Tag: Elections municipales 2026

  • L’équipe toulonnaise élue pour une ville sûre, solidaire et attractive

    L’équipe toulonnaise élue pour une ville sûre, solidaire et attractive

    Dans son propos introductif la deuxième adjointe Geneviève Lévy a rappelé le résultat du scrutin du dimanche 22 mars où la liste Toulon-Mon parti conduite par Josée Massi (SE) a recueilli 31 593 voix contre 28 753 voix pour la candidate d’extrême droite Laure Lavalette (RN).

    Et de poursuivre : « Vous êtes tous, majorité et opposition, des conseillers municipaux élus de la ville de Toulon. Et à ce titre, chacun apportera sa contribution dans un esprit de respect démocratique. »

    L’occasion de rappeler que « la victoire, il faut l’appréhender avec modestie, car c’est le premier acte tangible de notre engagement au service de tous, quels qu’aient été leurs votes ».

    Et à l’ancienne députée de préciser que ce qui l’anime encore aujourd’hui, après 25 ans d’engagement, c’est l’enthousiasme. En soulignant que le mandat municipal, est pour elle le plus passionnant, « car il permet d’agir au quotidien et en même temps de rendre réel des projets à moyen ou long terme, de nature à améliorer la vie des habitants ».

    Avant de procéder au vote du maire, Geneviève Lévy lui a consacré un petit portrait, en expliquant que si « les Toulonnais connaissaient peu Josée Massi avant cette campagne », c’est parce qu’« elle a toujours privilégié le travail plutôt que la communication ». Et de rappeler son parcours, de professeur de mathématiques, pour commencer, qui « lui a enseigné la rigueur essentielle pour une gestion responsable d’une collectivité ». Puis comme directrice d’un organisme d’insertion professionnelle, ce qui « lui a permis d’aider les hommes et les femmes qui méritaient d’être accompagnées pour trouver leur voie ». « Cette attention aux autres, cette conviction de parcours positifs et de progrès est un marqueur fort de sa personnalité », insiste-t-elle.

    Et de rappeler pour conclure sur le projet municipal, que la sécurité, la proximité, la solidarité sont des priorités.

    La conseillère municipale d’opposition du Rassemblement national Laure Lavalette a assuré pour sa part que son groupe, fort de 14 élus, siégera « sans sectarisme aucun ». Ça, ça serait nouveau. La maire de Toulon Josée Massi fraîchement élue par le conseil municipal a ensuite pris la parole pour dire avec émotion l’honneur qui lui est fait aujourd’hui en lui confiant « une des plus belles responsabilités, mais aussi une des plus exigeantes ».

    Dans la concorde

    Et de poursuivre à l’intention de tous les élus afin de prévenir toute incartade : « Nous ne devrons jamais oublier que nous servons la même ville. Je souhaite que ce conseil municipal soit un lieu de débat, mais un lieu où chacun se respecte. »

    La première magistrate a également insisté sur sa volonté de rassembler : « Je suis la maire de tous les Toulonnais. Je gouvernerai pour tous. Ma seule boussole, c’est l’intérêt général. »

    L’occasion de réaffirmer que « personne ne sera laissé au bord du chemin ». Et de rappeler la devise de la ville qui dit que c’est dans la concorde que se font les grandes choses.

    C’est-à-dire la capacité de construire, malgré les différences, « le refus des fractures inutiles et la volonté de faire prévaloir ce qui unit sur ce qui oppose ».

    Josée Massi s’est engagée à continuer de gouverner « avec proximité, humanité et pragmatisme » afin de « répondre aux urgences du quotidien tout en préparant l’avenir ».

    Elle veut, ajoute-t-elle, une mandature utile aux familles, à ceux qui travaillent, comme à ceux qui cherchent encore leur place. Et de préciser : « J’irai voir, j’irai écouter. J’irai décider, mais je prendrai d’abord le temps d’entendre. (…) Sans jamais oublier que le mandat que je reçois aujourd’hui n’appartient pas à un camp, mais à une ville. »

    Un discours d’apaisement qui tend la main à toutes bonnes volontés qui souhaitent œuvrer pour le bien commun, comme celle de la gauche qui ne siège plus au conseil municipal mais qui veut continuer à participer au débat et être force de proposition pour faire avancer la ville.

    Une concorde pour l’intérêt général, comme énoncé.

    Les adjoints :

    1 – Julien Orlandini

    2 – Geneviève Lévy

    3 -Thomas Iison

    

    4 – Valérie Marcel Arniaud

    5 – Laurent Isnard

    6 – Margaux Lombard

    7 – Jean-Michel Permingeat

    8 – Laurence Masson-Dubroc

    9 – M. Patrice Cazaux

    10 – Lauren Boulay

    11 – Albert Tanguy

    12 – Hélène Audibert

    13 – Jean-Charles Brochot

    14 – Brigitte Genetelli

    15 – Boris Touaty

    16 – Martine Berard

    17 – Pierre Bonnefoy

    18 – Corinne Jouve

    19 – Ali Khalfaoui

    20 – Pascale Robert

    21 – Serge Lhotellier

    22 – Camille Sztejnhor

  • La mandature de Sophie Joissains est lancée

    La mandature de Sophie Joissains est lancée

    La mandature de Sophie Joissains et de sa majorité est lancée. Réélue dimanche dernier par la voie des urnes, la maire sortante est arrivée en tête du second tour, dimanche dernier. C’est par son conseil municipal qu’elle a été élue ce vendredi, à 41 voix. Seuls les groupes d’opposition menés par Marc Pena (union de la gauche et des écologistes) arrivé en deuxiè me position au second tour, et Jean-Louis Geiger (RN) n’ont pas pris part au vote. Deux votes blancs ont été comptabilisés. « C’est officiel, je proclame Madame Sophie Joissains maire d’Aix-en-Provence ! », lance Marie-Pierre Sicard-Desnuelles, doyenne de la liste donc présidente du conseil d’installation. Scène de liesse, à l’issue de cette annonce, dans une salle des États de Provence pleine à craquer. « Cette confiance nous oblige dans le travail conséquent qui sera à venir. J’ai aussi une pensée très émue pour Maryse qui n’a pas pu être là pour ce jour. On va se remettre à la tâche tout de suite », commente, Sophie Joissains.

    Les délégations à venir

    Ce sont donc 21 adjoints qui siégeront à proximité du maire : 16 postes d’adjoints au maire, 5 postes d’adjoints de quartier. Parmi les noms issus de la majorité sortante, ceux de Éric Chevalier, ancien premier adjoint, Dominique Augey, Karima Zerkani-Raynal, Stéphanie Braise ou Salah Khouiel. Parmi les nouveaux visages de cette liste renouvelée pour moitié, Mireille Lazare, ancien commandant de police, Hervé Liberman, président de la commission sports et JO 2030 à la Région, Jean-Christophe Grossi, déjà élu au commerce en 2014… Les délégations aux adjoints devraient, elles, être dévoilées « en tout début de semaine. Il y a des nouveaux, changements internes aux délégations… », indiquait Sophie Joissains, à l’issue du conseil d’installation. À chaque extrémité de la table de conseil siègent d’un côté les neuf élus issus de la liste de gauche, Aix Avenir, menée par Marc Pena, les trois sièges occupés par le groupe de Jean-Louis Geiger, RN. S’il n’a pas de majorité, Philippe Klein, arrivé quatrième au second tour, siège dans l’opposition aux côtés de Cyrille Blint, conseiller départemental. Il était annoncé que ce soit Laurence Demarchi aux côtés de l’ancien bâtonnier. Trois rapports ont été votés à ce jour également. Parmi lesquels les « délégations de compétences du conseil municipal au maire », qui a agité quelques questions côté opposition de gauche. « Nous avons été surpris de voir apparaître la disposition n°13, qui n’existait pas en 2020, qui permet de décider de la création de classes dans les établissements d’enseignement », pointe Magali Bailleul (Aix Avenir). « On vous demande sur cette question que le conseil puisse délibérer et ensuite adopter à partir de votre proposition », renchérit Marc Pena. Soit. « Je vais vous faire plaisir, on la retire », tranche Sophie Joissains. Les débats reprendront vendredi 3 avril, pour le premier conseil du mandat.

    Les adjoints
    21 adjoint composent la majorité de Sophie Joissains. Parmi les noms issus de l’ancienne majorité figurent ceux de Éric Chevalier ancien premier adjoint, Dominique Augey, ancienne adjointe aux finances, Laurent Dilinger, Karima Zerkani-Raynal, ancienne adjointe au tourisme, Brigitte Billot, ancienne adjointe aux solidarités, Solène Trévidic, Michaël Zazoun, Stéphanie Braise, Rémi Capeau, Perrine Meggiato et Salah Khouiel, et Laure Scandolera. Parmi les nouveaux visages se trouvent ceux de Patrick Ardizzoni, référent aixois de la Chambre de commerce, Marc Ceccaldi, Julie Davico-Pahin, Hervé Liberman, président de la commission sports et JO 2030 à la Région, Elisabeth Huard, colistière d’Anne-Laurence Petel en 2020, Jean-Christophe Grossi, adjoint en 2014, Mireille Lazare, ancienne commandante de police, Olivier Nasles, président du Comité national de l’agriculture biologique de l’INAO, et Gilles Donatini.

  • À Aix, nouvelle configuration pour le conseil municipal

    À Aix, nouvelle configuration pour le conseil municipal

    Les nouveaux maires ont jusqu’à dimanche pour installer leur conseil municipal. À Aix-en-Provence, la première séance de cette nouvelle mandature se tiendra ce vendredi 27 mars (10h), à l’Hôtel de Ville. À la tête de la majorité, Sophie Joissains, maire sortante (UDI), réélue avec 47,35% des suffrages exprimés, sera reconduite dans ses fonctions et revêtira l’écharpe tricolore. Ses élus recevront également leurs délégations et leurs écharpes.

    Comme le veut la tradition, la doyenne des élus, Marie-Pierre Sicard-Desnuelles, déjà présente durant le précédent mandat, ouvrira la séance. Les plus jeunes élus seront chargés du dépouillement.

    De nouveaux visages feront leur entrée pour siéger autour de Sophie Joissains, la liste ayant été largement renouvelée pour ces municipales : 22 élus étaient déjà en poste, 19 sont de nouveaux arrivants. Parmi eux figurent notamment Patrick Ardizzoni, référent aixois de la Chambre de commerce, Loris Martin, étudiant et cofondateur de la Guinguette étudiante, ou encore Mireille Lazare, ancienne commandante de police.

    Plus de sièges à gauche

    L’opposition connaît elle aussi des évolutions. À commencer du côté de la gauche, qui se renforce. La liste Aix Avenir
    – union des forces progressistes et écologistes menée par Marc Pena, arrivée deuxième au second tour avec 31,03% des voix – obtient neuf sièges. En 2020, sous la bannière Aix-en-Partage, la gauche n’occupait que six sièges.

    « Nous serons une opposition exigeante, fidèle à nos valeurs et entièrement tournée vers l’intérêt des Aixois », déclarait mardi Marc Pena. Six nouveaux élus rejoignent le groupe, parmi lesquels Clément Frel-Cazenave, 23 ans, chef de file des écologistes durant la campagne, ou encore Magali Bailleul, membre de Place Publique et suppléante de Marc Pena à l’Assemblée nationale. David Tessier, chef de file du PCF, rejoint également le groupe, aux côtés d’Agnès Daures (DVG), déjà élue d’opposition lors du précédent mandat. « Dès demain, une nouvelle étape de notre combat commence. Nos deux élus, communiste et apparentée, y prendront toute leur place, pour porter les voix des salariés et des quartiers populaires », soulignait, ce jeudi, la section locale du PCF.

    Le Rassemblement national, en revanche, revient siéger au conseil : la liste menée par Jean-Louis Geiger, troisième au second tour avec 13,66% des voix, obtient trois sièges.

    Philippe Klein, investi par le parti Horizons et crédité de 7,96% des suffrages, ne pourra quant à lui constituer un groupe. L’ancien bâtonnier, déjà élu d’opposition en 2020, siégera aux côtés de Laurence Demarchi.

    À noter que trois délibérations urgentes doivent être soumises au vote à l’issue de cette installation.

  • Le danger RN écarté de la Métropole toulonnaise

    Le danger RN écarté de la Métropole toulonnaise

    C’est un des effets des victoires du RN dans trois villes de la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée (LSeyne-sur-Mer, Six-Fours, La Valette-du-Var) : de trois postes sous la précédente mandature, le RN va passer à 29 au conseil métropolitain. Mais la victoire de Josée Massi à Toulon, ville dotée du plus grand nombre de conseillers (35, contre 24, au total, sur les trois villes précédemment citées), va considérablement limiter son influence et son accès aux postes à responsabilité, déterminé par le vote d’un conseil métropolitain au sein duquel il n’est pas majoritaire.

    Il est ainsi très peu probable de le voir accéder à la présidence, qui devrait être cédée par Jean-Pierre Giran (LR) après sa défaite à Hyères, et à laquelle Josée Massi s’est déjà portée candidate. Il devrait en être de même pour les postes de vice-présidents (au nombre de 15 dans le précédent mandat, qui peut monter à 20).

    Sacco seul représentant de la gauche

    Il ne devrait donc pas y avoir d’élu RN au sein du bureau métropolitain (composé du président et des vice-présidents), organe chargé du pilotage des dossiers, ni aucun à la tête d’une commission (dirigées par les vice-présidents). Si elle pourra toutefois peser sur la construction des politiques, l’extrême droite n’aura donc pas les clés du processus décisionnel, au sein d’une assemblée dont les compétences (énergies, transports, déchets, logement…) sont importantes dans de nombreux domaines.

    Un conseil métropolitain au sein duquel Stéphane Sacco (GRS), tête de liste d’Uni.e.s à gauche pour La Seyne aux élections, sera le seul représentant de la gauche, alors qu’ils étaient trois entre 2020 et 2026. Une position difficile à tenir, qu’il devra toutefois usiter tant que faire se peut pour porter les voix progressistes de l’ensemble de la métropole.

  • [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Hyères, la fusion de Giran-Cornileau a tourné au fiasco

    [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Hyères, la fusion de Giran-Cornileau a tourné au fiasco

    Lors de son entrée en campagne, en janvier, Jean-Pierre Giran apparaissait confiant. Mettant en avant les réalisations de ses douze années de mandat, le candidat LR ne manquait pas de critiquer ses adversaires. Au premier rang desquels son ancienne adjointe au commerce et à l’animation, Véronique Bernardini, passée dans l’opposition en 2023 : « J’ai failli l’appeler Martine, car sa campagne, c’est Véronique à la plage, Véronique au marché… La politique, ce sont des idées, pas des postures, ni des carnets avec une petite blonde magnifique qui fait toujours un sourire identique. »

    Désaveu dès le 1er tour

    Se sentait-il en danger en passant sous silence les aspects moins reluisants de sa mandature avec notamment un rapport accablant de la Chambre régionale des comptes en 2024 ou la gestion calamiteuse de la villa Noailles, tandis que l’association Anticor multipliait les signalements à son encontre…

    La claque du 1er tour, avec une décevante 2e place (21,31%), loin de Véronique Bernardini (26,94%), l’a poussé, après un refus de rapprochement de Nicolas Massuco (SE), à se tourner vers un autre ancien adjoint, François Cornileau. Ce dernier, membre de l’UDR mais non investi par le parti ciottiste – c’est le candidat RN Jean-Michel Eynard‑Tomatis qui l’a été – menait une liste classée à l’extrême droite.

    Cette fusion, tentative de sauver les meubles et critiquée par certains colistiers de Cornileau, a sonné comme une débâcle. Au second tour, Jean-Pierre Giran perd près de 200 voix. Il arrive largement derrière Véronique Bernardini, qui s’impose avec 48,83% (20,82% pour le binôme Giran-Cornileau). Il perd ainsi son fauteuil de maire et la présidence de la Métropole TPM. Un désaveu et un déshonneur.

  • [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Cogolin, la fin de l’ère Lansade suscite un regain d’espoir

    [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Cogolin, la fin de l’ère Lansade suscite un regain d’espoir

    Attablé dans un café du centre-ville, Francis José-Maria, président de l’association Place publique Cogolin et opposant de longue date à la politique d’extrême droite menée par Marc-Etienne Lansade, savoure l’instant. Sa commune, qui affichait le record de France du nombre de listes d’extrême droite en lice aux municipales (officiellement quatre), va pouvoir tourner la page grâce à la victoire d’Isabelle Farnet-Risso (DVD) : « C’est un soulagement, après douze ans de mandat. Lansade et son équipe ont maltraité la commune, avec une approche très clientéliste. Ils ont monté les Cogolinois les uns contre les autres, en fonction de leurs origines et de leur religion, et porté atteinte aux libertés des associations et de la presse. »

    La chute de l’édile aux onze mises en examen, condamné à 5 ans d’inéligibilité en juillet, « avec trois dossiers toujours en cours » précise-t-il, ainsi que celle de ses successeurs, est suivie d’une autre bonne nouvelle : l’effondrement de l’extrême droite, marqué par la défaite de Pierre-Yves Tierce (DVD), qui avait fusionné sa liste avec celle du RN Philippe Valet pour le second tour. « Lui qui se disait d’une droite présentable a, en plus, reçu le soutien de la plupart des autres listes d’extrême droite, et de Lansade. C’est la même stratégie que Ciotti ou que le maire de Sainte-Maxime, son mentor, qui l’a envoyé à Cogolin, et n’a pas hésité à prendre des membres du RN sur sa liste », explique celui qui a soutenu Isabelle Farnet-Risso, « qui était la plus proche de (ses) valeurs ». Un soutien dont Pierre-Yves Tierce a tenté de se servir : « Il a balancé des mensonges éhontés dans l’entre-deux-tours pour faire basculer une partie de l’électorat, disant que j’étais LFI, que j’avais un projet de camp pour migrants. Ce cocktail est un chiffon rouge ici. »

    Francis José-Maria souhaite que Cogolin devienne un « cas d’école » : « A contrario de ce qu’on veut faire croire, on a déjà essayé le RN, à Cogolin, à Toulon, et ça s’est toujours mal terminé. Les gens s’en sont détournés, surtout pour le côté affairiste. »

    Les habitants entre satisfaction et attentes

    Chez de nombreux habitants rencontrés dans les rues, ce changement de municipalité est également bien perçu : « Le maire a laissé une commune surendettée. Certains pensent que le FN est une solution pour la France, mais rien qu’au niveau communal, ça a été une catastrophe. On imagine ce que ce serait avec 70 millions d’habitants en voyant ce que ça a donné sur une commune de 12 000 », dénonce Christian. « Toutes ces affaires, ce n’est pas top pour l’image de Cogolin, mais c’est du passé maintenant », positive Juliet, jeune adulte à la tête d’une friperie dans la commune. Elle espère un renouveau urbain et intergénérationnel : « Le centre-ville a été mis de côté, il fallait un changement. Il faut redynamiser la ville dans son ensemble, prendre en compte tous les âges. Il faut motiver la jeunesse à rester, lui donner des coups de pouce, ainsi qu’aux saisonniers et aux commerçants, car Cogolin n’a pas atteint le maximum de ses capacités. »

    Un avis partagé par Vanessa, « contente de ce changement » pour l’avenir de ses enfants et qui espère « retrouver l’ancien Cogolin et la joie de vivre du village. On connaît Isabelle Farnet-Risso. C’est une Cogolinoise, elle est à l’écoute. Je crois que c’est ce qui a fait changer la donne, beaucoup de gens se disent qu’on va pouvoir prendre les choses en main avec elle ».

    Certains, comme Sébastien, qui a voté pour Pierre-Yves Tierce, se montrent plus dubitatifs : « On verra dans le futur si c’est positif », demande-t-il à voir. Comme Nicolas, qui a perdu foi en la politique : « Ils sont tous pareils. On verra bien ce qu’elle va faire, si elle suit son programme, c’est du lourd (sic). Cogolin n’est plus le Cogolin d’avant. Il n’y a plus de tourisme. Les voiries sont abîmées, il y a plus d’urgence à faire ça qu’à faire des bâtiments. »

    Quoi qu’il en soit, pour Nathalie, la nouvelle maire et son équipe vont « avoir du boulot » pour effacer les traces de l’ère Lansade. « Il faut prendre conscience que les gens doivent s’unir plutôt que se tirer dans les pattes. C’est ça qui fait la force d’un village. Il faut créer une harmonie, c’est un grand travail et je souhaite bien du courage à la nouvelle maire. »

  • Le PCF varois pointe la « désunion » de la gauche

    Le PCF varois pointe la « désunion » de la gauche

    Au terme d’élections municipales qui ont vu l’extrême droite se maintenir ou l’emporter dans six communes du département (Fréjus, La Seyne-sur-Mer, La Valette-du-Var, Six-Fours, Salernes, Puget-sur-Argens), la fédération varoise du PCF fait le bilan.

    Si « la gauche était unie au premier tour dans plusieurs villes », la désunion, notamment à La Seyne et à Toulon, « les deux villes les plus importantes du département », fruit « de petits calculs politiciens irresponsables », est pointée du doigt. Au même titre que l’éloignement « des préoccupations du monde du travail et des quartiers populaires, avec une image brouillée au niveau national par les votes à l’Assemblée nationale », responsable du « recul » global des forces progressistes. « Les communistes ont agi pour rassembler les habitants sur des enjeux de progrès. Cela n’a pas suffi pour remporter des victoires », déplore le PCF 83, qui salue tout de même « les élus de gauche qui, dans leur diversité, vont siéger dans des conseils municipaux ».

    « Un travail en direction des abstentionnistes »

    Les communistes soulignent aussi « l’effondrement de la droite aux manettes depuis des décennies. Cette droite qui, par son implication dans différentes affaires judiciaires, ses allers-retours vers la macronie, sa porosité avec l’extrême droite, a ouvert la voie à cette dernière ».

    Pour contrer cette avancée, il faudra donc « poursuivre l’engagement contre l’urbanisation à outrance, la spéculation immobilière, la casse des services publics, leur privatisation », tout en défendant « l’emploi, le pouvoir d’achat, des logements accessibles, l’accès à des soins de qualité, le vivre ensemble ».

    Enfin, eu égard au taux d’abstention qui dépasse les 40% dans le département, le PCF Var mènera « un travail en direction des abstentionnistes, notamment pour les salariés ouvriers, employés, le monde du travail, qui attendent un positionnement politique qui corresponde à leurs attentes. »

  • Au Jas, à Aix, la gauche mobilise de peu les voix

    Au Jas, à Aix, la gauche mobilise de peu les voix

    Pour ce second tour qui le plaçait juste derrière Sophie Joissains, finalement réélue maire dimanche soir, Marc Pena (PS) espérait mobiliser les voix des quartiers populaires. Le candidat à la tête d’une union des forces de gauche et écologistes avait débuté sa campagne au Jas-de-Bouffan, et l’a terminée dans ce même quartier, dit populaire, avec un dernier meeting salle des Cèdres. Tout en tentant de convaincre l’ensemble des abstentionnistes du premier tour.

    Au second tour, Marc Pena, qui se maintient en seconde position avec 31,03% des suffrages exprimés, arrive légèrement en tête dans une poignée de bureaux du Jas-de-Bouffan : parmi lesquels le n°82 (École des Deux-Ormeaux), le bureau n°54 (École Joseph-d’Arbaud) et le n°81 (École Jules-Payot). Pour le reste des bureaux de vote, Sophie Joissains vire en tête.

    « Le match était de toute façon plié d’avance, estime l’une des habitantes, courses sous les bras. Moi, j’ai voté pour LFI. Mais quand j’ai vu les résultats au premier tour, je ne suis même pas allée voter au second. » Un peu plus loin, à l’arrêt de bus avenue Deffens, Danièle, retraitée, avoue avoir eu « un petit espoir » que la gauche puisse gagner. « Mais Aix est une ville de droite depuis longtemps, on le sait. Je suis seulement soulagée qu’aucun extrême ne soit passé ! » Elle ne précisera pas son vote. Parmi les personnes croisées dans le quartier, la réponse est souvent : « Non, je ne suis pas allé voter. » « La politique ? Gauche ou droite, ça ne change rien ! », lance une passante, que nous voulions interroger.

    Contacté, Djamal Achour, directeur de l’association Anonymal, en charge d’une web TV, qui connaît bien les dynamiques dans le quartier, remarque : « Mes propos n’engagent que moi. Mais j’ai l’impression d’une indifférence. L’émulation [politique], autour de moi, est celle de gens qui sont déjà impliqués. » Lui, comme d’autres, regrette le taux d’abstention au second tour à Aix-en-Provence : 53,76%. « Normalement, c’est une élection ou il y a de la participation. Dans les QPV (quartiers prioritaires de la ville), il y a des enjeux qui font voter. Dans ces quartiers-là pourtant, il y a une abstention record, poursuit Djamal Achour. Mais ce sont des territoires qui deviennent transparents. Et s’ils deviennent transparents, on ne s’en occupe pas beaucoup. Je regrette que les habitants ne se soient pas plus mobilisés, même en faveur de la candidate sortante. Le tout était de dire : on est là ! »

  • La Seyne-sur-Mer, anatomie d’une chute

    La Seyne-sur-Mer, anatomie d’une chute

    Une claque à la hauteur du préjudice. Entre 1945 et 2020, la Seyne-sur-Mer a passé 55 ans à gauche, dont 22 sous le mandat de Toussaint Merle, illustre figure communiste de la Résistance. Le RPR (droite) y a exercé le pouvoir par intermittence, mais la cité des chantiers navals finissait toujours par revenir à ses racines ouvrières, portée par une mémoire profondément ancrée dans le fer du syndicalisme industriel.

    Une histoire qui perdure, mais qui n’a pas suffi à empêcher un brutal basculement vers le RN. Son nouveau maire, Dorian Munoz, s’impose avec un score sans appel de 46,31% au second tour. Une question s’impose alors : comment en est-on arrivé là, dans une commune encore ancrée à gauche il y a six ans ? Occulter les responsabilités de cette dernière face à ce tsunami brun serait une erreur d’analyse. Le dernier maire progressiste, Marc Vuillemot (GRS, 2008-2020), n’est sans doute pas parvenu à relancer une ville que de nombreux habitants décrivent comme « en stagnation », voire « à l’abandon », pointant, entre autres, l’état des routes, du centre-ville et des écoles. Mais, dans un contexte d’austérité, est-il judicieux d’élire un parti qui a proposé, et voté, en janvier, une baisse de 4,9 milliards d’euros de la dotation globale de fonctionnement des collectivités territoriales ?

    Trois villes de TPM au RN

    Mais là n’est pas le nœud de la question. En 2020, les Seynois ont élu Nathalie Bicais (LR), à la tête d’une « coalition » composée et recomposée, au fil du mandat, de personnes de sensibilités diverses, de la gauche jusqu’au RN. Un cocktail instable qui a explosé quand la maire a été condamnée à 5 ans d’inéligibilité et remplacée par Joseph Minniti. D’incongrue, la majorité est devenue illisible, au détriment de La Seyne, toujours dans l’immobilisme, symbolisé par le recul sur la construction d’une école et le retard pris dans les projets d’urbanisme. La « faillite » d’une droite « qui a passé son temps à se quereller », pointait Stéphane Sacco, candidat de la liste Uni.e.s à Gauche pour la Seyne, arrivé troisième dimanche soir.

    Dernier épisode : la guerre ouverte entre Joseph Minniti et son ancien adjoint Cheikh Mansour. Le premier, qui avait, lors de son élection, assuré qu’il n’irait pas au-delà de son intérim, est revenu sur sa décision. Le second, qui ambitionnait sûrement de longue date de se présenter, a été au bout de son idée. Leur passe d’armes dans l’entre-deux-tours aura duré jusqu’à dimanche soir. Cheikh Mansour reprochait encore à Joseph Minniti son refus de fusion, pointant son incapacité « à cumuler les voix de Dailleau et Peurière ». Joseph Minniti, lui, reprochait à Cheikh Mansour d’avoir « trahi la ville », répétant que la tradition républicaine voulait que les candidats arrivés derrière se retirent.

    Un reproche également adressé à Stéphane Sacco, que le socialiste Olivier Andrau accusait d’avoir « fait le choix du pire : les places et les indemnités, les miettes plutôt que l’intérêt général », qualifiant sa liste et celle de Cheikh Mansour de « coalition d’irresponsables ». Stéphane Sacco qualifiait l’accusation d’« inappropriée », rétorquant que « c’est la partie de la gauche qui ne [les] a pas appuyés qui manque pour être 2e », pointant aussi le soutien de Marc Vuillemot à Joseph Minniti.

    Tous disaient regretter ce dénouement, qui semblait toutefois bien moins évitable qu’à Six-Fours, tombée dans l’escarcelle du député RN Frédéric Boccaletti… à seulement 21 voix près. Avec La Valette-du-Var, acquise par Julien Argento, ce sont désormais trois villes de la métropole TPM conquises par le parti frontiste. « Nous ne lâcherons rien pendant 7 ans », promet Stéphane Sacco.

  • Le RN et Dorian Munoz prennent La Seyne-sur-Mer

    Le RN et Dorian Munoz prennent La Seyne-sur-Mer

    Il n’y a pas eu de miracle. La quadrangulaire seynoise du second tour, aucun des candidats qualifiés ne consentant à se retirer, ou à conclure des accords de fusion, fussent-ils techniques, semblait quasiment acter la victoire du RN et de Dorian Munoz. Le conseiller municipal d’opposition depuis 2020, en tête au premier tour (35,3%), devançait largement le maire sortant Joseph Minniti (LR, 15,91%), Cheikh Mansour (HOR, 13,25%), et la tête de liste d’union de gauche Stéphane Sacco (11,93%). Et il est même parvenu à largement asseoir son avance, avec 46,31%, devant le maire sortant (24,39%), Stéphane Sacco (19,02%) et Cheikh Mansour (10,28%).

    Un dénouement presque inéluctable, après un mandat marqué par les débâcles politiques. la condamnation à 5 ans d’inéligibilité de la maire Nathalie Bicais en mai dernier, qui a fait exploser une majorité disparate et déjà sous tension, à travers une guerre de succession qui a vu les allégeances et alliances se faire et se défaire au gré des aléas. Joseph Minniti, sorti vainqueur de celle-ci, avouait même que cette « coalition, saluée de tous en 2020 », avait viré à « la catastrophe ». Pourtant de son côté lors de son élection, Cheikh Mansour avait décidé de faire cavalier seul, considérant que le maire par intérim et ses 83 ans ne représentaient pas l’avenir, d’autant que ce dernier avait annoncé qu’il n’irait pas plus loin que ce remplacement de quelques mois. Ce bilan n’a pu être compensé au second tour, malgré une baisse de l’abstention, seul espoir de l’entre-deux-tours, qui s’est avérée insuffisante.

    Minniti : « Mansour a trahi la ville »

    C’est donc le RN et Munoz qui en profitent, offrant pour la première fois la deuxième ville du Var à l’extrême droite. Les deux candidats de droite se renvoyaient encore la balle, le maire sortant regrettant que les deux candidats arrivés derrière lui ne se soient pas retirés, reprochant même à Mansour d’avoir « trahi la ville ». Ce dernier disait ne pas regretter sa candidature et continuait d’affirmer que la seule option pour l’emporter était l’union. Stéphane Sacco, qui avait justifié son maintien par l’impossibilité que « les voix de gauche ne soient pas audibles pendant 7 ans », pointait ainsi « la faillite de la liste Bicais qui a exacerbé le vote RN » et réfutait la responsabilité de la gauche dans la débâcle. « Les Seynois ont préféré le RN, à nous de porter l’espoir. Nous avons un socle sérieux, avec un électeur sur cinq ayant voté pour nous, alors qu’on ne partait de rien », voulait-il croire à l’aube de son premier mandat dans l’opposition.