Tag: élections municipales

  • Magali Brunel, l’avenir en commun

    Magali Brunel, l’avenir en commun

    Toulon en commun n’est pas un dicton vain. S’il fallait le prouver, Magali Brunel s’est employée à le faire, entourée de nombreuses personnalités progressistes, locales et nationales, balayant un large spectre de la gauche et des écologistes. Un tour d’horizon inauguré par une vidéo de Michèle Rubirola (LE), du printemps marseillais, qui a porté un message d’espoir tiré de son expérience : « Nous avons besoin de la gauche rassemblée pour relever les défis. À Marseille, on pensait que c’était impossible. Pourtant, nous l’avons fait en 2020. » Se sont ensuite succédé, entre autres, ceux d’Amine Kessaci, militant (LE) de la lutte contre le narcotrafic, des sénateurs (PCF) Ian Brossat, des députés Olivier Faure (PS), et David Cormand (LE), ou encore du député et fondateur de l’Après Alexis Corbière, venu appeler à l’union face à la menace de l’extrême droite, incarnée par Laure Lavalette.

    À ce sujet, l’intervention du journaliste Claude Ardid, figure toulonnaise de la lutte contre l’extrême droite, a marqué les esprits. Il a rappelé l’héritage de la députée lepeniste, petite fille d’un « membre des croix de feu », et fille d’un « membre du groupe néo-fasciste l’ordre nouveau ». « Nul n’est comptable des erreurs de ses aïeux. Mais le fruit ne tombe jamais loin de l’arbre », a-t-il affirmé, évoquant son passé de présidente d’un groupe étudiant identitaire, ses positions anti-IVG, ou sa propension à jeter l’opprobre sur des librairies, sur une professeure d’université, sur la culture…

    Unité, tramway, pouvoir d’achat, Med in Toulon…

    Après ces prises de parole, quelques colistiers ont été présentés aux quelque 400 présents. Parmi eux, André de Ubeda, conseiller municipal (PCF) sortant, des personnalités sans étiquette, et dans l’esprit de rassemblement prôné, des militants PS, Écologistes, PCF et de l’Après.

    Ce fut ensuite au tour de Magali Brunel d’entrer en piste sous les vivats. La date du meeting n’avait pas été choisie au hasard : le 20 janvier, en écho au même jour de l’année 1931, date à laquelle « le journaliste Jean Lauris commence un projet : celui d’enregistrer la voix de grands hommes », évoqua-t-elle. « Parmi eux Léon Blum, père du Front populaire, nous parle : “Nous avons une conscience de l’égalité naturelle alors que la société où nous vivons est toute entière fondée sur le privilège. Chaque pas en avant de la civilisation devrait ainsi se traduire par un bénéfice universel.” » L’illustration du projet de Toulon en Commun, centré sur : « la justice sociale dans un temps où jamais les inégalités n’ont été aussi fortes. À Toulon, des hommes, femmes, enfants, dorment dans la rue. Non à la résignation ! », a-t-elle clamé.

    Forcément, Magali Brunel a parlé de Toulon, de « ses images qui rassemblent », de « ses odeurs », « ses musiques », et de « toutes ces cultures qui l’ont façonnée. » Avec amour, mais sans concession pour ce qui doit être amélioré, à travers « quatre valeurs cardinales : justice sociale, solidarité, protection de l’environnement, démocratie participative », matérialisés par « deux axes forts : rendre du pouvoir d’achat, du pouvoir d’agir et de vivre mieux, réunir sans gommer nos différences et porter haut notre identité, plurielle, toulonnaise. Notre victoire sera celle des solutions ! »

    Parmi elles, la mobilité, avec la volonté réaffirmée de relancer le projet de tramway. Le logement, dans une ville « qui paye une amende de 3 millions d’euros par an, pour son inaction en matière de logement social ! ». L’éducation, « avec une carte scolaire qui permette aux élèves de se rencontrer dès le plus jeune âge et d’apprendre de leurs différences. » Une jeunesse pour laquelle « il faut prendre au sérieux le défi écologique, et nous préparer à une montée des eaux qui avant la fin du siècle pourra atteindre jusqu’à 1 mètre. »

    Magali Brunel a terminé sur la volonté « d’oublier le projet Pipady, qui lui-même avait oublié les Toulonnais », et celle de lancer « un grand projet de réconciliation avec la mer, un lieu de convivialité entre port et Mayol, tourné sur notre histoire et la création contemporaine : le projet Med in Toulon ». « Mais je n’en dis pas plus… Je garde la surprise », conclut-elle.

    Infos et programme sur toulonencommun.fr

  • À Salon, Nicolas Isnard est candidat pour « rassembler »

    À Salon, Nicolas Isnard est candidat pour « rassembler »

    Je suis candidat aux élections municipales. » Nicolas Isnard, actuel maire (LR) de Salon-de-Provence, était attendu pour cette déclaration de candidature ce mardi matin, à l’occasion d’une conférence de presse donnée dans la permanence électorale du
    48, cours Carnot.

    Le désormais candidat à sa succession souhaite « finaliser les chantiers » en cours, tels que le demi-échangeur de l’A7 ou le futur hôpital, mais aussi en réaliser de nouveaux qui seront détaillés le 10 février, lors de la présentation de la liste et du projet. Une liste renouvelée à moitié, « qui ressemble aux Salonnais », affirme le candidat, formée d’« un panel représentatif de la richesse de Salon ».

    Nicolas Isnard s’annonce résolument tourné vers le local, dans cette élection. Et ne manque pas de critiquer les trois autres listes déclarées. « Les partis politiques ont voulu nationaliser cette campagne (…) en représentant M. Mélenchon ou Mme Le Pen. C’est une élection locale, où il faut parler fiscalité, aménagement, enjeux locaux », tance le candidat, qui reste « LR de toujours » dans une équipe « à 90% sans carte ».

    « Je porterai l’apaisement de la Métropole »

    L’insistance sur les enjeux locaux de Nicolas Isnard cache-t-elle une ambition métropolitaine, comme pressenti en 2020 ? À cette question, l’actuel maire répond : « Ma seule mission et mon unique ambition est d’être maire de Salon avec mon équipe. » Mais la réflexion est quand même là. « Si je suis maire je porterai une voix : la Métropole doit s’apaiser sur la forme et sur le fond. Il faut voir la Métropole différemment, comme un outil au service des 92 communes qui la composent », affirme Nicolas Isnard.

    De la même manière que pour la Métropole, le maire-candidat le réitère, « je présente une liste d’intérêt local qui ne servira pas de tremplin pour des élections nationales futures ».
    « Je ne briguerais aucune responsabilité, ni aucun mandat qui ne me ferait quitter mon poste pour les six années à venir », assène le candidat. Même si rien n’empêche un maire d’être président de la Métropole.

    L’agenda de Nicolas Isnard prévoit l’inauguration de sa permanence samedi 24 janvier à 11h. S’en suit une matinée d’échanges au domaine de Roquerousse le samedi 31 janvier avant la présentation du programme et de la liste le 10 février à 18h, espace Charles-Trenet.

  • Séverine Dellanegra se présente en gage de stabilité politique à la mairie de Saint-Martin-de-Crau

    Séverine Dellanegra se présente en gage de stabilité politique à la mairie de Saint-Martin-de-Crau

    À peine un an et demi sépare le début du premier mandat de Séverine Dellanegra des élections municipales de 2026. La maire (SE) de Saint-Martin-de-Crau, candidate déclarée à sa succession, a inauguré sa permanence électorale, vendredi matin, en centre-ville.

    « Aujourd’hui, la stabilité est revenue, la sérénité aussi, et le dialogue est renoué. Les projets avancent et la ville a retrouvé sa voix », affirme la candidate, élue dans un contexte politique local déstabilisé.

    Séverine Dellanegra considère que « Saint-Martin-de-Crau est une ville avec une identité forte, un patrimoine à défendre, des traditions à préserver et un monde agricole auquel nous sommes profondément attachés ». « C’est une ville qui doit continuer à investir pour améliorer ses services publics, son environnement, sa qualité de vie », avance la candidate, pour qui « une ville doit écouter protéger rassemblés dans un esprit de solidarité et de respect ».

    « Un projet sérieux »

    Séverine Dellanegra annonce plusieurs réunions dans le cadre de la campagne « sur la santé, la solidarité, la sécurité, l’environnement, l’agriculture, les services publics, la culture, le sport et la vie associative ». « Ces rencontres ne sont pas des promesses, mais une méthode », affirme la candidate, pour « construire un projet municipal avec sérieux, sans clientélisme ni promesse irréaliste ».

    Élue avec 41% des voix au second tour des municipales partielles de novembre 2024, avec une abstention de 43%, l’actuelle maire pourrait faire face à Tania Teixier (SE), qui pourrait annoncer sa candidature prochainement.

  • Mario Martinet candidat à Berre-l’Étang pour « terminer les projets »

    Mario Martinet candidat à Berre-l’Étang pour « terminer les projets »

    « La mayonnaise a pris. » Mario Martinet, maire (DVG) de Berre-l’Étang, a donné une conférence de presse, vendredi matin à la salle Alain-Bombard, pour annoncer le lancement de sa campagne pour les élections municipales de mars 2026, avec sa liste Berre avenir.

    « Personne n’a envie de partir », indique d’emblée le maire-candidat, qui a dressé un rapide bilan. S’il devait retenir une chose, Mario Martinet tranche : c’est le centre médical. « Berre était un désert médical », selon le mairel, tout en soulignant « en même temps la réanimation du centre mutualiste Gabrielli », anciennement Oxance. Si la Ville cherche encore un spécialiste, « nous avons récupéré les médecins et on fait en sorte que les Berrois puissent se soigne,r car c’est essentiel », affirme le maire. Et ce n’est pas tout : « Nous allons l’accompagner pour qu’il bénéficie d’un IRM », annonce le candidat.

    « Dans la vie, il y a trois piliers que sont la santé, le logement et l’emploi », estime l’élu. Sur ce dernier point, l’édile craint pour le complexe pétrochimique LyondellBasell de Berre, actuellement en vente, « normalement réglée à la fin du premier semestre 2026 avec un groupe d’investisseurs allemands », avance-t-il.

    « Mon cœur est à gauche »

    La raison qui pousse Mario Martinet et son équipe à rempiler est simple. « Nous n’avons pas terminé certains projets », en particulier la piste cyclable de la coopérative vinicole à la plage. Mais, aussi, la réhabilitation de la chapelle Notre-dame de Caderot, dont le plancher s’effondrait, retardée par des fouilles archéologiques. « Les travaux devraient débuter en 2026 », d’après l’élu.

    L’ambition du maire est de « changer l’image de Berre », cette ville « où on venait pour travailler » et où l’on vient désormais aussi vivre et se divertir. Festives de Berre, Nuits de Berre, concerts gratuits de Gims ou Vitaa, mais aussi les sports constituent une offre que le maire veut continuer à développer. Notamment avec l’aménagement d’un gymnase au quartier Fernand-Léger pour le club de basket ou encore des anciens hangars avec quatre salles de sport pour le taekwondo et la boxe, entre autres.

    Mario Martinet, ancien socialiste, présente sa gestion comme politiquement neutre, même s’il affirme que « [s]on cœur est à gauche ». Et reste fidèle à cet engagement : « Mon adversaire essentiel est à l’extrême droite. »

    Le prochain rendez-vous de la campagne sera celui du bilan face à la population, vendredi 6 février à 18h30, salle Alain-Bombard. Liste et programme seront annoncés le 27 février à la salle polyvalente.

  • Gaby Charroux dresse son bilan en public ce samedi à Martigues

    Gaby Charroux dresse son bilan en public ce samedi à Martigues

    Un bilan sous le signe du « bouclier martégal », dont 95% des engagements ont été tenus. Voilà les termes du bilan de mandat de Gaby Charroux, maire (PCF) de Martigues, qui sera présenté ce samedi 17 janvier, de 10h à 12h, à la salle Dufy de l’espace Simone-Veil

    « Gaby Charroux démontrera comment la Ville a su protéger ses habitants tout en préparant l’avenir », indique son équipe, au travers des quatre thèmes politiques de la ville mobilisés que sont l’innovation, la durabilité, toutes les égalités et le vivre-ensemble.

    « Ce rendez-vous sera également l’occasion d’évoquer les rapports de force avec la Métropole pour la défense des services de proximité, notamment la propreté et les transports », promet l’équipe du candidat.

  • L’UD CGT à fond contre l’extrême droite en 2026

    L’UD CGT à fond contre l’extrême droite en 2026

    Une salle comble et des vœux empreints de combativité pour l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône. « Nous en aurons besoin, pour affronter cette nouvelle année qui ne part pas de la meilleure des manières », entame le secrétaire général de l’organisation, Marc Pietrosino, ce jeudi soir à la Bourse du travail de Marseille. Pour sa première cérémonie de vœux, le syndicaliste élu au congrès d’octobre dernier, débute son allocution par l’actualité chaude au niveau international. Il dénonce d’emblée « l’administration Trump qui enterre clairement l’ordre international qui prévalait depuis 1945 » en citant « l’enlèvement du président Nicolas Maduro ». Dans la lignée de la tradition de l’organisation, Marc Pietrosino pointe « une violation du droit international que le président Lula comparait aux pires heures de l’ingérence états-unienne en Amérique du Sud ». Un bon moyen de rappeler qu’à l’inverse, « face aux attaques impérialistes et aux régimes autoritaires, de la Palestine au Venezuela, de l’Iran à Cuba, l’Union départementale apportera toujours son soutien inconditionnel aux peuples qui luttent pour la liberté ».

    Son constat pour l’Europe n’est pas plus reluisant. « Les entreprises européennes vont continuer de soigner leurs actionnaires en 2026. Le montant total des dividendes versés par les groupes de l’indice Stoxx 600 pourrait atteindre 454 milliards d’euros cette année. » Même dessin pour la France, mais avec un supplément « d’instabilité politique rare ». « L’explication de cette instabilité est due au refus d’un président de la République de se conformer aux résultats des élections, d’écouter les mots d’ordre des nombreuses mobilisations qui ont eu lieu », tacle le secrétaire général. Avant de tonner : « Il s’entête dans une politique néolibérale mortifère. »

    Le lien est tout trouvé avec un autre grand combat de la CGT : la lutte contre l’extrême droite. « Maintenant, pour remplacer le banquier ni de droite ni de gauche, les capitalistes s’activent pour construire une union des droites et propulser les candidats d’extrêmes droites sur le devant de la scène », s’alarme Marc Pietrosino. L’occasion d’évoquer les élections municipales de mars prochain. Un scrutin pour lequel l’organisation « ne compte pas rester muette ». « Nous avons toujours eu des accointances avec les forces progressistes, surtout avec celles qui savent qu’elle est la place de chacun », explique le syndicaliste. Il espère notamment « une victoire du camp progressiste à Arles » au regard du combat des militants pour l’occupation de la bourse du travail de la ville. Devant des représentants du PCF, LFI, NPA ou LO, le secrétaire général délivre un message clair : « Nous continuerons ce travail avec toutes les forces politiques et progressistes qui partagent nos valeurs et notre vision. »

    Un meeting avec Sophie Binet à Gardanne

    Un travail qui passe notamment par une bataille idéologique et culturelle. « Cette alliance entre le capital et l’extrême droite symbolisée par les tentatives d’appropriations de tous les médias, et du monde de la culture, par des milliardaires tels que Boloré, Krétinsky ou Stérin », analyse Marc Pietrosino. Avant de rester positif : « Nous ne sommes pas sans arme face à cela. Nous représentons le nombre et la proximité. La CGT des Bouches-du-Rhône, c’est 32 000 adhérents répartis dans des centaines d’entreprises. » Et la CGT 13, c’est aussi des luttes victorieuses. « Nous démontrons à l’ensemble du monde du travail que nous sommes capables de mener à bien des projets porteurs d’emplois qui contredisent la logique patronale », rappelle le secrétaire général. Il cite notamment la société coopérative d’intérêt collectif CPMM, fruit « d’une reprise de l’outil de travail ». Mais également « les premières embauches à la centrale de Gardanne (…) formidable outil industriel ». De quoi résumer le combat du syndicat pour « développer les industries, les activités portuaires, le réseau ferroviaire et énergétique ». De quoi annoncer surtout « un meeting sur le site de la centrale qui verra la venue de notre secrétaire générale Sophie Binet » le 13 février prochain. Tout un programme donc.

  • Succès pour la déchetterie éphémère en centre-ville d’Avignon

    Succès pour la déchetterie éphémère en centre-ville d’Avignon

    « Il faut absolument le refaire, c’est une super idée », lance une dame croisant les équipes de ramassage des déchets du Grand Avignon, ce mercredi 14 janvier, alors qu’une déchèterie éphémère a été mise en place par l’intercommunalité et la Ville d’Avignon sur la place Pie.

    « On a fait cette action pour répondre à un vrai besoin. Et cela évite les dépôts autour des points de collecte. Pas tout le monde ne peut se rendre en voiture en déchèterie », explique Laurence Lefevre, adjointe au maire d’Avignon déléguée à la qualité de vie. Ainsi, de 8 heures à 14 heures, chacun était libre de déposer les encombrants au personnel présent sur place. Ceux-ci ont ainsi pu trier les objets par catégorie et même proposer ceux encore en état au don sur place. Pas moins de 150 personnes ont utilisé le service avant midi.

    « Je n’ai pas de moyens de transport et je n’ai pas tout le temps envie de demander à un voisin. Il faut le faire ici, mais aussi en extra-muros », s’exclame Françoise Blanchouin, la septuagénaire et habitante de l’intramuros de la Cité des Papes, qui vient tout juste de déposer un grille-pain et un transistor qui ne fonctionnent plus. « Ce sera aux prochaines équipes de maintenir cela, mais c’est un succès », estime de son côté Régis Vaz, responsable des encombrants au Grand Avignon.

  • À Toulon, Laure Lavalette, le vernis local pour dissimuler l’idéologie

    À Toulon, Laure Lavalette, le vernis local pour dissimuler l’idéologie

    Certains, en entendant les discours prononcés par Laure Lavalette, mercredi soir, dans un Palais Neptune comble, sans en connaître la locutrice, auraient pu lui donner Toulon – à défaut du bon Dieu – sans confession. Une heure durant, la porte parole du RN, qui se présente sans étiquette pour attirer un maximum d’électeurs réfractaires à son ancrage partisan d’extrême droite, a déroulé le fil parfait des bonnes convenances nécessaires à l’entreprise de dédiabolisation de son parti nationaliste. De celles qu’on attend d’un élu local, dans une ville chahutée par les déboires de ses prédécesseurs, parmi lesquels le frontiste Jean-Marie Le Chevallier, dont le passage à la mairie (1995-2001), a laissé des souvenirs douloureux, sinon des traumatismes.

    Habileté sémantique

    Était-ce nécessaire face à une audience acquise à sa cause ? Qu’importe. Tout y était, sur le fond comme sur la forme. Dans une ville qui attache une importance capitale à l’identité locale, la députée RN, native de Gironde, a commencé par évoquer ses attaches territoriales : « Il y a 28 ans, une toute jeune femme trouva l’amour : il était Toulonnais. À mon arrivée dans la plus belle rade d’Europe, l’accueil si chaleureux des familles toulonnaises m’a aidée à m’y sentir adoptée. Après avoir dit oui à celui qui devint mon mari, c’est ici que nous avons élevé nos cinq enfants. » Une carte postale, point de départ d’un fil rouge familial usité pour présenter ses colistières, dont elle aime à rappeler le nombre d’enfants. Elle omet étrangement de le faire quand il s’agit de colistiers.

    Ils sont 15 à être présents, ou plutôt XV. Une équipe de rugby, corde sensible du terroir sur laquelle la candidate d’extrême droite tire sans modération. En tête de gondole, Sébastien Soulé, policier national dont l’histoire a inspiré le film Bac Nord, désigné comme son « futur adjoint à la sécurité », première thématique évoquée, et qui « sera, en tant que femme et maman, (sa) priorité. » En deuxième ligne – poste qu’il occupait durant sa carrière de rugbyman -, David Gérard, tout droit désigné pour les sports. À chaque personnalité, une thématique. Et rien ne manque, du social à la santé, en passant (ironiquement) par l’environnement, la culture, l’associatif… et le droit, défendu avec vigueur, depuis des mois par « Marine et Jordan », qu’elle n’oublie pas de saluer.

    La copie se veut propre. Sans évoquer la diversité, elle parle de chacun des quartiers toulonnais et le jure : « L’heure de la réconciliation est venue. Nous n’exclurons personne. » Sauf peut-être celles et ceux qui n’ont pas les bonnes grâces de son parti, qu’ils n’aient pas de papiers ou militent en faveur de l’avortement. Nombreux sont ceux qui répètent, à juste titre, qu’il ne faut pas confondre enjeux nationaux et locaux. Mais, si l’échelon municipal est celui de l’action, il peut rapidement s’avérer être celui de l’entrisme idéologique. Méfions-nous, donc, des ambitieux, tant habiles à dissimuler les opportunistes.

  • Municipales dans les Bouches-du-Rhône : la gauche rassemblée hors LFI dans 60 communes

    Municipales dans les Bouches-du-Rhône : la gauche rassemblée hors LFI dans 60 communes

    Une première depuis des décennies. Les partis traditionnels de gauche ont scellé, en fin d’année dernière, un accord départemental pour les municipales 2026. PS, PCF, EELV, Génération écologie, Gauche républicaine et sociale, Debout ! et Mouvement des progressistes se sont unis dans plus de soixante communes des Bouches-du-Rhône. « Un accord historique par son ampleur », saluait le sénateur communiste Jérémy Bacchi, tandis que Yannick Ohanessian, premier fédéral du PS, rappelait qu’en 2020, « la gauche était absente des trois quarts des communes ».

    L’objectif est double. Peser face à la poussée de l’extrême droite, d’abord. Même si la comparaison avec des scrutins nationaux mérite nuance, aux législatives de 2024, la coalition RN et alliés a frôlé les 41%. Un mois plus tôt, aux européennes, la liste Bardella avait recueilli près de 37% des suffrages. Se donner les moyens de reconquérir des bastions perdus, ensuite. Depuis 2020, la gauche municipale est à la tête d’une vingtaine de communes seulement, sur les 119 que compte le département. Cet accord vise à en gagner plus d’une soixantaine. Un cap qui pourrait permettre aux progressistes du territoire de prendre les rênes du conseil métropolitain.

    Vitrolles et Marignane font exception

    La France insoumise, elle, est restée en marge, refusant l’union départementale pour privilégier des alliances locales à géométrie variable. Un pari risqué qui pourrait peser lourd dans la bataille de Marseille, où le Printemps marseillais de Benoît Payan (DVG) devra défendre son bilan de mandat face à une extrême droite qui toque avec insistance à la porte de l’Hôtel de ville et une droite en perte de vitesse. Mais pas que.

    Sept des dix plus grosses communes des Bouches-du-Rhône sont confrontées à ce départ en ordre dispersé. On pense à Martigues, où Gaby Charroux, le maire (PCF) sortant, repart en campagne, comme à Aix, Arles, Salon, Aubagne et La Ciotat, toutes dirigées par la droite, mais où une gauche unie pourrait nourrir des ambitions de reconquête. à Istres, le doute plane encore autour d’une liste citoyenne. Vitrolles et Marignane, tombées dans les mains de l’extrême droite (FN, ex-RN) dans les années 90, semblent épargnées. à Rognac, seule commune du territoire dirigée à ce jour par le RN, une liste citoyenne est annoncée à gauche.

    Sans réel ancrage territorial, LFI se tient pour l’heure en retrait sur les plus petites communes comme Septèmes-les-Vallons, Port-de-Bouc, Le Rove, où les maires communistes sortant André Molino, Laurent Belsola et Paul Sabatino, qui a pris la succession de Gerges Rosso, brigueront un nouveau mandat. à Allauch, LFI vient même en soutien de la liste « citoyenne écologiste, sociale et solidaire » menée par Frédéric Dutoit. à Fos, Rémi Esnault, désigné pour succéder à René Raimondi (PS), trouve face à lui une candidature dissidente socialiste. à Port-Saint‑Louis, une liste de gauche autour d’Aurélie Grache est pour l’heure déclarée.

  • [Grand entretien] Benoît Payan : « La bataille de Marseille pour 2026 sera contre le RN »

    [Grand entretien] Benoît Payan : « La bataille de Marseille pour 2026 sera contre le RN »

    La Marseillaise : Quelle est votre réaction à notre sondage qui vous place à égalité avec le RN au niveau des intentions de vote ?

    Benoît Payan : Quand il y a quelques mois, vous me posiez la question du RN, je vous disais que je le sentais très haut. Le sondage que vous avez publié acte un socle très haut du RN, ce qui fait que l’on va être dans le plus grand combat de l’histoire municipale. La bataille de Marseille pour 2026 va être une bataille contre le RN. Le rassemblement de toute la gauche, des écologistes, des humanistes, des citoyens d’un côté et le RN de l’autre. On est en train de vivre une période anxiogène, où les conflits, les guerres, où l’illibéralisme est en train de dominer dans de trop nombreux pays. Dans une ville comme Marseille, qui par essence, n’est pas une ville comme les autres mais une cité-État qui s’est stratifiée année après année par l’apport de gens venus d’ailleurs et qui ont systématiquement vécu le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme, certains veulent encore et toujours trouver des boucs émissaires. On est dans une situation tellement inédite que Marseille doit montrer une forme de résistance à l’inclinaison que le pays est en train de prendre. Nous le Printemps marseillais, on a fait un travail considérable, on nous prédisait l’explosion en 6 mois et nous disposons aujourd’hui d’un socle avant d’entrer en campagne.

    Quels sont vos premiers retours des déploiements militants qui ont eu lieu à l’occasion de votre déclaration de candidature ?

    B.P. : Je vois beaucoup d’enthousiasme dans les rues, chez les gens et chez les militants. Il y a des gens qui viennent de beaucoup de partis, qui ont voté pour pleins de candidats différents dans d’autres élections, des gens qui n’ont jamais été encartés et des gens qui viennent spontanément pousser la porte du local pour demander comment aider : collage, réunion d’appartement, idée sur le programme… C’est quelque chose que l’on avait pas connu en 2020. Il a de l’espoir et de l’enthousiasme qui accompagne se lancement de candidature. L’exercice du pouvoir m’a appris l’humilité mais je sais que c’est un moment crucial parce qu’il dit quelque chose de nous. On est sortants, on a un bilan qui parle pour nous. Je suis fier que 10 000 petits Marseillais mangent gratuitement à la cantine, c’est parfois le seul repas chaud de la journée. Nous ferons passer ce chiffre à 15 000. Le kit de rentrée scolaire va passer à 150 euros. Je suis fier de dire qu’il y aura un commissariat de police municipale dans chaque arrondissement. Notre police municipale ressemble à la ville, elle est de proximité, regardez ce qui se passe à Noailles : elle a créé un contact humain, elle rassure, elle accompagne les gens aide les personnes âgées… On va la doubler. Nous avons fait du CCAS un lieu où on ne fait pas que des lotos. C’est bien mais aujourd’hui on porte pour plusieurs centaines de personnes âgées un repas chaud chaque jour. Là aussi on va faire plus. Dans cette campagne, on va développer une vision du quotidien et poser la question : comment sera Marseille dans 50 ans. Un maire a deux responsabilité : s’occuper de ses concitoyens au jour le jour et dire où il veut emmener la ville.

    Le deuxième volet de notre enquête d’opinion vous place en tête dans la réponse à la question « qui ferait un bon maire ? », Martine Vassal est deuxième et Franck Allisio, loin derrière.

    Comment analysez-vous ces chiffres ?

    B.P. : Un sondage reste un sondage même si je préfère être qu’en quatrième ou troisième. Je l’analyse avec beaucoup d’humilité comme un travail qu’on a fait correctement avec sérieux et enthousiasme au services des Marseillais. On a permis à des gens de vivre mieux de retrouver de la dignité même si je n’ai pas les pouvoirs que l’État peut avoir. Dans une ville aussi difficile que Marseille, avoir plus d’appréciations positives que négatives avant même qu’on entre en campagne, c’est encourageant. D’autant que nous avons été la cible de tirs croisés, et de nombreux mensonges. Je crains une campagne de caniveau. Je ne m’y abaisserai pas. Les Marseillais sont intelligents, quand on leur dit que les écoles, les policiers, les politiques sociales n’existent pas, ils restent insensibles à ce genre de mensonges.

    Ces chiffres mettent-ils un terme, pour vous, au procès en illégitimité dont vous êtes l’objet ?

    B.P. : Ça fait huit sondages que je suis devant eux. Pour quelqu’un d’illégitime ils devraient s’inquiéter pour leur propre légitimité. J’ajoute qu’en 2020, à la différence de M. Allisio ou de Mme Vassal, moi j’ai gagné les élections.

    Alors que 30% des personnes interrogées ont l’intention de voter Franck Allisio, il est 18 points plus bas que vous quand il s’agit de dire « qui ferait un bon maire ». Diriez-vous que c’est un vote dicté par des considérations nationales qui se porte sur lui ?

    B.P. : On est tôt dans la campagne et en effet les gens répondent aussi en fonction de l’actualité nationale. Plus on va approcher du scrutin, plus les gens répondront à la question « qui voulez-vous voir comme maire et comme équipe municipale ». Il y a aussi le fait que le candidat a décidé de quitter Marseille pour aller se faire élire ailleurs. Cela ne résume pas Franck Allisio mais cela dit des choses de lui.

    Quelle stratégie pour contrer la poussée du RN ?

    B.P. : D’abord, j’ai été et je serai le maire de toutes les Marseillaises et de tous les Marseillais. Je me mets à la place de quelqu’un qui regarde toute la journée des chaînes d’information en continu, qui prend peur, qui cherche un bouc émissaire, qui tombe dans la facilité du « le Rassemblement national, on n’a jamais essayé ». C’est vrai qu’on a jamais essayé de se jeter dans le feu mais je suis persuadé que si on le fait, on brûle. Je ne dirais jamais que les électeurs du RN sont des pestiférés. Il est bien de rappeler l’histoire, de se souvenir de qui a fondé ce parti, de son ADN. C’est l’anti-France de la Résistance. Je suis triste quand je vois que certains, se réclamant du gaullisme courent derrière ceux qui étaient de l’autre côté. Moi je crois qu’il faut parler à ces électeurs, les rassurer, on peut vivre bien dans cette ville qui nous appartient à tous, où nous avons chacun notre place. Si je suis né à Marseille, c’est le fruit de l’immigration parce que j’ai des arrière-grands parents qui ont fuit la misère, d’autres le fascisme, d’autres la guerre. Marseille a été pour nous tous un sanctuaire. J’ai envie de leur dire « n’ayez pas peur, bien sûr que tout ne va pas bien mais regardez votre ville comme elle s’est redressée, comme elle fait envie dans toute la France ». Bien sûr, jouer sur les peurs est facile or moi, j’ai envie de parler à l’intelligence des Marseillais.

    Peut-on répondre au problème du narcotrafic comme maire ?

    B.P. : Si demain un attentat se produisait à Marseille, j’ai des adversaires politiques qui me l’imputeraient. J’espère du plus profond de mon âme que ça n’arrivera jamais mais des villes ont connu ces tragédies. Je pense à Paris et à Nice, c’était une maire de gauche et un maire de droite. Leurs opposants ont eu la décence de ne pas confondre ce qui relève de l’État et de la municipalité. Néanmoins face au narcotrafic, il y a des réponses multiples à apporter. Nous avons un des meilleur procureur en France, une police judiciaire qui fait un travail exceptionnel, mais il faut plus de moyens. Il ne faut pas seulement couper les tentacules de la pieuvre mais sa tête. Aujourd’hui, les chefs ne sont plus à Marseille mais dans des pays où il n’y a pas d’extradition, ils continuent à commanditer des assassinats. D’autres l’on fait depuis les prisons françaises. Certain expliquent que c’est de la faute du maire de Marseille si une prison dans le Cher, le Loiret ou le Nord a laissé passer ses appels. Si mes adversaire en sont là, je préfère les laisser où ils sont. Ensuite, il y a eu une longue période qui a probablement commencé avant Jean-Claude Gaudin et qui s’est accéléré avec son équipe qui est encore là pour réclamer le pouvoir, durant laquelle on a fracturé la ville. Pas de transports, des écoles dans un état chaotique, pas d’accompagnement social… On connaît le résultat. Il faut marcher sur nos deux jambes. Il faut des services publics et du lien. Regardons le nombre d’associations abandonnées par le Département, la Métropole ou la Région. Pour faire quoi ? Un huitième rond-point dans un ville de 10 000 habitants ? L’humain il est où dans tout ça ? Quand j’ai vu les milliers d’enfants qu’on a envoyé en colo, ça m’a donné le sourire, ça doit être ça faire de la politique.

    Vous avez dit que votre objectif était « d’emporter la Métropole ». Êtes-vous candidats à sa présidence ?

    B.P. : Non, il ne faut pas être boulimique de pouvoir. Il faut beaucoup d’humilité. Quand on est maire de Marseille, il faut se consacrer à sa ville. Il y aurait là une forme d’absurdité et de trahison des Marseillais. Non, je ne peux pas m’occuper de Puyloubier, de Gemenos, de Saint-Mitre-les-Remparts, d’Aix-en-Provence. Ça n’est physiquement et intellectuellement ni possible ni souhaitable. Mais je ferais des propositions relevant des compétences métropolitaines. Par exemple, sur la propreté, je présenterai 10 points pour que les choses changent en un an. Pourquoi ? Parce que personne ne gagnera plus la Métropole sans Marseille. Celle ou celui qui sera à la présidence ne le sera que parce qu’on se sera entendu ensemble. La Métropole doit redevenir ce qu’elle n’aura jamais dû cessé d’être, c’est-à-dire une boîte à outils de services publics. Elle a été accaparée par un camp et par un clan qui avaient perdu les élections et pour déployer un programme que les Marseillais avaient désavoué.

    Cette présidence sera-t-elle issue de Marseille dans votre esprit ?

    B.P. : Il faudra regarder, personne ne peut prédire les résultats dans 92 communes. Mécaniquement, avec la réforme PLM, plus personne ne fera sans Marseille. Il n’y aura pas de président qui voudra faire un tramway sur la corniche ou pour aller au Frioul ou je ne sais quelle absurdité ressemblant plus à un poisson d’avril qu’à un travail sérieux.

    Allez-vous renouveler votre équipe ?

    B.P. : Oui, il y aura un vrai renouvellement. Il y a des gens qui veulent s’arrêter, d’autres veulent continuer, ils ont bien travaillé. Quand je regarde les collectivités autour de moi, elles sont dans le rouge. Nous avons redressé les comptes. Fitch ou Standard & Poor’s qui ne sont pas des succursales du Parti communiste français ont amélioré nos notes. Ça me permet d’emprunter moins cher, c’est plus d’argent pour le service public.

    Après la publication de notre sondage, Sébastien Delogu a appelé à faire front commun au second tour face à l’extrême droite. C’est trop tard ?

    B.P. : Dans la situation que nous vivons, son aventure personnelle, solitaire, pour ramener je ne sais quelle place au conseil municipal pour faire plaisir à Jean-Luc Mélenchon, n’a aucun sens. S’en prendre toute la journée à moi, me comparer à la droite, avoir dit que j’étais corrompu – même si dans sa bouche ces mots ne m’inquiètent pas – pour dire ensuite « je veux venir avec vous au second tour », il y a quelque chose qui ne colle pas dans cette affaire-là. Il a vite oublié qu’il avait été élu grâce au Nouveau front populaire. Je l’ai déjà dit, c’est au premier tour que tout ce joue. Quand on est candidat à devenir le maire de Marseille, on prend ses responsabilités. Il les a prises au premier tour, il devra les prendre au deuxième.

    Marine Le Pen est à Marseille vendredi pour soutenir son candidat, seulement trois jours après l’ouverture de son procès en appel. Ça vous étonne que les affaires n’aient plus d’incidence sur les intentions de vote ?

    B.P. : On vit dans un pays où l’état de droit est remis en cause par ceux qui sont censés le défendre. Quand un ministre de l’Intérieur dit qu’on peut remettre en cause l’état de droit. Ils n’est pas étonnant que les gens se disent qu’on peut ne pas tenir compte de la Justice. Quand des élus sont capables, toute honte bue, de frapper, d’insulter, de voler, que leurs actes, leur vocabulaire n’est pas en adéquation avec leurs fonctions qui exige de l’honneur, de la dignité et de l’humilité, quel exemple est envoyé ? Ça ne m’empêchera pas de faire signer à mes candidats une charte de probité.

    Vous dites ne pas croire à une dissolution, pourquoi ?

    B.P. : Non, les motions de censure RN ou LFI contre le Mercosur, contre un gouvernement qui a voté contre le Mercosur, relève de la schizophrénie donc elles ne seront pas votées. C’est une farce. Il n’y aura pas dissolution.

    Même sans budget ?

    B.P. : C’est une autre question. Même s’il y a eu des avancées, le budget présenté ne me convient pas. La justice sociale passe par la justice fiscale. Quand quelqu’un gagne plusieurs millions d’euros par an, comment s’offusquer de le mettre à contribution.

    Quand on est maire c’est difficile de bâtir un budget sans connaître les moyens alloués par l’État, quand on est candidat est-ce possible de bâtir un programme ?

    B.P. : Je trouve particulièrement injuste de faire des économies sur le dos des collectivités parce que c’est nous qui investissons et créons de l’emploi. Les logiques d’austérité doivent être remises en cause. Un étudiant en première année d’économie pourrait le constater.

    Le monde est secoué par les conflits. Depuis l’agression du Venezuela décidée par Donald Trump, y a-t-il encore un droit international ?

    B.P. : D’abord, je suis fondamentalement attaché au droit international, à ce qui a constitué, après la Seconde Guerre Mondiale, un socle qui nous a amené à une paix durable entre des puissances qui n’avaient rien à voir. Même au moment de la guerre froide, les institutions internationales permettaient une forme de régulation où l’intelligence, l’à-propos, le respect de la vie humaine prévalait. Depuis la guerre en Ukraine et le 7 octobre, nous vivons une accélération de l’histoire comme notre génération n’en a jamais connu. Nous avons des démocraties qui fonctionnaient qui deviennent illibérales, où des présidents, notamment le président américain, ne respectent plus rien sinon la force. Donald Trump s’est permis des interventions en dehors de tout cadre légal, il s’érige en président par intérim du Venezuela, il menace un pays de l’Otan, dans un silence que je trouve particulièrement assourdissant. Nous la France, qui avons un siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU, nous devrions jouer notre rôle. Nous ne sommes pas un grand pays en matière de démographie mais un grand pays sur le plan de diplomatie, des idées et de la morale. Nous sommes le pays des Lumières, des Droits, de la Révolution sociale et de la diplomatie et nous voilà aphones. Souvenons-nous de Jacques Chirac à Jérusalem, de François Mitterrand à Sarajevo, de Dominique de Villepin à l’ONU, du général de Gaulle… La voix de la France comptait. Les peuples aspirent à la liberté, regardons ce qu’il se passe en République islamique d’Iran. Depuis 1979, les Mollah pillent le peuple, asservissent les femmes. Ils sont en train de tuer des jeunes par centaines, peut-être par milliers. Que dit-on ? Rien. On fait des mauvais communiqués. Le président américain dit qu’il veut prendre le Groenland par la force ou par l’argent. Que dit-on ? Rien. Vladimir Poutine qui est nostalgique de l’empire tsariste veut négocier des morceaux de l’Ukraine, ce sera quoi après ? La Pologne ? Qu’est-ce qu’on dira ?

    Qu’attendez-vous d’Emmanuel Macron qui vient présenter ses vœux aux armées à Istres ce jeudi ?

    B.P. : Je suis pro-européen. Je trouve que l’Europe est en train de se déconstruire. Et j’ai toujours été, c’est ma spécificité, défavorable à notre appartenance à l’Otan. La France, c’est la France. Elle a un siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU. Elle a la dissuasion nucléaire, elle est pacifiste. En se mettant sous parapluie américain, nous nous sommes liés à un régime qui aujourd’hui nous met dans une position de ne pas pouvoir imposer la paix. Quand on est pacifiste et européen, on n’a rien à faire dans l’Otan. Je pense que Nicolas Sarkozy et tous les présidents derrière lui ont commis une faute majeure en nous faisant entrer dans le commandement intégré de l’Otan.

    Dans ce contexte quel rôle peut jouer Marseille à l’international ?

    B.P. : Que font les villes à leur niveau ? Elle continuent à discuter entre elle. Je continue à parler avec San Diego, notre ville jumelle, parce que beaucoup d’américains sont comme nous, inquiets de la dérive illibérale de leur président mais je ne veux pas les abandonner. Les israéliens, à Haïfa, sont pour beaucoup inquiets de la dérive de Netanyahu, mais je ne veux pas les abandonner non plus. C’est la même chose, partout. Je suis fier du jumelage avec Odessa, nous avons ce que nous avons pu, les Ukrainiens avaient besoin d’ambulances, de médicaments… Pareil pour les petits de Gaza.