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  • [Entretien] Olivier Galzi (DVD): « On n’arrive pas ici pour faire comme avant »

    [Entretien] Olivier Galzi (DVD): « On n’arrive pas ici pour faire comme avant »

    Même s’il n’est pas encore maire, ce qui sera chose faite ce samedi lors d’une séance d’installation à l’Hôtel de ville, Olivier Galzi a déjà eu une première semaine chargée avec une prise de connaissance des rouages municipaux et de multiples rencontres. Pour La Marseillaise, l’ex-journaliste TV livre quelques projections (lire page 3 les premières mesures).

    La Marseillaise : Près d’une semaine après votre victoire (40,62%) face à la gauche, quel est votre état d’esprit à l’heure d’être officiellement installé maire ?

    Olivier Galzi : On se prépare à la tâche immense qui nous attend. On en mesure l’ampleur et l’importance. Il sera urgent, dès lundi, d’essayer d’y voir plus clair sur les finances. On va passer par un audit, parce que c’est le nerf de la guerre (lire aussi page 3). On met tout en œuvre pour pouvoir être en position d’agir le plus rapidement possible. Sur la cérémonie en elle-même, je n’ai pas encore eu le temps d’y penser, de l’appréhender tellement les dossiers sont nombreux. Et notamment, ce qu’on appelle le troisième tour, c’est-à-dire l’élection à la présidence de l’agglomération [le conseil communautaire devrait se tenir le 8 avril] qui me prend beaucoup de temps.

    Est-ce que vous préparez votre premier conseil municipal comme votre premier journal télévisé ?

    O.G. : (Sourires) Non, pas du tout, ce n’est pas le même exercice. À la télé, vous êtes tout seul face à une caméra et vous parlez à des millions de personnes. Là, il n’y a plus le filtre de la caméra : on est en démocratie directe, pas seul, mais avec une équipe. Les enjeux du journal télévisé, c’est d’essayer d’expliquer les problèmes. Les enjeux du maire, c’est d’essayer de les résoudre. Donc, l’exercice est résolument très différent. Il est nouveau, mais ce n’est pas pour autant qu’il me fait peur. En revanche, je mesure la responsabilité que nous avons désormais avec une attente qui a été assez forte. À savoir un désir de changement, qui sera dans la cohérence de notre discours de campagne. Nos priorités seront et sont toujours la sécurité, la question de la propriété et la circulation. Très clairement, on n’arrive pas ici pour faire comme avant.

    Propreté, circulation sont des compétences liées au Grand Avignon, le 3e tour vous occupe déjà beaucoup. Confirmez-vous que vous souhaitez prendre la présidence et comment y parvenir alors que pendant les deux derniers mandats, ce ne fut pas le cas pour la ville-centre ?

    O.G. : Je rencontre déjà mes pairs de l’agglo pour leur expliquer ma vision du bassin de vie. Je confirme que je serai candidat. Pour d’autres éventuels candidats, Mme Bories [maire LR de Villeneuve] a clarifié en disant qu’elle ne serait pas candidate, mais il y a des positions qui me semblent un peu moins claires. Je connais certains maires [Paul Mély, réélu aux Angles a clairement affiché son soutien], pas tous, d’autres attendaient de voir si j’allais être élu pour commencer une discussion, ce qui est normal. J’ai rencontré Joël Guin [maire de Vedène et président sortant, aperçu à un meeting de David Fournier], ça s’est très bien passé (sourires). À l’époque où la ville-centre dirigeait l’agglomération [sous Marie-Josée Roig], peut-être s’est-elle comportée de manière un peu hégémonique. Il y a de grandes communes, des petites mais il n’y a pas des petits maires et des grands maires. Tous doivent donc pouvoir fonctionner dans un respect, dans un système de parité et aussi dans une solidarité, quelle que soit leur couleur politique. Si je suis élu à la tête de l’agglomération, je ne serai pas un président hégémonique, qui écraserait les communes alentour, sinon ce serait ne rien avoir compris à la force d’un collectif. Ce qui m’intéresse, c’est la capacité de porter une voie qui va peser encore plus que celle d’Avignon. Afin d’actionner les leviers notamment de financement d’un certain nombre de projets qui seront à la fois utiles pour Avignon et pour l’ensemble de l’agglomération.

    Vous avez rencontré mercredi Cécile Helle, avez-vous seulement parlé du fonctionnement de la mairie ou aussi de la campagne ?

    O.G. : Non, on n’a pas parlé de la campagne, mais des dossiers. C’était un exercice très républicain, respectueux des deux côtés, factuel, dans une logique de transmission pour l’intérêt général. Je la remercie d’ailleurs de m’avoir déjà mis à disposition un bureau. Après, elle a ses idées, j’ai les miennes. Mais il n’y aura pas ici de départ sous les huées, contrairement à d’autres endroits où l’extrême gauche a pris le pouvoir.

    Dans votre discours dimanche soir, vous vous posiez en rassembleur, en maire de tous les Avignonnais. Ce n’est pas un peu facile après une vive campagne où la gauche dit qu’elle a été
    «
     violente et dégueulasse » et où même le RN dit que vous avez
    «
     joué sur les peurs » ?

    O.G. : Il y a eu effectivement une grande violence, très facile à comprendre. C’est celle faite aux électeurs socialistes qui se sont retrouvés les cocus au second tour d’une fusion qu’on ne leur avait pas annoncé au premier. Ils ont été obligés de constater que leur candidat était prêt à brader un certain nombre de valeurs qui étaient les leurs. C’est la seule violence que j’ai pu constater.

    Il y a une grève en cours au sein de la cantine scolaire. C’est quoi le bon sens pour y mettre fin ?

    O.G. : Le bon sens pour sortir d’une grève, c’est d’écouter ce que les représentants du personnel ont à dire et qu’on n’a, semble-t-il, pas envie d’entendre. Je suis encore à l’extérieur du dossier, j’ai une vision probablement très partielle. Dans ce dossier sensible, sordide et scandaleux puisqu’on parle quand même des vols de viande destinés aux enfants de nos écoles, il faut très clairement établir toutes les responsabilités et sanctionner. Et je n’ai pas le sentiment à ce stade que ceux qui font grève soient ceux qui ont envie d’étouffer l’affaire. Bien au contraire. Donc, si c’est ça, on devrait pouvoir trouver des solutions rapidement.

    Les cantines ont été municipalisées il y a plus de 10 ans, une des plus grandes fiertés de Cécile Helle. Est-ce que vous comptez garder ce service en régie ?

    O.G. : D’un point de vue extérieur, ça a l’air de fonctionner et apparaît comme une réalisation intéressante de la majorité précédente. Cela a été une bonne chose pour l’accès à une nourriture de qualité dans des circuits courts pour des populations qui n’ont pas forcément énormément de moyens, avec un tarif intéressant pour elles. À partir de là, ça me paraît aller dans le bon sens. Maintenant, le bon sens, c’est aussi, une fois qu’on est à l’intérieur, de voir ce qu’on ne voyait pas à l’extérieur. Mais très clairement, le dossier de la cantine scolaire, en dehors de cette affaire de viande volée, ne me paraît pas faire partie des priorités de chantier pour la mairie.

    « La cantine municipale apparaît comme une réalisation intéressante »

  • Pour Michaël Delafosse à Montpellier, les quartiers plutôt que les grands chantiers ?

    Pour Michaël Delafosse à Montpellier, les quartiers plutôt que les grands chantiers ?

    En 2020, il s’était imposé face à Philippe Saurel en tant qu’outsider. Six ans plus tard, Michaël Delafosse a brillamment transformé l’essai dans le costume du favori. En remportant haut la main (50,13%) la triangulaire, dimanche 22 mars, face à Nathalie Oziol (25,06%) et Mohed Altrad (24,81%), le sortant socialiste n’a pas seulement multiplié par 1,6 le nombre de ses voix (38 668 contre 24 046) lors de ce scrutin à la participation certes un peu moins faible. Michaël Delafosse a d’abord écarté, sans doute définitivement, deux adversaires politiques coriaces. Philippe Saurel éjecté du conseil municipal où il siégeait depuis 1995. Et Mohed Altrad, 78 ans, qui, s’il annonce créer l’association « Montpellier, notre fierté », va sans doute s’éclipser rapidement de la scène politique. Reste la députée insoumise Nathalie Oziol qui prépare clairement la suite et ne fera pas de cadeau à la majorité avec ses sept colistiers de l’opposition.

    Qu’importe. À bientôt 49 ans, le professeur d’histoire géographie dont le profil fait écho à son homologue nîmois Vincent Bouget, 46 ans, a désormais du temps (sans doute sept ans) et le champ libre (sans crise Covid à gérer en début de mandat). Premier maire de Montpellier à être réélu depuis Georges Frêche en 2001 (élue en 2008, Hélène Mandroux, maire depuis 2004, n’avait pas été élue sur son nom la première fois), Michaël Delafosse va pouvoir suivre le fameux « cap » qu’il a en tête pour la septième ville de France et sa Métropole.

    La première étape, samedi 28 mars (10h), ne sera qu’une formalité. Avec 53 élus acquis sur 69, le conseil municipal le réélira maire sans encombre. Quelques jours plus tard, la seconde étape pour la présidence de la Métropole ne devrait pas être un énorme casse-tête. Cependant, avec l’élection de 13 nouveaux édiles sur 30 autour de Montpellier, le socialiste va devoir ménager les susceptibilités, trouver le savant équilibre et donc travailler avec la droite, dans une Métropole qui pourrait se politiser davantage si des groupes venaient à se former. Plus que les postes d’adjoints au maire, l’attribution des vice-présidences sera scrutée à la loupe. À voir par exemple qui récupérera le dossier compliqué des déchets dont s’occupait René Revol, battu.

    Le pouvoir d’achat aidé

    Si l’alchimie prend, M. Delafosse pourra alors dérouler. Son premier mandat visait à réveiller Montpellier l’endormie. Ce fut chose faite avec la plupart des promesses tenues (gratuité des transports, 5e ligne de tramway, mutuelle communale…) au prix de nombreux chantiers qui riment forcément avec perturbations. La carte de « l’apaisement » jouée par le maire avec les territoires voisins, vaudra-t-elle aussi pour Montpellier ? C’est ce que M. Delafosse a promis durant la campagne. Après le tramway ou l’Esplanade, le maire a l’intention de réparer et d’équiper les quartiers, les uns après les autres. En prenant soin « des parcs, des écoles, des rues, des places, des trottoirs ». Ainsi l’avenue de Toulouse, la place des Beaux-Arts ou le chemin de l’Aqueduc vont être repensés après concertation. À terme, l’esplanade de Gaulle sera reliée à Antigone. Parmi les premières mesures pour faire faire des économies, la gratuité des médiathèques fera son apparition, un office pour le pouvoir d’achat et une agence du logement seront aussi créés.

    Mais attention, plus de proximité dans les quartiers ne signifie pas la fin des grands chantiers. Le Contournement routier ouest (COM) et le Service express régional métropolitain (Serm) sont sur les rails. Mené avec l’État, l’indispensable projet de rénovation urbaine (Anru) va, durant ce mandat, transformer des quartiers populaires comme la Paillade. De nouveaux quartiers vont naître à l’instar de Montpellier Sud entre Saint-Martin et les Prés d’arènes. Pour M. Delafosse, le nouveau challenge ne fait que débuter.

  • Le danger RN écarté de la Métropole toulonnaise

    Le danger RN écarté de la Métropole toulonnaise

    C’est un des effets des victoires du RN dans trois villes de la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée (La Seyne-sur-Mer, Six-Fours, La Valette-du-Var) : de trois postes sous la précédente mandature, le RN va passer à 29 au conseil métropolitain. Mais la victoire de Josée Massi à Toulon, ville dotée du plus grand nombre de conseillers (35, contre 24, au total, sur les trois villes précédemment citées), va considérablement limiter son influence et son accès aux postes à responsabilité, déterminé par le vote d’un conseil métropolitain au sein duquel il n’est pas majoritaire.

    Il est ainsi très peu probable de le voir accéder à la présidence, qui devrait être cédée par Jean-Pierre Giran (LR) après sa défaite à Hyères, et à laquelle Josée Massi s’est déjà portée candidate. Il devrait en être de même pour les postes de vice-présidents (au nombre de 15 dans le précédent mandat, qui peut monter à 20).

    Sacco seul représentant de la gauche

    Il ne devrait donc pas y avoir d’élu RN au sein du bureau métropolitain (composé du président et des vice-présidents), organe chargé du pilotage des dossiers, ni aucun à la tête d’une commission (dirigées par les vice-présidents). Si elle pourra toutefois peser sur la construction des politiques, l’extrême droite n’aura donc pas les clés du processus décisionnel, au sein d’une assemblée dont les compétences (énergies, transports, déchets, logement…) sont importantes dans de nombreux domaines.

    Un conseil métropolitain au sein duquel Stéphane Sacco (GRS), tête de liste d’Uni.e.s à gauche pour La Seyne aux élections, sera le seul représentant de la gauche, alors qu’ils étaient trois entre 2020 et 2026. Une position difficile à tenir, qu’il devra toutefois usiter tant que faire se peut pour porter les voix progressistes de l’ensemble de la métropole.

  • [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Hyères, la fusion de Giran-Cornileau a tourné au fiasco

    [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Hyères, la fusion de Giran-Cornileau a tourné au fiasco

    Lors de son entrée en campagne, en janvier, Jean-Pierre Giran apparaissait confiant. Mettant en avant les réalisations de ses douze années de mandat, le candidat LR ne manquait pas de critiquer ses adversaires. Au premier rang desquels son ancienne adjointe au commerce et à l’animation, Véronique Bernardini, passée dans l’opposition en 2023 : « J’ai failli l’appeler Martine, car sa campagne, c’est Véronique à la plage, Véronique au marché… La politique, ce sont des idées, pas des postures, ni des carnets avec une petite blonde magnifique qui fait toujours un sourire identique. »

    Désaveu dès le 1er tour

    Se sentait-il en danger en passant sous silence les aspects moins reluisants de sa mandature avec notamment un rapport accablant de la Chambre régionale des comptes en 2024 ou la gestion calamiteuse de la villa Noailles, tandis que l’association Anticor multipliait les signalements à son encontre…

    La claque du 1er tour, avec une décevante 2e place (21,31%), loin de Véronique Bernardini (26,94%), l’a poussé, après un refus de rapprochement de Nicolas Massuco (SE), à se tourner vers un autre ancien adjoint, François Cornileau. Ce dernier, membre de l’UDR mais non investi par le parti ciottiste – c’est le candidat RN Jean-Michel Eynard‑Tomatis qui l’a été – menait une liste classée à l’extrême droite.

    Cette fusion, tentative de sauver les meubles et critiquée par certains colistiers de Cornileau, a sonné comme une débâcle. Au second tour, Jean-Pierre Giran perd près de 200 voix. Il arrive largement derrière Véronique Bernardini, qui s’impose avec 48,83% (20,82% pour le binôme Giran-Cornileau). Il perd ainsi son fauteuil de maire et la présidence de la Métropole TPM. Un désaveu et un déshonneur.

  • [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Cogolin, la fin de l’ère Lansade suscite un regain d’espoir

    [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Cogolin, la fin de l’ère Lansade suscite un regain d’espoir

    Attablé dans un café du centre-ville, Francis José-Maria, président de l’association Place publique Cogolin et opposant de longue date à la politique d’extrême droite menée par Marc-Etienne Lansade, savoure l’instant. Sa commune, qui affichait le record de France du nombre de listes d’extrême droite en lice aux municipales (officiellement quatre), va pouvoir tourner la page grâce à la victoire d’Isabelle Farnet-Risso (DVD) : « C’est un soulagement, après douze ans de mandat. Lansade et son équipe ont maltraité la commune, avec une approche très clientéliste. Ils ont monté les Cogolinois les uns contre les autres, en fonction de leurs origines et de leur religion, et porté atteinte aux libertés des associations et de la presse. »

    La chute de l’édile aux onze mises en examen, condamné à 5 ans d’inéligibilité en juillet, « avec trois dossiers toujours en cours » précise-t-il, ainsi que celle de ses successeurs, est suivie d’une autre bonne nouvelle : l’effondrement de l’extrême droite, marqué par la défaite de Pierre-Yves Tierce (DVD), qui avait fusionné sa liste avec celle du RN Philippe Valet pour le second tour. « Lui qui se disait d’une droite présentable a, en plus, reçu le soutien de la plupart des autres listes d’extrême droite, et de Lansade. C’est la même stratégie que Ciotti ou que le maire de Sainte-Maxime, son mentor, qui l’a envoyé à Cogolin, et n’a pas hésité à prendre des membres du RN sur sa liste », explique celui qui a soutenu Isabelle Farnet-Risso, « qui était la plus proche de (ses) valeurs ». Un soutien dont Pierre-Yves Tierce a tenté de se servir : « Il a balancé des mensonges éhontés dans l’entre-deux-tours pour faire basculer une partie de l’électorat, disant que j’étais LFI, que j’avais un projet de camp pour migrants. Ce cocktail est un chiffon rouge ici. »

    Francis José-Maria souhaite que Cogolin devienne un « cas d’école » : « A contrario de ce qu’on veut faire croire, on a déjà essayé le RN, à Cogolin, à Toulon, et ça s’est toujours mal terminé. Les gens s’en sont détournés, surtout pour le côté affairiste. »

    Les habitants entre satisfaction et attentes

    Chez de nombreux habitants rencontrés dans les rues, ce changement de municipalité est également bien perçu : « Le maire a laissé une commune surendettée. Certains pensent que le FN est une solution pour la France, mais rien qu’au niveau communal, ça a été une catastrophe. On imagine ce que ce serait avec 70 millions d’habitants en voyant ce que ça a donné sur une commune de 12 000 », dénonce Christian. « Toutes ces affaires, ce n’est pas top pour l’image de Cogolin, mais c’est du passé maintenant », positive Juliet, jeune adulte à la tête d’une friperie dans la commune. Elle espère un renouveau urbain et intergénérationnel : « Le centre-ville a été mis de côté, il fallait un changement. Il faut redynamiser la ville dans son ensemble, prendre en compte tous les âges. Il faut motiver la jeunesse à rester, lui donner des coups de pouce, ainsi qu’aux saisonniers et aux commerçants, car Cogolin n’a pas atteint le maximum de ses capacités. »

    Un avis partagé par Vanessa, « contente de ce changement » pour l’avenir de ses enfants et qui espère « retrouver l’ancien Cogolin et la joie de vivre du village. On connaît Isabelle Farnet-Risso. C’est une Cogolinoise, elle est à l’écoute. Je crois que c’est ce qui a fait changer la donne, beaucoup de gens se disent qu’on va pouvoir prendre les choses en main avec elle ».

    Certains, comme Sébastien, qui a voté pour Pierre-Yves Tierce, se montrent plus dubitatifs : « On verra dans le futur si c’est positif », demande-t-il à voir. Comme Nicolas, qui a perdu foi en la politique : « Ils sont tous pareils. On verra bien ce qu’elle va faire, si elle suit son programme, c’est du lourd (sic). Cogolin n’est plus le Cogolin d’avant. Il n’y a plus de tourisme. Les voiries sont abîmées, il y a plus d’urgence à faire ça qu’à faire des bâtiments. »

    Quoi qu’il en soit, pour Nathalie, la nouvelle maire et son équipe vont « avoir du boulot » pour effacer les traces de l’ère Lansade. « Il faut prendre conscience que les gens doivent s’unir plutôt que se tirer dans les pattes. C’est ça qui fait la force d’un village. Il faut créer une harmonie, c’est un grand travail et je souhaite bien du courage à la nouvelle maire. »

  • [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Carpentras, l’inquiétude après la victoire du RN

    [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Carpentras, l’inquiétude après la victoire du RN

    Le sommet blanc de neige du mont Ventoux, qui scintille sous le soleil, à Carpentras, n’a pas fait oublier aux locaux la vague brune qui s’est abattue sur la ville dimanche, lorsque le candidat du Rassemblement national, Hervé de Lépinau, l’a emporté au second tour des élections municipales avec 50,78% des suffrages exprimés face à une gauche divisée.

    La capitale du Comtat Venaissin a ainsi basculé, pour la première fois de son histoire, à l’extrême droite. Et dans les rues du centre-ville de la deuxième plus grande ville du département de Vaucluse, les avis divergent. Claude, retraitée, assure qu’il « fallait du changement » et que « tout le monde mérite sa chance », sans pouvoir en dire plus sur les motivations de son vote, tandis que son petit-fils, la vingtaine, acquiesce sans vouloir en rajouter non plus. « Le Rassemblement national n’a pas sa place à Carpentras, ce n’est pas une bonne chose. Cela risque d’être compliqué pour un bon nombre d’habitants, notamment ceux des quartiers », regrette de son côté Didier, qui a voté dimanche pour le maire sortant Serge Andrieu. Mohammed, maçon de métier, a de son côté voté pour Francis Adolphe, maire de 2008 à 2018 contraint de quitter ses fonctions après une condamnation pour violences conjugales, car il le « connaît personnellement ». « Je juge au résultat, donc je préfère ne pas me prononcer avant de voir ce que ça donne. Mais c’est sûr que, quand on voit ce qu’il se passe au niveau national, on peut être inquiet », glisse-t-il, tout en regrettant le « cirque » de l’entre-deux-tours entre les deux candidats de gauche lors des discussions pour une fusion, qui ont finalement échoué.

    Un laboratoire

    Autre inquiétude majeure : la menace qui plane sur les structures associatives. À Carpentras, nombre d’entre elles vivent ou survivent au gré des subventions de la municipalité. Et l’éventualité d’un retrait de celles-ci, au bon vouloir d’une nouvelle politique plus austère, signifierait un arrêt de l’activité. Lors de son élection, Hervé de Lépinau apportait là-dessus une « réponse très juridique », de ses propres mots, tout en assurant qu’il ne ferait « rien de violent ». Ce, pour expliquer qu’il se fierait « aux contrats passés entre l’association et la commune et de voir si les objectifs sont remplis ». Et d’ajouter qu’il s’appuiera également sur la loi NOTRe de 2015 et que ce sera du cas par cas. « Soit on ne rentre pas dans le cadre réglementaire, ou l’équipe municipale considérera que ce n’est pas utile pour l’attractivité de la commune. »

    Du côté d’un dirigeant d’une association locale, souhaitant rester anonyme « pour ne pas tendre le bâton pour se faire battre », on craint que le futur premier édile « fasse une application stricte de l’idéologie » de son parti. Ce qu’il souhaite éviter « pour ne pas finir comme à Orange, où Bompard a supprimé toutes les subventions du jour au lendemain et où il n’y a plus un arbre ni un banc dans les cités ». Concernant de potentiels objectifs, il nuance en expliquant qu’il existe déjà des conventions de travail, mais qu’une possible évolution de celles-ci peut changer la donne. D’autant que plusieurs structures utilisent des locaux municipaux.

    Les futurs élus de l’opposition ont également exprimé leurs craintes. Le maire sortant, qui aura quatre sièges au conseil municipal, craint que le parti à la flamme ne fasse de Carpentras « son laboratoire, y développe des politiques xénophobes, inégalitaires et profondément injustes ». Francis Adolphe, qui a devancé Serge Andrieu de 22 voix, aura, lui, cinq sièges au conseil municipal. « Il faudra défendre en priorité le personnel municipal et éviter toute souffrance au travail. Mais aussi, évidemment, le tissu associatif, qui est très fort avec de nombreux bénévoles et qu’il faut continuer à aider. Il faut tenir compte de toute la population. Cette diversité de culture doit rester forte », confie ce dernier.

  • Le PCF varois pointe la « désunion » de la gauche

    Le PCF varois pointe la « désunion » de la gauche

    Au terme d’élections municipales qui ont vu l’extrême droite se maintenir ou l’emporter dans six communes du département (Fréjus, La Seyne-sur-Mer, La Valette-du-Var, Six-Fours, Salernes, Puget-sur-Argens), la fédération varoise du PCF fait le bilan.

    Si « la gauche était unie au premier tour dans plusieurs villes », la désunion, notamment à La Seyne et à Toulon, « les deux villes les plus importantes du département », fruit « de petits calculs politiciens irresponsables », est pointée du doigt. Au même titre que l’éloignement « des préoccupations du monde du travail et des quartiers populaires, avec une image brouillée au niveau national par les votes à l’Assemblée nationale », responsable du « recul » global des forces progressistes. « Les communistes ont agi pour rassembler les habitants sur des enjeux de progrès. Cela n’a pas suffi pour remporter des victoires », déplore le PCF 83, qui salue tout de même « les élus de gauche qui, dans leur diversité, vont siéger dans des conseils municipaux ».

    « Un travail en direction des abstentionnistes »

    Les communistes soulignent aussi « l’effondrement de la droite aux manettes depuis des décennies. Cette droite qui, par son implication dans différentes affaires judiciaires, ses allers-retours vers la macronie, sa porosité avec l’extrême droite, a ouvert la voie à cette dernière ».

    Pour contrer cette avancée, il faudra donc « poursuivre l’engagement contre l’urbanisation à outrance, la spéculation immobilière, la casse des services publics, leur privatisation », tout en défendant « l’emploi, le pouvoir d’achat, des logements accessibles, l’accès à des soins de qualité, le vivre ensemble ».

    Enfin, eu égard au taux d’abstention qui dépasse les 40% dans le département, le PCF Var mènera « un travail en direction des abstentionnistes, notamment pour les salariés ouvriers, employés, le monde du travail, qui attendent un positionnement politique qui corresponde à leurs attentes. »

  • Un recours déposé par Isabel Gamba (DVC) dénonçant “des irrégularités” à Oraison

    Un recours déposé par Isabel Gamba (DVC) dénonçant “des irrégularités” à Oraison

    Des isoloirs “pas aux normes” et, des “défaillances dans l’organisation” du scrutin… Tels sont les éléments “susceptibles d’avoir altéré la sincérité du scrutin” avancés par l’équipe d’Isabel Gamba qui a déposé vendredi un recours au tribunal administratif. Le maire sortant Benoît Gauvan (Renaissance) a été réélu dès le premier tour à 50,16%. A seulement quelques voix près, il y aurait eu un second tour. C’est également ce que dénonce la candidate et sa directrice de campagne Andréa Laurent, qui avait elle récolté 25,17% des voix.

    Dans un communiqué adressé à La Marseillaise mardi, la candidate Isabel Gamba et sa directrice de campagne Andréa Laurent dénoncent “des conditions matérielles d’organisation non conformes aux exigences relatives à la garantie du secret du vote”, ainsi que “des atteintes potentielles au principe d’égalité entre les candidats” et “la diffusion tardive d’éléments de polémique, intervenue dans des conditions ne permettant pas une réponse utile et effective, susceptible de constituer une manœuvre de nature à altérer la sincérité du scrutin”.

    “Au regard de l’écart de voix particulièrement réduit, ces éléments sont susceptibles d’avoir exercé une influence déterminante sur le résultat du scrutin”, écrivent-elles. Contacté, le maire réélu en conseil municipal d’installation samedi n’a pas répondu dans l’immédiat et devrait s’exprimer à ce sujet prochainement.

  • Hors-sol, Oziol et Altrad relégués dans l’opposition montpelliéraine

    Hors-sol, Oziol et Altrad relégués dans l’opposition montpelliéraine

    Avec l’assise des 40,73% de J-L. Mélenchon à la dernière Présidentielle, Nathalie Oziol apercevait une porte entrouverte vers la mairie de Montpellier. Fort de sa notoriété et de sa réussite insolente dans les affaires, Mohed Altrad s’imaginait déjà régner sur le Clapas, tel un Georges Frêche de droite. Mais les municipales et les scrutins nationaux répondent à des logiques différentes et on ne gère pas la 7e ville de France comme une multinationale.

    Telle est la leçon que les électeurs ont donnée à Nathalie Oziol (25,06%) et Mohed Altrad (24,81%), sèchement battus dimanche 22 mars dans la triangulaire qui les opposait au maire socialiste sortant, Michaël Delafosse (50,13%).

    Peut-être que les réseaux socialistes tissés par Georges Frêche et que Mohed Altrad rêvait de court-circuiter sont toujours solides à Montpellier. Peut-être qu’en dépit de certains couacs, le bilan de M. Delafosse était suffisamment convaincant pour rendre impossible un scénario dégagiste dont avait été victime Philippe Saurel en 2020. Il n’en demeure pas moins que Nathalie Oziol et Mohed Altrad ont, chacun à leur façon, loupé leur campagne.

    La députée Insoumise a mis du temps a asseoir sa légitimité dans son propre camp, au départ coupé en trois, avant de faire front. Ensuite, l’angle très agressif, parfois caricatural choisi par N. Oziol contre le maire n’a pas permis d’élargir son potentiel électoral ni de réveiller les quartiers populaires. D’aucuns ont eu le sentiment qu’elle menait une campagne nationale anti-PS pour préparer le terrain à Mélenchon. Côté Altrad, la crédibilité a clairement fait défaut après 6 ans à déserter les bancs de l’opposition puis à esquiver les débats publics. Sa liste agglomérat des déçus de P. Saurel ou du macronisme avait tout d’un règlement de comptes personnel dans le conflit qui oppose le milliardaire à M. Delafosse pour son refus de vente du stade de rugby. Le signe qu’en politique l’argent ne suffit pas.

    Avec 7 de leurs colistiers, N. Oziol et M. Altrad siégeront donc sur les bancs de l’opposition. Enfin, pour M. Altrad, rien n’est moins sûr. R.C

  • Agde : la « perle noire » emportée par une vague brune

    Agde : la « perle noire » emportée par une vague brune

    Perceptible dès le soir du 1er tour où Aurélien Lopez-Liguori était arrivé largement en tête (38,44%), la catastrophe a bien eu lieu, dimanche 22 mars en Agde. Le sage retrait du maire sortant Sébastien Frey (3e avec 20,74%) n’y a rien fait. La « perle noire de la Méditerranée » s’est fait emporter par une vague brune. Dans son duel qui l’opposait au médecin agathois divers droite Thierry Nadal (45,13%), Aurélien Lopez-Liguori (54,87%) l’a emporté avec 1 652 voix d’avance et une participation correcte (64,75%) qui ne laisse aucune place au doute.

    Quatrième ville la plus peuplée du département, Agde est donc la première ville héraultaise à basculer aux mains du RN. Terrible pour les habitants de ce territoire sinistré qui compte l’un des taux de chômage les plus élevés de France (17,6%). Mais est-ce bien étonnant ? Dès 2007, Agde avait massivement plébiscité N. Sarkozy (62,47% au 2e tour). Aux deux dernières Présidentielles de 2017 et 2022, M. Le Pen est chaque fois arrivée en tête contre E. Macron (54,37% puis 60,14%).

    Si bien qu’aux législatives 2022, l’élection du député RN Aurélien Lopez-Liguori (59,19%) au 2e tour contre le communiste Gabriel Blasco n’avait surpris personne. Pas plus que sa large réélection aux législatives anticipées de 2024. Ce qu’on n’aurait pas imaginé en revanche, c’est que le député RN soit reconduit dès le 1er tour (51,66%).

    A. Rivière (PS) contre le RN ?

    Nul besoin de se remémorer le score famélique de la gauche au 1er tour de ces municipales (Arthur Labatut 6,52%) pour savoir que depuis longtemps Agde penche très à droite. Mais jusqu’ici, Les Républicains gardaient la main localement. La folie des grandeurs de l’ancien maire démissionnaire (31 mai 2024) Gilles d’Ettore, mis en examen dans l’affaire de la voyante Sophia Martinez, a provoqué la bascule. Comptable aux yeux des électeurs de cette politique favorable aux promoteurs, son successeur depuis près de 2 ans, Sébastien Frey, n’a pas réussi à incarner le renouveau à droite. Du pain béni pour Lopez-Liguori qui laisse son siège de député à son suppléant, Bernard Chaumeil.

    Reste à savoir si l’ombre de l’extrême droite peut s’étendre jusqu’à l’Agglo Hérault Méditerranée. Brillamment réélu au 1er tour à Pézenas et en réflexion, Armand Rivière pourrait avoir des ambitions. Mais le socialiste n’a que 5 sièges à l’Agglo plus les 3 de son homologue PS Vincent Gaudy reconduit à Florensac contre 13 acquis au RN avec Agde. D’autant que le maire DVD de Bessan (4 sièges), Stéphane Pépin-Bonet, a de bonnes relations avec Lopez-Liguori. Sachant qu’il faut 30 sièges pour prendre l’Agglo, le choix des maires de Portiragnes, Lézignan ou Saint-Thibéry (…) sera prochainement décisif.