Tag: Éducation

  • Un voilier ambassadeur du WWF sensibilise les élèves à la Méditerranée

    Un voilier ambassadeur du WWF sensibilise les élèves à la Méditerranée

    « Nous avons lancé ce programme “Gardiens de la Méditerranée” il y a 3 ans, avec le ministère de l’Éducation nationale : ses contenus pédagogiques permettent aux enseignants de tout le territoire de sensibiliser les élèves », souligne Annaëlle Foy, chargé de communication du WWF. « Et nous avons créé un parcours sur toute l’année scolaire », poursuit-elle. Par exemple, via un podcast interactif, les enfants se retrouvent face à une tortue venue pondre sur la plage. Ils doivent prendre une décision : la protéger ou la remettre à l’eau. Le WWF, à travers son voilier en escale une semaine dans la cité phocéenne, cherche à enseigner les bons comportements.

    Les CM1 de l’école François-Moisson (2e) découvrent ainsi le Blue Panda amarré face à l’hôtel de ville. Avec leur enseignant, ils ont visionné le documentaire Rorqual pour préparer leur venue. Il faut ôter ses chaussures et monter à bord rejoindre marins et bénévoles de WWF. Il s’ensuit 1h30 d’ateliers. Baleines et herbiers de Posidonie défilent : projection ludique, jeux sur les espèces locales, pioche à l’aveuglette des déchets qui fragilisent l’écosystème marin… « Les plastiques se transforment en micro-plastiques et nous les ingérons en mangeant du poisson », explique Manon, bénévole.

    Le voilier reçoit 4 dernières classes ce vendredi et dernier jour de l’escale. « On reviendra à Marseille au printemps lorsque le Blue Panda reprendra ses missions scientifiques dans différents pays partout en Méditerranée », conclut Annaëlle Foy, avant de reprendre la mer.

  • Pas de Rep + pour le collège La Dullague à Béziers

    Pas de Rep + pour le collège La Dullague à Béziers

    « La Réussite de nos Élèves est Prioritaire. » Ce slogan, inscrit sur une banderole accrochée devant les grilles du collège La Dullague, à Béziers, reflète l’état d’esprit des parents, enseignants, personnels et élèves de cet établissement scolaire. Un sentiment de ras-le-bol général. Depuis 2019, ceux-ci militent pour que le collège soit classé en REP+. « Cela nous permettrait d’obtenir plus de moyens humains et financiers. Les élèves pourraient être moins par classe, les équipes auraient plus de temps. Ce qui leur permettrait d’effectuer plus de sorties, comme aller au musée par exemple », souligne Karen Anicet, représentante de parent d’élève Apeco.

    L’obtention de ce précieux Graal est un parcours semé d’embûches. « La carte REP+ a été mise en place en 2014 et devait être revue tous les cinq ans. Mais en 2019, rien n’a bougé. La réponse est la même chaque année, la rectrice nous soutient mais tant que la carte n’aura pas été revue, rien n’avancera », soupire Florian Georges, professeur d’histoire-géographie. Pourtant la situation se dégrade d’année en année. « Notre IPS (Indice de position sociale, Ndlr) est de 75, le plus bas, alors qu’en moyenne en France, l’IPS est de 106. La moitié de nos élèves provient du quartier Iranget-Grangette, un quartier prioritaire de la ville où le taux de pauvreté dépasse les 70 % », note une professeure qui a préféré rester anonyme.

    Le ministère ne bouge pas

    Preuve en est, « en 2020, le quartier faisait partie du top 20 des plus pauvres de France, aujourd’hui, nous sommes dans le top 5 », complète Karen Anicet. Le taux de boursiers a également explosé ces dernières années. « Nous en comptions 70 % en 2024, nous sommes passés à 84 % cette année, et encore, 58 dossiers sont toujours en attente », poursuit Florian Georges. Conséquences ? Un taux de réussite au brevet très bas et des élèves en difficulté pour la poursuite de leurs études. « L’éducation prioritaire a été conçue pour l’égalité des chances et lisser les inégalités. Mais on n’a pas ça ici, c’est du déterminisme social. Que vont devenir nos élèves ? On n’arrive pas à les orienter, ils sont sans solution », fait valoir une professeure. En cinq ans, ce ne sont pas moins de 2000 élèves qui auraient pu bénéficier de moyens plus importants et donc plus de chances pour la suite.

    Pourtant, l’établissement coche toutes les cases pour le fameux label : IPS bas, taux de boursiers élevé, part importante d’élèves venant de quartiers populaires. Chez le personnel, c’est l’incompréhension. « Certains collèges ont obtenu le classement et ne sont plus dans les critères aujourd’hui. Mais ils continuent à être en REP+ », s’indigne Karen Anicet. Alors, pour tenter de bouger les lignes, une délégation – ainsi que 4 autres collèges dans la même situation dont Lucie-Aubrac à Béziers – voulait se rendre à Paris afin de rencontrer le ministère, ce 5 novembre. « Le ministre nous a finalement contactés pour nous proposer une visio à la place de l’audience », reprend un enseignant.

    Mais rien n’a bougé. À l’issue de la visio, seule piste évoquée : la révision éventuelle de la carte en 2027… « On est abandonnés par le ministère, nous sommes les oubliés de l’éducation prioritaire », soupire Karen Anicet. Le personnel et parents d’élèves ne s’avouent pas vaincus. « On réfléchit pour monter réellement à Paris cette fois-ci ».

  • Hélène Spinelli officialise sa candidature à Roquevaire

    Hélène Spinelli officialise sa candidature à Roquevaire

    « Ce n’était pas un secret », reconnaît volontiers avec un rire Hélène Spinelli. L’actuelle première adjointe (DVG) a officialisé ce mercredi soir à l’occasion d’une conférence de presse sa candidature pour les prochaines municipales à Roquevaire. Avec l’ambition de succéder à l’actuel maire Yves Mesnard (DVG), qui lui passe le relais.

    « Cela fait douze ans que je suis au côté de Yves Mesnard, j’étais un de ses soutiens de la première heure, mais j’avais ma vie de famille, raconte-t-elle. Quand j’ai eu ma mutation, je suis partie en tant qu’adjointe en 2014, avec une très belle délégation à l’aménagement du territoire, et depuis je me suis beaucoup investie. » Lorsque le premier adjoint Frédéric Rays passe la main en 2020, « c’est avec grand plaisir que je l’ai acceptée ». Aujourd’hui, cette professeure d’histoire géographie de 61 ans, qui assume ses « valeurs de gauche, humanistes, de justice sociale et environnementale », se dit prête à prendre la suite, à la tête d’une « liste d’intérêt communal, pour continuer le travail en impulsant un souffle nouveau ». Une liste déjà prête, renouvelée pour un tiers. « Nous sommes fiers de prendre la suite, le bilan de ces dix-huit années, on le fait le notre », insiste la candidate, soulignant que les études menées à chaque projet insistent sur le nombre d’équipements publics dans cette commune de près de 9 000 habitants.

    Priorité à l’éducation

    et à la sécurité

    « Elle a toute ma confiance, elle a toute les capacités pour être maire, insiste Yves Mesnard. Je sais que les électeurs ne se tromperont pas, elle saura récupérer l’héritage que nous avons construit et le faire fructifier. » Lui-même ne sera pas candidat sur la liste : « J’ai estimé avoir fait mon temps, il faut savoir laisser son brassard de capitaine. Je ne serai pas sur la feuille de match, mais je serai dans les tribunes avec la corne de brume », rit-il.

    Les premières propositions sont d’ores et déjà bien prêtes. Avec en premier lieu les enjeux d’éducation, premier budget de la commune. « Le projet phare qui a été arrêté de façon mesquine, c’est l’école du centre-ville, explique Hélène Spinelli. Elle est indispensable, l’école actuelle est vieille, très dangereuse, éclatée en deux. » Le terrain, les permis sont prêts, ne manque plus que l’aval du Conseil d’État face à la contestation du projet en justice, où la commune a déjà remporté les deux premières manches, au prix d’un surcoût sur le chantier. « C’est le seul élément structurant de qualité qui manque dans le centre de la commune », insiste Yves Mesnard.

    Autre priorité dans la campagne, les enjeux de sécurité. « Nous allons avoir un nouveau poste de police municipale », promet la candidate. Un lieu est déjà identifié, à proximité de la mairie, au rez-de-chaussée d’un bâtiment neuf. L’occasion aussi de renforcer les effectifs, avec l’ambition de recruter un directeur pour la police municipale. « Nous avons de gros problèmes avec les incivilités, je souhaite mettre en place une police de l’environnement », insiste Hélène Spinelli, qui entend installer de nouvelles caméras de vidéosurveillance.

    D’autres chantiers sont prévus, comme la création d’un parc urbain sur le cours Negrel-Féraud, l’installation de nouveaux commerces de proximité, le lancement d’un label « Made in Roquevaire ». Des mesures toutes entièrement finançables. Quant au maire sortant, il officialisera son soutien à sa première adjointe à travers une lettre aux habitants avant la fin du mois.

  • De Béziers à Paris pour arracher leur classement en REP +

    De Béziers à Paris pour arracher leur classement en REP +

    Le rectorat se dit impuissant ? Le ministère fait la sourde oreille ? Qu’à cela ne tienne ! Les enseignants de La Dullague et Lucie-Aubrac iront directement frapper, le 5 novembre, à la porte du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. Aux côtés de représentants de deux autres établissements dans la même situation (Montesquieu à Evry-Courcouronnes et Julia Nicolas, à Fort-de-France), avec lesquels ils ont formé un collectif, quatre enseignants de ces deux collèges biterrois porteront en haut lieu, chiffres à l’appui, leur demande d’un classement urgent en réseau d’éducation prioritaire renforcé (REP+).

    « Ce collectif correspond aux établissements qui ont un IPS (indice de position sociale) extrêmement bas. La moyenne nationale des IPS est de 106 et nos établissements, eux, sont à moins de 76, chiffre qui correspond à la moyenne des REP + », explique une enseignante biterroise qui a souhaité rester anonyme. « Plus de la moitié des élèves de La Dullague sont issus du quartier prioritaire de la ville Iranget/Granget, qui est le 5e le plus pauvre de France, avec un taux de pauvreté de 71% », poursuit-elle. « Quant aux boursiers, ils étaient 71,5% en 2024-2025. Et on m’a dit que c’était encore pire cette année… »

    La situation est telle que malgré l’engagement constant des équipes pédagogiques, « c’est l’effondrement ». « Quand on est confronté à une population scolaire aussi marquée par la précarité, ça se traduit par de gros problèmes au niveau des résultats – moins de 60% de réussite au brevet, ce qui est catastrophique – mais aussi des problématiques sociales, avec des choses très lourdes et beaucoup de violence. La corrélation est très nette », assure l’enseignante biterroise.

    « Seul le classement en REP+ permettrait de garantir une réponse structurelle efficace, en cohérence avec les principes de justice sociale et d’égalité des chances portés par l’École de la République », estiment les établissements mobilisés dans un courrier en date du 7 octobre adressé, à l’époque, à l’ancienne ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne.

    « Tous les ans on nous dit : ce sera pour l’an prochain »

    Cela permettrait notamment « de pérenniser des moyens, alors qu’aujourd’hui à chaque année, il faut se battre. Je pense notamment à des effectifs réduits, qui font toute la différence. Ça créerait aussi une stabilisation des équipes dont on aurait bien besoin », détaille l’enseignante biterroise.

    « La carte de l’éducation prioritaire, établie en 2014, devait être revue tous les quatre ans à compter de cette date afin de tenir compte des évolutions des contextes sociaux. Or nous voilà en 2025 et il ne s’est toujours rien passé… Depuis 2018, on nous explique que ce sera pour la rentrée prochaine, si bien qu’on a déjà deux générations de collégiens qui sont passées entre nos murs, soit plus de 1 000 élèves qui n’ont pas eu droit à l’égalité des chances. Ce n’est plus possible, on parle de l’avenir des enfants ! », s’indigne-t-elle.

    L’enseignante souligne toutefois la bonne volonté du rectorat. « Depuis trois ans que nous nous mobilisons activement, il porte un regard bienveillant sur nos établissements. On est suivi, des moyens ont été octroyés. Ils font le maximum dans leur domaine de compétence. Mais la révision de la carte de l’éducation prioritaire, donc notre classement en REP+, n’est pas de leur ressort  ». Aussi, les représentants des établissements du collectif ont-ils décidé d’aller directement interpeller le ministre de l’Éducation, pour lui faire part de l’urgence de leurs situations respectives et l’enjoindre de prendre un arrêté pour modifier la carte de l’éducation prioritaire. Le 5 novembre, une délégation se présentera donc au ministère, dans l’espoir d’être reçue. De leur côté, pour « soutenir les professeurs qui vont à Paris défendre notre collège », les parents d’élèves de La Dullague organisent un rassemblement devant l’établissement le même jour à 9h30.

  • À Toulon, l’aide à la scolarité pour favoriser l’égalité des chances

    À Toulon, l’aide à la scolarité pour favoriser l’égalité des chances

    La délibération portant, lors du dernier conseil municipal, sur la convention d’objectifs et de financement 2025-2026 avec la Caisse d’allocations familiales du Var, a permis de mettre en avant l’Accueil jeunes du Las ouvert depuis le mois de février. Un lieu pour se retrouver, échanger et s’informer dont les objectifs vont de la responsabilisation des adolescents à l’acceptation de la différence en passant par l’entraide ou la prise d’initiatives. Et ce en proposant de nombreuses activités en partenariat avec la mission locale des jeunes toulonnais, la Ligue varoise de prévention, la Maison de l’étudiant et de l’information jeunesse. Un accueil qui, comme il a été rappelé « répond aux besoins du territoire de l’ouest de Toulon ».

    La CAF vient de lui accorder une subvention dans le cadre du Contrat local d’accompagnement à la scolarité des enfants du primaire au lycée. « À ce titre, il vise une meilleure égalité des chances et la prévention de l’échec scolaire », a mis en avant la maire de Toulon Josée Massi (SE). Les actions qui seront mises en place dans le cadre de ce dispositif auront lieu en dehors du temps de l’école et seront distinctes des actions d’aide individualisée ou de soutien scolaire des établissements scolaires. Mais seront toutefois articulées avec les projets de ces derniers.

    Centrées sur le jeune, elles doivent susciter son adhésion et faciliter les relations entre les familles et les équipes éducatives. L’objectif étant aussi d’accompagner et aider les parents dans le suivi et la compréhension de la scolarité de leurs enfants. Le montant de la prestation de service versée par la CAF est égal à 32,5%des dépenses de fonctionnement des actions conduites auprès d’un groupe de 8 à 12 enfants, évaluées à 5 516 euros.

  • Le Bel Espoir a terminé son voyage pour la paix au Mucem

    Le Bel Espoir a terminé son voyage pour la paix au Mucem

    C’est en accostant dans l’anse du Mucem (2e) et devant une foule de tous âges et enthousiaste, que le Bel Espoir, depuis mars sur l’eau pour construire un dialogue de paix en Méditerranée, a samedi terminé son voyage, lançant du même coup le Festival Med25. Imaginé en réponse à l’appel du Pape François lancé lors des Rencontres Méditerranéenne de Marseille en 2023, le projet était construit en 8 grandes étapes au cours desquelles 8 différents groupes de jeunes de toutes nationalités se sont relayés à bord pour réfléchir à la construction d’une paix en Méditerranée.

    « C’est un projet très concret et symboliquement très fort. On a passé deux semaines à tenter de comprendre les situations de chacun, avec des personnes qui sont parfois issues de pays en guerre, des histoires d’immigrations difficiles… », témoigne Emmanuelle, française membre de l’équipage lors de la dernière étape. « C’était un vrai moment d’apprentissage de l’autre. On a réussi à cohabiter dans un petit espace. Si on arrive à partager un bateau, pourquoi ne pas arriver à partager la Méditerranée ? »

    Rentré vendredi soir de Rome, le Cardinal Aveline était présent au Mucem pour accueillir le voilier et son équipage. « Il y a deux ans au Pharo, le Pape François nous a invités à davantage former les jeunes à la paix. C’est ce que nous avons essayé de faire. Cette arrivée est très émouvante pour moi », a-t-il confié samedi. Benoit Payan, maire de Marseille (DVG), a lui aussi fait le déplacement, soulignant la dimension symbolique d’une arrivée dans la cité phocéenne. « Les jeunes qui ont passé des mois sur ce bateau, (…) qui arrivent d’Italie, d’Espagne, d’Algérie, de Bagdad, d’Égypte mais aussi de Marseille, (…) ont vécu une expérience merveilleuse. Je crois que lorsqu’on parle d’espoir, on peut leur faire confiance », s’est-il enthousiasmé. Une opinion partagée par un public venu en force soutenir l’initiative.

    Une journée dédiée

    au dialogue de paix

    La conclusion de ce voyage était marquée par le lancement du Festival Med25, organisé toute la journée au Mucem. À partir de 10h et jusqu’à 19h, débats, conférences et ateliers sur le thème du dialogue pour la paix se sont succédé. L’esplanade du musée accueillait également plusieurs associations, comme les Apprentis d’Auteuil, qui accompagnent les jeunes en difficulté par le biais de programmes d’accueil, de formation, d’éducation et d’insertion. Sur une scène placée près de l’eau, des prestations chantées et dansées se sont enchaînées, représentants de nombreuses cultures méditerranéennes.

    Libyens, Israéliens, Palestiniens, Libanais, Syriens… les peuples méditerranéens sont nombreux à affronter un quotidien de conflits. Et le drame dépasse les frontières terrestres : selon l’Organisation mondiale pour les migrations, plus de 50 000 exilés ont péri en Méditerranée centrale depuis 2014. La mission du Bel Espoir insuffle un véritable vent de paix dans ce contexte de tensions. Cultivons-le.

    ET AUSSI

    SOS Méditerranée présente son action

    Deux bénévoles de l’association de sauvetage en mer sont venus présenter les activités de leur ONG.

    Atelier « AntiClash »

    Le fondateur du podcast a animé une discussion sur les méthodes à adopter pour établir un dialogue serein.

    Éduquer à la Méditerranée

    Un débat sur l’éducation à la paix et à l’identité méditerranéenne s’est tenu dans l’auditorium du Mucem.

    Parvenir à coexister

    L’association Coexister a animé un atelier pour déconstruire les préjugés liés aux convictions religieuses.

  • Un festival pour prôner la paix au Mucem

    Un festival pour prôner la paix au Mucem

    En réponse à un appel du pape François lancé lors du discours de clôture des rencontres méditerranéennes de 2023, à Marseille, le Bel Espoir Med25 est parti en mars pour un voyage de huit mois en Méditerranée. Un voilier de 29 mètres sur lequel 200 jeunes, issus des cinq rives de la mer du milieu, ont successivement embarqué pour recevoir une formation au dialogue à la paix. Après une trentaine d’escales, l’odyssée se termine ce samedi à Marseille, avec le festival Med 25. Un rendez-vous organisé toute la journée au Mucem (2e) par les associations Mar Yam, Bel Espoir -AJD, qui met en œuvre les « intuitions du père jésuite Michel Jaouen », et le diocèse de Marseille.

    En parallèle de la parade de 25 voiliers mise en place entre 9h30 et 12h pour accueillir le Bel Espoir, qui accostera dans l’anse du Pharo, le programme sera chargé entre les murs du musée de la Méditerranée. De 10h30 à 12h, quatre invités échangeront avec les jeunes du Bel Espoir autour de l’art, du dialogue et de la relation. Parmi eux : Julien Loizeau, membre fondateur du Collège de Méditerranée, historien et chercheur à l’Institut de recherches et d’études sur les mondes arabes et musulmans (Iremam, Aix-en-Provence) et Yaël Gronner, docteure en sociologie de l’EHESS et cofondatrice du collectif Tisseuses de Paix, qui regroupe des femmes juives, chrétiennes et musulmanes en France pour parler et tisser des liens au-delà des divisions. Deux autres créneaux de dialogues seront organisés dans l’auditorium, de 15h à 16h30, sur les thèmes de l’éducation, l’intégration et l’environnement et, de 17h30 à 19h, autour de la construction de la paix, avec des personnalités conviées pour chacune des thématiques.

    Ateliers participatifs

    Trois salves de quatre ateliers seront également organisées. De 10h45 à 12h d’abord avec des réflexions sur l’identité méditerranéenne animés par Alexandre Pastor, fondateur de Melting Pot, association marseillaise dédiée à l’engagement citoyen des jeunes ; un atelier d’expression artistique sur le thème des migrations dirigé par un réfugié politique kurde ; un atelier de sensibilisation aux questions liées aux migrations avec la Cimade, association de défense des réfugiés et migrants et enfin jeu de carte spirituel, en lien avec les écrits bibliques.

    Quatre ateliers suivront, au Forum, entre 15h15 et 16h30 : Écritures méditerranéennes au pluriel, Dialoguer utilement et sereinement sur Israël Palestine et autres sujets difficiles, Apprendre à tisser la paix et enfin Coexister : déconstruire les préjugés.

    Entre 17h45 et 19h, les participants pourront choisir entre un atelier de « calligraphie partagée » autour du mot « paix », un moment de sensibilisation à l’éducation des jeunes migrants avec l’association Réseau d’éducation sans frontières (RESF), une présentation à quatre voix (prêtre, imam, rabbin et pasteur ) des rôles et défis des religions face à la violence et à la division ou encore un quiz sur la place des femmes dans les processus de paix.

    Enfin, entre 13h30 et 14h30, Sos Méditerranée, association citoyenne européenne de sauvetage en mer, engagée pour venir en aide aux personnes en détresse qui tentent la traversée de la Méditerranée, présentera ses missions et proposera une réflexion sur la question du vivre ensemble.

    En reliant Naples à Marseille, le Bel Espoir clôtura la 8e et dernière étape de son voyage en Méditerranée. Chaque session a permis à 25 nouveaux jeunes, issus de cultures, nationalités et religions différentes, de recevoir une formation au dialogue à la paix.

    Entrée gratuite sur inscription sur https://med25belespoir.org.

  • Un hommage à Samuel Paty et Dominique Bernard à Toulon

    Un hommage à Samuel Paty et Dominique Bernard à Toulon

    Deux jours après le triste anniversaire du meurtre de Dominique Bernard (survenu le 13 octobre 2023), et un jour avant celui du meurtre de Samuel Paty (le 16 octobre 2020), environ 70 personnes, parmi lesquelles de nombreux enseignants, sont venues rendre hommage aux deux hommes, sauvagement abattus dans l’exercice de leurs fonctions. Après la lecture du poème « Si » de Rudyard Kipling, qu’avait offert Samuel Paty à sa sœur Mickaelle quand elle avait 16 ans, et qu’elle a elle-même remis à l’un des mis en cause lors du procès, une minute de silence a été respectée. Des bougies ont ensuite été allumées au pied des portraits des deux hommes.

  • Le collectif Verne-Mabily dénonce la présence d’amiante à l’école Verne

    Le collectif Verne-Mabily dénonce la présence d’amiante à l’école Verne

    Après avoir appris par voie de presse la suspension, puis l’abandon du projet de nouvel établissement, prévu depuis 2017 – d’abord sur le site de l’ancien commissariat, puis du collège Curie, avant de se reporter définitivement sur le site de l’ancien CCAS – pour suppléer les vétustes écoles Mabily (maternelle) et Verne (élémentaire), la colère est à son comble du côté du collectif Verne-Mabily. « On est scandalisé. On déplore l’absence de dialogue. Depuis juin, on a envoyé des demandes de rencontres avec le nouveau maire Minniti, on n’a eu aucune réponse », fulmine Cédric Turco, porte-parole du collectif, militant FSU, et enseignant à l’école Victor-Hugo.

    Raisons invoquées par la mairie : une démographie en baisse. « À Mabily, il y a 24 à 27 élèves par classe, 23 à Verne. Les élèves sont là. Des écoles comme Anatole-France ont aussi beaucoup d’élèves, construisons un nouveau groupe scolaire pour désengorger », répond Cédric Turco. Mais surtout, le prix des travaux, qui a presque doublé avec l’inflation et les coûts additionnels (de 7 millions d’euros en 2019, à plus de 13 millions en 2025). « Je préfère que la somme profite à toutes les écoles », indique Joseph Minniti, qui a proposé de créer un cinéma sur le terrain désert, où un parking provisoire va d’abord voir le jour. Inaudible pour le collectif : « Quand on entend qu’on veut arrêter un projet vital et qu’on annonce un port à 16 millions [à l’espace Grimaud, Ndlr.], ce sont des choix politiques qu’on ne comprend pas. De plus, il y a des missions qui ont basculé sur TPM, comme l’entretien des voiries, les ordures ménagères… La municipalité peut donc mettre de l’argent », fustige Cédric Turco.

    25 points d’amiante à l’école Jules-Verne

    D’autant plus qu’ « il y a des financements, comme le prouve la construction de l’école à La Valette, cofinancée avec des aides de la Région, de l’État, du Département et de TPM », ajoute Sophie Grimaud, représentante UNSA, enseignante en maternelle à Victor-Hugo. Quant à la répartition des moyens entre les écoles, pour des travaux débutés cet été, « à Victor Hugo, c’est une catastrophe. Ils veulent végétaliser la cour, ils ont fait des trous dans le béton. Il y a des pavés qui traînent, les enfants se les jettent dessus. Garçons et filles se partagent le même sanitaire, et la liste est encore longue », dénonce Cédric Turco.

    Situation encore plus alarmante à l’école Jules-Verne, où 112 élèves continuent d’étudier (ceux de Mabily ont été réaffectés à l’école Cotton, malgré « un manque criant d’espace », commente Cédric Turco), dans des bâtiments délabrés et des préfabriqués, sans solution interne de restauration, sans salle de motricité. Et surtout, au contact de l’amiante, comme révélé par France 5, qui a recensé sa présence, ou non, dans toutes les écoles françaises, dans le documentaire Vert de Rage, en 2023. Un fait corroboré par le Dossier Technique Amiante, réalisé dans l’école en 2020, qui fait état de 25 points contaminés : « C’est inacceptable. La municipalité est-elle au courant de l’histoire seynoise ? Sur les chantiers navals, des centaines d’ouvriers sont morts à cause de l’amiante », s’indigne le porte-parole.

    Malgré tout, le collectif se dit « uni, mobilisé et déterminé », et annonce une opération de sensibilisation devant l’école Verne ce jeudi, et une mobilisation après les vacances de la Toussaint. « Nous ne nous interdisons aucun moyen d’action. On est depuis 2017 sur le dossier, on ne lâchera pas, l’enjeu est trop important », martèle Cédric Turco.

  • Les profs toujours opposés à la réforme des lycées pro

    Les profs toujours opposés à la réforme des lycées pro

    L’intersyndicale opposée à la réforme des lycées professionnels ne désarme pas. À Marseille comme à Toulon, les militants syndicaux et enseignants ont fait entendre leur opposition ce mardi, avec un appel à la grève et des mobilisations.

    « La réforme de l’enseignement professionnel est une catastrophe », campe Isabelle Bonnet, pour la CGT Éduc’Action 13 à la Bourse du travail de la cité phocéenne. Elle est entourée de ses homologues d’autres syndicats, qui arrivent à la même conclusion. Nicolas Voisin, secrétaire général du Snuep-FSU Aix-Marseille dénonce « un décrochage général des élèves ». « Les stages réalisés n’ont absolument pas atteint les objectifs du ministère d’une insertion en septembre », développe-t-il. Johanes Togbé, secrétaire académique du SE-Unsa est sur la même ligne : « Le constat est simple : On a fait une étude auprès de 5 000 collègues, on arrive à un taux d’absentéisme autour des 90% pour ceux qui avaient choisi de rester en classe ».

    Pour bien comprendre pourquoi, et comment, les syndicats (CGT, Unsa, FSU, CFDT, Sud, CNT) arrivent à cette conclusion, il faut remonter dans le temps et aux origines de cette réforme. « En 2022, Emmanuel Macron annonce, sans concertation préalable, que les élèves de lycées professionnels doivent avoir plus de formation en entreprise au détriment du temps en classe et en atelier », rappelle Johanes Togbé. Sur le fond, « Depuis 6 ans, nous sommes sous un feu permanent de réformes, on a un ministère de bricoleurs, qui fait des expériences sur le dos d’un tiers des lycéens ! », complète Nicolas Voisin. Concrètement, la réforme a introduit des parcours différenciés pour les élèves des lycées pro. Pour des résultats très peu convaincants selon les acteurs de terrain. Isabelle Bonnet dénonce la « réduction de la formation des jeunes issus de milieux populaires d’un mois et demi ». « C’est une attaque de plus contre une éducation émancipatrice pour les jeunes de milieux populaires. On nous explique que les lycées pro doivent s’adapter aux bassins d’emplois, nous ce qu’on veut, c’est former des jeunes pour la société de demain », développe-t-elle.

    Même analyse pour l’Unsa : « L’année 2024-2025 a montré les limites de la modification dans le calendrier du bac pro. Ce bac avancé a entraîné moins d’heures de cours, passant de 1 300 à 800. En juin, les élèves avaient le choix entre rester à l’école ou partir en stage… ». En clair, « un dispositif qui ne correspond ni aux élèves, ni aux enseignants ». « L’objectif du gouvernement est de dévaloriser, de l’intérieur, la valeur intrinsèque du diplôme. C’est le modèle de l’apprentissage qui se généralise », développe Nicolas Voisin. D’où la demande unanime de l’abrogation de la réforme et d’un retour du bac au mois de juin.

    Un lourd désinvestissement

    À Toulon, c’est sur la place de la liberté que l’intersyndicale avait appelé au rassemblement ce mardi. Devant l’Union Patronale du Var « pour défendre la voie professionnelle qui subit des attaques au long cours depuis une quinzaine d’années », explique Olivier Gérard (CGT Educ’Action). Il pointe en parallèle, « la vingtaine de milliards offerts sans moyens de contrôle aux entreprises chaque année pour recruter des apprentis alors que le financement des lycées professionnels stagne autour de 4,5 milliards d’euros ». Et cela sans grand résultat puisque « le chômage des jeunes sortant de l’apprentissage est en augmentation depuis 2024 ».

    Les syndicalistes varois dénoncent aussi comme leurs collègues des Bouches-du-Rhône, « une perte sèche de quatre semaines d’études pour les élèves », déclare Christian Petit (FSU). « Nous sommes sur 50% d’heures scolaires perdues entre 2009 et aujourd’hui », précise Olivier Gérard, soit une baisse d’un tiers des moyens consacrés aux élèves de lycées professionnels. Il poursuit : « parallèlement, les moyens consacrés à un apprenti sont passés dans la même période de 10 000 euros à 20 000 euros par an. » Le responsable syndical pointe du doigt « une subvention pure et simple au patronat qui est encouragé à exploiter des jeunes à moindre coût, voire à coût zéro ». Pareil pour ces 4 semaines de stage en Terminale. « Il ne faut pas croire, qu’en un mois, il y a une action de formation qui est réalisée».

    « Depuis 2009, on se retrouve avec deux mois en moins de cours pour les élèves, en particulier dans les matières générales », précise, Françoise Tomsazyk (Snalc). Une situation particulièrement dommageable, insiste Christian Petit, étant donné que le lycée professionnel public est la troisième voie de formation existante en termes d’élèves en second degré.

    Pour ces enseignants, le lycée professionnel doit cesser d’être vidé de ses moyens car il est là aussi « pour former des citoyens éclairés, émancipés » à l’instar des filières générales.

    Olivier Gérard souligne également le désinvestissement de la Région dans la formation publique « au profit des sociétés privées d’apprentissage » , avec un bâti et des plateaux techniques qui ne sont, de son point de vue, plus du tout à la hauteur.

    Pour ce qui de l’État, l’intersyndicale varoise fait remarquer que pour répondre à l’augmentation de 300 élèves en lycée pro dans le Var moins de 10 places ont été créées. Ce qui engendre des problèmes de sécurité dans des ateliers et des orientations subie éloignées des vœux des élèves. Bref la copie est largement à revoir et les enseignants des lycées pro militent pour des priorités orientées vers l’intérêt des élèves.