Tag: élèves

  • Le collège du Château Doublebaptisé du nom de Gisèle Halimi

    Le collège du Château Doublebaptisé du nom de Gisèle Halimi

    Les 600 élèves du Collège du Château-Double – jusqu’ici désigné ainsi – appelleront désormais leur établissement d’un nouveau nom. Celui de Gisèle Halimi (1927-2020), franco-tunisienne, militante féministe, femme politique, ayant été députée de 1981 à 1984, défenseure des militants du FLN et de façon globale, avocate des grands procès, bousculant la législation sur le viol et l’avortement. C’est ici, à Aix-en-Provence en 1978, qu’elle réussit à faire juger le viol sur deux jeunes touristes belges en cour d’Assises, alors que le crime n’était, jusqu’alors, jugé comme un délit. Si le nom a été adopté par le collège dès le 1er septembre, la plaque en hommage à Gisèle Halimi, n’a été inaugurée que ce jeudi 11 septembre, par Martine Vassal, présidente du Département et les équipes pédagogiques de l’établissement.

    Décision unanime

    « Ça a été une décision du Département de faire entrer des noms de femmes qui ont marqué l’histoire. On a eu des propositions, on a discuté et rapidement le nom de Gisèle Halimi a été retenu pour ce qu’elle représentait, retrace Jean-François Caracena, principal du collège depuis deux ans. La décision a été unanime et très rapide de la part des personnels. Le centre de documentation et d’information travaille actuellement sur la vie de Gisèle Halimi. Une exposition est en cours actuellement. » En EMC, un volet sera également dédié à la vie de l’avocate et militante et dans la cour de récréation, le « Préau des libertés » a été conçu par les élèves du lycée. « J’avais espoir qu’un collège choisisse le nom de Gisèle Halimi, elle a mené des luttes très importantes pour le droit des femmes. je suis ravie de voir qu’un collège d’Aix-en-Provence ait choisi ce nom, ce qui fait d’autant plus sens. C’est une femme qui a mené de nombreuses luttes dans cette ville », résume Martine Vassal. Une visite de l’établissement a également permis de présenter le dispositif de renforcement contre le harcèlement scolaire, notamment par le biais du dispositif national Phare, mettant en place plusieurs actions, dont des ateliers de détection des actes de violence, au sein des établissements du département. Au sein du collège Gisèle Halimi, une boîte à « Maux » a été installée par le personnel éducatif, permettant de recueillir les témoignages et ressentis des élèves, de façon anonyme ou non. Une manière de poursuivre son combat.

  • Les lycées Thiers et Montgrand bloqués mercredi

    Les lycées Thiers et Montgrand bloqués mercredi

    Pas de cours pour les lycéens de Montgrand (6e), mercredi matin, dont les deux entrées ont été bloquées très tôt dans la matinée par des étudiants de l’établissement. Installés sur un tas de poubelles et derrière des barrières de sécurité, les jeunes militants tiennent des pancartes aux revendications multiples. « Stop austérité », « 2 214 enfants à la rue, 1,2 million de logements vacants, logique ?? », « Désolé du dérangement, on défend notre avenir », lit-on çà et là sur les cartons contestataires. Les jeunes n’oublient pas le tout nouveau chef du gouvernement : « Lecornu, trou du coup », assène une affiche qui recouvre la plaque du lycée.

    « On est là pour dénoncer le système Parcoursup, qui détermine avec un algorithme qu’on ne connaît pas notre avenir, pour s’opposer aux nouvelles réformes du Bac pro mais aussi en tant que citoyens, pour défendre notre futur de travailleurs », détaille Malo, étudiante du lycée, au micro de l’insoumission. Autour des élèves, quelques professeurs soutiennent le blocus et tentent de discuter avec les forces de l’ordre.

    Aux alentours de 9h30, l’un des cortèges sauvages du centre-ville a pénétré la rue Montgrand, où était installé le blocus. Poursuivie par quelques CRS, la quarantaine de manifestants s’est jointe aux lycéens pour affronter en chanson le groupe de policiers. « Siamo tutti antifascisti », s’exclament en chœur les militants avant d’enchaîner sur plusieurs autres balades revendicatives. Parmi elles : « Macron nous fait la guerre, et sa police aussi, mais on reste déter, pour bloquer le pays », « Pas de quartier pour les fachos, pas de fachos dans nos quartiers » ou encore « On est jeune, déter, et révolutionnaire ». Le cortège se dissipera progressivement sans que les CRS n’interviennent. Ils resteront cependant proches du blocus.

    « Globalement ils nous ont laissés tranquilles. Il y a beaucoup de camions car ils protègent la préfecture mais sinon ils ne sont pas venus nous embêter », concède une élève du lycée. D’après la préfecture, environ 600 personnes auraient manifesté dans la matinée à Marseille, avant la manifestation unitaire.

  • L’école Daugey conserve sa classe d’ajustement

    L’école Daugey conserve sa classe d’ajustement

    La mobilisation pour le maintien de la 8e classe d’ajustement de l’école élémentaire Robert Daugey de Martigues s’est soldée cette semaine par une victoire. « L’ouverture a été actée par le directeur académique » annonçait le rectorat dans une réponse laconique à nos sollicitations mercredi 3 septembre dernier.

    Pour les parents d’élèves, la nouvelle a été synonyme de soulagement. « Nous sommes ravis » souligne Magali Raymond, déléguée des parents d’élèves de l’école. Le maire (PCF) de Martigues Gaby Charroux, également mobilisé depuis l’année dernière pour l’ouverture et le maintien de la classe, parle d’une « excellente nouvelle » dans un communiqué ce jeudi, « pour notre commune de Martigues, pour la communauté éducative et surtout pour nos élèves qui méritent d’apprendre dans les meilleures conditions », plaide l’édile.

    « Nous restons vigilants »

    Cette 8e classe d’ajustement avait été ouverte au regard de la situation à sept classes, conduisant au doublement des niveaux dès le CP et des effectifs à 27 enfants par classe, alors que « les recommandations ministérielles préconisent 24 élèves pour les niveaux CP CE1 » pour assurer de bonnes conditions d’apprentissage comme le rappelait la secrétaire de la FSU de Martigues, Valérie Zikka Dussol avant la rentrée. Dès lors, les effectifs préconisés sont à nouveau atteints.

    Gaby Charroux a « salué » la décision du rectorat, en même temps que de « remercier toutes celles et tous ceux qui se sont engagés sur ce dossier ». Pour autant l’édile martégal affirme qu’« à l’avenir, nous continuerons à être vigilants et attentifs pour protéger nos écoles Martégales qui demeurent des piliers de notre vie locale ».

  • Dans les Bouches-du-Rhône, la FSU s’élève contre l’austérité et le bricolage

    Dans les Bouches-du-Rhône, la FSU s’élève contre l’austérité et le bricolage

    « Il y a une volonté de masquer les choses, mais une chose est sûre : il va manquer du monde. » Pour Marion Chopinet, secrétaire académique du Snes-FSU pour Aix-Marseille, si le rectorat se refuse à faire remonter les chiffres au syndicat, aucun doute : « on se prépare à une rentrée compliquée » après une année 2024 de « bricolage ».

    Dans le premier degré, il manquait au niveau national, l’an dernier, « 700 postes de remplaçants, année dernière et rien que dans les Bouches-du-Rhône, le Dasen [Directeur académique des services de l’Éducation nationale Ndlr] a eu recours à près de 200 postes contractuels pour pallier le manque de postes », explique Sébastien Fournier, co-secrétaire départemental du Snuipp-FSU. Le syndicat a déjà demandé à ce que soient recrutés les jeunes diplômés de la liste, sans succès assure-t-il. Au manque de moyens s’ajoutent la perte de sens et l’épuisement à courir derrière des réformes qui relèvent d’une « mécanisation de l’enseignement au détriment de la liberté pédagogique » déplore Marion Chopinet. Un monde éducatif « déconnecté du réel », dénonce Élise Khalat, co-secrétaire du Snes-FSU 13, avec des élèves sans cesse évalués « jusqu’à Parcoursup ».

    La mise en place de groupes de niveau pour les 6e, 5e et 4e au collège, « à moyen constant, en supprimant une heure de technologie », a fini de tout désorganiser. Un « tri social », s’indigne Nicolas Bernard Hayrault, co-secrétaire Snes-FSU 13, déplorant qu’elle soit reconduite.

    Le 10 septembre en vue

    Infirmiers, documentalistes, assistantes sociales… D’une manière générale, avec une mutualisation forcée entre établissements, les élèves manquent cruellement d’adultes, estiment aussi les responsables FSU.

    Et que dire de l’enseignement professionnel… Sa situation relève du « mépris de classe », avec une « baisse continue du nombre d’heures d’enseignement », balance Nicolas Voisin, co-secrétaire du Snuep Aix-Marseille, rappelant que 30 000 élèves, soit un tiers d’une génération, ont choisi cette voie dans les 53 lycées de l’académie. Avec 620 lycéens supplémentaires, cette année, « on nous avait promis 59 équivalents temps plein, au final, ce sera une dizaine de profs titulaires », assure-t-il, le reste étant assuré par « les heures sup et les contrats précaires ».

    Le contexte politique « assez lourd », 44 milliards d’économie annoncés par le Premier ministre bientôt sur le départ, n’augure rien de bon, ajoute Virginie Akliouat, co-secrétaire départementale de la FSU 13. « L’Éducation nationale, premier budget du gouvernement, sera fortement impactée avec des suppressions de postes, un gel à nouveau des salaires et le refus de toute mesure catégorielle. Le département ne sera pas épargné », analyse-t-elle. La FSU s’inscrivant dans « le plan d’action visant à faire échouer tout budget austéritaire », elle sera mobilisée le 10 septembre.