Tag: Elections

  • À Sète, le socialiste Sébastien Denaja candidat à la mairie

    À Sète, le socialiste Sébastien Denaja candidat à la mairie

    Après 30 ans d’engagement à Sète, c’était presque une évidence pour moi, d’autant plus après 25 ans de travail dans l’opposition au système en place. » À 46 ans, Sébastien Denaja se porte candidat pour les élections municipales de Sète des 15 et 22 mars 2026. Une seconde tentative après le scrutin de 2020. L’occasion, pour le socialiste, de mettre fin au système Commeinhes, ancien édile LR démissionnaire pour avoir été condamné pour détournements de fonds publics en avril 2025. Et ainsi de reprendre les rênes de l’Île Singulière, où la droite règne depuis 2001.

    Référendum local

    S’il concède « quelques réussites » à François Commeinhes, Sébastien Denaja reste critique sur l’action municipale entreprise depuis 25 ans. « La dette est importante, le taux de pauvreté et de chômage toujours élevé, la pression fiscale au-dessus des villes comparable à Sète et l’insécurité liée au narcotrafic gagne du terrain », soutient celui qui est aussi conseiller régional. Mais surtout, « le problème lié au système en place, c’est celui de l’opacité de la gestion et de dérives graves qui ont fini par la condamnation de l’ancien maire ».

    Un manque de transparence que l’élu pense résoudre en proposant un « contrat de confiance » aux Sétois. « On propose de la démocratie directe et permanente. Aujourd’hui, ça ne peut plus être un maire et son équipe qui décident de tout. Les Sétois doivent être non seulement consultés mais aussi décideurs. On propose donc d’utiliser la technique du référendum local décisionnel, prévu dans la Constitution depuis 2003 », détaille Sébastien Denaja. Ainsi, les décisions normalement prises en conseil municipal ne le seraient plus par les élus mais bien par les citoyens.

    Un procédé novateur dont le candidat espère qu’il le mènera au strapontin de maire de la commune. Mais Sébastien Denaja n’axe pas seulement sa campagne sur cette opacité municipale à résorber. Il propose également de créer « des emplois durables, bien rémunérés  », en se basant sur l’action de la Région Occitanie réalisée depuis 15 ans au port de Sète. « 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires pour 1 700 emplois bien payés. Quand on gagne bien sa vie, on peut vivre dignement. Le travail est notre priorité. » Un développement économique qui va de pair avec l’urgence climatique, deuxième axe du candidat. « On proposera un pacte vert, où toute politique publique sera passée au crible de l’exigence écologique  », précise Sébastien Denaja. Sans oublier de miser sur la solidarité avec « un plan de lutte contre l’isolement, à l’heure où 12 000 personnes vivent seules à Sète. »

    Si le projet est bel et bien lancé, la liste sera, elle, dévoilée avant la fin de l’année. Une « liste d’un large rassemblement avec des personnalités issues de la société civile ». Mais sans Nouvelle page, l’autre liste de gauche en lice pour ces élections. « Un certain nombre de discussions n’ont pas permis de nous entendre sur une liste commune. Car nous avons notamment la difficulté de la présence de LFI, telle qu’elle est aujourd’hui, sous l’emprise de Mélenchon. » La droite se frotte les mains.

  • La gauche attaque la gestion de Nîmes Métropole

    La gauche attaque la gestion de Nîmes Métropole

    Le dernier conseil communautaire de Nîmes Métropole, marqué par ses 121 délibérations, a confirmé ce que la gauche locale redoutait : la majorité conduite par Franck Proust (LR) multiplie les décisions structurantes à quelques mois des élections municipales et communautaires. « Une fuite en avant qui engage le mandat suivant », résume Vincent Bouget (PCF), chef de file de la Gauche unie et candidat déclaré à la mairie.

    Sur l’aéroport, la contestation est vive. L’Agglo a validé un contrat de 855 000 euros avec un cabinet d’architectes pour concevoir un schéma de développement sur huit ans. « C’est toujours embêtant de trancher des orientations lourdes alors que le suffrage universel est imminent », dénonce Bouget, qui interroge la pertinence de dépenses et d’engagements de long terme alors que la situation financière s’alourdit. Sylvette Fayet, élue communiste, a pointé une dette de 480 millions d’euros « et des emprunts qui s’accumulent ».

    Les finances ne sont pas le seul sujet d’inquiétude. Sur l’eau, les écologistes du Gard, dans un communiqué, ont fustigé une décision « prise dans la précipitation » : la reconduction de la délégation de service public jusqu’en 2027. « Rien n’imposait une telle urgence. Ce choix prive la future majorité issue des urnes de toute possibilité de revoir le mode de gestion de ce bien commun », écrivent-ils, plaidant pour un passage en régie publique, à l’image de Bordeaux ou Lyon.

    Du côté du logement, le ton est tout aussi vif. Le rapport 2024 présenté par l’Agglo met en avant 800 logements livrés, mais Christian Bastid, élu départemental communiste, dénonce un « déficit de 5 285 logements depuis 2022 » et une réponse « très insuffisante aux besoins des familles populaires ». L’échange s’est tendu avec la vice-présidente Géraldine Rey-Deschamps, qui a répliqué en le qualifiant d’« enfant gâté et capricieux », toujours insatisfait malgré les chiffres avancés. Bastid n’a pas désarmé, rappelant que « pour les logements familiaux, on est à peine à 20 % de l’objectif ». Les projets urbains de la ZAC du Mas Lombard ou du Palais des Congrès alimentent eux aussi les critiques d’une gauche qui reproche à la majorité « une concertation au rabais » et des choix « dogmatiques » privilégiant les promoteurs privés.

    « Une entrave à la démocratie locale »

    Au fil des séances, l’impression domine pour l’opposition que la majorité veut verrouiller les grands arbitrages avant 2026, quitte à écarter le débat citoyen. « C’est une stratégie politique de court terme au bénéfice d’intérêts privés », résume les écologistes qui parlent d’« une entrave à la démocratie locale ». Dans un contexte où les droites apparaissent divisées pour la succession à la mairie de Nîmes, la gauche locale espère transformer cette critique en levier électoral.

  • La gauche attaque la gestion de Nîmes Métropole

    Le dernier conseil communautaire de Nîmes Métropole, marqué par ses 121 délibérations, a confirmé ce que la gauche locale redoutait : la majorité conduite par Franck Proust (LR) multiplie les décisions structurantes à quelques mois des élections municipales et communautaires. « Une fuite en avant qui engage le mandat suivant », résume Vincent Bouget (PCF), chef de file de la Gauche unie et candidat déclaré à la mairie.

    Sur l’aéroport, la contestation est vive. L’Agglo a validé un contrat de 855 000 euros avec un cabinet d’architectes pour concevoir un schéma de développement sur huit ans. « C’est toujours embêtant de trancher des orientations lourdes alors que le suffrage universel est imminent », dénonce Bouget, qui interroge la pertinence de dépenses et d’engagements de long terme alors que la situation financière s’alourdit. Sylvette Fayet, élue communiste, a pointé une dette de 480 millions d’euros « et des emprunts qui s’accumulent ».

    Les finances ne sont pas le seul sujet d’inquiétude. Sur l’eau, les écologistes du Gard, dans un communiqué, ont fustigé une décision « prise dans la précipitation » : la reconduction de la délégation de service public jusqu’en 2027. « Rien n’imposait une telle urgence. Ce choix prive la future majorité issue des urnes de toute possibilité de revoir le mode de gestion de ce bien commun », écrivent-ils, plaidant pour un passage en régie publique, à l’image de Bordeaux ou Lyon.

    Du côté du logement, le ton est tout aussi vif. Le rapport 2024 présenté par l’Agglo met en avant 800 logements livrés, mais Christian Bastid, élu départemental communiste, dénonce un « déficit de 5 285 logements depuis 2022 » et une réponse « très insuffisante aux besoins des familles populaires ». L’échange s’est tendu avec la vice-présidente Géraldine Rey-Deschamps, qui a répliqué en le qualifiant d’« enfant gâté et capricieux », toujours insatisfait malgré les chiffres avancés. Bastid n’a pas désarmé, rappelant que « pour les logements familiaux, on est à peine à 20 % de l’objectif ». Les projets urbains de la ZAC du Mas Lombard ou du Palais des Congrès alimentent eux aussi les critiques d’une gauche qui reproche à la majorité « une concertation au rabais » et des choix « dogmatiques » privilégiant les promoteurs privés.

    « Une entrave à la démocratie locale »

    Au fil des séances, l’impression domine pour l’opposition que la majorité veut verrouiller les grands arbitrages avant 2026, quitte à écarter le débat citoyen. « C’est une stratégie politique de court terme au bénéfice d’intérêts privés », résume les écologistes qui parlent d’« une entrave à la démocratie locale ». Dans un contexte où les droites apparaissent divisées pour la succession à la mairie de Nîmes, la gauche locale espère transformer cette critique en levier électoral.

  • Pierre Dharréville « prêt » à mener la bataille

    Pierre Dharréville « prêt » à mener la bataille

    Dans une déclaration diffusée mardi dans la soirée, Pierre Dharréville, donne son point de vue sur la situation politique inextricable. « Voilà où nous en sommes au bout de huit ans de macronisme : un impensable chaos et une crise politique sans fin. Pas de quoi se réjouir, pas de quoi jubiler d’avoir eu raison », écrit-il moins d’un an et demi après avoir dû céder son siège à un député d’extrême droite.

    « Devant cette médiocre mascarade, l’extrême droite menaçante se frotte les mains et la droite de monsieur Retailleau s’embarque dans son sillage », dénonce l’ex-député communiste de la 13e circonscription qui considère que « C’est à gauche que se trouve la solution. C’est à gauche que se trouve la volonté de répondre aux besoins quotidiens, de relever les défis, d’apaiser et de rassembler une société fracturée. Une gauche qui doit être à la hauteur de ses responsabilités. Une gauche qui doit trouver les ressources pour s’unir sur un projet clair, sur une démarche rassembleuse, sur un changement de cap résolu. »

    Pour lui, « nous avons besoin d’un grand mouvement populaire et des forces nombreuses sont disponibles dans la société pour y prendre part. Nombreux sont celles et ceux qui partagent la même colère face aux injustices, aux inégalités, aux renoncements. Nombreux sont celles et ceux qui veulent rêver un monde meilleur et le construire ».

    « Comme elles, comme eux, j’éprouve toujours la même révolte, et mon énergie est intacte. Beaucoup m’interrogent depuis des mois et plus encore ces derniers jours : je suis prêt. J’ai conscience des responsabilités qui sont les miennes à l’égard de tous ceux et celles qui m’ont fait confiance, qui veulent un député présent à leurs côtés comme à l’assemblée pour leur faire justice et œuvrer à sortir le pays du chaos et des dangers. Je sais les responsabilités qui sont les miennes à l’égard des ouvriers et des salariés, des habitantes et des habitants de nos quartiers qui reconnaissent dans le même espoir », poursuit-il.

    « J’ai continué à être le même, pleinement engagé, poursuivant autrement les combats menés. Je ne sais ce qui se décidera dans les heures et les jours qui viennent. Ensemble, aujourd’hui, demain, après-demain, nous mettrons au programme le printemps pour nos vies », conclut Pierre Dharréville, décidé à s’engager dans la période.

  • « L’antifascisme n’est pas que de la rhétorique, il y a des travaux pratiques »

    « L’antifascisme n’est pas que de la rhétorique, il y a des travaux pratiques »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir choisi Montpellier pour ce rendez-vous ?

    Marine Tondelier : Avant même de devenir secrétaire nationale du parti, j’étais déjà venue plusieurs fois à la Paillade et au Petit Bard. J’ai beaucoup d’amis ici. C’est au Petit Bard que j’avais rencontré Tarek Kawtari de l’Assemblée des quartiers avec qui on co-organise cet événement. Depuis des années, on organise une université des ruralités écologistes. On tenait à avoir un rendez-vous dédié aux quartiers. C’était un sacré défi, on est impatient de voir ce qu’il en ressort. Je viens du bassin minier du Pas-de-Calais. On souhaite de plus en plus organiser des événements spécifiques à certains types de territoires qui nécessitent une attention et des solutions particulières. Je pense aussi aux Territoires dits d’Outre-Mer, à la montagne, au littoral, aux ruralités…

    Les écologistes ne cherchent-ils pas comme les Insoumis à séduire les quartiers populaires ?

    M.T. : Entre les écologistes et les quartiers populaires, c’est une longue histoire. René Dumont [premier candidat écolo à la présidentielle de 1974, Ndlr] lui-même avait tissé une histoire avec les quartiers populaires. Depuis, ils ont été abandonnés et sont devenus le laboratoire de politiques racistes à l’œuvre comme les politiques de relégation sociale ou le contrôle au faciès. La CEDH a condamné la France sur ce sujet. Quand j’ai adhéré chez les Verts, on travaillait beaucoup avec les Verts de Roubaix, les premiers à nous donner un coup de main dans la lutte contre le RN à Hénin-Beaumont. J’étais aussi allée au quartier Valdegour à Nîmes. Avant Montpellier, je me rends dans les quartiers Nord à Marseille. C’est souvent sans tambours ni trompettes mais j’ai une longue histoire avec les quartiers populaires. Le dérèglement climatique touche en premier lieu les plus vulnérables. Par exemple : les HLM non isolés insupportables l’été et qui coûtent une blinde à chauffer l’hiver. Les quartiers populaires sont aussi moins bien desservis. C’est saisissant de voir dans les quartiers Nord de Marseille des gens qui vivent à deux pas de la mer mais à qui on interdit l’accès. Tout est fait pour qu’ils aient du mal à rejoindre le centre-ville.

    En quoi Jean-Louis Roumégas ferait un meilleur maire de Montpellier que Michaël Delafosse ?

    M.T. : J’ai totale confiance en Jean-Louis Roumégas que je connais depuis longtemps. On a fait beaucoup de choses ensemble. Je me réjouis qu’aujourd’hui les adhérents montpelliérains des Écologistes soient unis. Je connais l’histoire politique montpelliéraine et ce n’a pas toujours été le cas. Ils commencent une belle campagne. Le local a été inauguré, le travail programmatique est en cours, les gens sont très motivés. Je m’étais mobilisée sur la Zac des Coteaux. Il y a beaucoup à faire. Une étude indique que 8 Français sur 10 estiment que leur maire n’agit pas assez face au dérèglement climatique.

    Pensez-vous que Sébastien Lecornu puisse faire voter un budget ?

    M.T. : Je pense que l’équation de Sébastien Lecornu est assez impossible. Je viens de voir l’intersyndicale qui appelle à une mobilisation le 2 octobre. Comme moi, les syndicalistes ont été très peu rassurés sur le manque de clarté du Premier ministre qui malgré ses intentions ne nous rassure sur aucun point. Pour une raison simple : il est en train de négocier avec Les Républicains : Bruno Retailleau, Rachida Dati, Gérald Darmanin pour les garder au gouvernement. Sébastien Lecornu parlait d’une rupture. Pour l’instant, personne ne la voit sauf peut-être une rupture avec les Français. Nous, on veut une rupture dans les politiques publiques, on veut de la justice sociale et environnementale.

    Êtes-vous toujours favorable
    à une primaire des gauches pour la présidentielle
     ?

    M.T. : Je l’appelais depuis le début ! Ce qu’on a fait l’an passé en créant le Nouveau front populaire était une forme de réflexe, de sursaut, parce que l’extrême droite pouvait arriver à Matignon. Je ne comprends pas qui aurait un argument un an après pour nous expliquer que ce risque serait moins élevé. Qu’on parle de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella à l’Élysée – celui qui ne sera pas en prison – le danger est énorme. Notre travail c’est de l’empêcher et de permettre des politiques qui changent vraiment la vie. Cela ne peut pas fonctionner en ordre dispersé, c’est mathématique. On doit faire confiance aux électeurs de gauche et écologistes pour qu’ils choisissent leur représentant collectivement. J’ai des différences avec les socialistes, les insoumis, les communistes mais à la fin, je sais pourquoi je me bats. En politique aussi les écosystèmes sont riches de leur diversité. J’entends que Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann aient envie d’y aller sans passer par la case primaire mais je connais leurs valeurs. L’anti-fascisme n’est pas que de la rhétorique, il y a des travaux pratiques. On ne peut pas prôner l’anti-fascisme et ne pas vouloir discuter d’une candidature unique. Ils n’auront pas le choix et ne peuvent pas avoir peur du vote des électeurs. On ne peut forcer personne mais je souhaite qu’une primaire la plus large possible ait lieu avant l’été 2026. Les communistes seront là à la fin et Jean-Luc Mélenchon prendra ses responsabilités.

  • À Béziers, déjà deux listes dans l’arc républicain

    À Béziers, déjà deux listes dans l’arc républicain

    Les 15 et 22 mars 2026, Béziers se donnera-t-elle les moyens de tourner la page de l’extrême droite incarnée depuis 2014 par Robert Ménard réélu au 1er tour en 2020 avec 68% des voix ?

    À gauche, le Printemps biterrois travaille à ne pas reproduire les erreurs du passé. Avec 3 listes de gauche, « on a fait le pire en 2020, on ne peut faire que mieux », positive Thierry Antoine (EELV). Voilà plusieurs mois que les principales formations politiques (PS, EELV, PCF, l’Après, Place publique, Génération.S, Gagner) sont rassemblées pour porter un projet progressiste commun. Dimanche 7 septembre lors de la fête de la Plantade organisée par le PCF, une nouvelle étape a été franchie avec la désignation « par consensus » de l’écologiste Thierry Antoine comme tête de liste.

    Une première victoire pour le Printemps biterrois même si la France insoumise (LFI) manque toujours à l’appel. « Rien n’est acté, on aura encore des discussions. Le ressenti de leurs militants n’est pas forcément le même que celui du parti. Magali Crozier [LFI] était présente à la Plantade et a laissé entendre que tout reste possible », positive Thierry Antoine. En 2020 aux côtés des Insoumis, il n’avait obtenu que 5,36%. « Il faudra faire beaucoup mieux, au moins imposer un second tour. » Pour ce faire, le programme sera une clé. Des consultations citoyennes vont s’accélérer, quartier par quartier. « Le com’ de Ménard étouffe les Biterrois qui ne s’expriment plus. Il faut jouer la proximité, la déclinaison des programmes nationaux on n’en veut plus », promet l’écologiste.

    Thierry Mathieu en piste

    Quelque part c’est aussi le ressenti de Thierry Mathieu. Mais pour le directeur de la CAF de l’Hérault qui a officialisé sa candidature le 4 septembre devant 400 soutiens, la comparaison s’arrête là. « Je respecte les partis mais je ne crois plus en eux à l’échelle locale », tranche Thierry Mathieu. Pour lui, le seul parti qui vaille, c’est « celui des bonnes volontés » qu’il essaye d’agréger avec des associatifs, acteurs culturels et sportifs, chefs d’entreprise, citoyens de diverses sensibilités politiques…

    Sa démarche autour d’un projet dit « humaniste et républicain » est perçue comme centriste du côté du Printemps biterrois. « Thierry Mathieu a pas mal d’anciens de Raymond Couderc [ex-maire UMP] ou proches de la Macronie », observe Thierry Antoine. Et aussi quelques socialistes ou proches à l’instar des sénateurs Hussein Bourgi (PS) et Henri Cabanel (RDSE). Un soutien de Carole Delga à Thierry Mathieu, conseiller régional de sa majorité, pourrait peser. « Je serais étonné qu’elle prenne position pour quelqu’un qui se dit ni de droite ni de gauche et n’aime pas les partis », tacle Thierry Antoine.

    En attendant, le directeur de la CAF trace sa route « pour ma ville », dit-il. Marqué par les événements à la Devèze, il veut « ventiler les effectifs de la police dans tous les quartiers ». Mais aussi causer laïcité pour « arrêter de manipuler les religions comme Ménard ». Plutôt que des uniformes, il proposera un « accès gratuit au soutien scolaire » et promet de « créer un écosystème favorable à l’emploi » à Béziers où le taux de pauvreté atteint 36%.

  • « Le présidentialisme est la cause de la crise de régime »

    « Le présidentialisme est la cause de la crise de régime »

    La Marseillaise : Pourquoi François Bayrou s’est-il fait hara-kiri ? Est-ce une demande du président Macron ?

    Paul Alliès : Je ne suis pas dans les secrets présidentiels ni gouvernementaux. Je me souviens de l’épisode de l’installation de Bayrou qui s’est imposé à Macron qui n’en voulait pas. Le résultat est pathétique, sa gestion sur la forme comme sur le fond est ridicule. C’est 9 mois d’une baudruche qui se dégonfle. Bayrou a été inventé par l’élection présidentielle [2002, 2007, 2012, Ndlr], sinon il n’aurait pas existé. On a cette habitude en France où ceux qui échouent reviennent deux ou trois fois. La présidentielle rend tout le monde fou. Autour de l’idée de « l’extrême centre », on réinvente sans cesse l’idée d’un homme qui réconcilierait les extrêmes ou les évacuerait hors du champ politique mais c’est l’échec total. Macron a choisi des Premiers ministres issus des plus petites formations de l’Assemblée nationale, plutôt que le Nouveau Front populaire arrivé en tête le 7 juillet 2024. Ça a été le début de l’aveu d’une crise de régime.

    Pourquoi n’est-ce pas une énième crise politique mais une véritable crise de régime ?

    P.A. : Pour trois raisons. D’abord on a une Constitution bonapartiste qui a prouvé qu’elle est élastique et qui a promu le Président de la République au sommet de tous les pouvoirs. Premier problème : nous n’avons plus de Bonaparte, de de Gaulle ou de Mitterrand, qui ont épousé l’habit présidentiel, pour occuper un tel statut. Macron est un nain par rapport à ces figures présidentielles ! Deuxièmement, nous n’avons pas comme aux États-Unis par exemple, un système équilibré avec des contre-pouvoirs. En France, le président peut tout faire, tout déséquilibrer. On s’en aperçoit depuis un an mais cela ne date pas d’hier. À cela s’ajoute un usage abusif par le chef de l’État des dispositions constitutionnelles : la dissolution, la nomination du Premier ministre, le sursis de 2 mois accordé à Gabriel Attal… Le mal a été aggravé. Enfin, on a un blocage du pays par le haut, par un présidentialisme augmenté sans précédent. Prétendre qu’il n’y a pas de crise de régime parce qu’il reste des pouvoirs dans les mains du président de la République, c’est se tromper de thermomètre ! Le présidentialisme est la cause de la crise de régime. Le pays ne supporte plus cette situation. Ce régime ne peut plus contenir la société qu’il doit gérer.

    Le tripartisme d’aujourd’hui accroît-il le besoin de refonte
    de notre constitution
     ?

    P.A. : C’est parfaitement vrai. Il y a un état de sénescence du régime politique de la Ve République qui a été créée, écrite et mise en pratique à une époque révolue (1958). Nous sommes les seuls en Europe à avoir un système aussi archaïque et exotique. Aucun membre de l’Union européenne ne pratique ainsi le présidentialisme où le Parlement n’existe pas. Prenez l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne même la Pologne ou la Hongrie : ils ne peuvent pas connaître une crise telle que nous la connaissons. Il y a des solutions parlementaires, avec des pouvoirs donnés au Parlement et au gouvernement qui en est issu. De sorte que leurs Premiers ministres peuvent trouver des compromis. La culture du compromis est rendue possible ou pas par les institutions. Comment voulez-vous que cela soit possible en France ? Le scrutin majoritaire à deux tours est la pire des choses. Cela fait des décennies qu’on réclame une proportionnelle, Bayrou aussi et il n’a rien fait alors qu’une simple loi suffit. Là vous avez un système qui sélectionne les candidats avec les partis, passent des accords programmatiques qui empêchent tout compromis avant la Présidentielle. Or, aujourd’hui, (avec le tripartisme), il n’y a plus de majorité. Emmanuel Macron peut dissoudre mais cela ne changerait rien, à moins que le RN n’obtienne la majorité absolue. Ce serait encore pire. Le droit de dissolution a changé de nature, Macron l’a enterré.

    La Ve République pourrait-elle constituer elle-même un danger pour la démocratie dans les mains de l’extrême droite ? On pense à l’article 16 sur les pleins pouvoirs au président…

    P.A. : La seule qui depuis deux élections se pose en défenseuse inconditionnelle de la Ve République, c’est Marine Le Pen. Elle répète qu’on a le meilleur régime politique au monde. Elle s’active comme Sarkozy qui banalise le RN pour faciliter l’accès de Bardella à Matignon. Le Pen fait l’apologie de la Ve République et a 16 projets de révision de la Constitution pour transformer le régime présidentialiste en régime hyper-présidentialiste, autoritaire, accéléré par la crise que nous vivons.

    Comment une VIe République pourrait-elle rééquilibrer les pouvoirs et protéger la démocratie et les droits fondamentaux ?

    P.A. : Avant d’évoquer la VIe République, il y a deux articles de notre Constitution à modifier qui changeraient beaucoup de choses, notamment à cette crise de régime. L’article 8 empêche que l’Assemblée fasse elle-même le choix du Premier ministre, c’est un pouvoir discrétionnaire et exclusif du président qui choisit en grand seigneur, en monarque. Et ensuite, c’est le président qui gouverne ! Le Parlement doit choisir le Premier ministre. Et quand il vote la défiance, proposer le nom d’un remplaçant. De même, la révocation du Premier ministre doit revenir à l’Assemblée. Deuxièmement, l’article 12. Là encore, la dissolution ne doit pas être à la discrétion totale du chef de l’État qui peut en faire une menace, un chantage vis-à-vis de l’Assemblée.

    La VIe République est un vaste sujet que l’on avait travaillé avec Arnaud Montebourg. On souhaitait la promouvoir à partir de la présidentielle, sans supprimer l’élection du président au suffrage universel direct, comme dans 12 pays européens, avec un régime parlementaire derrière. La demande de la société est telle qu’il faut trouver des médiations, des structures intermédiaires de pouvoir, de véritables référendums d’initiative citoyenne. Le problème c’est comment passe-t-on à la VIe République ? Mélenchon fait du tam-tam dessus, c’est devenu un programme pour les jours de fête où lui gouvernerait pendant 6 ans le temps de changer de régime. Le slogan VIe République est devenu un cache-sexe de pratiques pas toujours démocratiques. À l’entendre, c’est lui ou les fachos. LFI repart sur la voie de la destitution qui, en réalité, est impraticable. Le seul cas d’un départ de Macron avant la fin ce serait la démission que seul de Gaulle avait incarnée.

    La pression de la rue peut-elle obliger Macron à enfin changer de politique voire à quitter son poste ?

    P.A. : La psychologie de Macron est très particulière. On l’a vu pendant les Gilets jaunes. À chaque issue possible par le compromis, il prend la voie inverse. S’il y avait un mouvement social important comme pour les retraites -pas besoin du grand soir- alors je pense que Macron, qui ne pourrait plus faire passer ses oukases, ses petits trafics à l’Assemblée avec son micro parti, devrait démissionner.

    « La France est le seul pays en Europe avec un système aussi archaïque »

  • Les oppositions misent sur une stratégie d’union pour les municipales

    Les oppositions misent sur une stratégie d’union pour les municipales

    Les oppositions misent, elles aussi, sur l’union pour les municipales de 2026. Les groupes Agissons ensemble, mené par François Berga, conseiller municipal d’opposition et Une Dynamique pour Lambesc, dirigé par Jean-Michel Carretero, lui aussi dans l’opposition, annoncent la création d’une liste commune : Lambesc en tête.

    « Ce choix responsable s’est construit en conscience, tout au long d’un mandat », expliquent les alliés, dans un communiqué commun. Selon eux, les convergences de votes ont été nombreuses « face à un maire conservateur et autoritariste ». Leur union vise à « mettre un coup d’arrêt à cette conception sans partage de l’exercice du pouvoir » et à dénoncer « le développement urbain débridé » qui marquerait le bilan de la majorité sortante. La nouvelle liste, conduite par François Berga, « en rupture avec ce passé pesant, a pour objectif majeur de répondre aux fortes attentes de changement ». Elle devrait incarner « une alternative de progrès social, démocratique, écologique et culturel », adossée « aux valeurs d’humanisme » et aux « principes républicains ».

    Le maire sortant, Bernard Ramond, ne briguera pas de nouveau mandat, mais sa première adjointe, Claire Blanc, portera une liste concurrente. Les opposants pointent déjà, selon eux, un risque « fort d’alliance entre Claire Blanc et l’extrême droite », rappelant « le soutien stratégique que Ramond a apporté au député RN de la 15e circonscription des Bouches-du-Rhône ». La nouvelle liste appelle désormais « tous ceux qui se reconnaissent dans notre démarche à nous rejoindre ».