Tag: Emmanuel Macron

  • Bientôt une Giga Factory à Béziers

    Bientôt une Giga Factory à Béziers

    Soutenu avant tout par l’État (à hauteur de 200 millions d’euros dans le cadre de France 2030) et la Région de Carole Delga (via son plan hydrogène doté de 150 millions d’euros), le projet de Genvia se développe. En 2026, le site de la Cameron (groupe SLB, ex-Schlumberger) s’apprête à se moderniser davantage. Sur une parcelle de 49 hectares située au sein d’un technoparc, le chantier de la future Giga Factory s’apprête à débuter. Pionnier de la production d’hydrogène décarboné, Genvia mise sur la technologie des électrolyseurs à haute température. De quoi espérer des créations d’emplois. En novembre 2021, Emmanuel Macron avait visité ce site industriel d’avenir.

  • Une allocution courte et sans relief pour Emmanuel Macron

    Une allocution courte et sans relief pour Emmanuel Macron

    A l’issue d’une année politique désastreuse dont il a été le chef d’orchestre, le président de la République a adressé pour la neuvième et avant-dernière fois ses traditionnels vœux à la nation, ce 31 décembre 2025.

    Emmanuel Macron a assuré qu’il irait jusqu’au bout de son mandat et resterait « jusqu’à la dernière seconde au travail », alors que des voix se sont élevées jusqu’au sein du camp présidentiel pour réclamer une présidentielle anticipée. « Je serai jusqu’à la dernière seconde au travail, tâchant chaque jour d’être à la hauteur du mandat que vous m’avez confié », a déclaré le président.

    L’année 2026 « peut être et sera une année utile », a ajouté le chef de l’Etat, qui a promis de « veiller tout particulièrement à ce que plusieurs grands chantiers puissent aboutir » avant la fin de son second quinquennat.

    Il a évoqué « les premiers pas du service national pour l’engagement (des) jeunes », sur la base du volontariat à partir de septembre. Il a aussi promis de « protéger (les) enfants et (les) adolescents des réseaux sociaux et des écrans », via un projet de loi pour interdire les téléphones portables au lycée et l’accès aux réseaux sociaux avant 15 ans. Enfin, Emmanuel Macron s’est engagé à aller « au bout du travail législatif sur la question de la fin de vie », promise lors de sa réélection à l’Elysée en 2022. Le texte, voté à l’Assemblée nationale, doit encore être examiné au Sénat à partir du 20 janvier.

    Emmanuel Macron a aussi indiqué, lors de ses voeux aux Français mercredi soir, qu’il fera tout pour que la présidentielle de 2027 se déroule « à l’abri de toute ingérence étrangère » : « Je ferai tout pour que l’élection présidentielle se déroule le plus sereinement possible, en particulier à l’abri de toute ingérence étrangère ».

    Par ailleurs, toujours au sujet de la situation internationale, où « nous assistons au retour des empires et à la remise en cause de l’ordre international », Emmanuel Macron a souligné la défense de « notre indépendance et de nos libertés », plaidant pour l’accélération de « l’Europe de la défense ».

  • [Rétrospective 2025] Narcotrafic, l’insupportable bascule

    [Rétrospective 2025] Narcotrafic, l’insupportable bascule

    Quand se heurtent effets d’annonce et réalité de terrain

    On allait voir ce qu’on allait voir… À peine passé le jour de l’an, Gérald Darmanin alors ministre de la Justice avait déboulé le 3 janvier à Marseille annonçant mettre le paquet sur le narcotrafic, mais sans détailler les moyens mis en œuvre.

    Dans un bilan, le préfet de police d’alors, Pierre-Édouard Colliex, et le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, mettent en avant l’efficacité de la tactique dite du « pilonnage » qui a permis de supprimer 29 points de deal, de 161 en 2023 à 84 en 2024. Les interpellations de trafiquants ont grimpé, de 40% par rapport à 2023, le nombre de narchomicides a baissé de moitié, de 49 en 2023 à 24 en 2024.

    Une compagnie de CRS, une centaine de policiers sur la voie publique, 25 enquêteurs viennent compléter les rangs, le réseau de la Castellane est démantelé par la tête fin avril. Mais l’effort ne permet pas d’endiguer les meurtres : la Cayolle, La Ciotat, la Belle de Mai, la Bricarde, Air Bel, les Rosiers… Deux victimes, dont une retrouvée calcinée, sont des mineurs. Il aura fallu attendre le printemps pour que le Parlement adopte la loi sur le narcotrafic à laquelle manque le volet sanitaire et prévention. Seuls 5 décrets sur 37 ont été publiés, notaient nos confrères de FranceInfo le 15 décembre.

    Macabre décompte

    Véritable électrochoc pour Marseille et la France, l’assassinat de Mehdi Kessaci par un commando à moto, le 13 novembre, va cruellement mettre en lumière la nécessité d’agir. Mehdi est le petit frère d’Amine Kessaci, militant écologiste, qui a fondé l’association Conscience pour venir en aide aux victimes du narcotrafic, suite à la mort de son aîné, Brahim retrouvé calciné en 2020 dans une voiture. Il dénonce aussi l’attentisme de l’État dans un livre publié en septembre. Ce nouveau meurtre est très vite qualifié de crime « d’intimidation » par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez qui, avec Gérald Darmanin, garde des Sceaux, fait le déplacement à Marseille. Une marche blanche en hommage à Mehdi réunit plus de 6 000 personnes. À l’Élysée, Emmanuel Macron organise une réunion en urgence, et nomme Jacques Witkowski, dix ans de gendarmerie au compteur, préfet de région. Là encore, la lutte contre le narcotrafic est érigée en priorité. Le préfet organise pour son arrivée une vaste opération dans 15 points de deal. Le président de la République revient à Marseille le 16 décembre sans autre annonce que l’augmentation de l’amende pour consommation de drogue de 300 à 500 euros.

    Et le macabre décompte continue… Un véhicule est retrouvé brûlé parc Kallisté (15e) par la police municipale le jour de Noël. À l’intérieur, un corps carbonisé.

    18

    personnes, majoritairement des jeunes, ont perdu la vie dans des assassinats liés au trafic de drogue en 2025 dans le départementdes Bouches-du-Rhône.

    22 novembre : une marche blanche pour Mehdi Kessaci

    Anonymes, amis, associatifs, politiques… Répondant à l’appel d’Amine Kessaci et de son association Conscience, plus de 6 000 personnes se rassemblent sur le rond-point où a eu lieu le drame. Le 13 novembre, un commando à moto a abattu le petit frère du militant écologiste, très engagé dans la lutte contre le narcotrafic. Un assassinat « d’avertissement », affirmera très vite le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Amine Kessaci avait déjà perdu son aîné, Brahim, retrouvé calciné dans une voiture en 2020. « Debout », il poursuit son combat appelant le 15 décembre à la création d’une « convention citoyenne ».

    M.R.

    Pénitentiaires en danger et détenus entassés

    Dans les prisons de la région, où la surpopulation peut dépasser les 200%, la tension monte. Après la prise d’otage de 4 personnels à Arles le 3 janvier, le 14 avril, c’est une attaque coordonnée en France qui touche la Farlède, cible de tirs à l’arme automatique, Tarascon ou Luynes avec des voitures brûlées ou tagués « DDPF » pour « Droits des prisonniers français ». En août, un rapport salé sur les conditions de détention écrit par la contrôleure générale des lieux de privation de liberté préconise la fermeture de la prison pour mineurs de la Valentine à Marseille. Mais les constructions se poursuivent. Un quartier haute sécurité est prévu à Luynes, les Baumettes 3 sont inaugurées le 16 décembre.

    M.R.

    La préfecture de police disparaît

    Un décret du ministre de l’Intérieur a enterré la préfecture de police des Bouches-du-Rhône le 16 juillet, pendant qu’en un an ont été nommés deux préfets et une préfète de police déléguée.

    Un conseil municipal et s’en va. Après un an dans le département, le préfet de police Pierre-Edouard Colliex a été nommé dans le Jura, le 12 mars, deux semaines après avoir défendu devant l’hémicycle municipal un bilan positif en matière de sécurité qui a fait bondir à droite. Avec son départ disparaît, après presque treize ans d’existence, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône, qui retourne dans l’escarcelle du préfet de région Georges-François Leclerc, nommé le 12 mars en remplacement de Christophe Mirmand qui, après un passage à la tête du cabinet des Outre-mer, est depuis le mois de juillet ministre d’État de Monaco.

    Le 13 mars, l’ancienne championne d’aviron Corinne Simon est nommée préfète de police déléguée de cette nouvelle organisation, confirmée par un décret daté du 16 juillet, signé par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. Le 30 octobre, Georges-François Leclerc quitte, à son tour, le département, nommé directeur de cabinet à l’Élysée. Un mois et demi plus tard, c’est l’ancien directeur général de la Sécurité civile Jacques Witkowski qui lui succède.

    Y.S.

    Et aussi

    23 avril. Opération Jumbo

    1 000 agents sur la voie publique, les routes, 7 compagnies de CRS sont déployés dans le département pour une opération Jumbo afin d’assurer « la sécurité du quotidien ».

    29 août. Des trafiquants « solidaires » à Orange

    La préfecture du Vaucluse interdit une distribution de fournitures scolaires dans le quartier de Fourchevieilles. Une initiative du « FV Gang », groupe lié au trafic de stupéfiants…

    14 octobre. La MDS des Flamants tire le rideau

    Les agents de la Maison départementale de la solidarité manifestent pour dénoncer la pression d’un réseau de narcotrafic. Seule solution trouvée : délocaliser la permanence à Arenc, d’abord l’après-midi. Depuis la mi-décembre c’est à plein temps, obligeant les habitants à se déplacer.

    25 novembre. Orange évacue les salariés

    Suite à des « incidents » devant les grilles du site d’Orange à Saint-Mauront (3e), les salariés sont évacués, la préfète de police assurant ne pas avoir de traces de rixes. La direction décide de fermer jusqu’à la mi-décembre. Le travail reprend sous vigilance policière.

  • [Rétrospective politique 2025 1/2] Le pays s’enfonce dans l’instabilité

    [Rétrospective politique 2025 1/2] Le pays s’enfonce dans l’instabilité

    Sébastien Lecornu est la personnalité politique française la plus recherchée sur le moteur de recherche de Google en 2025. Une nouvelle distinction pour celui qui s’était autoproclamé « le Premier ministre le plus faible de l’histoire de la Ve République » peu après sa nomination par le président de la République, le 9 septembre.

    Qu’en penser ? Que la surprise fut grande dans l’esprit des Français lorsqu’Emmanuel Macron dans une fin de règne devenue éreintante, s’entêtant depuis les élections législatives anticipées de juillet 2024 à ne pas vouloir désigner une personnalité issue des rangs de la gauche, le plaça à Matignon ? Il y a sans doute de ça.

    Et pourtant. L’homme a été d’absolument tous les gouvernements durant les deux quinquennats Macron. Sept en huit ans sans compter les deux qui porteront désormais son nom. Sébastien Lecornu ne devrait donc pas être un illustre inconnu aux yeux des Français. D’autant que les postes qu’il a occupés n’étaient pas de petits strapontins : secrétaire d’État à la transition écologique et solidaire (2017-2018), ministre des collectivités territoriales (2018-2020), ministre des Outre-mer (2020-2022) puis ministre des Armées (2022-2025)… Sans compter que le nom de celui qui est toujours conseiller départemental de l’Eure a régulièrement circulé lorsqu’il a été question de trouver un locataire à Matignon…

    Lecornu s’en va et revient

    Plus vraisemblablement, cette curiosité numérique est à rechercher dans ce qui, selon un sondage Odoxa sorti ces derniers jours, est considéré par 47% Français comme l’événement le plus marquant de l’année 2025 : l’instabilité politique. Ils la placent devant le retour de Donald Trump et les problèmes de pouvoir d’achat (40%), avant la poursuite de la guerre en Ukraine (33%) ou le conflit israélo-palestinien (27%)…

    Depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, l’absence de majorité claire, les chutes des gouvernements Barnier et Bayrou, sur fond de difficultés récurrentes à faire adopter un budget à l’état, ont nourri un climat d’incertitude prolongée. S’il est parvenu à faire adopter celui de la Sécurité sociale pour 2026, Lecornu a lui aussi entretenu ce trouble.

    En septembre, il ne mettra pas moins de 26 jours pour former une équipe gouvernementale. Un choix que l’on pensait mûrement réfléchi mais dont l’annonce, le 5 octobre, suscitera une telle réaction épidermique des Républicains, qu’il démissionnera dans la foulée. Quatorze heures. Le gouvernement Lecornu 1 restera le plus éphémère de l’histoire. Mais n’étant pas à une contradiction près, il finira par accepter, « par devoir », la nouvelle nomination du président, le 10 octobre, sacrifiant au passage, la réforme des retraites, suspendue jusqu’en 2027, et promettant de ne pas recourir au 49-3

    Emmanuel Macron qui souhaitait dans ses vœux aux Français que cette année 2024 soit celle du « ressaisissement collectif » et de « la stabilité » avait une nouvelle fois tout faux.

    Ch.C.

    9 septembre : Bayrou démissionne

    Le 8 septembre, à l’issue d’une déclaration de politique générale centrée sur la dette, la gauche, l’extrême droite et une partie de la droite de l’Assemblée refusent de voter leur confiance au Premier ministre qui l’avait sollicitée. Une première dans la Ve République. Le lendemain, acculé par les critiques sur son plan de rigueur budgétaire (43,8 milliards d’économies, suppression du 8-Mai et du lundi de Pâques fériés), fragilisé par l’affaire Bétharram et l’échec du conclave sur les retraites, plombé par la loi Duplomb, François Bayrou, nommé à Matignon fin 2024 tout en restant maire de Pau dont il dirigera une séance du conseil municipal en pleine crise humanitaire à Mayotte, présente sa démission au président de la République qui l’accepte.

    Ch.C.

    2 janvier – 26 décembre : les ministres en visite à Marseille

    Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a ouvert le bal le 2 janvier. Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, l’a refermé le 26 décembre. En 2025, Marseille a reçu plus d’une vingtaine de visites officielles de ministres, la plupart sous le gouvernement Bayrou qui y passera, lui-même, le 5 mai. Emmanuel Macron s’y est rendu à deux reprises : en février avec le président indien, Narendra Modi, puis en décembre sur fond de guerre contre le narcotrafic.

    Ch.C.

    Nouveau mode de scrutin pour voter à Marseille

    Les encarts publicitaires du président (Ren.) de Région, Renaud Muselier, dans la presse nationale en février n’y auront rien fait : le 8 août, le Conseil constitutionnel a définitivement validé la réforme du mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille dit loi PLM pour les prochaines municipales. Emporté dans les vicissitudes de la dissolution, le texte initialement porté par le député (Ren.) de Paris Sylvain Maillard a été repris à la volée, au début du mois de février, par le Premier ministre François Bayrou. Une réforme largement perçue comme un coup de pouce pour faciliter une candidature de la ministre de la Culture Rachida Dati à Paris, et qui, à fronts renversés, a rencontré l’opposition ferme de la droite marseillaise et le soutien du maire (DVG) de Marseille. Après le début de l’examen du texte au mois de mars, il a été définitivement adopté le 11 juillet, avec les voix de Renaissance, LFI, le RN et une minorité de socialistes. Instituant désormais deux scrutins distincts dans les secteurs et à l’échelle municipale, avec deux urnes.

    Y.S.

  • Drogue : pour Macron, la répression en totem

    Drogue : pour Macron, la répression en totem

    Mettre un fléau systémique sur le dos des individus. C’est du libéralisme pur sucre. Et sans surprise, c’est l’essentiel du message du président de la République délivrée mardi à Marseille pour répondre au narcotrafic. En opposant les habitants des quartiers qui subissent de plein fouet la guerre de la drogue et ceux qui achètent ces produits, sous-entendus les « petits-bourgeois » des beaux quartiers, Emmanuel Macron ne fait pas avancer d’un iota le débat. Croit-il sérieusement que le passage de 200 à 500 euros de l’amende pour consommation va stopper l’usage de la drogue ? C’est faire fi de la dimension addictive et du problème de santé publique liée à la consommation de stupéfiants en France. Elle touche toutes les catégories sociales. Les trafiquants le savent.

    Marché de la mort

    Certes le président de la République a aussi parlé démantèlement des réseaux, de têtes aux manettes de ce marché de la mort à faire tomber. Mais les mots doivent être suivis d’actes courageux, concrets. L’État va-t-il prendre langue avec les dirigeants des pays producteurs à l’instar du Maroc ? Va-t-il enfin doter le port de Marseille de détecteurs efficaces pour ausculter les containers ? Va-t-il, cet État si répressif, donner tous les moyens à la justice – autre que des places de prison – pour lutter contre la corruption, mener des enquêtes, remonter les réseaux ? Va-t-il rétablir la police judiciaire démantelée ? Va-t-il protéger ceux qui osent parler, dénoncer ? La réponse à la pieuvre doit être multiforme et ne peut se payer de formules. L’État doit y mettre tous les moyens.

  • Un président les mains presque vides

    Un président les mains presque vides

    Un mois après l’assassinat de Mehdi Kessaci, le président de la République était particulièrement attendu à Marseille ce mardi, pour apporter des réponses face aux menaces du narcotrafic. Mais à l’issue de cette visite marathon, il n’aura guère sorti de ses poches qu’une seule nouvelle proposition, celle de sanctionner toujours plus durement les consommateurs de drogue avec une amende forfaitaire délictuelle passant de 200 à 500 euros. Déroulant pour le reste les actions déjà lancées dans le cadre du plan Marseille en grand.

    Taper le portefeuille

    « Nous avons tous une pensée pour la famille de Mehdi Kessaci après le drame qui s’est passé », a commencé Emmanuel Macron au cœur de l’entrepôt solidaire de la CMA CGM, à la Joliette, après s’être recueilli sur la tombe du jeune homme en présence de sa famille. « On avait déjà commencé le combat, et je vais tenir les engagements que j’ai pris », assure il au milieu des cartons d’aide humanitaire, entouré par quelque deux cent personnalités triées sur le volet pour un « Face aux lecteurs » de La Provence. Il énumère la création de l’Office anti-stupéfiants (Ofast), les renforts de police à Marseille avec 300 policiers en plus depuis 2021, l’arrivée de nouveaux magistrats. « Nous avons diminué par deux le nombre de points de deal physiques, je sais que c’est dur à entendre, mais on ne lâche rien », assène-t-il. Et d’annoncer le passage à une deuxième étape, après l’adoption de la loi narcotrafic au mois de juin. Le parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco) sera installé le 5 janvier, à Paris malgré les demandes des élus marseillais, les initiatives diplomatiques se poursuivront dans les prochains jours pour pouvoir arrêter les têtes de réseau à l’étranger tandis que l’action continue à l’échelon européen pour peser sur des réseaux sociaux de plus en plus mêlés au narcotrafic, des ventes en ligne à l’embauche des petites mains, jusqu’aux images des exécutions. « On ne doit rien lâcher, on doit pilonner », insiste Emmanuel Macron.

    Mais c’est face aux consommateurs qu’il durcit le ton. « Rien de tout ça n’arriverait s’il n’y avait pas des gens qui achètent de la cocaïne, du hash, lâche-t-il. Moi j’en ai ras-le-bol d’avoir des jeunes qu’on pleure et dans d’autres quartiers des gens qui considèrent que c’est festif d’acheter de la drogue. » Et donc d’annoncer cette hausse de l’amende forfaitaire délictuelle. « Il faut taper au portefeuille ceux qui consomment », défend-il, promettant une nouvelle campagne de communication.

    Mais au milieu de l’entrepôt glacial, il reste sourd aux interpellations des acteurs du terrain. « On voit les budgets des services publics diminuer drastiquement, les centres sociaux, les missions locales qui sont une part essentielle de la lutte contre le trafic perdre beaucoup », alertait Fadella Ouidef, de l’association culturelle Busserine, rappelant les coupes de la Métropole et de la Région. « L’État ne peut pas se substituer aux associations, c’est à vos collectivités de le faire », balaie Emmanuel Macron. Le plan Marseille en grand, répète-t-il, avec ses trois milliards d’euros de l’État déjà engagés, « est un plan qui n’a pas d’équivalent ailleurs ».

    « L’amende, c’est un pansement sur une jambe de bois, lâche de son côté l’éducateur spécialisé Mohamed Benmeddour à la sortie des échanges. Un jeune au chômage, qu’est-ce que vous voulez qu’il en ait à foutre ? » Et de témoigner : « Ces jeunes, ils se disent que ce qui va les sortir de la misère sociale, c’est le narcotrafic. Tu vas pouvoir dealer 6 mois puis acheter un commerce. »

    « On n’arrive pas à suivre »

    Les chantiers promis par l’Élysée sont pourtant bien sortis de terre, et le président de la République tour à tour s’est rendu au nouveau commissariat des 13e et 14e arrondissements (13,5 millions d’euros), puis à l’extension du centre pénitentiaire des Baumettes 3 (92 millions d’euros). Des avancées saluées par les agents concernés. Mais malgré tout, le désarmement des services publics s’y fait aussi sentir. « Il nous manque du matériel, des balises, expose une capitaine de l’Ofast. On doit prioriser des dossiers, c’est compliqué au quotidien. On n’arrive pas à suivre la grande criminalité. » « On retrouve une situation équilibrée, mais il y a un déficit de personnels, reconnaît de son côté le chef d’établissement des Baumettes, Jean-Marie Landais. On espère récupérer des sorties d’école en mai pour avoir des effectifs complets. » Le président, lui, écoute, puis part. Sans que la presse ne puisse lui poser de questions.

    Et aussi

    Feu vert pour la rénovation des copropriétés dégradées

    C’est en fin de journée, sur le chantier de construction de la nouvelle gare Saint-Charles souterraine, que le président de la République a annoncé que les quatre opérations marseillaises d’intérêt national de requalification des copropriétés dégradée ont obtenu le feu vert du Conseil d’État. « On sait que c’est une des choses les pires en matière de rénovation urbaines, partageait Emmanuel Macron. Quand on a plein de copropriétaires, on n’arrive pas à avancer. » De quoi déroger au droit commun pour rénover les 2 450 logements des Rosiers (14e), de Consolat (15e), du Mail (14e) et de la Maurelette (15e). Quant aux transports, la présidente (DVD) de la Métropole Martine Vassal se félicitait d’avoir déjà consommé le milliard d’euros de subventions : « Tout ce que j’espère, c’est que prochainement nous allons pouvoir renouveler ce contrat. »

    Une loi pour une majorité numérique en janvier

    À l’occasion de son tour de France de la presse quotidienne régionale imposé aux grands éditeurs par l’Élysée, le président de la République a répété, comme lors des précédents rendez-vous, son souhait : « L’idée, c’est d’arriver au début de l’année prochaine avec un texte qui définit la majorité numérique à 16 ans. » C’est qu’il a fait le constat, après des rencontres répétées auprès des propriétaires des réseaux sociaux, que « ceux qui produisent ces contenus ne sont pas intéressés par la santé mentale des jeunes, pour eux, ce ne sont que des produits ». Résolu à pousser au niveau européen pour faciliter la censure de contenus mensongers susceptibles de créer des troubles à l’ordre public, il ne rappelle que par un mot, à la fin, les besoins de trouver un modèle économique pour la presse, après les travaux des états généraux de l’information. Plus intéressé pour débrider la législation sur l’IA.

  • « Taper au portefeuille ceux qui consomment » : Emmanuel Macron veut augmenter l’amende de 200 à 500 €

    « Taper au portefeuille ceux qui consomment » : Emmanuel Macron veut augmenter l’amende de 200 à 500 €

    Défendre le bilan du plan Marseille en grand. C’était l’objectif de la venue d’Emmanuel Macron, ce mardi 16 décembre, dans la cité phocéenne. Mais un mois après l’assassinat de Mehdi Kessaci, la lutte contre le narcotrafic était au centre des préoccupations.

    Alors que des annonces d’ampleur étaient attendues, ce sont les consommateurs de drogue que le chef de l’État a, pour l’heure, choisi de cibler, en passant l’amende forfaitaire de 200 à 500 €. « Rien de tout ça n’arriverait si des gens n’achetaient pas de la drogue. On a mis en place une amende forfaitaire délictuelle et on va la passer à 500 €, il faut taper au portefeuille ceux qui consomment, comme il faut que toute personne qui consomme se dise qu’elle alimente le narcotrafic », assure Emmanuel Macron.

    « On a tous une pensée pour la famille de Mehdi Kessaci après le drame qui s’est passé. Je sais l’engagement que j’ai pris vis-à-vis de cette famille et je vais tenir les engagements que j’ai pris », affirme le chef de l’État.

  • Les syndicats réclament des moyens

    Les syndicats réclament des moyens

    « Qu’ils inaugurent, c’est bien mais qu’ils respectent aussi les engagements d’échelonner l’ouverture, nous serons vigilants. » À la veille de la venue d’Emmanuel Macron pour inaugurer les Baumettes 3, Catherine Forzi, surveillante pénitentiaire et déléguée FO Justice, réclame des effectifs. Après l’ouverture d’un quartier homme mi-novembre, d’un autre la semaine suivante, un troisième va suivre en janvier, précise-t-elle. Mais il manquera toujours une vingtaine d’effectifs pour permettre le fonctionnement des deux « quartiers de confiance », en mai, où les détenus peuvent, durant la journée, circuler librement dans les coursives, assure-t-elle.

    Le chef de l’État n’a pas prévu de recevoir les organisations syndicales, mais Aïcha Khelfa, secrétaire régionale adjointe de la CGT Pénitentiaire a tout de même un message à lui faire passer : « qu’avec le ministre, ils se donnent les moyens humains et financiers de leurs ambitions ! Nous sommes la troisième force d’État mais la cinquième roue du carrosse. »

    Elle insiste aussi sur les effectifs : « on ne sait pas ce que ça va donner à la prochaine sortie de l’Enap [École nationale d’administration pénitentiaire Ndlr]. Il manque des personnels aussi dans l’insertion, la probation, l’administratif… » Ce qu’elle craint, c’est le transfert de détenus depuis les autres établissements, surtout avec l’ouverture du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) à Luynes. De manière plus générale, sur les mesures prises dans les établissements pénitentiaires comme les « fouilles XXL » qui ont permis de saisir le 11 décembre, 44 téléphones et 70 g de substances illicites, rappelle FO, les deux syndicats appellent à plus de discrétion. « Le ministre communique à outrance, les détenus ont la télé » résume Aicha Khelfa, qui là encore, réclame des effectifs et un assouplissement de l’article 57 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 pour permettre des fouilles plus « systématiques. »

  • Marseille n’est pas un « laboratoire »

    Marseille n’est pas un « laboratoire »

    « Il va falloir rêver Marseille » déclarait en septembre 2021 le chef de l’État lors d’une visite de trois jours dans la deuxième ville de France. Alors qu’il vient à nouveau ce mardi pour une visite marathon, Marseille n’a pas besoin de rêves mais d’actes concrets.

    En 2021, le chef de l’État venait poser les bases du plan Marseille en grand. Dans les faits, c’est un plan de rattrapage pour une ville longtemps délaissée par l’État en dépit de l’opération Euroméditerranée. Obtenue par le maire Jean-Claude Gaudin auprès du Premier ministre de l’époque, Édouard Balladur, Euromed visait plus, en 1995, à faire sortir de terre des opérations d’affaires qu’à recoudre les quartiers paupérisés par la destruction de l’industrie.

    Les Marseillais veulent l’égalité

    Emmanuel Macron s’inscrit dans cette histoire. Si l’argent mis dans Marseille en grand n’est que justice la question de la maîtrise démocratique de ce plan et de ses budgets demeure entière à l’heure où les associations et les services publics subissent des coupes budgétaires drastiques. Dans sa vision, Macron voulait faire de Marseille « un laboratoire de nouvelles politiques publiques ».

    Sauf que Marseille n’est pas un laboratoire mais une grande cité dont les habitants, notamment des quartiers populaires, exigent l’égalité. Or, la ségrégation spatiale et sociale est toujours là, en dépit des efforts du Printemps marseillais à la tête de la mairie depuis 2020. Cet enjeu d’égalité et les réponses à la question sociale doivent être au cœur des prochaines municipales qui planeront sur cette visite élyséenne.

  • Le narcotrafic rattrape Marseille en grand

    Le narcotrafic rattrape Marseille en grand

    Convaincre, encore et encore, que le plan Marseille en grand se concrétise. Ce mardi, de nouveau, le président de la République se rend à Marseille pour défendre le bilan d’un plan à 15 milliards d’euros – dont un tiers de l’État – pensé pour rattraper le retard de la cité phocéenne en matière de transports, d’éducation, de sécurité. Initialement prévue au début de l’été, cette venue s’inscrit cette fois dans le tour de France initié par l’Élysée et organisé avec les grands éditeurs de la presse quotidienne régionale pour débattre de la démocratie face aux réseaux sociaux, avec une rencontre dans les locaux de La Provence. « Ce sera également l’occasion de faire une revue de chantier » du plan Marseille en grand, explique-t-on à l’Élysée. Emmanuel Macron vient ainsi inaugurer le commissariat des 13e et 14e arrondissements, puis l’extension des Baumettes 3 avant une visite du chantier de la future gare Saint-Charles souterraine.

    « Mains dans les poches »

    De quoi donner le ton. Car un mois après la mort de Mehdi Kessaci, un assassinat d’intimidation comme l’a présenté le ministre de l’Intérieur, la question de la lutte contre le narcotrafic s’est largement imposée. Certes, elle avait déjà été évoquée dans les précédents déplacements. Déjà en visitant le chantier des Baumettes en juin 2023, le chef de l’État promettait de sanctionner plus durement les consommateurs, tandis qu’il avait présenté les premières esquisses de ce qui allait devenir la loi « narcotrafic » lors d’une visite surprise, à la cité de la Castellane (15e), pour lancer les opérations « place nette XXL ».

    Des sillons dans lesquels il s’inscrit toujours. « Il faut nous inspirer de ce que nous avons fait en matière de lutte contre le terrorisme pour lutter contre le narcotrafic », insiste-t-on à l’Élysée. Après une première réunion de crise le 18 novembre, celle qui s’est tenue jeudi dernier a permis d’assurer un suivi des mesures de la loi narcotrafic, et de lancer de nouveaux chantiers. Avec une priorité donnée pour « neutraliser » les têtes de réseau à l’étranger, renforcer les services d’enquête, réprimer la consommation, assurer la sécurité des ports, apporter de nouveaux moyens à la justice, poursuivre l’action sur des quartiers haute sécurité qui expliquent la fébrilité des « cartels », selon l’Élysée. Sur les 500 policiers nationaux supplémentaires, ils sont déjà 350 à être arrivés dans le département, et onze nouveaux magistrats s’ajouteront aux trente déjà installés. Une rallonge de 2 millions d’euros a aussi été décidée, la semaine dernière, pour installer 154 caméras de vidéosurveillance de plus en 2026 et atteindre l’objectif de 500 caméras supplémentaires.

    Cela suffira-t-il ? « Je ne peux pas imaginer un président de la République venir ici les mains dans les poches », déplorait mercredi dernier le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan. « J’attends qu’il annonce des choses fortes, qu’il incite son gouvernement à faire revenir des services publics dans toute la ville », appuyait-il encore ce lundi face à la presse, demandant de nouveaux renforts de police spécialisée. « C’est un policier municipal qui a permis à l’enquête sur l’assassinat de Mehdi Kessaci d’avancer de manière extrêmement sensible », insiste-t-il, pour démontrer qu’il a fait sa part du travail en doublant ses effectifs. L’édile plaide aussi, une nouvelle fois, pour installer le parquet national anti-criminalité organisée à Marseille.

    L’infrastructure d’abord

    Dans l’entourage du chef de l’État on refuse de commenter les propos du maire. Mais de nouveau, cette implantation marseillaise est repoussée, pour privilégier le lien avec les autres juridictions nationales et le tout nouvel état-major de lutte contre la criminalité organisée (Emco) à Nanterre. Mais tandis que l’action sociale du plan Marseille en grand se limite à l’entrepreneuriat, la prévention pour agir sur le terrain face aux réseaux reste toujours cantonnée aux dispositifs classiques. « L’État continue à mobiliser très fortement ses moyens financiers », promet l’Élysée, soulignant les 20 millions d’euros à Marseille pour la politique de la ville. Une politique touchée par les coupes budgétaires. Mais on assume : « Marseille en grand s’est concentré sur le rattrapage en termes de structure et d’infrastructure. » Avec des effets qui, enfin, se concrétisent, veut rassurer l’entourage du chef de l’État. « Entre 2024 et 2025, le plan est passé de 31% des crédits engagés à 62% des crédits engagés », annonce-t-on. Un site a même été mis en ligne ce week-end – elysee.fr/marseille-en-grand – pour rendre plus visible cette action. « On a fait ce qu’on a dit qu’on allait faire », disait en son temps Emmanuel Macron. Avec toutes les limites que cela implique.

    Manifestation pour la défense des Spip

    « Il est l’heure de sonner la fin de la partie. » À l’appel du syndicat CGT Insertion Probation, les agents du service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip) de Marseille se rassembleront ce mardi à 12h45 sur le parvis du Palais Monthyon pour défendre les métiers et les missions des Spip et dénoncer les premières orientations du projet de loi présenté par le garde des Sceaux. Magistrats et avocats s’associent à ce rassemblement à l’appel du syndicat de la magistrature. D.C.