Vincent Bouget, tête de liste de Nîmes en commun, l’emporterait avec 41,5 % des voix, selon une estimation Ipsos-BVA-Cesi école d’ingénieurs pour France Télévisions, Radio France et LCP-Public Sénat. Le Rassemblement national et son candidat Julien Sanchez suivrait avec 37,3 % des voix. La liste de fusion de la droite de Franck Proust et Julien Plantier n’obtiendrait que 21,2 % des voix. C’est une victoire historique pour les progressistes qui renversent une mairie détenue par la droite LR depuis 25 ans.
Tag: Elections municipales 2026
-

Laurent Belsola élu maire de Port-de-Bouc, l’opposition absente
D’habitude c’est nous qui les installons, cette fois c’est eux qui nous installent », s’amuse Laurent Belsola en référence au conseil municipal des jeunes installé au premier rang de la salle Gagarine samedi matin. Élus avec plus de 70% des voix au premier tour des élections municipales dimanche dernier, les candidats de la liste de Laurent Belsola (PCF) ont installé leur conseil municipal en public à la salle Gagarine, bien remplie. Sous la présidence éphémère du doyen de l’assemblée Christian Torres, accompagné du benjamin et nouvel entrant Samuel Lozano, le conseil municipal a évidemment élu Laurent Belsola maire de Port-de-Bouc à l’unanimité.
Mais déjà, pour cette première séance d’installation, les cinq conseillers municipaux d’opposition d’extrême droite (RPR, allié au RN) conduite par Pascal Spanu et défaite au premier tour ne se sont pas présentés. « Cinq élus qui bafouent littéralement les valeurs de notre démocratie et méprisent ouvertement les Port-de-Boucains qui ont décidé de voter pour eux » tacle Laurent Belsola, accompagné par les huées de l’assistance lors de l’appel.
L’extrême droite démissionne en chaînePire, le maire annonce que plus d’une dizaine de démissions en cascade ont eu lieu au sein de la liste opposante, dont les trois seuls maintenus sont Pascal Spanu (RPR), Véronique Martinez et Dominique Michelini, ce qui amène la 14e de liste Sabrine Mansouri à être appelée pour siéger. En cas de démission de cette dernière, les suivants « seront appelés au fur et à mesure dans l’ordre, et on verra s’ils siégeront » explique Laurent Belsola, qui estime que « la victoire massive qui a été la nôtre, à plus de 70% des suffrages exprimés, semble avoir ôté le goût de la chose publique à nos opposants ».
À l’issue du conseil municipal, l’ancien 1er adjoint René Giorgetti, véritable mémoire de la ville du haut de ses sept mandats d’élu de 1977 à 2020, n’en revient pas : « Je n’ai jamais vu l’opposition s’absenter ! » affirme-t-il. « C’est un signal fort qui est envoyé » lance l’ancien élu pendant qu’au même moment une de ses connaissances l’apostrophe : « Vous avez vu ça le manque de respect ? C’est une honte ! » s’étonne cet habitant en direction des déserteurs. À noter que Virginie Pepe, élue sous l’ancien mandat, à la 6e place de la liste de Pascal Spanu et directrice de sa campagne fait partie des démissionnaires.
Après que Laurent Belsola ait rappelé la charte de l’élu local, la présidence provisoire a procédé à l’élection de neuf adjoints au sein de son équipe, le maximum autorisé au regard de la taille de la commune, un choix que justifie Laurent Belsola par « l’inflation législative » à laquelle font face les élus locaux.
Neuf adjoints élusL’équipe d’adjoints élue à l’unanimité est composée de Rosalba Cerboni (PCF) qui continue comme 1ère adjointe déléguée à la citoyenneté, Patrice Chapelle monte 2e adjoint délégué à la culture et à l’éducation populaire, Laurence Casandri devient adjointe déléguée à l’insertion sociale. Akrem M’Hamdi (PCF) qui enfile son écharpe le poing levé, passe 4e adjoint aux finances et au développement durable, Floriane Sotta (PCF) monte comme 5e adjointe au logement, David Guiot reste 6e adjoint au tourisme, aux festivités et au jumelage, Martine Muller devient 7e adjointe à l’éducation, Frédéric Bolano (PCF) nouvellement élu devient adjoint à la sécurité et Marie-France Nunez (PCF) passe adjointe déléguée au personnel et aux mobilités. Avec cette équipe, Laurent Belsola compte « continuer à défendre les piliers qu’ils [l’opposition, Ndlr] ont vilement tenté de dynamiter : le vivre-ensemble, la solidarité, le partage, la paix et l’émancipation des individus ».
Le prochain conseil municipal aura lieu mardi 24 mars à 17h30. Contactée, l’équipe de Pascal Spanu n’a pas répondu à nos sollicitations.
-

À Cogolin, l’extrême droite toujours debout malgré la fin de l’ère Lansade
Aux mains de Marc-Etienne Lansade entre 2014 et 2025, jusqu’à sa condamnation à 5 ans inéligibilité en juillet, Cogolin bascule. Au premier tour, trois des quatre listes d’extrême droite – record en France -, menées par des (ex) proches de l’ancien maire, dont celle de sa successeuse Christiane Lardat n’ont pas franchi les 10%. La quatrième, menée par le RN Philippe Vallet, 3e du scrutin (18,76%), se retire et fusionne partiellement (trois candidats) avec celle de Pierre-Yves Tierce (Union des droites), qu’il justifie par ce qu’il considère comme un « flou entretenu entre la droite et la gauche » par la liste d’Isabelle Farnet-Risso (DVD), en tête au premier tour (33,88%, contre 29,2 pour Tierce).
De quoi mettre à mal les déclarations de Pierre-Yves Tierce, prétendant n’avoir « aucun logo de parti ». Michael Rigaud, colistier d’Isabelle Farnet-Risso, affirme également que ce dernier, avec qui il avait échangé en décembre, avait demandé l’investiture du RN, accusant par ailleurs « Messieurs Tierce et Vallet d’avoir dilué les voix avec un accord de retrait au deuxième tour en cas de triangulaire pour avoir une chance de battre Isabelle Farnet-Risso. »
Cette dernière, conseillère municipale d’opposition particulièrement active depuis 2020 face au clan Lansade, revendique « une liste apolitique, composée de personnes de toute tendance et opinion, unis par une conviction simple : “servir et ne pas se servir.” ».
-

À Toulon, la raison doit l’emporter sur le mépris
L’espoir porté par la maire sortante sans étiquette Josée Massi s’est amplifié tout au long de la semaine avec l’arrivée de très nombreux soutiens émanant de tous les milieux : politiques, associatifs, culturels et sportifs. Ces derniers refusant catégoriquement la reprise en main de la ville par l’extrême droite. De quoi largement combler l’écart de voix enregistré au premier tour et barrer la route aux prétentions de la porte-parole du Rassemblement national Laure Lavalette. L’agressivité déployée par cette dernière ces derniers jours de campagne montre que la diva des plateaux télé a quelque peu perdu de son assurance, même si les sourires tentent de dissimuler ses appréhensions.
Consciente que l’arithmétique ne pèse que pour partie dans la projection des reports de voix du premier au second tour, l’ex prof de maths a, elle, en revanche, continué à dérouler calmement sa méthode et son programme avec respect et pugnacité. L’objectif étant de miser sur un très large rassemblement plutôt que sur l’invective et la division. Un appel à l’unité qui galvanise au-delà de ses troupes tous ceux qui ont envie de croire à la prolongation d’une gestion apaisée de la ville dans l’intérêt général. C’est en tout cas ce que les observateurs ont ressenti au cours de son dernier meeting de campagne jeudi soir à L’Oméga Zénith où flottait déjà un air de victoire électorale.
Assurément les Toulonnais ont plus que jamais dans leurs mains l’avenir du Port du Levant et la possibilité en se levant massivement pour dire « non » à l’extrême droite et porter à leur tête une maire protectrice et bienveillante qui souhaite poursuivre la renaissance de Toulon. Un travail entamé après la débâcle de 1995 et les six années de gestion calamiteuse par le parti lepéniste qui a laissé la ville en état de mort clinique.
Mais pour ne pas que le Port du Levant renoue avec ses vieux démons et se saborde à nouveau, il va falloir compter sur une mobilisation générale.
« Toulon tiendra ! »Beaucoup s’y emploient. Comme la Ligue de l’Enseignement qui rappelle que « dans tous les pays et dans toutes les villes où les représentants de l’extrême droite ont accédé au pouvoir, les activités à caractère social et culturel ont été mises à mal et les fondements de l’état de droit ont été systématiquement attaqués ». Elle demande donc aux responsables associatifs, qui au quotidien militent pour une société tolérante et fraternelle, de se mobiliser. La Ligue de l’Enseignement FOL du Var réaffirme ainsi avec le mouvement associatif sa volonté d’une société où règne la Concorde, où chacun peut occuper une place avec les mêmes droits.
De la même façon un collectif regroupant plus de 230 artistes, techniciens et professionnels de la culture de Toulon en appelle à un sursaut démocratique. Et de poursuivre : « Voter pour Josée Massi et son équipe, c’est assurer, socialement, économiquement et humainement la prospérité de notre ville. » L’objectif étant de pouvoir se dire fièrement lundi : « Toulon a tenu. »
En attendant la sanction électorale, une initiative partie des réseaux sociaux invite à se regrouper samedi à 14h sur la place de la Liberté pour alerter les Toulonnais sur la menace, et les appeler à se mobiliser pour dire « non » à l’extrême droite.
-

À Aix, il y aura quatre candidats au second tour
Le paysage n’a pas bougé depuis dimanche soir dernier. Dans la capitale de la Provence, quatre candidats se maintiennent au second tour. En première position, Sophie Joissains (UDI), maire sortante, a raflé 39,41% des suffrages exprimés. « Nous avons remporté la majorité sur 100 bureaux, sur 101. Tous les Aixois se sont sentis concernés par cette liste et représentés par les élus de la majorité municipale », se félicitait, encore ce jeudi soir, la maire sortante, au cours d’un dernier meeting de campagne. Ce soir-là, le maire sortant, bénéficie d’ailleurs du soutien d’une dizaine de maires, réélus ou fraîchement élus au premier tour. À près de vingt points derrière elle, au premier tour, se plaçait Marc Pena(20,15%), (PS), à la tête d’une union des forces de gauche et écologistes, d’ailleurs seule liste de gauche à se maintenir au second tour. Pour autant, le candidat, dans l’opposition municipale depuis six ans, croit toujours pourvoir « être aux manettes » d’Aix-en-Provence, dès lundi et faire basculer la ville de droite à gauche. « 20% ça a l’air d’être beaucoup mais ce n’est rien si le taux de participation augmente un peu », lançait Marc Pena au Palais des Congrès mercredi soir, date d’un avant-dernier meeting de campagne. S’il envisage d’une part d’aller chercher les voix des votants absents au premier tour, le candidat de gauche espère aussi récupérer les bulletins de ceux qui ont pu voter pour la liste LFI, menée par Julie Boronad, éliminée au premier tour avec 8% des voix et celles de Mounir Ben Ammar, candidat à la tête de la liste Révolution écologique pour le vivant, qui a obtenu 4,72% des voix.
Objectif, ramasser des voixPour rappel, à l’issue du premier tour, la liste LFI, a tendu la main à Marc Pena pour un « accord d’union », répondant à l’urgence de construire « un front antifasciste face à une extrême droite à l’offensive dans notre ville », informaient les colistiers de Julie Boronad. Proposition refusée par le candidat de gauche, qui estime que la proposition relevait d’une fusion « technique ». Sans explicitement appeler à voter pour le candidat de gauche, LFI affirme une position « très claire » : « Au deuxième tour, pas une voix pour l’extrême droite, pas une voix pour la droite, pas une voix pour Madame Joissains. » De façon plus limpide, Marc Pena peut néanmoins compter sur le soutien de Mounir Ben Ammar, lequel appelle ses électeurs à « se mobiliser massivement en faveur de la liste conduite par Marc Pena ». Mounir Ben Ammar a publiquement affiché son soutien lors des deux derniers meetings tenus par la liste Pena, ces mercredi et jeudi. À l’extrême droite de l’échiquier cette fois-ci, Jean-Louis Geiger, candidat RN, tient la troisième position. « Nous espérons au second tour améliorer notre score de deux ou trois points, pour arriver ainsi avoir 7-8 élus au conseil municipal. C’est un ancrage net de nos mouvements dans le paysage politique aixois puisqu’au soir du premier tour nous sommes la troisième force politique de la ville », estimait le candidat, lors d’une conférence de presse jeudi. Puis en quatrième position, Philippe Klein, qui fait 11,80% des voix, a fait le choix de se maintenir pour le second tour. Dans nos colonnes, mardi dernier, le candidat rappelait que « ces 12% que je représente sont 30% de ceux qui ont voté Joissains, ce n’est pas rien ». Verdict, dimanche soir.
-

À Martigues, la gauche en bonne posture
C’est une triangulaire qui se présente aux électeurs martégaux dimanche 22 mars. Le maire sortant Gaby Charroux (PCF), meneur d’une liste d’union de la gauche et citoyenne (Pour Martigues !) est arrivé en tête du 1er tour à Martigues avec 35,71% des voix, talonné par le député RN Emmanuel Fouquart, à 28%, suivi de Jean-Luc Di Maria (LR) et sa liste (DVD) Un avenir pour Martigues.
Dès l’annonce des résultats, l’élément perçu par les différents candidats comme décisif à l’approche du second tour est celui de l’abstention, avec 42,41% des inscrits qui ne se sont pas allés voter. « Depuis lundi matin, on est en contact avec tous ceux qui n’ont pas voté pour leur demander de cette fois ne pas oublier […] » évoquait Gaby Charroux dans son entretien avec La Marseillaise du 19/03. Le candidat de droite Jean-Luc Di Maria en a tiré la conclusion qu’« une grande partie des électeurs ne croient plus en la politique telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui » dans sa vidéo de mardi justifiant son maintien au second tour.
Outre l’abstention, la mobilisation des électeurs des listes éliminées est également au centre du jeu. Particulièrement pour ceux du Collectif citoyen martégal qui a réalisé un score de 7,90 %, et d’une partie de ceux d’Anne-Marie Sudry (GRS), qui était alliée à Thierry Boissin, candidat d’Emmanuel Macron aux législatives de 2022.
La clé du report de voix favorableLe report de voix pourrait être favorable au candidat en tête du classement, même en considérant une marge d’erreur. Les 1 603 voix du Collectif citoyen martégal pourraient ainsi compléter les 7 249 voix de Gaby Charroux au premier tour, pour atteindre les 8 883 voix que le candidat de la gauche avait récolté au 1er tour en 2020, en pleine période covid. Les abstentionnistes compteront pour approcher le plus haut score de quelque 12 911 voix atteint au second tour des municipales de 2014, marqué par une abstention de 33%. Du reste, cette année-là, le RN et Jean-Luc Di Maria avaient réalisé des résultats similaires à ceux du premier tour en 2026. En 2014, au second tour, le RN comptait 5 073 voix, contre 4 076 pour J.-L. Di Maria, à comparer aux 5 684 (RN) et 5 144 (J-L D.M) respectivement récoltés au 1er tour de 2026.
L’élément de bascule recherché est celui de l’électorat progressiste en recherche d’unité de son offre, traditionnellement plus mobilisateur au second tour. Pour rappel, lors des élections législatives de 2024, les plus récentes, le candidat du Nouveau Front populaire Pierre Dharréville (PCF) offrait une spectaculaire poussée au second tour à Martigues, passant de 8 600 voix à 11 065, soit à opposer aux 10 243 voix d’Emmanuel Fouquart (RN) qui ne récoltait que 1 037 de plus au second tour.
Un large soutien à gaucheLe maire sortant dispose d’autres atouts. Comme l’unanimité des soutiens à gauche avec le PCF, PS, EELV (au départ partie prenante du Collectif Citoyen), L’après, Debout !, Place Publique, Génération Écologie. Unanimité sauf la France insoumise, dont le communiqué du 19 mars indique que « l’époque n’est plus à donner des consignes de votes », mais que « pas une voix ne doit aller au RN, aucun bulletin ne doit se porter sur les listes qui propagent le rejet de l’autre et le recul social ». Du reste, le monde syndical s’est clairement positionné avec le soutien de l’Union locale CGT et des syndicats des agents territoriaux de la Ville et du complexe pétrochimique de Lavéra. « Quand Kem One ou Total étaient menacés, c’est Gaby Charroux qui était là en dehors des élections » rappelait Daniel Bretonès de l’UL CGT mardi. Un élu allié des luttes, particulièrement pour l’hôpital de Martigues : « Sans lui pas de rendez-vous en préfecture, ni d’interpellation à l’ARS » souligne le syndicaliste. La triangulaire révèle, au fond, un duel entre deux mondes.
-

La gauche est bien la seule alternative au RN à La Seyne
Alors là bien sûr, le retard à rattraper est considérable, la gauche étant partie divisée au premier tour, ce qui a certainement contribué à amener certains électeurs progressistes fâchés à bouder les urnes.
Mais à présent, devant la menace de voir l’ex-Cité des Chantiers sombrer dans les bras de l’extrême droite, ils sauront cette fois se mobiliser.
Et malgré les atermoiements de certaines personnalités, voire les renoncements (pour ne pas dire la cacophonie chez les révolutionnaires d’opérette), l’ensemble de ceux qui ont voté au premier tour pour la liste menée par le socialiste Olivier Andrau, devraient se reporter maintenant sur celle de Stéphane Sacco.
Les Écologistes varois qui avaient choisi Andrau le disent, eux, aujourd’hui sans ambiguïté. Ils appellent donc clairement « à rejeter tous les projets portés aujourd’hui à la Seyne, par l’extrême droite et les deux listes de droite qui consistent à fracturer la population seynoise et à fragiliser les personnes les plus précaires et les plus exposées aux effets du dérèglement climatique ».
Sans compter que, contrairement à Toulon, les deux ex-colistiers de la maire élue en 2020, la LR Nathalie Bicais (contrainte à la démission après sa condamnation) continuent de s’entre-déchirer dans une guerre de succession fratricide plutôt que d’essayer de rassembler les Seynois. Dans ces conditions même le maire sortant Jo Minniti qui n’a recueilli que 15,91% des suffrages ne paraît guère être susceptible de l’emporter face au RN.
Et puis on a vu des retournements de situations très improbables se produire, à La Seyne, en faveur de la gauche à l’issue de triangulaire ou quadrangulaires. L’élection de Marc Vuillemot n’avait par exemple été pronostiquée par personne en 2008. L’intéressé se retrouvant le premier surpris par l’annonce de sa victoire. Il n’avait pour mémoire recueilli que 19,42% au 1er tour.
Il ne tient donc qu’aux Seynois à se lever dimanche prochain et aller massivement voter pour réaliser un nouvel exploit en votant pour le candidat de la gauche rassemblée Stéphane Sacco. Le seul capable face à la division de vraiment barrer la route au RN. Arrêtons les simagrées.
-

Unis pour La Garde veut sortir la ville de la mainmise de la droite
Gouvernée par la gauche pendant la quasi-totalité du XXe siècle, La Garde a basculé à droite en 2001. Fief du président du département Jean-Louis Masson (LR), qui en a été le maire de de 2001 à 2017 puis de 2020 à 2022 (démissionnant par deux fois pour devenir député, puis pour prendre la tête du conseil départemental), la commune de 26 000 habitants n’en reste pas moins partagée en matière d’influences politiques et de valeurs.
Les résultats des dernières élections l’ont montré : en 2020 (sur 7 000 votants, dans le contexte du Covid-19), il y avait moins de 600 voix d’écart entre la liste divers gauche de François Durbano et celle de Jean-Louis Masson. Cette année, au premier tour, un peu moins de 800 voix (et 7 points, sur 11 567 suffrages exprimés) séparent la liste d’Hélène Arnaud-Bill (sur laquelle Jean-Louis Masson est en deuxième position), la maire sortante, ancienne première adjointe qui a pris les rênes de la mairie en 2022, et Julia Peironet-Brémond, qui mène une liste progressiste sans étiquette. Si elle n’avait pas passé le premier tour des élections législatives en 2024, elle était tout de même arrivée en deuxième position sur la commune (23,89%).
Une dynamique en laquelle veut croire la candidate, qui réfute le classement divers gauche que lui a accolé la préfecture « malgré les demandes qui n’ont pas été écoutées », sa liste « démocrate et républicaine » étant composée « de personnes de tous horizons et surtout, de citoyens non encartés ».
Le candidat RN a travaillé avec Hélène Arnaud-BillCar au-delà des questions idéologiques, son principal combat cible « le système clientéliste, affiché sur des tracts menaçant implicitement de faire baisser les subventions si Madame Bill n’est pas élue », martèle l’infirmière libérale de 44 ans, qui se présente comme « la seule candidate à mener de front travail et campagne, financée en majorité par [ses] soins, sans parti politique ».
Un mode de fonctionnement qui a, selon elle, imprégné les velléités des habitants : « Pour voter pour nous, certains veulent des emplois, des appartements. Je ne fais aucune promesse, je reste droite dans mes bottes. Mais voilà ce qui se fait. » Et qu’elle l’affiche clairement dans ses tracts, mentionnant la condamnation de Jean-Louis Masson à 15 000 euros d’amende pour prise illégale d’intérêts en novembre, à laquelle l’élue d’opposition (depuis 2020) se félicite d’avoir participé, précisant qu’il y a également « une autre plainte au tribunal administratif concernant 20 000 euros de frais de représentation par an jamais justifiés accordés au maire depuis 2020. C’est un peu plus que Madame Hidalgo a Paris ». Également affichés, les déclarations de la maire sortante répétant qu’elle se retirerait à la fin de mon mandat, et le fait que la Garde possède le taux de taxe foncière le plus élevé du Var (49,8%).
En réponse, un programme basé sur « la transparence, la proximité, l’exigence budgétaire », à travers la démocratie participative, l’écologie municipale au service de l’alimentation, la protection de l’environnement, l’éducation, le logement accessible, l’urbanisme à taille humaine, les mobilités, la culture, la tranquillité publique et le vivre ensemble. Tout cela sous le prisme du développement durable.
Face à elle se dresse également le candidat du RN (parti arrivé en tête à La Garde aux législatives 2024), Nicolas Salsou, qui ne la devance que d’une centaine de voix. Un argument dont a tenté de se servir la majorité sortante : « Ils nous ont demandé de nous désister pour vaincre le RN, alors que le candidat vient de chez eux », explique ironiquement Julia Peironet-Brémond, rappelant que Nicolas Salsou n’est autre que l’ancien directeur de cabinet d’Hélène Arnaud-Bill.
-
![[Entretien] Stéphane Sacco : « Nous incarnons seuls l’espoir à La Seyne »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/03/7440a8db97a6b065bd436ae93251860d.jpg)
[Entretien] Stéphane Sacco : « Nous incarnons seuls l’espoir à La Seyne »
La Marseillaise : Quel est votre sentiment à quelques jours du 2nd tour ?
Stéphane Sacco : Celui de la responsabilité. L’espoir et la renaissance de notre ville sont plus que jamais entre nos mains. Nous incarnons le rassemblement contre la haine et le repli sur soi. Je rappelle que la numéro 2 de la liste RN a partagé à plusieurs reprises les publications du militant néonazi multicondamné, Boris Le Lay et compare les migrants à des « parasites ». Tandis que le numéro 5 affiche des positions ouvertement anti-IVG et homophobes, qualifiant l’Eurovision de « super gay pride internationale validée par le milieu pervers artistique ». Un très fort sentiment de responsabilité, je le répète. Nous ne pouvons pas abandonner notre ville entre leurs mains.
Qui appelez-vous à se rassembler derrière votre liste ?
S.Sa. : Bien entendu le peuple de gauche pour commencer, mais aussi bien au-delà, les républicains de notre ville e tous les abstentionnistes du premier tour, en leur disant : « Dimanche, choisissez l’espoir et le progrès pour notre ville. »
Mais également l’intégrité politique et de gestion. Ne laissez personne décider à votre place. Nous leur demandons d’ouvrir les yeux sur l’imposture sociale du RN qui, comme le démontrent tous ces votes à l’Assemblée nationale, comme la baisse des dotations aux collectivités et contre le blocage des prix de première nécessité et la revalorisation du Smic et des petites retraites et le gel du prix des loyers.
La gauche a-t-elle encore une chance de reprendre son ancien fief ?
S.Sa. : Bien entendu et c’est d’ailleurs dans cet esprit que nous continuons depuis lundi sur le terrain à multiplier les rencontres avec les Seynois pour les convaincre de venir voter pour un projet chiffré et financé qui donne un avenir à notre ville.
Tout est encore possible. Face à une droite disqualifiée et divisée, notre liste est la seule en mesure de faire efficacement barrage au Rassemblement national arrivé en tête au premier tour.
Nous avons choisi le combat et la résistance pour ne trahir ni nos électeurs ni nos convictions. Priver la gauche et les démocrates de voix au second tour aurait amplifié la démobilisation et ouvert un boulevard à l’extrême droite.
Nous ne pouvions pas davantage sacrifier à la droite libérale les attentes de notre population la plus fragile, c’est toujours elle la première victime des renoncements politiques.
Notre ville va mieux il est temps qu’elle prenne un nouveau départ.
-

À Aix, Sophie Joissains jette ses dernières promesses dans la bataille
Cours Mirabeau, sur le parvis de son local de campagne, Sophie Joissains (UDI) tient son dernier meeting de campagne avant le second tour. « On se rapproche des mille personnes (présentes) », estime son équipe de campagne. Parmi les sympathisants et soutiens, une dizaine de maires du Pays d’Aix, élus ou réélus au premier tour. « Une mobilisation qui démontre qu’il existe sur notre territoire une cohésion (…) nous ne sommes pas de simples voisins, ce sont des liens quasi organiques qui nous relient, une culture millénaire, une coutume, des habitudes », salue Sophie Joissains. La maire sortante, est arrivée largement en tête du premier tour, dimanche dernier. « 39,41% des suffrages exprimés, rappelle la candidate. Nous avons remporté la majorité sur 100 bureaux, sur 101. Tous les Aixois se sont sentis concernés par cette liste et représentés par les élus de la majorité municipale. Ce score vient récompenser un engagement sans faille vis-à-vis des Aixois. » Une équipe, selon Sophie Joissains, « qui ne s’est pas construite autour d’un slogan ou d’une addition d’ambitions personnelles, comme certaines autres listes, mais autour d’un projet clair ».
« Pas suffisant »« Une ville ne se dirige pas avec des postures mais du travail, de la constance, de la clarté… liste la candidate. Ces derniers jours, j’ai entendu nombre de propos qui m’ont étonnée, interpellée. J’ai entendu des gens qui dénonçaient ce qu’ils avaient soutenu ou voté hier, puisque l’opposition municipale a voté à 95%, à l’unanimité, les délibérations prises en conseil municipal. » Et d’étrier, sans citer les candidats, des téléphériques, qui « coûtent 32 millions le kilomètre » ou un autre candidat qui « s’est trouvé à Aix comme à Chicago, et qui prétend démultiplier les policiers municipaux pour en faire une brigade des stups. C’est du régalien », poursuit Sophie Joissains. Avant de poursuivre : « Le même candidat, appelle les électeurs de la candidate LFI, qui a comme projet de désarmer la police municipale, à le rejoindre : un peu de cohérence, tacle Sophie Joissains. J’entends aussi, à vérifier, que demain, un candidat pourrait aller à la fête de l’Aïd pour promettre un lieu de culte, sans qu’aucune réflexion sérieuse soit engagée, ou distribuer des tracts lors d’une fête religieuse : je laisse cela à votre appréciation. » Aucune de ces mesures, promet Sophie Joissains, ne sera incluse dans le programme. « Mais nous allons continuer de recruter 7 à 10 policiers municipaux par an, construire un nouveau commissariat central, pour contenir ces nouveaux effectifs, de poser des caméras, continuer, en étroite collaboration avec la police nationale, de faire en sorte que la ville d’Aix accroisse sa sécurité et permette que notre qualité de vie demeure, pour tous », liste, entre autres, la candidate.
Aller chercher « toutes les voix »Un projet justifié par des « réalisations ». Celle du Faubourg, en cours de rénovation, d’Encagnane, ou encore la rénovation urbaine de Corsy « que nous venons de terminer », rapporte-t-elle. Promesse est, de nouveau, faite d’un accès égal au sport et de la culture, d’un accroissement du Pôle d’Activité pour accueillir des entreprises « en énergie verte », « une Cité de la Défense », de poursuivre les efforts pour un chiffre de tourisme qui rapporte « 400 millions par an de chiffre d’affaires à nos commerçants », et l’ouverture d’un second centre d’accueil pour femmes… Pour autant, « un très beau score de premier tour comme le nôtre nous pousse, nous engage, mais n’est pas suffisant. Il nous faut remporter le second tour. Nous avons des adversaires parfois vexés, ulcérés de notre résultat, et croyez-moi, ils ne reculeront devant rien pour essayer de nous faire reculer », lance Sophie Joissains, qui appelle à aller chercher « toutes les voix ».
