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  • [Occitanie] Élections communautaires, les raisons d’un enjeu majeur

    [Occitanie] Élections communautaires, les raisons d’un enjeu majeur

    Parce que les citoyens n’y participent pas directement à l’instar des sénatoriales, elles sont souvent ignorées voire minimisées. Et pourtant… Dans la foulée des municipales, l’élection des présidents des intercommunalités est un moment essentiel pour l’avenir des territoires, peut-être même davantage que le scrutin municipal à proprement parler.

    Les maires dépossédés

    Plusieurs raisons l’expliquent. Tout d’abord, la force de frappe. Comparées aux Villes, les communautés de communes, d’agglomération ou de Métropole jouissent de budgets de loin supérieurs. En 2025 : 1,82 milliard d’euros pour la Métropole de Montpellier au lieu de 753 millions d’euros pour la seule Ville de Montpellier. L’écart est encore plus parlant dans les petites intercommunalités. En outre, ces dernières récupèrent une part importante de la fiscalité des Communes : Cotisation foncière des entreprises (CFE), Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), Taxe sur les surfaces commerciales, Taxe d’enlèvement des ordures ménagères (Teom)…

    Des recettes perçues en échange des compétences exercées par les intercommunalités qui surclassent là encore les Communes. C’est d’autant plus vrai depuis que la loi NOTRe (2015) a renforcé leurs domaines d’intervention. Ainsi les intercommunalités ont-elles la main sur les politiques majeures de transports publics, de gestion des déchets, d’eau et d’assainissement, de développement économique ou de transition écologique. Autre exemple particulièrement parlant : l’urbanisme. Si chaque maire délivre toujours l’acte administratif du permis de construire, séparément ils ne sont plus directement à la baguette pour planifier les constructions à l’échelle communautaire. Via le Plan local d’urbanisme intercommunal (Plui), c’est l’intercommunalité qui construit les grands schémas directeurs, fixe les zones constructibles, la part de logements sociaux ou d’accession aidée. Il en va de même pour le prix de l’eau et des transports, l’installation d’entreprises…

    Ainsi l’essentiel du pouvoir de décision est-il désormais dans les intercommunalités. « Le maire pèse surtout sur la vie quotidienne, grossièrement la bordure de trottoir qui a son importance, la police municipale, les équipements publics. Mais les maires ne font pas les lois », nous résumait il y a quelques semaines, le politologue Michel Crespy. Les présidents d’Agglos ou de Métropole ne sont pas davantage législateurs mais ce sont eux qui impulsent leur vision du territoire. Ce ne sont pas des dictateurs pour autant puisqu’ils sont élus par les maires et conseillers municipaux siégeant à l’intercommunalité. Mais leurs prérogatives élargies expliquent que les élections communautaires donnent lieu à d’intenses tractations politiques en coulisses.

  • [Sète Agglopôle] Loïc Linarès rempile pour un second mandat

    [Sète Agglopôle] Loïc Linarès rempile pour un second mandat

    Un vote de confirmation pour Loïc Linarès. Le président PS était candidat à sa réélection à la tête de Sête Agglopôle, le 31 mars, face à Sébastien Pacull, élu RN à Sète. Sans surprise le socialiste a été réélu, au 1er tour. Car il semblerait que le bilan réalisé au cours des dix derniers mois ait séduit les différents édiles et élus du territoire. À l’instar du maire de Gigean, Marcel Stoecklin, doyen du conseil nouvellement élu, en charge de présider la séance dans la salle de l’Aire à Frontignan. « Le changement de gouvernance à 10 mois de l’échéance a montré que quand la gouvernance s’écoute, les blocages se lèvent. Ce modèle est à consolider. Les attaches partisanes doivent s’effacer et l’intérêt territorial primer », a-t-il souligné.

    Un intérêt territorial qui s’est retrouvé avec la candidature de Loïc Linarès. La veille, un accord avait été trouvé, assurant la présidence au socialiste et désignant Hervé Marquès, maire LR de Sète, comme premier vice-président et Thierry Baëza, maire de Mèze, comme deuxième vice-président. Signé par les 14 édiles de l’Agglo, il laissait peu de place au suspense. Même Sébastien Pacull s’est présenté sans y croire, « conscient des équilibres de l’assemblée ».

    « Relation de confiance »

    C’est sur son bilan que Loïc Linarès a appuyé sa candidature. « Ce vécu de 10 mois a tissé une relation de confiance avec tous les maires. Cette relation et notre travail collectif motivent ma démarche. Le consensus trouvé est constructible et vise à protéger l’intérêt collectif de notre territoire », soutient le socialiste. Et d’insister sur les enjeux économiques et environnementaux qui seront majeurs dans cette nouvelle mandature. « Nous prendrons en main un certain nombre de dossiers, qui n’avaient pas été assez portés comme le Scot, la LGV », poursuit Loïc Linarès.

    C’est donc avec 42 voix que le Frontignanais a été élu (2 votes blancs, 6 pour Pacull). Remerciant l’administration, les collègues de l’assemblée et sa famille, Loïc Linarès s’est mis « au boulot » en déterminant le bureau communautaire (15 vice-présidents et 2 élus délégués). Là non plus, pas de coup de théâtre par rapport à ce qui était annoncé. Hervé Marquès devient le premier vice-président (VP), suivi de Thierry Baëza comme 2e VP. Chaque commune obtient une vice-présidence, exceptée Sète avec la nomination de Vincent Sabatier (LR) comme 14e VP. Ainsi s’ouvre un nouveau chapitre pour l’agglomération sétoise.

  • Réélu maire de Montpellier, Michaël Delafosse met le cap sur le service public

    Réélu maire de Montpellier, Michaël Delafosse met le cap sur le service public

    Deux mille cent soixante dix-huit jours. Sitôt reconduit dans ses fonctions de maire de Montpellier par ses colistiers (53 voix sur 68), samedi 28 mars, Michaël Delafosse a immédiatement relancé le compte à rebours dans son bureau du 8e étage de l’Hôtel de Ville. 2 178 comme le nombre de jours à mettre à profit durant son second mandat à la tête de la 7e ville de France qu’il promet « plus belle, plus solidaire, plus écologiste, plus fraternelle ».

    Avant de s’attaquer à convaincre les 30 maires de la Métropole qui devront élire leur président jeudi 9 avril, l’étape municipale n’était pour Michaël Delafosse qu’une formalité depuis sa nette victoire (50,13%), le 22 mars, face à Nathalie Oziol (25,06%) et Mohed Altrad (24,81%). Mais le premier maire de Montpellier à se faire réélire depuis Georges Frêche en 2001 n’a pas bâclé l’exercice, bien au contraire.

    Au cours d’un discours fleuve, empli de gravité, d’espoirs et d’émotion, le maire socialiste à qui deux enfants du conseil municipal des jeunes ont remis son écharpe tricolore, a pris son temps à la tribune. Dans une ville qui s’est abstenue à 54,16%, dans un monde qui va mal entre intolérances, climatoscepticisme et guerres, M. Delafosse refuse la résignation et joue la carte du vivre ensemble. « Mon engagement est viscéralement républicain ». Qu’il s’agisse de lutte contre l’antisémitisme, l’islamophobie, les violences faites aux femmes, le narcotrafic ou les marchands de sommeil, « il n’y a pas de République à géométrie variable, il y a une République pour tous les habitants ».

    En présence de la maire honoraire Hélène Mandroux, il a d’abord remercié les Montpelliérains. « Votre confiance m’honore, m’engage et m’oblige ». Dans un salut républicain, il a d’abord dit au revoir à ceux qui ne siégeront plus dont Jacques Domergue (LR) ou l’ancien maire, Philippe Saurel, battu. « Nous nous sommes affrontés vivement mais le respect doit l’emporter, la République l’exige ». Il a ensuite eu des remerciements poignants pour les siens : son épouse Anne-Lise, ses enfants Hugo, Adrien et son père, disparu il y a 2 ans sans qui le professeur d’histoire géographie ne serait pas où il est. Le gorge nouée, saluant la mémoire de récents disparus (Gasset, Serrou, Montanari…), M. Delafosse a aussi décrit le « compagnonnage douloureux avec la mort » qui entoure la difficile fonction de maire.

    La liste des 26 adjoints

    L’édile a ensuite esquissé le « cap » de son second mandat. A l’instar du premier, il promet de tenir ses engagements de campagne. Après « la question écologique et sociale » grâce à la gratuité des transports, la 5e ligne ou la mutuelle communale, il vise « les services publics les plus performants de France ». Et se veut rassurant : « Chaque euro dépensé sera un euro utile ». Pêle-mêle, il liste la création d’une maison des syndicats, d’une agence municipale du logement et d’un millier de logements étudiants avec le Crous, la rénovation de quartiers populaires comme la Mosson, les Cévennes ou la cité Saint-Martin. Mais aussi la naissance de 10 nouveaux parcs, un millier de jardins partagés, des places réaménagées avec leur mobilier urbain (bancs…) qui favorisent les rencontres. Ou encore une aide à la rénovation des façades pour les enseignes commerciales, les « circuits courts » plutôt que le « Mercosur » ou le soutien aux entreprises de l’économie sociale et solidaire.

    Pour mener à bien sa mission, M. Delafosse a désigné 26 adjoints. Certains l’étaient déjà (Sébastien Cote, Marie Massart, Tasmine Akbaraly, Laurent Nison, Agnès Saurat, Manu Reynaud, Radia Tikouk, Stéphane Jouault, Agnès Robin, Eddine Ariztegui, Michel Aslanian, Boris Bellanger, Emilie Cabello, Alban Zanchiello, Mustapha Laoukiri, Elodie Brun-Mandon). D’autres le deviennent (Christophe Bourdin, Serge Guiseppin, Muriel Ressiguier, Inbal Benayon, Nelly Lacince, Delphine Esselin, Annie Benezech, Yvan Nosbé, Sophiane Mansouria, Adama Kanté). Leurs délégations seront dévoilées lors du prochain conseil municipal du 8 avril.

    D’ici là, les deux oppositions ont fait savoir qu‘elles veilleraient au grain, chacune à leur manière. Orphelin de son leader Mohed Altrad, absent alors qu’il aurait présidé la séance en tant que doyen à la place de Michel Calvo, Salim Jawhari a promis une « opposition constructive ». « On continuera à défendre nos idées en espérant mixer nos valeurs et projets ». Tonalité différente chez les Insoumis où Nathalie Oziol déplore ne pas avoir pu s’exprimer avant l’élection du maire à laquelle elle candidatait (8 voix). « Cela aurait pu être un moment de changement de pratiques démocratiques. Ce n’est pas en nous coupant le micro qu’on nous fera taire », prévient la députée LFI dont le groupe revendique la présidence de la commission des finances. Vu leur entrée en matière musclée, pas sûr que les Insoumis aient gain de cause.

  • Jean-Marc Coppola sera le prochain maire des 15 -16 à Marseille

    Jean-Marc Coppola sera le prochain maire des 15 -16 à Marseille

    C’était l’inconnue du 3e tour. Dans les 15e et 16e arrondissements de Marseille, où le Printemps marseillais porté par Samia Ghali (DVG) était arrivé en tête au second tour des municipales le 22 mars, la question du maire de secteur restait entière.

    Entrée dans l’exécutif municipal samedi dernier, en devenant 3e adjointe au maire de Marseille, l’ancienne sénatrice ne pouvait plus briguer le poste de maire de secteur, en raison des règles du non‑cumul.

    Une situation similaire à 2020 lorsque Samia Ghali avait laissé les rênes de la mairie à Nadia Boulainseur (DVG). Après six années de mandat, cette dernière ne souhaitait pas rempiler. Elle l’a annoncé dans la matinée de mercredi dans un post Facebook.

    Quelques heures plus tard, Samia Ghali a donc annoncé que le communiste Jean‑Marc Coppola faisait consensus pour prendre la tête de la mairie du 8e secteur. Il était en deuxième position sur sa liste. L’élection aura lieu dimanche soir.

    Adjoint au maire de Marseille en charge de la culture sous la première mandature du Printemps marseillais, ce dernier n’avait pas intégré l’exécutif municipal lors du conseil d’installation.

    « Je suis très heureux que mon ami Jean-Marc Coppola soit le prochain maire des 15e-16e arrondissements de Marseille », a réagi le sénateur communiste, Jérémy Bacchi. « Bravo à Samia Ghali pour sa belle campagne qui a permis ce succès. Il prendra la tête du secteur ce dimanche pour porter les couleurs du Printemps Marseillais ».

    De 1983 à 2008, la mairie du 8e secteur, dans les quartiers nord de Marseille, a toujours été dirigée par un maire communiste jusqu’à ce que Samia Ghali en prenne la tête en 2008, succédant à Frédéric Dutoit.

  • Dans les 15-16, le Printemps marseillais cherche son maire

    Dans les 15-16, le Printemps marseillais cherche son maire

    Le dimanche pascal s’annonce chargé aux quatre coins de Marseille. Deux semaines après le 2d tour des municipales, une semaine après l’élection de Benoît Payan (DVG) à la mairie centrale, les 303 conseillers d’arrondissements des huit mairies de secteur vont à leur tour élire leur maire. Des votes pour la plupart sans surprise, la prime majoritaire de 50% pour la liste en tête, écrasant les oppositions.

    À gauche, parmi les maires sortant de la majorité du Printemps marseillais (PM), Sophie Camard (GRS), 19 sièges sur les 25 des 1er et 7e arrondissements, Anthony Krehmeier (PS), 21 sièges sur les 27 dans les 2-3, Didier Jau (EELV), 24 élus sur les 33 des 4-5, et Olivia Fortin (Mad Mars), 32 élus sur les 42 du conseil d’arrondissements des 6-8, seront reconduits. L’incertitude concerne les 15-16.

    Dans ce secteur, terre d’élection de Sébastien Delogu (LFI), Samia Ghali, tête de liste (DVG) du Printemps marseillais, a largement remporté au second tour (46,07%, 25 sièges) la triangulaire qui l’opposait au candidat d’extrême droite, Thibaut Charpentier (RN, 32,30%, 5 sièges) et à l’insoumise Rabyata Boinaheri (21,62%, 3 sièges).

    Sauf que, comme en 2020 dans un contexte certes différent, Samia Ghali a intégré samedi, l’exécutif municipal : 4e adjointe au maire de Marseille, elle dispose à nouveau du titre spécifique de maire-adjointe et un rutilant portefeuille de délégations devrait suivre. Une situation qui ne l’autorise pas à mener l’exécutif du secteur. Qui prendra sa place, rue de Lyon ? Beaucoup de bruits circulent même si pour l’heure, « Samia Ghali reste la maire », rappelle son entourage.

    Boulainseur, Mze,

    Coppola ou Jibrayel ?

    En 2020, Nadia Boulainseur (DVG) avait relevé le défi avec beaucoup d’à-propos. Six ans plus tard, les choses semblent pourtant moins évidentes. Contactée, celle qui apparaissait en 3e position sur la liste du PM sur le secteur, n’a pas répondu à notre sollicitation. Sur Facebook, un compte à tendance insoumise a même lancé un appel à venir soutenir la « boss lady » devant la mairie, dimanche.

    Derrière elle, les choix ne sont pas légion. Une situation qui rappelle celle des 6-8 en 2020, lorsqu’il s’était agi de trouver un remplaçant à Olivia Fortin qui avait consacré le début de son mandat à la réforme de l’administration municipale. Sur les huit premiers de la liste, trois ont accompagné Samia Ghali dans l’exécutif municipal : Hedi Ramdane, Josette Furace et Hanifa Taguelmint. Restent les communistes Jean-Marc Coppola et Ibrahim Mze, et le socialiste Sébastien Jibrayel.

    Adjoint à la culture de 2020 à 2026, le premier assure se destiner à d’autres ambitions en mairie centrale. Ibrahim Mze, fait, lui, ses premiers pas au conseil municipal. Et Sébastien Jibrayel, ex-adjoint aux sports, ne fait pas l’unanimité au Printemps marseillais depuis sa condamnation pour « violences en réunion » en 2025. Sa présence sur la liste avait d’ailleurs fait des remous. « C’est en interne », observe une membre de la liste, « mais ce n’est pas le plus important. La mairie de secteur est un outil à disposition de la mairie centrale, donc peu importe, ce qui compte c’est que la personne agisse en proximité et dans l’intérêt des habitants du secteur ».

    Dans le VIIe secteur voisin, à la mairie de Saint-Joseph, les choses sont plus claires. Après un mandat avec Stéphane Ravier et sa nièce (RN), puis six années de gestion de droite, la gauche revient aux commandes des 13-14 et aligne enfin le secteur sur la mairie centrale. Une situation qui n’était plus arrivée depuis 1986. Tina Biard-Sansonetti (DVG), dans ce secteur le plus peuplé de la ville disposera de 41 sièges sur les 53 du conseil d’arrondissements.

  • Robert Deledda, maire de la Cadière-d’Azur : « Mon leitmotiv, c’est servir dans l’intérêt général »

    Robert Deledda, maire de la Cadière-d’Azur : « Mon leitmotiv, c’est servir dans l’intérêt général »

    La Marseillaise : Vous prenez la succession de René Jourdan, qui a passé 37 ans à la tête de la mairie. Que ressentez-vous ?

    Robert Deledda : Une grande joie. Je veux prendre une belle succession car j’ai un profond respect pour René Jourdan. C’était un maire aimé. Je veux poursuivre toutes ses belles réalisations avec un nouveau projet, mais aussi penser à l’avenir.

    Vous n’aviez pas reçu son soutien, qu’il avait apporté à Marc Benoît. Vous étiez son premier adjoint : comment l’avez-vous vécu ?

    R.D. : C’est démocratique. Il y a des élections, il y avait une équipe en place. Les adjoints en place n’ont pas voulu se présenter et c’est Marc Benoît qui s’est présenté avec une partie de l’équipe. Moi, j’ai fait le choix de partir avec quelques conseillers municipaux, mais une équipe nouvelle, compétente et expérimentée, vraiment ancrée dans la vie locale. Ce qui nous a différenciés, c’est la méthode. La mienne, c’est écouter, agir justement, avec beaucoup de proximité, que ce soit avec les mondes associatif ou économique, et les quartiers. Ça a été un atout majeur, car on me connaissait depuis longtemps dans la commune. J’avais aussi mené des projets intéressants, au CCAS, à la résidence autonomie, au sein de l’Audat [Agence d’urbanisme de l’aire toulonnaise et du Var, Ndlr.], dont j’étais le 3e vice-président.

    La Cadière est une commune historiquement ancrée à gauche. Comment vous positionnez-vous personnellement ?

    R.D. : Notre liste était sans étiquette. Toutes les personnes n’étaient pas intégrées dans un parti politique. Une élection locale se base sur ce qu’on a fait en tant qu’élu, et ce qu’a fait son équipe : est-elle ancrée localement ? J’ai « recruté » dans le milieu associatif, en ciblant tous les quartiers, toutes les catégories socioprofessionnelles et les professions utiles pour notre projet. Moi-même, je n’ai pas de positionnement particulier. J’ai pris mes fonctions dimanche. On va se mettre très rapidement au travail, on va faire ce qu’on a dit et on va le prouver, en étant toujours à l’écoute. Je serai le maire de tous les habitants sans exclusivité. Mon leitmotiv, c’est servir dans l’intérêt général à La Cadière-d’Azur, et je ne dévierai pas de cet emblème.

    Le paysage politique s’est redessiné au sein de la communauté d’agglomération sud Sainte Baume. Quels seront les grands défis ?

    R.D. : On va bientôt faire une réunion avec le bureau des maires. Il faudra trouver un candidat rassembleur pour la présidence. Il y a trois projets sujets aux litiges : le remboursement de la dette du Grand prix F1, l’eau, et le désenclavement de la zone industrielle de Signes. Les communes doivent travailler ensemble et mutualiser certaines compétences. Il faudra trouver des solutions pour régler les problèmes de manière paisible et concertée, au bénéfice des habitants.

  • Un nouveau Printemps se dessine pour Marseille

    Un nouveau Printemps se dessine pour Marseille

    L’émotion était sincère. Caricaturé en maire non élu ces cinq dernières années, Benoît Payan a retrouvé samedi son fauteuil de maire (DVG) de Marseille. Il était seul en lice. Un vote sans suspense et à l’unisson de la solide majorité du Printemps marseillais (73 sièges), une semaine après la victoire dans les urnes face au Rassemblement national.

    « Le maire de Marseille, le mieux élu de la Ve République », se plaisait-il à rappeler après une séance sans fausse note, suivie en tribune par le député- candidat insoumis, Sébastien Delogu. Sous ses yeux, l’extrême droite (34 sièges) a fait bonne figure dans ce conseil d’installation très formel. Tout juste l’élue (RN) des 9-10, Anne-Marie Gregori, a-t-elle été remise sur les rails lorsque son discours inaugural, autorisé par son statut de doyenne, a pris une tournure politique. La menace d’un « rappel au règlement » ramènera sa parole à la raison.

    Quinze nouveaux adjoints

    « Ils se présentent à des élections, ont des élus, on verra s’ils se comportent de manière républicaine », analysait Benoît Payan sans vouloir faire de « procès d’intention », après la séance. « Évidemment s’il y a des dérapages racistes, xénophobes, antisémites, homophobes ou sexistes, je les sanctionnerais et j’enverrais au procureur de la République ceux qui, même si la liberté d’expression est pleine et entière, dépassent le cadre de la loi. » Le RN dont une autre élue, Marie Bermejo, a officié comme secrétaire de séance en tant que benjamine de l’hémicycle, constituera la principale opposition ces sept prochaines années.

    Un « marathon », soufflait Romain Simmarano, le porte-parole (Ren.) de campagne de Martine Vassal, avant de faire ses premiers pas au conseil municipal. Malgré le soutien de ses proches, le directeur de cabinet de Renaud Muselier, est apparu bien seul pour représenter la droite républicaine (4 sièges), en l’absence de deux élus. D’autant que Martine Vassal, la présidente (DVD) du Département, s’est vite éclipsée. Quel sera son champ d’expression ? « Sur le temps de parole on verra », répond le maire, « mais j’ai suffisamment souffert qu’on me dise que je n’avais pas droit à la parole dans l’opposition, pour ne pas reproduire ce que j’ai condamné. Ce n’est pas ma conception de la démocratie. »

    Installés dans l’hémicycle par ordre alphabétique, les conseillers municipaux ont aussi désigné les adjoints au maire. Un exécutif élu à l’unanimité des voix du Printemps marseillais. Ils seront 33 mais leur délégation n’est pas encore arrêtée. Des changements apparaissent toutefois par rapport au précédent.

    « La mandature qui vient est la continuité du travail engagé depuis six ans sur la base d’une équipe renouvelée », note la 5e adjointe Audrey Garino (PCF). « On partait de pas grand-chose, on a beaucoup réparé, maintenant on va pouvoir déployer nos politiques publiques avec encore plus de force. » Quinze nouveaux adjoints font leur apparition dont Amine Kessaci (4e). Sous escorte, il a fait des débuts émouvants à Bargemon, officiant comme secrétaire de séance lors du vote des adjoints.

    Nouvelle organisation

    « On mesure la responsabilité et l’honneur. Le premier mandat a permis de poser les bases, celui-ci doit être un tremplin et cette écharpe un levier pour accélérer cette transformation de Marseille », poursuit Pascaline Lecorché (PP). Avec Hanifa Taguelmint, elle fait partie des deux autres entrants parmi les dix premiers adjoints. « C’est un moment lourd de sens, la campagne a été intense, on a vu une ville fracturée et on a sept ans pour la recoudre. Je mesure le travail et la charge qui nous attendent », a réagi la militante antiraciste assise samedi juste à côté de l’extrême droite.

    La présence de Samia Ghali, en 3e position, avec son titre de maire adjointe, indique qu’elle laissera comme en 2020 les rênes de la mairie des 15-16. À qui ? « Suspense », répond son entourage. Parmi les adjoints sortants encore élus, figure Lisette Narducci (DVG) chargée jusque-là des anciens combattants, Patrick Amico (GRS) qui était au logement, ou Jean-Marc Coppola (PCF) qui avait la culture.

    « Ce résultat nous oblige peut-être encore plus fortement. Il faut qu’on garde le cap de la dignité et de l’intérêt général. Je sais que les acteurs culturels comptaient sur moi, j’ai pris beaucoup de plaisir avec des femmes et des hommes extraordinaires mais ce n’est pas un abandon, je serai utile autrement », explique celui qui prendra la direction du groupe PCF dans l’hémicycle. Un autre rôle qui dessine une nouvelle organisation de la majorité.

    Mais les yeux sont déjà tournés vers le conseil métropolitain (7 ou 8 avril). « Je veux une Métropole à la hauteur des attentes, qui redeviennent enfin un outil au service de notre ville », a martelé Benoît Payan dans son discours, promettant de « dépasser les clivages et les blocages, pour dialoguer et convaincre
    de cette absolue nécessité
     ».

    « Marseille a besoin d’être rassemblée
    et protégée, qu’on répare ses fractures
    et prépare
    son avenir. »

  • Vincent Bouget officiellement élu maire de Nîmes

    Vincent Bouget officiellement élu maire de Nîmes

    Vendredi 27 mars au soir, le Palais des Congrès de Nîmes avait des allures de nuit électorale qui refuse de retomber. Plus de 700 personnes, jauge dépassée, une file encore à l’extérieur : beaucoup voulaient voir la bascule, toucher du regard ce moment républicain où une ville change de cap. Dans la salle, des applaudissements qui montent au rythme de l’appel, des regards qui se croisent, des élus installés, et un public serré comme pour ne rien perdre de l’instant.Les chefs de file de l’opposition ouvrent la séquence, chacun posant sa ligne. Julien Plantier (DVD) ouvre le bal des prises de parole dans le ton de l’opposition « responsable ». « Pas une opposition de tribune mais de terrain, fondée sur le bon sens », promet-il, se posant « force d’équilibre, exigeant sur les résultats ». Et il conclut : « Aujourd’hui nous sommes dans l’opposition, demain nous serons l’alternative. » Franck Proust (LR), dernier premier adjoint de Jean-Paul Fournier, se veut plus institutionnel : « ni obstruction systématique, ni acceptation de principe », au nom d’une démocratie locale « avec sérieux, clarté et responsabilité. » Puis vient Julien Sanchez (RN), et la trêve républicaine se fissure. Le candidat d’extrême-droite revendique le score historique de son camp, puis fustige Proust, Plantier et la fusion : « Tout le monde sait maintenant que Nîmes a la droite la plus bête du monde », lâche-t-il à deux reprises. Il les accuse d’avoir « offert Nîmes aux communistes », et poursuit en leur demandant de quitter la vie politique « pour laisser la place à des gens plus courageux. » L’attaque ad personam se conclut : « N’ayant hélas que peu d’honneur, ils resteront sans doute ici dans leur petit groupe de trois, ce qui est encore trop pour eux. » Hébétement général, puis les rires jaunes et les huées. Il enchaîne en annonçant avoir déposé son recours (mail du Paloma, tracts, illégalités présumées), puis prévient : une opposition « vigilante, procédurière, dénonçant des promesses non chiffrées », et promettant de « ne rien laisser passer. »

    Une écharpe remplie de promesses

    La salle est tendue, mais le dépouillement, lui, ramène tout le monde au réel. Silence épais, puis verdict sans surprise mais lourd de symbole : Vincent Bouget est élu maire avec 42 voix, correspondant à sa majorité. Sanchez en obtient 11, cinq bulletins blancs ou nuls, et une voix se perd même sur le nom de Proust, qui n’était pas candidat. Alors, l’émotion prend la place des chiffres : Amal Couvreur s’avance et remet l’écharpe tricolore au nouveau maire, accolade, applaudissements. Une image de passation, et de promesse.Dans son discours, Vincent Bouget cherche tout de suite la hauteur : « Nîmes, c’est une histoire qui oblige. » Il convoque une ville « d’industrie, populaire, ingénieuse, une ville méditerranéenne faite de diversité et de combats ». Et il fixe sa boussole : « Je ne serai pas le maire d’un clan ou d’un parti. Je serai le maire de toutes les Nîmoises et de tous les Nîmois. » À ceux qui ont voté ailleurs, et aux 40 000 abstentionnistes, il tend la main et prend un engagement public : rester proche, rester à l’écoute, et accepter d’être « rappelé à la promesse » si le pouvoir éloigne.

    Tout de suite, le travail

    Le nouveau maire enchaîne ensuite avec son premier conseil municipal. La majorité installe sa charpente : création de 22 postes d’adjoints (lire la liste ci-dessous), dont cinq chargés spécifiquement des quartiers. Une seule liste est proposée, menée par Amal Couvreur, puis adoptée par les 42 élus de « Nîmes en commun ». Les écharpes se succèdent, les félicitations aussi. Dans les votes procéduraux (indemnités, délibérations de début de mandat), les élus RN s’abstiennent systématiquement, marquant d’emblée une opposition qui refuse de valider, mais ne vote pas contre.

    Quand la séance est levée, la politique reprend son visage le plus simple : des accolades, un buffet, des discussions avec les citoyens restés jusqu’au bout. Un premier conseil municipal ne change pas une ville. Mais celui-ci a acté, devant une foule compacte, une chose rare : une alternance qui se fait en public, sous contrôle populaire, et avec une majorité qui veut prouver, rapidement, qu’elle n’a pas seulement gagné : qu’elle sait désormais gouverner.

    Axel Jolidon

    Les adjoints

    1. Amal Couvreur

    2. Pierre Jaumain

    3. Sibylle Jannekeyn

    4. Bruno Ferrier

    5. Soukaina Benjaafar

    6. Denis Lanoy

    7. Marianne Bernède

    8. François Séguy

    9. Corinne Giacometti

    10. Colin Gril

    11. Sylvette Fayet

    12. Nicolas Nadal

    13. Cécile Jourdan

    14. Pierre-Edouard Détrez

    15. Jo Menut

    16. Laurent Mespoulet

    17. Sabine Oromi

    18. Gilles Guillaud

    19. Maya Amer-Moussa

    20. Emmanuel Bois

    21. Catherine Fénech

    22. Jean-Yves Chabanel

    Les conseillers municipaux de la majorité

    Dimitri Pialat, Sonia Benkirat, Dominique Nuti, Agnès Charaix‑Py, Nicolas Cadène, Christian Bastid, Chloé Ridel, Janie Arnéguy, Jullien Pacioni, Olivier Bénézet, Nadia Goudard, Houria Chaïda, Fanny Daguenet, Laurent Bastide, Christine Pralong, Sylvain Meyre, Pascale Seguin, Julien Roussel, Dominique Andrieu‑Bonnet

  • [Entretien] Emmanuel Négrier : « L’essentiel des bascules s’opère de gauche à droite »

    [Entretien] Emmanuel Négrier : « L’essentiel des bascules s’opère de gauche à droite »

    La Marseillaise : La conquête de Nîmes par la gauche peut-elle, à l’avenir, freiner la poussée constante du RN dans le Gard ou est-ce l’arbre qui cache la forêt dans un Département menacé en 2028 ?

    Emmanuel Négrier : Le succès remporté par la gauche à Nîmes s’explique à la fois par des divisions circonstancielles des héritiers de la droite, la forte mobilisation d’entre-deux tours dans les quartiers populaires, où la croissance d’un tour à l’autre est proche de 50%, et une incapacité chronique du RN à incarner une offre politique dans ces quartiers. C’est le paradoxe du RN, parti populiste en panne dans le vote populaire.

    Cependant, cette configuration n’est pas prédictive de ce qu’il se passera pour les prochaines échéances, et notamment pour les élections départementales et régionales. En effet, dans ces scrutins, les quartiers populaires sont jusqu’à présent marqués par une abstention structurelle et leur engagement dans ces prochaines élections est tout sauf assuré. D’autre part, les conquêtes gardoises du RN autour de Beaucaire, Vauvert et Bagnols-sur-Cèze vont très probablement conduire à des dilemmes stratégiques pour la droite, avec à la clef des ralliements possibles, comme on pourra d’ailleurs le voir très vite à l’occasion de l’élection des exécutifs des intercommunalités concernées. La gauche devra batailler sur ces fronts en position de relative faiblesse, en raison d’une influence politique qui décline globalement et des divisions qui, jugulées à Nîmes, se révèlent perdantes dans beaucoup d’autres contextes, dans le Gard comme ailleurs. Ces élections départementales et régionales, situées après l’échéance présidentielle dont nous ne savons pas ce qu’elle va produire, sont donc hautement risquées pour la gauche départementale.

    Au contraire du RN, LFI n’est parvenue à conquérir aucune ville majeure en Occitanie. Est-ce dû à l’épouvantail Mélenchon ou à la stratégie insoumise souvent jugée anti-PS ?

    E.N : LFI pouvait virtuellement compter sur un sortant, à Grabels, et sur une influence considérable lors des précédentes élections présidentielles et législatives dans certains bastions comme Montpellier. Le problème que rencontre LFI est de plusieurs ordres. D’une part, la déconnexion des logiques de vote entre les scrutins nationaux et cette élection singulière qu’est la municipale fait significativement baisser son influence là où il n’est pas implanté. Ensuite, le pari qu’il faisait de remobilisation des quartiers populaires s’est très peu produit (le cas de Nîmes étant exceptionnel) et guère à son profit, comme on l’a vu à Montpellier où il est le plus souvent devancé par le vote en faveur du sortant ou de la liste Mohed Altrad. Quant à Grabels, l’évolution sociologique de la population, associée à une certaine usure du pouvoir municipal, ont été fatales à son maire sortant, René Revol. Derrière ces considérations localisées, il y a une évolution plus générale qui est que le vote LFI s’est sociologiquement transformé. En 2022, c’était celui qui correspondait le mieux à un profil moyen des Français en termes d’âge, de catégorie sociale et professionnelle, d’habitat. En quatre ans, c’est l’électorat du RN qui s’est homogénéisé, en se rapprochant, sur tous ces critères en dehors du niveau de diplôme, du « Français moyen ». Le vote LFI, à l’occasion de ces élections municipales, est devenu « spécifique », ce qui explique ses succès ponctuels (Saint-Denis, Roubaix), mais aussi ses échecs. Évidemment, dans un contexte où la gauche, prise globalement, ne dépasse guère un tiers de l’électorat et qu’elle se divise sur des considérations qui sortent totalement des contextes précis de vote, elle ne peut que s’affaiblir, en particulier son aile gauche.

    En dépit du fiasco agathois,
    la droite héraultaise sort-elle renforcée de ces Municipales même si les couleurs des Républicains sont peu visibles
     ?

    E.N : La droite est en effet renforcée dans ces élections, mais c’est au prix d’une logique d’euphémisation des étiquettes politiques, qui posent d’ailleurs certains problèmes au chercheur que je suis. Globalement, lorsque la droite a perdu une commune, c’est le plus souvent au profit d’une autre liste de droite (Castelnau-le-lez), ou de l’extrême droite dans le cas d’Agde. Et quand un maire d’extrême-droite (Vias) ou anciennement associé à Robert Ménard (Cers) perd, c’est au profit d’un centriste, et non de la gauche. Ailleurs, on peut se poser la question de savoir si un certain électorat de gauche n’a pas fait le choix de la droite sortante plutôt que de la liste de gauche encore en lice au second tour. Ainsi, je fais l’hypothèse qu’il y a un peu de gauche (politique et sociologique, du côté des professions artistiques, par exemple) dans le maintien de la droite au pouvoir à Sète. L’essentiel des bascules s’opère donc de gauche à droite, mais il serait extrêmement hasardeux pour la droite d’en tirer un indicateur de retour en grâce électorale, tant les contextes localisés pèsent plus que l’identité partisane des nouveaux maires. Par ailleurs, comme on l’a observé dans le Gard, même si c’est pour l’Hérault d’une moindre intensité, la droite va être confrontée, face à la pâleur de son identité politique, à la progression du vote RN, encore peu sensible lors de ces élections municipales, et aux enjeux stratégiques qui ne manqueront pas de se poser à elle lors des prochaines échéances.

    La gauche héraultaise a-t-elle perdu plus que certaines villes (Lodève, Grabels, Mauguio, Villeneuve-lès-Maguelone, Saint-Jean de Védas…) dans l’optique des Sénatoriales 2026 et des Départementales 2028 ?

    E.N : La gauche héraultaise a perdu une douzaine de villes, ce qui représente près de 10% de la population héraultaise (100 000 habitants), qui passent de gauche à droite en termes de gouvernance municipale. C’est un recul considérable pour une élection dont on dit d’ordinaire qu’elle favorise les sortants. Cette évolution vers la droite, même pâle et diverse, ne pourra pas ne pas avoir d’influence pour l’élection sénatoriale de septembre prochain. Celle-ci se déroule à la proportionnelle pour désigner les 4 parlementaires et elle est, plus que pour une élection directe, sous l’influence des grands électeurs des mondes ruraux et petites villes, précisément là où la gauche a perdu des positions. L’incertitude est donc assez grande pour ce prochain rendez-vous politique. Quant aux élections départementales, l’Hérault se caractérise par une meilleure résistance à la progression du RN, la gauche y conserve une influence certaine à la fois dans ses bastions urbains et l’arrière-pays, qui peut lui permettre de ne pas perdre le leadership départemental, contrairement à l’Aude, aux Pyrénées-Orientales ou au Gard, trois départements où, ce n’est pas un hasard, tous les députés sont d’extrême droite.

  • Un 3e tour sans suspense pour le Printemps marseillais

    Un 3e tour sans suspense pour le Printemps marseillais

    Le conseil municipal d’installation qui se tient ce samedi (9h15) à l’Hôtel de ville de Marseille s’annonce plus serein que cet interminable samedi 4 juillet 2020, lorsqu’il y a six ans, le Printemps marseillais avait repris la mairie à la droite après 25 années de gestion Gaudin. Michèle Rubirola sa cheffe de file ne disposait alors que de 42 sièges, loin de la majorité absolue dans un hémicycle comptant 101 élus.

    La candidature au 1er tour de Samia Ghali et le retrait à droite de celle de Lionel Royer-Perreaut, avaient semé le doute même si le départ fracassant de Stéphane Ravier et des neuf élus RN avait ramené la majorité à 47 voix. Au 1er tour de scrutin, Rubirola avait obtenu 42 soutiens, contre 41 pour Guy Teissier (LR), tandis que Samia Ghali recueillait huit voix. Après deux heures d’interruption et de tractations, Michèle Rubirola, finalement soutenue par les ghalistes, avait été élue maire avec 51 voix… Elle devenait la première femme à occuper cette fonction mais passera la main quelques mois plus tard à Benoît Payan.

    Composition de l’exécutif

    Aujourd’hui, réforme de la loi PLM oblige, l’hémicycle compte 111 conseillers municipaux et le Printemps marseillais peut s’appuyer sur une base solide de 73 sièges. À l’autre bout de l’hémicycle, le RN dispose de 34 élus. La droite républicaine n’a plus que quatre représentants. Ils ne seront d’ailleurs que deux samedi. Shabbat oblige, Fabienne Bendayan (3e sur la liste de Martine Vassal) ne sera pas présente. Stéphane Pichon (4e) ne sera pas là non plus. Le président de l’Ordre des Pharmaciens de la Région est en déplacement. Un voyage prévu depuis un an et demi.

    Comme le veut l’exercice, c’est le jeune écologiste Amine Kessaci, le benjamin (22 ans) de l’assemblée qui devrait procéder à l’appel. Benoît Payan, le maire sortant, cédera alors la présidence au doyen de l’hémicycle : la députée d’extrême droite, Gisèle Lelouis (RN), âgée de 74 ans. C’est elle qui déclarera la séance d’installation ouverte et la présidera jusqu’à l’élection du maire dont elle proclamera les résultats. Le vote, un scrutin uninominal, pouvant aller jusqu’à 3 tours, se fait à bulletin secret.

    Outre l’élection du maire qui ne souffrira d’aucun suspense, l’élection des adjoints sera l’autre gros morceau du jour. La loi autorise jusqu’à un tiers d’adjoints. Sur la dernière mandature, l’exécutif en comptait 30. Ils pourraient être jusqu’à 36 cette fois. Leur nombre sera voté en séance. Avec des interrogations : Michèle Rubriola restera-t-elle 1ere adjointe ? Samia Ghali conservera-t-elle le rang spécifique de maire-adjointe ? Les délégations, elles, seront attribuées plus tard par un arrêté signé du maire. « Ça viendra dans un second temps en fonction sans doute de l’évolution de l’exécutif métropolitain », glisse-t-on dans la majorité. Sa date n’est pas encore fixée mais le conseil métropolitain devrait se tenir après le long week-end pascal, les 7 ou 8 avril.

    Autre question en suspens : l’organisation de la majorité municipale au sein de l’hémicycle. Sera-t-elle formée d’un seul ou plusieurs groupes, comme c’est le cas dans l’opposition au conseil départemental ? Les choses devraient se décanter d’ici la prochaine séance.

    La droite, elle, a priori n’en aura pas. « À ce stade du règlement intérieur, il ne semble pas possible de composer un groupe. Nous venons de vivre une lourde défaite, nous sommes restés unis et soudés mais nous n’avons que quatre élus », note Romain Simmarano (Ren.). « C’est au maire de Marseille qui a été légitimé par cette élection, de déterminer comment il entend faire vivre la démocratie. Mais nous ferons entendre la voix de nos sensibilités à l’intérieur autant que ce sera possible comme à l’extérieur. »