dans les Hautes-Alpes, une cellule de veille pour aider le secteur associatif

    C’est une avancée que l’Union départementale de l’économie sociale et solidaire (Udess), attendait depuis longtemps. Alors qu’à l’échelle nationale, le monde associatif subit fermetures, licenciements, ou passage contraints au temps partiel, les données restent difficiles à comptabiliser de manière précise, tant de nombreuses associations disparaissent ou doivent licencier sans bruit, dans un secteur « habitué » à faire avec presque rien. C’était tout l’enjeu de la rencontre du 8 juin, entre les représentants de l’Udess et la sous-préfète Hélène Dargon. Dans un communiqué paru la semaine dernière, l’Udess affirme que la préfecture a acté la mise en place d’une cellule de veille départementale sur l’emploi ESS, comme proposé durant l’entrevue.

    « Les structures de l’économie sociale et solidaire (associations, coopératives, mutuelles) dans notre pays et plus particulièrement dans les Hautes-Alpes, (…) rencontrent d’importantes difficultés en raison de la diminution ou du décalage dans le paiement des financements que les pouvoirs publics lui accordent », pose le communiqué. Face à cela, le secteur associatif des Hautes-Alpes a déjà mis en place des dispositifs solidaires innovants, comme un fonds de mutualisation alimenté par les structures ESS. « Mais ce n’est pas suffisant pour aider les entreprises en difficulté structurelle », alerte l’Udess. Si « de nombreux dispositifs nationaux et régionaux de soutien existent en fonction du degré de difficulté », l’Udess rappelle que « la plupart des entreprises de l’ESS ne les connaissent pas ». La cellule de veille aura donc pour but, « après repérage des situations de structures en difficultés », de leur proposer « des solutions visant à les aider à traverser la situation de tension qu’elles traversent ».

    Enrayer l’abandon

    du monde associatif

    La dernière note d’étude du CRESS de la région Paca le rappelle : « L’ESS des Hautes-Alpes ne s’effondre pas. Mais ses bases tremblent. » Si l’ESS dans les Hautes-Alpes a vu le nombre d’emploi augmenter en 2025 (+0,8%), le nombre d’établissements employeurs recule
    (-2,8%), tandis que l’augmentation des salaires (+0,1%) a été inférieure à l’inflation. Dans ce contexte, la cellule de veille départementale sera mise en place « dans les semaines à venir », affirme l’Udess. La mission de son organisation et de son fonctionnement a été confiée à Dalila Raïs, inspectrice à la Direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDETSPP). La prochaine se tiendra le 7 octobre, et d’ici la mise en place formelle de la structure, les entreprises et associations de l’ESS sont invitées à faire connaître leurs difficultés à l’adresse suivante : udess05@udess05.org.

  • [C’est l’été] Avec l’Insee, la statistique de l’emploi au contact du terrain

    [C’est l’été] Avec l’Insee, la statistique de l’emploi au contact du terrain

    En ce jeudi soir de juillet, Christicna Giorgetti a enfin réussi à organiser l’un des derniers rendez-vous de la « grappe » qu’elle doit interroger. « C’est un couple de soignants, disponibles seulement à partir de 20h, ils pensaient que c’était trop tard pour moi… » témoigne-t-elle. Au total, l’enquêtrice de l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) devait rencontrer, en trois semaines, quelque 26 ménages tirés au sort parmi les habitants de Gémenos dans le cadre de l’enquête sur l’emploi, le chômage et l’inactivité. « La plus grosse enquête de l’Insee, la plus connue », sourit-elle.

    Depuis 1950 en effet, les enquêteurs de l’institut viennent interroger une série de ménages pour mesurer les évolutions de l’emploi et du chômage à l’échelle nationale. « C’est une enquête que nous essayons de garder relativement stable, même si nous nous adaptons aussi aux évolutions du marché du travail, explique Laura Castell, la cheffe de la division emploi au siège de l’Insee à Montrouge (Hauts-de-Seine). Depuis cinq ans, nous avons des questions sur le télétravail, qui était marginal avant. » Encadrés par les directions régionales, ce sont des enquêteurs contractuels – 40 en région Provence-Alpes-Côte d’Azur – qui vont à la rencontre des familles tirées au sort dans des secteurs géographiques déterminés.

    Face aux défiances

    de la société

    « La première chose que je fais, c’est de vérifier si les personnes habitent toujours au même endroit », raconte Christina Giorgetti. Après cette tournée de quelques heures, elle va alors les contacter par courrier puis téléphone et organiser un premier rendez-vous, en face-à-face. Un véritable parcours d’obstacles parfois, quand bien même ces enquêtes sont obligatoires. « La principale difficulté c’est l’accès, témoigne Marjorie Martin, cheffe de la division enquêtes ménages dans la région. Dans le 9e arrondissement de Marseille avec les résidences sécurisées, il faut plusieurs allers-retours pour pouvoir entrer… » Mais il faut aussi faire avec la défiance et des contextes sociaux parfois difficiles. « Nous avons deux enquêtrices dans les quartiers Nord qui connaissent très bien le secteur, elles ont leurs astuces pour éviter les situations de danger dans les endroits les plus sensibles, poursuit la responsable. Elles y vont le matin quand c’est plus calme s’il y a un point de deal, ne disent pas qu’elles sont enquêtrices mais qu’elles réalisent une étude, certaines ne montrent pas leur carte, parce qu’il y a la Marianne… » Au moindre risque, un droit de retrait leur est accordé. « En règle générale je suis bien accueillie, même si on m’a déjà dit que ce n’est pas normal que ce soit obligatoire, raconte de son côté Christina Giorgetti. Mais quand j’explique l’intérêt de l’enquête, ces personnes s’excusent ! » D’autant plus que cette défiance ne connaît pas de frontières. « Depuis de nombreuses années, les taux de réponse dans de nombreux pays européens ont beaucoup baissé, mais c’est moins le cas en France », précise Laura Castell.

    L’enquêtrice peut alors dérouler le questionnaire sur sa tablette, du niveau d’études au nombre d’heures travaillées ou aux différentes démarches pour chercher un emploi, selon les situations. Un échange d’un quart d’heure, pour chaque personne du foyer. Puis dans les coulisses, les premiers questionnaires sont relus avant le travail global de vérification face aux potentielles incohérences pointées par le logiciel et, au niveau national, l’anonymisation complète, le redressement statistique. Chaque trimestre, pendant 18 mois, les ménages sélectionnés seront réinterrogés pour savoir si leur situation a évolué, cette fois en ligne ou par téléphone. Au total, 90 000 personnes sont questionnées à chaque fois. « Cela nous donne des possibilités d’analyse très importantes, sourit Laura Castell. Nous publions les indicateurs phares du marché du travail une fois par trimestre et par an, mais aussi des données sur le travail, la formation… » Ainsi ce lundi le Premier ministre Sébastien Lecornu a-t-il dû assurer ne pas être « dans le déni », après la publication des derniers chiffres de l’Insee : le chômage a atteint son plus haut niveau depuis le Covid, alertait vendredi l’institut. Ces chiffres s’invitent aussi dans les politiques publiques : « Depuis la réforme sur le “plein-emploi“, le niveau des indemnisations des allocations-chômage dépend du taux que nous mesurons », explique Laura Castell.

  • [Entretien] Amine Kessaci : « Les jeunes ont aussi besoin de vivre et de respirer »

    [Entretien] Amine Kessaci : « Les jeunes ont aussi besoin de vivre et de respirer »

    Figure de la lutte contre le narcotrafic, le jeune élu écologiste a commencé à mettre en pratique un projet pour la jeunesse dont il martèle que la Ville a fait une priorité.

    La Marseillaise : Quand les éducateurs vous transmettent leur rapport, que devient-il ?

    Amine Kessaci : Je le fais suivre à la fois au CLSPDR et au service prévention de la délinquance, qui ont les associations qu’on a déjà mandatées et avec qui on a démarché pour accompagner des jeunes, trouver des solutions emploi, etc. Et justement, ce que je suis en train de créer depuis mon arrivée, c’est une coordination entre les services, pour que, dès qu’on a des remontées comme celle-ci, on ait quelqu’un qui puisse justement faire le suivi, relancer, proposer des entretiens, des rendez-vous. Car j’ai constaté à mon arrivée, qu’il n’y avait pas de coordination entre les remontées terrain et le suivi de ces demandes. Jeunesse, prévention de la délinquance et CLSPDR, les trois services qui sont sous ma délégation travailleront ensemble.

    De quels moyens et budget disposez-vous pour ce faire ?

    A.K. : En tant que président du CLSPDR, le procureur de la République est le premier vice-président et peut nous donner les moyens niveau justice. On a la préfète de police qui est également vice-présidente et les structures sociales qui font les accompagnements. La Mission locale peut prendre le relais. Quand il s’agit de questions d’addictologie, on a des associations spécialisées. Marseille Habitat en tant que bailleur social peut aussi faire le lien, débloquer les situations. Ces dispositifs existaient déjà, je ne crée rien de nouveau, ce que j’apporte c’est la coordination. Niveau financier, nous sommes sous le coup des restrictions, la situation de la métropole nous met dans une situation inconfortable mais le maire l’a assuré, la jeunesse reste une priorité.

    Avez-vous des objectifs précis ?

    A.K. : Avec le maire, on s’est fixé deux lignes sur les politiques jeunesse. Premièrement, protéger les jeunes Marseillais face à l’entrée dans les narcotrafics, au mal-logement, au manque d’information, de formation, d’emploi, de dispositifs d’insertion. Le deuxième objectif, c’est de faire rêver la jeunesse, de permettre aux jeunes Marseillaises et Marseillais de pouvoir faire la fête, s’amuser. On se rend compte, qu’on est juste sur de l’action sociale, d’urgence, ce qui est important et nécessaire, mais les jeunes ont aussi besoin de respirer, de vivre. C’est quelque chose qu’on a oublié, notamment depuis le Covid. C’est pour ça aussi qu’on a lancé le dispositif « Vacances pour tous » qu’on a piloté avec Farida Benaouda [DVG, conseillère municipale déléguée en charge des vacances pour tous et des cités éducatives, Ndlr.] et Hassan Guenfici [DVG, adjoint au maire, en charge des centres sociaux et de l’éducation populaire]. La semaine dernière je me suis rendu à La Paternelle (14e), pour un départ en car des familles. Ces dernières sont meurtries, même si elles n’ont peut-être pas perdu des proches dans leur chair, elles ont en tout cas vu la guerre de la drogue de très près en 2023. Aujourd’hui elles peuvent partir, profiter d’une journée à l’extérieur grâce au dispositif « s’évader », mené avec ma collègue Anne-Sophie Sidani [PS, conseillère municipale déléguée à la politique de la ville].

    Peut-on déjà tirer un premier bilan de votre action, cinq mois après avoir été élu ?

    A.D. : Nous sommes en train de mettre en place toutes ces actions de coordination et de lancer une nouvelle dynamique au sein du CLSPDR. Sur le décrochage scolaire par exemple, on attendait que le jeune ait plusieurs centaines d’heures de décrochage scolaire pour le convoquer et pour mettre en place des dispositifs. Maintenant on agit dès le départ. Dès qu’on voit qu’il y a des jeunes qui commencent à avoir beaucoup d’heures d’absence répétées sans justification, l’Éducation nationale et le procureur de la République nous saisissent pour justement éviter aux familles les placements, les actions judiciaires. Et on réunit ces jeunes avec leurs parents, les deux parents. On met en place aussi un accompagnement social. Avec des associations qu’on mandate, qu’on finance et à qui on demande de faire le suivi avec un bilan un mois après pour voir si le jeune est retourné à l’école.

    C’est un travail de dentelle ?

    A.K. : Oui et franchement c’est nécessaire. Les jeunes ont besoin aussi de voir un jeune comme eux en face. Piloter au niveau « macro », c’est très bien et cela fait partie évidemment de mon rôle, mais la proximité ça a toujours été ma marque et je compte bien continuer.

  • Nouvelle mobilisation pour sauver Fibre Excellence

    Nouvelle mobilisation pour sauver Fibre Excellence

    Toujours « mise sous protection » par ses salariés, l’usine de Fibre excellence de Tarascon espère recevoir du soutien, ce mercredi.

    Malgré sa liquidation judiciaire, le 29 juillet dernier, par le tribunal de commerce de Toulouse, les travailleurs du site produisant de la pâte à papier n’ont pas encore baissé les bras. « L’intersyndicale occupe le site depuis plus d’une quinzaine de jours. Maintenant, ce que l’on souhaite c’est une table ronde pour trouver une porte de sortie qui pérennise le site. Une table ronde en préfecture, avec la Région Sud, des acteurs économiques et institutionnels locaux », explique François Canu, secrétaire de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône (UD CGT 13).

    Concrètement, son organisation donne rendez-vous à ses militants devant l’usine, ce mercredi matin pour soutenir les travailleurs. Une conférence de presse est prévue, elle sera suivie d’une « initiative départementale » avec un temps fraternel et le traditionnel barbecue au programme. « Même si dans la période, c’est pas simple de mobiliser, on espère que la mobilisation va être fraternelle et solidaire », développe le syndicaliste. Manière de rappeler à tous que le site est encore loin d’être rayé de la carte. L’objectif reste aussi, et surtout, de maintenir la pression sur les acteurs impliqués dans le dossier pour tenter de sauver l’usine. « Il y a des contacts avec la Région, on espère que ça bouge rapidement sinon ça va être un carnage pour l’emploi local : pour les travailleurs de la filière du bois mais aussi les sous-traitants », rappelle François Canu, citant les 270 emplois directs mais aussi les 5 000 induits.

  • Fibre Excellence : « Ni fermeture ni abandon » pour la CGT

    Fibre Excellence : « Ni fermeture ni abandon » pour la CGT

    « Si la liquidation du site de Tarascon devait être confirmée, une lourde responsabilité politique reste incontournable : celle d’un État qui refuse d’assumer son rôle de stratège industriel alors même qu’une solution de reprise existe » : le message de la CGT alors que le tribunal de commerce doit rendre sa décision ce mardi.

    L’audience de lundi, qui a retoqué la proposition de reprise portée par Matthieu Pigasse et affirmé qu’aucune offre existait pour le site de Tarascon, avant de vouloir examiner une nouvelle offre pour Saint-Gaudens, a provoqué une « profonde inquiétude et révolte » de la CGT.

    « Depuis des mois, les salariés et leurs représentants ont accompli un travail considérable pour préserver l’activité et ils ont contribué à bâtir un projet industriel crédible, à identifier un repreneur français solide, à élaborer un plan de diversification de l’activité et à sécuriser des engagements financiers », martèle le syndicat avant d’asséner : « Là où l’État aurait dû être moteur, ce sont une nouvelle fois les salariés qui ont pris leurs responsabilités ».

    Pour la CGT, l’affaire dépasse le seul cas de Fibre Excellence. Elle y voit un « abandon préoccupant » de l’État face aux fermetures industrielles et aux délocalisations des productions à l’étranger et souligne l’importance de la filière bois-papier-carton, « tant du point de vue industriel qu’environnemental ».

    Elle appelle donc l’État à utiliser le délai accordé pour le site de Saint-Gaudens « pour rechercher toutes les solutions permettant de consolider le projet industriel » et « d’empêcher la disparition du site de Tarascon ». Sans quoi, le syndicat prévoit de soutenir pleinement les mobilisations à venir.

    Andréa Goyard-de Castro

  • Le golf de Digne placé en redressement judiciaire

    Le golf de Digne placé en redressement judiciaire

    Les vœux de la mairie de Digne, suspendue à la décision du tribunal de commerce, ont été exaucés mardi : le golf de Digne a été placé en redressement judiciaire et a ainsi évité la liquidation. L’équipement sportif, d’une grande importance pour la ville préfecture, avait déjà été placé en cessation de paiement, sur fond de conflit entre les gérants, en instance de divorce.

    « Je suis heureuse de pouvoir restructurer avec d’autres partenaires », a rapidement réagi la directrice générale du golf, Laëtitia Cinquini Bataillé, après la décision du tribunal. « Cette procédure est destinée à favoriser le rebond de l’entreprise et nous travaillons déjà avec les organes désignés par le tribunal en faveur d’une restructuration fructueuse », a-t-elle ajouté dans un communiqué signé de l’équipe du golf.

    La directrice générale accusait le groupe Adonis, présidé par son ex-compagnon, d’avoir cessé de la soutenir et de l’avoir privée des « moyens nécessaires pour faire face aux besoins indispensables à la poursuite de ses projets », mettant ainsi « en grandes difficultés les exploitations », selon elle.

    « Cette scission intervient dans un contexte de divergence stratégique entre associés : Pascal Bataillé, président du Groupe, a décidé de ne plus suivre Laëtitia Cinquini Bataillé et de réorienter ses investissements vers d’autres projets entrepreneuriaux, mettant ainsi un terme à la stratégie qu’ils avaient initialement construite ensemble », écrivait-elle jeudi dans un communiqué largement relayé sur Facebook. Elle y affirmait « poursuivre seule les efforts nécessaires pour maintenir à flot les entreprises créées conjointement, notamment celle du golf et ainsi préserver l’activité, les emplois et honorer les engagements pris ». Selon elle, « l’absence de soutien financier et opérationnel du groupe a progressivement placé le golf dans une position devenue extrêmement fragile ».

    « Des pertes structurelles »

    Le président du groupe Adonis, son ex-compagnon Pascal Bataillé, lui a répondu par voie de communiqué lundi soir : « Face aux difficultés rencontrées par certains établissements du groupe, une réflexion stratégique a été engagée dès l’automne 2025, visant à recentrer nos investissements sur les activités pérennes et à prendre les décisions nécessaires lorsque certains sites présentent, de manière durable, des pertes structurelles. »

    Les salaires des employés du golf ne seraient plus payés depuis début juin, selon la mairie de Digne, qui est liée à la société gestionnaire du golf par un bail à construction. La mairie « agira avec détermination pour favoriser la recherche de nouveaux investisseurs ou repreneurs, afin d’envisager la sauvegarde du golf, le maintien des emplois et la pratique sportive de façon pérenne », a-t-elle fait savoir dans un communiqué, mardi soir.